Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement !
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Homélie pour le 11° Dimanche du Temps ordinaire / Année A
14/06/26
Cf. également :
Choisir Judas comme ami
Quand Dieu appelle
Le principe de gratuité
Personne ne nous a embauchés
Les ouvriers de la 11° heure
De la bouchée au baiser : la méprise de Judas
Remplacer Judas aujourd’hui
Rameaux : Judas retourné comme un gant
1. Pourquoi les gens s’engagent-ils ?
Il a 76 ans. Après deux mandats à la tête d’une association culturelle, il a passé la main. Il faut dire que trois salariés à gérer, plus deux services civiques, plus une cinquantaine de bénévoles, pour un budget de 400 K€ provenant de subventions fragiles, tout cela est fatiguant. Mais bien sûr il reste au CA, « pour aider ». Et il a lancé un groupe qu’il pilote ; et il reste un vice-président en charge un territoire… Peu à peu, on entend ses remarques amères sur la gouvernance nouvelle devenir plus fréquentes ; il aimerait bien être davantage consulté ; il voudrait peser dans les orientations stratégiques… : bref, il n’arrive pas à « lâcher » le manche et à vraiment s’effacer devant l’équipe actuelle. Quand je lui demandais comment il vit sa retraite de président, il avouait à mi-voix : « C’est dur d’être sur la touche. L’association m’occupait bien avant ; maintenant je tourne en rond chez moi. J’ai besoin d’action pour ne pas déprimer ».
Combien sont-ils ces bénévoles qui s’engagent généreusement pour une noble cause sans avoir conscience de fuir leur solitude, leur angoisse de ne plus exister, surtout pour les retraités ? Combien de militants habillent la récupération de soi du manteau de l’altruisme ?
Combien de gens font de l’humanitaire à la recherche de leur ego, ou pour solder de vieux antécédents familiaux, ou tout simplement pour exister socialement ? Tout se passe comme si la vie associative (voire ecclésiale !) servait à ces gens-là de thérapie pour ne pas déprimer, pour guérir de leurs blessures, pour rattraper un statut social qu’ils ont perdu par ailleurs…
Réfléchissez bien vous-même : pourquoi êtes-vous engagé dans telle action culturelle, telle solidarité, telle association ? Dans une entreprise ou un parti politique, on conçoit aisément que l’engagement soit nécessairement intéressé (quoique…), ne serait-ce que pour le salaire. Pourtant certains y font des choses sans que cela leur rapporte quoi que ce soit, prennent des initiatives où ils n’ont rien à gagner.
Dans l’Église, c’est encore plus pitoyable de voir des laïcs ou des prêtres s’accrocher à une responsabilité et se l’approprier comme si leur vie en dépendait !
Se servir au lieu de servir : le seul remède à cette tentation qui gangrène tout engagement ‑ même le plus utile, le plus noble ‑ est la gratuité. Celle prônée par le Christ dans l’évangile de ce dimanche : « Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement » (Mt 10,8).
Celle que Paul reconnaît dans le sacrifice du Christ dans notre deuxième lecture : « Accepter de mourir pour un homme juste, c’est déjà difficile ; peut-être quelqu’un s’exposerait-il à mourir pour un homme de bien. Or, la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs » (Rm 5,7-8).
Explorons quelques aspects de cette gratuité vécue et conseillée par le Christ, et comment la vivre nous-même.
2. Une foi désintéressée
Laissons les grands auteurs spirituels de la mystique rhénane du XIV° siècle nous guider à nouveau sur le chemin de la désappropriation de nos œuvres et de nous-même.
Dans ses Sermons, Jean Tauler insiste sur le fait que la « gratuité » reçue est une grâce qui doit traverser l’homme sans s’y arrêter. Le don gratuit est un exercice de détachement (Abgeschiedenheit). Si l’on retient quelque chose pour soi (fierté, autosatisfaction), on bloque le flux divin.
« Tout ce que Dieu donne, il le donne gratuitement, par pur amour. De même, l’homme ne doit rien s’approprier de ce que Dieu opère en lui ou par lui. S’il s’attribue le moindre mérite, il vole la gloire de Dieu » (Sermon pour l’Assomption).
