L'homélie du dimanche (prochain)

2 août 2026

Pierre, ou la spiritualité du vélo

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 12 h 30 min

Pierre, ou la spiritualité du vélo

 

Homélie pour le 19° Dimanche du Temps ordinaire / Année A 

09/08/26 


Cf. également :

Passage obligé
Péripatéticiens avec le Christ
Le doux zéphyr du mont Horeb
Le dedans vous attend dehors
Le pur amour : pour qui êtes-vous prêts à aller en enfer ?
Justice et Paix s’embrassent
Le festin obligé

 

Killian marche sur l’eau !

Pendant la Coupe du monde de football 2026 – du moins jusqu’à la finale perdue contre l’Espagne (sniff !) – le talent de notre numéro 10 a crevé l’écran de nos télévisions : 10 buts en 8 rencontres ! Il réussissait pratiquement tout ce qu’il voulait !

Pierre, ou la spiritualité du vélo dans Communauté spirituelle 82450On dit d’un athlète, d’un artiste ou d’un homme politique qu’il « marche sur l’eau » lorsque rien ne semble pouvoir l’arrêter, qu’il enchaîne les victoires et que la chance lui sourit de manière presque surnaturelle. « Depuis le début de la Coupe du monde, cet attaquant marche sur l’eau, il marque à chaque tir ». Dans la vie professionnelle ou politique, l’expression est également utilisée dans le même sens : « Après sa réélection triomphale, le Président marchait sur l’eau, aucun scandale ne pouvait l’atteindre ».

Nuance importante : cet usage insiste sur l’aspect éphémère et exceptionnel de cet état de grâce. Car le danger qui guette ce marcheur si particulier est l’excès de confiance, l’orgueil.


Par dérivation, l’expression peut prendre une connotation légèrement critique. Elle décrit alors quelqu’un qui, porté par ses succès récents, se croit invincible, intouchable ou au-dessus des règles humaines. « Attention à la chute, à force de gagner, il pense qu’il peut marcher sur l’eau ». « Depuis qu’il a eu sa promotion, il se prend pour Dieu, il croit qu’il marche sur l’eau »… Dans le monde du travail ou de la gestion de projet, l’expression sert parfois à qualifier un manager ou un dirigeant à qui l’on prête des qualités messianiques irréalistes. Elle rejoint ici la critique de l’idolâtrie ou de l’illusion de la toute-puissance : « On attend de ce nouveau directeur qu’il marche sur l’eau et redresse l’entreprise en un mois, c’est absurde ».

 

Ainsi Elon Musk peut se laisser griser par sa fortune inédite (1000 milliards de dollars !) après l’introduction en Bourse de Space X. Ainsi Donald Trump s’auto-enivre de sa gloire supposée lorsqu’il prétend avoir résolu tous les conflits de la planète, alors qu’il laisse le Moyen-Orient à feu et à sang, le Venezuela sous tutelle, l’Ukraine en perdition etc.

Marcher sur l’eau peut donc relever de l’hallucination individuelle ou collective : cette réussite-là ne dure pas. Elle coule aussi vite que Pierre après quelques pas les vagues…

 

Pédale, Pierre !

Tous les gamins ont dû faire cette expérience (avec des bleus aux genoux) pour apprendre à faire du vélo : si je m’arrête, je tombe ; si j’accélère, je garde l’équilibre.

Car la métaphore du vélo — ou du cyclisme comme art de vivre — s’applique avec une pertinence chirurgicale à l’épisode de Pierre. Elle permet de traduire un récit qui semble magique en une loi physique et psychologique universelle : la survie par le mouvement.


Voici comment la « physique du vélo » éclaire la chute de Pierre :


- L’effet gyroscopique : l’élan crée la stabilité

draisienne-enfant miracle dans Communauté spirituelleSur un vélo, la stabilité n’est pas le résultat d’un équilibre statique (comme lorsqu’on est debout sur ses deux pieds), mais la conséquence directe de la vitesse et de la rotation des roues. C’est l’élan qui maintient le cycliste droit.

Tant que Pierre est emporté par son élan initial — l’audace créative, l’enthousiasme absolu de rejoindre Jésus —, il avance. Sa « vitesse » psychologique compense l’instabilité du sol sous ses pieds.


- L’arrêt fatal

Dès qu’il regarde le vent et commence à hésiter (le verbe distazo = avoir le cœur partagé), il freine. Il passe d’une dynamique de mouvement à une posture d’observation statique. Or, sur l’eau comme sur deux roues, s’arrêter au milieu du gué condamne immédiatement à la chute. Le doute agit comme un coup de frein brutal.


- Le regard dirige la trajectoire

Tous les cyclistes et motards connaissent cette règle d’or de la conduite : la machine va là où le regard se pose. Si vous fixez l’obstacle, le fossé ou la pierre au milieu du chemin, vous allez infailliblement foncer dedans. C’est ce qu’on appelle la « fascination du danger ».

Au départ, les yeux de Pierre sont rivés sur sa cible (Jésus). Sa trajectoire est droite. Mais le vent va le détourner de son objectif et fixer ses yeux sur l’obstacle au lieu du but : « voyant que le vent était fort, il eut peur ». Pierre a détourné son regard de la ligne d’horizon pour fixer la vague qui arrivait de côté. En fixant le danger (le vent, les vagues), son corps et son esprit se sont alignés sur le gouffre. Il est tombé là où il regardait.


- Le paradoxe de l’équilibre dynamique

chute-velo-enfant PierreLa spiritualité du vélo nous enseigne que l’équilibre n’est jamais acquis, il est une succession de déséquilibres rattrapés à temps par un coup de pédale supplémentaire. Vivre, ce n’est pas être assis sur un socle de certitudes en béton, c’est gérer le mouvement. « La vie, c’est comme la bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre » (Albert Einstein).

En demandant à sortir de la barque, Pierre accepte de quitter une sécurité relative (bien que secouée) pour entrer dans la pure incertitude du mouvement. Il ose sortir de sa zone de confort, dirions-nous aujourd’hui. Sa marche éphémère montre que l’être humain est capable de dépasser ses limites matérielles tant qu’il accepte de faire confiance au mouvement de la vie. Dès qu’il veut se sécuriser, vérifier la solidité du sol, « analyser » si c’est rationnellement possible de flotter… il coule.


- La « petite foi » (oligopistos) de Pierre
Jésus ne dit pas à Pierre : « Tu as manqué de connaissances théologiques », mais « Homme de peu de foi (oligopistos), pourquoi as-tu balancé d’un côté et de l’autre ? » (comme un cycliste qui donne des coups de guidon désordonnés avant de s’étaler). L’oligo-foi de Pierre le paralyse : c’est assez pour s’élancer, mais trop peu pour maintenant la vitesse et l’élan vers Jésus.

La marche sur l’eau devient alors une magnifique métaphore de l’engagement : face aux tempêtes de l’existence, la seule manière de ne pas sombrer sous le poids de nos peurs et de nos calculs, c’est de continuer à pédaler ! Bergson le disait avec talent : « Le seul élément stable du christianisme, c’est l’ordre de ne s’arrêter jamais ».

 

Sur le plan de l’expérience humaine, l’aventure de Pierre est une description clinique remarquable des effets de la peur sur la volonté et les capacités d’un individu.

peur-soi-1 véloAu départ, Pierre est focalisé sur un objectif unique : rejoindre Jésus. Cette concentration intense (une forme d’hyper-focalisation psychologique) lui fait oublier le danger. C’est le principe de l’audace : tant que l’esprit ne formule pas le risque, l’action est possible. Il y a un « effet tunnel » dans la concentration de l’effort sur le but : regarder droit devant mobilise les ressources nécessaires.


Le texte note précisément la rupture d’attention de Pierre, qui est le point de bascule : « Mais, voyant que le vent était fort, il eut peur » (Mt 14, 30). Pierre détourne son regard de l’objectif pour analyser son environnement. C’est le retour brutal à la réalité matérielle.

Dès que la conscience du danger immédiat (le vent, les vagues, la profondeur) submerge son esprit, la panique s’installe. En psychologie cognitive, un stress aigu paralyse les compétences et brise la confiance (inhibition). Pierre perd ses moyens, se liquéfie littéralement de peur, ce que le récit traduit physiquement par : « et, comme il commençait à enfoncer, il s’écria… ».

Pierre incarne ici l’inhibition qui paralyse, la peur de l’échec qui engendre l’échec : il est heureux pour nous que Pierre ne soit pas le super-héros qui réussit tout du premier coup ! Il a besoin d’apprendre, et cela nous rassure…

 

En grec ancien, le verbe traduit par « douter » dans le reproche de Jésus (« pourquoi as-tu douté ? ») est distazo (δισταζω).

