Que tous soient un
Que tous soient un
Homélie du 7° Dimanche de Pâques / Année C
01/06/25
Cf. également :
Étienne, protomartyr, maître es-témoignage
Sans séparation ni confusion …
Lapidation : le retour !
Poupées russes et ruban de Möbius…
Le dialogue intérieur
Sois un être de désir !
Trinité : ne faire qu’un à plusieurs
La différence entre martyr et kamikaze ou djihadiste
1. Polyphonie
J’ai ce grand bonheur – comme environ 3,5 millions de Français ! – de chanter chaque semaine avec une chorale amateure. Notre répertoire est plutôt Gospel. Les sopranes ont souvent la voix la plus mélodieuse, celle qu’on retient facilement pour chanter sous la douche après avoir écouté le titre une fois. Les basses jouent un rôle de feutre surligneur : elles stabilotent la mélodie en l’accompagnant d’harmoniques profondes et en la rythmant façon percussion. Mon registre ténor est contrasté : parfois brillant et s’élevant au-dessus des autres, souvent tout en nuances pour donner de la profondeur aux sopranes. Les alti ont le rôle le plus ingrat : voix discrètes, à la fois féminines et graves, rarement mises en avant, mais indispensables à l’équilibre global.
Sur certaines partitions, ces quatre voix se conjuguent à merveille. Par exemple, les chorals de Bach les font dialoguer pour s’élever d’un seul cœur en une prière bâtie comme une cathédrale. Sur d’autres partitions, les voix « frottent » les unes contre les autres, et ces dissonances produisent un effet de feu d’artifice éblouissant ou au contraire de conversation croisée intime.
Le bonheur de ces chorales amateures, c’est de tisser ces quatre fils vocaux en une solide trame chatoyante. Elles s’en donnent « à chœur joie », pourrait-on dire, car le plaisir est justement de chanter d’un seul cœur en chœur !
Cette unité polyphonique exaltant les différences qui se conjuguent en un chant unique pourraient bien servir de référence à l’unité que Jésus demande à son Père pour ses disciples dans sa fameuse prière sacerdotale de ce dimanche (Jn 17,20–26) :
« Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé ».
Comment pouvons-nous recevoir la grâce de cette unité pour laquelle le Christ a prié, pour laquelle il est mort ?
Essentiellement à travers les deux « sacrements de l’unité » que le Christ nous a laissés afin de nourrir notre difficile conversion à cette manière de vivre qui est celle de Dieu en lui-même, communion d’amour.
2. L’Église, sacrement de l’unité du genre humain
C’est l’enseignement le plus important de Vatican II : « L’Église est, dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et l’instrument de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » (LG 1).
Le Catéchisme de l’Église Catholique recueille cet apport essentiel du concile en qualifiant sans cesse l’Église de « sacrement de l’unité » :
“ Être le sacrement de l’union intime des hommes avec Dieu : c’est là le premier but de l’Église. […] Parce que la communion entre les hommes s’enracine dans l’union avec Dieu, l’Église est aussi le sacrement de l’unité du genre humain » (n° 775).
« Pour l’homme, cette consommation sera la réalisation ultime de l’unité du genre humain, voulue par Dieu dès la création et dont l’Église pérégrinante était ‘comme le sacrement’ (LG 1) » (n° 1045).
“Les actions liturgiques ne sont pas des actions privées, mais des célébrations de l’Église, qui est ‘le sacrement de l’unité’, c’est-à-dire le peuple saint réuni et organisé sous l’autorité des Évêques » (n° 1126).
1525 Le Christ a réconcilié les hommes avec Dieu et fait de son Église le sacrement de l’unité du genre humain et de son union avec Dieu (n° 2305).
Voilà la vocation de l’Église : être le sacrement de l’unité du genre humain. Un sacrement, soit un signe et un moyen.
Signe de l’unité trinitaire, l’Église l’est lorsqu’elle rappelle la vocation des peuples, des nations, des communautés diverses à s’entendre pour bâtir la paix, la concorde, l’échange. Elle oriente nos actions vers le Royaume, plus grand que nos réalisations humaines qui y contribuent pourtant.
Moyen de l’unité du genre humain, l’Église l’est lorsqu’elle propose dans ses paroisses, mouvements, communautés et groupes divers une expérience d’amitié, de communion, de solidarité qui permet à chacun et tous de progresser vers l’unité divine. Elle veut offrir à tous les hommes de bonne volonté un lieu de vie où il est possible d’expérimenter la communion fraternelle à la manière trinitaire, dans le respect et la conjugaison des différences donc. Une communion polyphonique.