Henri Suso, le « Serviteur de la Sagesse », traite la gratuité sous l’angle de l’imitation de la Passion. Donner gratuitement, c’est s’offrir soi-même comme le Christ s’est offert.
« Regarde la Sagesse éternelle : elle s’est donnée à
toi tout entière, sans réserve et sans prix. Tu dois donc te répandre sur ton prochain par un amour désintéressé, sans chercher ton propre avantage dans le temps ni dans l’éternité » (L’Exemplaire, Le Livret de la Sagesse Éternelle).
Pour lui, la gratuité n’est pas une abstraction philosophique, mais une « sortie de soi » douloureuse où l’on accepte de perdre pour que l’autre reçoive.
Pour Maître Eckhart, la gratuité absolue est liée au concept de Béance (Ledigkeit). Si l’on agit en vue d’une récompense (même le salut ou le ciel), on n’est pas dans la gratuité, mais dans le commerce.
« Si tu aimes Dieu pour sa propre utilité, tu ne l’aimes pas lui-même, mais ton propre profit… Celui qui est établi dans la justice de Dieu et dans son amour est mort à tout ce qui est sien ; il ne demande pas : pourquoi ? » (Sermon 5b, « Justi vivent in aeternum »).
Eckhart pousse ainsi la logique de Matthieu 10,8 à son paroxysme : puisque nous avons reçu l’être gratuitement de Dieu, nous devons le lui rendre en agissant « sans pourquoi » (sunder warumbe). Celui qui donne pour recevoir est un « marchand » que le Christ doit chasser du Temple.
Eckhart utilise le terme de « sans pourquoi » pour désigner la gratuité totale. La Vie, par définition, n’a pas de but en dehors d’elle-même.
« Si l’on demandait à la vie pendant mille ans : « Pourquoi vis-tu ? », si elle pouvait répondre, elle ne dirait rien d’autre que : « Je vis parce que je vis ». Cela vient de ce que la vie vit de son propre fonds, et jaillit de ce qui est sien ; c’est pourquoi elle vit sans pourquoi ».
L’homme « juste » doit agir comme la vie : gratuitement. S’il agit pour le ciel ou pour Dieu, il reste un marchand.
Au XVII° siècle, Angelus Silesius recueillera précieusement l’expérience spirituelle rhénane, et l’actualisera dans un langage poétique qui nous émeut aujourd’hui encore.
Silesius est célèbre pour avoir condensé la spiritualité d’Eckhart dans son ouvrage phare, Le Pèlerin chérubinique. Le principe de gratuité (Mt 10,8) y devient une métaphore florale.
Là où Eckhart expliquait que l’homme doit agir « sans pourquoi », Silesius écrit le célèbre distique :
« La rose est sans pourquoi ; elle fleurit parce qu’elle fleurit. Elle ne prend point garde à soi, ne demande pas si on la voit » (Pèlerin chérubinique, I, 289).
Comme la rose, l’âme doit donner sa beauté (sa grâce) gratuitement, sans intention, simplement parce que c’est sa nature.
Silesius reprend l’idée audacieuse d’Eckhart selon laquelle le don est réciproque. Si Dieu nous donne tout gratuitement, c’est parce qu’il y a une unité de nature entre le Donneur et le receveur.
« Je sais que sans moi Dieu ne peut vivre un instant. S’il m’arrive de périr, il doit rendre l’esprit » (Pèlerin chérubinique, I, 8).
Cette idée radicale découle directement de la doctrine d’Eckhart sur l’étincelle de l’âme (Seelenfünklein). La gratuité est totale car, à ce niveau d’union, il n’y a plus de distinction entre celui qui donne et celui qui reçoit.
Tout comme Tauler et Suso, Silesius insiste sur le fait que pour « donner gratuitement », il faut d’abord être « vide » de soi-même. Il utilise souvent l’image de l’abîme qui appelle l’abîme (« L’abîme appelant l’abîme à la voix de tes cataractes, la masse de tes flots et de tes vagues a passé sur moi » – Ps 42,8). Pour lui, la gratuité est cet abîme qui vient de Dieu et qui retourne à Dieu. Elle n’est possible que dans la passivité totale de la volonté (la Gelassenheit ou « laisser-être »).
