L'homélie du dimanche (prochain)

25 décembre 2025

Joseph sur le divan

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 12 h 30 min

Joseph sur le divan

 

Homélie pour la Fête de la Sainte Famille / Année A
28/12/25

Cf. également :

La vieillesse est un naufrage ? Honore la !

Une famille réfugiée politique

Aimer nos familles « à partir de la fin » 

Fêter la famille, multiforme et changeante

Joseph, l’homme aux songes, priait, travaillait et aimait

Sois attentif à tes songes…

 

De l’intérêt de rêver

Vous est-il déjà arrivé de vous réveiller la nuit en plein milieu d’un rêve, et de vous dire : « il faudrait que je note ce que j’ai rêvé » ? Vous avez là l’intuition que quelque chose de vrai et de profond se joue pour vous dans les méandres de votre inconscient. Entraînez-vous à écrire à la volée les bribes de vos imaginaires nocturnes. Vous verrez qu’avec un peu d’entraînement, vous y arriverez de mieux en mieux. Les histoires – même les plus délirantes apparemment – seront plus précises, les personnages plus identifiables, la trame du rêve plus lisible.

En ce jour de la Sainte Famille, il n’est pas iconoclaste de penser que Joseph a fait ce travail sur lui-même. Par trois fois dans notre Évangile (Mt 2,13-15.19-23) il rêve à ce qu’il doit faire, comme il avait déjà rêvé au moment de prendre Marie chez lui (Mt 1,20). Il a interprété ses rêves comme des messages divins, et c’est pourquoi Matthieu les appelle des songes, ναρ (onar) en grec, de qui vient le français onirique, évoquant tout un monde intérieur.

 

Le songe biblique est un rêve où l’éveillé pourra lire une parole de Dieu. La Genèse l’appelle également « vision nocturne », comme celle faite à Jacob-Israël pour l’inviter lui aussi à descendre en Égypte : « Dieu parla à Israël dans une vision nocturne. Il dit : “Jacob ! Jacob !” Il répondit : “Me voici.” Dieu reprit : “Je suis Dieu, le Dieu de ton père. Ne crains pas de descendre en Égypte, car là-bas je ferai de toi une grande nation. Moi, je descendrai avec toi en Égypte. Moi-même, je t’en ferai aussi remonter…” » (Gn 46,2-4).

 

L'interprétation des rêves - Freud  -  - Editions BréalDepuis Sigmund Freud et son « Interprétation des rêves » (Die Traumdeutung) en 1900, on sait que le rêve est un travail de l’inconscient qui, une fois la barrière du contrôle levée grâce au sommeil, rumine et digère les événements du jour, du passé, pour pouvoir les assumer. En termes psychanalytiques, rêver c’est se mettre en quête d’unification intérieure, en recombinant les instances du sujet (le Ça, le Moi et le Surmoi) de façon apaisée, afin de résoudre les conflits déchirant le Je du dormeur. C’est un itinéraire de réconciliation du sujet avec ses forces inconscientes.

 

L’approche freudienne ne détruit pas la dimension religieuse du texte : elle en révèle la profondeur anthropologique. Ce que Matthieu appelle « l’ange du Seigneur » pourrait être compris comme la voix du Surmoi apaisé, médiateur entre le Ça et le Moi. Les songes de Joseph deviennent alors la parabole du travail de l’inconscient, où la parole divine et la parole intérieure se rejoignent. Lire Matthieu avec Freud, c’est comprendre que la révélation peut être aussi intériorisation : Dieu parle dans le rêve parce que le rêve est le lieu où l’inconscient rejoint le spirituel, là où la Loi et le désir cessent de s’opposer et deviennent, dans le langage symbolique du songe, une même promesse de paix.

 

Tentons alors une interprétation de type psychanalytico-théologique des trois rêves–songes de Joseph en cet évangile de la Sainte Famille.

 

1. « Fuis en Égypte » : le déplacement de la peur

La Fuite en Egypte. Miniature, vers 1450« Après leur départ, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : “Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr.” » (Mt 2,13).

La menace d’Hérode est bien réelle. Dans son rêve, Joseph reconnaît avoir peur ; et il l’assume. Ce qui est signe d’acceptation du réel, sans bravade ni déni du danger. Il a le courage d’avoir peur, en quelque sorte !

Dans une lecture freudienne, Hérode pourrait incarner la figure du Père terrifiant, image du Surmoi archaïque, persécuteur des désirs interdits. Le rêve met en scène la peur d’une punition paternelle (comme dans le mythe d’Œdipe, que Freud relie à l’angoisse du fils menacé par le père).       

La fuite vers l’Égypte représente un mouvement de régression : retour au « ventre maternel » symbolique, lieu d’origine, de sécurité primitive.

