L'homelie du dimanche

4 décembre 2017

Consolez, consolez mon peuple !

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Consolez, consolez mon peuple !


Homélie du 2° Dimanche de l’Avent / Année B
10/12/2017

Lot de consolation
Tauler, le métro et « Non sum »
Devenir des précurseurs
Maintenant, je commence
Crier dans le désert
Le Verbe et la voix
Res et sacramentum
Êtes-vous plutôt centripètes ou centrifuges ?
Une foi historique

 

Sur quelle épaule allez-vous pleurer ?

Qui vous console quand cela va mal pour vous ? Comment fait-il (elle) ?

Dans quelles activités avez-vous cherché soutien et réconfort dans les périodes difficiles ?

La question de la consolation fait partie de toute expérience vraiment humaine. La Bible constate d’une voix unanime qu’elle fait également partie de l’expérience authentiquement spirituelle. Impossible de chercher Dieu sans passer par des phases de désolation. De ces traversées amères, atones ou désertiques surgissent souvent de vraies consolations, le plus souvent là où on ne les attendait pas.

Faites la liste mentalement des ressources et des personnes qui ont été pour vous des consolations sur le plan humain (affectif, psychologique, social…) et/ou spirituel. Mettez-la par écrit, pour ne pas oublier lors des rechutes possibles les points d’appui qui vous ont déjà permis de sortir de l’impasse. Pour certains c’est la musique, la lecture, un feu de cheminée. Pour d’autres, c’est le téléphone, les messages échangés, un bon restaurant avec des amis…

La Bible a construit son propre inventaire à la Prévert de ressources consolatrices. Par tâtonnements successifs, par hasard, par grâce, les auteurs bibliques égrènent tout au long des Écritures ce qui leur apporte de l’énergie pour rester solides malgré la météo mauvaise.

Consolez, consolez mon peuple ! dans Communauté spirituelle 41DEQQJBZ5L._SX301_BO1,204,203,200_Pour notre première lecture, cette consolation est la mission première du prophète. Isaïe est envoyé annoncer la consolation au peuple de Dieu :

« Consolez, consolez mon peuple, – dit votre Dieu – parlez au cœur de Jérusalem.
Proclamez que son service est accompli, que son crime est expié, qu’elle a reçu de la main du Seigneur le double pour toutes ses fautes. » (Is 40, 1-5.9-11).

Cette consolation-là est liée au pardon. À ceux qui se désolent (et ils ont raison de le faire !) de leurs fautes, Dieu apporte la fin des larmes de repentir. Cette consolation sur une communion d’amour retrouvé entre Dieu lui-même et ceux que le péché avait éloigné : « Comme un berger, il fait paître son troupeau : son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, il mène les brebis qui allaitent.  »

On retrouve ainsi très tôt la béatitude si étrange de Jésus : « heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés ». S’attrister de son péché est donc une promesse de consolation plus grande encore (ce que la théologie catholique appellera l’attrition/contrition dans la démarche du sacrement de réconciliation). Le courage de se reconnaître pécheur est source de bénédiction !

À relire rapidement les autres témoignages de notre bibliothèque juive et chrétienne, on peut dresser une première liste fort utile de sources possibles de consolation.

 

1. La présence fraternelle d’amis, de membres de l’Église

Actes 28,14 : « … y trouvant des frères, nous eûmes la consolation de rester sept jours avec eux ».

Colossiens 4,11 : « Aristarque, mon compagnon de captivité, vous salue, ainsi que Marc, le cousin de Barnabé, au sujet duquel vous avez reçu des instructions: s’il vient chez vous, faites-lui bon accueil. Jésus surnommé Justus vous salue également. De ceux qui nous sont venus de la Circoncision, ce sont les seuls qui travaillent avec moi pour le Royaume de Dieu ; ils m’ont été une consolation ».

Un de nos réflexes suite au chagrin, à la douleur ou la déprime est de nous de nous isoler. Nous croyons qu’en nous recroquevillant sur notre tristesse, en nous coupant des autres, nous pourrons plus facilement nous reconstruire. Tel un ours blessé léchant ses plaies dans une caverne cachée, nous sommes exposés à la tentation de vouloir disparaître. Or la fraternité est un baume précieux sur les plaies de chacun. Bien sûr, ce n’est pas la présence de n’importe qui qui pourra nous soulager. Certains sont trop bavards, d’autres trop superficiels, ou trop dramatiques. À nous de discerner rapidement ceux qui peuvent nous faire du bien. Mais le pire est de se mettre aux abonnés absents, en croyant que le temps nous guérira tout seul. L’Église n’est vraiment fraternelle que quand elle offre ainsi à celui qui est dans la peine l’écoute, la proximité, la chaleur humaine qui le consoleront doucement.

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C’est d’ailleurs une dimension essentielle de la mission apostolique selon Paul. Dans sa deuxième lettre aux corinthiens, il emploie le terme pas moins de 14 fois (ch.2 et ch.7) pour en faire le cœur de son ministère.

Diacres, prêtres et évêques ont donc au centre de leur identité la charge d’être des consolateurs : en ont-ils conscience ? Et avec eux, l’Église tout entière, parce qu’elle est apostolique, a pour mission de consoler ceux qui souffrent, matériellement et spirituellement.

 

Femme triste étreindre son mari Banque d'images - 126487402. Parmi le soutien des proches, la Bible place l’amour conjugal comme une source majeure de consolation. Le Cantique des cantiques en est le plus beau chant.

Un mari peut être consolé par sa femme de la mort de sa mère : « Isaac introduisit Rébecca dans sa tente: il la prit et elle devint sa femme et il l’aima. Et Isaac se consola de la perte de sa mère » (Gn 24). Plus largement, l’amour familial permet d’inscrire la chaîne des deuils à traverser dans une histoire commune, riche de sens et d’affection.

 

3. Le travail peut être une consolation !

On l’oublie trop souvent : ce n’est pas le travail en lui-même qui est une malédiction, c’est la pénibilité du travail qui est une conséquence du désordre apporté par la chute originelle selon Gn 3. Du coup, chacun peut trouver dans son activité professionnelle de quoi le tirer des mauvais jours !

« Quand Lamek eut 182 ans, il engendra un fils. Il lui donna le nom de Noé, car, dit-il, « celui-ci nous apportera, dans notre travail et le labeur de nos mains, une consolation tirée du sol que Yahvé a maudit » » (Gn 5,29).

