L'homélie du dimanche (prochain)

14 mai 2026

Conjuguer l’Esprit de Pentecôte au féminin

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 12 h 30 min

Conjuguer l’Esprit de Pentecôte au féminin 

 

Homélie pour le 7° Dimanche de Pâques / Année A 

17/05/26 

Cf. également :
Je viens vers toi…
Le confinement du Cénacle
Ordinaire ou mortelle, la persécution
Dieu est un trou noir
Le dialogue intérieur

1. Hommes et femmes à Pentecôte

La peinture de la Pentecôte sur l’autel principal de la cathédrale de Valence, en Espagne (1506 - 1510).Entre Ascension et Pentecôte, Luc décrit le petit groupe qui persévère dans la prière à Jérusalem, ne sachant trop quoi ou qui attendre (Ac 1,12-14). Il y a là les Onze (Judas n’est pas encore remplacé), les frères de Jésus (au sens sémitique = ses cousins), « avec des femmes, avec Marie, la mère de Jésus ».

Ce groupe est donc mixte. Et il le restera ! Le récit de l’événement de Pentecôte commence au chapitre 2 par ces mots : « Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours, ils se trouvaient réunis tous ensemble » (Ac 2,1). La continuité du groupe est certaine  dans le texte : aucune rupture ou départ des femmes entre le chapitre 1 et le chapitre 2. Le « tous » (pantes, en grec) englobe l’ensemble du groupe cité précédemment.

 

Il faut rendre justice à la présence de ces femmes à Pentecôte. Ce que les icônes officielles effaceront ensuite, en ne représentant que des hommes, ou avec Marie à la rigueur. Tous ont reçu l’Esprit de Pentecôte qui n’est réservé ni à quelques-uns seulement (la « hiérarchie »») ni aux seuls hommes. D’ailleurs Pierre lui-même le comprend bien lorsqu’il cite le prophète Joël pour expliquer ce qui vient de se passer avec les langues de feu : « Je répandrai mon esprit sur tout être de chair, vos fils et vos filles prophétiseront, vos anciens seront instruits par des songes, et vos jeunes gens par des visions. Même sur les serviteurs et sur les servantes je répandrai mon esprit en ces jours-là » (Jl 3,1-2). Vous avez bien lu : les filles, les jeunes gens, les servantes sont elles aussi remplies de l’Esprit et se mettent à prophétiser ! Impossible de restreindre le charisme au genre masculin !

 

Paul va encore plus loin : la résurrection du Christ inaugure un monde nouveau où les divisions d’autrefois n’ont plus cours : « Il n’y a plus ni juif ni grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus » (Ga 3,28). L’Église est le sacrement, l’anticipation de ce monde nouveau de la résurrection, et doit donc traduire en actes dans sa vie, son fonctionnement, sa gouvernance, ses communautés qu’il n’y a plus ni l’homme ni la femme, car l’Esprit du Christ établit une fraternité (une sororité) nouvelle entre tous, une communauté d’amour qui abolit les anciennes divisions et relativise toutes les conventions sociales sur les relations hommes-femmes.

 

2. Hommes et femmes dans la première évangélisation

Les conséquences de l’effusion de l’Esprit de Pentecôte sur tous, hommes et femmes, sont visibles immédiatement. Dès les premiers temps de l’Église décrits dans les Actes, on voit des femmes exercer des fonctions liées au don de l’Esprit.

 

– Ministère de la Parole et de l’enseignement

Une certaine Priscille, avec son mari Aquilas, sont préposés à l’instruction approfondie du savant Apollos qui vient de se convertir : « Il se mit donc à parler avec assurance à la synagogue. Quand Priscille et Aquilas l’entendirent, ils le prirent à part et lui exposèrent avec plus de précision le Chemin de Dieu » (Ac 18,26). Notons que Priscille est citée avant son mari, ce qui suppose qu’elle avait une autorité doctrinale prépondérante.