A cloche-piedCe mot ne signifie pas « avoir des doutes intellectuels », mais vient de dis (double) et stasis (position). Littéralement, distazo signifie « être partagé entre deux voies », hésiter sur la direction à prendre, ou avoir le cœur divisé. Un peu comme Israël qui hésite sans cesse entre YHWH et les idoles des autres nations : « Combien de temps allez-vous clocher tantôt sur un pied, tantôt sur l’autre ? Si c’est le Seigneur qui est Dieu, suivez le Seigneur ; si c’est Baal, suivez Baal.” Et la foule ne répondit mot » (1R 18,21).

La chute de Pierre n’est donc pas une punition magique pour avoir manqué de croyance dogmatique. C’est la conséquence logique de son hésitation. En s’arrêtant au milieu du gué, le cœur partagé entre la confiance en Jésus et la terreur du vent, il perd l’élan dynamique qui le maintenait en mouvement. C’est l’illustration du dicton : « Qui hésite recule » ou, dans son cas, s’enfonce.

 

La métaphore du vélo — ou du cyclisme comme art de vivre — s’applique donc assez bien à l’épisode de Pierre. Elle permet de traduire un récit qui semble magique en une loi tout autant spirituelle que physique : la survie par le mouvement.

 

Excursus pour les esprits (trop ?) rationnels

Pour qui a une once de culture scientifique, cette histoire de marcher sur l’eau est quand même dure à avaler, sauf à vouloir rester naïf et crédule…

Pour les guérisons, c’est plus facile. On sait désormais que l’effet placebo a un formidable impact sur un malade. Et puis l’ignorance médicale de l’époque ouvrait la porte aux récits les plus « merveilleux » : l’épilepsie était l’œuvre d’un démon, le coma était une petite mort, les hallucinations des phénomènes surnaturels, les maladies psychiques des châtiments divins etc. Quand Jésus guérit de la fièvre la belle-mère de Simon, ou réveille du coma une fillette de douze ans, ou stoppe les crises d’épilepsie du possédé, c’est crédible. Quand Jésus marche sur l’eau, c’est une autre paire de manches…

Voici quelques pistes d’interprétations scientifiques de cet épisode sur le lac, afin de rassurer les amoureux de la raison.

 

- L’hypothèse scientifique : un phénomène naturel mal compris

Des chercheurs ont tenté d’expliquer ce récit par des phénomènes physiques ou météorologiques réels, qui auraient pu être mal interprétés par les disciples dans l’obscurité et la tempête.

• La glace de printemps (hypothèse du professeur Doron Nof) : En 2006, ce professeur d’océanographie à l’université de Floride a publié une étude montrant que des poches de glace de surface (appelées « glace de printemps ») ont pu se former sur le lac de Tibériade (mer de Galilée) il y a environ 2000 ans, en raison d’un refroidissement localisé. Une personne marchant sur cette glace fine et transparente, isolée au milieu de l’eau libre, aurait donné l’illusion thermique de flotter sur l’eau, surtout de nuit et de loin.

• Un banc de sable ou un récif caché : le niveau de la mer de Galilée fluctue énormément. Certains rationalistes suggèrent que Jésus connaissait parfaitement la topographie du lac et marchait sur un banc de sable ou une digue submergée juste sous la surface de l’eau, invisible pour les disciples pris de panique dans leur barque au large.

 

- L’hypothèse linguistique : une erreur de traduction

Une autre approche rationnelle s’intéresse à la langue dans laquelle les récits ont été pensés (l’araméen) ou écrits (le grec ancien). En grec, la préposition épi (ϵπι) utilisée dans « marcher sur la mer » (peripatounta epi ten thalassan) est polyvalente. Elle peut signifier « sur », mais aussi « au bord de », « au-dessus de » (sur la falaise) ou « en direction de ». Une lecture possible serait alors que Jésus marchait simplement au bord de l’eau (sur le rivage). Dans la pénombre de la nuit (la « quatrième veille », soit entre 3h et 6h du matin) et au milieu des embruns de la tempête, les disciples, épuisés d’avoir ramé toute la nuit, l’auraient aperçu et auraient cru, par effet d’optique, qu’il marchait sur le lac.

 

- L’hypothèse littéraire : une métaphore théologique (le Midrash)

1102014656_univ_lsr_xlÀ l’époque de la rédaction de l’Évangile de Matthieu, l’Écriture utilise beaucoup le Midrash, une méthode juive qui consiste à réutiliser des images de l’Ancien Testament pour expliquer le sens d’un événement présent.

Dans la culture biblique, la mer et les vagues symbolisent le chaos, les forces de la mort et le mal que seul Dieu peut dompter. « [Dieu] seul déploie les cieux, il marche sur les crêtes des vagues » (Jb 9,8).

En écrivant que Jésus « marche sur la mer », l’auteur ne cherche pas à faire un reportage journalistique ou physique, mais utilise une métaphore visuelle très puissante pour son public de l’époque. Cela signifie : « Même si notre vie (la barque) est secouée par les épreuves (la tempête), Jésus est plus fort que le chaos et la mort (il marche dessus) ».

D’ailleurs, la formule par laquelle Jésus s’approche des disciples est celle par laquelle Dieu se désigne lui-même dans l’Ancien Testament. Il dit exactement « Egô eimi », « Moi je suis » – or cette formule n’est autre que le nom divin révélé à Moïse au buisson ardent (Ex 3,14). Jésus est donc plus que Moïse : il est Dieu lui-même, qui marche et fait marcher sur les eaux.

 

- L’angle psychologique : la détresse des disciples

Mirage : un cargo «vole» au-dessus de la Manche

 

Cette réaction suggère qu’une explication rationnelle de l’époque pour un tel phénomène visuel serait une hallucination collective induite par la peur, la fatigue extrême et le stress de la tempête. Un peu comme un mirage en pleine mer.
Le récit met d’ailleurs l’accent sur le doute de Pierre qui s’enfonce dès qu’il quitte Jésus des yeux, ce qui s’apparente à une métaphore de la perte de moyens psychologiques face au danger.

 

Vous n’êtes bien sûr pas obligé d’être convaincu par ces interprétations ! Elles ont du moins le mérite de changer de lunettes pour lire ce récit, un peu trop magique au premier regard…

 

Conclusion : n’arrêtez pas de pédaler !

Si vous laissez distraire du but essentiel de votre vie (le Christ à l’horizon), les objections et les difficultés vous feront douter, puis feront chuter, couler à pic votre foi.

Faisons plutôt comme Paul, qui reste focus sur celui qui a bouleversé sa vie.

He 12,1-4 Courons avec endurance... les yeux fixés sur Jésus« Moi, si je cours, ce n’est pas sans fixer le but… » (1Co 9,26).

« Courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est à l’origine et au terme de la foi » (He 12,1–2).

« Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but en vue du prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus » (Ph 3,13-14).

Comment mieux illustrer la spiritualité du vélo, que Pierre a expérimentée plusieurs fois à ses dépens, en coulant à pic (doutes, refus de la Passion, reniements) ?

 

Rester les yeux fixés sur le Christ a donné à Paul la force d’endurer le fouet, les naufrages, les insultes, les procès, les chaînes, la prison, le déshonneur… jusqu’au martyre (décapitation) à Rome.

Tiens ! C’est d’ailleurs suite à une décapitation – celle de Jean-Baptiste – que la marche sur l’eau a eu lieu (Mt 14,1-12).

Comme quoi la peur de la mort est le principal ennemi à vaincre.

Une fois cette peur derrière nous, qui pourra nous arrêter ?

Nous marcherons sur l’eau…

 

 

LECTURES DE LA MESSE


PREMIÈRE LECTURE
« Tiens-toi sur la montagne devant le Seigneur » (1 R 19, 9a.11-13a)


Lecture du premier livre des Rois
En ces jours-là, lorsque le prophète Élie fut arrivé à l’Horeb, la montagne de Dieu, il entra dans une caverne et y passa la nuit. Le Seigneur dit : « Sors et tiens-toi sur la montagne devant le Seigneur, car il va passer. » À l’approche du Seigneur, il y eut un ouragan, si fort et si violent qu’il fendait les montagnes et brisait les rochers, mais le Seigneur n’était pas dans l’ouragan ; et après l’ouragan, il y eut un tremblement de terre, mais le Seigneur n’était pas dans le tremblement de terre ; et après ce tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n’était pas dans ce feu ; et après ce feu, le murmure d’une brise légère. Aussitôt qu’il l’entendit, Élie se couvrit le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l’entrée de la caverne.