Le travail comme thérapie consolatrice ? ! Certains s’y donnent à l’excès, et veulent noyer leur tristesse dans la suractivité, comme d’autres noient leur chagrin dans l’alcool. Mais, avec modération, l’investissement dans son travail est réellement source d’équilibre, tellement humanisante que la tradition monastique n’hésitera pas à classer le travail comme le meilleur remède à l’acédie, cette dépression spirituelle peuplée de désolations et de déserts intérieurs. S’accrocher à son travail quand tout va mal est une réaction de santé bien connue de la sagesse populaire. À condition que ce travail n’engendre pas lui-même désolation, ce qui est un autre enjeu…

Ora et labora

4. Les Écritures

Eh oui ! Lire la Bible en cas de coup de blues vaut mieux qu’un Prozac ou un Stilnox ! Car les psaumes ont trouvé les mots pour crier nos angoisses, nos détresses, nos peines les plus profondes. Car les prophètes ont transmis les promesses qui réveillent notre espérance alors que notre cœur est en charpie. Car l’histoire de ce peuple à la nuque raide qui gémit sous le joug de son élection a bien des points communs avec notre propre histoire, personnelle et collective.

Lire la Bible quand ça va mal, c’est redécouvrir que nous ne sommes pas les premiers à soupirer ainsi, que d’autres y sont passés, qu’ils ont trouvé les mots et l’espérance pour chanceler sans trembler, vaciller sans se laisser détruire.

Ainsi les Macchabées, révoltés payant le prix fort de leur insurrection contre une domination ennemie sacrilège, en ont fait l’expérience : « Pour nous, quoique nous n’en ayons pas besoin, ayant pour consolation les saints livres qui sont en nos mains… » (1 Maccabées  12,9).  Et Paul, au milieu de ses tribulations, le dit avec force : « En effet, tout ce qui a été écrit dans le passé le fut pour notre instruction, afin que la constance et la consolation que donnent les Écritures nous procurent l’espérance » (Rm  15,4).

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5. Refuser les consolateurs ‘pénibles’

Job et ses amisLe livre de Job est tout entier concentré sur la douleur innocente de Job. Il cherche une explication, il gémit sur son tas d’ordures, couvert d’ulcères. Pourtant il récuse un à un  ceux qui voudraient lui apporter une consolation trop facile. Trop facile, trop superficielle, et finalement trop injuste, car basée sur l’idée fausse du principe de rétribution : ‘tu n’a finalement que ce que tu mérites, à cause de ce que tu as fait de mal, même sans le savoir. Alors accepte, résigne-toi, et la paix viendra’. Ce faux raisonnement resurgit aujourd’hui dans bien des techniques psychologiques, ou du karma, ou de méditation… Cela n’apaise pas Job, qui trouve les plaidoyers de ses visiteurs très inconsistants, pas du tout à la hauteur de l’évènement de malheur qui le frappe. « Que de fois ai-je entendu de tels propos, et quels pénibles consolateurs vous faites ! » (Job 16).

Les psaumes font écho à Job : « Au jour d’angoisse j’ai cherché le Seigneur ; la nuit, j’ai tendu la main sans relâche, mon âme a refusé d’être consolée… » (Ps 77)

Et Jérémie renchérit : « à Rama, une voix se fait entendre, une plainte amère ; c’est Rachel qui pleure ses fils. Elle ne veut pas être consolée pour ses fils, car ils ne sont plus » (Jr 31,14).

Être consolé demande donc paradoxalement de refuser les consolations trop faciles qui s’offrent à nous, que ce soit le divertissement pascalien (étourdissement dans les plaisirs, spectacles) ou les bondieuseries (‘allume une bougie, fais une neuvaine et tout s’arrangera…’), l’exigence de Job doit être la nôtre : pas d’ersatz de consolation ! Ce qui nous oblige à chercher davantage, à attendre plus longtemps peut-être, à être plus à vif. Mais la vraie consolation est à ce prix.

 

6. Consoler ceux qui nous font du mal

Consolés, nous deviendrons consolateurs. Blessés, nous apprendrons à guérir. Désolés, nous pourrons ensuite réconforter.

C’est par exemple l’expérience de Jacob, trahi par ses frères, abandonné au fond d’une citerne puis vendu par eux comme esclave. De sa déchéance en Égypte, il fera une source bénédiction pour tout le peuple hébreu. Au lieu de se venger, il consolera ses frères effarés de constater l’ampleur de leur crime envers lui : « Ses frères eux-mêmes vinrent et, se jetant à ses pieds, dirent: « Nous voici pour toi comme des esclaves ! » Mais Joseph leur répondit: « Ne craignez point ! Vais-je me substituer à Dieu ? Le mal que vous aviez dessein de me faire, le dessein de Dieu l’a tourné en bien, afin d’accomplir ce qui se réalise aujourd’hui : sauver la vie à un peuple nombreux.  Maintenant, ne craignez point: c’est moi qui vous entretiendrai, ainsi que les personnes à votre charge. » Il les consola et leur parla affectueusement » (Gn 50,19ss).

Would-be Papal Assassin Agca Released from Turkish Jail: Would-be Papal Assassin Agca Released from Turkish Jail

La puissance de la consolation n’est pas que pour nous : elle est destinée à diffuser par nous à tous nos proches. Elle fait même partie de l’amour des ennemis que Jésus signale comme spécifique de l’identité chrétienne. Celui qui console son ennemi en pleurs est vraiment fils de Dieu. De Nelson Mandela et son comité de réconciliation nationale aux églises du Rwanda et du Burundi poursuivant ce même travail de réconciliation après le génocide, de Maïti Girtanner consolant son ancien bourreau nazi de la peur de la mort à Jean-Paul II embrassant son assassin Ali Agça dans sa prison, consoler son ennemi est la marque d’un amour proprement divin.

Paul avait ouvert la voie : « On nous insulte et nous bénissons ; on nous persécute et nous l’endurons ; on nous calomnie et nous consolons » (1Co 4,13).

 

7. L’Esprit-Saint consolateur

Finalement, c’est de l’Esprit-Saint lui-même que vient la consolation.

Syméon l’attendait au seuil du Temple de Jérusalem : « Et voici qu’il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux; il attendait la consolation d’Israël et l’Esprit Saint reposait sur lui » (Lc 2).
Les Églises l’ont très tôt découvert : « Cependant les Églises jouissaient de la paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie ; elles s’édifiaient et vivaient dans la crainte du Seigneur, et elles étaient comblées de la consolation du Saint Esprit » (Ac 9,31). Et le cantique de Pentecôte en est témoin : « Viens Esprit consolateur… »
L’Esprit est la douceur de Dieu en action venant nous chérir, nous porter sur ses genoux, nous bénir et nous serrer contre lui. Un immense hug spirituel en fait ! C’est donc en priant l’Esprit-Saint que nous pourrons accueillir la douceur de la consolation divine.

