L'homélie du dimanche (prochain)

3 mai 2026

Êtes-vous simoniaque ?

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 12 h 30 min

Êtes-vous simoniaque ?

 

Homélie pour le 6° Dimanche de Pâques / Année A 

10/05/26 


Cf. également :
Philippe à la mêlée, Pierre à l’ouverture
Passons aux Samaritains !
L’agilité chrétienne
Fidélité, identité, ipséité
Soyez toujours prêts à rendre compte de l’espérance qui est en vous
Se réjouir d’un départ
Le Paraclet, l’Église, Mohammed et nous

 

« Simoniaque » : ça fait peur !

L’adjectif est troublant : il nous fait naviguer entre le démoniaque et le maniaque, et bon nombre d’entre nous Êtes-vous simoniaque ? dans Communauté spirituelle Zeichnung_Simonie-kirchenlexikon-zeichnung-simonieseraient incapables d’en donner la définition. Il faut dire que la simonie ‑ d’où vient cet adjectif ‑ est beaucoup moins pratiquée qu’autrefois (du moins en Europe). Du temps où les avantages liés aux charges ecclésiastiques étaient énormes, les riches cherchaient à acheter des postes, des nominations religieuses, des titres et  privilèges canoniques pour jouir du prestige, des revenus et du pouvoir qui y étaient attachés. Le nom simonie provient de l’épisode de ce dimanche dans notre première lecture (Ac 8,5–17). Avant l’arrivée des apôtres en Samarie (le diacre Philippe en premier, puis Pierre et André), un certain Simon jouissait d’une immense popularité. Il pratiquait la magie et émerveillait la population, au point que les gens disaient de lui : « Celui-ci est la puissance de Dieu, celle qu’on appelle la Grande » (Ac 8:10). Comme quoi le peuple confond souvent magie et religion… Simon occupait une place de leader spirituel « autoproclamé » grâce à ses pouvoirs occultes.


Lors de la venue de l’évangéliste Philippe, il voit des miracles qui surpassent ses propres tours (guérisons, expulsions de démons). Le texte précise que Simon crut lui aussi et fut baptisé. Il devint alors un disciple de Philippe, restant « attaché à lui », fasciné par les signes qu’il voyait. C’est ici que Simon entre dans l’histoire de façon plus sombre. Lorsque les apôtres Pierre et Jean arrivent pour imposer les mains aux nouveaux convertis afin qu’ils reçoivent le Saint-Esprit, Simon est impressionné par ce transfert de puissance (et le chant en langues – glossolalie – qui l’accompagne). Il offre de l’argent aux apôtres pour acquérir ce pouvoir. La réponse de Pierre  est foudroyante : 
« Que ton argent périsse avec toi, puisque tu as cru que le don de Dieu s’acquérait à prix d’argent ! » (Ac 8:20).

C’est de cet épisode qu’est né le terme « simonie », qui désigne le péché consistant à acheter ou vendre des biens spirituels, des sacrements ou des fonctions ecclésiastiques, comme ce Simon.


Au-delà des sombres histoires de népotisme, de trafic d’argent sale et de corruption pour obtenir des postes (toujours d’actualité hélas dans nombre de pays du globe…), la dénonciation de la simonie nous intéresse aujourd’hui encore, pour au moins deux raisons :

- trop de baptisés confondent foi et magie

- la tentation de croire que tout s’achète fait des ravages.

Explorons ces deux pistes.

 

1. Passer de la magie à la foi

On appelait Simon « le magicien » en lui prêtant des pouvoirs extraordinaires. Des textes apocryphes prétendent 050865_af foi dans Communauté spirituellemême qu’il pouvait voler dans les airs ! Et que Pierre l’aurait fait tomber à terre en plein vol devant la foule grâce sa prière ! La magie repose sur une vision pré-scientifique du monde, où les forces invisibles auraient le pouvoir de provoquer des événements heureux ou malheureux : des ‘sorts’, des ‘retours d’affection’, des maladies ou guérisons etc. Son efficacité tient largement à l’effet placebo (wishful thinking) : j’ai vu en Afrique noire des gens tomber malades parce qu’un sorcier les avait soi-disant envoûtés. Vérification faite, le poison ou l’autosuggestion étaient toujours à l’origine des phénomènes soi-disant magiques. J’ai retrouvé cette mentalité pré-scientifique chez bon nombre d’immigrés en France : féticheurs, marabouts et autres voyants pullulent dans nos banlieues. Qui n’a pas retrouvé un jour un carré de papier bourré de fautes d’orthographe coincé sous son essuie-glace ? : « Grand marabout venu d’Afrique », « Succès et prévisions garanties ». « Retour d’affection immédiat ». « Envoûtement sur photo »…

 

Le danger est double ; se faire escroquer (ou pire) par les charlatans, et symétriquement faire fonctionner la foi comme une magie.