PSAUME
(Ps 84 (85), 9ab-10, 11-12, 13-14)
R/ Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut. (Ps 84, 8)


J’écoute : Que dira le Seigneur Dieu ?
Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple et ses fidèles.
Son salut est proche de ceux qui le craignent,
et la gloire habitera notre terre.


Amour et vérité se rencontrent,
justice et paix s’embrassent ;
la vérité germera de la terre
et du ciel se penchera la justice.


Le Seigneur donnera ses bienfaits,
et notre terre donnera son fruit.
La justice marchera devant lui,
et ses pas traceront le chemin.


DEUXIÈME LECTURE
« Pour les Juifs, mes frères, je souhaiterais être anathème » (Rm 9, 1-5)


Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains
Frères, c’est la vérité que je dis dans le Christ, je ne mens pas, ma conscience m’en rend témoignage dans l’Esprit Saint : j’ai dans le cœur une grande tristesse, une douleur incessante. Moi-même, pour les Juifs, mes frères de race, je souhaiterais être anathème, séparé du Christ : ils sont en effet Israélites, ils ont l’adoption, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses de Dieu ; ils ont les patriarches, et c’est de leur race que le Christ est né, lui qui est au-dessus de tout, Dieu béni pour les siècles. Amen.


ÉVANGILE
« Ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux » (Mt 14, 22-33)
Alléluia. Alléluia. J’espère le Seigneur, et j’attends sa parole. Alléluia. (cf. Ps 129, 5)


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire.
Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme. » Pris de peur, ils se mirent à crier. Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! » Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »
Patrick BRAUD

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22 juin 2025

Pierre et Paul, ordonnés pour nous

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 12 h 30 min

Pierre et Paul, ordonnés pour nous


Homélie pour la fête de saint Pierre et saint Paul, Apôtres / Année C
29/06/25
 
Cf. également :
Jésus évalué à 360°

Philippe à la mêlée, Pierre à l’ouverture 

Le kôan qui changea Simon en Pierre

L’Esprit nous précède 

Pâques : Courir plus vite que Pierre

Paul et Coldplay, façon Broken

Quelle est votre écharde dans la chair ?

Qui est votre Ananie ?

Le pur amour : pour qui êtes-vous prêts à aller en enfer ?

« Passons aux barbares »…

 

Le 29 juin est une date connue et aimée d’une multitude de prêtres dans le monde entier.

Pierre et Paul, ordonnés pour nous dans Communauté spirituelle ciric_298968_ordination_pretreC’est en ce jour de la fête de Pierre et Paul que l’Église aime en effet ordonner ses prêtres, comme pour les enraciner dans le ministère de ces deux apôtres.

Pourquoi donc ordonner un 29 juin ? La Préface de cette fête nous met sur la piste :

« Tu nous donnes de fêter en ce jour – dit la Préface – les deux apôtres Pierre et Paul. Celui qui fut le premier a confessé la foi : Pierre, et celui qui l’a mise en lumière : Paul. Pierre qui constitua l’Église en s’adressant d’abord aux fils d’Israël, et Paul qui fit connaître aux nations l’évangile du salut. L’un et l’autre ont travaillé chacun selon sa grâce à rassembler l’unique famille du Christ ». 

Vous avez là dans cette Préface des éléments fondamentaux du ministère des prêtres aujourd’hui encore : rassembler, confesser la foi, la mettre en lumière, constituer l’Église, l’ouvrir aux nations. Regardons chaque terme de cette Préface.

 

- Rassembler l’unique famille du Christ 

VISUEL+LE+CORPS+DU+CHRIST+%25282%2529 ordination dans Communauté spirituelleC’est bien ce que l’on attend des prêtres : qu’ils soient des rassembleurs, au-delà des clivages sociaux qui ne devraient pas avoir cours dans l’Église, au-delà des légitimes différents de sensibilité de tous ordres, les prêtres, inlassablement, font retenir l’appel  de Dieu à la communion : « Laissez Dieu vous initier à une vie de communion avec lui, avec vos frères et sœurs, avec l’univers, avec vous-même ». Le geste où culmine cette communion ecclésiale est bien sûr la communion eucharistique, mais c’est toute la mission des prêtres que de faire en sorte que les gens se parlent, se pardonnent, apprennent à s’aimer d’avantage. C’est cela « rassembler l’unique famille du Christ ».

 

- Deuxième élément de la Préface : confesser la foi, comme Pierre, qui se jette à l’eau pour proclamer : « Tu es le Messie », alors même qu’il ne saisit pas encore tout ce que cela veut dire, et notamment la croix. Les prêtres initient à la foi de l’Église, pour que les baptisés  se laissent porter par cette foi, cette confiance – c’est le même mot – en un Dieu communion d’amour, Père, Fils et Esprit saint. Cela passe par la première annonce de la foi, puis la catéchèse, à tout âge de la vie, des petits enfants ou personnes âgées, en passant par les fiancés, les adolescents, mais cela passe aussi par toute la vie des prêtres.
Confesser la foi de l’Église. 

 

matt-botsford-566660-unsplash-2 Paul- Troisième élément de la Préface : mettre cette foi en lumière, comme Paul, qui met son immense culture juive, grecque et romaine au service de la foi. Paul débat, argumente, explicite, écrit, dénonce les dérives. C’est lui qui met en lumière, par exemple, la primauté de la grâce sur les œuvres, la primauté de l’Esprit sur la lettre de la Loi, la primauté de l’amour sur tous les autres charismes. Mettre en lumière la pertinence de la foi pour aujourd’hui, pour les prêtres, comme pour les diacres et les évêques en premier lieu, cela passe notamment par le ministère de l’homélie du Dimanche, mais aussi par l’écriture de livres, la prédication de retraites, la participation aux débats contemporains, dans les médias, radios, Internet, réseaux sociaux, universités, etc.

Mettre la foi en lumière. 

 

- Quatrième élément de la Préface sur le ministère des prêtres : constituer l’Église.

VISUEL+LE+CORPS+DU+CHRIST+%25282%2529 PierreLa passion des prêtres, c’est de servir l’engendrement du Corps du Christ à travers tout cela. Tels des sages-femmes – et saint Paul se compare souvent à une sage-femme – ils guettent les signes d’une nouvelle naissance du Christ possible en chacun. Ils accompagnent l’émergence de nouvelles manières de vivre en Église. Ils constituent cette Église, en célébrant les sacrements, en créant des équipes de chrétiens, en appelant chacun à devenir responsable, là où il est, dans sa communauté chrétienne et dans la société.

Constituer l’Église. 

 

- Cinquième élément de la Préface sur le ministère des prêtres : ouvrir cette même Église à toutes les nations. Pierre a accueilli le centurion romain Corneille, il a reconnu que l’Esprit saint « ouvre les portes de la foi aux païens », selon ses mots. Paul – lui – a sillonné la Méditerranée jusqu’à l’Europe, pour maintenir grandes ouvertes ces portes de l’Église à toutes les cultures, langues peuples et nations. Ce souci de l’ouverture à l’universel, à la catholicité de l’Église, anime toujours le ministère des prêtres. Empêcher une Église locale de se refermer sur elle-même, la mettre en communion avec la grande Église de tous les temps et de toutes les cultures, c’est cela la Tradition vivante. Les prêtres y participent à leur manière, en maintenant ouvertes ces portes que l’Esprit a déverrouillé et par lesquelles il nous donne des catéchumènes venus d’ailleurs, aujourd’hui encore. Ils doivent également être attentifs aux nouvelles Pentecôtes qui – comme à Jérusalem – ouvrent des chemins inédits d’évangélisation et de communion…

Ouvrir l’Église aux nations.

 

Rassembler l’unique famille du Christ, confesser la foi, la mettre en lumière, constituer l’Église, l’ouvrir aux nations. 

