L'homelie du dimanche

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15 août 2018

Les fous, les sages, et les simples

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 12 h 00 min

Les fous, les sages, et les simples


Homélie pour le 20° dimanche du temps ordinaire / Année B
19/08/2018

Cf. également :

La sobre ivresse de l’Esprit
Éternellement
Manquez, venez, quittez, servez
L’homme ne vit pas seulement de pain
Le pain perdu du Jeudi Saint
Les bonheurs de Sophie
Donne-moi la sagesse, assise près de toi


Le livre des Proverbes que nous lisons ce dimanche (Pr 9, 1-6) personnifie la Sagesse de manière unique dans la Bible. Il la décrit comme une grande dame (sa demeure à 7 colonnes ressemble plus à un palais qu’à une bicoque), généreuse (elle invite largement aux alentours), soucieuse de faire progresser ses contemporains sur le chemin de l’intelligence :

La Sagesse a bâti sa maison, elle a taillé sept colonnes. Elle a tué ses bêtes, et préparé son vin, puis a dressé la table. Elle a envoyé ses servantes, elle appelle sur les hauteurs de la cité : « Vous, étourdis, passez par ici ! » À qui manque de bon sens, elle dit : « Venez, mangez de mon pain, buvez le vin que j’ai préparé. Quittez l’étourderie et vous vivrez, prenez le chemin de l’intelligence. »

Les fous, les sages, et les simples dans Communauté spirituelle 41579_apercu

Les commentateurs chrétiens ont tour à tour identifié Dame Sagesse avec le Christ et l’Esprit Saint. Les juifs maintiennent que c’est la sagesse divine, c’est-à-dire Dieu lui-même se manifestant aux hommes.

Le plus intéressant pour nous est la dimension très actuelle de cette figure de la sagesse. Beaucoup de nos contemporains en effet cherchent à explorer des voies nouvelles autour du bien-être, du développement personnel, de pratiques de méditation ou autres sagesses abordant l’unité humaine de façon non occidentale. D’autres s’engagent pour un développement durable, fait d’énergies alternatives et renouvelables, d’un mode de vie plus sobre, d’une production et d’une consommation raisonnées etc. Tous ceux-là pourront entendre l’appel de la Sagesse à un festin différent. Leur porte d’entrée dans le mystère de Dieu ne sera pas la Révélation, les Écritures ou l’Église, mais plutôt cette quête intérieure d’une existence savoureuse et conviviale. Le festin que leur prépare la Sagesse biblique les enchantera par la qualité des mets servis et la fraternité des convives !

Pour la Sagesse, il y a en gros trois catégories d’humains : les fous, les sages et les simples.

 

Les fous

1044094109 fou dans Communauté spirituelleLes fous sont ceux qui poursuivent des objectifs illusoires, qui courent après des chimères. Ils se vendent pour du vent sans s’en apercevoir. Ils sont également appelés insensés, car ils se privent de but véritable et leurs actions désordonnées n’ont aucune signification, sinon la recherche trompeuse de leur intérêt individuel.

La plupart du temps, les fous sont idolâtres, car c’est rendre un culte aux idoles que de s’étourdir dans les divertissements, ou de vouloir s’enrichir toujours plus, ou de tout sacrifier pour obtenir la gloire et la renommée. Ils sont en cela « stupides », « niais », voire « méchants ».

Le livre des Proverbes oppose Dame Folie à la Sagesse, quelques versets après notre première lecture :

Dame Folie est impulsive, niaise et ne connaissant rien !
Elle s’assied à la porte de sa maison, sur un trône, en haut de la cité, pour appeler les passants, ceux qui vont droit leur chemin.
« Qui est simple? Qu’il fasse un détour par ici! » À l’homme insensé elle dit:
« Les eaux dérobées sont douces, et savoureux le pain du mystère ! »
Or il ignore qu’il y a là des Ombres et que ses invités sont aux vallées du shéol. (Pr 9, 13-18)

L’opposition entre les deux est nette, malgré le parallélisme apparent : Dame Folie invite elle aussi, mais elle est seule, sans servantes. Elle invite avec clinquant et bling-bling (« elle est tapageuse »). Elle détourne les gens de leur droit chemin pour les tenter avec « des eaux dérobées » et des « mets clandestins ». La séduction d’un whisky de contrebande en pleine prohibition en quelque sorte ! Les insensés se laissent prendre au piège : ils se laissent attirer par l’obscurité et la mort des vaines idoles, sans le savoir.