 

Cette liste à la Prévert, chacun la complétera avec ses sources de consolation à lui : la musique, la beauté-là de la nature, un sport régénérateur etc…
L’essentiel est de croire que la mission d’Isaïe continue aujourd’hui : « Consolez, consolez mon peuple… »

 

Lectures de la messe
Première lecture
« Préparez le chemin du Seigneur » (Is 40, 1-5.9-11)
Lecture du livre du prophète Isaïe

Consolez, consolez mon peuple, – dit votre Dieu –  parlez au cœur de Jérusalem. Proclamez que son service est accompli, que son crime est expié,  qu’elle a reçu de la main du Seigneur le double pour toutes ses fautes.  Une voix proclame : « Dans le désert, préparez le chemin du Seigneur ;  tracez droit, dans les terres arides,  une route pour notre Dieu. Que tout ravin soit comblé, toute montagne et toute colline abaissées ! que les escarpements se changent en plaine, et les sommets, en large vallée ! Alors se révélera la gloire du Seigneur,  et tout être de chair verra que la bouche du Seigneur a parlé. »  Monte sur une haute montagne,  toi qui portes la bonne nouvelle à Sion. Élève la voix avec force,  toi qui portes la bonne nouvelle à Jérusalem. Élève la voix, ne crains pas. Dis aux villes de Juda : « Voici votre Dieu ! » Voici le Seigneur Dieu ! Il vient avec puissance ; son bras lui soumet tout. Voici le fruit de son travail avec lui, et devant lui, son ouvrage. Comme un berger, il fait paître son troupeau : son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, il mène les brebis qui allaitent.

Psaume (84 (85), 9ab.10, 11-12, 13-14)
R/ Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut. 84, 8

J’écoute : que dira le Seigneur Dieu ?
Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple et ses fidèles.
Son salut est proche de ceux qui le craignent,
et la gloire habitera notre terre.

Amour et vérité se rencontrent,
justice et paix s’embrassent ;
la vérité germera de la terre
et du ciel se penchera la justice.

Le Seigneur donnera ses bienfaits,
et notre terre donnera son fruit.
La justice marchera devant lui,
et ses pas traceront le chemin.

Deuxième lecture
« Ce que nous attendons, c’est un ciel nouveau et une terre nouvelle » (2 P 3, 8-14)
Lecture de la deuxième lettre de saint Pierre apôtre

Bien-aimés,  il est une chose qui ne doit pas vous échapper :  pour le Seigneur,  un seul jour est comme mille ans,  et mille ans sont comme un seul jour.  Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse,  alors que certains prétendent qu’il a du retard.  Au contraire, il prend patience envers vous,  car il ne veut pas en laisser quelques-uns se perdre,  mais il veut que tous parviennent à la conversion.  Cependant le jour du Seigneur viendra, comme un voleur.  Alors les cieux disparaîtront avec fracas,  les éléments embrasés seront dissous,  la terre, avec tout ce qu’on a fait ici-bas, ne pourra y échapper.  Ainsi, puisque tout cela est en voie de dissolution,  vous voyez quels hommes vous devez être,  en vivant dans la sainteté et la piété,  vous qui attendez,  vous qui hâtez l’avènement du jour de Dieu,  ce jour où les cieux enflammés seront dissous,  où les éléments embrasés seront en fusion.  Car ce que nous attendons, selon la promesse du Seigneur,  c’est un ciel nouveau et une terre nouvelle  où résidera la justice. C’est pourquoi, bien-aimés, en attendant cela,  faites tout pour qu’on vous trouve sans tache ni défaut,  dans la paix.

Évangile

« Rendez droits les sentiers du Seigneur » (Mc 1, 1-8)
Alléluia. Alléluia. Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers : tout être vivant verra le salut de Dieu.
Alléluia. (cf. Lc 3, 4.6)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu. Il est écrit dans Isaïe, le prophète : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi,pour ouvrir ton chemin.Voix de celui qui crie dans le désert :Préparez le chemin du Seigneur,rendez droits ses sentiers. Alors Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés.  Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, en reconnaissant publiquement leurs péchés. Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Il proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »
Patrick BRAUD

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31 janvier 2017

Mesdames-Messieurs les candidats, avez-vous lu Isaïe ?

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Mesdames-Messieurs les candidats, avez-vous lu Isaïe ?

Homélie du 5° dimanche du temps ordinaire / année A
05/02/2017

Cf. également :

On n’est pas dans le monde des Bisounours !

L’Église et la modernité: sel de la terre ou lumière du monde ?

Le coup de gueule de saint Jacques

La bande des vautrés n’existera plus

Maison de prière pour tous les peuples

Nourriture contre travail ?


Demandez le programme !

Lisez à haute voix la première lecture de ce dimanche, en y mettant quelques intonations « de bruit et de fureur » :

Ainsi parle le Seigneur : Partage ton pain avec celui qui a faim, accueille chez toi les pauvres sans abri, couvre celui que tu verras sans vêtement, ne te dérobe pas à ton semblable. Alors ta lumière jaillira comme l’aurore, et tes forces reviendront vite. Devant toi marchera ta justice, et la gloire du Seigneur fermera la marche. Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. » Si tu fais disparaître de chez toi le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante, si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, tu désires, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera lumière de midi. (Is 58, 7-10)

Afficher l'image d'origineVous croiriez presque avoir en main le programme de Mélenchon pour les élections présidentielles de 2017 ! Il y a bien des résonances entre ce que le prophète Isaïe met sur les lèvres de Dieu lui-même et les propositions politiques des révoltés d’aujourd’hui : partager avec les pauvres, délivrer de la domination financière, accueillir les sans-abri, rétablir la justice…

Une différence – majeure – est qu’Isaïe s’adresse à chacun en l’appelant à pratiquer lui-même, chez lui en premier, la justice et le respect de la liberté de chacun envers les pauvres, alors que les programmes l’attendent de la fiscalité, de l’État, des réformes institutionnelles, bref : des autres.

C’est en Amérique latine que cette lecture d’Isaïe et les autres textes bibliques parlant des pauvres a produit la forme la plus aboutie d’engagement social, qu’on appelle la théologie de la libération.

 

Qu’est-ce que la théologie de la libération ?