L’« enfant » (Jésus) peut symboliser le Moi nouveau à protéger, le produit du désir refoulé, que Joseph doit sauver du Surmoi destructeur.

Le rêve traduit la peur de la répression du désir et le besoin de le mettre à l’abri en le refoulant dans un espace protégé (Égypte = inconscient maternel).

En interprétant cette fuite comme un message divin, Joseph trouve paradoxalement le courage d’avoir peur, et de faire face à sa peur en la déplaçant, en mettant l’objet de son désir (sa famille ici) en lieu sûr.

 

Nous avons donc le droit nous aussi d’avoir peur.

Nous avons même le devoir de fuir parfois, de déplacer notre peur en mettant notre désir à l’abri de ce qui le menace.

Ce songe de Joseph nous invite à mettre le danger à distance, à le transformer en récit. Ce récit transforme la fuite en accomplissement de la prophétie : « Ainsi s’accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète : d’Égypte, j’ai appelé mon fils ».

Déplacer ma peur implique de trouver une Égypte où je pourrai me sentir en sécurité, et continuer ainsi à nourrir le désir vrai qui m’anime. Ce refuge du Moi menacé peut être un lieu, une musique, une littérature, un voyage, un climat de prière etc. Si l’Écriture me permet de transformer ce déplacement en récit, alors c’est la trace d’un appel divin à déplacer ma peur comme mon songe m’y invite.

 

Æ Mais quelle est donc mon Égypte où je peux fuir pour protéger ce qui m’anime ?

 

2. Deuxième songe : la levée du refoulement

Giuseppe Arcimboldo (1527-1593), Chef d'Hérode (huile sur toile, 1566)« Ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant sont morts ». En raison de la mort de ses persécuteurs, Joseph lève la barrière qui lui interdisait le retour au pays avec sa famille.

L’annonce de la mort d’Hérode équivaut à la disparition du Surmoi punitif : la censure se relâche. Le rêve manifeste le désir du retour à la vie consciente, à la réalisation de soi après la période de refoulement. Symboliquement, il correspond à un travail de deuil : la mort du Père archaïque libère le Moi de l’interdit qui pesait sur lui. Le retour d’Égypte devient ainsi le retour du refoulé : ce qui avait été mis à l’abri dans l’inconscient peut désormais réapparaître, transformé. Le rêve traduit ici la renaissance du Moi après la mort du Père censeur, une phase d’intégration et de maturité psychique.

Ce rêve marque la levée du refoulement : le désir de porter sa famille n’est plus soumis à l’interdit. La peur est apaisée. Le Moi renaît. Le retour d’Égypte devient la renaissance du sujet à lui-même.

 

Nous pouvons donc espérer – avec Joseph – que les censures et les interdits pesant sur notre désir le plus vrai finissent un jour par se lever. Le moment vient toujours de ne plus refouler l’élan vital qui est propre à chacun, et de se libérer des ordres impossibles sous lesquels nous étouffions.

Bonne nouvelle donc : Hérode est mortel, mon désir de vivre peut renaître !

 

Æ Mais quel est donc cet Hérode qui m’empêche de revenir « chez moi » ?

Le nommer, le décrire, ne serait-ce pas déjà le faire périr ?

 

3. Troisième songe : la prudence du Moi

Map of Upper Galilee and Lower Galilee - Roman Galilee Map« Averti en songe, il se retira dans la région de Galilée » (Mt 2,22).

Car tout n’est pas effacé : Archélaüs, fils d’Hérode, règne encore. Le danger subsiste sous une forme atténuée. Le rêve révèle ici la maturation du Moi, qui apprend à composer avec les forces inconscientes plutôt qu’à les nier. Joseph ne fuit plus, mais s’installe ailleurs : la Galilée devient le symbole du compromis psychique où le désir peut s’exprimer sans provoquer le retour du refoulé. Il ne s’agit plus de fuir, mais de s’installer dans un équilibre entre le désir et la Loi.

Freud notait que le rêve, loin d’être pure fantaisie, est une « tentative de résolution de conflit » : ici, le Moi n’est plus dominé par la peur, mais il connaît ses limites. L’itinéraire de Joseph se clôt sur cette stabilité : non plus le conflit entre Loi et désir, mais leur équilibre harmonieux.

Le déplacement vers la Galilée illustre un compromis psychique : Freud dirait que le rêve manifeste la stabilisation du conflit : l’énergie pulsionnelle a trouvé un lieu d’expression possible sans danger.

Le rêve exprime une maturation psychique : Joseph intègre les forces inconscientes au lieu d’y obéir ou de les fuir.

La Galilée est cet espace intermédiaire entre Jérusalem et le Liban, où tout reste possible, sans risque démesuré.

