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23 avril 2018

Le témoin venu d’ailleurs

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Le témoin venu d’ailleurs

Homélie pour le 5° dimanche de Pâques / Année B
29/04/2018

Cf. également :

Que veut dire être émondé ?
La parresia, ou l’audace de la foi
Persévérer dans l’épreuve
La pierre angulaire : bâtir avec les exclus, les rebuts de la société

Le témoin venu d’ailleurs

Hervé a fait de la prison. Moins d’un an, « pour une bêtise ». À sa sortie, pas grand-monde pour l’accueillir. Ses frères et sœurs dispersés dans toute la France lui envoient un vague message. Il ose quand même se montrer à la réunion de famille suivante. Évidemment, tout le monde ‘tord le nez’ devant lui, évitant de parler de choses qui fâchent, ne le saluant que du bout des lèvres. Tout le monde, sauf un beau-frère autrefois distant, qui prend le temps d’échanger, de lui tendre la perche pour raconter ce qu’il souhaite raconter. Intrigué, Hervé se demande pourquoi il y a que Médéric - cette pièce rapportée - pour lui accorder un peu de valeur. L’interrogeant à son tour, il comprend que Médéric, dont les parents sont d’origine maghrébine, est toléré dans le cercle familial, mais pas vraiment admis ni adopté. Entre moutons noirs, ils se sont reconnus. Pour Hervé, le soutien n’est pas venu de ses proches, mais du deuxième cercle, d’un témoin qui vient d’ailleurs et se révèle un allié inattendu.

Les réunions, le mouton noir du travail – 3 principales raisons de se réunir

Trouver des alliés là où on ne l’attendait pas… N’avez-vous jamais fait cette expérience au travail, en famille, entre amis ?

Pour surmonter les exclusions qui nous rendent douloureusement étranger à nos proches, c’est parfois l’appui d’un étranger qui nous est offert. C’est en tout cas l’expérience que Barnabé fait vivre à la première communauté chrétienne de Jérusalem dans notre première lecture (Ac 9,26-31). Ils ont connaissance des persécutions que Saul inflige à leurs frères en Syrie. Dans ce contexte de dénonciation et d’emprisonnement, ils ont peur d’être exclus des synagogues, livrés au pouvoir romain, accusés de blasphème et d’hérésie. Mais voilà que Barnabé plaide la cause de Saul. Il raconte longuement ce qui lui est arrivé sur le chemin de Damas. Il atteste que Saul est devenu un prédicateur de haute volée pour convaincre les juifs de langue grecque de la résurrection de Jésus.

Grâce à Barnabé, l’Église de Jérusalem découvre qu’elle peut recevoir une aide inattendue venue d’ailleurs. Il lui est donné le renfort d’un témoin exceptionnel, Saul, qu’elle n’a pas formé ni même évangélisé. Plus encore : ce témoin venu d’ailleurs est issu des rangs ennemis. Un ancien persécuteur ! « Paul ne respirait autrefois que menaces et carnage à l’égard des disciples du Seigneur » (Ac 9,1), et le voilà prêchant avec assurance (parresia) au nom du Seigneur !

Voilà d’ailleurs au passage pourquoi aimer ses ennemis n’a rien d’illogique, car Dieu peut faire surgir de l’ennemi d’aujourd’hui le meilleur allié de demain ! Il suffit d’y croire, de se laisser surprendre, et surtout de ne jamais enfermer définitivement quelqu’un dans des actes commis à un moment de son existence.

Nul doute que l’assurance de Saul a contribué à imposer le respect parmi les non-chrétiens, et à garantir à l’Église la paix que décrit le livre des Actes des apôtres.

Nous recevons souvent une aide d’horizons inconnus. Nous sommes compris par ceux  que nous ne comprenions pas. Nous recevons soutien et appui de ceux qui sont qui ont eux-mêmes connus l’exclusion et la marginalisation. Et nous sommes surpris de découvrir tel visage en renfort alors que nous en attendions d’autres plus proches.

pape Amazonie

Demeurer ouvert aux témoins venus d’ailleurs est donc une force du salut. La consanguinité en tout n’a jamais été une bonne chose… Même en entreprise, les alliés venus d’ailleurs se révèlent souvent plus efficaces que les structures bien en place depuis longtemps dans la société. À condition d’avoir cette ouverture d’esprit qui pousse à regarder ailleurs, à écouter d’autres discours, à recruter d’autres talents.

 

En relisant Ac 9,26-31, chacun de nous peut s’identifier aux trois acteurs principaux :

- l’Église de Jérusalem

Former une communauté n’est pas s’isoler, se protéger, et limiter l’accès aux seuls semblables. Savoir écouter, accueillir, intégrer les témoins venus d’ailleurs est un enjeu vital pour une paroisse, un groupe de prière, une chorale. Aujourd’hui, des parcours étranges nous troublent et frappent à notre porte : des gens venant du New Age, de l’écologie, du développement personnel, de voyages autour du monde, de recherches sur Internet, de lectures solitaires, d’expériences mystiques etc…
Les chercheurs de Dieu actuels sont déroutants pour les ‘vieux’ chrétiens. Ce sont pourtant les témoins que Dieu nous envoie pour rajeunir et revigorer notre vieille Église. Saurons-nous leur offrir une place, comme l’Église de Jérusalem associant Saul qui « allait et venait d’en Jérusalem avec eux » ?

- Barnabé

Barnabé est médiateur. Il introduit Saul dans l’Église. Il le parraine. Il s’en porte garant. Il apaise la peur que suscite le parcours inquiétant de cet ex-persécuteur. Il raconte ce qui est arrivé à Saul. Il atteste de sa transformation, de son « assurance au nom du Seigneur ». Sans Barnabé, difficile pour Paul d’entrer dans une communauté apparemment fermée sur elle-même et sa peur.

Soyons de ces Barnabés qui authentifient l’expérience spirituelle vécue par d’autres hors de notre Église, et qui les présentent à la communauté pour qu’elle s’en enrichisse ! Le catéchuménat des adultes est en première ligne pour faire ainsi évoluer les mentalités et nourrir l’Église de ce qu’elle a n’a pas semé.

Le témoin venu d'ailleurs dans Communauté spirituelle pauletbanabe

Il nous faut des Barnabés curieux de l’action de Dieu hors-les-murs, assez courageux pour accompagner des parcours hors-normes, missionnés en retour pour présenter à l’Église ces témoins venus d’ailleurs. Les équipes d’accompagnement au mariage, les équipes deuil auront elles aussi de ces histoires à raconter de gens apparemment très loin témoignant en réalité d’une profondeur, d’une qualité de recherche, d’une soif de la Bible etc. qui feraient du bien à l’assemblée dominicale !