Or la foi n’est pas magique, et la magie n’est pas la foi. 

N’en déplaise au Vaudou, à la Santeria  et autres ésotérisme mâtinés d’éléments empruntés au christianisme (invocations, rites, prières, vêtements, médailles etc.), les pratiques magiques s’opposent directement à la foi biblique et à la Raison (au sens des Lumières).

 

250px-Lassa_witch_doctors magieLa Bible ne cesse de condamner la magie. Ici avec Pierre contre Simon. Un peu plus loin avec Paul contre le mage Elymas également appelé BarJésus (Ac 13,6–12). À Éphèse, la défaite de la magie devant l’Évangile est publique : « Bon nombre de ceux qui avaient pratiqué les sciences occultes rassemblaient leurs livres et les brûlaient devant tout le monde ; on en évalua le prix : cela faisait cinquante mille pièces d’argent » (Ac 19,19). Et Paul inclut la sorcellerie dans la liste des actions qui empêchent d’entrer dans le royaume de Dieu (Ga 5,19–21).

Déjà, l’Ancien Testament était catégorique : « Pas de présage en Jacob, pas de divination en Israël ! » (Nombre 23,23)

Le prophète Isaïe est très clair : « On vous dira peut-être : “Consultez les devins et les nécromanciens, qui chuchotent et marmonnent ! Un peuple ne doit-il pas consulter ses dieux au sujet des vivants, et consulter aussi ses morts ?” Non ! Revenez à l’enseignement et au témoignage. Malheur à qui ne s’en tient pas à cette parole : on ne pourra en conjurer la malédiction » (Is 8,19–20).

 

Ne croyez pas que ces superstitions pré-scientifiques n’existent qu’ailleurs ! Les voyants, sorciers et autres jeteurs de sort ou envoûteurs pullulent et prospèrent sur la naïveté de leurs clients ! Le pape François n’hésitait pas à sermonner la foule de la place Saint-Pierre le 4 décembre 2019 : « Combien d’entre vous vont se faire tirer les cartes ? Combien d’entre vous vont se faire lire l’avenir dans les mains ? Ces choses que vous faites pour connaître l’avenir, pour devenir d’autres choses ou pour changer certaines situations dans votre vie, ne sont pas chrétiennes. La grâce du Christ apporte tout. Priez ! » Ce jour-là, le pape a rappelé aux fidèles que saint Paul avait déjà mis en garde les chrétiens contre les cultes païens et superstitieux. « Si vous choisissez le Christ, vous ne pouvez pas avoir recours au magicien », a insisté le pape.

 

Pourquoi magie et foi sont-elles incompatibles ?

- La magie est une tentative de coercition : le magicien utilise des formules, des rituels ou des objets pour forcer de soi-disant puissances spirituelles (souvent perçues comme neutres ou démoniaques) à obéir à sa volonté. Le magicien est le maître du processus.

La foi des apôtres en Samarie est une supplication ou une délégation. Le miracle est un don gratuit de Dieu. L’apôtre n’est qu’un canal (un instrument) ; il ne possède pas le pouvoir, il le reçoit de l’Esprit Saint.

- La finalité de la magie est la gloire personnelle du magicien ; celle de la foi est la gloire de Dieu. Le texte souligne cette différence flagrante dans l’objectif recherché : le texte dit que Simon le magicien « se donnait pour un personnage important » (Ac 8,9). Son but était d’étonner les foules pour asseoir son influence et, comme le montre sa proposition d’achat, de rentabiliser son « art ».

Le but de Philippe et les Apôtres est d’annoncer la « Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu ». Le miracle sert à authentifier le message et non à glorifier le messager. D’ailleurs, Pierre refuse catégoriquement l’argent, montrant que le don de Dieu est incompatible avec le profit personnel.

- Le mode opératoire de la magie est le secret, l’ésotérisme ; celui de la foi est la transparence.

Les sorciers cherchent à impressionner en multipliant les formules magiques, les gestes étranges, les produits mystérieux à ingérer ou enduire etc. Les apôtres font comme Jésus des gestes simples et compréhensibles de tous, sans esbroufe ni logorrhée inutiles.

 

Pourquoi Simon a-t-il fait cette erreur de jugement ?

Simon le magicienSimon a vu l’imposition des mains de Pierre et Jean comme une « technique supérieure ». Dans son esprit de magicien, il a pensé : « Ils ont un secret plus puissant que le mien, je dois l’acheter pour rester le meilleur. » Il n’a pas compris que le Saint-Esprit n’est pas une énergie que l’on manipule, mais une Personne avec laquelle on entre en relation.

C’est cette confusion entre le « faire » (la technique) et l’ »être » (la relation avec Dieu) qui constitue le cœur de son erreur.