Les théologiens les plus marquants de ce courant la définissent comme une pratique de libération des opprimés :

« La théologie de la libération cherche à articuler une lecture de la réalité à partir des pauvres et en vue de la libération des pauvres ; elle utilise en fonction de cela les sciences de l’homme et de la société, elle médite théologiquement et postule des actions pastorales qui facilitent la marche des opprimés » (Léonardo Boff, De la libération, 1984)

On pourrait dire que c’est notre texte d’Isaïe traduit en réformes sociales et politiques, suite à une analyse des inégalités et injustices se produisant dans la société actuelle. Plus qu’une idéologie, ce courant se voulait au départ porté par les pauvres et pour eux, par le biais notamment des multitudes de communautés ecclésiales de base (CEB) où la Bible est élue et interprétée par tous dans le sens de la libération des opprimés.

Le moment fondateur fut la Conférence de l’épiscopat latino-américain à Medellin en 1968, où l’on utilisa allègrement le terme libération. Selon Leonardo Boff, cette époque était marquée par « une indignation éthique devant la pauvreté et la marginalisation de grandes masses ». D’où la nécessité d’une théologie vécue et écrite « de l’envers de l‘histoire », d’après l’expression de Gustavo Gutierrez. De très nombreux religieux, des prêtres, prirent fait et cause pour les classes paupérisées, n’hésitant pas à joindre des mouvements sociaux et politiques. Ils mirent en place la création des communautés ecclésiales de base, organisèrent des systèmes d’éducation populaires etc.

Benoit XVI et la théologie de la libération dans 2 P Benoit XVI theologie-de-la-liberation-2-300x224On se souvient que des dérives sont alors apparues, liées à l’utilisation de la grille marxiste (on est dans les années 60) pour analyser les causes de la pauvreté en termes de classes antagonistes et de rapports de force à inverser. L’image de Jean-Paul II réprimandant Ernesto Cardenal en 1983 à sa descente d’avion (prêtre et ministre sandiniste) au Nicaragua reste dans la mémoire comme un avertissement fait à une déviation idéologique insupportable, où la théologie de la libération perdait sa saveur biblique en s’inféodant au marxisme.

Le premier texte officiel romain (1984) sur la théologie de la libération fut logiquement très négatif, allumant un contre-feu pour stopper cette dérive. La Congrégation pour la doctrine de la foi, présidée par un certain cardinal Ratzinger, y accusait la théologie de la libération d’introduire, sans recul critique, l’analyse marxiste à l’intérieur du discours théologique. « Cet emprunt à l’idéologie totalisante du marxisme a pour conséquence une perversion de la foi chrétienne », expliquait Mgr Ratzinger, en faisant référence à la politisation radicale des affirmations de la foi (Jésus aurait été un leader révolutionnaire) et aux jugements théologiques, notamment la théorisation de l’Église du peuple de Dieu comme Église de classe.

Une fois ces premiers excès écartés, les pauvres d’Amérique latine ont pourtant continué à lire les prophètes bibliques invitant à la libération de toute forme de servitude, et ont continué à s’engager pour le respect des droits des pauvres. Avec des figures remarquables : Dom Helder Camara (archevêque d’Olinda et de Recife au Brésil : « Je nourris un pauvre et l’on me dit que je suis un saint. Je demande pourquoi le pauvre n’a pas de quoi se nourrir et l’on me traite de communiste »), Mgr Oscar Romero (assassiné en 1980 pour avoir dénoncé la répression de l’armée et l’oligarchie au pouvoir alors qu’il célébrait l’eucharistie) etc.

Du coup, un deuxième texte romain (1986) est paru, faisant une relecture beaucoup plus positive de cette expérience populaire. Le cardinal Ratzinger pouvait y reconnaître désormais un apport fondamental au trésor commun de toute l’Église : l’option préférentielle pour les pauvres. C’est devenu un des concepts clés de la Doctrine sociale de l’Église.

« Il faut réaffirmer, dans toute sa force, l’option préférentielle pour les pauvres : C’est là une option, ou une forme spéciale de priorité dans la pratique de la charité chrétienne dont témoigne toute la tradition de l’Église. Elle concerne la vie de chaque chrétien, en tant qu’il imite la vie du Christ, mais elle s’applique également à nos responsabilités sociales et donc à notre façon de vivre, aux décisions que nous avons à prendre de manière cohérente au sujet de la propriété et de l’usage des biens. Mais aujourd’hui, étant donné la dimension mondiale qu’a prise la question sociale, cet amour préférentiel, de même que les décisions qu’il nous inspire, ne peut pas ne pas embrasser les multitudes immenses des affamés, des mendiants, des sans-abri, des personnes sans assistance médicale et, par-dessus tout, sans espérance d’un avenir meilleur ». (Compendium de la Doctrine sociale de l’Église n° 182)

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Construire la société (droit, justice, économie, politique…) à partir des plus pauvres, traduire en actes – individuels et collectifs – cette option (ou amour) préférentielle  (mais non exclusive des riches !) est donc l’honneur du politique. Il est juste de lire Isaïe devant les candidats de 2017 et de leur demander : êtes-vous d’accord avec ces priorités ? Comment comptez-vous nous aider à les mettre en œuvre ? Et les mettre en œuvre au sein de l’État ?

 

Un drôle de crucifix

Le pape François est-il un théologien de la libération ? Un cadeau a fortement intrigué – voire scandalisé - beaucoup d’observateurs : le président bolivien Evo Morales a offert au pape François lors de sa visite en Amérique du Sud un crucifix en forme de faucille et de marteau [1]. Les conservateurs romains eurent vite fait de propager la fausse rumeur : le pape serait-il marxiste sous couvert de défendre les pauvres ?

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En Argentine, le cardinal Bergoglio a longuement fréquenté et vécu avec les communautés ecclésiales de base. En tant que provincial jésuite, il a parcouru une bonne partie de l’Amérique latine et pris le temps de voir, d’écouter les paysans, les ouvriers, les chrétiens de la base réclamant des réformes au nom du dieu d’Isaïe. C’est pourquoi le pape François parle plus volontiers de théologie du peuple que de la libération. Cette théologie « recherche les chemins de la libération intégrale de notre peuple, en mettant en avant la nouveauté évangélique, sans tomber dans les réductions idéologiques » disait le futur pape François. Car le peuple a ce sens de la foi (sensus fidei) qui lui fait lire les prophètes bibliques, les Évangiles et toute la foi chrétienne comme un appel à la réconciliation de tous dans le respect des plus petits (et non à la lutte des classes remplaçant une dictature par une autre). Alors que les théologiens de la libération identifient le Peuple de Dieu au peuple comme classe, la théologie du peuple entend le « Peuple de Dieu » comme les peuples de la terre, chacun avec sa culture propre et son enracinement. En Amérique latine, les garants de la culture et des valeurs de chaque peuple sont avant tout les pauvres. Ce sont eux qui maintiennent vivante la notion de peuple, qui sont le plus attachés à leur culture. D’où une sollicitude et une attention supplémentaires aux pauvres. D’où l’importance, pour la théologie du peuple que prône le pape, de l’évangélisation de la culture, et de l’inculturation de l’Évangile. En plus de la justice sociale et de la lutte évangélique pour le respect des plus humbles.

