L'homelie du dimanche

17 mars 2019

À quoi bon ?

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 12 h 00 min

À quoi bon ?

Homélie pour le 3° dimanche de Carême / Année C
24/03/2019

Cf. également :

Le malheur innocent
Les multiples interprétations symboliques du buisson ardent
Les résistances de Moïse… et les nôtres

 

À quoi bon ?

Ce soupir de lassitude et de découragement, combien de fois ne l’avons-nous pas murmuré ou pensé si fort qu’il nous a coupé toute envie de continuer ?

À quoi bon ? dans Communauté spirituelleÀ quoi bon écrire à ce fils qui a claqué la porte de la maison depuis des années et qui fait le mort à chaque message ? À quoi bon m’investir encore dans mon travail alors que je ne suis jamais reconnu pour ce que j’y apporte ? À quoi bon aller voter aux européennes alors que tout est joué d’avance ? À quoi bon donner aux Restos du Cœur alors que leur nombre de repas ne cesse malheureusement d’augmenter ?

Vider le tonneau des Danaïdes (qui se remplit sans cesse) ou rouler le rocher de Sisyphe (qui redescend toujours) est si épuisant que cela peut engendrer abattement et dépression, ou au contraire colère et violence. C’est ce second sentiment que Jésus ose attribuer à Dieu lui-même sous les traits du maître de la vigne de la parabole, lui qui ne voit toujours aucun fruit sur son figuier après trois années de soins et d’amour. De sa colère naît l’envie de l’arracher violemment. À quoi bon entourer d’amour et de patience quelqu’un qui ne veut pas porter du fruit ?

Jésus et le figuier stérileDans le contexte de la parabole, le figuier vise sans doute Israël qui ne reconnaît pas son  Messie en Jésus après trois ans de prédication itinérante ; le propriétaire de la vigne désigne le Père d’Israël qui voudrait récolter la foi au Christ dans son peuple ; et le vigneron est Jésus lui-même intercédant pour les siens.

« Je suis décidé à en finir avec eux - oracle du Seigneur -, pas de raisins à la vigne ! pas de figues au figuier ! le feuillage est flétri. Je les donne à ceux qui leur passeront dessus ». (Jr 8,13).

Les Pères de l’Église ont interprété ce « à quoi bon ? » comme la sentence qui allait faire passer d’Israël à l’Église, avec la chute du Temple de Jérusalem en 70 ap. JC comme moment charnière :

La vigne du Dieu des armées est celle qu’il a livrée en prise aux nations. La comparaison de la synagogue avec le figuier est on ne peut plus juste; de même, en effet, que cet arbre se couvre de larges feuilles en abondance, et trompe l’espérance de son maître qui en attend inutilement beaucoup de fruits; ainsi la synagogue avec ses docteurs stériles en œuvres, et fiers de leurs paroles pompeuses qui ressemblent aux feuilles du figuier est toute couverte des ombres d’une loi infructueuse. […] C’est ainsi que le premier peuple qui était sous l’autorité de la synagogue est tombé comme un fruit inutile, afin que le nouveau peuple qui a formé l’Église sortit de la sève abondante de l’ancienne religion. (Ambroise de Milan)

C’est ce qui s’accomplit, lorsque les Romains détruisirent la nation juive, et la chassèrent de la terre promise. (Bède le Vénérable)

On évitera aujourd’hui de nourrir un quelconque antisémitisme chrétien avec ce genre de commentaires… Mais du coup, l’avertissement vaut également pour l’Église, qui peut se voir arrachée si elle ne produit pas les fruits de l’Évangile : pauvreté, humilité, défense des petits, fraternité universelle, amour des ennemis…

Dans notre contexte actuel, le figuier pourrait représenter chacun de nous lorsque nous ne produisons pas du fruit pour les autres ; ou bien notre Église lorsqu’elle se replie sur le religieux au lieu de servir les plus pauvres ; ou bien encore notre vieille Europe devenant spirituellement stérile ; ou nos amitiés lorsqu’elles deviennent des cercles d’intérêt etc.

Le « à quoi bon ? » que Jésus met sur les lèvres du maître de la vigne devrait résonner pour nous comme un avertissement à nous réveiller de notre vanité avant qu’il ne soit trop tard. Car Dieu pourrait bien se lasser de notre improductivité spirituelle, plus que des actionnaires se détournant d’une valeur boursière en chute libre…

 

À quoi bon le laisser épuiser le sol ?

À vrai dire, l’envie d’arracher le figuier stérile naît moins de la colère que de la volonté de préserver les autres plantations. Comme le maître de la vigne, tout patron actuel sait bien que l’excuse et le manque d’exigence managériale face aux dérives de quelques-uns peut compromettre le succès – voire la survie – de toute l’équipe. Au nom du bien commun, pour que les autres vivent, il faut parfois savoir couper des branches mortes, exclure ce qui empêche les autres de grandir et prospérer. Par exemple, tolérer des absences injustifiées récurrentes dans une entreprise ne peut mener qu’à la démotivation et au sentiment d’injustice chez les autres, ceux qui font l’effort d’être présents quoi qu’il arrive. De même, tolérer les écarts personnels d’un Carlos Goshn ou d’un Lula n’aura conduit qu’à des catastrophes économiques ou politiques, malgré leur allure de grand patron ou de leader politique charismatique.
« Tout arbre qui ne produit pas de bon fruit va être coupé et jeté au feu » (Lc 3.9).
Manquer d’exigence n’a jamais été une preuve d’amour, mais de lâcheté familiale ou sociale. Et ce sont les autres qui paient les pots cassés ! Il a donc raison, ce maître de la vigne, de mettre de l’exigence là où des laxistes laisseraient proliférer des parasites sous prétexte d’obtenir la paix sociale. Mais il a également raison, ce vigneron attentif qui demande et obtient un peu de patience avant de prendre la décision ultime.

Ainsi devrions-nous avoir un peu plus de patience et d’exigence conjuguées envers ceux  qui demandent le baptême pour leur enfant par exemple sans jamais participer à rien d’autre, envers ceux qui veulent se marier à l’église parce que « c’est plus beau qu’à la mairie », envers ces enfants qui viennent au caté une fois sur deux parce que leur famille s’en fiche etc.

S’il nous manque la patience du vigneron, prenons garde à ne pas devenir comme les scribes et les pharisiens qui « filtrent le moucheron mais avalent le chameau » (Mt 23,24).