 

Les sages

Les sages sont faciles à distinguer des fous : ils préfèrent l’humilité au clinquant, la sobriété à la démesure, la droiture en pleine lumière aux coups tordus dans l’ombre. En fait, les sages s’appuient sur leur confiance en Dieu pour affronter les épreuves et les adversaires. Ils savent que leur force n’est pas en eux, mais en Lui qui fait tout concourir au bien de ceux qu’il aime (Rm 8,28). Ils réfléchissent sur leurs échecs, ne s’enivrent pas de leurs réussites. Ils veulent transmettre à leurs enfants un trésor de vie plus qu’un héritage immobilier ou financier. Ils ont conscience de n’être qu’une poussière d’étoiles, ce que la Bible appelle « craindre le Seigneur », c’est-à-dire avoir conscience de sa transcendance et de notre petitesse.

Que demander dans la prière ? dans Communauté spirituelle rafael-salomon2b

Le recueil des proverbes attribués à Salomon qui commence en Pr 10 joue sans cesse de cette opposition entre le sage et le fou. Un exemple parmi tant d’autres : « un esprit sage accepte des préceptes, mais l’homme aux propos stupides court à sa perte » (Pr 10,8).

 

Les simples

410ITv6JOKL._SX342_BO1,204,203,200_ ProverbesUn troisième terme s’intercale pourtant entre le fou et le sage : le simple. C’est le public que Dame Sagesse cherche à inviter pour le faire progresser : « y a-t-il un homme simple ? qu’il vienne par ici ! ». Dame Folie vise également ce public, mais pour le perdre.

Les simples ne sont pas encore sages, mais ils ont déjà quitté leur folie antérieure s’ils en ont eu. Ils sont comme un champ en labours attendant les graines à faire germer. L’ivraie et le bon grain se le disputent. Mais la sagesse a une prédilection pour eux, car elle a tout à leur donner.

Les simples sont sans détour (en latin simple se dit simplex = sans pli, sans repli sur soi). Ils  cherchent Dieu en toute chose, le « craignent » avec respect, comme l’écrit Pr 9,10 : « la crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse ». Ils acceptent humblement de recevoir. Les événements heureux (cf. le roi Salomon, archétype de la sagesse de gouvernement) ou malheureux (cf. Job, sage confronté au malheur innocent) les font grandir, sans euphorie ni résignation. Les amis et même les ennemis les aident finalement à écouter la voix de Dieu en eux, et ils apprennent sans cesse : « qui aime l’éducation aime la science, qui déteste les avis est stupide » (Pr 12,1).

Peut-être Jésus pensait-il à eux dans sa première béatitude : « heureux les pauvres en esprit, le royaume des cieux est à eux » (Mt 5,3) ?

En tout cas, Jésus fait sûrement référence à notre passage de Pr 9,1-6 lorsqu’il imagine sa parabole des invités au festin des noces (Mt 22, 1-14). Le Roi envoie ses serviteurs comme la Sagesse ses servantes ; il fait en sorte que tout soit prêt pour le repas de noces comme la Sagesse. Les insensés refusent l’invitation, pour leur malheur. Les simples acceptent et remplissent la salle des fêtes du mariage.


SageSimpleFouLes trois en nous

Ne nous identifions pas trop vite à l’une de ces trois figures !

Il y a en chacun de nous un sage qui aime méditer sur ce qui le dépasse, un fou insensé qui se laisse étourdir par la vanité mondaine, et un simple en quête de mets délicieux…

La proportion de ces trois profils en nous évolue avec l’âge, les événements, les rencontres.

Appuyons-nous sur ce qui est simple pour progresser vers la sagesse en renonçant à nos folies personnelles !

 

Lectures de la messe

Première lecture
« Venez, mangez de mon pain, buvez le vin que j’ai préparé » (Pr 9, 1-6)

Lecture du livre des Proverbes

La Sagesse a bâti sa maison, elle a taillé sept colonnes. Elle a tué ses bêtes, et préparé son vin, puis a dressé la table. Elle a envoyé ses servantes, elle appelle sur les hauteurs de la cité : « Vous, étourdis, passez par ici ! » À qui manque de bon sens, elle dit : « Venez, mangez de mon pain, buvez le vin que j’ai préparé. Quittez l’étourderie et vous vivrez, prenez le chemin de l’intelligence. »

Psaume
(Ps 33 (34), 2-3, 10-11, 12-13, 14-15)
R/ Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur ! (cf. Ps 33, 9)

Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m’entendent et soient en fête !

Saints du Seigneur, adorez-le :
rien ne manque à ceux qui le craignent.
Des riches ont tout perdu, ils ont faim ;
qui cherche le Seigneur ne manquera d’aucun bien.

Venez, mes fils, écoutez-moi,
que je vous enseigne la crainte du Seigneur.
Qui donc aime la vie
et désire les jours où il verra le bonheur ?

