L'homelie du dimanche

10 novembre 2019

Il n’en restera pas pierre sur pierre

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 12 h 30 min

Il n’en restera pas pierre sur pierre

Homélie du 33° dimanche du Temps Ordinaire / Année C
17/11/2019

Cf. également :

Nourriture contre travail ?
« Même pas peur »…
La destruction créatrice selon l’Évangile
La « réserve eschatologique »

Et Notre-Dame brûlait…

Incendie Notre Dame de ParisEn ce 15 avril 2019, les passants se figeaient devant le spectacle de l’incendie qui ravageait  la toiture de la cathédrale. Scotchés devant les écrans des chaînes d’information, des milliers de visages scrutaient l’événement, ne sachant quoi penser. La tristesse s’affichait dans les propos de tous les commentateurs, à peine atténuée par les promesses de dons qui affluent déjà pour reconstruire le symbole blessé. Imaginez qu’à ce moment-là surgisse un homme – jeune encore – tenant ces propos devant les caméras de BFM ou de LCI : « vous pleurez pour le toit d’une cathédrale ? Mais viendra un jour où elle sera complètement détruite. Il n’en restera pas pierre sur pierre. Pourquoi vous attacher à des choses qui passent alors que l’éternel est à votre porte et que vous ne lui ouvrez pas ? » L’incompréhension et le rejet seraient unanimes ! Et pourtant, c’est bien ce que Jésus a déclaré sur le Temple de Jérusalem devant lequel tout le monde s’extasiait (cf. Lc 21, 5-19) ! De quoi se faire de solides ennemis dans chaque camp, politique ou religieux… Les spectateurs avides des crucifixions, gibets et autres guillotines utilisaient ces paroles pour tourner Jésus en ridicule :

« Les passants l’insultaient hochant la tête et disant:  » Hé ! Toi qui détruis le sanctuaire et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même en descendant de la croix. «   (Mc 15,29)

Évidemment, vous objecterez (non sans raison) que les Évangiles ont été écrits dans les années 70 à 90 et que donc il était facile à ce moment de prédire la destruction du Temple, puisqu’elle avait déjà eu lieu en l’an 70. Le rédacteur a-t-il mis ces paroles sur les lèvres de Jésus en réfléchissant sur la catastrophe de la prise de Jérusalem par l’empereur Titus ? Ou bien s’est-il souvenu de ces paroles qui avaient tant choqué à l’époque, et qui maintenant trouvaient tout leur sens ? Difficile de trancher. L’essentiel est l’avertissement du Christ : « quand tu vois s’écrouler ce que tu as construit de plus beau, moi je peux le rebâtir à la manière divine et non plus humaine. »

Ces paroles sont si graves pour les juifs qu’ils en feront un motif de condamnation contre Jésus lors de son simulacre de procès :

« Nous l’avons entendu dire: « Moi, je détruirai ce sanctuaire fait de main d’homme et, en trois jours, j’en bâtirai un autre, qui ne sera pas fait de main d’homme. » »  (Mc 14,58)

Annoncer l’éphémère des constructions humaines est donc risqué : le prix à payer peut être très élevé. Voilà pourquoi les prophètes sont si peu nombreux, aujourd’hui encore…

Il n’en restera pas pierre sur pierre dans Communauté spirituelle jesus_donkeyJésus avait pleuré sur Jérusalem, pressentant que son aveuglement spirituel lui serait fatal :

« Quand il approcha de la ville et qu’il l’aperçut, il pleura sur elle. Il disait:  » Si toi aussi tu avais su, en ce jour, comment trouver la paix…! Mais hélas ! Cela a été caché à tes yeux ! Oui, pour toi des jours vont venir où tes ennemis établiront contre toi des ouvrages de siège; ils t’encercleront et te serreront de toutes parts; ils t’écraseront, toi et tes enfants au milieu de toi; et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le temps où tu as été visitée. » (Lc 9, 41-44)

Rappelez-vous : le même avertissement avait été lancé au roi David. Pour prouver son attachement à YHWH et manifester à tous la gloire de son règne, David veut construire un Temple à Jérusalem. Le prophète Samuel le tance vertement : « comment oses-tu prétendre faire quelque chose pour Dieu sans lui demander ? Peux-tu l’enfermer dans une salle de pierre ? Es-tu conscient de l’orgueil et de la démesure de ce projet ? » YHWH renverse alors la perspective : « c’est moi qui te bâtirai une maison, ta dynastie royale, à travers ta descendance. Pour te le prouver, je t’annonce que c’est ton fils Salomon qui va me bâtir un Temple à ma demande, et non toi de ton propre gré (cf. 2S 7). Le rêve de grandeur du roi David s’évanouit : il apprend par cette ‘destruction’ symbolique que le salut est à accueillir et non à bâtir.