C’est le grand défi de toutes nos assemblées : ne pas devenir un club fermé entre gens bien, mais unir toutes les sensibilités, classes sociales, origines ethniques etc. en un seul corps. Il y a un islam marocain, un bouddhisme laotien, mais il ne peut y avoir de christianisme national. Par essence, par vocation, nous sommes catholiques, c’est-à-dire selon l’étymologie grecque (καθ – ὅλος , kath-olon) : orientés vers le tout. Aucun groupe se disant chrétien ne peut s’enfermer dans une seule particularité (sociologique, spirituelle, politique, liturgique…).
Dès les premiers siècles, les schismes et les petites chapelles à part sont ressenties comme des déchirures de l’unique tunique sans couture du Christ.
« Pourquoi des disputes, des colères, les divisions, décision est la guerre parmi vous ? N’avons-nous pas un seul Dieu, un seul Christ, un seul Esprit de grâce répandu sur nous, et une seule vocation dans le Christ ? Pourquoi écarteler et déchirer les membres du Christ, pourquoi nous révolter contre notre propre corps, et en arriver à une telle démence : oublier que nous sommes membres les uns des autres ? […]
Vos scissions en ont détourné beaucoup, elles en ont jeté beaucoup dans le découragement, beaucoup dans le doute, et nous tous dans le chagrin. Et votre désaccord se prolonge ! » (Clément de Rome, Lettre aux Corinthiens).
Il s’agit de ne pas faire mentir la mort du Christ, dont le seul but est de « rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés » (Jn 11,52).
Le mouvement œcuménique essaie – laborieusement – de réparer les coups de poignards qui ont lacéré l’unité ecclésiale depuis 2000 ans. Mais il nous faut commencer au plus près : dans nos paroisses, nos équipes liturgiques, nos groupes bibliques, nos pèlerinages etc.
Et peut-être également commencer par nous-mêmes : suis-je vraiment Un ? unifié autour de ce qui est essentiel pour moi ? Rappelons-nous que le diable (διάβολος , dia-bolos = disperser, éparpiller) est le diviseur là où le Christ est le symbole (σύμβολον, syn-bolon = mettre ensemble).

3. L’eucharistie, autre sacrement de l’unité
« Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain » (1Co 10,17).
Augustin commente à l’infini cette parole de Paul sur le pain unique qui engendre un seul corps. Face aux schismes qui déchirent l’Église d’Afrique, il répète inlassablement l’exigence d’unité que comporte la communion eucharistique, mouvement d’unité qui s’étend à l’humanité toute entière, destinée à être rassemblée en l’unique Corps du Christ. « Les aliments qui vous tombent sous les yeux sont le sacrement de notre unité. (…) La coupe comme le pain recèlent le mystère de notre unité » (Serm. Jour de Pâques). « Ce pain nous apprend combien nous devons aimer notre unité! (…) C’est là comme un symbole de notre unité » (Serm. 227). Les citations seraient innombrables et vont toutes dans ce sens: le Christ est venu rassembler dans l’unité trinitaire l’humanité entière; il a donné sa vie pour cela. Le mémorial de son sacrifice nous donne d’avoir part dès maintenant, dans et par l’Église, à ce mouvement d’unification de la famille humaine, afin de tendre vers l’unité universelle, eschatologique et cosmique de la Cité de Dieu.
Au premier siècle, l’unité ecclésiale était forte et évidente, car il y avait chaque dimanche une seule eucharistie dans une ville, présidée par l’évêque entouré de son presbyterium. Très vite, les communautés chrétiennes se sont multipliées, en campagne notamment, et ne pouvaient plus se joindre à l’eucharistie centrale. D’où la multiplicité des célébrations dominicales. On garde cependant en tête le modèle, l’archétype de la célébration unique, signifiant l’unité de l’Église et du genre humain. Car cette multiplicité d’assemblées était ressentie comme un écart par rapport à un idéal, car la fonction sacramentelle de l’Église réalisant l’unité eschatologique de l’humanité est beaucoup moins bien signifiée dans ce morcellement d’assemblées.
Pour bien garder cette signification, et pour rappeler que l’assemblée eucharistique unique est la norme dans un diocèse, l’Église de Rome avait inventé la pratique du fermentum, attestée par Irénée à la fin du II° siècle: une parcelle (fermentum) du pain consacré par l’évêque de Rome lors de l’eucharistie présidée par lui à la cathédrale était envoyée aux Églises de la ville de Rome qui ne pouvaient se regrouper autour de cette eucharistie unique. Les diacres apportaient cette parcelle consacrée, ce ferment d’unité, qui était mise dans le calice avant la communion, en signe de la communion de cette assemblée avec celle présidée par le pape.