Garde ta langue du mal
et tes lèvres des paroles perfides.
Évite le mal, fais ce qui est bien,
poursuis la paix, recherche-la.

Deuxième lecture
« Comprenez bien quelle est la volonté du Seigneur » (Ep 5, 15-20)

Lecture de la lettre de saint Paul aux Éphésiens

Frères, prenez bien garde à votre conduite : ne vivez pas comme des fous, mais comme des sages. Tirez parti du temps présent, car nous traversons des jours mauvais. Ne soyez donc pas insensés, mais comprenez bien quelle est la volonté du Seigneur. Ne vous enivrez pas de vin, car il porte à l’inconduite ; soyez plutôt remplis de l’Esprit Saint. Dites entre vous des psaumes, des hymnes et des chants inspirés, chantez le Seigneur et célébrez-le de tout votre cœur. À tout moment et pour toutes choses, au nom de notre Seigneur Jésus Christ, rendez grâce à Dieu le Père.

Évangile
« Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson » (Jn 6, 51-58) Alléluia. Alléluia.
Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui, dit le Seigneur. Alléluia. (Jn 6, 56)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jésus disait à la foule : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. » Les Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »
Patrick BRAUD

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12 août 2018

L’Assomption de Marie

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L’Assomption de Marie

 

Cf. :

Le Magnificat de l’Assomption : exalter / exulter

Assomption : Ne vous faites pas voler votre espérance
Assomption : les sentinelles de l’invisible
L’Assomption de Marie, étoile de la mer
L’Assomption de Marie : une femme entre en Résistance
Marie, parfaite image de l’Église à venir
Marie en son Assomption : une femme qui assume !
Toussaint : le bonheur illucide

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6 août 2018

Le peuple des murmures

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Le peuple des murmures


Homélie pour le 19° dimanche du temps ordinaire / Année B
12/08/2018

Cf. également :

Le caillou et la barque

Traverser la dépression : le chemin d’Elie

Reprocher pour se rapprocher

 

Les Français sont un peuple de râleurs, c’est bien connu ! Ils ronchonnent sur la météo, le gouvernement, les impôts, la SNCF, la RATP, Noël qui tombe un dimanche etc. etc.

Sommes-nous les seuls ?

Les textes de ce dimanche nous montrent le prophète Élie rouspétant contre Yahvé (« c’en est trop ! » cf. 1 R 19, 4-8) et des juifs récriminant contre Jésus après son discours sur le pain de vie (Jn 6, 41-51). Le mot exact (employés trois fois par Jean en Jn 6) est : « murmurer » (gogguzó en grec).

Quand on entend ce verbe : murmurer, on pense immédiatement aux murmures du peuple hébreu dans le désert. Les esclaves en fuite entrevoient une liberté inespérée, mais ils passent leur temps à se plaindre, à râler, à murmurer contre Moïse et Aron, contre Dieu lui-même. Il y a une vingtaine d’usages de ce mot dans les récits de la sortie d’Égypte, par exemple :

Toute la communauté des Israélites se mit à murmurer contre Moïse et Aaron dans le désert. Les Israélites leur dirent : « Que ne sommes-nous morts de la main de Yahvé au pays d’Égypte, quand nous étions assis auprès de la marmite de viande et mangions du pain à satiété ! Ex 16, 2-3

La capacité d'étonnement dans Communauté spirituelle moise31

C’est le même type de murmures qui courent parmi les auditeurs de Jésus leur promettant la manne nouvelle :

En ce temps-là, les Juifs récriminaient contre Jésus parce qu’il avait déclaré : « Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel. » […] Jésus reprit la parole : « Ne récriminez pas entre vous. »

Même les disciples sont gangrenés eux aussi :

Mais, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce propos, Jésus leur dit : « Cela vous scandalise ? … » (Jn 6,61)

Le peuple juif s’auto-désigne dans toute la Bible comme « un peuple à la nuque raide », rebelle à l’amour de Dieu. Il a été choisi certes, élu par Dieu non pas à cause de ses mérites mais presque malgré lui, pour témoigner de l’unicité de Dieu et de son Alliance auprès des autres nations. Chemin faisant, il peste, se rebiffe, renâcle et proteste tel Jonas refusant d’aller vers Ninive lui annoncer son salut…

Murmurer est encore plus grave que simplement rouspéter. Il y a dans cette attitude – qui est la nôtre bien souvent – des côtés négatifs et des risques majeurs.

 

- murmurer, c’est dire des choses à voix basse, et non pas en face, mais entre nous.