S’il nous manque l’exigence du maître de la vigne, prenons garde à ce que le sel de nos communautés ne s’affadisse en n’organisant plus que des rituels folkloriques et vides de foi.

 

Qu’est-ce qui risque d’épuiser le sol aujourd’hui ?

abstrait aride Toile de fond Contexte marron argile climat fermer fissure désert détail saleté sale sécheresse sec poussière Terre environnement érosion extrême sol Grunge chaleur chaud boue Naturel la nature modèle Playa sol été surface texture Texturé fond d'écran échauffement- La multiplication des actes religieux, des rubriques liturgiques, des froufrous insignifiants et ridicules, alors quand alors que tant de gens ne connaissent pas le Christ et son Évangile !

- Le repli ecclésial sur un noyau identitaire, sociologiquement marqué C.S.P.+, éloigné des plus pauvres.

- Le manque de liberté pour oser contester les règles ecclésiales étouffant l’évangélisation.

- Le manque d’audace pour oser « passer aux barbares » et inculturer l’Évangile dans les mentalités scientifiques, technologiques, écologiques et économiques de ce siècle.

La liste n’est pas limitative : chacun de nous épuise le sol des autres lorsqu’il ne porte pas les fruits attendus…

 

Les autres « à quoi bon ? » bibliques

Dans la TOB (Traduction Oecuménique de la Bible), il n’y a que trois autres usages de ce soupir : « à quoi bon ? »

- Le premier est pour stigmatiser les rituels religieux trop extérieurs qu’Israël a pris l’habitude de multiplier en lieu et place d’une vie spirituelle authentique :

« À quoi bon m’offrir tant de sacrifices ? dit le Seigneur. Les holocaustes de béliers, la graisse des veaux, j’en suis rassasié. Le sang des taureaux, des agneaux et des boucs, je n’en veux plus ». (Is 1,10)

IMG_1687-826x1024 découragement dans Communauté spirituelleLe peuple se cache derrière sa pratique rituelle pour éviter de s’exposer à la grâce… Un peu comme le figuier qui se cache derrière ses grandes feuilles sans produire de figues. L’analogie est d’ailleurs renforcée par l’autre usage des feuilles de figuier, celles qui servent à cacher la nudité d’Adam et Ève : « Ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des pagnes » (Gn 3,7). Plutôt que de s’accepter pécheurs et de s’en remettre à Dieu, ils se dissimulent derrière leurs rites religieux pour éviter de s’exposer au regard de Dieu, nus tel que Dieu les a faits. D’ailleurs en hébreu, la feuille d’un arbre se dit  » alla « , ce qui monte; mais  » alla  » veut dire aussi ce qui monte vers Dieu, et a donné le mot  » le’ola  » qui signifie le sacrifice, l’holocauste. Jésus voit un figuier couvert de feuilles comme un homme plein d’actes religieux, de sacrifices, de bonnes œuvres faites dans le Temple. Jésus espère y trouver des fruits, de l’amour, mais il n’y en a pas et il promet à cet homme que si sa vie consiste uniquement à avoir une bonne conscience d’actes religieux, sa vie ne mènera à rien d’autre qu’à la mort.

Ainsi l’homme religieux se pare de pèlerinages, de messes, de médailles et de longues prières pour cacher à Dieu sa misère et éviter de s’exposer à lui en vérité. Les sacrifices d’animaux, les offrandes au temple, les vêtements ostensiblement religieux, les cierges accumulés au pied des statues, Isaïe comme Jésus les ont dénoncés comme une parodie de culte qui ne rend aucune gloire à Dieu :

« Doit-il être comme cela, le jeûne que je préfère, le jour où l’homme s’humilie ? S’agit-il de courber la tête comme un jonc, d’étaler en litière sac et cendre ? Est-ce pour cela que tu proclames un jeûne, un jour en faveur auprès du Seigneur ?

Le jeûne que je préfère, n’est-ce pas ceci : dénouer les liens provenant de la méchanceté, détacher les courroies du joug, renvoyer libres ceux qui ployaient, bref que vous mettiez en pièces tous les jougs » (Is 58, 5-6)

Quand Dieu se désespère : « à quoi bon supporter ses simulacres ? », il nous appelle en fait à nous laisser bêcher, fumer avec l’humilité qui est le fumier de la parabole, creuser par l’épreuve et la pénitence, pour enfin porter les beaux fruits de la foi.


- Le deuxième « à quoi bon ? » est celui de la foule qui juge inutile d’ennuyer Jésus avec la mort d’une enfant d’un chef de synagogue, Jaïre :

Jaïre agenouillé devant Jésus

 « Ta fille vient de mourir. À quoi bon déranger encore le Maître ? » (Mc 5,35)

Cet « à quoi bon ? » est désabusé : devant la mort apparente, rien ne tient, et tout espoir semble vain. Heureusement, Jaïre passera outre et, tel la veuve importune qui casse les oreilles du juge à grands cris, il n’aura de cesse de rencontrer Jésus et de lui parler de sa fille. Veillons donc à ce que les oiseaux de mauvais augure ne nous volent notre espérance sous prétexte de réalisme ou de raisonnable ! Comme Jaïre, il nous faudra parfois faire la sourde oreille pour ne pas donner crédit à la désespérance ambiante.

 

- Le troisième « à quoi bon ? » est celui des disciples indignés devant le gaspillage des Béthanie :

OnctionBethanie figuier« Or, quelques-uns s’indignaient : « À quoi bon gaspiller ce parfum ? On aurait pu le vendre pour plus de trois cents pièces d’argent et en faire don aux pauvres » (Mc 14,4-5) disaient-il devant ce geste si inconvenant d’une femme impure caressant les pieds de Jésus avec un parfum de grand prix.

Cet « à quoi bon ? » est terriblement moderne : c’est le raisonnement froid des utilitaristes qui ne comprennent pas la puissance de la gratuité en ce monde, qui n’accordent aucune valeur à l’esthétique par rapport au droit ou à l’économique. C’est une forme de fermeture à l’esprit du don, au pur amour désintéressé et sans calcul. Dans son ardeur révolutionnaire, Judas a été séduit par cette dureté du cœur qui réduit l’argent à son utilité sociale au lieu de le mettre au service de l’amour, du beau et du vrai.

Ces trois « à quoi bon ? » sont très différents de celui du propriétaire de la vigne dans la parabole de figuier stérile. Mais les quatre font système, afin de conjuguer la patience et l’exigence dans notre responsabilité envers autrui, envers nous-mêmes.