 

Voilà pourquoi le ministère des prêtres nous est si précieux. Voilà pourquoi il est vital de recevoir les prêtres qui nous sont donnés et ordonnés. Car il s’agit bien de recevoir les prêtres. Quand l’Église appelle un prêtre, c’est qu’elle reconnaît en lui un don de Dieu. Quand elle l’ordonne, c’est pour à son tour le donner au monde. Selon la belle théologie du ministère qui vient de Paul : « Les dons que Dieu a fait aux hommes, ce sont des apôtres, des prophètes, des évangélistes, des pasteurs et catéchistes, afin de mettre les saints  (c’est-à-dire les baptisés) en état d’accomplir le ministère pour bâtir le corps du Christ » (Ep 4,11) . Les ministres ordonnés ne sont donc pas des gens privilégiés ou supérieurs, mais des personnes qui sont données à toute l’Église afin qu’elle devienne elle-même, afin qu’elle accomplisse son ministère. En termes théologiques, Vatican II dira que le ministère presbytéral est au service du sacerdoce commun des fidèles : quelques-uns sont prêtres (en grec : presbyteroï = anciens) afin que tous soient prêtres (en latin : sacerdotes = sacerdoce), c’est-à-dire que tous puissent faire de leur vie un sacrifice eucharistique, selon les termes de Paul : « Je vous exhorte donc, frères, par la tendresse de Dieu, à lui présenter votre corps – votre personne tout entière –, en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu : c’est là, pour vous, la juste manière de lui rendre un culte » (Rm 12,1). De la même manière, certains sont appelés à être diacres pour que tous soient serviteurs.

Pierre-et-Paul-gravure-sur-une-pierre-tombale-en-marbre-ive-siècle-musée-du-Vatican.-1024x510 prêtre

Pierre et Paul, gravure sur une pierre tombale en marbre venant de la catacombe St Sébastien – IV° siècle, Musée du Vatican

 

En ce 29 juin, puissions-nous apprendre toujours davantage à nous recevoir les uns les autres – quelle que soit notre vocation – comme de vrais cadeaux que Dieu nous fait pour accomplir le ministère de l’Église. C’est d’ailleurs l’un des enjeux spirituels des nominations diocésaines de prêtres à venir : changer de paroisse, aller ailleurs, c’est pour un prêtre recevoir sa mission d’un autre. Pour nous, recevoir ceux qui nous sont donnés comme prêtres ou diacres (et que nous n’avons pas choisis), c’est se recevoir ensemble de Celui qui est la source de toute communion.

 

Prions cette semaine la Préface du 29 Juin, afin de mieux percevoir comment articuler notre vocation de baptisés à celle des ministres qui nous sont envoyés :

 

50862562_p sacerdoceVraiment, il est juste et bon,
pour ta gloire et notre salut,
de t’offrir notre action de grâce,
toujours et en tout lieu,
Seigneur, Père très saint,
Dieu éternel et tout-puissant.

Car tu nous donnes la joie de célébrer en ce jour
les bienheureux apôtres Pierre et Paul :
celui qui fut le premier à confesser la foi,
et celui qui l’a mise en lumière ;
Pierre qui constitua l’Église naissante
parmi les pauvres d’Israël,
et Paul, maître et docteur
des nations appelées au salut ;
l’un et l’autre ont travaillé, par des voies différentes,
à rassembler l’unique famille du Christ ;
dans le martyre, une même couronne les a réunis
et ils reçoivent, de par le monde, la même vénération.
C’est pourquoi, avec les saints et tous les anges,
nous te louons et sans fin nous proclamons :

Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur, Dieu de l’univers…

Messe du jour

 

Première lecture

« Vraiment, je me rends compte maintenant que le Seigneur m’a arraché aux mains d’Hérode » (Ac 12, 1-11)

 

Lecture du livre des Actes des Apôtres

À cette époque, le roi Hérode Agrippa se saisit de certains membres de l’Église pour les mettre à mal. Il supprima Jacques, frère de Jean, en le faisant décapiter. Voyant que cette mesure plaisait aux Juifs, il décida aussi d’arrêter Pierre. C’était les jours des Pains sans levain. Il le fit appréhender, emprisonner, et placer sous la garde de quatre escouades de quatre soldats ; il voulait le faire comparaître devant le peuple après la Pâque. Tandis que Pierre était ainsi détenu dans la prison, l’Église priait Dieu pour lui avec insistance. Hérode allait le faire comparaître. Or, Pierre dormait, cette nuit-là, entre deux soldats ; il était attaché avec deux chaînes et des gardes étaient en faction devant la porte de la prison. Et voici que survint l’ange du Seigneur, et une lumière brilla dans la cellule. Il réveilla Pierre en le frappant au côté et dit : « Lève-toi vite. » Les chaînes lui tombèrent des mains. Alors l’ange lui dit : « Mets ta ceinture et chausse tes sandales. » Ce que fit Pierre. L’ange ajouta : « Enveloppe-toi de ton manteau et suis-moi.» Pierre sortit derrière lui, mais il ne savait pas que tout ce qui arrivait grâce à l’ange était bien réel ; il pensait qu’il avait une vision. Passant devant un premier poste de garde, puis devant un second, ils arrivèrent au portail de fer donnant sur la ville. Celui-ci s’ouvrit tout seul devant eux. Une fois dehors, ils s’engagèrent dans une rue, et aussitôt l’ange le quitta. Alors, se reprenant, Pierre dit : « Vraiment, je me rends compte maintenant que le Seigneur a envoyé son ange, et qu’il m’a arraché aux mains d’Hérode et à tout ce qu’attendait le peuple juif. »

 

Psaume

(Ps 33 (34), 2-3, 4-5, 6-7, 8-9)

R/ De toutes mes frayeurs, le Seigneur me délivre. (cf. 33, 5)

 

Je bénirai le Seigneur en tout temps, 

sa louange sans cesse à mes lèvres. 

Je me glorifierai dans le Seigneur : 

que les pauvres m’entendent et soient en fête !

 

Magnifiez avec moi le Seigneur, 

exaltons tous ensemble son nom. 

Je cherche le Seigneur, il me répond : 

de toutes mes frayeurs, il me délivre.

 

Qui regarde vers lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage. 

Un pauvre crie ; le Seigneur entend : il le sauve de toutes ses angoisses.

L’ange du Seigneur campe alentour, pour libérer ceux qui le craignent. 

Goûtez et voyez : le Seigneur est bon ! Heureux qui trouve en lui son refuge !

 

Deuxième lecture

« Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice » (2 Tm 4, 6-8.17-18)

 

Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre à Timothée

Bien-aimé, je suis déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu. J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice : le Seigneur, le juste juge, me la remettra en ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour sa Manifestation glorieuse.

Tous m’ont abandonné. Le Seigneur, lui, m’a assisté. Il m’a rempli de force pour que, par moi, la proclamation de l’Évangile s’accomplisse jusqu’au bout et que toutes les nations l’entendent. J’ai été arraché à la gueule du lion ; le Seigneur m’arrachera encore à tout ce qu’on fait pour me nuire. Il me sauvera et me fera entrer dans son Royaume céleste. À lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

 

Évangile

« Tu es Pierre, et je te donnerai les clés du royaume des Cieux » (Mt 16, 13-19)

Alléluia. Alléluia. Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Alléluia. (Mt 16, 18)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. » Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit :
« Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »

Patrick Braud

 

 

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27 avril 2025

Lier responsabilité et amour

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 12 h 30 min

Lier responsabilité et amour

 

Homélie du 3° Dimanche de Pâques / Année C
04/05/25


Cf. également :
Mais pourquoi diable Pierre était-il tout nu ?
Les 153 gros poissons
Quand tu seras vieux…
Le devoir de désobéissance civile
Les 7 mercenaires
L’agneau mystique de Van Eyck
Manager en servant-leader
Jesus as a servant leader


Le choix des Douze

On raconte que Jésus s’interrogeait beaucoup sur le choix de ses associés les plus proches au début de son ministère public. Pour en avoir le cœur net, il demanda à un célèbre cabinet-conseil de la capitale, expert en management, une étude sur l’équipe qu’il avait constituée. Voici la réponse qu’il a reçue :

 

Lier responsabilité et amour dans Communauté spirituelleCabinet McKinsey Palestine

3 Rue du Calvaire Jérusalem

 

Cher Monsieur Christ,

 

Nous vous remercions de nous avoir confié les CV des douze hommes que vous avez sélectionnés pour leur confier des postes de responsabilité dans votre nouvelle entreprise internationale de « pêcheurs de têtes ».

Suite à de nombreux examens et entretiens avec nos consultants en aptitude pour le ministère, ainsi qu’une rencontre avec notre psychologue spécialisé, nous vous faisons part des résultats de ce processus d’évaluation. Malheureusement, il s’avère que la plupart de vos candidats manquent d’expérience, de formation et d’aptitudes pour le genre d’entreprise dans laquelle vous comptez vous lancer. Ils n’ont pas l’esprit d’équipe et leur connaissance des langues étrangères est nettement insuffisante. Nous vous recommandons donc de continuer vos recherches en vue de découvrir des candidats qui aient de l’expérience dans la gestion des affaires et qui aient prouvé leurs compétences.