- Saul

Eh oui ! Chacun de nous peut devenir le Saul de quelqu’un d’autre !

Saul ne garde pas pour lui la rencontre éblouissante du chemin de Damas. Saul comprend qu’aimer le Christ sans aimer son corps qui est l’Église n’est pas un amour authentique. Il « cherche à se joindre aux disciples », alors que ceux-ci le rejettent encore par peur de son passé meurtrier. Il accepte humblement de passer par la médiation de Barnabé plutôt que de s’imposer par lui-même. « Il va et vient dans  Jérusalem avec les disciples », comme un catéchumène avec ses compagnons, avant d’accepter d’être envoyé par eux à Tarse. Bref, il joue le jeu ecclésial, tout en se battant pour que la greffe prenne entre lui – pharisien expert en Écritures, citoyen romain, parlant grec couramment – et les pêcheurs un peu frustres choisis par Jésus autour du lac de Galilée…

Ne pas renoncer à sa différence tout en étant passionné de la communion entre tous : Saul ne reste pas isolé, il désire faire corps. À nous de garder cette double passion (de la différence, de la communion) au sein de nos assemblées.

Soyons tour à tour et les uns pour les autres Saul, Barnabé, les disciples de Jérusalem.
Et reconnaissons que les témoins venus d’ailleurs sont une bénédiction pour nos évolutions personnelles…

 

 

LECTURES DE LA MESSE
PREMIÈRE LECTURE
« Barnabé leur raconta comment, sur le chemin, Saul avait vu le Seigneur » (Ac 9, 26-31)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

En ces jours-là,arrivé à Jérusalem,Saul cherchait à se joindre aux disciples,mais tous avaient peur de lui,car ils ne croyaient pasque lui aussi était un disciple.Alors Barnabé le prit avec luiet le présenta aux Apôtres ;il leur raconta comment, sur le chemin,Saul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé,et comment, à Damas, il s’était exprimé avec assuranceau nom de Jésus.Dès lors, Saul allait et venait dans Jérusalem avec eux,s’exprimant avec assurance au nom du Seigneur.Il parlait aux Juifs de langue grecque,et discutait avec eux.Mais ceux-cicherchaient à le supprimer.Mis au courant,les frères l’accompagnèrent jusqu’à Césaréeet le firent partir pour Tarse.
L’Église était en paixdans toute la Judée, la Galilée et la Samarie ;elle se construisaitet elle marchait dans la crainte du Seigneur ;réconfortée par l’Esprit Saint,elle se multipliait.

PSAUME
(21 (22), 26b-27, 28-29, 31-32)
R/ Tu seras ma louange, Seigneur,dans la grande assemblée.
ou : Alléluia ! (cf. 21, 26a)

Devant ceux qui te craignent, je tiendrai mes promesses.
Les pauvres mangeront : ils seront rassasiés ;
ils loueront le Seigneur, ceux qui le cherchent :
« À vous, toujours, la vie et la joie ! »

La terre entière se souviendra et reviendra vers le Seigneur,
chaque famille de nations se prosternera devant lui :
« Oui, au Seigneur la royauté,
le pouvoir sur les nations ! »

Et moi, je vis pour lui : ma descendance le servira ;
on annoncera le Seigneur aux générations à venir.
On proclamera sa justice au peuple qui va naître :
Voilà son œuvre !

DEUXIÈME LECTURE
« Voici son commandement : mettre notre foi dans le nom de Jésus Christ et nous aimer les uns les autres » (1 Jn 3, 18-24)
Lecture de la première lettre de saint Jean

Petits enfants,n’aimons pas en paroles ni par des discours,mais par des actes et en vérité.Voilà comment nous reconnaîtrons que nous appartenons à la vérité,et devant Dieu nous apaiserons notre cœur ;car si notre cœur nous accuse,Dieu est plus grand que notre cœur,et il connaît toutes choses.
Bien-aimés,si notre cœur ne nous accuse pas,nous avons de l’assurance devant Dieu.Quoi que nous demandions à Dieu,nous le recevons de lui,parce que nous gardons ses commandements,et que nous faisons ce qui est agréable à ses yeux.Or, voici son commandement :mettre notre foi dans le nom de son Fils Jésus Christ,et nous aimer les uns les autres comme il nous l’a commandé.Celui qui garde ses commandements demeure en Dieu,et Dieu en lui ;et voilà comment nous reconnaissons qu’il demeure en nous, puisqu’il nous a donné part à son Esprit.

ÉVANGILE
« Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit » (Jn 15, 1-8)
Alléluia. Alléluia.
Demeurez en moi, comme moi en vous,dit le Seigneur ;celui qui demeure en moi porte beaucoup de fruit.
Alléluia. (Jn 15, 4a.5b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,Jésus disait à ses disciples :« Moi, je suis la vraie vigne,et mon Père est le vigneron.Tout sarment qui est en moi,mais qui ne porte pas de fruit,mon Père l’enlève ;tout sarment qui porte du fruit,il le purifie en le taillant,pour qu’il en porte davantage.Mais vous, déjà vous voici purifiésgrâce à la parole que je vous ai dite.Demeurez en moi, comme moi en vous.De même que le sarmentne peut pas porter de fruit par lui-mêmes’il ne demeure pas sur la vigne,de même vous non plus,si vous ne demeurez pas en moi.
Moi, je suis la vigne,et vous, les sarments.Celui qui demeure en moiet en qui je demeure,celui-là porte beaucoup de fruit,car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous. Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples.
Patrick BRAUD

 

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27 mars 2018

Deux prérequis de Pâques

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Deux prérequis de Pâques


Homélie pour la fête de Pâques / Année B
01/04/18

Cf. également :

Pâques : Courir plus vite que Pierre
Les Inukshuks de Pâques
Pâques n’est décidément pas une fête sucrée
Comment annoncer l’espérance de Pâques ?
Incroyable !
La pierre angulaire : bâtir avec les exclus, les rebuts de la société
Les sans-dents, pierre angulaire


Que s’est-il passé entre la sinistre éclipse du Vendredi saint vers 15 heures et l’annonce incroyable de l’aurore de Pâques en ce dimanche matin ?

Nul ne saura jamais quelle mystérieuse alchimie opérant dans le tombeau scellé a produit ce corps transfiguré adapté à l’autre monde. Par contre, nous connaissons deux démarches qui ont préparé sans le savoir cet évènement hors normes. Deux prérequis en quelque sorte, indispensables pour que quelque chose d’inouï arrive. Sans rien enlever à la gratuité de l’événement pascal, ces deux prérequis soulignent la part humaine, notre contribution à la résurrection du Christ, rien moins que cela !