800px-Heures_d%27Henri_II_fol73v destruction dans Communauté spirituelleUne autre figure biblique du « il n’en restera pas pierre sur pierre » est Job bien sûr. Rappelez-vous son histoire, l’histoire du malheur innocent qui est de toutes les époques, pays ou religions. Job était heureux, comblé par une famille très nombreuse, des dizaines de serviteurs, des troupeaux innombrables. Le Satan veut insinuer en Dieu le doute sur les motivations de cet homme pieux et intègre : est-ce pour rien (gratuitement) que Job craint Dieu ? Alors, pour éprouver ce pour rien, Satan demande à Dieu d’autoriser que le malheur s’abatte sur la maisonnée de Job, puis sur Job lui-même.

« Est-ce pour rien que Job craint Dieu ? Ne l’as-tu pas protégé d’un enclos, lui, sa maison et tout ce qu’il possède ? Tu as béni ses entreprises, et ses troupeaux pullulent dans le pays. Mais veuille étendre ta main et touche à tout ce qu’il possède. Je parie qu’il te maudira en face ! »  (Jb 1,9-11)

D’un seul coup, Job perd tout : ses dix enfants, ses serviteurs, ses troupeaux, toutes ses richesses. Puis il perd lui-même la santé : il est couvert d’ulcères, et l’on comprend bien en français que Job est ulcéré de ce qui lui arrive. C’est trop injuste ! Pourtant, Job ne renie pas sa foi : sans plus aucune contrepartie, il continue à faire confiance à Dieu.

« Sorti nu du ventre de ma mère, nu j’y retournerai. Le Seigneur a donné, le Seigneur a ôté : que le nom du Seigneur soit béni ! »  (Jb 1,21)

Il ne reste plus pierre sur pierre de tout ce qu’il avait amassé durant sa vie entière, et pourtant il ne renie pas Dieu. Simplement, il se demande : pourquoi ? Avec une lancinante exigence, il écarte toute les théories culpabilisantes de ses amis et garde vivante la question : pourquoi ?

C’est donc que les destructions qui jalonnent notre itinéraire personnel pourraient bien avoir un autre sens que la catastrophe de l’instant. Devant un Temple qui est détruit, l’enjeu n’est pas de se lamenter, mais de se demander : pourquoi ? Ou plutôt : pour quoi, vers quoi ? Vers quoi cette catastrophe peut-elle me/nous mener ?

Quand tout est détruit, ne demandez pas pourquoi en regardant vers le passé, mais pour quoi en regardant devant : vers quoi peut mener cette destruction ?

M830106 exilIsraël a par deux fois connu une destruction semblable à celle que Jésus prophétise : lors de l’exil à Babylone (en 570 av. J.-C.), et lors de la Shoah (= ‘catastrophe’ en hébreu) de 39-45. Car le Temple de Jérusalem a déjà été détruit en -587, lors de la prise de la ville par Nabuchodonosor roi de Babylone. Il s’en est suivi une déportation à Babylone, dont le roi d’Israël, Sédécias, devint le premier déporté, les yeux crevés par le vainqueur. Israël n’avait plus ni Temple, ni terre, roi, ni prophète : il aurait dû disparaître, rayé de la carte pour toujours. Cette destruction apparemment totale a pourtant débouché de façon inattendue sur le retour du peuple et une restauration religieuse plus fidèle à la loi de Moïse. Toujours la question du pour-quoi : à quoi peut mener cet écroulement complet ? Plutôt que de perdre son énergie à faire des théories sur l’inexplicable (d’où vient le malheur innocent ?), mieux vaut se concentrer sur ce qui peut advenir à partir de cette tabula rasa.

Ainsi a fait Israël après sa dispersion en 70 lors de la victoire romaine : pendant des siècles la diaspora juive a maintenu vivante traditions et coutumes, espérant contre toute espérance : « l’an prochain Jérusalem ! »

Ainsi a fait Israël après la deuxième grande déportation de son histoire, la Shoah nazie. Impossible d’expliquer ou de comprendre en fin de compte pourquoi six millions de juifs ont été exterminés dans les camps. Mieux vaut transformer cette catastrophe en moteur pour autre chose : la création de l’État d’Israël en 1948, la vigilance absolue sur l’antisémitisme en Europe etc.