 

– Ministère prophétique

Les femmes de saint PaulMalgré sa misogynie réelle ou supposée, même Paul est obligé de reconnaître que les femmes prophétisent à haute voix dans les assemblées, et que cela est totalement légitime (1Co 11,5). Rappelons que la prophétie n’est pas la divination ni la voyance : prophétiser, c’est faire acte de discernement pour interpréter le présent et y dégager le message, la Parole que Dieu nous y adresse. Ainsi les quatre filles du diacre Philippe sont qualifiées de prophétesses par Luc : « Il avait quatre filles non mariées, qui prophétisaient » (Ac 21,9). Il faut d’ailleurs se souvenir que la prophétesse Anne était aux côtés de Syméon au Temple de Jérusalem lorsque l’enfant Jésus y fut présenté par ses parents (Lc 2,36-38).

 

– Ministère « domestique »

L’Église primitive ne se réunissait pas dans des temples, mais dans des maisons privées, des « églises domestiques ». Plusieurs femmes ont visiblement joué un rôle de responsable de ces communautés domestiques dont elles organisaient l’hospitalité et la tenue. Lydie par exemple (Ac 16) – la première converti européenne ! – accueille la communauté chez elle dans la ville de Philippe. Puis elle voyage de Corinthe à Éphèse et à Rome, gérant des manufactures de tentes tout en en implantant des Églises locales.

Paul salue l’Église qui est dans la maison de Nympha à Laodicée : « Saluez les frères de Laodicée, et aussi Nympha et l’Église qui se rassemble dans sa maison » (Col 4,15). Et Chloé semble diriger un groupe de chrétiens qui informent Paul des problèmes de la communauté : « Il m’a été rapporté à votre sujet, mes frères, par les gens de chez Chloé, qu’il y a entre vous des rivalités » (1Co 1,11). La mère de Jean-Marc réunit la communauté chez elle pour prier lors de l’emprisonnement de Pierre. Elle possède une maison assez vaste pour accueillir un grand groupe et emploie des servantes, signe d’un certain statut social mis au service de l’Évangile. : « S’étant repéré, Pierre se rendit à la maison de Marie, la mère de Jean surnommé Marc, où se trouvaient rassemblées un certain nombre de personnes qui priaient » (Ac 12,12).

Une autre femme, Tabitha (Dorcas) est reconnue comme disciple bienfaitrice de la communauté. Sa résurrection par Pierre renforce la foi à Jaffa : « Il y avait aussi à Jaffa une femme disciple du Seigneur, nommée Tabitha, ce qui se traduit : Dorcas (c’est-à-dire : Gazelle). Elle était riche des bonnes œuvres et des aumônes qu’elle faisait » (Ac 9,36). Damaris est une femme grecque mentionnée en Ac 17 comme l’une des rares intellectuelles de la cité à adhérer au kérygme de Paul à l’Aéropage d’Athènes : « Cependant quelques-uns  s’attachèrent à lui et devinrent croyants. Parmi eux, il y avait Denys, membre de l’Aréopage, et une femme nommée Damaris, ainsi que d’autres avec eux » (Ac 17,34).

 

– Ministère diaconal

L’existence de diaconesses dans l’Église primitive (et jusqu’au Moyen-Âge) est une réalité historique et textuelle attestée, même si leur rôle et leur statut ont évolué au fil des siècles.

Le terme grec diakonos signifie « serviteur » ou « ministre ». Dans le Nouveau Testament, il est utilisé aussi bien pour les hommes que pour les femmes.

La figure biblique de référence pour le diaconat au féminin est Phébé.

Dans l’Épître aux Romains (16, 1-2), Saint Paul écrit : « Je vous recommande Phébé, notre sœur, qui est diacre [diakonos] de l’Église de Cenchrées ».