 

Afin de vous permettre de cibler qualitativement vos prochaines candidatures, voici le résultat de certains profils que vous nous avez transmis.

  • Simon Pierre est un instable émotionnel, en proie à des sautes d’humeur, un peu borné pour tout dire.
  • André n’a aucune disposition pour assumer des responsabilités.
  • Les deux frères Jacques et Jean, les fils de Zébédée, placent leur intérêt personnel au-dessus du dévouement envers la société.
  • Thomas a tendance à douter de tout et pourrait avoir une influence négative sur le groupe.
  • Nous nous voyons dans l’obligation de vous faire savoir que Matthieu figure sur la liste noire de la « commission de Jérusalem pour la transparence des affaires ».
  • Jacques a une tendance dangereuse à la radicalisation et à l’utopie, stigmatisant les riches sans raison.
  • Les relations de Simon – dit le zélote – avec des milieux extrémistes font de lui un élément difficile à contrôler et susceptible de mener des actions irresponsables.
  • Les autres postulants sont sans relief, quasiment invisibles.

 

Toutefois, un des candidats a de grandes possibilités…. Il est capable et imaginatif, a le contact facile et un sens développé des affaires, il ne manque pas de relations avec les personnalités haut placées. Son goût pour la discrétion et pour l’organisation sont de vrais atouts et les différents entretiens réalisés ont montré qu’il est motivé, ambitieux et n’a pas peur des responsabilités. Nous vous conseillons donc de prendre Judas Iscariote comme votre administrateur et bras droit. 

 

Nous vous souhaitons beaucoup de succès dans votre nouvelle aventure.

En joignant à cette étude notre facture (à régulariser sous huitaine), nous restons à votre disposition pour compléter votre recherche et vous aider dans le développement de votre organisation à laquelle nous souhaitons succès et durée.

 

Comme quoi le choix des Douze ne s’aligne pas sur les modes managériales d’une époque ! 

Ce dimanche, c’est le choix de Pierre qui est sous le feu des projecteurs (Jn 21,1-19). En répétant par trois fois : « M’aimes-tu ? » « Sois le pasteur (leader) de mes brebis », Jésus ne rappelle pas seulement à Pierre son triple reniement – trois fois pardonné – mais surtout il lui confie une mission particulière, il lui donne une responsabilité majeure : « Sois le pasteur de mes brebis ».

 

Parce qu’il aime, Pierre sera pasteur. Dans cet ordre.

Est-ce ainsi que les responsables sont nommés dans notre monde actuel ?
Passons en revue quelques fondements de l’autorité dans nos entreprises, familles ou Églises, afin de de les comparer à la pratique de Jésus envers Pierre et les Douze.

 

L’accès aux responsabilités selon les païens


– Fonder la responsabilité sur la compétence

133549680 amour dans Communauté spirituelleC’est l’une des premières raisons auxquelles on pense : confier les plus grosses responsabilités à ceux qui sont les plus compétents. En France, cela a donné Polytechnique et l’ENA ou Science-Po comme voie royale pour devenir haut fonctionnaire, député ou ministre.

Jésus a-t-il choisi des énarques de son temps ? Pas sûr que Pierre ait réussi un grand oral de quelque concours de grande école que ce soit… Car le problème du critère de compétence, c’est qu’il s’appuie sur le passé, sans préjuger du futur. Et quelle compétence ? Sur quels critères ? À quel horizon (le court-terme est souvent en contradiction avec le moyen ou le long-terme) ? Si bien que le ‘principe de Peter’ fonctionne à plein dans nos administrations et nos entreprises : on promeut de plus en plus haut quelqu’un qui a réussi, jusqu’à ce qu’il se révèle inefficace au poste confié, parce que qu’ayant dépassé son seuil de compétence maximum, et donc ayant atteint son seuil d’incompétence…
De plus, on confond souvent plusieurs types de compétences : l’expert maîtrise son sujet technique, le manager sait animer une équipe et valoriser chacun. Mais un bon expert ne fera pas forcément un bon manager ! Promouvoir un excellent expert à un poste managérial peut s’avérer désastreux (et réciproquement).

 

Les compétences passées de Pierre ne sont pas exceptionnelles : il n’avait rien pêché (même de nuit) la première fois que Jésus l’a rencontré. Il n’a rien compris à l’annonce de la Passion, jusqu’à se faire traiter de ‘Satan’ par le patron en personne. Et il a renié publiquement trois fois celui qu’il disait avec fanfaronnade être capable de suivre au bout du monde. Pas brillant ! Pourtant, Jésus ne voit pas en lui le pécheur du passé, mais le pêcheur d’hommes du futur. Il fait le pari qu’avec l’Esprit Saint, ce caractère sanguin et entier se donnera entièrement à sa mission, avec brio. On dirait aujourd’hui qu’il fait le pari de l’empowerment de son associé : il saura grandir à la hauteur de l’énorme responsabilité « papale » que le Ressuscité lui confie.

 

Fonder la responsabilité sur la seule compétence passée (et laquelle ? mesurée comment ?) est trop court.

 

– Fonder la responsabilité sur le mérite

C’est une variante de la compétence. On fait souvent l’éloge du mérite républicain pour récompenser ceux qui ont su avoir un beau parcours d’études ou d’affaires grâce à leur travail, sans rien devoir à l’héritage. Pourquoi pas ? Récompenser un talent sorti de nulle part a valeur d’exemple. À condition que ce parcours de réussite soit possible pour le plus grand nombre et pas seulement quelques-uns. Et il restera encore à vérifier que ce mérite passé se traduira bien en mérite futur, que le médaillé d’hier ne devienne pas le petit chef de demain…

- Fonder l’autorité sur le vote
C’est presque une évidence de nos démocraties occidentales. On remet à l’heureux élu les manettes du pouvoir politique (élections des maires, députés, présidents etc.), managérial (par le vote du Conseil d’administration), on attribue aux distingués une autorité morale (prix littéraires, Eurovision etc.). Pourtant, les frasques d’un certain Donald (le bien nommé !) nous montre que cette assise de l’autorité sur le vote est fragile : les élections reviennent très souvent et peuvent se contredire les unes les autres (Biden/Trump, Merkel/Merz etc.) car les opinions publiques sont versatiles, et manipulables. De plus, on sait d’expérience que le vote populaire peut se tromper et amener le pire.
Les chrétiens savent en outre que le vote de la foule a condamné Jésus lors de son procès (« Crucifie-le ! »). Le Bien ne découle pas forcement de l’avis d’une majorité, ni le Beau, ni le Vrai… Sans transcendance, le vote démocratique n’est jamais que le reflet des intérêts, des peurs, des égoïsmes des individus (Cf. par exemple la question de l’IVG).

Nécessaire, mais non suffisant : le vote est utile, mais ne peut fonder à lui seul l’autorité légitime.

– Fonder la responsabilité sur le copinage

copinage_tunis leadershipC’est une pratique plus courante qu’on ne le croit ! Les grenouilles se font reines les unes les autres… Au moment de recruter un collaborateur, c’est plus facile de faire appel à des gens qu’on connaît déjà par ailleurs, et avec qui le courant passe bien. C’est ainsi que les anciens élèves des grandes écoles se cooptent de promotion en promotion : on est sûr de rester dans un certain moule de pensée. C’est ainsi que Richard Ferrand a été nommé président du Conseil Constitutionnel, lui qui n’a aucune compétence juridique mais peut seulement se prévaloir du passeport de son amitié avec Emmanuel Macron. On pourrait également citer Alexandre Kohler, Emmanuelle Wargon, Christophe Castaner, Amélie de Montchalin, Jean Castex, Stéphane Séjourné, Florence Parly etc. La République des copains !

C’est encore une des raisons de la prospérité des clubs où l’on pratique l’entre-soi (Rotary, Lions club, loges maçonniques etc.).
C’est ce qui motive certains à être de serviles béni-oui-oui des puissants, dans l’espoir de bénéficier des prochaines promotions. À l’extrême, c’est le principe mafieux de la famille, de la Cosa Nostra, des amis débiteurs, de la corruption généralisée…

 

Or les nominations par copinage affaiblissent le pouvoir : par manque d’altérité, par oubli de la compétence, par le sentiment d’injustice qu’elles génèrent. Même les monarques absolus choyaient leur fou du roi, qui les aidait à penser contre eux-mêmes.

Jésus n’a pas choisi ses amis pour devenir les Douze. Il a pris douze inconnus, il en a fait ses amis parce qu’il les avait choisis, et non l’inverse.