 

 

Lectures de la messe

Première lecture
« Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est : Je-suis » (Ex 3, 1-8a.10.13-15)

Lecture du livre de l’Exode

En ces jours-là, Moïse était berger du troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiane. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à la montagne de Dieu, à l’Horeb. L’ange du Seigneur lui apparut dans la flamme d’un buisson en feu. Moïse regarda : le buisson brûlait sans se consumer. Moïse se dit alors : « Je vais faire un détour pour voir cette chose extraordinaire : pourquoi le buisson ne se consume-t-il pas ? » Le Seigneur vit qu’il avait fait un détour pour voir, et Dieu l’appela du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse ! » Il dit : « Me voici ! » Dieu dit alors : « N’approche pas d’ici ! Retire les sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte ! » Et il déclara : « Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob. » Moïse se voila le visage car il craignait de porter son regard sur Dieu. Le Seigneur dit : « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter de ce pays vers un beau et vaste pays, vers un pays, ruisselant de lait et de miel. Maintenant donc, va ! Je t’envoie chez Pharaon : tu feras sortir d’Égypte mon peuple, les fils d’Israël. » Moïse répondit à Dieu : « J’irai donc trouver les fils d’Israël, et je leur dirai : ‘Le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous.’ Ils vont me demander quel est son nom ; que leur répondrai-je ? » Dieu dit à Moïse : « Je suis qui je suis. Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : ‘Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est : Je-suis’. » Dieu dit encore à Moïse : « Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : ‘Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est Le Seigneur, le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob’. C’est là mon nom pour toujours, c’est par lui que vous ferez mémoire de moi, d’âge en d’âge. »

Psaume
(Ps 102 (103), 1-2, 3-4, 6-7, 8.11)
R/ Le Seigneur est tendresse et pitié.
(Ps 102, 8a)

Bénis le Seigneur, ô mon âme,
bénis son nom très saint, tout mon être !
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
n’oublie aucun de ses bienfaits !

Car il pardonne toutes tes offenses
et te guérit de toute maladie ;
il réclame ta vie à la tombe
et te couronne d’amour et de tendresse.

Le Seigneur fait œuvre de justice,
il défend le droit des opprimés.
Il révèle ses desseins à Moïse,
aux enfants d’Israël ses hauts faits.

Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d’amour ;
Comme le ciel domine la terre,
fort est son amour pour qui le craint.

Deuxième lecture
La vie de Moïse avec le peuple au désert, l’Écriture l’a racontée pour nous avertir (1 Co 10, 1-6.10-12)

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, je ne voudrais pas vous laisser ignorer que, lors de la sortie d’Égypte, nos pères étaient tous sous la protection de la nuée, et que tous ont passé à travers la mer. Tous, ils ont été unis à Moïse par un baptême dans la nuée et dans la mer ; tous, ils ont mangé la même nourriture spirituelle ; tous, ils ont bu la même boisson spirituelle ; car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher, c’était le Christ. Cependant, la plupart n’ont pas su plaire à Dieu : leurs ossements, en effet, jonchèrent le désert. Ces événements devaient nous servir d’exemple, pour nous empêcher de désirer ce qui est mal comme l’ont fait ces gens-là. Cessez de récriminer comme l’ont fait certains d’entre eux : ils ont été exterminés. Ce qui leur est arrivé devait servir d’exemple, et l’Écriture l’a raconté pour nous avertir, nous qui nous trouvons à la fin des temps. Ainsi donc, celui qui se croit solide, qu’il fasse attention à ne pas tomber.

Évangile

« Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même » (Lc 13, 1-9)
Gloire au Christ, Sagesse éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur.
Convertissez-vous, dit le Seigneur, car le royaume des Cieux est tout proche. Gloire au Christ, Sagesse éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur. (Mt 4, 17)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Un jour, des gens rapportèrent à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient. Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. » Jésus disait encore cette parabole : « Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas. Il dit alors à son vigneron : ‘Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?’ Mais le vigneron lui répondit : ‘Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.’ »
Patrick BRAUD

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10 mars 2019

Transfiguration : le phare dans la nuit

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 12 h 00 min

TRANSFIGURATION : le phare dans la nuit


Homélie pour le 2° dimanche de Carême / Année C
17/03/2019

Cf. également :

Transfiguration : la métamorphose anti-kafkaïenne
Dressons trois tentes…
La vraie beauté d’un être humain
Visage exposé, à l’écart, en hauteur
Figurez-vous la figure des figures
À l’écart, transfiguré
L’alliance entre les morceaux
Le sacrifice interdit

Nous pouvons lire dans la Transfiguration du Christ la valeur et la densité de nos propres transfigurations.

Phare dans la nuitEh oui, nous aussi, chacun de nous – si nous y regardons bien – nous avons dans notre vie des petits Mont Thabor – ou des grands – des moments si clairs et si forts que rien n’en efface la trace, pas même le doute et l’épreuve après coup.
Réfléchissez : le sentiment fugitif de l’évidence de l’amour, ou celui de l’évidence de Dieu ne sont sans doute pas étrangers à votre histoire.
Un peu comme le navire qui, se battant contre une mer agitée, distingue soudain, au sommet d’une vague plus forte que les autres, le temps d’un éclair, la jetée du port qu’il faut rejoindre, ou l’éclat lumineux d’un phare qui commande le passage.
Vision si fugitive et si brève qu’une fois l’élan retombé on écarquille les yeux en se demandant si on n’a pas rêvé.
Mais vision fulgurante qui nourrit l’espoir et le combat dans la nuit.

La Transfiguration avant la Passion, c’est cet extraordinaire moment de lumière donné pour vivre la nuit ordinaire.

En préparant avec des jeunes leur mariage, j’ai toujours été frappé de la trace qu’ils portaient quelque part en eux d’un événement fondateur, d’un moment privilégié, d’un éblouissement qui les aidait à tenir bon. Et plus encore, en préparant des anniversaires de mariage – 30 ans, 40 ans, noces d’or ! – j’ai été impressionné par la mémoire toujours présente de ces grands moments de la vie de couple où il s’est passé quelque chose ; je revois encore mes grands-parents quand ils parcouraient ainsi les grands moments de leur vie commune :
« tu te souviens ? »
disait autrefois mon grand-père, et ma grand-mère répondait simplement : « oui ».
Et leur communion de regard et de silence en disait long.

