Les pauvres sont l’Église
Les pauvres sont l’Église
Homélie pour le 4° dimanche du Temps Ordinaire / Année A
01/02/26
Cf. également :
La fierté illucide
Défendre la veuve et l’orphelin
Le petit reste d’Israël, ou l’art d’être minoritaires
Le bonheur illucide
Agents de service
Le maillon faible
Éthique de conviction, éthique de responsabilité
Toussaint : le bonheur illucide
1. Défendre la veuve et l’orphelin
Nos manuels d’histoire avaient autrefois gravé dans notre imaginaire collectif les qualités du preux chevalier du Moyen Âge : il devait être « sans peur et sans reproche » (chevalier de Bayard) et « défendre la veuve et l’orphelin ».
L’expression défendre la veuve et l’orphelin est cependant bien plus ancienne que le Moyen Âge. Depuis toujours, le duo veuve-orphelin symbolise de façon expressive la pauvreté et la grande fragilité de ceux qui se retrouvent sans mari, sans parents, soutiens humains indispensables pour survivre à des époques où les femmes ne pouvaient recevoir de salaire et où les enfants sans famille étaient livrés à la rue.
S’il est peu présent dans le Nouveau Testament, on le retrouve très souvent dans l’Ancien Testament, où les exhortations à prendre soin des plus démunis sont nombreuses : « Vous n’accablerez pas la veuve et l’orphelin » (Ex 22,21).
Il existait à l’époque un certain nombre de lois sociales destinées à garantir la protection des plus pauvres. Les Hébreux avaient prévu un moyen de protéger la veuve sans enfant par le remariage avec un frère du mari défunt pour lui donner une descendance. C’est la loi du lévirat définie dans le Livre du Deutéronome (Dt 25,5). Il était également prévu qu’une partie de la dîme soit prélevée pour venir en aide aux plus démunis (Dt 14,28-29). Ou encore de les laisser ramasser le surplus des récoltes :
« Tu ne feras pas dévier le droit de l’immigré ni celui de l’orphelin, et tu ne feras pas saisir comme gage le manteau de la veuve. Souviens-toi que tu as été esclave en Égypte et que le Seigneur ton Dieu t’a racheté. Voilà pourquoi je te donne ce commandement. Lorsque tu feras ta moisson, si tu oublies une gerbe dans ton champ, tu ne retourneras pas la chercher. Laisse-la pour l’immigré, l’orphelin et la veuve, afin que le Seigneur ton Dieu te bénisse dans tous tes travaux. Lorsque tu auras récolté tes olives, tu ne retourneras pas chercher ce qui reste. Laisse-le pour l’immigré, l’orphelin et la veuve. Lorsque tu vendangeras ta vigne, tu ne retourneras pas grappiller ce qui reste. Laisse-le pour l’immigré, l’orphelin et la veuve. Souviens-toi que tu as été esclave au pays d’Égypte. Voilà pourquoi je te donne ce commandement » (Dt 24,17-22).
Malgré ces garde-fous, les veuves et les orphelins faisant partie des catégories les plus faibles de la société, ils pouvaient difficilement se défendre et faire valoir les droits qui leur étaient assurés par la Loi.
Si la tradition populaire a gardé le duo veuve-orphelin, elle n’a pas conservé la troisième catégorie de personnes qui leur est très souvent associée dans les Écritures : l’étranger. Accueillir et protéger l’étranger est ainsi pour les Hébreux une question d’identité, une leçon de leur histoire, eux aussi ayant été étrangers dans un autre pays.
« C’est lui [le Seigneur votre Dieu] qui rend justice à l’orphelin et à la veuve, qui aime l’immigré, et qui lui donne nourriture et vêtement.
Aimez donc l’immigré, car au pays d’Égypte vous étiez des immigrés » (Dt 10,18-19)
Début 2026, on ne peut s’empêcher de remarquer à quel point ces recommandations sont hélas furieusement d’actualité !
D’ailleurs, il faudrait aujourd’hui adjoindre à ce triptyque : veuve/orphelin/étranger un quatrième terme : la mère de famille seule avec enfants. Ces tristement célèbres familles monoparentales constituent le tiers des foyers en dessous du seuil de pauvreté en France, et cumulent tous les handicaps : difficultés à trouver un logement social, faibles salaires, temps partiels, difficultés pour la garde des enfants et leur éducation etc.
C’est sur cette toile de fond sociale d’une pauvreté plus répandue qu’avant que nous devons entendre les appels des lectures de ce dimanche :
– « cherchez la justice, chercher l’humilité » clamait le prophète Sophonie (So 2,3).
– « ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi », tonnait l’apôtre Paul pour défendre sa communauté de Corinthe (1Co 1,26–31).
– « heureux les pauvres de cœur, heureux ceux qui pleurent… », annonçait Jésus aux foules qui le suivaient (Mt 5,1–12).