 

En vue des élections de 2017

Afficher l'image d'origineLe Christ nous appelle à être sel de la Terre et lumière du monde dans l’évangile de ce dimanche. Cela vaut pour notre participation au débat politique ! Avons-nous à cœur de relire Isaïe et tous nos prophètes pour préparer cette échéance ? Serons-nous discerner les exigences concernant chacun individuellement et tous collectivement ? Aurons-nous le courage d’interpeller les candidats à la présidentielle – et aux législatives ! – sur le partage avec les pauvres, l’accueil des sans-abri, le combat contre toute forme d’oppression, de servitude et de haine [2] ?

La Fondation Abbé Pierre publie son 22° rapport sur le mal logement en France. Elle va rencontrer tous les candidats à la présidentielle pour leur soumettre ses propositions sur le logement

cf. http://www.fondation-abbe-pierre.fr/nos-actions/comprendre-et-interpeller/31-janvier-2017-22e-rapport-sur-letat-du-mal-logement-de-la-fondation 

Voilà une action exemplaire qui montre comment la foi chrétienne peut être active pour transformer la condition des plus démunis.

Au-delà de notre vote, si nécessaire, porterons-nous l’option préférentielle pour les pauvres au cœur de nos responsabilités professionnelles et nos engagements associatifs ? de notre vie familiale, de quartier… ?

 


[1] . Le crucifix offert par le président bolivien Evo Morales est une réplique de celui en bois que tailla, dans les années 1970, le jésuite espagnol Luis Espinal, en forme de faucille et marteau, sur lequel il fixa le Christ de ses premiers vœux de religieux (il fut ordonné en 1962 en Catalogne). Il mena à partir de 1968, date de son arrivée en Colombie, un apostolat engagé auprès des pauvres, comme journaliste et réalisateur de films qui dénonçaient les injustices et les abus de la dictature militaire. Il participa également aux grèves des mineurs et des travailleurs. Le 21 Mars 1980, il fut enlevé, torturé, et finalement abattu sur ordre du dictateur luis Garcia Meza Tejada. Avant son entretien avec le président Morales, le pape François alla se recueillir devant la croix érigée à l’entrée du quartier d’Achachicala, à La Paz, où fut retrouvé le corps supplicié du prêtre, et loua le courage de ce défenseur du droit des opprimés: « Il prêcha l’évangile, cet évangile qui nous apporte la liberté, qui nous rend libre, comme tout enfant de Dieu ».

[2] . cf. Conseil permanent de la conférence des évêques de France, Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique, Octobre 2016.

 

 

1ère lecture : « Ta lumière jaillira comme l’aurore » (Is 58, 7-10)
Lecture du livre du prophète Isaïe

Ainsi parle le Seigneur : Partage ton pain avec celui qui a faim, accueille chez toi les pauvres sans abri, couvre celui que tu verras sans vêtement, ne te dérobe pas à ton semblable. Alors ta lumière jaillira comme l’aurore, et tes forces reviendront vite. Devant toi marchera ta justice, et la gloire du Seigneur fermera la marche. Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. » Si tu fais disparaître de chez toi le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante, si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, tu désires, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera lumière de midi.

Psaume : Ps 111 (112),.4-5, 6-7, 8a.9

R/ Lumière des cœurs droits, le juste s’est levé dans les ténèbres. ou : Alléluia ! (cf. Ps 111, 4)

Lumière des cœurs droits, il s’est levé dans les ténèbres,
homme de justice, de tendresse et de pitié.
L’homme de bien a pitié, il partage ;
il mène ses affaires avec droiture.

Cet homme jamais ne tombera ;
toujours on fera mémoire du juste.
Il ne craint pas l’annonce d’un malheur :
le cœur ferme, il s’appuie sur le Seigneur.

Son cœur est confiant, il ne craint pas.
À pleines mains, il donne au pauvre ;
à jamais se maintiendra sa justice,
sa puissance grandira, et sa gloire

2ème lecture : « Je suis venu vous annoncer le mystère du Christ crucifié » (1 Co 2, 1-5)
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères, quand je suis venu chez vous, je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige du langage ou de la sagesse. Parmi vous, je n’ai rien voulu connaître d’autre que Jésus Christ, ce Messie crucifié. Et c’est dans la faiblesse, craintif et tout tremblant, que je me suis présenté à vous. Mon langage, ma proclamation de l’Évangile, n’avaient rien d’un langage de sagesse qui veut convaincre ; mais c’est l’Esprit et sa puissance qui se manifestaient, pour que votre foi repose, non pas sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu.

Evangile : « Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5, 13-16)
Acclamation :Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur. Celui qui me suit aura la lumière de la vie.
Alléluia.(cf. Jn 8, 12)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, avec quoi sera-t-il salé ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens.
Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »
Patrick BRAUD

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9 janvier 2017

Lumière des nations

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Lumière des nations

Cf. également :

Révéler le mystère de l’autre

Pour une vie inspirée

De Star Wars au baptême du Christ

Baptême du Christ : le plongeur de Dieu

« Laisse faire » : éloge du non-agir

Le baptême du Christ : une histoire « sandaleuse »

Res et sacramentum

« Laisse faire » : l’étrange libéralisme de Jésus

Lot de consolation

 

Homélie pour le 2° dimanche du temps ordinaire / Année A
15/01/2017

La deuxième lecture de ce dimanche affirme qu’Israël a un rôle universel à jouer : être la « lumière des nations », qui les guide dans l’obscurité :

« Tu es mon serviteur, Israël, en toi je manifesterai ma splendeur (…) je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. » (Is 49, 3.6)

Cette vocation d’Israël est toujours d’actualité, même aux yeux des chrétiens, car ils considèrent que « les dons et l’appel de Dieu sont sans repentance » comme l’écrit saint Paul (Rm 11,29), c’est-à-dire que Dieu ne retire pas à Israël son rôle universel.