16602293_10154803578075664_2582334869104286097_oCe n’est même pas dire les choses à moitié : c’est semer la zizanie en répandant des rumeurs (des fake news !), des reproches voilés, à peine formulés, sous le manteau. Plutôt que de prendre leur courage à deux mains pour demander des explications franches, ceux qui récriminent évitent le face-à-face. C’est une rupture de relation.
          Ils murmurèrent sous leurs tentes, ils n’écoutèrent pas la voix de Yahvé (Ps 106,25).

Ben Sirac le sage note tristement que le faux ami s’éloigne sans rien dire en face, en murmurant, dès que le sort est contraire :
          Il hochera la tête et battra des mains, il ne fera que murmurer et changer de visage (Si 12,18).

 

- murmurer, c’est se conforter mutuellement dans le négatif.

images--12-.jpgChacun laisse couler sa rancœur et en rajoute sur celle de l’autre. Très vite, on n’échange plus des reproches justifiés mais on multiplie des ‘on-dit’, des ‘il paraît que’, ‘vous allez voir que’, ‘il ne manquerait plus que’… À force de murmurer, on ne voit plus que ce qui va mal, et on imagine sans cesse plus mal encore.

Une oreille jalouse écoute tout, la rumeur même des murmures ne lui échappe pas.
Gardez-vous donc des vains murmures, épargnez à votre langue les mauvais propos ; car un mot furtif ne demeure pas sans effet, une bouche mensongère donne la mort à l’âme (Sg 1,10).

Car c’est à murmurer contre que les râleurs mobilisent leur énergie : contre Moïse, contre Dieu, contre Jésus. Au lieu d’investir leurs forces dans la poursuite d’un projet positif, ils s’épuisent à les dissiper dans des messes basses stériles :

Pourquoi l’homme murmurerait-il ? Qu’il soit plutôt brave contre ses péchés ! (Lm 3,39)

 

- murmurer, c’est se priver de voir la Terre promise !

Moses Sees the promised Land from Afar, Num xxvii 12. Illustration for The Old Testament - Part I (Brunoff, 1904).Dans le désert, c’est en tout cas l’interprétation que leurs descendants en ont fait. Pourquoi nos pères ont-ils erré 40 ans dans ce désert entre l’Égypte et Canaan ? Pourquoi Dieu ne les y a-t-il pas guidés directement ? Pourquoi sont-ils morts avant d’y entrer ?

C’est à cause de leurs murmures contre Dieu, répondent leurs enfants et petits-enfants qui écrivent le livre de l’Exode, puis des Nombres. Ils ont refusé de se laisser conduire, ils ont résisté à l’action de Dieu venu les sauver, ils ont murmuré jour et nuit contre lui, se privant ainsi eux-mêmes la possibilité de se laisser façonner par lui.
          Vos cadavres tomberont dans ce désert, vous tous les recensés, vous tous qu’on a dénombrés depuis l’âge de vingt ans et au-dessus, vous qui avez murmuré contre moi (Nb 14,29).

Murmurer, c’est donc nous punir nous-mêmes en nous empêchant d’accéder à ce qui nous est offert !
          Ne murmurez pas, comme le firent certains d’entre eux ; et ils périrent par l’Exterminateur (1Co 10,10).

 

- accomplir une belle chose en murmurant, c’est annuler sa bonté et ses effets sur nous.

L'hospitalitéAinsi Pierre nous prévient :

Pratiquez l’hospitalité les uns envers les autres, sans murmurer (1P 4,9).

Accueillir du bout des lèvres, pratiquer l’hospitalité en grommelant, héberger le voyageur contraint et forcé transforme la bonne action en corvée inamicale et hostile. Les murmures dénaturent donc nos élans de générosité.

 

- murmurer contre la bonté des autres est un nivellement par le bas.

Calomnie, le concept de nuage de mot 4 — photo de stockC’est une attitude plus répandue qu’on ne le croit, comme si le médiocre en nous voulait rabaisser le bon en l’autre à notre niveau. Ainsi Luc met par trois fois des murmures dans la bouche des juifs critiquant l’accueil que Jésus fait aux pécheurs :

Les Pharisiens et leurs scribes murmuraient et disaient à ses disciples: « Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs ? » (Lc 5,30)
Et les Pharisiens et les scribes de murmurer: « Cet homme, disaient-ils, fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux! » (Lc 15,2)
Ce que voyant, tous murmuraient et disaient: « Il est allé loger chez un homme pécheur! » (Lc 19 ,7)

Matthieu quant à lui mentionne les murmures des ouvriers de la première heure contre le propriétaire qui donne autant à l’ouvrier de la onzième heure :
         Tout en le recevant, ils murmuraient contre le propriétaire (Mt 20,11).

Il y a en nous comme un désir morbide de niveler par le bas les qualités des autres, sans doute pour éviter d’avoir à changer quelque chose dans nos comportements.