 

Fonder la responsabilité sur le copinage est un confort relationnel qui trop souvent finit en catastrophe (et c’est vrai dans l’Église comme ailleurs…).

 

– Fonder la responsabilité sur la richesse

Elon Musk a déjà la plus grosse fortune du monde et pourrait mettre le cap sur les 1.000 milliards de dollarsOn y pense moins, mais c’est aux riches qu’on attribue fréquemment des charges prestigieuses, des titres impressionnants. Pensez à Elon Musk : voilà un jeune ingénieur surdoué qui cumule compétences technologiques et réussite entrepreneuriale, fortune immense et copinage avec Trump. Alors qu’il n’est pas élu, le voilà à la tête d’un quasi-ministère chapeautant des centaines de milliers de fonctionnaires fédéraux, avec un statut de quasi vice-Président aux USA et de quasi chef d’État à l’étranger !

‘On ne prête qu’aux riches’ : il semblerait qu’on leur prête également beaucoup de responsabilités, auxquelles les citoyens modestes ont du mal à accéder. Et ne parlez pas des milliards de Donald Trump, de Vladimir Poutine ou de MBS (Mohammed Ben Salmane, Arabie Saoudite) et autres richissimes chefs d’État… !

 

Jésus a expressément choisi les Douze parmi les gens ordinaires de son peuple. Il n’a jamais méprisé les riches, mais savait combien c’est difficile pour eux d’entrer dans le royaume des cieux (Mt 19,23). Dès lors, il a conditionné l’accès aux responsabilités dans son Église à l’abandon de toute cupidité, de toute soif d’accumulation. Pierre était le petit patron d’une PME familiale de pêche, mais il ne roulait pas sur l’or. Les papes qui après lui ont cédé à la fascination de la richesse – et il y en a eu, hélas ! – ont été considérés comme des renégats par l’opinion publique ecclésiale. À juste titre.

 

– Fonder la responsabilité sur la capacité d’influence

Devin AstérixChoisir des collaborateurs qui appuieront ma cause auprès des puissants, parce qu’ils sont bien introduits dans les sphères du pouvoir : la tentation du carnet d’adresses est une dérive toujours actuelle. Choisir un fils de famille pour avoir sa parenté dans la poche, un cadre du Parti pour décrocher la bénédiction de la nomenklatura, un membre de telle congrégation religieuse pour la canaliser : cela fait des siècles que l’on voit des chefs débarquer à un poste grâce à leur carnet d’adresses plus qu’à leurs compétences.

Elon Musk – encore lui – est un peu cet influenceur (réseau X, ex Twitter) incontournable que Donald Trump a intérêt à flatter en lui confiant des titres ronflants. Mieux vaut l’avoir comme allié – même encombrant – que comme ennemi, vu son incroyable impact social !

 

Ces calculs machiavéliques d’alliances et d’influences manipulatrices n’ont jamais été des critères pour le ministère dans l’Esprit de Jésus. Simon Pierre ne connaissait pas grand monde à Jérusalem, et encore moins à Rome ! Pourtant, c’est bien de lui dont on parle encore à Rome, plus que des empereurs habiles en stratégie relationnelle…

 

Fonder la responsabilité sur la capacité d’influence est un calcul païen dangereux : acquérir par ruse des alliés ne remplacera jamais les amis que Jésus s’est acquis par le lavement des pieds et le sang versé.

 

– Fonder la responsabilité sur ‘la nature des choses’

pyramide_des_castes-min Pierre

On l’a oublié, mais autrefois la naissance suffisait à fixer à chacun son poste de responsabilité. Être de sang royal suffisait à prétendre à la couronne. Appartenir à la noblesse suffisait à se voir confier des terres, du personnel domestique, des fonctions administratives. Être né paysan ne donnait comme horizon que de reprendre la ferme familiale, sans ambitionner d’autres responsabilités.

On considérait comme ‘naturel’ d’attribuer à chacun selon sa naissance, et non selon sa compétence, son mérite ou même ses richesses. Le système des castes en Inde continue à reproduire ce schéma social. Et en France, il est encore peu fréquent de voir des femmes, des personnes handicapées ou des figures issues de la diversité parmi les grands dirigeants et responsables… Ne parlons même pas de l’accès des femmes à un réel pouvoir de gestion et de décision dans l’Église ! Nous n’en sommes encore qu’à des balbutiements (même si cela progresse) !

 

Fonder la responsabilité sur ‘la nature des choses’ nous rend aveugles sur les dominations cachées, les fausses légitimations construites dans l’intérêt de quelques-uns.

 

Lier responsabilité et amour

3eme-dimanche-de-Paques-2022-1 responsabilitéArrêtons-là la liste des fondements païens de la responsabilité. Si certains sont nécessaires, ils ne sont jamais suffisants. Et Jésus les critique radicalement en mettant l’amour comme critère d’entrée : « M’aimes-tu ? » « Sois le pasteur de mes brebis ». Pas un amour vague et sentimental. Un amour de service (lavement des pieds des subordonnés) et de don de soi (Passion). Jésus voyait bien comment les hauts placés de son époque avaient obtenu leurs grades, leurs médailles, leurs titres et comment ils exerçaient leur pouvoir : « Vous le savez : les chefs des nations les commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne devra pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur ; et celui qui veut être parmi vous le premier sera votre esclave » (Mt 20,25-27).

 

Fonder la responsabilité sur la compétence, le mérite, la richesse, le copinage, la capacité d’influence ou la nature des choses : parmi nous, il ne doit pas en être ainsi 

Dans l’Église, ces pratiques païennes du pouvoir devraient être dénoncées, combattues, et remplacées par un authentique amour fraternel. Dans la société (l’économie, la politique, l’associatif…), les chrétiens doivent révéler l’inhumanité des pratiques courantes de l’accès aux responsabilités, et témoigner que l’amour-service est le critère le plus pertinent, le plus réaliste, le plus efficace.

 

Avant de confier ou d’accepter une responsabilité, laissons résonner en nous cette question à poser à l’autre et à nous-même : « aimes-tu ? »

 

 

Lectures de la messe

Première lecture
« Nous sommes les témoins de tout cela avec l’Esprit Saint » (Ac 5, 27b-32.40b-41)

Lecture du livre des Actes des Apôtres
En ces jours-là, les Apôtres comparaissaient devant le Conseil suprême. Le grand prêtre les interrogea : « Nous vous avions formellement interdit d’enseigner au nom de celui-là, et voilà que vous remplissez Jérusalem de votre enseignement. Vous voulez donc faire retomber sur nous le sang de cet homme ! » En réponse, Pierre et les Apôtres déclarèrent : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous aviez exécuté en le suspendant au bois du supplice. C’est lui que Dieu, par sa main droite, a élevé, en faisant de lui le Prince et le Sauveur, pour accorder à Israël la conversion et le pardon des péchés. Quant à nous, nous sommes les témoins de tout cela, avec l’Esprit Saint, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. » Après avoir fait fouetter les Apôtres, ils leur interdirent de parler au nom de Jésus, puis ils les relâchèrent. Quant à eux, quittant le Conseil suprême, ils repartaient tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus.

Psaume
(Ps 29 (30), 3-4, 5-6ab, 6cd.Douze, 13)
R/ Je t’exalte, Seigneur, tu m’a relevé. ou : Alléluia.
 (Ps 29, 2a)

Quand j’ai crié vers toi, Seigneur,
mon Dieu, tu m’as guéri ;
Seigneur, tu m’as fait remonter de l’abîme
et revivre quand je descendais à la fosse.


Fêtez le Seigneur, vous, ses fidèles,
rendez grâce en rappelant son nom très saint.
Sa colère ne dure qu’un instant,
sa bonté, toute la vie.


Avec le soir, viennent les larmes,
mais au matin, les cris de joie !
Tu as changé mon deuil en une danse,
mes habits funèbres en parure de joie !


Que mon cœur ne se taise pas,
qu’il soit en fête pour toi ;
et que sans fin, Seigneur, mon Dieu,
je te rende grâce !