 

Nous avons donc nous aussi – avec Joseph – à trouver de manière réaliste comment composer avec le réel sans renier notre idéal. Nous devons pour cela renoncer à notre Judée d’origine et chercher quel Nazareth pourra à la fois protéger notre désir, à l’abri des injonctions autoritaires, et le faire grandir pour le manifester à tous.

En Galilée, l’enfant de Joseph apprendra son métier d’homme, et pourra guetter en toute sécurité le moment, l’opportunité pour se manifester au monde. Cette Galilée où Joseph s’installe est le lieu de maturation psychique et spirituelle de la Sainte famille. Et comme toute maturation d’un bon cognac en fût de chêne, elle demande d’y durer, d’y séjourner, avec patience, 30 longues années… À l’ombre d’une province reculée, loin des projecteurs de la vie publique (Nazareth est à l’époque un obscur patelin), le fruit adoptif de Joseph pourra mûrir, grandir en taille et en sagesse, sous la veille prudente de son père.

 

Là encore, cette prudence est transformée en récit qui permet de la légitimer et de la transmettre : «Ainsi s’accomplit ce que le Seigneur avait dit par les prophètes : Il sera appelé Nazaréen ».

 

Æ Quelle sera ma Galilée intérieure, entre Jérusalem et Liban, entre vie cachée et ministère public ?

 

Les autres songes du Nouveau Testament

Pour être complet, il faudrait également évoquer :

Saint Joseph rêvant– le premier songe de Joseph (Mt 1,20) où se joue la réconciliation de la Loi et du désir

– le songe des mages (Mt 2,12) qui les fait passer du calcul (astronomique) au don (l’or, l’encens et la myrrhe), du savoir au désir, et les transforme jusqu’à les faire revenir « par un autre chemin ».

– le songe de la femme de Pilate (Mt 27,19) où se révèle la culpabilité devant l’innocent persécuté.

 

Nous avons ainsi les six usages du mot songe (ναρ = onar) dans la Bible, qui résonnent comme autant d’invitations à faire attention à nos propres rêves : ils peuvent devenir des songes, des messages divins, si nous savons comme les patriarches Jacob et Joseph les interpréter avec sagesse. Le rêve nous ramène toujours à nos désirs les plus profonds, sous le voile du symbole et de l’imaginaire nocturne.

Joseph a reçu ses rêves comme de vraies consignes qu’il a suivies pour protéger le Messie et permettre que l’Évangile nous parvienne. Nous pouvons à présent lire ses songes comme une invitation à accueillir les nôtres, qu’ils soient bons ou mauvais, à les consigner par écrit, éventuellement les partager avec nos proches. Leur donner une véritable place nous permet, à mon tour, de les envisager non pas comme des cauchemars à évacuer au plus vite mais comme des ordres de mission, nécessaires à notre survie, au moins spirituelle et mentale.

 

Aujourd’hui, nous découvrons avec Joseph que la vérité ne s’atteint pas en suivant la logique du pouvoir, mais en écoutant la voix de l’inconscient, c’est-à-dire la part désirante, vibrante, fragile mais vivante de l’âme humaine.

 

Alors, déposez un petit carnet et un stylo sur votre table de nuit. En cas de réveil en plein rêve, hâtez-vous d’écrire, de raconter, de décrire. Puis, à tête reposée le lendemain matin, demandez-vous : « qu’est-ce que Dieu pourrait vouloir me dire à travers cela ? »

 

 


LECTURES DE LA MESSE

1ère lecture : Les vertus familiales (Si 3, 2-6.12-14)

 

Lecture du livre de Ben Sirac le Sage

Le Seigneur glorifie le père dans ses enfants, il renforce l’autorité de la mère sur ses fils.
Celui qui honore son père obtient le pardon de ses fautes,
celui qui glorifie sa mère est comme celui qui amasse un trésor.
Celui qui honore son père aura de la joie dans ses enfants, au jour de sa prière il sera exaucé.
Celui qui glorifie son père verra de longs jours, celui qui obéit au Seigneur donne du réconfort à sa mère.
Mon fils, soutiens ton père dans sa vieillesse, ne le chagrine pas pendant sa vie.
Même si son esprit l’abandonne, sois indulgent, ne le méprise pas, toi qui es en pleine force.
Car ta miséricorde envers ton père ne sera pas oubliée, et elle relèvera ta maison si elle est ruinée par le péché.

Psaume : Ps 127, 1-2, 3, 4.5bc

R/ Heureux les habitants de ta maison, Seigneur !

 

Heureux qui craint le Seigneur 
et marche selon ses voies !
Tu te nourriras du travail de tes mains : 

Heureux es-tu ! À toi, le bonheur !

Ta femme sera dans ta maison 
comme une vigne généreuse, 
et tes fils, autour de la table, 
comme des plants d’olivier. 