– et le psaume chante longuement l’action de YHWH en faveur des pauvres et les petits, dont la veuve et l’orphelin et l’étranger sont les figures les plus visibles :
« Il fait justice aux opprimés ; aux affamés, il donne le pain ; le Seigneur délie les enchaînés. Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles, le Seigneur redresse les accablés, le Seigneur aime les justes, le Seigneur protège l’étranger. Il soutient la veuve et l’orphelin, il égare les pas du méchant. D’âge en âge, le Seigneur régnera : ton Dieu, ô Sion, pour toujours ! » (Ps 146,7–10).
On ne compte ainsi pas moins d’une trentaine de mentions du trinôme veuve/orphelin/étranger dans la Bible, essentiellement dans l’Ancien Testament.
Par exemple, le Deutéronome ne cesse de commander : « “Maudit qui fait dévier le droit de l’immigré, de l’orphelin, de la veuve !” Et tout le peuple dira : “Amen.” » (Dt 27,19).
Les prophètes en rajoutent : « Si vous n’opprimez pas l’immigré, l’orphelin ou la veuve, si vous ne versez pas, dans ce lieu, le sang de l’innocent, si vous ne suivez pas, pour votre malheur, d’autres dieux, alors, je vous ferai demeurer dans ce lieu, dans le pays que j’ai donné à vos pères, depuis toujours et pour toujours » (Jr 7,6-7).
Les psaumes ne cessent de le mettre en musique, en y voyant une révélation de l’identité même de YHWH : « Père des orphelins, défenseur des veuves, tel est Dieu dans sa sainte demeure » (Ps 68,6).
Dans le Nouveau Testament, seul Jacques reprend ce leitmotiv, réaffirmant que c’est là la vraie pratique religieuse : « Devant Dieu notre Père, un comportement religieux pur et sans souillure, c’est de visiter les orphelins et les veuves dans leur détresse, et de se garder sans tache au milieu du monde » (Jc 1,27).
Premier focus donc : être chrétien sans défendre la veuve et l’orphelin ? Impossible !
2. Comment rencontrer le Christ en personne ?
Jacques nous mettait sur une piste essentielle : c’est en visitant les pauvres qu’on pratique sa religion. Autrement dit, la compagnie des pauvres n’est pas une conséquence sociale de la foi. Ce n’est même pas une exigence éthique découlant de notre foi au Christ. C’est le lieu même où le Christ se révèle ! C’est auprès des veuves, des orphelins, des étrangers que nous apprenons à le connaître. C’est en eux qu’il se révèle à nous.
C’est notre fréquentation des petits, des humiliés, des faibles qui est le lieu même de notre rencontre du Christ.
Le pape Léon XIV l’a rappelé dans sa première exhortation apostolique du 04/10/2025 Dilexi te (Je t’ai aimé/choisi) : faire corps avec les petits et les pauvres n’est pas une conséquence sociale de la foi, c’est le lieu même où se révèle Jésus-Christ, le pauvre de Dieu. Léon XIV ne signe pas un texte social de plus, il renverse une hiérarchie implicite : on ne peut plus dire : « J’ai la foi donc je m’engage pour les pauvres ». C’est précisément l’inverse : la rencontre avec le Christ, but de toute vie chrétienne, a lieu en priorité et de manière privilégiée dans la rencontre avec les pauvres. « Nous ne sommes pas dans le domaine de la bienfaisance, mais dans celui de la Révélation », insiste Léon XIV (n° 5). L’engagement pour les précaires, les migrants, les malades, les personnes âgées isolées, ceux qui vivent dans la rue, n’est pas une conséquence sociale de la foi : c’est la foi elle-même. L’« option préférentielle pour les pauvres », expression souvent réduite à un courant ou une sensibilité dans l’Église, retrouve ici sa signification première, théologique : ce n’est pas une option humaine, c’est un choix de Dieu. C’est Lui qui les préfère. « Dieu montre en effet une prédilection pour les pauvres : c’est d’abord à eux que s’adresse la parole d’espérance et de libération du Seigneur… » (n° 21). Et les autres ? La Parole leur est, bien entendu, également adressée mais à travers les plus pauvres. Léon XIV franchit ainsi un seuil doctrinal : il ne demande pas aux catholiques de faire preuve de générosité, mais de reconnaître là où Dieu habite, là où ils peuvent le rencontrer. Être catholique, c’est marcher aux côtés des pauvres, c’est faire partie de ce peuple de pauvres en esprit.