 

- murmurer divise : c’est une œuvre de fragmentation de l’unité d’une communauté redoutablement efficace.

Tullius DétritusLes Actes des Apôtres se souviennent de ces murmures qui divisaient l’Église de Jérusalem au sujet de l’aide due aux veuves : les hellénistes s’opposaient aux hébreux et alimentaient beaucoup de ragots, de rancœurs, de rumeurs en faisant bruisser la communauté de leur reproches à mi-voix :

En ces jours-là, comme le nombre des disciples augmentait, il y eut des murmures chez les Hellénistes contre les Hébreux. Dans le service quotidien, disaient-ils, on négligeait leurs veuves (Ac 6,1).

 

 

- murmurer, c’est se laisser dominer par sa convoitise.

Le peuple des murmures dans Communauté spirituelle 2186752431_1Jude le dit sans ambages :

Ce sont eux qui murmurent, se plaignent, marchent selon leurs convoitises, leur bouche dit des choses orgueilleuses, ils flattent par intérêt (Ju 1,16).

Se plaindre ainsi, c’est en effet rester centré sur soi, sur son désir immédiat, sa volonté propre, sans entrer dans l’argumentation de l’autre pour découvrir sa logique et sa justesse. Cette centration sur soi produit l’orgueil et s’en nourrit. Elle conforte la recherche de l’intérêt individuel au détriment du collectif.

 

Nous faisons bien partie de ce peuple des murmures ! Pas seulement à cause de notre esprit gaulois, mais bien davantage à cause de la résistance en nous à l’amour de Dieu. Il nous faut prendre conscience de ces tendances devenues habituelles qui nous font dénigrer, dévaloriser, douter et saboter si possible le positif accompli hors de nous. La véritable ascèse chrétienne est dans ce combat intérieur.

Agissez en tout sans murmures ni contestations (Ph 2,14).

 

Pour être complet, nous devons également signaler les usages positifs du verbe murmurer. On peut en dénombrer neuf dans la Bible, uniquement dans l’Ancien Testament en fait :

Job 4,12 : J’ai eu aussi une révélation furtive, mon oreille en a perçu le murmure.
Psaume 1,2 : mais se plaît dans la loi de Yahvé, mais murmure sa loi jour et nuit !
Psaume 19,15 : Agrée les paroles de ma bouche et le murmure de mon cœur, sans trêve devant toi, Yahvé, mon rocher, mon rédempteur !
Psaume 37,30 : La bouche du juste murmure la sagesse et sa langue dit le droit
Psaume 49,4 : Ma bouche énonce la sagesse, et le murmure de mon cœur, l’intelligence
Psaume 71,24 : Or ma langue tout le jour murmure ta justice : honte et déshonneur sur ceux-là qui cherchent mon malheur !
Psaume 77,7 : je me souviens; je murmure dans la nuit en mon cœur, je médite et mon esprit interroge
Psaume 77,13 : je me murmure toute ton œuvre, et sur tes hauts faits je médite
Psaume 92,4 : sur la lyre à dix cordes et la cithare, avec un murmure de harpe.

Ce sont des murmures pour, et non contre : pour louer Dieu, le chercher, dialoguer avec lui dans le secret et l’intime.

Pratiquer ces murmures pour , sans céder à la tentation des murmures contre autrui : voilà un beau chemin de conversion !

Voilà une phrase forte à écrire au-dessus du miroir de la salle de bains pour la lire chaque matin : aujourd’hui, je ne murmurai pas contre quiconque ni quelque chose…

 

Lectures de la messe

Première lecture
« Fortifié par cette nourriture, il marcha jusqu’à la montagne de Dieu » (1 R 19, 4-8)

Lecture du premier livre des Rois

En ces jours-là, le prophète Élie, fuyant l’hostilité de la reine Jézabel, marcha toute une journée dans le désert. Il vint s’asseoir à l’ombre d’un buisson, et demanda la mort en disant : « Maintenant, Seigneur, c’en est trop ! Reprends ma vie : je ne vaux pas mieux que mes pères. » Puis il s’étendit sous le buisson, et s’endormit. Mais voici qu’un ange le toucha et lui dit : « Lève-toi, et mange ! » Il regarda, et il y avait près de sa tête une galette cuite sur des pierres brûlantes et une cruche d’eau. Il mangea, il but, et se rendormit. Une seconde fois, l’ange du Seigneur le toucha et lui dit : « Lève-toi, et mange, car il est long, le chemin qui te reste. » Élie se leva, mangea et but. Puis, fortifié par cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu’à l’Horeb, la montagne de Dieu.

Psaume
(Ps 33 (34), 2-3, 4-5, 6-7, 8-9)
R/ Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur ! (Ps 33, 9a)

Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m’entendent et soient en fête !