Il demande à la communauté de l’accueillir « d’une manière digne des saints » et précise qu’elle a été une « protectrice » (prostatis) pour beaucoup, y compris pour lui-même. Phébé n’est pas simplement une aide bénévole ; elle est une figure officielle envoyée par Paul pour porter et probablement expliquer sa lettre la plus complexe aux Romains.

Conjuguer l’Esprit de Pentecôte au féminin  dans Communauté spirituelle 

Pourquoi constate-t-on un ministère spécifique pour les femmes dès les Actes ?

À mesure que l’Église se structure (II° – IV° siècles), le besoin de femmes officiellement établies dans un ministère devient pratique et théologique pour plusieurs raisons :

- Le baptême : À l’époque, le baptême se faisait par immersion totale et les candidats étaient nus. Pour préserver la pudeur des femmes, les diaconesses étaient chargées de les accompagner dans l’eau et de pratiquer l’onction d’huile sur leur corps.

- La catéchèse : Elles instruisaient les femmes qui se préparaient au baptême, car il n’était pas toujours jugé convenable qu’un homme passe beaucoup de temps seul avec une femme pour l’enseigner.

- La visite aux malades : Elles pénétraient dans les maisons privées pour soigner et visiter les femmes malades ou en difficulté, là où les diacres hommes auraient pu causer un scandale social.

- L’ordre dans l’assemblée : Elles assuraient l’accueil et le bon ordre du côté des femmes lors des célébrations liturgiques.

 

Il est important de noter que dans plusieurs traditions anciennes (notamment en Orient), les diaconesses recevaient une véritable imposition des mains (chirotonie) par l’évêque, tout comme les diacres hommes.

Les Constitutions Apostoliques (IV° siècle) donnent même la prière de consécration :

« Ô Dieu éternel [...] qui as rempli d’Esprit Saint Déborah, Marie [la sœur de Moïse] et Hulda… regarde ta servante ici présente, choisie pour le diaconat, et donne-lui l’Esprit Saint ».

Bien que le titre soit le même, il y avait des distinctions fonctionnelles avec le diaconat masculin. Les diaconesses n’avaient généralement pas de rôle de présidence liturgique à l’autel (elles ne distribuaient pas la communion de la même manière). Leur ministère était tourné quasi exclusivement vers le public féminin de la communauté.

 

Pourquoi ont-elles disparu ?

Le déclin des diaconesses commence vers le VI° siècle en Occident et plus tard en Orient. Plusieurs facteurs expliquent cette disparition :

- Le baptême des enfants : comme on ne baptisait plus d’adultes nus, le rôle principal des diaconesses pendant le baptême (le bain nue et l’onction d’huile) est devenu inutile.

- La montée du monachisme : beaucoup de fonctions exercées par les diaconesses ont été transférées aux abbesses dans les couvents.

- L’évolution du droit canonique : des conciles régionaux ont commencé à interdire l’ordination des femmes par peur des influences des cultes païens environnants ou par une lecture plus restrictive des textes de Paul.

Aujourd’hui, la question du rétablissement d’un diaconat féminin est un sujet de réflexion majeure au sein de l’Église catholique, et existe déjà dans certaines Églises orthodoxes (comme le Patriarcat d’Alexandrie).

Le Patriarcat orthodoxe d’Alexandrie ordonne une Zimbabwéenne comme première diaconesseEn 2004, le Saint-Synode de l’Église de Grèce a voté en faveur du rétablissement des diaconesses, principalement pour encadrer la vie dans les monastères féminins. L’idée était de permettre à des moniales d’assumer des fonctions liturgiques internes (lectures, encensement) sans avoir besoin de faire venir un diacre extérieur. Bien que la décision soit officielle, les ordinations féminines restent rares en pratique en Grèce et se limitent presque exclusivement au cadre monastique clos.