Il faut relire ce paragraphe n° 5 si important :
« 5. C’est précisément dans cette perspective que l’affection envers le Seigneur s’unit à celle envers les pauvres. Ce Jésus qui dit : « Les pauvres, vous les aurez toujours avec vous » exprime la même chose lorsqu’il promet aux disciples : « Je suis avec vous pour toujours » (Mt 28, 20). Et en même temps, ces paroles du Seigneur nous reviennent à l’esprit : « Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40). Nous ne sommes pas dans le domaine de la bienfaisance, mais dans celui de la Révélation : le contact avec ceux qui n’ont ni pouvoir ni grandeur est une manière fondamentale de rencontrer le Seigneur de l’histoire. À travers les pauvres, Il a encore quelque chose à nous dire. »
Réalisons-nous ce que change pour nous cette affirmation : c’est la compagnie des pauvres qui nous donne de rencontrer le Christ ? Cela veut dire que, si nous ne fréquentons pas les plus pauvres de notre société, nous aurons beau aller à la messe très souvent, faire de belles liturgies, des processions grandioses ou des retraites très pieuses, nous ne connaissons pas le Christ… !
Les Pères de l’Église disaient que le sacrement de l’autel (eucharistie) est inséparable du sacrement du frère (diaconie). Saint Vincent de Paul osait enseigner à sa congrégation : « Les pauvres sont nos maîtres ». « Il faut se retirer avant d’avoir reçu un remerciement, car ce sont eux qui nous donnent ».
Dans un sens premier, les pauvres sont des maîtres à servir : se mettre à leur service, les assister matériellement et moralement, comme des serviteurs peuvent le faire à l’égard de leurs maîtres. Dans une société hiérarchisée, où chacun garde son rang, où normalement ce sont les pauvres qui sont au service des riches, l’injonction de Vincent de Paul4, impliquant un renversement des rôles, comporte en elle-même un aspect subversif.
Mais, dans un sens plus profond, les pauvres sont des maîtres en humanité. Cette acception était aussi présente à l’esprit de Vincent de Paul, comme en témoignent ses écrits et paroles. À leur contact, non seulement on peut devenir plus humain mais certains peuvent apprendre à penser ou à repenser soit leur propre vie soit celle de leur communauté en fonction des représentations qu’ils ont des besoins des pauvres. En ce sens, il y a des transformations qui s’opèrent à cause d’eux. Ils sont donc des maîtres pas seulement à servir mais aussi à suivre, comme des disciples peuvent suivre un maître.
Deuxième focus donc : il ne s’agit pas d’aller aider les pauvres après avoir rencontré le Christ (dans l’eucharistie, la prière ou autre) ; il s’agit de fréquenter les pauvres pour y rencontrer le Christ.
3. Les pauvres sont l’Église
Dans le sillage de saint Vincent de Paul, le père Joseph Wresinski, fondateur d’ATD Quart-monde, répétait inlassablement : « Les pauvres sont l’Église ».
Sa démarche était double : atteindre les plus pauvres, afin de se laisser enseigner par eux comment réformer et repenser toute la société en fonction de, à partir d’eux, avec eux. Il écrivait [1] :
« Ce n’est pas la misère mais le combat contre la misère qui est un lieu théologique, révélant ainsi une dimension anthropologique universelle, et pas simplement une faille dans l’organisation rationnelle des sociétés modernes. »
Jésus le Christ s’est identifié à ceux qui occupent la dernière place dans nos sociétés :
« Il est allé rejoindre de façon irréversible le monde des très pauvres, des sans-abri. Comme eux, il se voulut sans pouvoir, sans prestige, sans biens. Comme eux, il n’eut pas où reposer sa tête. Il choisit de connaître la faim des affamés, auxquels il apprit à partager le pain. Il fit sien le monde des estropiés, des boiteux, des misérables, des sans-travail auxquels il offrit l’espoir, la prière et le pardon.
Si contrairement à Jésus-Christ, l’Église, à travers nous, nourrissait en elle une certaine volonté de puissance, de domination, de prestige ; si contrairement à Jésus-Christ, l’Église était complice du monde, elle ne pourrait pas être, pour ce monde, inspiratrice de justice, de vérité et d’amour. Elle doit choisir, dit l’apôtre Paul, ce qu’il y a de fou dans ce monde, car c’est ce que Dieu a choisi pour confondre les sages. Elle doit choisir ce qu’il y a de faible dans le monde car c’est ce que Dieu a choisi pour confondre la force. Dieu a choisi ce qui dans le monde est « sans naissance », ce que l’on méprise.