 

Voilà comment sera béni 
l’homme qui craint le Seigneur. 
Tu verras le bonheur de Jérusalem 
tous les jours de ta vie.

2ème lecture : Vivre ensemble dans le Christ (Col 3, 12-21)

 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens

Frères,
puisque vous avez été choisis par Dieu, que vous êtes ses fidèles et ses bien-aimés, revêtez votre cœur de tendresse et de bonté, d’humilité, de douceur, de patience.
Supportez-vous mutuellement, et pardonnez si vous avez des reproches à vous faire. Agissez comme le Seigneur : il vous a pardonné, faites de même.
Par-dessus tout cela, qu’il y ait l’amour : c’est lui qui fait l’unité dans la perfection.
Et que, dans vos cœurs, règne la paix du Christ à laquelle vous avez été appelés pour former en lui un seul corps. 

Vivez dans l’action de grâce.
Que la parole du Christ habite en vous dans toute sa richesse ; instruisez-vous et reprenez-vous les uns les autres avec une vraie sagesse ; par des psaumes, des hymnes et de libres louanges, chantez à Dieu, dans vos cœurs, votre reconnaissance.
Et tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus Christ, en offrant par lui votre action de grâce à Dieu le Père. 
Vous les femmes, soyez soumises à votre mari ; dans le Seigneur, c’est ce qui convient.
Et vous les hommes, aimez votre femme, ne soyez pas désagréables avec elle.
Vous les enfants, en toutes choses écoutez vos parents ; dans le Seigneur, c’est cela qui est beau.
Et vous les parents, n’exaspérez pas vos enfants ; vous risqueriez de les décourager.

 

Evangile : La Sainte Famille en Égypte et à Nazareth (Mt 2, 13-15.19-23)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Vraiment, tu es un Dieu caché, Dieu parmi les hommes, Jésus Sauveur ! Alléluia. (cf. Is 45, 15)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Après le départ des mages, l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. »
Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu’à la mort d’Hérode. Ainsi s’accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète : D’Égypte, j’ai appelé mon fils.

Après la mort d’Hérode, l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et reviens au pays d’Israël, car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant. »

Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère, et rentra au pays d’Israël.

Mais, apprenant qu’Arkélaüs régnait sur la Judée à la place de son père Hérode, il eut peur de s’y rendre. Averti en songe, il se retira dans la région de Galilée et vint habiter dans une ville appelée Nazareth.
Ainsi s’accomplit ce que le Seigneur avait dit par les prophètes : Il sera appelé Nazaréen.
Patrick Braud

 

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14 décembre 2016

Sois attentif à tes songes…

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Sois attentif à tes songes…


Homélie du 4° dimanche de l’Avent / Année A
18/12/2016

Cf. également :

Deux prénoms pour une naissance

Laisser le volant à Dieu

L’annonce faite à Joseph, ou l’anti Cablegate de Wikileaks

« Tu as de la visite »

 

L’annonce faite à Joseph…

On connaissait l’annonce faite à Marie : voici que l’incroyable nouvelle est annoncée à Joseph. Et de quelle manière ! En songe !

Tiens : Dieu nous parlerait-il lorsque nous sommes endormis ? La parole de Dieu se faufilerait-elle dans cette immense activité nocturne que nous appelons tantôt rêve, tantôt songe ?

 

Distinguer rêve et songe

On peut en effet distinguer les deux : le rêve est un travail de reconstruction effectué par l’inconscient pour donner sens aux évènements récents ou aider à les supporter. Par exemple, si dans la journée votre voisin ou votre patron vous a copieusement insupporté, vous allez rêver de lui la nuit en vous imaginant en train de prendre votre revanche sur lui…

Le songe est d’un autre ordre, surtout dans la Bible. C’est un message, un signal, qui surgit de l’intérieur, lorsque le sommeil a fait tomber nos défenses naturelles, et qu’alors Dieu a un peu plus de champ libre pour déployer sa parole…

Rappelez-vous les songes célèbres qui jalonnent l’Ancien et le Nouveau Testament :

- Le songe de Jacob qui fuit devant son frère Ésaü (Gn 28, 10-22) : il rêve d’une échelle dont le sommet atteint le ciel, avec les anges de Dieu en train d’y monter et descendre. En se réveillant, il n’a plus peur ; il croit que Dieu n’est pas loin de l’homme. Et Jésus lui-même se reconnaîtra dans ce rêve lorsque dans son procès il voit le Fils de l’Homme venant d’en haut. La croix sera cette échelle où Dieu et l’homme apprennent à communiquer et à communier l’un à l’autre…

- Le songe de Joseph, fils de Jacob, ministre de Pharaon ensuite en Égypte. (Gn 37)

Il voit les gerbes de ses frères s’incliner devant ses gerbes, ainsi que le soleil, la lune et les étoiles se prosterner devant lui. Ce songe lui révèle sa vraie vocation et sa vraie grandeur. Plus tard, il saura déchiffrer les songes de Pharaon, la période des vaches grasses et la période des vaches maigres, épargnant ainsi à l’Égypte une famine meurtrière (Gn 41). Les ministres des finances devraient savoir déchiffrer les rêves de leur président…

- Les mages seront avertis en songe de repartir par un autre chemin pour éviter la jalousie d’Hérode.