En novembre 2016, le Saint-Synode du Patriarcat d’Alexandrie et de toute l’Afrique a voté le rétablissement du diaconat féminin. Les premières consécrations ont eu lieu en février 2017 au Zimbabwe. Dans le rituel de l’ordination diaconale des femmes, l’évêque impose les mains sur la tête de la candidate (chirotonie), place sur ses épaules l’étole diaconale (orarion) et lui remet le calice qu’elle va reposer sur l’autel. La prière récitée par l’évêque fait explicitement le lien avec les femmes de la Bible que nous avons évoquées :

« Seigneur, Tu ne rejettes pas les femmes qui s’offrent elles-mêmes [...] pour servir tes saintes Demeures. Accorde le don de ton Esprit Saint à ta servante qui désire se consacrer à Toi… comme Tu as accordé la grâce de ton diaconat à Phébé, que Tu as appelée à l’œuvre de ton ministère ». L’ordination est donc réelle : ce n’est pas une simple bénédiction comme celle d’un lecteur ou d’un chantre.

 

L’Esprit ne fait pas de distinction : l’Esprit reçu à la Pentecôte est le même qui descend sur la diaconesse lors de son ordination.

La diaconesse est souvent décrite comme une figure de « seuil » : elle fait le pont entre le sanctuaire (l’autel) et le monde (les fidèles, les pauvres, les femmes en retrait). C’est exactement le rôle que jouaient les femmes dans les Actes des Apôtres.

 

Conclusion : C’est donc justice que de permettre à tous les baptisés, hommes et femmes, de participer à égalité au discernement spirituel que l’histoire requiert de nos Églises. Les prophétesses de la Bible nous ont montré ce qu’est discerner en paroles et en actes, avec toutes les implications politiques, sociales, religieuses que cela entraîne. 

Paul a posé les bases d’une égalité réelle entre hommes et femmes ; il a osé transgresser les interdits juifs et romains concernant le rôle des femmes en leur confiant le ministère de la Parole, du service, de l’accueil domestique, du financement communautaire etc. Ce faisant, il a prolongé la liberté étonnante que Jésus avait avec les femmes qui l’entouraient et l’accompagnaient. Et cet élan ne doit pas cesser, ne doit pas se figer. Tôt ou tard, il portera des fruits politiques : non pas imposés par des forces révolutionnaires, mais librement choisis par tous.

 

3. Conjuguer l’Esprit au féminin

L’Esprit est féminin en hébreu (la Ruah YHWH). Que peut-on en déduire sur l’articulation entre l’Esprit Saint et le féminin, particulièrement lors de l’effusion de la Pentecôte ?

 

- Une dimension « maternelle » de Dieu

il_794xN.3635913714_63kr diaconesse dans Communauté spirituelleDans la pensée biblique, la Ruah est le souffle, le vent, mais aussi la force vitale qui « couve » la création (Gn 1, 2), comme une mère-oiseau sur son nid.

L’effusion de l’Esprit sur les femmes à la Pentecôte n’est pas l’ajout d’une force « étrangère » ou uniquement masculine. C’est la reconnaissance que la dimension féminine de Dieu (sa capacité à donner la vie, à consoler, à envelopper) s’exprime pleinement à travers elles. D’ailleurs, la tradition juive explique que les femmes n’ont pas besoin d’un rite comme la circoncision chez les hommes, car chez elles l’alliance dans le sang est naturelle (menstruation)…


Le passage du féminin hébreu (Ruah) au neutre grec (Pneuma) puis au masculin latin (Spiritus) a parfois invisibilisé cette nuance, mais la racine hébraïque rappelle que l’Esprit n’a pas de sexe, ou plutôt, qu’il concerne les deux.

 

- La prophétie comme « enfantement » de la Parole

Si l’Esprit est féminin, l’acte de prophétiser (reçu par les femmes en Ac 2,17) peut être vu comme une forme d’enfantement spirituel.