L’engagement de nos communautés à reconnaître ainsi dans les pauvres Dieu insulté, Jésus bafoué, sera la mesure d’après laquelle seront jugés nos engagements personnels. C’est en Église, mais aussi en famille, en groupe professionnel ou culturel, en groupe de chrétiens réunis à la Banque Mondiale ou dans une Ambassade, que nous irons à la recherche de ceux dont le Christ a voulu partager le destin, « la malédiction ». C’est ensemble que nous irons à la recherche de tous ceux que le Christ a tout particulièrement confiés à son Église ; à la recherche des estropiés, des malades, des familles vivant dans les slums ou errant dans les villes et campagnes. Il nous faut, d’une façon ou d’une autre, devenir en ce monde ouverture aux plus pauvres, ensemble. » [2]
Non seulement « L’Église est l’Église des pauvres », selon la belle prophétie de Jean XXIII au concile Vatican II, mais « Les pauvres sont l’Église ». Il ne s’agit donc pas de se pencher sur eux avec la condescendance des dames patronnesses du XIX° siècle. Il ne s’agit même pas de faire pour eux, de l’extérieur, pour soi-disant les aider. Il importe au contraire de faire avec eux, à partir d’eux, ensemble.
Ce renversement de nos priorités pour agir concerne aussi bien le logement social que l’accès à la culture, l’éducation des enfants que la sécurité dans nos quartiers etc. Cela concerne au premier chef la vie de notre Église : sa liturgie, sa diaconie, ses engagements dans le monde.
Par exemple, au lieu d’ânonner une intention de prière universelle pour les pauvres, il vaudrait mieux laisser un pauvre de l’assemblée prier pour les siens et pour tous. Au lieu d’une intention pour un malade, laisser un malade prier à haute voix etc.
Troisième focus donc : inclure les pauvres dans l’Église, au lieu d’en faire un objet de notre sollicitude.
Conclusion :
Les textes de ce dimanche ne plairont sans doute pas à ceux qui voudraient toujours plus de sacré, de rigueur liturgique et d’exigence morale dans nos assemblées. S’il nous manque les veuves, les orphelins, les étrangers au milieu de nous, si nos rangs ne comptent que des puissants, des sages, des CSP+, des cathos bien normés pratiquant l’entre-soi, au lieu des fous, des petits et des faibles que Paul célébrait à Corinthe, si les pauvres ne font pas partie de nos assemblées, nos amis, nos fréquentations, alors nous ne sommes plus l’Église de Jésus-Christ, mais un simple groupe religieux jaloux de son identité à préserver et de son influence à étendre.
Heureux les pauvres (d’argent et de cœur) : ils sont l’Église.
Heureux sommes-nous de faire corps avec cette Église-là !
Mais, au fait, où en êtes-vous de votre fréquentation des plus pauvres que vous ?…
________________________________
[1]. Joseph Wresinski, Les pauvres sont l’Église. Entretiens avec Gilles Anouil. Cerf, 2011.
[2]. Notes d’une conférence du Père Wresinski faite à une soirée organisée par les volontaires et les amis français du Mouvement ATD à Washington D.C., en octobre 1985.
La vidéo ci-dessous vous fait entendre le psaume de ce dimanche avec son trio étranger/veuve/orphelin mis en musique en mode blues,
composé par une intelligence artificielle : étonnant !
LECTURES DE LA MESSE
1ère lecture : « Je laisserai chez toi un peuple pauvre et petit » (So 2, 3 ; 3, 12-13)
Lecture du livre du prophète Sophonie
Cherchez le Seigneur, vous tous, les humbles du pays, qui accomplissez sa loi. Cherchez la justice, cherchez l’humilité : peut-être serez-vous à l’abri au jour de la colère du Seigneur. Je laisserai chez toi un peuple pauvre et petit ; il prendra pour abri le nom du Seigneur. Ce reste d’Israël ne commettra plus d’injustice ; ils ne diront plus de mensonge ; dans leur bouche, plus de langage trompeur. Mais ils pourront paître et se reposer, nul ne viendra les effrayer.
Psaume : Ps 145 (146), 7, 8, 9ab.10b
R/ Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux ! ou : Alléluia ! (Mt 5, 3)
Le Seigneur fait justice aux opprimés ;
aux affamés, il donne le pain,
le Seigneur délie les enchaînés.
Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,
le Seigneur redresse les accablés,
le Seigneur aime les justes.
Le Seigneur protège l’étranger,
il soutient la veuve et l’orphelin,
le Seigneur est ton Dieu pour toujours.
2ème lecture : « Ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi » (1 Co 1, 26-31)
Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens
Frères, vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien : parmi vous, il n’y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens puissants ou de haute naissance. Au contraire, ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est ; ainsi aucun être de chair ne pourra s’enorgueillir devant Dieu. C’est grâce à Dieu, en effet, que vous êtes dans le Christ Jésus, lui qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification, rédemption. Ainsi, comme il est écrit : Celui qui veut être fier, qu’il mette sa fierté dans le Seigneur.
Évangile : « Heureux les pauvres de cœur » (Mt 5, 1-12a)
Acclamation : Alléluia. Alléluia.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! Alléluia. (Mt 5, 12)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage. Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »
Patrick BRAUD

