Dans la vie professionnelle également, beaucoup pourraient témoigner de ces intuitions très fortes où l’on sent que l’on est dans la bonne direction, à sa vraie place.
Je pense par exemple à un ami qui, au lieu de choisir une carrière tranquille, a quitté sa confortable situation de salarié et a choisi d’essayer de sauver l’entreprise familiale, dont dépendaient plus de 100 familles.
Je pense à ce cadre, haut responsable, qui accepte de partir sur le terrain pour trouver les emplois qui compenseront la fermeture d’une usine, ou au neveu qui préfère partir au Mexique avec la Délégation Catholique à la Coopération plutôt que d’aller à New York pour un poste financier juteux. Malgré toutes les difficultés rencontrées, une certitude du cœur les habite, qui s’enracine dans quelques moments de lumière.

Vie de couple, de famille, responsabilité professionnelle : l’éblouissement du Christ en gloire nous traverse tout entiers, jusque dans notre relation à Dieu lui-même.

Dieu, Cette Année-Là   de Jean-François Six  Format Broché Dans un livre qu’il faut absolument lire, Jean-François Six raconte comment Dieu est capable de retourner une vie en un instant.
Son livre s’intitule : « Dieu cette année-là ».
Cette année-là, c’est 1886.
Et 1886, c’est l’année des martyrs de l’Ouganda, de la conversion de Charles de Foucauld, de Paul Claudel, de Thérèse de Lisieux et de Maurice Blondel.
Quand ces témoins racontent, ils situent l’origine de leur aventure spirituelle et sont souvent capables de dire : « tel lieu, telle rencontre, telle date précise ».
Pour le jeune Charles de Foucauld, ce fut la rencontre avec l’abbé Huvelin, dans son confessionnal en octobre 1886 dans l’église St Augustin, à Paris. Il voulait disserter à la manière d’un mondain qu’il était sur les troubles de sa vie fortunée. L’abbé Huvelin lui ordonna de se mettre à genoux et de se confesser sans détours. Les larmes de Charles de Foucauld se confessant lui restèrent une source intarissable de courage pour faire corps avec les délaissés croisés au Maroc, les Touaregs à qui il consacra le meilleur de lui-même.

Pour Thérèse, ce fut au retour de la messe de Minuit chez elle à Lisieux. À onze ans, en entendant malgré lui son père pester contre l’obligation des cadeaux à faire aux enfants, elle prit conscience tout à coup que la petite voie, justement celle de l’enfance spirituelle, serait son chemin de croissance en Dieu.

Cette même nuit de Noël – dans laquelle décidément Dieu distribua ses coups de foudre – Paul Claudel est bouleversé. Il est à Notre Dame de Paris, et il précise : « près du second pilier à l’entrée du chœur à droite du côté de la sacristie. Et c’est alors que se produisit l’événement qui domine toute ma vie. En un instant, mon cœur fut touché et je crus. Je crus d’une telle force d’adhésion, d’un tel soulèvement de tout mon être, d’une conviction si puissante que depuis, tous les livres, tous les raisonnements, tous les hasards d’une vie agitée n’ont pu ébranler ma foi. » Claudel était rentré à Notre-Dame athée, il en est ressorti chrétien, sans bien savoir ce que cela voulait dire. Mais dans tous ses écrits il suit ce fil rouge du bouleversement inattendu qu’il appelle la grâce.

Une multitude de témoins pourrait vous raconter l’évènement fondateur de leur aventure spirituelle. Ainsi pour Ignace de Loyola : en 1521, les Français assiègent Pampelune. Ignace s’illustre parmi les défenseurs de la ville quand un boulet de canon lui broie la jambe et brise sa carrière. Il rentre au château familial sur un brancard. S’ennuyant ferme pendant sa convalescence, il dévore la vie des saints dans la bibliothèque de son château, et en sort complètement transformé, aspirant à servir la gloire de Dieu au service des hommes plutôt que sa propre gloire chevaleresque dans la noblesse de son temps.

Interrogez ceux et celles qui se sont lancés dans une aventure spirituelle – sans que l’on ne voie très bien de l’extérieur pourquoi ils s’y sont lancés – et ils vous raconteront souvent quelque part dans leur passé un Mont Thabor, une lumière qu’ils ont vu une fois. Et une fois suffit pour se mettre en route, comme Abraham, pour partir avec la seule certitude de cette rencontre ineffable.

Alors commence vraiment le chemin de conversion. Car c’est seulement en redescendant dans la plaine, à l’image de Pierre Jacques et Jean, qu’on vérifie si c’était une illusion ou une vraie rencontre. La vie ordinaire du couple met ainsi à l’épreuve ces éblouissements initiaux. Ceux qui n’étaient qu’illusion ou sentiment ne permettent pas de tenir la route. Ces mirages s’évanouissent  très vite devant la dure réalité de la vie commune.

Nos transfigurations, ce sont des évènements, souvent banals, plus rarement extraordinaires, mais toujours des évènements relus dans la foi, relus sans cesse, 10 ans, 20 ans, 50 ans après pour donner sens aux épreuves et aux obstacles qui nous envahissent comme la brume reprend possession de l’océan après la traversée lumineuse du phare.

La conversion n’est pas l’œuvre d’un instant, si beau, si fort soit-il. Elle à vivre toute notre vie durant, le Carême est là pour nous le rappeler. Car le véritable amour se vit dans la durée, non dans l’éblouissement d’un amour. Mais l’éblouissement nous est donné pour durer.

citation amour 30

Dans cette eucharistie, demandons au Seigneur de nous ouvrir les yeux pour discerner les « Mont Thabor » dont il a jalonné notre route.

Sachons en rendre grâce.
Puissions-nous y revenir souvent pour leur rester fidèles.