- Pilate, hélas, n’obéira pas au rêve de sa femme (Messieurs, écoutez vos femmes lorsqu’elles rêvent !…) lorsqu’elle le prévient que la complicité du meurtre de Jésus serait une grande souffrance (Mt 27,19) ; c’est souvent en rêve que nous percevons la nature réelle d’un être…

- Dans les Actes des Apôtres, Pierre voit en songe une immense nappe remplie d’animaux impurs pour les lois juives : « Debout Pierre prend et mange. Ce que Dieu a déclaré pur, ne le déclare pas souillé ! »

- C’est par un songe encore que commence la mission en Europe avec Paul qui entend un Macédonien (La Macédoine est au nord de la Grèce) lui apparaître en songe et le prie : « Pars en Macédoine et vient à notre secours ». Cette décision qui va bouleverser l’histoire européenne n’est pas le fruit d’une stratégie ou d’une réflexion politique : c’est une impulsion venue d’un songe… voilà qui laisse songeur…

Il y a encore des dizaines de songes qui dans les textes bibliques jouent un rôle prophétique de discernement du présent !

On voit à travers tous ces songes l’influence de la Bible sur Freud lorsqu’il bâtit sa théorie de l’interprétation des rêves…

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Jusqu’au bout de mes rêves

Mais nous, faisons-nous comme Joseph, cet homme juste qui voulait ajuster sa vie au désir de Dieu, et qui à cause de cela était attentif à ses rêves pour détecter si Dieu ne pouvait pas lui parler à travers les images de la nuit ? Est-ce que ça vous arrive de noter vos rêves ? De repérer ceux qui reviennent ? D’en parler à quelqu’un, et d’abord à vous-mêmes ?

Regardez Joseph : il est dans une situation impossible. Sa fiancée est enceinte d’un autre, mais il l’aime et ne veut pas lui faire honte publiquement… comment agir ? La répudier, c’est la déshonorer. L’épouser sans rien dire, c’est ne pas être en vérité avec elle…

Le Pape François décrit le déchirement intérieur de Joseph ainsi :

Au lieu de se défendre et de faire valoir ses droits, Joseph choisit la solution qui pour lui représente un énorme sacrifice. Et l’évangile dit : « Parce que c’était un homme juste, il ne voulait pas la dénoncer publiquement ; il décida de la répudier en secret » (Mt 1,19).
Cette courte phrase résume un drame intérieur véritable, si nous pensons à l’amour de Joseph pour Marie ! Mais même dans cette circonstance, Joseph veut faire la volonté de Dieu et décide, certainement avec une grande douleur, de répudier Marie en secret. Il faut méditer sur ces paroles, pour comprendre quelle a été l’épreuve à laquelle Joseph a dû faire face les jours qui ont précédé la naissance de Jésus. Une épreuve semblable à celle du sacrifice d’Abraham, lorsque Dieu lui a demandé son fils Isaac (cf. Gn 22) : renoncer à la chose la plus précieuse, à la personne la plus aimée.
Pape François, Homélie pour le 4° Dimanche de l’Avent 2014

Comme souvent lorsqu’un dilemme nous travaille, nous sommes agités toute la journée et plusieurs jours… Vient alors la nuit où tout cela se décante, dans le relâchement intérieur. Et au réveil, des questions obscures confuses deviennent claires et simples : « c’est cela qu’il faut que je fasse… ». Ainsi pour mes devoirs de maths au collège : je me couchais sur la solution impossible et me levais à six heures du matin pour terminer le problème d’un seul jet, comme s’il s’était dénoué tout seul en rêvant…

C’est que dans le rêve, je n’ai pas toute la maîtrise de ma vie. Mes inhibitions, mes blocages, ma pudeur même, ne sont plus sur le qui-vive ; les douaniers de la pensée laissent passer quelques visiteurs clandestins aux frontières de notre esprit… Dans l’abandon physique, psychologique et spirituel de la nuit, il arrive que Dieu se faufile, habilement déguisé sous les traits d’un songe un peu étrange au début (cf. François d’Assise entendant en rêve : « reconstruis mon église…»)

Attention ! : tous les fantômes de la nuit ne sont pas parole de Dieu, loin de là. Il y a les chimères de l’inconscient, les projections de notre égoïsme, les souhaits de puissance, de domination, la recherche éperdue de reconnaissance et de gloire etc… Mais il y a parfois telle ou telle mise en scène qui pourrait bien avoir Dieu comme réalisateur et producteur… Alors, au sortir de la nuit il nous faut travailler comme le pêcheur qui a ramené ses filets à terre : patiemment, il les nettoie, les démêle, trie les algues, les poissons, les coquillages, et les ferle à nouveau pour la prochaine pêche…

Que saint Joseph, cet homme juste qui a accueilli Marie en reconnaissant le travail de Dieu fait en elle, nous rende attentif à nos songes où, aujourd’hui encore, Dieu nous dit : « Ne crains pas de prendre chez toi Marie ton épouse ».