 

La magie veut manipuler de soi-disant forces invisibles pour les soumettre à un intérêt individuel. Elles manipulent également le client afin qu’il adhère de toutes ses forces aux rituels, aux imprécations, aux théories occultes, leur abandonnant ainsi le contrôle sur sa vie, et leur accordant un pouvoir qu’elles n’ont pas autrement (les Anglais parlent de self-fulfilling prophecy = théorie auto-réalisatrice : le seul fait d’y croire leur confère un pouvoir qu’elles n’ont pas autrement).

 

Le pire est que la magie peut s’infiltrer dans les démarches apparemment les plus religieuses. Combien de fois prions-nous pour obtenir ce que nous voulons, plus que pour recevoir ce que Dieu veut nous donner ? Combien de fois recourons-nous à des processions, des médailles, des rites étranges pour éloigner la peste, faire tomber la pluie, guérir d’un cancer, réussir un examen, réussir en  affaires, réussir en amour ?

Tout cela est magie, et folie.

 

En Afrique, les « Business Churches » évangéliques et les féticheurs empoisonnent et dénaturent l’annonce de l’Évangile. Certains « prophètes » ou « apôtres » autoproclamés utilisent des techniques de mise en scène spectaculaires. Ils vendent des « objets de point de contact » (huile d’onction, eau bénite, mouchoirs miracles) à des prix élevés. Le miracle est présenté comme une transaction : « Donne à Dieu (à l’Église) pour qu’il te donne le succès, la guérison ». On est ici dans la simonie pure. À l’inverse, la figure de Philippe se retrouve dans les Églises (historiques ou de réveil) qui privilégient le développement communautaire, les dispensaires et les écoles, où le spirituel ne sert pas à exploiter la misère, mais à restaurer la dignité humaine sans contrepartie financière.

Prosperity Gospel
Aux États-Unis, l’Évangile de la Prospérité (Prosperity Gospel) lie la foi au succès matériel et à la psychologie positive. Cette forme de simonie s’incarne dans les télévangélistes qui prêchent que foi comme une formule magique pour devenir riche. La « Seed Faith » (la semence de foi) consiste à envoyer de l’argent au prédicateur pour « débloquer » la bénédiction divine.  Ou encore chez Trump qui se présente comme le Messie envoyé par Dieu pour sauver l’Amérique ! Ici, Dieu est traité comme une machine distributrice que l’on manipule par ses dons, que l’on instrumentalise pour sa propre gloire.


En Europe, le contexte est plus sécularisé, mais la soif de « pouvoir spirituel » prend de nouvelles formes. On retrouve la simonie dans le succès des « coachs spirituels », des gourous du bien-être, des managements cherchant à capter l’enthousiasme des salariés. On y vend des méthodes pour « manifester » sa réalité, utiliser la « loi de l’attraction » ou manipuler des « énergies » pour obtenir ce que l’on veut (santé, amour, argent). C’est la magie de Simon réinterprétée : l’homme reste le maître qui utilise des forces « spirituelles » pour son propre bénéfice.


Dans les trois cas (Afrique, USA, Europe), la tentation de Simon est toujours d’instrumentaliser la foi en un outil de manipulation où l’ego reste au centre, tandis que la voie de Philippe exige un déplacement de soi pour laisser la place à l’Autre.

 

2. Passer du marchand au gratuit

Simon croit que l’argent va lui permettre d’acquérir un pouvoir plus grand grâce à la supposée technique magique des apôtres.

L’erreur de Simon est tragique parce qu’elle est subtile. Il ne veut pas faire le mal. Il veut « acheter le don de Dieu ». Dans son esprit de magicien, tout a un prix, tout est une technique que l’on acquiert pour augmenter son propre prestige. Simon regarde l’Esprit Saint comme une ressource supplémentaire à ajouter à son catalogue de pouvoirs.

fc6f03_ca754a4aeb214ab1aaba4e4ef4302141~mv2 SimonC’est là que naît la simonie. La simonie, ce n’est pas seulement le commerce des choses saintes ; c’est la prétention de croire que l’on peut marchander avec l’Invisible, que l’on peut mettre la main sur la Grâce par notre argent, nos mérites ou nos efforts.

Aujourd’hui, Simon ne porte plus forcément un manteau de magicien. Il porte parfois le costume du manager, du coach de vie, ou même le nôtre, lorsque nous prions Dieu comme on remplit un contrat d’assurance.

 

La réponse de l’apôtre Pierre est d’une violence salutaire : « Que ton argent périsse avec toi ! » Pourquoi une telle dureté ? Parce que Pierre sait que si la Grâce devient une marchandise, l’homme devient un objet.

Si l’Esprit Saint s’achète, alors seuls les riches ont accès à Dieu. Si le salut se mérite par la performance, alors les fragiles, les épuisés, les « burn-outés » de la vie sont exclus du Royaume. En refusant l’argent de Simon, Pierre défend la gratuité absolue de l’Amour de Dieu.