« Homme, si tu es quelque chose, Dieu ne peut rien en toi. Deviens un pur néant, et il t’inondera ».
Il faut également parler de la doctrine du « pur amour » qui animait Fénelon et Mme Guyon :
« On peut aimer Dieu d’un amour qui est une charité pure, et sans aucun mélange du motif de l’intérêt propre. Dans cet état, on n’aime plus Dieu ni pour les dons qu’il nous fait, ni pour la récompense qu’on en espère, ni pour le bonheur qu’on trouve en lui.
On l’aime pour lui-même, et on ne l’aime pas moins dans les peines et dans les délaissements que dans les consolations.
On ne l’aime pas moins s’il nous condamnait que s’il nous sauvait.
Cet amour est un amour de pure bienveillance, qui ne cherche rien pour soi, qui ne regarde rien pour soi, qui est absolument désintéressé.
L’âme qui est dans ce pur amour ne se regarde plus elle-même pour se chercher, pour se trouver, pour s’applaudir, pour s’intéresser à son propre salut. Elle se perd de vue, elle s’oublie en Dieu ; elle est comme anéantie à ses propres yeux, pour ne plus voir que Dieu seul. Elle ne veut plus rien pour elle-même, mais elle veut tout pour la seule gloire de Dieu. Elle ne veut même plus son salut comme son propre bien, comme sa propre délivrance, comme sa récompense éternelle ; elle ne le veut que parce qu’il plaît à Dieu de le vouloir pour elle, et pour qu’elle soit éternellement un instrument de sa gloire ».
« Le pur amour aime Dieu sans pourquoi » (Explication des maximes des saints sur la vie intérieure, 1697).
Tous ces auteurs s’opposent radicalement à la mentalité des « œuvres » (faire de bonnes actions pour « acheter » son paradis, « gagner » son salut, devenir saint…). Pour eux, le don gratuit est le signe que l’âme est devenue un miroir de la divinité.
Le message est constant : tant que vous faites quelque chose pour Dieu, vous êtes un marchand. Le but est de devenir comme Dieu, qui « travaille sans pourquoi et n’a pas de pourquoi » dans son acte créateur. Le but est de laisser agir Dieu en nous avec nous.
3. La gratuité est illucide
Comment pratiquer ce désintéressement radical ? Faudrait-il moins s’engager pour éviter le piège du retour sur investissement (ce ROI si cher aux financiers !) ? Devrait-on renoncer aux responsabilités pour que les titres et les honneurs qui leur sont liés ne polluent pas notre désir de servir ? Vaudrait-il mieux ne pas agir pour que nos œuvres ne nous détournent pas de la gratuité christique ?
C’est vrai que le risque est grand. Comme le constate amèrement Jésus, s’attacher à nos œuvres nous prive de l’espérance en la vidant de son contenu : « Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense » répète-t-il quatre fois pour dénoncer ceux qui veulent se faire remarquer, obtenir la gloire qui vient des hommes, ou montrer qu’ils sont ultra religieux par la prière et le jeûne (Mt 6,1–18).
Le château de cartes de nos réalisations les plus belles, les plus utiles, les plus valeureuses s’écroule quand nous tentons de le saisir à pleines mains pour en faire l’inventaire. Le seul remède à ce syndrome de Midas version spirituelle est la « docte ignorance » prônée par Jésus dans le même passage : « toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite » (Mt 6,3).
Autrement dit : le don véritable est illucide. Il n’est pas conscient de lui-même. Il oublie aussitôt ce qui a été donné, et à qui, et pourquoi, quand et où et comment. Une force émane de lui sans qu’il le cherche, mieux encore que le manteau de Jésus touché par la femme hémorroïsse de Canaan (Mc 5,21-43) ! Accumuler les bons-points de nos bonnes actions nous rend impropre à recevoir davantage : la grâce n’est pas un album Panini à compléter ! Le secret que demande le Christ vaut aussi pour nous-même : celui qui ignore le bien qu’il fait continuera à agir « sans pourquoi ». Et il sera tout surpris au jour du Jugement : le verre d’eau dont il ne se souvient plus, donné à un inconnu qu’il n’a jamais revu, lui ouvrira la plénitude de Dieu mieux que les gros chèques déposés avec ostentation dans le trésor du Temple…
Parce qu’elle n’opère aucun repli sur soi, la gratuité s’ignore elle-même. Elle est illucide, « secret » caché en Dieu, simple canal où la grâce de Dieu circule en notre humanité.