« Ne crains pas d’accueillir ton conjoint, ton proche, tel que le travail de Dieu l’a façonné. C’est toi qui donneras son nom à l’enfant qui va naître ; c’est toi qui pourras nommer la vie que Dieu enfante encore aujourd’hui ».

Sois seulement attentif à tes rêves : un songe pourrait s’y glisser …


1ère lecture : Dieu promet un sauveur (Is 7, 10-16)
Lecture du livre d’Isaïe

Le Seigneur envoya le prophète Isaïe dire au roi Acaz :
« Demande pour toi un signe venant du Seigneur ton Dieu, demande-le au fond des vallées ou bien en haut sur les sommets. »
Acaz répondit : « Non, je n’en demanderai pas, je ne mettrai pas le Seigneur à l’épreuve. »
Isaïe dit alors : « Écoutez, maison de David ! Il ne vous suffit donc pas de fatiguer les hommes : il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu !
Eh bien ! Le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la jeune femme est enceinte, elle enfantera un fils, et on l’appellera Emmanuel, (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous).
De crème et de miel il se nourrira, et il saura rejeter le mal et choisir le bien.
Avant même que cet enfant sache rejeter le mal et choisir le bien, elle sera abandonnée, la terre dont les deux rois te font trembler. »

Psaume : Ps 23, 1-2, 3-4ab, 5-6
R/ Qu’il vienne, le Seigneur : c’est lui, le roi de gloire !

Au Seigneur, le monde et sa richesse,
la terre et tous ses habitants !

C’est lui qui l’a fondée sur les mers
et la garde inébranlable sur les flots.

Qui peut gravir la montagne du Seigneur
et se tenir dans le lieu saint ?
L’homme au coeur pur, aux mains innocentes,
qui ne livre pas son âme aux idoles.

Il obtient, du Seigneur, la bénédiction,
et de Dieu son Sauveur, la justice.

Voici le peuple de ceux qui le cherchent !
Voici Jacob qui recherche la face de Dieu !

2ème lecture : L’Apôtre annonce le salut en Jésus Christ (Rm 1, 1-7)
Commencement de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains
Moi Paul, serviteur de Jésus Christ, appelé par Dieu pour être Apôtre, mis à part pour annoncer la Bonne Nouvelle que Dieu avait déjà promise par ses prophètes dans les saintes Écritures, je m’adresse à vous, bien-aimés de Dieu qui êtes à Rome.
Cette Bonne Nouvelle concerne son Fils : selon la chair, il est né de la race de David ; selon l’Esprit qui sanctifie, il a été établi dans sa puissance de Fils de Dieu par sa résurrection d’entre les morts, lui, Jésus Christ, notre Seigneur.
Pour que son nom soit honoré, nous avons reçu par lui grâce et mission d’Apôtre afin d’amener à l’obéissance de la foi toutes les nations païennes, dont vous faites partie, vous aussi que Jésus Christ a appelés.
Vous les fidèles qui êtes, par appel de Dieu, le peuple saint, que la grâce et la paix soient avec vous tous, de la part de Dieu notre Père et de Jésus Christ le Seigneur.

Evangile : La venue de l’Emmanuel annoncée à Joseph (Mt 1, 18-24)
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Voici que la Vierge concevra : elle enfantera un fils, on l’appellera Emmanuel, « Dieu-avec-nous ». Alléluia.(Mt 1, 23)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
Voici quelle fut l’origine de Jésus Christ.
Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph ; or, avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint.
Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement ; il décida de la répudier en secret. Il avait formé ce projet, lorsque l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela arriva pour que s’accomplît la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra et elle mettra au monde un fils, auquel on donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ». Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.
Patrick Braud

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18 décembre 2010

L’annonce faite à Joseph, ou l’anti Cablegate de Wikileaks

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

L’annonce faite à Joseph,
ou l’anti Cablegate de Wikileaks

Homélie du 4° dimanche de l’Avent / Année A
Dimanche 19 Décembre 2010

 

L’affaire Wikileaks

Dimanche 28 novembre 2010 : le monde diplomatique tremble, stupéfait d’apprendre la L'annonce faite à Joseph, ou l'anti Cablegate de Wikileaks dans Communauté spirituelle Wikileaks%2Blogopublication de 251 287 câbles diplomatiques ‘fuités’ des États-Unis sur le site de Wikileaks. À tel point que les médias américains parlent d’un ‘Cablegate’, en référence au Watergate du temps de Nixon.