 

Israël, lumière des nations

En quoi ce petit peuple réinstallé sur la terre de Palestine après 1900 ans d’exil peut-il continuer à jouer ce rôle de lumière pour les nations ? Pas par ses options politiques ou militaires, parfois très contestables. Mais indubitablement par son existence même. Là où les autres peuples veulent témoigner de leur grandeur, et laisser des monuments à la gloire de leur civilisation, le peuple juif témoigne – par sa seule existence – de la grandeur d’un Dieu unique, et ne veut pas d’autres monuments que la prière et le culte qu’il lui rend depuis 4000 ans. Peuple élu, c’est-à-dire choisi pour témoigner de l’existence et de l’unicité d’un Dieu créateur et sauveur, Israël, par sa fidélité à son histoire, est un vivant rappel de la révélation du monothéisme.

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Or ce témoignage est toujours indispensable, au moment où les polythéismes  reviennent en force en ce XXI° siècle. Les dieux postmodernes n’ont pas forcément de statues ni de temples. Mais ils ont des écrans qui fascinent et asservissent, les écrans du CAC 40, de la console de jeux ou des nouvelles machines à sous… Ils ont des cultes nouveaux, depuis les rituels de la consommation de masse jusqu’aux habitudes des réseaux sociaux où les clics, les like et les pages Facebook sont autant d’actes d’allégeance à l’omniprésence de l’e-réputation. Sans oublier la montée en puissance des vieilles pensées magiques, du chamanisme aux soi-disant pratiques orientales, qui séduisent tant d’occidentaux sous couvert de développement personnel.

Comme autrefois face au colosse aux pieds d’argile du roi de Perse, ou face aux prétentions divines des empereurs romains, le peuple juif conteste l’existence et le pouvoir de ces idoles rien qu’en continuant à chanter les psaumes, en fêtant Hanoucca ou Pourim, en étudiant la Bible dans les yeshivot etc.

Afficher l'image d'origineLa lumière qu’Israël continue d’apporter aux nations est celle de la révélation d’un Dieu personnel, unique, vivant, intervenant dans l’histoire : le Dieu d’Abraham, Isaac et de Jacob.

Israël a apporté au monde la Torah et ses exigences éthiques, la contestation prophétique de toute idolâtrie, la notion d’alliance que chaque autre peuple est invité à conclure avec YHWH, la pensée de l’altérité fondée sur la révélation du Tétragramme à Moïse, le combat pour le droit et la justice en faveur de la veuve, l’orphelin et l’immigré, indissolublement lié à la foi-confiance en Dieu Sauveur…

Et, de manière inattendue pour lui, Israël a multiplié cette lumière en engendrant le christianisme, puis l’islam, qui ne renient rien du meilleur de cet héritage monothéiste.

 

L’Église, Lumen Gentium

Afficher l'image d'origineL’Église (catholique) se sait héritière d’Israël, à un point tel que le concile Vatican II a repris l’expression d’Isaïe : « lumière des nations » (Lumen gentium en latin) pour commencer son document le plus important, celui qui traite de la nature de l’Église :

Le Christ est la lumière des peuples ; réuni dans l’Esprit-Saint, le saint Concile souhaite donc ardemment, en annonçant à toutes créatures la bonne nouvelle de l’Évangile, répandre sur tous les hommes la clarté du Christ qui resplendit sur le visage de l’Église (cf. Mc 16, 15).
Lumen Gentium n° 1

La différence avec Isaïe est que l’Église reconnaît en Jésus seul le serviteur annoncé par le prophète. Lui seul est lumière de nations. Ce serait trop dire de l’Église qu’elle est la source de la lumière guidant l’humanité. Mais elle participe  au rayonnement de cette unique lumière christique en la diffractant en quelque sorte dans toutes les cultures, pour tous les peuples, à toutes les époques.

Les Pères de l’Église prenaient volontiers l’image de la lune et du soleil : la lune (l’Église) ne peut éclairer par elle-même, mais parce qu’elle reflète la lumière du soleil (le Christ) pendant la nuit. Le Christ n’étant plus visiblement présent devant nos yeux de puis l’Ascension, nous sommes dans la nuit qui nous prépare à sa venue. Et l’Église peut refléter pour tous les chercheurs de Dieu la lumière du Christ les aidant à cheminer dans cette nuit. Par la rumination en Église de la Parole de Dieu (Ancien Testament et Nouveau Testament, joliment appelés par l’exégète Paul Beauchamp la première et la deuxième Alliance) ; par les sacrements ; par la diaconie active en faveur des pauvres ; par le témoignage jusqu’au martyre… Il y a assez d’éclats de lumière dans l’Église (les Églises !) pour que personne ne se perde et que chacun puisse poursuivre son pèlerinage de foi.

La superlune de 2014, à l'abri de la favela Providencia à Rio de Janeiro (YASUYOSHI CHIBA / AFP)

Le Christ seul est la lumière des nations. Le vieillard Siméon le saluait ainsi : « lumière pour éclairer les nations païennes, et gloire d’Israël ton peuple » (Lc 2,32).


Le Verbe était la lumière véritable, qui éclaire tout homme; il venait dans le monde. Un soleil venu dans le monde pour dissiper les ténèbres du mal et l’inonder par la splendeur de l’amour divin. « Je suis la lumière du monde. Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais aura la lumière de la vie » (Jn 8, 12).

Nous pouvons en refléter quelques éclats pour les hommes de bonne volonté. « Ainsi votre lumière doit-elle briller devant les hommes afin qu’ils voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Mt 5,16).

C’est notre vocation de baptisés, que le concile Vatican II a synthétisé dans cette autre définition fondamentale de l’Église : « sacrement de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » (Lumen Gentium n° 1)…

À nous d’être fidèles à cette vocation ecclésiale !


1ère lecture : « Je ferai de toi la lumière des nations pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre » (Is 49, 3.5-6)
Lecture du livre du prophète Isaïe

Le Seigneur m’a dit : « Tu es mon serviteur, Israël, en toi je manifesterai ma splendeur. » Maintenant le Seigneur parle, lui qui m’a façonné dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur, que je lui ramène Jacob, que je lui rassemble Israël. Oui, j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force. Et il dit : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob, ramener les rescapés d’Israël : je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. »

Psaume : Ps 39 (40), 2abc.4ab, 7-8a, 8b-9, 10cd.11cd

R/ Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté.  (cf. Ps 39, 8a.9a)

D’un grand espoir j’espérais le Seigneur :
il s’est penché vers moi
Dans ma bouche il a mis un chant nouveau,
une louange à notre Dieu.

Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice,
tu as ouvert mes oreilles ;
tu ne demandais ni holocauste ni victime,
alors j’ai dit : « Voici, je viens. »

Dans le livre, est écrit pour moi
ce que tu veux que je fasse.
Mon Dieu, voilà ce que j’aime :
ta loi me tient aux entrailles.

Vois, je ne retiens pas mes lèvres,
Seigneur, tu le sais.
J’ai dit ton amour et ta vérité
à la grande assemblée.

2ème lecture : « À vous, la grâce et la paix, de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ » (1 Co 1, 1-3)
Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Paul, appelé par la volonté de Dieu pour être apôtre du Christ Jésus, et Sosthène notre frère, à l’Église de Dieu qui est à Corinthe, à ceux qui ont été sanctifiés dans le Christ Jésus et sont appelés à être saints avec tous ceux qui, en tout lieu, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ, leur Seigneur et le nôtre.
 À vous, la grâce et la paix, de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.

Evangile : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde » (Jn 1, 29-34)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. 
« Le Verbe s’est fait chair, il a établi parmi nous sa demeure.
À tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. »
Alléluia. (cf. Jn 1, 14a.12a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

 En ce temps-là, voyant Jésus venir vers lui, Jean le Baptiste déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. » Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : ‘Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.’ Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »
Patrick BRAUD

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30 novembre 2016

Isaïe, Marx, et le vol de bois mort

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Isaïe, Marx, et le vol de bois mort

Homélie du 2° dimanche de l’Avent / Année A
04/12/2016

Cf. également :

Devenir des précurseurs

Maintenant, je commence

Crier dans le désert

Le Verbe et la voix

Res et sacramentum

Êtes-vous plutôt centripètes ou centrifuges ?

Une foi historique

 

Une volée de bois mort

En 1842, la Diète (= le parlement local) d’Augsbourg rédige un projet de loi qui prévoit de punir, emprisonner et faire payer les gens qui seraient pris à ramasser les bois morts dans une propriété privée. Le jeune Marx (il a 24 ans) s’indigne (à juste titre !) et écrit quatre articles de presse pour dénoncer la violence faite aux pauvres. Car ce sont les pauvres qui pour se chauffer ramassent les bois morts dans les forêts des riches.
Quelle est cette soi-disant justice qui ignore le droit des pauvres ?

Afficher l'image d'origineLes Pères de l’Église répétaient sans cesse aux riches des premiers siècles : in necessitate omnia communia (en cas de nécessité, toutes choses sont communes). Il en reste une trace dans le droit de glanage encore en vigueur en France depuis le 2 novembre 1554 !

« Le droit de glaner est autorisé aux pauvres, aux malheureux, aux gens défavorisés, aux personnes âgées, aux estropiés, aux petits enfants. Sur le terrain d’autrui, il ne peut s’exercer qu’après enlèvement de la récolte, et avec la main, sans l’aide d’aucun outil ». 

La résurgence actuelle de ce droit se manifeste par le droit de chiner les déchets récupérables des hypermarchés, les fruits et légumes ou fleurs après un jour de marché, ramasser après la récolte les pommes de terre ou les fruits restés sur le sol d’un verger etc. [1]

Notre première lecture d’Isaïe 11,1-10 lie la venue du Messie à une justice enfin respectueuse des petits :

« Il ne jugera pas sur l’apparence ; il ne se prononcera pas sur des rumeurs. Il jugera les petits avec justice ; avec droiture, il se prononcera en faveur des humbles du pays. Du bâton de sa parole, il frappera le pays ; du souffle de ses lèvres, il fera mourir le méchant. La justice est la ceinture de ses hanches ; la fidélité est la ceinture de ses reins. »

Voici comme en écho quelques lignes d’un article du jeune Marx du 25/10/1842 :

« Nous autres, gens qui ne sommes pas pratiques, nous revendiquons au nom de la foule pauvre, démunie politique et socialement, ce que cette horde docile de domestiques, ces soi-disant historiens ont inventé comme la véritable pierre philosophique pour transformer toute prétention impure en pur or juridique. Nous réclamons pour la pauvreté le droit coutumier, plus précisément un droit coutumier qui ne soit pas local, mais qui soit celui de la pauvreté dans tous les pays. Nous allons plus loin encore, et nous soutenons que le droit coutumier, par sa nature, ne peut être que le droit de cette masse du bas de l’échelle, de cette masse élémentaire qui ne possède rien »

La justice humaine est souvent une justice de classe : demandez aux noirs américains s’ils ont des chances égales aux blancs devant la peine d’emprisonnement. Demandez aux parisiens et banlieusards ayant le teint basané ou un prénom arabe ou africain s’ils ont les mêmes chances d’être contrôlés dans le métro…

La justice a toujours dû lutter pour son indépendance. Malgré la célèbre distinction de Montesquieu en faveur de l’indépendance des pouvoirs (législatif, exécutif, juridique), nos démocraties modernes favorisent toujours les puissants dans leurs tribunaux. Les juges ont plus souvent la main lourde pour les petits que pour les notables…

Isaïe, les Pères de l’Église et Marx connaissaient bien ces contradictions sociales, ou une justice injuste maintient les pauvres en état de domination et d’exploitation. Et cela continue !

L’espérance messianique va alors va s’incarner dans l’attente d’un pouvoir politique (pour les juifs, il sera issu de Jessé, père du roi David) qui enfin faire droit aux pauvres et leur rendra justice. L’exercice de cette justice messianique apaisera la société, au point que les vieux antagonismes disparaîtront : le loup et l’agneau, le veau et le lionceau, la vache et l’ourson, le lion et le bœuf, le nourrisson et le cobra, la vipère et l’enfant pourront cohabiter pacifiquement. On attendrait cela aujourd’hui pour chrétiens et musulmans, noirs et blancs, juifs et arabes, hétérosexuels et homosexuels, salariés et chômeurs, droite et gauche etc..