Le don gratuit ne s’arrête pas chez nous ; il nous traverse. Nous ne sommes que des canaux. Si le canal retient l’eau pour lui, il devient une mare stagnante. S’il laisse couler gratuitement ce qu’il a reçu gratuitement, il reste une source vive.
La gratuité est « sans pourquoi », comme la rose d’Angelus Silesius. Si vous aimez Dieu pour obtenir la santé, la richesse, l’amour ou même la foi, alors vous aimez la santé, la richesse, l’amour ou la foi plus que Dieu. Beaucoup de croyants aiment Dieu comme on aime une vache : pour le lait, fromages ou le cuir qu’elle produit, pas pour elle-même !
Pourquoi aimer Dieu ? Pour rien ! L’amour n’a pas d’autre raison que lui-même. Dieu le premier ne crée pas par nécessité, ni par intérêt. Il n’avait pas besoin de nous. Il nous a appelés à l’existence par un pur débordement d’amour, sans aucune intention de « retour sur investissement ». Si nous sommes créés à son image, alors notre plus haute dignité est de devenir, nous aussi, des êtres de gratuité.
« La rose est sans pourquoi, elle fleurit parce qu’elle fleurit ». La rose ne demande pas si on la regarde, elle ne réclame pas de salaire pour son parfum. Elle est simplement ce qu’elle doit être, dans un abandon total.
Eckhart lie la gratuité à la pauvreté absolue (Sermon 52). Être pauvre en esprit, c’est « ne rien vouloir, ne rien savoir, ne rien avoir ». Celui qui est ainsi vide ne demande rien à Dieu. Il est dans une gratuité telle qu’il ne cherche même plus à « honorer Dieu ». Il laisse simplement Dieu être Dieu en lui.
« Vous avez reçu gratuitement… » : certains protesteront ! « Moi je n’ai pas volé ma réussite. J’ai travaillé dur pour en arriver là. J’ai dû surmonter bien des épreuves. Je ne dois rien à personne ». Ah bon !? Est-ce si sûr ? Si tu étais né au Soudan en pleine guerre civile, tu aurais bâti la même réussite ? Si ta famille était logée dans un quartier violent d’une cité gangrénée par la drogue, tu aurais eu la même trajectoire ? Si la société ne t’avait pas offert l’enseignement, la santé, les infrastructures, les banques etc., tu aurais été aussi bon dans les affaires ? Examine-toi avec rigueur et honnêteté : « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te vanter comme si tu ne l’avais pas reçu ? » (1Co 4,7).
« Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » : l’invitation de ce dimanche nous rend libres.
Celui qui donne gratuitement ne peut être déçu, car il n’attendait rien.
Celui qui agit sans pourquoi est déjà dans le Royaume, car il vit comme Dieu vit.
Arrêtons donc de nous servir de nos actions pour exister.
Arrêtons de compter et de répertorier ce qui devrait être mis à notre crédit.
Devenons « illucides » dans nos responsabilités et nos engagements.
Ne cherchons pas à connaître – et encore moins à maîtriser – le bien qui pourrait être fait à travers nous.
Il nous suffit de laisser Dieu être Dieu en nous, sans pourquoi, gratuitement…
Prière de l’Abandon et de la Gratuité
Seigneur, notre Dieu, Source éternelle qui jaillit et s’écoule sans fin,
Nous te rendons grâce pour le don de ton Être,
Reçu gratuitement dans le silence de notre âme.
Apprends-nous, Seigneur, à sortir de nos boutiques de marchands.
Délivre-nous de ce besoin de compter, de mesurer et de marchander
Nos prières, nos mérites et nos amitiés.