 

Réhabiliter les vaincus de l’histoire (Joseph d’Arimathie)

L’Évangile de Jean nous rapporte l’intervention courageuse de Joseph d’Arimathie auprès des autorités juives :

« Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Joseph vint donc enlever le corps de Jésus (Jn 19,38) ». 

Deux prérequis de Pâques dans Communauté spirituelle MaT%2B-%2BLouviers%2B27%2B%25282%2529C’est un peu comme demander le corps de Jean Moulin à la Kommandantur après qu’il ait été supplicié par la Gestapo. Alors que l’affaire Jésus s’est soldée par la défaite totale de ce faux prophète et la mise en déroute de sa bande, ce notable Joseph d’Arimathie, respecté et ayant pignon sur rue, risque sa réputation et sa sécurité pour récupérer le cadavre lamentable qui gît au pied de la croix. Il ose ainsi se dévoiler, prendre parti, et risquer l’affrontement avec les vainqueurs apparents de la confrontation.

Il fait plus encore : il place le cadavre dans un tombeau neuf prévu pour un riche. Donner une sépulture à un crucifié est déjà une transgression, car la loi juive demande de laisser les corps pendre au gibet, sans doute à titre d’exemple (barbarie assez répandue hélas), pour que la honte et l’humiliation soient portées à l’extrême avec les oiseaux et autres charognards déchiquetant les chairs… Rappelons-nous que la malédiction attachée au supplice de la croix fait du crucifié un non-juif, un maudit de Dieu, rayé du peuple, exclu de toute dignité humaine même après sa mort (Ga 3,13; Dt 21,23).

Or Joseph ose lui redonner cette dignité en lui offrant son tombeau. Et un tombeau de riche, c’est-à-dire de quelqu’un béni des dieux, admiré des hommes. Un théologien – Jean-Baptiste Metz – a appelé « souvenir des vaincus » cette démarche au cœur de Pâques : faire mémoire de la Pâque du Christ, c’est se souvenir de tous les vaincus de l’histoire qui aurait dû passer aux oubliettes de la mémoire collective, mais inoubliables en Christ.

Réhabiliter les vaincus de l’histoire, c’est raconter les millions de vies supprimées dans les goulags soviétiques, donner un nom aux ombres des camps de Pol Pot ou de Mao, réécrire l’histoire des pauvres gens et pas seulement des princes, des rois et des puissants. C’est adopter le point de vue des plus petits lorsqu’on envisage un projet d’entreprise. C’est faire attention à ceux que personne ne remarque. C’est écrire les monographies des familles du Quart-Monde avec ATD. C’est ne pas passer sous silence les existences éliminées en début ou en fin de vie sans état d’âme. C’est égrener le nom des indigents morts dans la rue et destinés à la fosse commune.

Cette réhabilitation comporte un risque majeur : être soi-même identifié à ceux dont on réclame les corps pour les honorer, et finalement subir le même sort qu’eux. C’est pourquoi les candidats ne se bousculent pas ! Mais Joseph d’Arimathie a eu ce courage. Sans lui, pas de tombeau pour Jésus le maudit.

 

Être un baume versé sur tant de plaies

Les deux Marie (mais où est la mère de Jésus ?) et la mère de Salomé incarnent le deuxième prérequis de Pâques : embaumer le corps du supplicié.

« Quand le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des aromates pour aller oindre le corps.  Et de grand matin, le premier jour de la semaine, elles vont à la tombe, le soleil s’étant levé. » (Mc 16,1-2)

Toutes les familles qui ont eu recours à un thanatopracteur après un décès comprennent ce que cela signifie. Rendre à un visage aimé un peu de beauté et de sérénité après l’épreuve de la maladie et ici de la croix. Retravailler les tissus abîmés après un accident de la route, disposer les membres déformés de manière à leur redonner apparence convenable. Embaumer, c’est mettre du baume sur les plaies et préserver la dignité du corps humain le plus longtemps possible. Les embaumements égyptiens de pharaons préparaient ainsi la vie des puissants dans l’au-delà. Les trois femmes du matin de Pâques viennent embaumer un malheureux sans pouvoir imaginer que c’est lui qui leur ouvrira l’au-delà. Elles veulent faire de lui un « oint » de leurs aromates, et c’est le Christ (l’Oint de Dieu) qui les consolera.

423668430 baume dans Communauté spirituelle« On voudrait être un baume versé sur tant de plaies » : c’est la dernière phrase du journal intime d’Etty Hillesum en 1942 [1], avant de partir volontairement du quartier juif d’Amsterdam vers le camp de Westerbrok où elle mourut en 1943. Etty a consacré ses mois de captivité à Westerbrok à être aux côtés de ses compagnons d’infortune, avec générosité, compassion, et même beaucoup d’humour et de gaieté. À l’image des deux Marie et de Salomé, Etty voulait comme embaumer ceux que l’extermination nazie allait gazer puis incinérer. Sans aucun doute préparait-t-elle ainsi leur résurrection, unis au sacrifice du Christ, l’un des leurs.

Être un baume versé sur tant de plaies se traduit aujourd’hui par la présence auprès des migrants, des prisonniers, des mourants, des rejetés de toutes sortes…

Entre Vendredi saint et matin de Pâques, un homme et trois femmes incarnent deux prérequis de la Résurrection : réhabiliter les vaincus de l’histoire, être soi-même comme un baume versé sur les plaies de notre entourage…

Que l’Esprit de Dieu nous souffle comment nous engager sur cette double voie : nous goûterons alors à la vraie joie de Pâques.

 


[1] . Une vie bouleversée. suivi de Lettres de Westerbork, Journal 1941-1943, Etty Hillesum, 1995, Seuil, coll. Points.

 

 

MESSE DU JOUR DE PÂQUES

PREMIÈRE LECTURE
« Nous avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts » (Ac 10, 34a.37-43)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

En ces jours-là, quand Pierre arriva à Césarée chez un centurion de l’armée romaine, il prit la parole et dit : « Vous savez ce qui s’est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les commencements en Galilée, après le baptême proclamé par Jean : Jésus de Nazareth, Dieu lui a donné l’onction d’Esprit Saint et de puissance. Là où il passait, il faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui. Et nous, nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois du supplice, Dieu l’a ressuscité le troisième jour. Il lui a donné de se manifester, non pas à tout le peuple, mais à des témoins que Dieu avait choisis d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts. Dieu nous a chargés d’annoncer au peuple et de témoigner que lui-même l’a établi Juge des vivants et des morts. C’est à Jésus que tous les prophètes rendent ce témoignage : Quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon de ses péchés. »

PSAUME
(Ps 117 (118), 1.2, 16-17, 22-23)
R/ Voici le jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jour de fête et de joie ! (Ps 117, 24)

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
Oui, que le dise Israël :
Éternel est son amour !