Magnifiez avec moi le Seigneur,
exaltons tous ensemble son nom.
Je cherche le Seigneur, il me répond :
de toutes mes frayeurs, il me délivre.

Qui regarde vers lui resplendira,
sans ombre ni trouble au visage.
Un pauvre crie ; le Seigneur entend :
il le sauve de toutes ses angoisses.

L’ange du Seigneur campe alentour
pour libérer ceux qui le craignent.
Goûtez et voyez : le Seigneur est bon !
Heureux qui trouve en lui son refuge !

Deuxième lecture
« Vivez dans l’amour, comme le Christ » (Ep 4, 30 – 5, 2)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Frères, n’attristez pas le Saint Esprit de Dieu, qui vous a marqués de son sceau en vue du jour de votre délivrance. Amertume, irritation, colère, éclats de voix ou insultes, tout cela doit être éliminé de votre vie, ainsi que toute espèce de méchanceté. Soyez entre vous pleins de générosité et de tendresse. Pardonnez-vous les uns aux autres, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ.
Oui, cherchez à imiter Dieu, puisque vous êtes ses enfants bien-aimés. Vivez dans l’amour, comme le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous, s’offrant en sacrifice à Dieu, comme un parfum d’agréable odeur.

Évangile
« Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel » (Jn 6, 41-51) Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel, dit le Seigneur ; si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Alléluia. (Jn 6, 51)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, les Juifs récriminaient contre Jésus parce qu’il avait déclaré : « Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel. » Ils disaient : « Celui-là n’est-il pas Jésus, fils de Joseph ? Nous connaissons bien son père et sa mère. Alors comment peut-il dire maintenant : ‘Je suis descendu du ciel’ ? » Jésus reprit la parole : « Ne récriminez pas entre vous. Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi. Certes, personne n’a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père. Amen, amen, je vous le dis : il a la vie éternelle, celui qui croit. Moi, je suis le pain de la vie. Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ; mais le pain qui descend du ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas. Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »
Patrick BRAUD

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30 juillet 2018

Faire ou croire ?

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Faire ou croire ?


Homélie pour le 18° dimanche du temps ordinaire / Année B
05/08/2018

Cf. également :

La capacité d’étonnement

Éveiller à d’autres appétits

« Laisse faire » : éloge du non-agir

 

« Que faire ? »

Faire ou croire ? dans Communauté spirituelle 41CABbWLTuL._SL500_SY344_BO1,204,203,200_Ce titre d’un essai de Lénine est un bon indicateur de l’état d’esprit révolutionnaire [1]. Lorsqu’il l’écrit en 1901, Lénine cherche à faire advenir cette transformation sociale que Marx avait prophétisée inéluctable quelques années auparavant. Faire l’histoire, c’est selon lui organiser un parti central, une stratégie de conquête du pouvoir et une politique pour le conserver à tout prix. Il veut forcer la main aux événements, faire accoucher l’histoire au forceps, au lieu d’attendre que la révolution arrive d’elle-même (en Angleterre ou en Allemagne comme Marx le pensait). Il veut faire entrer la réalité dans ses analyses ; il veut transformer le réel pour qu’il devienne conforme à sa vision du monde. L’obsession du faire est caractéristique de ces hommes d’action qui se définissent par les résultats, le pragmatisme et l’efficacité. On sait depuis que ce volontarisme historique est devenu le marxisme-léninisme, avec 60 à 80 millions de morts à la clé…

En religion également, l’obsession du faire guette tous les pratiquants réguliers. Les catholiques se sont longtemps définis par l’obligation d’aller à la messe, d’avoir une vie à peu près morale pour « gagner son ciel » ou « faire son salut ». En protestantisme, les puritains sont envahis de prescriptions à respecter, de conventions sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire. En judaïsme, les orthodoxes se noient dans des rituels compliqués et obscurs observés à la lettre, et leur vie quotidienne est corsetée par des obligations du matin au soir. En islam, la vraie religion est d’abord de faire : faire le ramadan, le pèlerinage à la Mecque, l’aumône, la prière… Peu importe à la limite votre vie intérieure, c’est la pratique de ce qui est obligé et le refus de ce qui est interdit qui fait de vous un bon ou un mauvais musulman [2].

foi%20pilote2 croire dans Communauté spirituelleJésus s’est confronté de plein fouet à cette obsession du faire, maladive et hypocrite. Dans l’Évangile de ce dimanche, au lieu de fustiger les dérives de ceux qui lui demandent : « que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? », Jésus leur répond en indiquant une autre voie : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »

Autrement dit, croire c’est faire, alors que faire n’est pas croire.