En fait, Wikileaks va les diffuser au compte-gouttes, en les confiant à des titres de presse mondiale : New York Times (USA), Le Monde (France), The Guardian (Grande-Bretagne), El Pais (Espagne) et Der Spiegel (Allemagne).

Le site est habitué à ces coups d’éclat. En juillet, WikiLeaks publiait d’un coup 76 000 documents de l’armée américaine sur la guerre en Afghanistan. En octobre, le site récidivait, avec la masse impressionnante de 400 000 rapports sur la guerre en Irak.

 

Le mythe dangereux de la transparence absolue

Pourquoi publier une telle masse de documents confidentiels sur le site de Wikileaks ? Par souci de transparence, défend son auteur :

« Alors que les documents révèlent des abus et un cynisme épouvantables, le simple fait qu’ils puissent fuiter montre qu’il y existe des individus droits et courageux au sein du gouvernement, qui croient en la transparence et en une politique étrangère plus éthique. Ils cherchent à réformer les organisations dans lesquelles ils travaillent, objectif qui, comme le démontrent les câbles fuités, concerne les citoyens de tous les pays. Cette publication prouve que ces individus courageux ne sont pas impuissants – mais c’est la réaction mondiale à ces câbles qui déterminera à quel point une telle publication amènera le changement. »

On sait hélas ce que produit cette quête quasi ‘cathare’ (obsession de la pureté) de la transparence absolue. Mao avec ses confessions collectives prêchait la transparence absolue de tous devant tous. La société inhumaine de Georges Orwell (cf. son roman : ?1984′) surveille et sait tout de tous. « Big Brother is watching you » : lorsqu’il n’y a plus d’intimité, lorsque tous les secrets sont étalés et connus, la société ainsi « transparente » est en fait devenue totalitaire…

 

L’ambivalence du secret
Quel est le statut du secret dans le Nouveau Testament ?
Est-il plutôt du côté de Wikileaks ou du Quai d’Orsay ?

Comme toujours, la réalité du secret est ambivalente, et décrite comme telle par Jésus.

- Il n’y a rien de secret qui ne doive être un jour être proclamé sur les toits (Lc 8,17 ; Mc 4,22 ; 1Co 4,5 ; 14,25). Les paroles prophétiques ne doivent pas être tenues secrètes (Ap 22,10), et Jésus revendique de parler au grand jour (Jn 18,20).

- Mais il y a pourtant des paroles qui doivent rester secrètes (Ap 10,4). Jésus lui-même ikdlzpkw Joseph dans Communauté spirituellemonte « en secret » à Jérusalem pour une fête de pèlerinage (Jn 7,10). Et surtout, il y a l’appel de Jésus à agir « dans le secret », que ce soit pour l’aumône, la prière où le jeûne :« ton Père est là, dans le secret, il te le revaudra ». (Mt 6,1-18).

Saint François de Sales en tirera la maxime célèbre :« le bien ne fait pas de bruit ; le bruit ne fait pas de bien ».

 

- C’est donc à un discernement que le Christ se livre : certains secrets sont garants de l’action de Dieu, d’autres doivent impérativement être levés.

 

Éloge du secret

Dans l’évangile de ce troisième dimanche de l’Avent, l’éloge du secret de l’action divine est impressionnant.

Malgré son amour pour Joseph, Marie ne lui secret_inside_m rêvea rien dit de la transformation secrète de son corps, ni de l’origine étonnante de sa grossesse.

Joseph découvre que sa fiancée est enceinte, d’un autre que lui. Et parce qu’il est « juste », il décide de la répudier « en secret ». Ici, la justice et le secret sont donc liés en la personne de Joseph. À l’inverse de la volonté de tout étaler sur la place publique, qui caractérise Wikileaks, Joseph veut préserver la réputation de Marie, et accepte de ne pas dévoiler sa faute apparente.

Mais tout cela l’a tellement travaillé qu’il en rêve la nuit, et un songe lui permet de découvrir la vérité de ce secret. L’Esprit Saint lui-même est à l’oeuvre en Marie, mais c’est « en secret ». Joseph choisit alors de coopérer à ce secret de Dieu agissant en Marie. Il assume la paternité de cet enfant qui n’est pas de lui, en gardant le secret de son origine, jusqu’à ce que Jésus lui-même lève le voile.

Le temps du secret

Pendant près de 30 ans, le couple marié de Nazareth gardera ce secret aux yeux de tous (sauf de quelques proches : Élisabeth la cousine, et Zacharie, sans doute Jean-Baptiste…).