Le bras du Seigneur se lève,
le bras du Seigneur est fort !
Non, je ne mourrai pas, je vivrai,
pour annoncer les actions du Seigneur.

La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.

 

DEUXIÈME LECTURE
« Recherchez les réalités d’en haut, là où est le Christ » (Col 3, 1-4)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Colossiens

Frères, si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre. En effet, vous êtes passés par la mort, et votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu. Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui dans la gloire.

 

SÉQUENCE
À la Victime pascale, chrétiens, offrez le sacrifice de louange.

L’Agneau a racheté les brebis ;
le Christ innocent a réconcilié
l’homme pécheur avec le Père.

La mort et la vie s’affrontèrent
en un duel prodigieux.
Le Maître de la vie mourut ; vivant, il règne.

 « Dis-nous, Marie Madeleine,
qu’as-tu vu en chemin ? »

 « J’ai vu le sépulcre du Christ vivant,
j’ai vu la gloire du Ressuscité.

J’ai vu les anges ses témoins,
le suaire et les vêtements.

Le Christ, mon espérance, est ressuscité !
Il vous précédera en Galilée. »

Nous le savons : le Christ
est vraiment ressuscité des morts.

Roi victorieux,
prends-nous tous en pitié !
Amen.

 

ÉVANGILE
« Il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts » (Jn 20, 1-9)

Alléluia. Alléluia. Notre Pâque immolée, c’est le Christ ! Célébrons la Fête dans le Seigneur ! Alléluia. (cf. 1 Co 5, 7b-8a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. » Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.
Patrick BRAUD

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5 février 2018

Fréquenter les infréquentables

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Fréquenter les infréquentables


Homélie pour le 6° Dimanche du temps ordinaire / Année B
11/02/2018

Cf. également :

Quelle lèpre vous ronge ?
Pour en finir avec les lèpres
La pierre angulaire : bâtir avec les exclus, les rebuts de la société
Les sans-dents, pierre angulaire


Pas de bras, pas de chocolat !

Fréquenter les infréquentables dans Communauté spirituelle 227x227bbCette réplique-culte du film qui ne l’est pas moins pourrait s’appliquer aux lépreux de notre évangile de ce dimanche. Intouchables (sorti en 2011) est devenu le film le plus populaire du cinéma français [1], sans doute parce qu’il s’attaque avec humour et gentillesse à une double exclusion  sociale : le handicap côté François Cluzet et la couleur de peau côté Omar Sy. Reconnaissons-le : la condition des « intouchables » en France est dans bien des cas semblables à celles des lépreux du temps de Jésus.

La tragédie des lépreux n’était pas seulement la dégradation physique de leur corps, mais davantage encore la honte de se voir rejetés par tous les autres (cf. Lv 13-14). Ils étaient complètement exclus de la communauté. Ils ne pouvaient plus vivre avec leurs proches, ne pouvaient pas se marier ni avoir d’enfants. Il leur était interdit de participer à une fête religieuse ou à toute autre activité sociale. En réalité, beaucoup de ces gens n’étaient pas nécessairement victimes de la lèpre telle que nous la connaissons aujourd’hui, mais de diverses maladies de la peau (psoriasis, teigne, éruptions cutanées, tumeurs, eczéma…). Ces affections cutanées s’étendaient sur leur corps et les rendaient répugnants. Il fallait éviter tout contact avec eux car on croyait que leur maladie était contagieuse et qu’un contact avec eux rendait impur. Le sort des lépreux était le pire parmi les malades. Selon le livre du Lévitique, ils devaient crier : “Impur, impur!” Tant que durera son mal, il sera impur et étant impur, il demeurera à part. (Lv 13,45-46) Ils devaient eux-mêmes annoncer leur exclusion quand quelqu’un approchait d’eux. Les lépreux étaient les personnes les plus marginalisées de la société. De plus, ils se sentaient complètement abandonnés de Dieu et des humains.

La Bible se souvient pourtant que ces intouchables ont pu être les sauveurs de leur peuple, préfigurant pour les chrétiens le salut opéré par le Christ s’identifiant aux exclus. 2R 7 raconte comment 4 lépreux ont osé entrer dans le camp des Araméens faisant le siège de la ville de Samarie, découvrant ainsi qu’il était vide. En avertissant le roi, ils ont sauvé leur peuple, eux dont ils étaient exclus.

 

Qui sont nos intouchables ?

Ne pensons pas que les lépreux ont disparu. Malgré Albert Schweitzer et Raoul Follereau, il y encore un à deux millions de malades dans le monde, et 2000 cas nouveaux sont diagnostiqués chaque année, dont 200 pour le seul Bénin par exemple. Or la répulsion physique qu’inspirent les corps rongés par la lèpre est toujours source de mise à l’écart, de peur, de regards fuyants et d’évitements gênés. L’horreur qu’une chair défigurée inspire – doigts  manquants, yeux vitreux, plaies et ulcères apparentes – est telle que la vie sociale des lépreux est réduite à leurs soignants et à leurs compagnons malades. Le combat de Jésus pour réintégrer ces fantômes dans la vie de leur communauté est toujours actuel, et ne doit pas être abandonné.

lepreux exclusion dans Communauté spirituelleIl se conjugue avec l’attrait que le Christ avait pour tous les autres infréquentables de l’Israël d’alors. Fréquenter les intouchables de son temps semble être une de ses passions. Il va manger chez les collabos juifs de l’occupant romain que tout le monde exècre et voudrait voir tondus. Il touche les prostituées, se laisse caresser les pieds en public par les cheveux parfumés d’une pécheresse. Il laisse repartir la femme adultère sans la lapider. Il impose la main aux possédés dont on avait peur. Il fait de la boue pour l’appliquer sur les yeux morts d’un aveugle-né. Il se laisse toucher par une femme impure de ses pertes sanguines. Il côtoie les samaritains – ces hérétiques – et fait l’éloge de leur compassion. Il fait bon accueil aux romains et aux grecs – ces étrangers – dont il salue la foi plus grande que celle des fils d’Israël. Il finira comme il a vécu, en compagnie de deux voleurs dont l’un sera son premier invité au paradis.

Vous devinez que la transposition est facile : être disciple du Christ aujourd’hui, c’est faire l’expérience du même amour pour les intouchables de notre temps.

 

Qui sont nos infréquentables ?