Cette réponse est scandaleuse pour des juifs (ou des musulmans, où des chrétiens) pratiquants. Ils sont persuadés que c’est en amassant des bonnes œuvres et des prières qu’ils vont obtenir leur passeport vers le ciel. Et voilà qu’au bureau de douane, le Christ ne leur demande pas : ‘qu’as-tu fait ?’ mais : ‘as-tu cru ?’

Comment ! ? Mais alors à quoi servent tous nos efforts religieux ? À quoi sert d’aller à la synagogue (ou à la messe), de manger kasher, d’être circoncis, de respecter le shabbat etc. ? À rien, répond tranquillement Jésus. Ce n’est pas ce que tu fais qui te sauvera, mais ce que tu crois, c’est-à-dire la relation de confiance que tu nourris avec ton Dieu et tes proches. Si tu crois ainsi, le reste sera donné par surcroît.

foi%20bird3 faireCrois d’abord, et non pas : fais d’abord : voilà l’Évangile, voilà ce qui le distingue de toutes les religions humaines. Tous les systèmes religieux que l’homme a imaginés disent à celui qui cherche Dieu : « Fais et tu vivras ». Fais des pénitences, entreprends un long pèlerinage, pratique des exercices de développement personnel, impose-toi une discipline morale etc.… et tu seras sauvé. Ou bien : Fais de bonnes œuvres, assiste les pauvres, visite les malades… et tu auras le pardon de tes péchés.

Combien différent est le langage de l’Évangile : Crois ! Cesse de te consumer en efforts stériles pour accomplir toi-même ta réconciliation avec Dieu, tu n’y réussiras jamais… Il te reste un moyen d’être délivré ; accueille le salut qui t’est donné gratuitement.

Cette dialectique est subtile et demande à ne pas être aplatie à l’extrême en la réduisant à l’un de ses termes. Car quiconque en conclurait – à la manière des Quakers et autres quiétistes - que nos actions n’ont aucune importance, celui-là n’aurait pas compris le lien réel entre le croire et faire. C’est l’ordre qui est important. Croire d’abord permet de faire ensuite, sans même le vouloir, naturellement, de manière illucide. Et non à la force du poignet. Alors que faire d’abord éloignera finalement du croire (en Dieu), car ma réussite ou mes échecs m’entraînent à compter sur moi toujours plus et non sur Dieu.

Plusieurs passages de l’Écriture tournent autour de cette dialectique : faire / croire.

« Laisse faire » : éloge du non-agir dans Communauté spirituelle wuwei1Isaïe 26,12
Seigneur, tu nous assures la paix, et même toutes nos œuvres, tu les accomplis pour nous.

Jean 15,5
Sans moi vous ne pouvez rien faire.

Jean 14, 12-14
En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que je fais; et il en fera même de plus grandes, parce que je vais vers le Père. Et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai.

Actes 16, 30-31 :
- Que faut-il que je fasse pour être sauvé ?
- Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé. »

Éphésiens 3,20
 (Gloire) à Celui dont la puissance agissant en nous est capable de faire bien au-delà, infiniment au-delà de tout ce que nous pouvons demander ou concevoir,

Philippiens 2,13
Dieu est là qui opère en vous à la fois le vouloir et le faire, au profit de ses bienveillants desseins.

La clé est sans doute dans ces derniers versets : dès lors que je m’abandonne avec confiance à l’amour de Dieu en moi, cet amour-là est capable de déplacer des montagnes. Mais c’est Dieu qui l’opère en moi. Dieu fait en moi son œuvre. L’Opus Dei (œuvre de Dieu) ne relève pas d’un effort volontariste où je devrais m’améliorer sans cesse, mais d’une confiance solide dans la puissance de l’Esprit de Dieu devenu mon intime. La spiritualité jésuite a précisément décrit cette tension paradoxale : 

« Agis comme si tout dépendait de toi, en sachant qu’en réalité tout dépend de Dieu » (St Ignace de Loyola)

ou plus exactement :

« Crois en Dieu
comme si tout le cours des choses dépendait de toi, en rien de Dieu.
Cependant mets tout en œuvre en elles,
comme si rien ne devait être fait par toi, et tout de Dieu seul. »

Si vous pouvez croire, vous pouvez obtenir. Citation inspirée de vecteur, encre noire brosse lettrage isolé sur fond blanc. énonciation positive pour les cartes, de motivation affiches et t-shirt Banque d'images - 59291073

Cela nous remplit d’humilité non ?
Et de paix également, car cela enlève l’épuisante pression du « devoir faire ».