 

Lectures de la messe

Première lecture
Le Seigneur conclut une alliance avec Abraham, le croyant (Gn 15, 5-12.17-18)

Lecture du livre de la Genèse

En ces jours-là, le Seigneur parlait à Abraham dans une vision. Il le fit sortir et lui dit : « Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux… » Et il déclara : « Telle sera ta descendance ! » Abram eut foi dans le Seigneur et le Seigneur estima qu’il était juste.  Puis il dit : « Je suis le Seigneur, qui t’ai fait sortir d’Our en Chaldée pour te donner ce pays en héritage. » Abram répondit : « Seigneur mon Dieu, comment vais-je savoir que je l’ai en héritage ? » Le Seigneur lui dit : « Prends-moi une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune colombe. » Abram prit tous ces animaux, les partagea en deux, et plaça chaque moitié en face de l’autre ; mais il ne partagea pas les oiseaux. Comme les rapaces descendaient sur les cadavres, Abram les chassa. Au coucher du soleil, un sommeil mystérieux tomba sur Abram, une sombre et profonde frayeur tomba sur lui. Après le coucher du soleil, il y eut des ténèbres épaisses. Alors un brasier fumant et une torche enflammée passèrent entre les morceaux d’animaux. Ce jour-là, le Seigneur conclut une alliance avec Abram en ces termes : « À ta descendance je donne le pays que voici, depuis le Torrent d’Égypte jusqu’au Grand Fleuve, l’Euphrate. »

Psaume
(Ps 26 (27), 1, 7-8, 9abcd, 13-14)
R/ Le Seigneur est ma lumière et mon salut.
(Ps 26, 1a)

Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?

Écoute, Seigneur, je t’appelle !
Pitié ! Réponds-moi !
Mon cœur m’a redit ta parole :
« Cherchez ma face. »

C’est ta face, Seigneur, que je cherche :
ne me cache pas ta face.
N’écarte pas ton serviteur avec colère :
tu restes mon secours.

J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur
sur la terre des vivants.
« Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ;
espère le Seigneur. »

Deuxième lecture
« Le Christ transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux » (Ph 3, 17 – 4, 1)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens

Frères, ensemble imitez-moi, et regardez bien ceux qui se conduisent selon l’exemple que nous vous donnons. Car je vous l’ai souvent dit, et maintenant je le redis en pleurant : beaucoup de gens se conduisent en ennemis de la croix du Christ. Ils vont à leur perte. Leur dieu, c’est leur ventre, et ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte ; ils ne pensent qu’aux choses de la terre. Mais nous, nous avons notre citoyenneté dans les cieux, d’où nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus Christ, lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux, avec la puissance active qui le rend même capable de tout mettre sous son pouvoir. Ainsi, mes frères bien-aimés pour qui j’ai tant d’affection, vous, ma joie et ma couronne, tenez bon dans le Seigneur, mes bien-aimés.

Évangile
« Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre » (Lc 9, 28b-36)
Gloire au Christ, Parole éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur.
De la nuée lumineuse, la voix du Père a retenti : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ! » Gloire au Christ, Parole éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur. (cf. Mt 17, 5)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier. Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante. Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie, apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem. Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés. Ces derniers s’éloignaient de lui, quand Pierre dit à Jésus : « Maître, il est bon que nous soyons ici ! Faisons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il ne savait pas ce qu’il disait. Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent. Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! » Et pendant que la voix se faisait entendre, il n’y avait plus que Jésus, seul. Les disciples gardèrent le silence et, en ces jours-là, ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu.
Patrick BRAUD

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6 mars 2019

Brûlez vos idoles !

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 12 h 00 min

Brûlez vos idoles !

Homélie pour le 1° dimanche de Carême / Année C
10/03/2019

Cf. également :

Ne nous laisse pas entrer en tentation
L’île de la tentation
L’homme ne vit pas seulement de pain
Nous ne sommes pas une religion du livre, mais du Verbe
Et plus si affinité…
Une recette cocktail pour nos alliances
Gravity, la nouvelle arche de Noé ?
Poussés par l’Esprit

 

Idoles à brûler

Au lieu de vous prosterner devant des faux-dieux, jetez-les au feu et devenez libres !

La 3° tentation de Jésus au désert nous met sur cette piste (Lc 4, 1-13) : « Prosterne-toi, adore, et tu auras la gloire, la puissance » dit Satan en personne. Et la réponse cinglante du Christ : « Arrière Satan ! » équivaut au feu de joie qui brûle les fausses images de Dieu.

On se souvient d’ailleurs que c’est par le même reproche cinglant : « Arrière Satan ! », que Jésus a obligé Pierre à se détacher d’une vision trop humaine de sa mission.

Pierre idolâtrait tellement le succès humain qu’il ne pouvait pas imaginer la Passion, celle du Christ, et encore moins la sienne. Jésus l’a aidé à brûler cette conception trop païenne du succès et de la gloire, jusqu’à accepter lui-même le martyre à Rome, crucifié la tête en-bas.

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Brûlez vos idoles !

Rappelez-vous : c’est ce que Moïse a fait au veau d’or (Ex 32).

En voyant que le peuple dansait devant un veau d’or, et l’adorait à la place du Dieu unique, il s’enflamma de colère. Il brisa les tables de la loi, car l’idole et la loi ne peuvent vivre ensemble. Il fit brûler le veau, le moulut en poudre fine, et en saupoudra la surface de l’eau qu’il fit boire aux Israélites.

Drôle de geste : boire l’or fondu de l’idole… mais geste prophétique d’avertissement : attention vous devenez ce que vous adorez, comme vous vous incorporez votre boisson et votre nourriture !
Choisissez devant qui vous vous prosternez car vous serez transformés en ce que vous adorez…
D’ailleurs, le mot adorer vient de ad-orum = porter à la bouche, c’est-à-dire manger et boire. En faisant boire au peuple l’or fondu de l’idole, Moïse leur faisait prendre conscience de la force négative des cultes idolâtriques. Voilà pourquoi nous buvons le sang du Christ au lieu de l’or du veau…

Nous devenons ce que nous adorons : faisons donc attention à ce qui gouverne nos choix de vie.

 buisson dans Communauté spirituelle

Brûlez vos idoles !

Quelles sont ces idoles qui risquent de nous pétrifier, de nous transformer à leur image ?
Quels sont ces « Satans », comme dit le Christ, qui risquent de nous détourner du seul vrai Dieu ?
Le mot Satan vient d’un mot hébreu qui veut dire « faire obstacle » et qui désigne en fait une barre de fer qui bloque un chemin, une barre qu’on glisse dans les roues d’un char pour le renverser.
Satan s’ingénie à mettre des bâtons dans les roues des croyants pour les détourner de Dieu.
Et son bâton privilégié, c’est l’idole : le culte des images.