À Pentecôte, les femmes ne reçoivent pas seulement une autorisation de parler ; elles deviennent des canaux naturels d’un Esprit dont le nom résonne avec leur propre identité de porteuses de vie. Cela crée un lien direct entre Marie (l’ombre de l’Esprit qui la couvre à l’Annonciation) et les femmes de la Pentecôte. Le même Esprit qui a engendré le Christ en une femme engendre maintenant l’Église à travers un groupe d’hommes et de femmes.

 

- La Sagesse et l’Esprit

Dans l’Ancien Testament, la Sagesse de Dieu est elle aussi une figure féminine (חָכְמָה). Les premiers chrétiens ont souvent identifié l’Esprit Saint à cette Sagesse.

En recevant l’Esprit « à part égale », les femmes sont établies comme dépositaires de la Sagesse divine. Cela explique pourquoi, dans les Actes, on voit des femmes comme Priscille capable de corriger et d’enseigner des docteurs de la loi. Elles ne sont pas sous tutelle spirituelle, elles sont « inspirées » directement.

Pourquoi est-ce important pour la Pentecôte ?

Si l’Esprit était perçu comme une force purement masculine, l’effusion sur les femmes pourrait être vue comme une « concession » ou une anomalie. Mais si la Ruah est féminine, la présence des femmes est indispensable pour que l’image de Dieu soit complète dans l’Église.

L’égalité à la Pentecôte n’est pas une « uniformisation » (devenir comme les hommes), mais la manifestation de l’Esprit qui se reconnaît en elles.

En syriaque (une langue proche de l’araméen parlé par Jésus), l’Esprit Saint est resté féminin pendant des siècles dans la liturgie. On y priait l’Esprit comme une « Mère consolatrice ».

 

Les centaines de milliers de béguines qui ont irrigué l’Europe du Nord de leur spiritualité mystique et amoureuse, du XI° au XX° siècle, sont nos plus proches témoins de la fécondité de Pentecôte au féminin, jusque dans les conséquences sociales de leurs béguinages : indépendance et liberté des femmes, retour à l’Évangile, soin des pauvres et des petits, contestation des hiérarchies inégalitaires…

 

Puissions-nous nous encourager mutuellement – hommes et femmes ensemble – à conjuguer l’Esprit également au féminin, afin que « tous » soient réellement inspirés par la bourrasque de Pentecôte !

 

LECTURES DE LA MESSE


PREMIÈRE LECTURE
« Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière » (Ac 1, 12-14)


Lecture du livre des Actes des Apôtres
Les Apôtres, après avoir vu Jésus s’en aller vers le ciel, retournèrent à Jérusalem depuis le lieu-dit « mont des Oliviers » qui en est proche, – la distance de marche ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat. À leur arrivée, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement ; c’était Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques. Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères.


PSAUME
(Ps 26 (27), 1, 4, 7-8)
R/ J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants. ou Alléluia ! (Ps 26, 13)


Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?


J’ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche :
habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie,
pour admirer le Seigneur dans sa beauté
et m’attacher à son temple.


Écoute, Seigneur, je t’appelle !
Pitié ! Réponds-moi !
Mon cœur m’a redit ta parole :
« Cherchez ma face. »


DEUXIÈME LECTURE
« Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous » (1 P 4, 13-16)


Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre
Bien-aimés, dans la mesure où vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin d’être dans la joie et l’allégresse quand sa gloire se révélera. Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous, parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous. Que personne d’entre vous, en effet, n’ait à souffrir comme meurtrier, voleur, malfaiteur, ou comme agitateur. Mais si c’est comme chrétien, qu’il n’ait pas de honte, et qu’il rende gloire à Dieu pour ce nom-là.


ÉVANGILE
« Père, glorifie ton Fils » (Jn 17, 1b-11a)
Alléluia. Alléluia. Je ne vous laisserai pas orphelins, dit le Seigneur ; je reviens vers vous, et votre cœur se réjouira. Alléluia. (cf. Jn 14, 18 ; 16, 22)


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
En ce temps-là, Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire. Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe. J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole. Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi, car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé.
Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi. Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux. Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. »
Patrick BRAUD

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