Nous sommes un peu loin de la vie de tous les jours, avec l’énergie que requièrent nos responsabilités ordinaires, me direz-vous. Oui et non. Oui, car croire avant de faire est une conviction de fond, et non un livre de recettes ; c’est un horizon sur lequel inscrire tout le reste. Non, car dès que cette priorité est posée, les choses s’enchaînent naturellement, les choix se hiérarchisent facilement, et nous sommes étonnés de l’inspiration qui nous est donnée pour agir.

Travaillons donc à l’œuvre de Dieu en croyant que lui-même agit en nous…

 


[1]. Le titre est inspiré par celui du roman « Que faire ? » publié par le révolutionnaire russe Nikolaï Tchernychevski en 1863 et qui avait marqué toute la génération révolutionnaire de la fin du XIX° siècle.

[2]. Le judaïsme comme l’islam sont dans leur essence des orthopraxies (faire ce qui est droit) alors que le christianisme est plutôt d’abord une orthodoxie (croire de manière droite).

 

 

Lectures de la messe

Première lecture
« Du ciel, je vais faire pleuvoir du pain pour vous » (Ex 16, 2-4.12-15)

Lecture du livre de l’Exode

En ces jours-là, dans le désert, toute la communauté des fils d’Israël récriminait contre Moïse et son frère Aaron. Les fils d’Israël leur dirent : « Ah ! Il aurait mieux valu mourir de la main du Seigneur, au pays d’Égypte, quand nous étions assis près des marmites de viande, quand nous mangions du pain à satiété ! Vous nous avez fait sortir dans ce désert pour faire mourir de faim tout ce peuple assemblé ! » Le Seigneur dit à Moïse : « Voici que, du ciel, je vais faire pleuvoir du pain pour vous. Le peuple sortira pour recueillir chaque jour sa ration quotidienne, et ainsi je vais le mettre à l’épreuve : je verrai s’il marchera, ou non, selon ma loi. J’ai entendu les récriminations des fils d’Israël. Tu leur diras : ‘Au coucher du soleil, vous mangerez de la viande et, le lendemain matin, vous aurez du pain à satiété. Alors vous saurez que moi, le Seigneur, je suis votre Dieu.’ »
Le soir même, surgit un vol de cailles qui recouvrirent le camp ; et, le lendemain matin, il y avait une couche de rosée autour du camp. Lorsque la couche de rosée s’évapora, il y avait, à la surface du désert, une fine croûte, quelque chose de fin comme du givre, sur le sol. Quand ils virent cela, les fils d’Israël se dirent l’un à l’autre : « Mann hou ? » (ce qui veut dire : Qu’est-ce que c’est ?), car ils ne savaient pas ce que c’était. Moïse leur dit : « C’est le pain que le Seigneur vous donne à manger. »

Psaume
(Ps 77 (78), 3.4ac, 23-24, 25.52a.54a)
R/ Le Seigneur donne le pain du ciel ! (cf. 77, 24b)

Nous avons entendu et nous savons
ce que nos pères nous ont raconté :
et nous le redirons à l’âge qui vient,
les titres de gloire du Seigneur.

Il commande aux nuées là-haut,
il ouvre les écluses du ciel :
pour les nourrir il fait pleuvoir la manne,
il leur donne le froment du ciel.

Chacun se nourrit du pain des Forts,
il les pourvoit de vivres à satiété.
Tel un berger, il conduit son peuple.
Il le fait entrer dans son domaine sacré.

Deuxième lecture
« Revêtez-vous de l’homme nouveau, créé selon Dieu » (Ep 4, 17.20-24)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Frères, je vous le dis, j’en témoigne dans le Seigneur : vous ne devez plus vous conduire comme les païens qui se laissent guider par le néant de leur pensée. Mais vous, ce n’est pas ainsi que l’on vous a appris à connaître le Christ, si du moins l’annonce et l’enseignement que vous avez reçus à son sujet s’accordent à la vérité qui est en Jésus. Il s’agit de vous défaire de votre conduite d’autrefois, c’est-à-dire de l’homme ancien corrompu par les convoitises qui l’entraînent dans l’erreur. Laissez-vous renouveler par la transformation spirituelle de votre pensée. Revêtez-vous de l’homme nouveau, créé, selon Dieu, dans la justice et la sainteté conformes à la vérité.

Évangile
« Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, celui qui croit en moi n’aura jamais soif » (Jn 6, 24-35)
Alléluia. Alléluia. L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Alléluia. (Mt 4, 4b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, quand la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples, les gens montèrent dans les barques et se dirigèrent vers Capharnaüm à la recherche de Jésus. L’ayant trouvé sur l’autre rive, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés. Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son sceau. » Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » Ils lui dirent alors : « Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire ? Quelle œuvre vas-tu faire ? Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l’Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel. Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. » Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là. » Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. »
Patrick BRAUD

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