Le miracle de Philippe en Samarie, ce n’est pas de la magie, c’est de la libération. La magie de Simon enferme les gens dans l’étonnement sur sa personne ; le miracle de Philippe ouvre les gens à la joie dans l’étonnement devant l’amour de Dieu.

 

Comment guérir du « Simon » qui sommeille en nous ?

Le remède tient en un mot : la Gratuité. Dieu ne se manipule pas. Il se reçoit. La vie chrétienne n’est pas une accumulation de « points de fidélité » pour obtenir le Paradis. C’est l’histoire d’un Dieu qui s’est donné gratuitement sur une Croix, sans que nous ayons rien à payer, ni rien à prouver.

 

À la fin du texte, Simon le magicien a peur. Il prend conscience de l’énormité de son erreur (prendre la foi de la magie et vouloir acheter la grâce). Il tremble devant les conséquences : « Que ton argent périsse avec toi ! » Il supplie les apôtres d’intercéder pour lui. Le récit lui laisse donc une porte de sortie : se convertir, renoncer à la magie et au marchandage avec Dieu. Bonne nouvelle pour nous également, qui ne sommes pas à l’abri de ces pratiques typiquement païennes…

 

L’Esprit Saint n’est pas une énergie que l’on capte pour augmenter notre puissance ; c’est un vent qui nous pousse là où nous ne voulions pas aller, pour servir ceux que nous n’avions pas vus.

Aujourd’hui, refusons de mettre un prix sur ce qui est sacré. Refusons de transformer nos vies en outils de performance. Demandons la grâce de redevenir des enfants qui reçoivent tout, les mains nues, du Père qui donne sans compter.

Parce que le plus beau miracle, ce n’est pas de voler dans les airs ou d’étonner les foules ; le plus beau miracle, c’est d’aimer quelqu’un gratuitement, simplement parce qu’il existe.

 

Prière pour passer de la magie à la foi

 

Seigneur Jésus, 

Toi qui as chassé les marchands du Temple et qui as rendu aux pauvres la joie de la gratuité, 

Je me tiens devant Toi avec le désir sincère de simplifier mon cœur.

 

Donne-moi de renoncer aujourd’hui à l’esprit de Simon le Magicien,

De renoncer à vouloir acheter Ta bienveillance par mes efforts, mes mérites ou mes calculs. 

De renonce à croire que ma valeur dépend de mon éclat, de mes succès ou de l’admiration des foules. 

Pardonne-moi d’avoir parfois traité Ta grâce comme une marchandise et Ta puissance comme un outil pour ma propre gloire.

 

Délivre-moi de la tentation de la magie. 

briser-les-chaines simonieDélivre-moi de ce besoin de tout contrôler, de tout prévoir et de manipuler les événements. 

Brise en moi ces « formules magiques » que j’utilise dans ma prière pour essayer de fléchir Ta volonté à la mienne. 

Guéris mon désir de puissance qui se cache derrière mes soifs de perfection et mes refus de la fragilité.

 

Seigneur, fais-moi passer de la magie à la Foi. 

La magie veut posséder, la Foi accepte de recevoir. 

La magie veut forcer Ta main, la Foi s’abandonne entre Tes mains. 

La magie cherche le spectaculaire, la Foi s’émerveille du quotidien.

 

Donne-moi un cœur de pauvre, comme celui de Philippe. 

Apprends-moi la joie du service qui ne demande rien en retour. 

Accorde-moi d’exercer mes responsabilités et mon travail non comme un maître qui domine, mais comme un intendant qui rend grâce. 

Que mon seul « profit » soit de T’aimer et que ma seule « richesse » soit Ta présence.

 

Esprit Saint, souffle sur mes mains fermées pour qu’elles s’ouvrent. 

Fais de moi un témoin de Ta gratuité dans un monde qui veut tout vendre. 

Que je ne cherche plus à « étonner », mais simplement à aimer.

Amen.

 

 

LECTURES DE LA MESSE


PREMIÈRE LECTURE

« Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent l’Esprit Saint » (Ac 8, 5-8.14-17)