Deuxième lecture
« Il est digne, l’Agneau immolé, de recevoir puissance et richesse » (Ap 5, 11-14)

Lecture de l’Apocalypse de saint Jean
Moi, Jean, j’ai vu : et j’entendis la voix d’une multitude d’anges qui entouraient le Trône, les Vivants et les Anciens ; ils étaient des myriades de myriades, par milliers de milliers. Ils disaient d’une voix forte : « Il est digne, l’Agneau immolé, de recevoir puissance et richesse, sagesse et force, honneur, gloire et louange. » Toute créature dans le ciel et sur la terre, sous la terre et sur la mer, et tous les êtres qui s’y trouvent, je les entendis proclamer : « À celui qui siège sur le Trône, et à l’Agneau, la louange et l’honneur, la gloire et la souveraineté pour les siècles des siècles. » Et les quatre Vivants disaient : « Amen ! » ; et les Anciens, se jetant devant le Trône, se prosternèrent.

Évangile
« Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson » (Jn 21, 1-19)
Alléluia. Alléluia.
Le Christ est ressuscité, le Créateur de l’univers, le Sauveur des hommes. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
En ce temps-là, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment. Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien.
Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. » Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons. Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau. Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres. Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. » Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré. Jésus leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur. Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson. C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.
Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. » Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis. Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. » Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. »
Patrick BRAUD

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9 mars 2025

Quel est votre cercle rapproché ?

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 12 h 30 min

Quel est votre cercle rapproché ?

 

Homélie pour le 2° Dimanche de Carême / Année C
16/03/25


Cf. également :

L’alliance entre les morceaux
Transfiguration : Soukkot au Mont Thabor
Compagnons d’éblouissement
Abraham, comme un caillou dans l’eau
Transfiguration : le phare dans la nuit
Transfiguration : la métamorphose anti-kafkaïenne
Leikh leikha : Va vers toi !
Le sacrifice interdit
Dressons trois tentes…
La vraie beauté d’un être humain
Visage exposé, à l’écart, en hauteur
Figurez-vous la figure des figures
En descendant de la montagne…

 

1. Suis-je vraiment de tes amis proches ?

J’ai le bonheur d’avoir quelques amis avec qui on se suit depuis plus de 40 ans ! Depuis les années étudiantes où nous refaisions le monde dans d’interminables discussions arrosées, enthousiasmés par les idéaux de l’époque, prêts à tout pour les choix fondamentaux à faire ou juste faits : le couple, le métier, les engagements politiques, religieux, associatifs etc. Les années ont apporté pour chacun leur lot de drames et de joies, et nous avons continué à les partager, même éloignés par des centaines de kilomètres. 

Quel est votre cercle rapproché ? dans Communauté spirituelle affiche-citation-chez-nousNous connaissons tous de ces liens qu’il suffit de raviver une fois par an pour continuer comme si on s’était quitté la veille ! Loin de la banale superficialité des échanges quotidiens, ces amis-là provoquent à être vrais, à dire les choses, à aller à l’essentiel. Dispersés aux quatre coins de la France, même si un fil WhatsApp, des mails et des coups de fil maintiennent le lien, il faut quand même se voir en physique de temps à autre pour nourrir l’amitié ! On prévoyait un de ces rendez-vous avec un groupe d’amis intimes, lorsque l’un d’entre nous écrivit : « Nous avons mauvaise conscience de faire tant de kilomètres, ou pire encore de prendre l’avion, de dépenser beaucoup d’argent pour nos retrouvailles. On le fait déjà pour nos enfants qui habitent à l’étranger. Notre engagement social et écologique nous oblige à nous limiter, même pour vous ». Le choc fut double : découvrir que nous ne faisions peut-être pas partie en réalité du premier cercle des priorités de nos amis, alors que nous les avons inclus dans les nôtres. Et découvrir qu’au nom de principes tout à fait respectables ils étaient prêts à remettre en cause nos retrouvailles régulières. Une certaine radicalisation idéologique en fait, où les amis passent après les convictions…

 

Suis-je vraiment ton ami proche ? 

Si oui, tu seras prêt à sacrifier de ton temps, de ton argent, voire de tes principes, pour me rejoindre tel que je suis. Si non, le temps fera son œuvre d’éloignement, et notre lien se relâchera, invisiblement. Nous avons ainsi tous des amis avec qui nous avons été très proches autrefois, et qui ont disparu de nos yeux, presque sans s’en rendre compte, sans que cela nous manque vraiment. À l’inverse, le tamis du temps qui passe a filtré quelques-uns, que la confiance, les confidences, l’affection et la volonté de se retrouver nous rend indispensables, même éloignés.

 

2. The inner circle : Pierre, Jacques et Jean

Faites la carte des personnes que vous fréquentez. Il y a le large cercle de celles qu’on peut appeler des ‘relations’, des gens que l’on croise régulièrement et avec qui les contacts sont agréables, sympathiques : des collègues de travail, des voisins, des connaissances. 

Puis il y a des cercles d’intérêt, où nous partageons des activités, des hobbys, des passions  communes : un club de sport, une chorale, un groupe de tarot ou de bridge, une association etc. 915VI3gEftL._SL1500_ Douze dans Communauté spirituelleLes échanges y sont forcément plus qualitatifs, car l’intérêt partagé sert de plate-forme, de dénominateur commun. 

Il y a ensuite le cercle des familiaux : certains sont très proches bien sûr, d’autres assez lointains finalement. Autrefois, c’était le lien de ressourcement principal. Avec l’éclatement des familles – tant affectivement que géographiquement – peu de gens finalement peuvent affirmer que les familiaux sont tous des proches : certains oui, d’autres non. Un tiers des personnes âgées disent éprouver un sentiment de solitude, et se disent abandonnées, de leur famille d’abord.


Heureusement, il y a un autre cercle, celui que les anglophones appellent the inner circle : le cercle des intimes. C’est d’ailleurs le titre d’un film tourné après la chute du Mur de Berlin, retraçant l’histoire vraie du projectionniste privé de Staline, introduit dans le cercle rapproché du dictateur par ce biais. Il projette des films pour Beria, le patron du KGB, pour Staline et ses intimes. Il est fasciné par ce petit cercle restreint dont il fait désormais partie, au grand dam de sa femme qui prendra sous son aile une fillette juive orpheline à protéger de la déportation au goulag. De qui Ivan, notre projectionniste, est-il le plus proche ?…


Symétriquement, il y a dans les Évangiles un autre cercle rapproché, vertueux celui-là. Pierre, Jacques et Jean émergent en effet du groupe des Douze, comme the inner circle de Jésus. Dans l’Évangile de la Transfiguration de ce dimanche (Lc 9,28-36), on devrait par exemple s’étonner que Jésus ne prenne avec lui que ces trois-là pour monter au Thabor !

« Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier ».

Pourquoi pas les Douze ? À quoi rime cette sélection ?

  •  JacquesUne première réponse tient dans la liberté de Jésus : il appelle « qui il veut » (Mc 3,13) ! C’est son choix d’associer Pierre, Jacques et Jean – et eux seulement - à son éblouissement au Thabor. Respecter la liberté du choix de nos amis lorsqu’ils se choisissent des plus proches que nous est ainsi la première marque de respect que nous leur devons. En retour, assumons nous-même cette liberté de choix de quelques-uns pour les associer de plus près à ce qui est important pour nous. On ne peut pas être ami intime avec tout le monde, ayons le courage de choisir…
  • Une deuxième interprétation serait plus symbolique. 

Pierre représente la foi, forte et tranchante : « Tu es le Messie, le fils de Dieu » (profession de foi de Pierre à Césarée, Mt 16,16), qui entraîne le reste du groupe des Douze. 

Jacques représente les œuvres, la nécessité d’allier le social et le spirituel, l’éthique et la foi (« Montre-moi donc ta foi sans les œuvres ; moi, c’est par mes œuvres que je te montrerai la foi » Jc 2,18). Son épître est considérée comme un des joyaux de la Doctrine sociale de l’Église, fustigeant les riches et leur soif de richesses, et les inégalités dans la communauté. 

Jean représente plutôt une tradition mystique, contemplative et spirituelle, où l’amour joue le premier rôle (le mot amour ἀγάπη = agapê est utilisé 30 fois chez Jean, dont 18 fois dans la seule première lettre de Jean).

La foi et les œuvres, dans l’amour : notre trio incarne ainsi les trois colonnes de l’Église (Ga 2,9), sur lesquelles on peut s’appuyer solidement pour bâtir le Corps du Christ transfiguré.

  • Une troisième réponse pourrait venir de la stratégie de diffusion de l’Évangile que Jésus a choisie. 

- Un peu comme un caillou crée des vagues concentriques en tombant dans l’eau, Jésus sait bien qu’il ne peut s’adresser directement aux foules sans médiations, ni tout le temps. Il faut des relais, des intermédiaires. 

- Déjà, il distingue les disciples des foules, vers lesquelles ils sont envoyés. Il les nourrit avec des paraboles, des miracles, des enseignements destinés à un grand nombre. 