Autrement dit : Dieu a le temps. Les années cachées à Nazareth permettent au Verbe de Dieu de s’accoutumer à l’homme, et à ses parents de s’accoutumer à son origine divine… Mais c’est en secret que le temps fait son oeuvre. Il n’a nul besoin de publicité pendant toutes ces années, loin de la curiosité publique.

 

Le secret du temps

Sachant ainsi garder un secret aussi essentiel, Marie et Joseph contribuent à révéler le secret du temps de Dieu : accepter de ne pas tout comprendre, laisser le temps au temps, relire après coup les événements, patienter dans le lent déchiffrement des signes des temps…

C’est donc un à un autre rapport au temps que nous initie le père adoptif de Jésus.
Un événement surgit (la grossesse de Marie), imprévu et incompréhensible au début. Le « juste » ne va pas sur-réagir à cet événement. Il va le travailler, le digérer (c’est le rôle du songe de Joseph), et peu à peu l’intégrer dans une vision d’avenir renouvelé (« il prit chez lui son épouse » tout en connaissant désormais son secret).

Où en sommes-nous de ce discernement du temps présent ?

Quels sont les secrets qu’il nous faut jalousement garder pour laisser le temps de Dieu travailler nos vies ?

Que Joseph nous apprenne le temps du secret, et le secret du temps !

 


1ère lecture :
 Dieu promet un sauveur (Is 7, 10-16)

Lecture du livre d’Isaïe
Le Seigneur envoya le prophète Isaïe dire au roi Acaz :« Demande pour toi un signe venant du Seigneur ton Dieu, demande-le au fond des vallées ou bien en haut sur les sommets. »
Acaz répondit : « Non, je n’en demanderai pas, je ne mettrai pas le Seigneur à l’épreuve. »
Isaïe dit alors : « Écoutez, maison de David ! Il ne vous suffit donc pas de fatiguer les hommes : il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu !
Eh bien ! Le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la jeune femme est enceinte, elle enfantera un fils, et on l’appellera Emmanuel, (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous).
De crème et de miel il se nourrira, et il saura rejeter le mal et choisir le bien.
Avant même que cet enfant sache rejeter le malet choisir le bien, elle sera abandonnée, la terre dont les deux rois te font trembler. » 

Psaume : Ps 23, 1-2, 3-4ab, 5-6 

R/ Qu’il vienne, le Seigneur : c’est lui, le roi de gloire !

 Au Seigneur, le monde et sa richesse, la terre et tous ses habitants !
C’est lui qui l’a fondée sur les mers
et la garde inébranlable sur les flots.

Qui peut gravir la montagne du Seigneur
et se tenir dans le lieu saint ?
L’homme au coeur pur, aux mains innocentes,
qui ne livre pas son âme aux idoles. 

Il obtient, du Seigneur, la bénédiction,
et de Dieu son Sauveur, la justice.
Voici le peuple de ceux qui le cherchent !
Voici Jacob qui recherche la face de Dieu ! 

2ème lecture : L’Apôtre annonce le salut en Jésus Christ (Rm 1, 1-7)

 Commencement de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains
Moi Paul, serviteur de Jésus Christ, appelé par Dieu pour être Apôtre, mis à part pour annoncer la Bonne Nouvelle que Dieu avait déjà promise par ses prophètes dans les saintes Écritures, je m’adresse à vous, bien-aimés de Dieu qui êtes à Rome. Cette Bonne Nouvelle concerne son Fils : selon la chair, il est né de la race de David ; selon l’Esprit qui sanctifie, il a été établi dans sa puissance de Fils de Dieu par sa résurrection d’entre les morts, lui, Jésus Christ, notre Seigneur. Pour que son nom soit honoré, nous avons reçu par lui grâce et mission d’Apôtre afin d’amener à l’obéissance de la foi toutes les nations païennes, dont vous faites partie, vous aussi que Jésus Christ a appelés.
Vous les fidèles qui êtes, par appel de Dieu, le peuple saint, que la grâce et la paix soient avec vous tous, de la part de Dieu notre Père et de Jésus Christ le Seigneur. 

Evangile : La venue de l’Emmanuel annoncée à Joseph (Mt 1, 18-24)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Voici que la Vierge concevra : elle enfantera un fils, on l’appellera Emmanuel, « Dieu-avec-nous ». Alléluia.(Mt 1, 23)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Voici quelle fut l’origine de Jésus Christ.
Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph ; or, avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint.
Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement ; il décida de la répudier en secret.
Il avait formé ce projet, lorsque l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
Tout cela arriva pour que s’accomplît la parole du Seigneur prononcée par le prophète :
Voici que la Vierge concevra et elle mettra au monde un fils, auquel on donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».
Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.
Patrick Braud 

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