Le sens symbolique était clair: il s’agissait de compenser l’impossibilité de l’assemblée unique, qui est pourtant la norme, par un signe de la communion ecclésiale réalisée par la communion à la même eucharistie.
Le Pape Innocent I écrivait en 416 à l’évêque de Gubbio : « Quant au fermentum que nous envoyons, le dimanche, dans les divers titres, il est superflu pour toi de nous consulter à ce sujet. Chez nous, en effet, les Églises sont toutes bâties à l’intérieur des murs de la cité. Leurs prêtres qui, ce jour-là, à cause du peuple qui leur est confié, ne peuvent pas célébrer avec nous, reçoivent donc par des acolytes le fermentum confectionné par nous, afin qu’ils ne se sentent pas, surtout ce jour-là, séparés de notre communion. Mais cela, je ne pense pas qu’il faille le faire dans les parties rurales des diocèses, parce que les sacrements ne doivent pas être portés au loin… »
L’usage du fermentum ne fut certes pas universel ; peut-être est-il propre à Rome, et il disparaît progressivement vers le VII° siècle. L’immixtion, c’est-à-dire le mélange d’une parcelle d’hostie au calice avant la communion, demeure pour nous aujourd’hui une lointaine trace du fermentum. Mais sa signification ecclésiale s’est perdue, et a été remplacée par une signification de type ontologique. Dans le climat de polémique contre les protestants au sujet de la communion sous les deux espèces, ce geste en est venu à signifier l’intégralité de la présence du Christ sous chaque espèce (non-séparation du corps et du sang du Christ, l’un dans le pain et l’autre dans le vin), et donc la légitimité de la communion au pain seulement. Triste exemple de la « césure meurtrière » (Congar) entre l’Église et l’eucharistie…
Pour le dire de manière radicale, l’enjeu de l’eucharistie n’est pas l’adoration, ni même la présence, mais bien l’unité du genre humain ! Le véritable sacrifice eucharistique n’est pas dans l’ascèse, l’immolation ou la pompe liturgique. L’eucharistie ‘fait du sacré’ (sacrifice) lorsqu’elle nourrit et bâtit l’unité du genre humain : elle contribue ainsi à la divinisation de tous et chacun.
À plusieurs, ne faire qu’un : voilà l’enjeu majeur de nos messes, de nos cultes de Sainte Cène, de nos divines liturgies. La Tradition unanime ne cesse de le marteler.
« Comme ce pain rompu, autrefois disséminé sur les montagnes, a été recueilli pour devenir un, qu’ainsi ton Eglise soit rassemblée des extrémités de la terre dans ton royaume » (La Didachè des Apôtres).
« Qu’est donc ce pain ? C’est le Corps du Christ. Que deviennent ceux qui le reçoivent ? Le corps du Christ : non pas plusieurs corps, mais un seul corps. En effet, comme le pain est tout un, bien qu’il soit constitué de multiples grains, qui, bien qu’on ne les voie pas, se trouvent en lui, tels que leur différence disparaisse en raison de leur parfaite fusion, de la même manière nous sommes unis les uns aux autres et nous sommes unis tous ensemble au Christ » (Chrysostome, Homilia in primam ad Corinthios 24,2).
Dieu fait ainsi de son Église l’offrande eucharistique par excellence : « Le plus grand sacrifice que l’on puisse offrir à Dieu, c’est notre paix, c’est la concorde fraternelle, c’est le peuple rassemblé par cette unité qui existe entre le Père, le fils et le Saint Esprit » (Cyprien de Carthage, La prière du Seigneur).
« C’est Dieu qui conserve dans l’Église son amour qu’il a répondu en elle par l’Esprit Saint. Il fait ainsi de cette Église un sacrifice qui lui est agréable, afin qu’elle puisse toujours recevoir la grâce de l’amour spirituel, et que cette grâce lui permettre de s’offrir continuellement en un sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu » (Fulgence de Rome, à Maxime).
Cette vocation unitaire de l’eucharistie à une tonalité eschatologique qui affleure dans le symbolisme du repas eucharistique.
Isaïe fait du festin fraternel une figure annonciatrice du banquet eschatologique (Is 25,6‑7). Jésus reprendra cette image pour parler du Royaume (Lc 13,29 ; 22,28-30 ; Mt 22,1-14…), et Jean pour parler du banquet des noces de l’Agneau (Ap 19,5-10). L’eucharistie annonce cette unité eschatologique où « les hommes de toutes races, de toutes langues et de toutes cultures seront réunis et rassemblés autour de la table de ton Christ » (Prière eucharistique pour la réconciliation). Elle annonce la vocation de l’Église à devenir « le monde réconcilié », selon le mot d’Augustin. Il est à noter que cette communion eschatologique n’est pas le fruit et le résultat de la volonté des participants, mais de l’invitation du Christ lui-même se donnant en nourriture. La dimension ‘verticale’, transcendante de la communion eucharistique fonde et réalise la dimension ‘horizontale’, fraternelle de cette même communion de table, et non l’inverse.