- Les SDF

Les sans-dents, pierre angulaire dans Communauté spirituellePensez aux ombres qui – malgré toutes les promesses électorales répétées – hantent toujours les couloirs de nos métros, les bouches de chaleur, les abris et cartons de fortune en guise de refuge. Il y a environ 200 000 SDF en France. Se réclamer du Christ n’est pas tant parler d‘eux, s’occuper d’eux. C’est d’abord aller les rejoindre, les toucher au cœur, partager des repas, des discussions, des jeux de cartes, des démarches pour se relever etc. Ce que la rue a abîmé quand on y a passé des années n’est pas seulement matériel ou financier. C’est tout une vision du monde à reconstruire. C’est un chemin de relèvement si dur qu’il est presque impossible à parcourir sans de fidèles compagnons à ses côtés. Les « sans-dents » dont se riait François Hollande sentent mauvais, ont des cheveux filasses, une dentition effectivement épouvantable, une espérance de vie très courte : bref, ils font fuir. Il faut parfois avoir le cœur bien accroché pour aller à leur contact. Avec des rencontres au final très simples, très humaines dès lors qu’elles se jouent dans la réciprocité et le respect mutuel.
Donner ne suffit pas. Aller toucher en direct et guérir à la manière du Christ est vital.

 

- Les prostitué(e)s

camembert-nombre-de-pp lèpreLes autres ombres qui peuplent certaines rues de certains quartiers ne sont pas moins infréquentables aux yeux de la société : les prostitué(e)s. Environ 40 000 en France, essentiellement de jeunes femmes victimes de trafic venant d’Afrique et des pays de l’Est. Le mouvement « Le Nid » fondé par un prêtre les accompagne au quotidien depuis 70 ans. Le projet du Mouvement du Nid est initié par une rencontre entre deux personnalités d’exception. En 1937 Germaine Campion, une femme éprouvée, prostituée et alcoolique, a quitté Paris pour “venir mourir” dans sa ville natale, Paramé-Saint-Malo, en Bretagne. Elle confie sa détresse à André-Marie Talvas, prêtre dans cette ville. Celui-ci, qui a fondé un réseau de centres sociaux fréquentés par de nombreuses femmes en difficulté, est sensible à son témoignage. Le Nid deviendra une réalité en 1946 avec Maggie Boire, militante à la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC) : cette jeune femme, bretonne également, a découvert à l’occasion d’une visite à Paris les conditions d’existence de personnes prostituées avec qui elle a échangé quelques mots. Elle en conçoit une telle révolte qu’elle quitte son emploi et sa région pour venir fonder le « Nid » avec le soutien d’André-Marie Talvas.

Là encore, la rencontre personnelle, la présence à leur côté, le temps partagé autour d’une tasse de café ou d’une confidence est le signal fort attendu en réponse aux questions qui taraudent tout exclu : « sommes-nous encore des vôtres ? suis-je condamné à vivre à part ? qui me lavera de cette souillure qui me colle à la peau ? qui me débarrassera de cette infamie si je veux changer l’existence ? »

Le pire serait de s’habituer, de ne pas en parler. Le pire serait l’indifférence polie. Jésus n’a pas fait de grands discours sur la prostitution. Il a accueilli sans condition ceux et celles qui en provenaient, sans leur poser de questions, sans préalable. Et nous ?

 

- Les ‘psychiatriques’

Les intouchables de notre société sont malheureusement légion.

Serbian-Psychiatric-Hospital NidPensez à tous les cas psychiatriques qu’on enferme à l’écart comme pour ne pas les voir. Allez rendre visite à quelqu’un dans un hôpital psychiatrique, que ce soit à la suite d’une dépression ou une crise d’épilepsie. Vous entendrez les cris étouffés dans les chambres, vous croiserez des visages hagards où le regard s’est perdu dans le traitement médicamenteux de choc qui « tranquillise » le patient. Même leurs familles ont souvent renoncé à les voir. Ils semblent parqués là, à l’écart, attendant la mort, entourés par un personnel hospitalier trop peu nombreux et exposé à des violences quotidiennes. Mais de qui ces gens-là sont-ils encore les compagnons de route ?

 

- Les prisonniers

enfants_prisonniers sans dentsBien sûr, parmi les infréquentables d’aujourd’hui comme de tous temps il y a les prisonniers. « J’étais en prison et vous êtes venus me visiter » : quand Jésus parle de la prison, il ne parle pas d’erreur judiciaire, mais de vrais coupables que leur crime a exclus de la société. Certains d’entre nous se réjouissent de leur exclusion, comme si punir leur faisait plaisir, comme si la souffrance de l’agresseur pouvait compenser celle de la victime. Jésus n’a jamais excusé les prisonniers. Il les a fréquentés, jusqu’au procès, jusqu’à la croix. Parce que pour lui le futur possible offert en Dieu est toujours plus important que le passé, quel qu’il soit. Fréquenter les prisonniers comme Jésus les lépreux suppose donc de suspendre son jugement, de se mettre à l’écoute, de découvrir cette part commune d’humanité – et peut-être également d’inhumanité – qui fait de l’incarcéré un membre de la famille humaine et non un paria à jamais. Les gardiens de prison hélas sont eux-mêmes atteints de cette même exclusion sociale dont on accable les pensionnaires, comme s’ils étaient contaminés…

 

- Les migrants

salon vernissage saturday, january 7, 2017, 4-7 pm.  jeffrey john, gao hang, neal lazay, maria fernanda cardoso, david richmond and others.  invitation only, undisclosed location houston. email 2ndbedroomgallery@gmail.com to request an invitation.   Calais fait régulièrement la une de l’actualité, à cause de ces migrants qui par centaines y séjournent vaille que vaille en espérant l’Angleterre. La cohabitation est difficile, même entre eux. Le risque est grand de ne voir que les problèmes générés par cet exode sauvage. Le pape François y fait souvent allusion comme une des exigences éthiques absolues de notre temps :

« Un changement d’attitude envers les migrants et les réfugiés est nécessaire de la part de tous ; le passage d’une attitude de défense et de peur, de désintérêt ou de marginalisation – qui, en fin de compte, correspond à la « culture du rejet » – à une attitude qui ait comme base la « culture de la rencontre », seule capable de construire un monde plus juste et fraternel, un monde meilleur. »
Message du Pape François pour la journée mondiale du migrant et du réfugié 2013

« Avant tout, prenons conscience que le phénomène migratoire  n’est pas étranger à l’histoire du salut ; bien au contraire, il en fait partie. Un commandement de Dieu y est lié : « Tu n’exploiteras pas l’immigré, tu ne l’opprimeras pas, car vous étiez vous-mêmes des immigrés au pays d’Égypte » (Ex 22, 20) ; « Aimez donc l’immigré, car au pays d’Égypte vous étiez des immigrés » (Dt 10,19). Ce phénomène constitue un signe des temps, un signe qui parle de l’œuvre providentielle de Dieu dans l’histoire et dans la communauté humaine en vue de la communion universelle. Sans sous-estimer, certes, les problématiques et, souvent, les drames et les tragédies des migrations, ainsi que les difficultés liées à l’accueil digne de ces personnes, l’Église encourage à reconnaître le dessein de Dieu dans ce phénomène également, avec la certitude que personne n’est étranger dans la communauté chrétienne, qui embrasse « toutes nations, tribus, peuples et langues » (Ap 7,9).
Message du Pape François pour la journée mondiale du migrant et du réfugié 2017

 

Jusqu’à devenir soi-même intouchable.