Idolâtrer, c’est s’arrêter à l’image au lieu de remonter à la source de cette image,
c’est aimer les créatures sans aimer leur créateur ;
c’est embrasser quelqu’un sur une photo et l’ignorer en réel,
c’est préférer l’argent à la relation humaine,
c’est vouloir le pouvoir et vouloir le conserver au lieu de vouloir servir et le pouvoir pour servir. Marx dénonçait à juste titre la « réification des rapports sociaux » comme la grande idolâtrie du XIX° siècle. Peut-être la dématérialisation des relations humaines deviendra-t-elle la grande idole du XXI°… ?

http://fr.web.img5.acsta.net/c_215_290/medias/nmedia/18/35/57/73/18660716.jpgComment découvrir ce qui en ce moment joue le rôle d’idole pour chacun de nous ?
C’est assez simple. Examinez froidement, objectivement ce à quoi vous consacrez le plus d’énergie, ou de temps, ou d’argent.
Certains dépensent une énergie folle à soigner leur réputation auprès des autres.
D’autres consacrent un temps disproportionné à des activités dont ils deviennent finalement les esclaves : l’écran d’ordinateur, de la console de jeu, le sport, une mauvaise solitude faite de repli sur soi et d’isolement, le pouvoir…
D’autres encore claquent un fric fou pour des choses finalement futiles : les cigarettes, l’alcool, le sexe, les gadgets, la voiture, la mode…
Même la famille peut devenir une idole (demandez à la Maffia !)

Le Nouveau Testament met en garde contre toutes sortes d’idoles qui peuvent nous réduire en esclavage : l’argent (Mt 6,24), le vin (Tt 2,3), la volonté de domination du prochain (Col 3,5 Ep 5,5), la puissance politique (Ap 13,8), le plaisir, l’envie, la haine (Rm 6,19).
Même l’observance matérielle de la loi peut devenir idolâtrique (Ga 4,8) : les fondamentalistes et les traditionalistes de tout poil ne sont finalement que des idolâtres qui s’ignorent ! Ils chosifient le texte au lieu de laisser l’Esprit faire vivre le texte pour découvrir Dieu au-delà du verset.

Brûlez vos idoles !

Le problème, c’est qu’on y est attaché à nos petites statuettes divines intérieures !
On y tient à nos idoles !
On aime nos esclavages, comme Israël aimait les marmites d’Égypte pleines de viandes.
Le problème, c’est que le fruit de l’idolâtrie au départ semble savoureux, agréable, désirable, comme le disait la première lecture de la Genèse…
« C’est si bon que c’est presque un péché » disait fort justement une publicité…

Pour brûler nos idoles, il faut d’abord démasquer leur stratégie trompeuse : nous faire croire que c’est bon alors qu’elles nous empoisonnent.
Voilà pourquoi Moïse a fait fondre l’or du veau et l’a fait boire au peuple : pour qu’il goûte la véritable amertume que produit l’esclavage, et se détourne ainsi de ce poison qu’est l’appétissante idole… À l’inverse, le buisson ardent brûlait sans consumer, lui. Car l’amour ne détruit pas ceux qu’il enflamme, contrairement à « Satan ».

Quelquefois, il faut longtemps, très longtemps, avant que quelqu’un ne devienne écœuré de cette course aux idoles. Mais cela arrive. Des gens témoignent qu’ils ont failli se perdre dans la drogue, le sexe, l’argent ; et que maintenant ils ont la nausée à la simple évocation de leurs excès d’autrefois. « Comment ai-je pu me rouler à ce point dans la fange, pire qu’un cochon dans sa souille ? »

Le veau d'or

Brûlez vos idoles !

Voilà donc 40 jours pour discerner l’idole qui en ce moment est active en vous, le Satan qui vous met des bâtons dans les roues, le veau d’or qui vous laissera un goût amer à la bouche.
Débusquez votre idole intérieure.

Pour vous y aider, voici un petit exercice tout simple : choisissez un symbole de ce petit dieu de rien du tout qui vous accapare, écrivez son nom ou décrivez-le sur une feuille A4, enroulez-le autour d’une bûchette, gardez-le bien en évidence chez vous sous vos yeux jusqu’à Pâques, puis jetez-la dans le feu pascal (lors de la veillée) à la fin du Carême : ce peut être un mot (tabac, haine…), un objet (ex : un billet !), un dessin etc. Vous verrez : brûler ce qui nous brûle est très libérateur…

Pendant ce Carême, retrouvons ce que signifie le combat de Jésus au désert : adorer Dieu seul, pas les caricatures dérisoires des petits dieux de bazar, remplis de vanités…

Brûlons nos idoles, avant qu’elles ne nous consument…
feu_pascal.jpg

 

 Lectures de la messe

Première lecture
La profession de foi du peuple élu (Dt 26, 4-10)

Lecture du livre du Deutéronome

Moïse disait au peuple : Lorsque tu présenteras les prémices de tes récoltes, le prêtre recevra de tes mains la corbeille et la déposera devant l’autel du Seigneur ton Dieu. Tu prononceras ces paroles devant le Seigneur ton Dieu : « Mon père était un Araméen nomade, qui descendit en Égypte : il y vécut en immigré avec son petit clan. C’est là qu’il est devenu une grande nation, puissante et nombreuse. Les Égyptiens nous ont maltraités, et réduits à la pauvreté ; ils nous ont imposé un dur esclavage. Nous avons crié vers le Seigneur, le Dieu de nos pères. Il a entendu notre voix, il a vu que nous étions dans la misère, la peine et l’oppression. Le Seigneur nous a fait sortir d’Égypte à main forte et à bras étendu, par des actions terrifiantes, des signes et des prodiges. Il nous a conduits dans ce lieu et nous a donné ce pays, un pays ruisselant de lait et de miel. Et maintenant voici que j’apporte les prémices des fruits du sol que tu m’as donné, Seigneur. »

Psaume
(Ps 90 (91), 1-2, 10-11, 12-13, 14-15ab)

R/ Sois avec moi, Seigneur, dans mon épreuve. (cf. Ps 90, 15)

Quand je me tiens sous l’abri du Très-Haut
et repose à l’ombre du Puissant,
je dis au Seigneur : « Mon refuge,
mon rempart, mon Dieu, dont je suis sûr ! »

Le malheur ne pourra te toucher,
ni le danger, approcher de ta demeure :
il donne mission à ses anges
de te garder sur tous tes chemins.

Ils te porteront sur leurs mains
pour que ton pied ne heurte les pierres ;
tu marcheras sur la vipère et le scorpion,
tu écraseras le lion et le Dragon.