- Au sein de ses disciples, Jésus en choisit 70 (comme Moïse au désert) pour être l’avant-garde évangélisatrice. Il les envoie deux par deux, les débriefe au retour de leur mission, et compte sur eux pour la suite. 

- Mais 70, c’est encore trop de monde pour avoir de vraies relations personnelles, intimes. Alors il appelle les Douze, à qui il va se confier plus particulièrement, en leur expliquant les paraboles en privé, en mangeant et buvant avec eux, en les emmenant sur les chemins poussiéreux de Palestine avec lui. Ce petit groupe est à taille humaine pour un manager comme Jésus. Il correspond au Comité de Direction (Codir), Comité exécutif (Comex) ou autre petit groupe de Direction associé de très près à la gouvernance d’un PDG ou d’un directeur de service ou de magasin. 

jean-et-jacques-rapportent-a-pierre-leur-rencontre-avec-le-messie Jean- Parmi ces Douze, Jésus ressent le besoin d’aller encore plus loin avec trois d’entre eux. Parce qu’un leader seul devient vite tyrannique, il a besoin d’un cercle restreint avec qui il est en confiance. L’attention particulière que Jésus a accordée à Pierre, Jacques et Jean faisait partie de la stratégie de leadership de Jésus. Plutôt que d’essayer de développer une large portée pour son ministère en solo, Jésus a évité la popularité et s’est concentré sur la véritable profondeur et l’impact à long terme. 

Pour en faire ses intimes, Jésus fera de ces trois-là les témoins privilégiés de la résurrection de la fille de Jaïre (Lc 8,51), de l’annonce  de la destruction du Temple – avec André – (Mt 13,3–4), de sa Transfiguration sur le Mont Thabor (Lc 9, 28-36), et de sa défiguration sur la colline de Gethsémani (Mc 14,33). Ils auront ainsi les clés pour déchiffrer le scandale la croix : Jésus est bien le Seigneur de gloire (Transfiguration) qui par amour va accepter d’être humilié (Gethsémani) jusqu’à la croix, mais dont la résurrection sera la nôtre (fille de Jaïre) et annonce un culte nouveau (destruction du Temple).

Aurait-il pu initier les Douze à ce degré d’intimité avec lui ? Peut-être ; sans doute. Mais il ne faut pas rêver : être vraiment intime avec quelqu’un, cela se compte sur les doigts d’une main…

- D’ailleurs, Jésus choisira Pierre parmi les trois pour être le rocher du nouveau Temple à venir. La responsabilité ultime ne peut être collective uniquement : elle réclame un visage, un nom, quelqu’un, et pas seulement un groupe. Pierre incarnera la dimension personnelle de l’autorité de l’Église, les Douze l’autorité collégiale, et les disciples l’autorité communautaire

Un/quelques-uns/tous : le triptyque est essentiel à la diffusion du message, pour éviter de le personnaliser à outrance comme de le dissoudre dans un collectif anonyme.


– Terminons notre carte relationnelle en mentionnant que le cercle initial est le cercle de Jésus lui-même. Jésus est à lui-même son cercle premier. Le premier à être évangélisé doit être l’évangélisateur lui-même, sinon il annonce un message extérieur à qui il est. « Medium is message », dira plus tard Mac Luhan (théoricien des médias). Jésus prend grand soin de son évangélisation intérieure : il rumine la Parole de Dieu dont il connaît beaucoup de passages par cœur. Il se réserve des temps de solitude pour prier, à l’écart. Il demeure seul au désert 40 jours en préparation de ses années publiques. Il dialogue sans cesse avec son Père pour recevoir de lui seul son identité, sa mission, son pouvoir, pour rester fidèle à sa mission.
Le leader à la manière de Jésus commencera par se manager lui-même, en cohérence avec ce qu’il demande aux autres. Négliger ce cercle initial serait s’exposer à l’incohérence et l’inconsistance…

 

On peut schématiser ainsi les 7 niveaux de la stratégie de Jésus en matière d’évangélisation :


The inner circle of Jesus
 

 

3. Quelle sera votre cercle rapproché ?

La question m’est alors posée : de qui est composé chaque cercle en ce qui me concerne ? Qui peut jouer pour moi le rôle de Pierre, Jacques et Jean ? 

Quel est mon cercle restreint, the inner circle à qui je réserve mes larmes, mes enthousiasmes, avec qui je partage et relis les événements qui me touchent de près ?

En entreprise, c’est la question de la solitude des dirigeants et managers : quels sont les deux ou trois avec qui aller plus vite et plus loin que les autres, légitimes par ailleurs ? D’une manière générale, c’est la mise en place et la gestion des 7 cercles de relations qui me nourrissent, en insistant sur les quelques-uns avec qui je suis vraiment intime : le premier cercle, the inner circle, le cercle restreint, le cercle rapproché, le cercle des intimes.

 

Qui sont vos trois ?

Quelles sont les trois personnes dans votre vie (votre travail, vos responsabilités diverses) dans lesquelles vous investissez intentionnellement et stratégiquement plus que les autres ?

 

Lectures de la messe

Première lecture
Le Seigneur conclut une alliance avec Abraham, le croyant (Gn 15, 5-12.17-18)

Lecture du livre de la Genèse
En ces jours-là, le Seigneur parlait à Abraham dans une vision. Il le fit sortir et lui dit : « Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux… » Et il déclara : « Telle sera ta descendance ! » Abram eut foi dans le Seigneur et le Seigneur estima qu’il était juste. Puis il dit : « Je suis le Seigneur, qui t’ai fait sortir d’Our en Chaldée pour te donner ce pays en héritage. » Abram répondit : « Seigneur mon Dieu, comment vais-je savoir que je l’ai en héritage ? » Le Seigneur lui dit : « Prends-moi une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune colombe. » Abram prit tous ces animaux, les partagea en deux, et plaça chaque moitié en face de l’autre ; mais il ne partagea pas les oiseaux. Comme les rapaces descendaient sur les cadavres, Abram les chassa. Au coucher du soleil, un sommeil mystérieux tomba sur Abram, une sombre et profonde frayeur tomba sur lui. Après le coucher du soleil, il y eut des ténèbres épaisses. Alors un brasier fumant et une torche enflammée passèrent entre les morceaux d’animaux. Ce jour-là, le Seigneur conclut une alliance avec Abram en ces termes : « À ta descendance je donne le pays que voici, depuis le Torrent d’Égypte jusqu’au Grand Fleuve, l’Euphrate. »

Psaume 
(Ps 26 (27), 1, 7-8, 9abcd, 13-14)
R/ Le Seigneur est ma lumière et mon salut.
 (Ps 26, 1a)

Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?

Écoute, Seigneur, je t’appelle !
Pitié ! Réponds-moi !
Mon cœur m’a redit ta parole :
« Cherchez ma face. »

C’est ta face, Seigneur, que je cherche :
ne me cache pas ta face.
N’écarte pas ton serviteur avec colère :
tu restes mon secours.

J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur
sur la terre des vivants.
« Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ;
espère le Seigneur. »

Deuxième lecture
« Le Christ transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux » (Ph 3, 17 – 4, 1)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens
Frères, ensemble imitez-moi, et regardez bien ceux qui se conduisent selon l’exemple que nous vous donnons. Car je vous l’ai souvent dit, et maintenant je le redis en pleurant : beaucoup de gens se conduisent en ennemis de la croix du Christ. Ils vont à leur perte. Leur dieu, c’est leur ventre, et ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte ; ils ne pensent qu’aux choses de la terre. Mais nous, nous avons notre citoyenneté dans les cieux, d’où nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus Christ, lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux, avec la puissance active qui le rend même capable de tout mettre sous son pouvoir. Ainsi, mes frères bien-aimés pour qui j’ai tant d’affection, vous, ma joie et ma couronne, tenez bon dans le Seigneur, mes bien-aimés.

Évangile
« Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre » (Lc 9, 28b-36)
Gloire au Christ, Parole éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur.
 De la nuée lumineuse, la voix du Père a retenti :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ! » 
Gloire au Christ, Parole éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur. (cf. Mt 17, 5)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier. Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante. Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie, apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem. Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés. Ces derniers s’éloignaient de lui, quand Pierre dit à Jésus : « Maître, il est bon que nous soyons ici ! Faisons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il ne savait pas ce qu’il disait. Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent. Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! » Et pendant que la voix se faisait entendre, il n’y avait plus que Jésus, seul. Les disciples gardèrent le silence et, en ces jours-là, ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu.
Patrick BRAUD

 

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