On pourrait continuer cette litanie des misères lépreuses qui mettent au ban de la pureté sociale. On doit le faire d’ailleurs, pour que l’amour de Dieu soit annoncé en priorité, et en actes, à ceux-là qui s’en croient exclus. Ce faisant, on vivra sans doute la même expérience d’assimilation qui fut celle du Christ. Lorsqu’il va manger chez Zachée, on l’assimile  aux gloutons. Lorsqu’il transgresse la Loi juive en touchant les impurs, les cadavres, les femmes, on murmure de lui qu’il est possédé par Belzéboul, que ce n’est qu’un obscur  galiléen ignare, que sa proximité des voleurs et des infirmes est suspecte.

« Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es » : les gens ‘bien’ se retrouvent dans les mêmes clubs de tennis ou de golf, du Rotary ou des loges ; ils réservent dans les mêmes restaurants, les mêmes cinémas, et se regroupent dans les mêmes beaux quartiers. Symétriquement, mimétiquement, les pauvres font pareil, subissant cette loi d’airain : les semblables avec les semblables.

Le Christ fait voler en éclats cette consanguinité sociale et spirituelle. Il se mélange avec  tous les milieux, surtout les moins considérés. Il le fait avec tant de liberté et d’audace qu’il choque, et qu’il finit par devenir l’un d’entre eux. Notre texte d’évangile le dit fort bien : « Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais restait à l’écart, dans des endroits déserts ». Or c’était précisément la condition des lépreux de Palestine que de devoir éviter les lieux habités et de se tenir à l’écart ! À fréquenter les lépreux, Jésus est devenu comme eux : impurs, infréquentables. Le disciple du Christ qui s’engage sur ce chemin de compagnonnage des parias doit savoir que tôt ou tard cela rejaillira sur sa vie, sa famille, le regard des autres.

23447À la fin, Jésus sera traité de blasphémateur, de rebelle à César, de transgresseur de la Loi juive. Il sera crucifié entre deux brigands car il est devenu l’un des leurs, et traité en conséquence.

Ne rêvons donc pas d’un combat facile contre l’exclusion ! Il y a toujours un prix à payer, tôt ou tard. Et c’est souvent le moment de vérité qui révèle la sincérité ou non du combat engagé, ou qui lui fait prendre un virage décisif. C’est le Père Maximilien Kolbe demandant à prendre la place d’un père de famille devant être supprimé en représailles d’une évasion dans le camp nazi d’Auschwitz. C’est les jésuites défendant les Indiens des colonies d’Amérique du Sud et massacrés avec eux. C’est Mère Teresa quittant son collège de riches pour aller habiter au milieu des mourants, avec un sari et un sceau pour toute fortune.

Impossible de ne pas se laisser façonner en retour par la solidarité avec les lépreux de tous les temps. Se préserver serait trahir. Mener double vie ne serait pas crédible. Toucher les lépreux du bout des doigts, les embrasser du bout des lèvres serait hypocrite. François d’Assise, après avoir embrassé un lépreux sur sa route, revient transformé, décidé à épouser « Dame Pauvreté ».

 

Soyons de ceux qui fréquentent les infréquentables, qui touchent les intouchables, sans peur de le devenir à notre tour, sûrs que la guérison du Christ déclare purs tous ceux que l’on considère comme impurs autour de nous.


[1]. Avec 19,44 millions d’entrées c’est le deuxième plus gros succès français dans l’histoire de son box-office, derrière Bienvenue chez les Ch’tis. Au 16 mai 2013, c’est le plus grand succès d’un long métrage français, toutes langues de tournage prises en compte, avec 51 à 54 millions d’entrées dans le monde selon les sources, devant le précédent détenteur du record, Le Cinquième Élément, et ses 43 millions d’entrées.

 

 

Lectures de la messe
Première lecture
Le lépreux habitera à l’écart, son habitation sera hors du camp » (Lv 13, 1-2.45-46)
Lecture du livre des Lévites

Le Seigneur parla à Moïse et à son frère Aaron, et leur dit : « Quand un homme aura sur la peau une tumeur, une inflammation ou une pustule, qui soit une tache de lèpre, on l’amènera au prêtre Aaron ou à l’un des prêtres ses fils. Le lépreux atteint d’une tache portera des vêtements déchirés et les cheveux en désordre, il se couvrira le haut du visage jusqu’aux lèvres, et il criera : “Impur ! Impur !” Tant qu’il gardera cette tache, il sera vraiment impur. C’est pourquoi il habitera à l’écart, son habitation sera hors du camp. »

Psaume
(31 (32), 1-2, 5ab, 5c.11)
R/ Tu es un refuge pour moi ; de chants de délivrance, tu m’as entouré.   (31, 7acd)

Heureux l’homme dont la faute est enlevée,
et le péché remis !
Heureux l’homme dont le Seigneur ne retient pas l’offense,
dont l’esprit est sans fraude !

Je t’ai fait connaître ma faute,
je n’ai pas caché mes torts.
J’ai dit : « Je rendrai grâce au Seigneur
en confessant mes péchés. »

Toi, tu as enlevé l’offense de ma faute.
Que le Seigneur soit votre joie !
Exultez, hommes justes !
Hommes droits, chantez votre allégresse !

Deuxième lecture
« Imitez-moi, comme moi aussi j’imite le Christ » (1 Co 10, 31 – 11, 1)
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères, tout ce que vous faites : manger, boire, ou toute autre action, faites-le pour la gloire de Dieu. Ne soyez un obstacle pour personne, ni pour les Juifs, ni pour les païens, ni pour l’Église de Dieu. Ainsi, moi-même, en toute circonstance, je tâche de m’adapter à tout le monde, sans chercher mon intérêt personnel, mais celui de la multitude des hommes, pour qu’ils soient sauvés. Imitez-moi, comme moi aussi j’imite le Christ.