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Si Jésus était le Messie…

Afficher l'image d'origineDe là découle un argument extrêmement fort des juifs (voire des musulmans) contre le christianisme : si Jésus était vraiment le Messie, annoncé par Isaïe et les prophètes, il aurait dû rétablir cette juste justice. Le droit des pauvres devrait être respecté, la justice devrait défendre les petits ! Si c’était le cas, ça se saurait…

Force est de constater que depuis la mort de Jésus de Nazareth, le monde n’est pas meilleur qu’avant. En 2000 ans, la justice n’a guère progressé. Les antagonismes sont tout aussi effrayants qu’avant, sinon pires (cf. les hécatombes guerrières du XX° siècle, le plus sanglant de toute l’histoire de l’humanité). Tous les signes annonciateurs du Messie dans la Bible sont aux abonnés absents…

Les premiers chrétiens ont très vite fait ce constat désabusé : la mort de Jésus avait tout changé pour eux personnellement, mais pas grand-chose pour les sociétés environnantes. Même la conversion de Constantin au IV° siècle n’apportera pas la justice messianique attendue. Le droit romain est certes un progrès par rapport aux  droits barbares. Mais les dérives seront telles – avec hélas le concours des Églises - que la sentence de l’Ecclésiaste reste vraie 20 siècles après : « il n’y a rien de nouveau sous le soleil ».

L’eschatologie prend le relais du politique

Afficher l'image d'origineLes protestations chrétiennes contre la justice injuste se sont alors déplacées vers  l’attente eschatologique : puisque la première venue n’a pas été décisive, la deuxième le sera sûrement ! C’est le sens de la période liturgique de l’Avent : s’ouvrir à une transformation du monde qui ne sortira pas de l’effort de nos mains – on a vu que cet effort humain est stérile - mais de l’initiative de Dieu, de son irruption dans l’histoire humaine pour manifester la vocation de l’homme en plénitude.

L’Avent nous oblige à ne pas idolâtrer le progrès occidental, le nirvana bouddhiste ou le néant athée : Dieu créera un monde nouveau où la justice régnera.

En attendant, cette espérance peut déjà corriger, amender, transformer, accomplir les évolutions actuelles du droit et de la justice pour qu’elles correspondent à la vision messianique d’Isaïe. C’est la dimension politique de l’Avent : contester, protester, construire une autre justice qui prend souci du faible et du pauvre, qui sauve la vie des petits, qui délivre le pauvre qui appelle, ainsi que le chante le psaume 71 de ce dimanche.

La noblesse du combat politique pour les chrétiens s’enracine dans cette dimension eschatologique. Les évêques de France ont publié un message à l’approche des élections présidentielles de 2017 qui invite à revenir à cette option préférentielle pour les pauvres.

« Il est toujours bon de regarder la place qu’une société accorde aux plus faibles, aux plus fragiles en son sein, pour savoir s’il est en bonne santé, ce qui la fait tenir dans ses fondements. Ce sont toujours eux en effet qui nous aident à retrouver l’essentiel et le sens de l’homme que toute société doit protéger ». [2]

Comment chacun de nous va-t-il participer, apporter sa contribution à ce combat politique pour une juste justice ?


[1]. « Le glanage est étroitement lié aux coutumes locales et n’est admis que dans ce cadre-là » (arrêt de la cour d’appel de Montpellier, du 21 juin 2007). « Le ramassage de pommes de terre non récoltées sur des champs cultivés relève du glanage » (arrêt de la cour d’appel d’Aix-en-Provence, du 20 novembre 1991).
[2] un monde qui change, retrouver le sens du politiqueDans un monde qui change, retrouver le sens du politique,Dans un monde qui change, retrouver le sens du politiqueDans un monde qui change, retrouver le sens du politique, Conseil permanent de la conférence des évêques de France, Bayard, 2016, p. 52.

 

1ère lecture : « Il jugera les petits avec justice » (Is 11, 1-10) Lecture du livre du prophète Isaïe

En ce jour-là, un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur – qui lui inspirera la crainte du Seigneur. Il ne jugera pas sur l’apparence ; il ne se prononcera pas sur des rumeurs. Il jugera les petits avec justice ; avec droiture, il se prononcera en faveur des humbles du pays. Du bâton de sa parole, il frappera le pays ; du souffle de ses lèvres, il fera mourir le méchant. La justice est la ceinture de ses hanches ; la fidélité est la ceinture de ses reins.  Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. La vache et l’ourse auront même pâture, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage. Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra ; sur le trou de la vipère, l’enfant étendra la main. Il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte ; car la connaissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer.  Ce jour-là, la racine de Jessé sera dressée comme un étendard pour les peuples, les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure.

Psaume : Ps 71 (72), 1-2, 7-8, 12-13, 17

R/ En ces jours-là, fleurira la justice, grande paix jusqu’à la fin des temps. (cf. Ps 71, 7)

Dieu, donne au roi tes pouvoirs,
à ce fils de roi ta justice.
Qu’il gouverne ton peuple avec justice,
qu’il fasse droit aux malheureux !

En ces jours-là, fleurira la justice,
grande paix jusqu’à la fin des lunes !
Qu’il domine de la mer à la mer,
et du Fleuve jusqu’au bout de la terre !

Il délivrera le pauvre qui appelle
et le malheureux sans recours.
Il aura souci du faible et du pauvre,
du pauvre dont il sauve la vie.

Que son nom dure toujours ;
sous le soleil, que subsiste son nom !
En lui, que soient bénies toutes les familles de la terre ;
que tous les pays le disent bienheureux !

 

2ème lecture : Le Christ sauve tous les hommes (Rm 15, 4-9) Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères, tout ce qui a été écrit à l’avance dans les livres saints l’a été pour nous instruire, afin que, grâce à la persévérance et au réconfort des Écritures, nous ayons l’espérance. Que le Dieu de la persévérance et du réconfort vous donne d’être d’accord les uns avec les autres selon le Christ Jésus. Ainsi, d’un même cœur, d’une seule voix, vous rendrez gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ.

 Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis pour la gloire de Dieu. Car je vous le déclare : le Christ s’est fait le serviteur des Juifs, en raison de la fidélité de Dieu, pour réaliser les promesses faites à nos pères ; quant aux nations, c’est en raison de sa miséricorde qu’elles rendent gloire à Dieu, comme le dit l’Écriture : C’est pourquoi je proclamerai ta louange parmi les nations,je chanterai ton nom.

 

Evangile : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche » (Mt 3, 1-12)
Acclamation : Alléluia. Alléluia.
Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers : tout être vivant verra le salut de Dieu. Alléluia. (cf. Lc 3, 4.6)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. » Jean est celui que désignait la parole prononcée par le prophète Isaïe : Voix de celui qui crie dans le désert :Préparez le chemin du Seigneur,rendez droits ses sentiers.

 Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage. Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés. Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens se présenter à son baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? Produisez donc un fruit digne de la conversion. N’allez pas dire en vous-mêmes : ‘Nous avons Abraham pour père’ ; car, je vous le dis : des pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham. Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu.

 Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient dans sa main la pelle à vanner, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »
Patrick BRAUD

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