L'homélie du dimanche (prochain)

10 mai 2026

L’Ascension sans le mythe

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 12 h 30 min

L’Ascension sans le mythe

 

Homélie pour la fête de l’Ascension / Année A 

14/05/26 


Cf. également :

La case vide de l’Ascension
Ascension : sur la terre comme au ciel
Ascension : apprivoiser la disparition
Ascension : la joyeuse absence
Ascension : les pleins pouvoirs
Désormais notre chair se trouve au ciel !
Jésus : l’homme qui monte
Ascension : « Quid hoc ad aeternitatem ? »
Ascension : la joyeuse absence
Ascension : l’ascenseur christique
Une Ascension un peu taquine : le temps de l’autonomie
Les vases communicants de l’Ascension
Ton absence
Le messianisme du trône vide
Se réjouir d’un départ

 

1. Démythologisons !

Sérieusement ! Vous pouvez encore y croire, vous, à cette histoire d’ascension dans les nuages ? Vous pouvez imaginer Jésus transformé en missile sol-air ou drone Shahed sous les yeux médusés des apôtres ? N’en déplaise à ceux qui voudraient en rester à une lecture naïve – ou pire : fondamentaliste – des Écritures, il est évident à un lecteur du XXI° siècle que Luc emprunte à la culture de son époque des codes, des images, un langage mythique afin de faire passer un autre message qu’un exploit spatial improbable.

L'Ascension de Guillaume Fouace, église Notre-Dame, MontfarvilleD’ailleurs, dans son Évangile et dans les Actes des Apôtres, Luc a deux versions différentes du même événement. En Lc 24, Il situe la scène à Béthanie, au-dehors, le soir même de la résurrection, et parle de séparation, puis de Jésus emporté au ciel (et non élevé). Alors qu’en Ac 1, Luc situe la scène à Jérusalem, 40 jours après Pâques, au cours d’un repas (à l’intérieur d’une maison), et dit ensuite qu’« il s’éleva ». Luc a donc lui-même évolué dans son interprétation de l’événement. 

Quant à Matthieu, dont nous avons entendu l’Évangile, il situe l’épisode sur une montagne en Galilée (et non à Jérusalem) où Jésus dit : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ». Il n’y a pas de départ physique ; Jésus reste spirituellement présent sur terre (Mt 28,16-20).

Jean quant à lui parle d’une « montée vers le Père » de manière très métaphysique dès le matin de la Résurrection (le fameux « Noli me tangere » adressé à Marie-Madeleine). Pour Jean, la Croix, la Résurrection et l’Ascension sont presque un seul et même mouvement de retour vers le divin (Jn 20,17).

Chez Marc, la mention de l’Ascension est visiblement un ajout tardif. Dans les manuscrits les plus anciens de l’évangile de Marc, le texte s’arrête brusquement au tombeau vide. La mention de l’Ascension a été ajoutée bien plus tard par des copistes pour harmoniser le texte avec celui de Luc : « Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu » (Mc 16,19).

 

Pourquoi ces différences ?

D’un point de vue rationnel, cela suggère que la « montée au ciel » est une image qui s’est imposée progressivement dans la tradition chrétienne pour expliquer comment un homme ressuscité a pu quitter définitivement la vue de ses proches.

C’est une solution élégante au problème logistique du « corps » de Jésus : s’il est ressuscité physiquement, où est passé ce corps ? L’Ascension répond : il a changé de dimension.

 

L’Ascension marque en réalité la fin des apparitions pascales. Cette élévation, les nuées, la montée physique sont des codes empruntés au langage mythique d’il y a 2000 ans pour évoquer l’expérience des disciples dont le noyau dur est celui-ci : nous l’avons vu vivant, puis nous ne l’avons plus vu du tout. Point barre.

S’il fallait convaincre les nostalgiques du merveilleux que ces codes mythiques étaient largement répandus avant les Évangiles, il suffirait de lire dans l’Ancien Testament ce qui arriva soi-disant à Hénoch : « Il avait marché avec Dieu, puis il disparut car Dieu l’avait enlevé » (Gn 5,24). La tradition ultérieure (le livre d’Hénoch) détaillera longuement son voyage aérien à travers les sept cieux (tradition reprise pour Mohamed dans les Hadiths).

 

L'Ascension  du prophète Élie (musée byzantin et chrétien, Athènes)

L’Ascension du prophète Élie

 

 

 

Relisez la célèbre ascension d’Élie au ciel sous les yeux de son disciple Élisée : « Ils étaient en train de marcher tout en parlant lorsqu’un char de feu, avec des chevaux de feu, les sépara. Alors, Élie monta au ciel dans un ouragan » (2R 2,11). L’influence sur le récit de Luc est évidente.