Évangile
« La lèpre le quitta et il fut purifié » (Mc 1, 40-45) Alléluia. Alléluia.
Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. Alléluia. (Lc 7, 16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là, un lépreux vint auprès de Jésus ; il le supplia et, tombant à ses genoux, lui dit : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » À l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié. Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt en lui disant : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi : cela sera pour les gens un témoignage. » Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui.
Patrick BRAUD

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2 octobre 2017

Jésus face à la violence mimétique

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Jésus face à la violence mimétique


Homélie du 27° Dimanche ordinaire / Année A
08/10/2017

Cf. également :

Les sans-dents, pierre angulaire

Vendange, vent d’anges

Que veut dire être émondé ?

La pierre angulaire : bâtir avec les exclus, les rebuts de la société


Quand Jésus invente la parabole des vignerons homicides (Mt 21, 33-43), il est lucide sur ce qui l’attend. Il pressent qu’un ouragan de violence (pire qu’Irma aux Antilles !) va le dévaster. Il a réfléchi des heures durant aux différentes manières de l’affronter. Il a prié des nuits entières pour recevoir de son Père la vraie manière d’être fidèle à travers ce déchaînement d’injustice et de violence qui tentera de le briser.

Du coup, c’est notre propre rapport à la violence qu’il interroge aujourd’hui avec cette parabole. Comment réagissons-nous face à l’agressivité de nos proches ? Qu’engendrent en nous les violences (physiques, verbales, morales, symboliques…) que nous subissons de la part des autres ? Cela nous nous arrive-t-il d’être nous-mêmes de l’autre côté, du côté des auteurs de violence et d’exclusion ?

Jésus face à la violence mimétique dans Communauté spirituelle Rene_girardPour répondre à ces questions, la parabole trace un chemin de dévoilement du mécanisme de la violence. René Girard, célèbre anthropologue français (1923-2015), a longuement étudié comment les textes bibliques dévoilent les ressorts du conflit humain et le désarment radicalement par un renversement de la logique du bouc émissaire.

Essayons de résumer sa thèse : l’origine de la violence pour René Girard n’est pas dans la recherche de l’argent, d’un territoire ni même de la gloire ou de l’amour. C’est le désir mimétique qui en est la source. Le mimétisme est la capacité humaine (et animale pour une part), dès la naissance, de regarder ses semblables pour les imiter. Par l’imitation, le petit d’homme apprend à marcher, à parler, à travailler etc. Mais en imitant, l’être humain se compare. Il se met à désirer être ce que l’autre est, et pour cela il désire avoir ce que l’autre a. Ainsi Caïn jalouse Abel : il voudrait que son sacrifice à lui aussi soit agréé par Dieu, sinon il n’est pas comme son frère pense-t-il. Le premier meurtre de l’histoire a bien sa source dans le désir de Caïn d’être comme Abel : puisqu’il ne peut pas lui ressembler (mimétisme), il le détruira, détruisant ainsi la possibilité de se comparer. Dans notre parabole, les vignerons jalousent le fils : en le voyant arriver, ils veulent être comme lui. Voyant que c’est impossible, ils choisissent de l’éliminer, croyant que son héritage leur reviendra et fera d’eux des fils en fin de compte.

Le désir mimétique est ainsi à la racine de bien des convoitises et des violences. Nous voulons une voiture, une maison, des loisirs comparables à ceux de nos voisins et de nos proches, sinon nous aurons honte ceux ou nous nous sentirons à part. Ainsi se constituent les ghettos urbains et se regroupent les riches dans les beaux quartiers. Ainsi des responsables en entreprise courent après des voitures de fonction, des bus et des bureaux panoramiques en hauteur, les privilèges et les signes de pouvoir qui les rendent semblables aux grands patrons au-dessus d’eux. Lorsque cette convoitise se généralise au sein d’un groupe, elle engendre de telle tension qu’il faut une crise, une catharsis (purge) pour évacuer à un moment toute cette rancœur accumulée. Soit c’est alors la guerre de tous contre tous (Hobbes), soit avec intelligence le groupe reporte symboliquement la faute de ces tensions sur un bouc émissaire (selon le rite juif décrit en Lv 16). On le charge de tous les péchés du monde (c’est-à-dire des nôtres !), et on l’expulse hors du groupe en le laissant errer dans le désert (« voué à Azazel »). Cette logique de victimisation expiatoire permet au groupe de transférer la violence mimétique qui le ronge sur un tiers, comme un paratonnerre, et de réinitialiser ainsi un autre cycle de relations sociales pacifiées. Mais cela ne dure qu’un temps. La tension mimétique montera à nouveau inexorablement, si bien qu’il faudra à nouveau d’autres victimes symboliques pour apaiser la communauté.

Le mécanisme sacrificiel 

Comment Jésus réagit qu’il fasse à ce déferlement de violence injuste ?

D’abord il refuse de plaider coupable. Il n’accepte pas d’endosser la responsabilité des péchés de ceux qui l’accusent. Il ne travestit pas l’innocent en criminel. Il ne charge pas le bouc émissaire de tous les péchés du monde. Il dénonce la perversité de l’accusation qui veut lui imputer la responsabilité de ce qui ronge ses accusateurs (blasphème, crime contre César, sédition, révolution…). Le fils de la parabole des vignerons homicides n’a rien fait de mal. Son seul mal aux yeux des vignerons est d’être le fils. Et ils grincent des dents en le voyant, car il n’est pas comme eux, et eux ne sont pas comme lui. Alors ils s’en débarrassent. Leur désir d’être fils les aveugle au point de vouloir conquérir ce privilège à tout prix, plutôt que de le recevoir gratuitement. C’était déjà le drame de la convoitise d’Adam et Ève devant le fruit défendu : être comme des dieux est un désir (mimétique) si puissant qu’ils ont préféré essayer le devenir par eux-mêmes plutôt que de le recevoir de leur Créateur.

rené girard

Jésus dit courageusement la vérité et dévoile ainsi le mensonge de sa violence mimétique : non, le fils tué et jeté hors de la vigne n’est pas coupable. Non les boucs émissaires de nos sociétés actuelles ne sont pas responsables de la violence dont on les accable. Appeler mal le mal, et innocenter les victimes expiatoires demeure toujours un grave devoir, un devoir impérieux pour tout lecteur des deux Testaments.