« Puisqu’il s’attache à moi, je le délivre ;
je le défends, car il connaît mon nom.
Il m’appelle, et moi, je lui réponds ;
je suis avec lui dans son épreuve. »

Deuxième lecture
La profession de foi en Jésus Christ (Rm 10, 8-13)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères, que dit l’Écriture ? Tout près de toi est la Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur. Cette Parole, c’est le message de la foi que nous proclamons. En effet, si de ta bouche, tu affirmes que Jésus est Seigneur, si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, alors tu seras sauvé. Car c’est avec le cœur que l’on croit pour devenir juste, c’est avec la bouche que l’on affirme sa foi pour parvenir au salut. En effet, l’Écriture dit : Quiconque met en lui sa foi ne connaîtra pas la honte. Ainsi, entre les Juifs et les païens, il n’y a pas de différence : tous ont le même Seigneur, généreux envers tous ceux qui l’invoquent. En effet, quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé.

Évangile
« Dans l’Esprit, il fut conduit à travers le désert où il fut tenté » (Lc 4, 1-13)
Ta Parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance.
L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Ta Parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance. (Mt 4, 4b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, après son baptême, Jésus, rempli d’Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; dans l’Esprit, il fut conduit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut tenté par le diable. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim. Le diable lui dit alors : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. » Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain. »

Alors le diable l’emmena plus haut et lui montra en un instant tous les royaumes de la terre. Il lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car cela m’a été remis et je le donne à qui je veux. Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. » Jésus lui répondit : « Il est écrit : C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, à lui seul tu rendras un culte. »

Puis le diable le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, d’ici jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi, à ses anges, l’ordre de te garder ; et encore : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » Jésus lui fit cette réponse : « Il est dit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. » Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le diable s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé.
Patrick BRAUD

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3 mars 2019

Cendres : une conversion en 3D

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 12 h 00 min

Cendres : une conversion en 3D

Homélie pour le Mercredi des Cendres / Année C
06/03/2019

Cf. également :

Cendres : soyons des justes illucides
Mercredi des Cendres : le lien aumône-prière-jeûne
Déchirez vos cœurs et non vos vêtements
Mercredi des cendres : de Grenouille à l’Apocalypse, un parfum d’Évangile

La radieuse tristesse du Carême
Carême : quand le secret humanise
Mercredi des Cendres : 4 raisons de jeûner
Le symbolisme des cendres


Les 3 manières de nous laisser convertir…

Les Cendres« Convertissez-vous et croyez à l’évangile » : cette phrase résonne en boucle ce Mercredi pendant la procession d’imposition des cendres dans nos églises. Cet appel relaie celui de Joël dans la première lecture (Jl 2, 12-18) : « revenez à moi de tout votre cœur », celui de Paul dans la deuxième ((2 Co 5, 20 – 6, 2) : « laissez-vous réconcilier avec Dieu », et celui de Jean-Baptiste au désert « proclamant un baptême de conversion » (Lc 3,3).

Mais qu’est-ce que se convertir ? Ou plutôt : se laisser convertir, car ce mouvement nous est donné plus que nous ne le produisons.

Le Nouveau Testament fait apparaître 3 types de conversion – qui sont encore les nôtres aujourd’hui – au titre de notre baptême, et les cendres du Carême nous y ramènent : retournement / redressement / accomplissement.

Illustrons à chaque fois la dimension de la conversion évoquée par la façon dont Charles de Foucauld l’a vécue, pour nous convaincre de la puissance de transformation symbolisée par la cendre sur nos fronts ou nos mains.

 

1) La conversion par retournement (comme une crêpe qu’on retourne en la faisant sauter dans la poêle !)

cadre _conversion.jpgLorsqu’un petit bout de chou apprend à faire du ski, sur les pentes de Serres-Chevalier ou du Mont d’Or, très vite il se heurte à une impasse : un mur de neige impraticable arrive tôt ou tard devant ses skis. Que faire ? Les moniteurs de ski nous apprenaient autrefois à effectuer une conversion : savante manœuvre (qu’il faudrait mimer !) où on tord une jambe pour qu’elle reparte en sens inverse, puis l’autre, à 180°.

Or, devenu adulte, je trouve que c’est une grande sagesse que de savoir reconnaître les impasses où je me suis enfermé, et d’avoir le courage de me retourner exactement à l’opposé.

Le baptême dans l’Esprit Saint est cette source de courage qui nous permet de dire non à des pentes suicidaires, qui nous appelle à effectuer une conversion radicale, par retournement.

Dans l’Évangile, c’est par exemple Zachée : il aimait tant l’argent, il voulait tant profiter de sa situation pour traverser la vie en 1ère classe. Il aura suffi que Jésus s’invite chez lui pour qu’il change du tout au tout, redistribuant l’argent volé, devenant fraternel…

À l’inverse, certains refusent cette conversion-là et persévèrent dans leurs impasses. Ainsi le criminel à la gauche de Jésus en Croix, qui jusqu’au bout ne veut pas se détourner du mal qui lui colle à la peau…

Charles de Foucauld a été ‘retourné comme une crêpe’ par Dieu lui-même :
+ du fêtard de l’école St Cyr (il avait toujours du foie gras et un bon sauternes sur sa table de nuit…) à l’ascète du désert,
+ du riche noble, cherchant à séduire, au moine caché de Nazareth cherchant ‘l’abjection de la croix’,
+ de l’agitation superficielle de son milieu social parisien à l’adoration eucharistique, silencieux moteur de sa vie au milieu du désert du Sahara.

Qu’y a-t-il en moi qui doive être retourné, pour que je devienne fidèle à l’Esprit de mon baptême ?

 

2) La conversion par redressement (comme un bâton tordu qu’on redresse pour s’appuyer dessus)

Je contemplais autrefois –  fasciné  - le maréchal-ferrant taper les fers des chevaux rougis au feu de braise. Avec dextérité, en maniant force et savoir-faire, il arrivait à détordre les fers, à les aplatir, à leur faire épouser la forme exacte du sabot du cheval…

MARECHAL-FERRANT, D'HIER ET D'AUJOURD'HUI

L’Esprit de Dieu joue un peu au maréchal-ferrant avec nous : il redresse ce qui est tordu, nous embrase pour nous rendre malléables, nous ajuste à la forme divine qui est en nous.