On pourrait également rapporter la tradition orale transmise par l’historien juif Flavius Joseph (I° siècle) au sujet de Moïse : on racontait que, pendant qu’il parlait à ses proches, une nuée l’enveloppa soudainement et il disparut dans un ravin.

 

En dehors du monde juif, le mythe de l’ascension est également utilisé pour immortaliser les grands hommes de la Grèce ou de Rome, et célébrer leur apothéose. Ainsi Héraclès (Hercule) : après sa mort sur le bûcher du mont Oeta, la mythologie raconte qu’un nuage l’enveloppa et qu’il fut transporté au mont Olympe sur un char conduit par Athéna pour y recevoir l’immortalité.

Romulus, le fondateur de Rome, disparaît lors d’une tempête. L’historien Tite-Live écrit dans l’Histoire de Rome (I,16) : « Une épaisse nuée l’enveloppa et le déroba à la vue de l’assemblée ; depuis ce moment, Romulus ne reparut plus sur la terre. » Un témoin jura plus tard l’avoir vu monter au ciel.

À partir d’Auguste, l’apothéose (montée aux cieux) devient officielle pour les empereurs romains : lors des funérailles impériales, on lâchait un aigle du sommet du bûcher, symbolisant l’âme de l’empereur montant vers les dieux.

Dans la littérature philosophique et ésotérique, on dit que le philosophe grec Empédocle aurait disparu dans les flammes de l’Etna. Pour certains de ses disciples, il ne s’était pas suicidé mais avait été « enlevé » pour devenir un dieu.

Philostrate, le biographe d’Apollonios de Tyane, un contemporain de Jésus, thaumaturge et philosophe, raconte qu’il entra dans un temple en Crète, que les portes se refermèrent, et qu’on entendit des voix de jeunes filles chanter : « Quitte la terre, monte au ciel ! »

 

Ces textes montrent que pour un habitant du bassin méditerranéen au I° siècle, l’Ascension était la « signature » visuelle d’un être exceptionnel. Le récit de Luc sur Jésus utilise donc un langage que tout le monde pouvait comprendre à l’époque pour exprimer sa souveraineté.

 

Croire littéralement que l’Ascension est une montée physique dans l’atmosphère vers le vide spatial est aussi naïf que de croire que Jésus s’est physiquement assis, à la droite du Père. Ce langage imagé veut affirmer la gloire, la vie et les pleins pouvoirs remis au ressuscité, et non pas décrire le modèle du fauteuil Voltaire dans lequel Jésus serait assis… 

La réalité spirituelle visée par ces images n’en demeure pas moins essentielle. Sauf à risquer le ridicule, il nous faut habiller cette réalité d’autres vêtements symboliques que celle d’un vol spatial !

 

L’Ascension sans le mythe dans Communauté spirituelle 500px-Miraj_by_Sultan_Muhammad

Miniature persane
du XVIe siècle
célébrant l’ascension
de Mahomet aux cieux

Les musulmans devraient eux aussi faire ce même travail d’inculturation, car le soi-disant voyage nocturne (Isra) de Mohamed (sourate 17) qui aurait volé de la mosquée Al-Haram (à La Mecque) à la mosquée Al-Asqa (à Jérusalem) est tout aussi improbable et non crédible que l’Ascension façon cosmonaute. Cette ascension de Mohamed a visiblement été inventée, en se calquant sur celle de Jésus. Le Coran raconte même que Mohamed aurait monté à travers sept cieux (Mira), où il aurait rencontré Moïse, Élie et Jésus (sourate 53) ! On retrouve exactement la structure des sept cieux de l’astronomie antique (Ptolémée), ce qui montre que le récit « sacré » s’appuie en réalité sur la compréhension du monde disponible à cette époque. Notons d’ailleurs au passage que dans la tradition islamique, Jésus est le seul prophète (avec Idriss/Hénoch) à être actuellement « vivant » au ciel, attendant de redescendre à la fin des temps. 

 

Si l’on regarde l’ensemble (textes bibliques, gréco-romains et coraniques), on s’aperçoit que l’ascension est un archétype universel :

- c’est la manière dont les cultures anciennes gèrent la disparition d’un être exceptionnel.

- c’est un outil pour dire : « Il n’est pas mort comme tout le monde, il est auprès de la Source ».

 

2. Du Christ à l’Esprit

Si l’on quitte les habillages mythologiques inventés il y a 2000 ans et plus pour décrire la réalité de l’Ascension, comment en parler aujourd’hui ?