Transposez au domaine de l’entreprise par exemple. Vouloir servir l’intérêt commun demande de renoncer au comparatif, de quitter les métaphores guerrières, de dénoncer les violences entre rivaux, de dévoiler l’hypocrisie des promotions ou augmentations fondées sur la course au N+1. Les ambitieux s’appuient sur la dévalorisation des concurrents pour réussir. L’humble a renoncé au comparatif. Il a éteint en lui le feu de ce désir mimétique destructeur, et laisse plutôt brûler le feu de sa passion pour le contenu de son travail, sa relation aux collègues/clients, son plaisir d’être lui-même, simplement.

jean marc reiser

Jésus, le fils, pressent donc qu’il va y laisser sa peau s’il va au-devant des vignerons, c’est-à-dire les chefs du peuple et les anciens qui ont le pouvoir en Israël. Pourtant il y va. Bien plus : il accepte par avance d’être blessé, tué, exclu, sans riposter à la violence par une autre violence. Il le pourrait pourtant. C’est d’ailleurs ce qu’ont choisi le Coran et l’islam à travers les victoires militaires comme signe de leur authenticité originelle. Or le serviteur souffrant d’Isaïe ou le fils tué et jeté du Nouveau Testament choisissent quant à eux de subir la violence sans l’infliger en retour. Ils font confiance dans l’amour du Père qui les soutient à travers l’épreuve et leur promet une résurrection désarmante.

D’où la deuxième question qui nous est posée, après celle sur la dénonciation des logiques victimaires : sommes-nous prêts comme le Christ, avec lui et en lui, à assumer les conséquences de la dénonciation des mécanismes de violence ? Acceptons-nous de nous exposer ainsi à perdre nos biens (matériels, symboliques, affectifs) sans pour autant répliquer à la violence par la violence ?

« Humilié, il n’ouvre pas la bouche » : le Christ va incarner à l’extrême cette attitude du serviteur souffrant d’Isaïe. Parce que vaincre par l’épée serait une victoire illusoire, reproduisant à l’infini le cercle infernal de la violence. Jésus avertit Pierre : « celui qui vit par l’épée périra par l’épée ». Mais jusqu’où sommes-nous prêts à en payer le prix ? Si nous nous engageons à dévoiler les causes de la violence autour de nous en voulant sauvegarder notre tranquillité et nos biens, nous serons obligés de renoncer en cours de route. Le chemin de la non-violence est si exigeant qu’il paraît surhumain. Et il l’est d’une certaine manière : c’est en communiant au Christ, c’est par lui avec lui et en lui que nous trouvons la force de dévoiler le mal, d’innocenter l’innocent, de nous laisser dépouiller s’il le faut pour désarmer la violence.

Jésus l’a vécu jusqu’à accepter l’infamie de la croix. À sa suite, des martyrs (témoins) comme François d’Assise, Martin Luther King, Gandhi, Mandela, Lech Walesa et tant d’autres ont accepté la pauvreté, la prison, la calomnie, la mort même plutôt que de répliquer à la force par la force.

 

Chacun de nous est confronté à la violence mimétique. Elle fait des ravages en famille (regardez comment se passent maints héritages !), en entreprise, entre groupes sociaux, entre pays (la Corée du Nord ne veut-elle pas avoir la bombe atomique comme les autres grands de l’ONU ?).

Le prix à payer n’est sans doute pas la vie en ce qui nous concerne. Mais dénoncer la logique du bouc émissaire peut nous conduire à prendre des risques, à y laisser de l’argent, de la renommée, de la tranquillité…

Prions donc l’Esprit du Christ pour qu’il nous donne la force de dénoncer la violence sans violence !

 

LECTURES DE LA MESSE

PREMIÈRE LECTURE
« La vigne du Seigneur de l’univers, c’est la maison d’Israël » (Is 5, 1-7)
Lecture du livre du prophète Isaïe

 Je veux chanter pour mon ami le chant du bien-aimé à sa vigne. Mon ami avait une vigne sur un coteau fertile. Il en retourna la terre, en retira les pierres, pour y mettre un plant de qualité. Au milieu, il bâtit une tour de garde et creusa aussi un pressoir. Il en attendait de beaux raisins, mais elle en donna de mauvais. Et maintenant, habitants de Jérusalem, hommes de Juda, soyez donc juges entre moi et ma vigne ! Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n’ai fait ? J’attendais de beaux raisins, pourquoi en a-t-elle donné de mauvais ? Eh bien, je vais vous apprendre ce que je ferai de ma vigne : enlever sa clôture pour qu’elle soit dévorée par les animaux, ouvrir une brèche dans son mur pour qu’elle soit piétinée. J’en ferai une pente désolée ; elle ne sera ni taillée ni sarclée, il y poussera des épines et des ronces ; j’interdirai aux nuages d’y faire tomber la pluie. La vigne du Seigneur de l’univers, c’est la maison d’Israël. Le plant qu’il chérissait, ce sont les hommes de Juda. Il en attendait le droit, et voici le crime ; il en attendait la justice, et voici les cris.

PSAUME
(Ps 79 (80), 9-12, 13-14, 15-16a, 19-20)
R/ La vigne du Seigneur de l’univers, c’est la maison d’Israël. (cf. Is 5, 7a)

La vigne que tu as prise à l’Égypte,
tu la replantes en chassant des nations.
Elle étendait ses sarments jusqu’à la mer,
et ses rejets, jusqu’au Fleuve.

Pourquoi as-tu percé sa clôture ?
Tous les passants y grappillent en chemin ;
le sanglier des forêts la ravage
et les bêtes des champs la broutent.

Dieu de l’univers, reviens !
Du haut des cieux, regarde et vois :
visite cette vigne, protège-la,
celle qu’a plantée ta main puissante.

Jamais plus nous n’irons loin de toi :
fais-nous vivre et invoquer ton nom !
Seigneur, Dieu de l’univers, fais-nous revenir ;
que ton visage s’éclaire, et nous serons sauvés.

DEUXIÈME LECTURE
« Mettez cela en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous » (Ph 4, 6-9)
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens
Frères, ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, priez et suppliez, tout en rendant grâce, pour faire connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus. Enfin, mes frères, tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d’être aimé et honoré, tout ce qui s’appelle vertu et qui mérite des éloges, tout cela, prenez-le en compte. Ce que vous avez appris et reçu, ce que vous avez vu et entendu de moi, mettez-le en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous.

ÉVANGILE
« Il louera la vigne à d’autres vignerons » (Mt 21, 33-43)
Alléluia. Alléluia.
C’est moi qui vous ai choisis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit,
et que votre fruit demeure, dit le Seigneur.
Alléluia. (cf. Jn 15, 16)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Écoutez cette parabole : Un homme était propriétaire d’un domaine ; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage. Quand arriva le temps des fruits, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de sa vigne. Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l’un, tuèrent l’autre, lapidèrent le troisième. De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais on les traita de la même façon. Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : ‘Ils respecteront mon fils.’ Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : ‘Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !’ Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? » On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il louera la vigne à d’autres vignerons, qui lui en remettront le produit en temps voulu. » Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux ! Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits. »
Patrick BRAUD

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