Dans l’Évangile, la conversion par redressement c’est par exemple Lévi. Lévi, fonctionnaire des écritures fiscales, qui devient Matthieu, passionné de l’écriture de son Évangile sur Jésus. Il aura suffi que Jésus le voie à son bureau de douanes et lui dise : « suis-moi ». Et sa merveilleuse capacité d’écriture, il va maintenant la mettre au service du Christ.

À l’inverse, Pilate refusera finalement de réorienter la soif de vérité qui était la sienne : « qu’est-ce que la vérité ? » Au lieu de laisser Jésus l’emmener vers une vérité radicale, il en restera à une recherche désordonnée et finalement cynique.

Ainsi Charles de Foucauld devient Charles de Jésus, pour signifier qu’il ne veut recevoir sa noblesse que du Christ. Son réseau de relations mondaines et puissantes, il l’a utilisé pour lancer un appel à la solidarité et à la justice en faveur, de l’Algérie et du Maroc, alors colonies françaises. Il a comme « redressé » son capital culturel et relationnel pour le mettre au service des Touaregs, de manière authentiquement désintéressée.

Qu’y a-t-il en moi qui doive être redressé, pour que je devienne fidèle à l’Esprit de mon baptême ?

 

3) La conversion par accomplissement (comme une fleur qui s’épanouit)

C’est la plus belle. C’est le bourgeon qui s’épanouit en fleur, puis la fleur en fruit.
C’est l’attitude de milliers de personnes qui mettent leurs qualités, leur énergie, leur compétence, le meilleur d’eux-mêmes, au service de Dieu et de leurs frères.

Dans l’Évangile, c’est par exemple Nicodème, qui fait jouer sa culture, son érudition juive pour interroger Jésus pendant la nuit ; puis il fait jouer son appartenance au Sanhédrin pour plaider en sa faveur et réclamer un procès juste. Enfin il ose demander le corps de Jésus pour l’ensevelir.

Il y a aujourd’hui des milliers de justes qui osent aller jusqu’au bout de ce qu’ils portent en eux, quitte à prendre des risques. L’Esprit Saint leur donne d’accomplir leur vie en se mettant au service de Dieu et de leurs frères.

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À l’inverse, il est hélas possible de gâcher, de gaspiller ses talents les meilleurs en ne les poussant pas à l’accomplissement maximum. Pensez par exemple au jeune homme riche, si près du but, si proche de la communion intime avec le Christ, et qui n’ose pas aller jusqu’au bout du radicalisme évangélique. Il s’en alla tout triste…

Charles de Foucauld a accompli le meilleur de son héritage et de ses talents : sa passion d’explorateur du Maroc se réalise en plénitude dans son retour à Béni Abbés, puis à l’Assekrem en Algérie ; sa formation scientifique à St Cyr, il l’épanouira au service de la culture des Touaregs du désert : c’est lui qui a écrit le premier dictionnaire touareg, qui a fixé la grammaire, l’écriture de cette langue.

Qu’y a-t-il en moi qui aspire à s’accomplir en se laissant féconder par l’Esprit de mon baptême ?

 

Carême 2016 : 40 jours pour se convertirL’Esprit Saint nous donne de vivre en plénitude le baptême de conversion proclamé par Jean-Baptiste.
« Combler les ravins, et abaisser les collines »
, c’est se laisser retourner par l’appel du Christ.
« Rendre droits les sentiers tortueux »
, c’est accepter d’être redressé, appuyé sur le Christ.
« Préparer les chemins du Seigneur », c’est mobiliser mes énergies les plus vraies pour que s’accomplisse en moi sa venue.

Nous sommes maintenant invités à venir en procession recevoir les Cendres du Carême qui commence, temps de conversion du cœur et non seulement des lèvres.

Pour accueillir la Résurrection de Pâques en nous, acceptons de recevoir des mains d’un autre ce poussiéreux symbole de notre condition humaine appelée à porter la gloire du Vivant.

Que l’Esprit du Christ imprègne avec les cendres nos fronts offerts, qu’il fertilise notre désir de changer vraiment, et qu’il nous prépare au combat du Carême.

Seigneur, à quelle(s) conversion(s) m’appelles-tu ?…

 

Lectures du Mercredi des Cendres

1ère lecture : « Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements » (Jl 2, 12-18)
Lecture du livre du prophète Joël

Maintenant – oracle du Seigneur – revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil ! Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment. Qui sait ? Il pourrait revenir, il pourrait renoncer au châtiment, et laisser derrière lui sa bénédiction : alors, vous pourrez présenter offrandes et libations au Seigneur votre Dieu. Sonnez du cor dans Sion : prescrivez un jeûne sacré, annoncez une fête solennelle, réunissez le peuple, tenez une assemblée sainte, rassemblez les anciens, réunissez petits enfants et nourrissons ! Que le jeune époux sorte de sa maison, que la jeune mariée quitte sa chambre ! Entre le portail et l’autel, les prêtres, serviteurs du Seigneur, iront pleurer et diront : « Pitié, Seigneur, pour ton peuple, n’expose pas ceux qui t’appartiennent à l’insulte et aux moqueries des païens ! Faudra- t-il qu’on dise : “Où donc est leur Dieu ?” »
Et le Seigneur s’est ému en faveur de son pays, il a eu pitié de son peuple.

Psaume : 50 (51), 3-4, 5-6ab, 12-13, 14.17

R/ Pitié, Seigneur, car nous avons péché ! (cf. 50, 3)

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave- moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Oui, je connais mon péché,
ma faute est toujours devant moi.
Contre toi, et toi seul, j’ai péché,
ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends- moi la joie d’être sauvé ;
que l’esprit généreux me soutienne.
Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche annoncera ta louange.

2ème lecture : « Laissez- vous réconcilier avec Dieu.
Voici maintenant le moment favorable » (2 Co 5, 20 – 6, 2)

Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères, nous sommes les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui- même qui lance un appel : nous le demandons au nom du Christ, laissez- vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché, afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu. En tant que coopérateurs de Dieu, nous vous exhortons encore à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de lui. Car il dit dans l’Écriture : Au moment favorable je t’ai exaucé, au jour du salut je t’ai secouru. Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut.

Evangile : « Ton Père qui voit dans le secret te le rendra » (Mt 6, 1-6.16-18)

Acclamation : Ta Parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance.
Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur.
Ta Parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance. (cf. Ps 94, 8a.7d)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps- là, Jésus disait à ses disciples : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.

 Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.

 Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.

 Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra. »
Patrick BRAUD

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