Lecture du livre des Actes des Apôtres
En ces jours-là, Philippe, l’un des Sept, arriva dans une ville de Samarie, et là il proclamait le Christ. Les foules, d’un même cœur, s’attachaient à ce que disait Philippe, car elles entendaient parler des signes qu’il accomplissait, ou même les voyaient. Beaucoup de possédés étaient délivrés des esprits impurs, qui sortaient en poussant de grands cris. Beaucoup de paralysés et de boiteux furent guéris. Et il y eut dans cette ville une grande joie.
Les Apôtres, restés à Jérusalem, apprirent que la Samarie avait accueilli la parole de Dieu. Alors ils y envoyèrent Pierre et Jean. À leur arrivée, ceux-ci prièrent pour ces Samaritains afin qu’ils reçoivent l’Esprit Saint ; en effet, l’Esprit n’était encore descendu sur aucun d’entre eux : ils étaient seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus. Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent l’Esprit Saint. « C’est ainsi que Philippe, l’un des Sept, arriva dans une ville de Samarie, et là il proclamait le Christ. Les foules, d’un même cœur, s’attachaient à ce que disait Philippe, car elles entendaient parler des signes qu’il accomplissait, ou même les voyaient. Beaucoup de possédés étaient délivrés des esprits impurs, qui sortaient en poussant de grands cris. Beaucoup de paralysés et de boiteux furent guéris. Et il y eut dans cette ville une grande joie. Or il y avait déjà dans la ville un homme du nom de Simon ; il pratiquait la magie et frappait de stupéfaction la population de Samarie, prétendant être un grand personnage. Et tous, du plus petit jusqu’au plus grand, s’attachaient à lui en disant : ‘Cet homme est la Puissance de Dieu, celle qu’on appelle la Grande.’ Ils s’attachaient à lui du fait que depuis un certain temps il les stupéfiait par ses pratiques magiques. Mais quand ils crurent Philippe qui annonçait la Bonne Nouvelle concernant le règne de Dieu et le nom de Jésus Christ, hommes et femmes se firent baptiser. Simon lui-même devint croyant et, après avoir reçu le baptême, il ne quittait plus Philippe ; voyant les signes et les actes de grande puissance qui se produisaient, il était stupéfait. Les Apôtres, restés à Jérusalem, apprirent que la Samarie avait accueilli la parole de Dieu. Alors ils y envoyèrent Pierre et Jean. À leur arrivée, ceux-ci prièrent pour ces Samaritains afin qu’ils reçoivent l’Esprit Saint ; en effet, l’Esprit n’était encore descendu sur aucun d’entre eux : ils étaient seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus. Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent l’Esprit Saint. » (Ac 8,5-17)


PSAUME

(Ps 65 (66), 1-3a, 4-5, 6-7a, 16.20)
R/ Terre entière, acclame Dieu, chante le Seigneur ! ou : Alléluia ! (Ps 65, 1)


Acclamez Dieu, toute la terre ;
fêtez la gloire de son nom,
glorifiez-le en célébrant sa louange.

Dites à Dieu : « Que tes actions sont redoutables ! »

« Toute la terre se prosterne devant toi,
elle chante pour toi, elle chante pour ton nom. »

Venez et voyez les hauts faits de Dieu,
ses exploits redoutables pour les fils des hommes.

Il changea la mer en terre ferme :
ils passèrent le fleuve à pied sec.
De là, cette joie qu’il nous donne.

Il règne à jamais par sa puissance.

Venez, écoutez, vous tous qui craignez Dieu :
je vous dirai ce qu’il a fait pour mon âme ;
Béni soit Dieu qui n’a pas écarté ma prière,
ni détourné de moi son amour !

DEUXIÈME LECTURE
« Dans sa chair, il a été mis à mort ; dans l’esprit, il a reçu la vie » (1 P 3, 15-18)


Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre
Bien-aimés, honorez dans vos cœurs la sainteté du Seigneur, le Christ. Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect. Ayez une conscience droite, afin que vos adversaires soient pris de honte sur le point même où ils disent du mal de vous pour la bonne conduite que vous avez dans le Christ. Car mieux vaudrait souffrir en faisant le bien, si c’était la volonté de Dieu, plutôt qu’en faisant le mal. Car le Christ, lui aussi, a souffert pour les péchés, une seule fois, lui, le juste, pour les injustes, afin de vous introduire devant Dieu ; il a été mis à mort dans la chair ; mais vivifié dans l’Esprit.

ÉVANGILE
« Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur » (Jn 14, 15-21)
Alléluia. Alléluia. Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, dit le Seigneur ; mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui. Alléluia (Jn 14, 23)


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous. Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »
Patrick BRAUD

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28 février 2024

Avec Maître Eckhart, chassons nos marchands intérieurs

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 9 h 30 min

Avec Maître Eckhart, chassons nos marchands intérieurs

 

Homélie pour le 3° Dimanche de Carême / Année B 

03/03/2024

 

Cf. également :
Assumer notre colère
Le Corps-Temple
De l’iconoclasme aux caricatures
Une Loi, deux tables, 10 paroles
La prière et la loi de l’offre et de la demande
Aimer Dieu comme on aime une vache ?
Le Temple, la veuve, et la colère
Les deux sous du don…
Aimer Dieu comme on aime une vache ?