 

– On a déjà largement développé (dans d’autres homélies) la piste d’un autre rapport à l’absence : l’Ascension du Christ est source d’une grande joie, à la différence de nos absences  douloureuses, et elle insuffle un dynamisme missionnaire inédit. 

Une absence joyeuse et missionnaire : voilà un axe d’actualisation de l’Ascension toujours très fécond.

 

– Une seconde piste vient du lien essentiel qu’il y a entre l’Ascension et la Pentecôte : de l’une à l’autre s’opère une véritable mutation du mode de présence, par l’Esprit du Ressuscité.

logo-d-église-unité-en-christ-la-descente-du-saint-esprit-pentecôte-123263608 Ascension dans Communauté spirituelleTant que Jésus est un corps physique, il est limité par l’espace et le temps : il est à Jérusalem ou en Galilée, mais pas les deux à la fois.

L’absence physique (Ascension) brise cette limite spatiale. L’Esprit de Pentecôte permet au message de devenir « polyglotte » et universel. Le récit des Actes des Apôtres insiste sur le fait que chacun entend les disciples dans sa propre langue.

On passe ainsi d’un centre unique (Jésus) à une multitude de centres (chaque baptisé inspiré par l’Esprit). C’est un peu comme un logiciel (l’Esprit) qui tourne désormais sur des millions  d’ordinateurs après que le concepteur (Jésus) se soit retiré…

 

L’Esprit de Pentecôte est le « relais » de l’Ascension. C’est lui qui permet à une mémoire historique de se transformer en une énergie créatrice. Sans l’Ascension, la religion serait un culte de la personnalité ; avec la Pentecôte, elle devient une expérience de liberté.

 

Pour saint Jean Chrysostome par exemple (V° siècle), l’Ascension est le moment où l’humanité (en Jésus) entre au ciel, ce qui « débloque » en quelque sorte le don de l’Esprit. Si le Roi est entré dans son palais, il peut envoyer ses largesses.

« Considère donc quelle merveille ! Notre nature est montée au ciel, et la grâce de l’Esprit est descendue sur la terre. [...] Le Christ a emporté nos prémices en haut, et il nous a envoyé son Esprit en bas. Dieu s’est réconcilié avec notre race ; il n’y a plus de guerre, plus de combat. [...] Si le Christ n’était pas monté, l’Esprit ne serait pas descendu. Il fallait que le sacrifice fût accompli, que la réconciliation fût parfaite, pour que le don du Consolateur nous fût accordé » (Homélie sur la Pentecôte, I).

 

Saint Augustin (III°-IV°  siècles) explique quant à lui que si Jésus restait visible, nous resterions attachés à son humanité charnelle sans accéder à sa divinité spirituelle. L’Ascension est une pédagogie pour nous faire passer de l’œil à l’âme.

 « Car s’il ne s’éloignait pas de nos yeux, notre cœur ne pourrait pas le voir. S’il ne nous quittait pas selon la chair, nous ne le posséderions pas selon l’Esprit. [...] Pourquoi donc s’étonner qu’il se soit éloigné de nos yeux, afin que nous le cherchions par la foi, et que, le trouvant par la foi, nous le possédions par l’amour ? Il est monté au ciel, et il est ici ; il est assis à la droite du Père, et il est avec nous. Il ne nous a pas quittés en montant, il ne nous a pas trompés en promettant » (Sermon 264, Sur l’Ascension du Seigneur).

 

Saint Léon le Grand (V° siècle), développe l’idée que ce qui était « visible » en Jésus est passé dans les sacrements et dans la vie de l’Église par l’Esprit Saint.

 « Ce qui était visible en notre Rédempteur est passé dans les mystères [les sacrements]. Et pour que la foi soit plus noble et plus ferme, la vision a fait place à l’enseignement, dont l’autorité doit être suivie par les cœurs des croyants, éclairés par les rayons d’en haut. [...] Dès lors, une foi plus instruite commença à s’approcher par le mouvement de l’Esprit de ce Fils égal au Père, et n’eut plus besoin de la présence de la substance corporelle en laquelle il est inférieur au Père » (Sermon 74 Sur l’Ascension, II, 2).

 

– Une troisième piste d’interprétation, plus mystique, traduit l’Ascension en termes d’aventure intérieure.

Pour Thérèse d’Avila (XVI° siècle), l’âme humaine est un cristal ou un diamant qui contient de nombreuses demeures. Le « Ciel » se trouve au centre exact de ce château. Elle explique que nous passons notre vie à l’extérieur des murs de notre propre château. L’ascension est alors le chemin qui mène vers la « septième demeure », là où réside le divin.

« Ne cherchons pas de demeure hors de nous-même… puisque notre âme est un paradis où le Seigneur se plaît » (Le Château intérieur, 1577).