À plusieurs, ne faire qu’un : c’est le défi majeur de nos existences humaines, en nous-même, avec nos proches et nos lointains.
C’est pour cela que « le Christ est mort, afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés » (Jn 11,52).
C’est dans ce but que l’Église nous est proposée en tant que signe et moyen.
C’est la visée ultime du sacrifice eucharistique : nous unir comme les membres du Corps du Christ.
C’est également la visée du sacrement de mariage : manifester l’amour qui unit le Christ à son Église.
Méditons en cette semaine sur ce défi de l’unité – polyphonique ! – en nous appuyant sur la prière de Jésus : « que tous soient un, comme toi Père tu es en moi et moi en toi » !
Lectures de la messe
Première lecture
« Voici que je contemple le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu » (Ac 7, 55-60)
Lecture du livre des Actes des Apôtres
En ces jours-là, Étienne était en face de ses accusateurs. Rempli de l’Esprit Saint, il fixait le ciel du regard : il vit la gloire de Dieu, et Jésus debout à la droite de Dieu. Il déclara : « Voici que je contemple les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » Alors ils poussèrent de grands cris et se bouchèrent les oreilles. Tous ensemble, ils se précipitèrent sur lui, l’entraînèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul. Étienne, pendant qu’on le lapidait, priait ainsi : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. » Puis, se mettant à genoux, il s’écria d’une voix forte : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché. » Et, après cette parole, il s’endormit dans la mort.
Psaume
(Ps 96 (97), 1-2b, 6.7c, 9)
R/ Le Seigneur est roi, le Très-Haut sur toute la terre !
ou : Alléluia ! (Ps 96, 1a.9a)
Le Seigneur est roi ! Exulte la terre !
Joie pour les îles sans nombre !
justice et droit sont l’appui de son trône.
Les cieux ont proclamé sa justice,
et tous les peuples ont vu sa gloire.
À genoux devant lui, tous les dieux !
Tu es, Seigneur, le Très-Haut sur toute la terre :
tu domines de haut tous les dieux.
Deuxième lecture
« Viens, Seigneur Jésus ! » (Ap 22, 12-14.16-17.20)
Lecture de l’Apocalypse de saint Jean
Moi, Jean, j’ai entendu une voix qui me disait : « Voici que je viens sans tarder, et j’apporte avec moi le salaire que je vais donner à chacun selon ce qu’il a fait. Moi, je suis l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. Heureux ceux qui lavent leurs vêtements : ils auront droit d’accès à l’arbre de la vie et, par les portes, ils entreront dans la ville. Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange vous apporter ce témoignage au sujet des Églises. Moi, je suis le rejeton, le descendant de David, l’étoile resplendissante du matin. » L’Esprit et l’Épouse disent : « Viens ! » Celui qui entend, qu’il dise : « Viens ! » Celui qui a soif, qu’il vienne. Celui qui le désire, qu’il reçoive l’eau de la vie, gratuitement. Et celui qui donne ce témoignage déclare : « Oui, je viens sans tarder. » – Amen ! Viens, Seigneur Jésus !
Évangile
« Qu’ils deviennent parfaitement un » (Jn 17, 20-26)
Alléluia. Alléluia. Je ne vous laisserai pas orphelins, dit le Seigneur, je reviens vers vous, et votre cœur se réjouira. Alléluia. (cf. Jn 14, 18)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi. Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. »
Patrick BRAUD




















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Les élections européennes de mai donnent une harmonique très politique aux paroles du Christ dans notre Évangile (Jn 17, 20-26) :
La devise officielle de l’Europe est « Unie dans la diversité ». Elle renvoie d’abord à la diversité des langues. Le multilinguisme est une des caractéristiques de l’Europe. En effet, l’enjeu de la construction européenne est bien celui-ci : faire UN à 28. Pour certains, cette unité européenne demande d’abolir toutes les frontières, les uns au nom de la libre circulation des personnes et des biens, les autres au nom de la fraternité universelle. Un amoureux de l’Europe d’hier, Stefan Zweig (1881-1942), rêve entre-deux
« Mon Père et moi nous sommes UN »
La deuxième impasse serait avec la confusion celle de la soi-disant abolition de toutes les frontières et différences. Jésus ne disait pas : « je suis le Père » mais