Simonie, simoniaque…

Avec Maître Eckhart, chassons nos marchands intérieurs dans Communauté spirituelle 712QV6uS97L._SL1360_Faites un petit sondage autour de vous : qui connaît la définition et l’origine du mot simonie ? Qui peut décrire une pratique simoniaque ? Peu de gens pourront vous répondre…

La simonie est pourtant à l’œuvre dans la fonction publique, dans les nominations de prestige, et même dans l’Église. La preuve : Luc relate dans son livre des Actes des Apôtres qu’un certain Simon, magicien (= guérisseur, charlatan ou gourou) de son état, fut tellement ébloui par les prodiges accomplis par Philippe puis Pierre qu’il lui demanda discrètement de lui céder les secrets de ce pouvoir moyennant finances (Ac 8,9-21). Or Philippe et Pierre guérissaient et transmettaient l’Esprit par imposition des mains au nom de Dieu, ce qui implique et exige la gratuité entière. Marchander le don de Dieu pour servir son propre intérêt est hélas une pratique de tous les temps, dans tous les milieux sociaux. Simon le Magicien fut vertement réprimandé par Pierre : « Périsse ton argent, et toi avec, puisque tu as estimé pouvoir acheter le don de Dieu à prix d’argent ! » (Ac 8,20).

 

Mais la simonie continuera son chemin dans l’Église, où de nombreux évêchés, médailles et nominations s’obtenaient grâce à de l’argent sous le manteau…

Jésus trouve la simonie installée dans le Temple de Jérusalem : on voudrait nous faire croire que tout s’achète et tout se vend, même la grâce divine ! On voudrait nous soutirer de l’argent pour obtenir des faveurs célestes ! Comme si on pouvait marchander avec Dieu ! Comme si on pouvait acheter le gratuit !

Mais la plupart des gens sont prêts à payer – beaucoup – pour obtenir ce qu’ils veulent. Ils prennent Dieu pour un guichet de la Sécurité sociale, une assurance-vie ou un distributeur bancaire…

Pour ancrer notre dénonciation de toute simonie, suivons de près le sermon n° 1 de Maître Eckhart (1260-1328) [1] sur l’Évangile de ce dimanche (Jn 2,13-25), où l’on voit le doux Jésus se mettre en colère pour fouetter les marchands et les chasser du Temple.

Le raisonnement de Maître Eckhart est serré, et s’articule logiquement en plusieurs étapes. Détaillons-le.

 

1. Le Temple c’est l’âme de chacun

Maître Eckhart fait une lecture mystique du Temple de Jérusalem : il représente le cœur de chaque être humain, notre intimité spirituelle.

Ce temple où Dieu veut régner puissamment selon sa volonté, c’est l’âme de l’homme, qu’il a formée et créée si exactement égale à lui-même, comme nous lisons que Notre Seigneur dit : « Faisons l’homme selon notre image et à notre ressemblance. »


2. Pour que le Christ entre dans ce temple, il faut qu’il soit vide.

Nous nous laissons encombrer par tant de choses non-essentielles ! Sans un vide-grenier énergique pour faire de la place, comment accueillir Celui que même l’infini ne peut contenir ?

 

3. Vide de quoi ?

a) Vide de tout marchandage

marchand%2Bdu%2Btemple-222 Eckhart dans Communauté spirituelleMarchander avec Dieu, c’est s’intéresser à Dieu pour ce qu’il peut m’apporter et non pour lui-même.

Voyez, ce sont tous des marchands ceux qui se préservent de péchés grossiers et seraient volontiers de gens de bien et font leurs bonnes œuvres pour honorer Dieu, comme de jeûner, veiller, prier, et quoi que ce soit, toutes sortes d’œuvres bonnes, et ils les font cependant pour que Notre Seigneur leur donne quelque chose en retour, ou pour que Dieu leur fasse en retour quelque chose qui leur soit agréable : ce sont tous des marchands. 

Ce sont ces marchands-là que Jésus chasse du cœur de l’homme, en purifiant notre foi de toute recherche d’avantages pour nous-mêmes, afin que cette foi devienne gratuite, désintéressée, un « pur amour ». Aimer Dieu pour obtenir la santé, la réussite, la richesse ou même le paradis, c’est un peu aimer Dieu comme une vache : pour son lait, pour sa viande, rarement pour elle-même…

Ce sont de fieffés fous ceux qui veulent ainsi commercer avec Notre Seigneur ; ils ne connaissent de la vérité que peu de chose ou rien. C’est pourquoi Notre Seigneur les chassa hors du temple et les jeta dehors.


b) Vide de tout attachement à nos œuvres

90411994-briser-chaînes marchandDieu le premier n’est pas attaché à lui-même.

Dieu ne cherche pas ce qui est sien ; dans toutes ses œuvres il est dépris et libre et les opère par juste amour. Ainsi fait cet homme qui est uni à Dieu ; il se tient lui aussi dépris et libre dans toutes ses œuvres, et les opère seulement pour honorer Dieu, et ne recherche pas ce qui est sien, et Dieu l’opère en lui.