71fEsVpgAgS._SL1318_ mytheParadoxalement, pour saint Jean de la Croix, la montée du Carmel commence par le dépouillement de soi. Dans cette « nuit obscure », nous apprenons accepter de ne rien vouloir (nada) ni posséder ni être de particulier : « pour arriver à être tout, ne veuille être rien en rien (nada) ». L’Ascension du Christ est notre descendre en nous-même, au plus bas, jusqu’à atteindre le Nada qui nous établit en Dieu avec le Christ.

 

Maître Eckhart, mystique rhénan du XIV° siècle, est sans doute celui qui a le plus « dé-spatialisé » le ciel. Pour lui, Dieu et le fond de l’âme sont une seule et même chose.

L’ascension est un dépouillement (Abgeschiedenheit). Pour monter au ciel, il ne faut pas ajouter quelque chose à soi-même, mais enlever tout ce qui n’est pas l’essentiel.

« Dieu est plus proche de moi que je ne le suis de moi-même ».

« L’œil par lequel je vois Dieu est le même œil par lequel Dieu me voit. »

Le ciel n’est pas « ailleurs », il est le « fond » (Grund) de notre propre être, à la « fine pointe de l’Âme ».

 

Vous voyez : l’Ascension au-delà du mythe nous ouvre la possibilité d’un compagnonnage quotidien avec l’Esprit du Christ : 

- vivre l’absence comme une source de joie et de mission, 

- vivre l’Église et les sacrements comme un autre mode de présence du Christ, 

- vivre l’intériorité comme l’engendrement du Verbe en nous, pour nous faire monter vers le Père…

 

Qu’en tout cela l’Esprit du Ressuscité nous conduise !

 

 

LECTURES DE LA MESSE

PREMIÈRE LECTURE
« Tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva » (Ac 1, 1-11)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Cher Théophile, dans mon premier livre j’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le moment où il commença, jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir, par l’Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu’il avait choisis. C’est à eux qu’il s’est présenté vivant après sa Passion ; il leur en a donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu et leur a parlé du royaume de Dieu.
Au cours d’un repas qu’il prenait avec eux, il leur donna l’ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre que s’accomplisse la promesse du Père. Il déclara : « Cette promesse, vous l’avez entendue de ma bouche : alors que Jean a baptisé avec l’eau, vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés d’ici peu de jours. » Ainsi réunis, les Apôtres l’interrogeaient : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour Israël ? » Jésus leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. »
Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux. Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs, qui leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. »
 
PSAUME
(Ps 46 (47), 2-3, 6-7, 8-9)
R/ Dieu s’élève parmi les ovations, le Seigneur, aux éclats du cor.
ou : Alléluia ! (Ps 46, 6)

Tous les peuples, battez des mains,
acclamez Dieu par vos cris de joie !
Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable,
le grand roi sur toute la terre.

Dieu s’élève parmi les ovations,
le Seigneur, aux éclats du cor.
Sonnez pour notre Dieu, sonnez,
sonnez pour notre roi, sonnez !

Car Dieu est le roi de la terre :
que vos musiques l’annoncent !
Il règne, Dieu, sur les païens,
Dieu est assis sur son trône sacré.
 
DEUXIÈME LECTURE
« Dieu l’a fait asseoir à sa droite dans les cieux » (Ep 1, 17-23)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Frères, que le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père dans sa gloire, vous donne un esprit de sagesse qui vous le révèle et vous le fasse vraiment connaître. Qu’il ouvre à sa lumière les yeux de votre cœur, pour que vous sachiez quelle espérance vous ouvre son appel, la gloire sans prix de l’héritage que vous partagez avec les fidèles, et quelle puissance incomparable il déploie pour nous, les croyants : c’est l’énergie, la force, la vigueur qu’il a mise en œuvre dans le Christ quand il l’a ressuscité d’entre les morts et qu’il l’a fait asseoir à sa droite dans les cieux. Il l’a établi au-dessus de tout être céleste : Principauté, Souveraineté, Puissance et Domination, au-dessus de tout nom que l’on puisse nommer, non seulement dans le monde présent mais aussi dans le monde à venir. Il a tout mis sous ses pieds et, le plaçant plus haut que tout, il a fait de lui la tête de l’Église qui est son corps, et l’Église, c’est l’accomplissement total du Christ, lui que Dieu comble totalement de sa plénitude.
 
ÉVANGILE
« Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre » (Mt 28, 16-20)
Alléluia. Alléluia. Allez ! De toutes les nations faites des disciples, dit le Seigneur. Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. Alléluia. (Mt 28, 19a.20b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,  les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre.  Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes.  Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.  Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,  apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »
Patrick BRAUD

 

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