Guéris-nous du « pourquoi ».
Fais de nous des êtres « sans pourquoi »,
Qui aiment parce qu’ils aiment,
Qui servent parce qu’ils servent,
Et qui donnent parce que, par Toi, ils sont devenus le don.
Comme la rose qui fleurit sans demander de regard,
Accorde-nous la grâce de fleurir là où Tu nous as plantés,
Sans chercher d’autre récompense que celle de Te plaire.
Que ton Esprit de détachement vienne vider nos cœurs de tout ce qui n’est pas Toi.
Fais de nous des canaux transparents,
Afin que ta Lumière nous traverse sans rencontrer d’obstacle,
Et que notre prochain reçoive de nous, non pas notre propre moi,
Mais ta propre Paix, donnée sans mesure et sans prix.
Car c’est en ne possédant rien que l’on possède tout,
Et c’est en nous perdant en Toi, gratuitement,
Que nous nous trouvons enfin.
Amen.
LECTURES DE LA MESSE
PREMIÈRE LECTURE
« Vous serez pour moi un royaume de prêtres, une nation sainte » (Ex 19, 2-6a)
Lecture du livre de l’Exode
En ces jours-là, les fils d’Israël arrivèrent dans le désert du Sinaï, et ils y établirent leur camp juste en face de la montagne. Moïse monta vers Dieu. Le Seigneur l’appela du haut de la montagne : « Tu diras à la maison de Jacob, et tu annonceras aux fils d’Israël : Vous avez vu ce que j’ai fait à l’Égypte, comment je vous ai portés comme sur les ailes d’un aigle et vous ai amenés jusqu’à moi. Maintenant donc, si vous écoutez ma voix et gardez mon alliance, vous serez mon domaine particulier parmi tous les peuples, car toute la terre m’appartient ; mais vous, vous serez pour moi un royaume de prêtres, une nation sainte. »
PSAUME
(Ps 99 (100), 1-2, 3, 5)
R/ Il nous a faits, et nous sommes à lui, nous, son peuple, son troupeau. (Ps 99, 3bc)
Acclamez le Seigneur, terre entière,
servez le Seigneur dans l’allégresse,
venez à lui avec des chants de joie !
Reconnaissez que le Seigneur est Dieu :
il nous a faits, et nous sommes à lui,
nous, son peuple, son troupeau.
Oui, le Seigneur est bon,
éternel est son amour,
sa fidélité demeure d’âge en âge.
DEUXIÈME LECTURE
« Si nous avons été réconciliés par la mort du Fils, à plus forte raison serons-nous sauvés en recevant sa vie » (Rm 5, 6-11)
Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains
Frères, alors que nous n’étions encore capables de rien, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les impies que nous étions. Accepter de mourir pour un homme juste, c’est déjà difficile ; peut-être quelqu’un s’exposerait-il à mourir pour un homme de bien. Or, la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs. À plus forte raison, maintenant que le sang du Christ nous a fait devenir des justes, serons-nous sauvés par lui de la colère de Dieu. En effet, si nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils alors que nous étions ses ennemis, à plus forte raison, maintenant que nous sommes réconciliés, serons-nous sauvés en ayant part à sa vie. Bien plus, nous mettons notre fierté en Dieu, par notre Seigneur Jésus Christ, par qui, maintenant, nous avons reçu la réconciliation.
ÉVANGILE
« Jésus appela ses douze disciples et les envoya en mission » (Mt 9,36-10,8)
Alléluia. Alléluia. Le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. Alléluia. (Mc 1,15)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là, voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »
Alors Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité. Voici les noms des douze Apôtres : le premier, Simon, nommé Pierre ; André son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ; Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le publicain ; Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée ; Simon le Zélote et Judas l’Iscariote, celui-là même qui le livra.
Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « Ne prenez pas le chemin qui mène vers les nations païennes et n’entrez dans aucune ville des Samaritains. Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. »
Patrick BRAUD
Mots-clés : Eckhart, Fénelon, gratuité, illucide, Suso, Tauler
