Nous qui sommes à son image, nous pouvons également pratiquer ce même détachement. Ainsi, si tu fais une œuvre bonne, « tu ne dois rien désirer en retour ».

Voyez, l’homme qui ne vise ni soi ni rien que seulement Dieu et l’honneur de Dieu, il est véritablement libre et dépris de tout mercantilisme dans toutes ses œuvres et ne cherche pas ce qui est sien, tout comme Dieu est dépris dans toutes ses œuvres et libre et ne recherche pas ce qui est sien.

Apprenons à être comme Jésus « dépris et libre ».

Ainsi seraient écartées les tourterelles, c’est-à-dire obstacles et attachement au moi propre en toutes les œuvres qui néanmoins sont bonnes, en quoi l’homme ne cherche rien de ce qui est sien. C’est pourquoi Notre Seigneur dit avec grande bonté : « Enlevez-moi ça, débarrassez-moi ça ! », comme s’il voulait dire : Cela est bon, cependant cela dresse des obstacles.

Maître Eckhart relève que Jésus est moins dur avec les vendeurs de tourterelles qu’avec les changeurs d’argent, car les tourterelles étaient les sacrifices des pauvres, alors que les riches mettaient ostensiblement de grosses sommes d’argent dans les vases du Temple (cf. Mc 12,38-44). Reste que c’est le principe de l’échange qui rend le sacrifice quasi simoniaque. Jésus s’inscrit ainsi dans la lignée des prophètes qui réclamaient l’intériorisation du sacrifice et non plus la graisse des animaux dégoulinant sur les autels en flammes : « Allez apprendre ce que veut dire cette parole : c’est la miséricorde que je désire et non les sacrifices » (Mt 9,13). Les psaumes avaient déjà intériorisé cette exigence : « Si j’offre un sacrifice, tu n’en veux pas, tu n’acceptes pas d’holocauste. Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ; tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé » (Ps 51,18-19).

 

4. Il faut le vide et le silence intérieur pour entendre Jésus nous parler au cœur.

Apprendre-a-faire-le-vide simonieJésus doit-il discourir dans l’âme, alors il faut qu’elle soit seule et il faut qu’elle-même se taise, si elle doit entendre Jésus discourir.
Ah, il entre alors et commence à parler.

De là la nécessité de s’arrêter, de faire une halte spirituelle, de se maintenir en silence, loin des divertissements qui nous détournent de l’essentiel.
Comment écouter une parole venant d’ailleurs si nos casques, nos écrans, nos compagnons-mêmes nous étourdissent sans cesse de bruit et de fureur ?

 

5. Dans ce silence intérieur, que dit le Christ ?

 Il dit ce qu’il est. Qu’est-il donc ? Il est une Parole du Père. Dans cette même Parole le Père se dit soi-même et toute la nature divine et tout ce que Dieu est, tel aussi qu’il la connaît [= la Parole], et il la connaît telle qu’elle est.

Le Christ fait plus que dire quelque chose : il se communique lui-même tout entier. Il est le Verbe de Dieu, et c’est la communion intime avec lui qui est l’objet du dialogue intérieur. Il se donne entièrement, personnellement. Si bien que ce qu’il dit n’est pas une doctrine, une théorie, une pensée, c’est lui-même.

En disant la Parole, il se dit et [dit] toutes choses dans une autre Personne, et lui donne la même nature [divine] qu’il a lui-même. […]

Le Père dit la Parole et dit dans la Parole et non autrement, et Jésus dit dans l’âme. Le mode de son dire, c’est qu’il se révèle soi-même et tout ce que le Père a dit dans lui, selon le mode où l’esprit est réceptif.


6. Alors, unis au Christ, nous pouvons tout traverser avec la puissance qui est en Dieu.

 TempleEckhart cite alors le Psaume (Ps 36,10) :

« Seigneur, dans ta lumière on connaîtra la lumière ».

Alors c’est Dieu avec Dieu qui se trouve connu dans l’âme ; alors elle connaît avec cette sagesse soi-même et toute chose, et cette même sagesse elle la connaît avec lui-même.

Dans le sanctuaire de l’âme, Dieu est connu par Dieu, et rien ne peut troubler cette communion essentielle :

Quand l’esprit reçoit cette puissance dans le Fils et par le Fils, il devient puissant dans toute sorte de progrès, en sorte qu’il devient égal et puissant dans toutes vertus et dans toute limpidité parfaite, de telle manière que félicité ni souffrance ni rien de ce que Dieu a créé dans le temps ne peut troubler cet homme, qu’il ne demeure puissamment en cela comme dans une force divine en regard de laquelle toutes choses sont petites et sans pouvoir.

Cela ressemble à la « sainte indifférence » d’Ignace de Loyola : ne demander à Dieu ni la richesse de la pauvreté, ni la santé ni la maladie, ni la réussite ni l’échec, mais tout traverser avec une confiance égale en Celui qui nous aime.

Voilà pourquoi le marchandage est sans objet avec Dieu !


7. Cette communion intime nous divinise, dès maintenant.

71dALxHYPeL._SL1350_Cette union spirituelle où Dieu se donne lui-même entièrement transforme l’homme dans un mouvement qu’Eckhart appelle Ursprung en allemand, jaillissement de l’être rejoignant son lieu véritable en Dieu.

Lorsque Jésus se révèle avec cette richesse et avec cette douceur et s’unit à l’âme, avec cette richesse et avec cette douceur l’âme flue alors de retour dans soi-même et hors de soi-même et au-dessus de soi-même et au-dessus de toutes choses, par grâce, avec puissance, sans intermédiaire, dans son premier commencement. Alors l’homme extérieur est obéissant à son homme intérieur jusqu’à sa mort, et est alors en paix constante dans le service de Dieu en tout temps. 

C’est cela la Résurrection promise, dont parle Jésus avec le relèvement du Temple de Jérusalem en 3 jours après sa destruction. Dans une dialectique spirituelle qui préfigure celle de Hegel, Maître Eckhart affirme que la négation du mercantilisme (chasser les marchands du Temple) permet à l’âme de surmonter le vide ainsi créé en se laissant rejoindre par la plénitude trinitaire, qui est au-dessus de tout.

 

Il peut ainsi terminer son sermon en résumant sa pensée par une prière qui est aussi la nôtre :

Pour qu’aussi Jésus doive nécessairement venir en nous et jeter dehors et enlever tous obstacles et nous fasse un comme il est un, un Dieu avec le Père et avec l’Esprit Saint, pour que donc nous devenions et demeurions éternellement un avec lui, qu’à cela Dieu nous aide. Amen.

 

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[1] Texte complet accessible ici : https://www.pileface.com/sollers/IMG/pdf/Sermons_1-30.pdf


LECTURES DE LA MESSE

PREMIÈRE LECTURE
La Loi fut donnée par Moïse (Ex 20, 1-17)

Lecture du livre de l’Exode
En ces jours-là, sur le Sinaï, Dieu prononça toutes les paroles que voici : « Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage. Tu n’auras pas d’autres dieux en face de moi. Tu ne feras aucune idole, aucune image de ce qui est là-haut dans les cieux, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux par-dessous la terre. Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux, pour leur rendre un culte. Car moi, le Seigneur ton Dieu, je suis un Dieu jaloux : chez ceux qui me haïssent, je punis la faute des pères sur les fils, jusqu’à la troisième et la quatrième génération ; mais ceux qui m’aiment et observent mes commandements, je leur montre ma fidélité jusqu’à la millième génération. Tu n’invoqueras pas en vain le nom du Seigneur ton Dieu, car le Seigneur ne laissera pas impuni celui qui invoque en vain son nom.
Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier. Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage ; mais le septième jour est le jour du repos, sabbat en l’honneur du Seigneur ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l’immigré qui est dans ta ville. Car en six jours le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent, mais il s’est reposé le septième jour. C’est pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat et l’a sanctifié. Honore ton père et ta mère, afin d’avoir longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu. Tu ne commettras pas de meurtre. Tu ne commettras pas d’adultère. Tu ne commettras pas de vol. Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain. Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne : rien de ce qui lui appartient. »
 
PSAUME
(18b (19), 8, 9, 10, 11)
R/ Seigneur, tu as les paroles de la vie éternelle. (Jn 6, 68c)

La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits,

ils réjouissent le cœur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

La crainte qu’il inspire est pure,

elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables :

plus désirables que l’or,

qu’une masse d’or fin,
plus savoureuses que le miel
qui coule des rayons.

DEUXIÈME LECTURE
« Nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les hommes, mais pour ceux que Dieu appelle, il est sagesse de Dieu » (1 Co 1, 22-25)

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens
Frères, alors que les Juifs réclament des signes miraculeux, et que les Grecs recherchent une sagesse, nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les nations païennes. Mais pour ceux que Dieu appelle, qu’ils soient juifs ou grecs, ce Messie, ce Christ, est puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.
 
ÉVANGILE
« Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai » (Jn 2, 13-25)
Gloire au Christ, Sagesse éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur
Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que ceux qui croient en lui aient la vie éternelle.
Gloire au Christ, Sagesse éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur. (Jn 3, 16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem. Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. » Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : L’amour de ta maison fera mon tourment. Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? » Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. » Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! » Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.

Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite. Pendant qu’il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque, beaucoup crurent en son nom, à la vue des signes qu’il accomplissait. Jésus, lui, ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ; lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme.
 Patrick BRAUD

 

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