Cliquez pour afficher lDans notre existence personnelle également, il y a des moments où il nous semble qu’il ne subsiste plus rien, pas pierre sur pierre, de tout ce que nous avions construit auparavant. Vous l’avez peut-être déjà expérimenté au moment d’un divorce, d’un diagnostic d’une maladie incurable, d’un handicap qui change tout, d’un licenciement qui vient tout remettre en question… Le témoignage de Martin Gray dans les années 70, garde toute sa force. Par deux fois il a perdu sa femme et ses enfants : dans le ghetto de Varsovie d’abord, puis dans un incendie dans le sud de la France où il avait refait sa vie. À chaque fois, effondré, il s’est demandé où tout cela le conduisait. Et il a reconstruit, « au nom de tous les miens » (Ed. Robert Laffont, 1971). On entend là comme un écho du poème de Rudyard Kipling invitant son fils à affronter les destructions futures qui jalonneront son existence (poème de 1909) :

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ; […]
Tu seras un homme, mon fils.

Repartir de rien demande un courage surhumain. Certains, anéantis après avoir tout perdu, sombrent dans la dépression, fuient dans l’alcool ou la drogue, ou deviennent des fauves par haine de la société. Qui pourrait les juger, tant l’épreuve est destructrice ?

D’autres reçoivent mystérieusement le courage de se relever, et transforment le malheur qui leur est arrivé en source de compassion pour les autres, d’entraide avec ceux à qui il arrive la même chose.

Bien des fois, il ne reste plus pierre sur pierre des beaux édifices que nous avions élevés. Au lieu de nous plaindre, de nous lamenter, de déprimer, entendons le Christ qui nous promet d’intervenir lui-même sur les ruines de notre orgueil passé :

« C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer. […] Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »

 

LECTURES DE LA MESSE

PREMIÈRE LECTURE

« Pour vous, le Soleil de justice se lèvera » (Ml 3, 19-20a)

Lecture du livre du prophète Malachie

Voici que vient le jour du Seigneur, brûlant comme la fournaise. Tous les arrogants, tous ceux qui commettent l’impiété, seront de la paille. Le jour qui vient les consumera, – dit le Seigneur de l’univers –, il ne leur laissera ni racine ni branche. Mais pour vous qui craignez mon nom, le Soleil de justice se lèvera : il apportera la guérison dans son rayonnement.

PSAUME

(Ps 97 (98), 5-6, 7-8, 9)
R/ Il vient, le Seigneur,gouverner les peuples avec droiture. (cf. Ps 97, 9)

Jouez pour le Seigneur sur la cithare, sur la cithare et tous les instruments ;
au son de la trompette et du cor, acclamez votre roi, le Seigneur !

Que résonnent la mer et sa richesse, le monde et tous ses habitants ;
que les fleuves battent des mains, que les montagnes chantent leur joie.

Acclamez le Seigneur, car il vient pour gouverner la terre,
pour gouverner le monde avec justice et les peuples avec droiture !

DEUXIÈME LECTURE
« Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus » (2 Th 3, 7-12)

Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens

Frères, vous savez bien, vous, ce qu’il faut faire pour nous imiter. Nous n’avons pas vécu parmi vous de façon désordonnée ; et le pain que nous avons mangé, nous ne l’avons pas reçu gratuitement. Au contraire, dans la peine et la fatigue, nuit et jour, nous avons travaillé pour n’être à la charge d’aucun d’entre vous. Bien sûr, nous avons le droit d’être à charge, mais nous avons voulu être pour vous un modèle à imiter. Et quand nous étions chez vous, nous vous donnions cet ordre : si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. Or, nous apprenons que certains d’entre vous mènent une vie déréglée, affairés sans rien faire. À ceux-là, nous adressons dans le Seigneur Jésus Christ cet ordre et cet appel : qu’ils travaillent dans le calme pour manger le pain qu’ils auront gagné.

 

ÉVANGILE

« C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie » (Lc 21, 5-19)
Alléluia. Alléluia.Redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. Alléluia. (Lc 21, 28)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

 En ce temps-là, comme certains disciples de Jésus parlaient du Temple, des belles pierres et des ex-voto qui le décoraient, Jésus leur déclara : « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. » Ils lui demandèrent : « Maître, quand cela arrivera-t-il ? Et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? » Jésus répondit : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom, et diront : ‘C’est moi’, ou encore : ‘Le moment est tout proche.’ Ne marchez pas derrière eux ! Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne soyez pas terrifiés : il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas aussitôt la fin. » Alors Jésus ajouta : « On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume. Il y aura de grands tremblements de terre et, en divers lieux, des famines et des épidémies ; des phénomènes effrayants surviendront, et de grands signes venus du ciel.
Mais avant tout cela, on portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon nom. Cela vous amènera à rendre témoignage. Mettez-vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer. Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous. Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »
Patrick BRAUD

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22 octobre 2018

Comme l’oued au désert

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Comme l’oued au désert


Homélie pour le 30° dimanche du temps ordinaire / Année B
28/09/2018

Cf. également :

Les larmes du changement
Bartimée et Jésus : les deux fois deux fils


L’oued comme surprise

Si vous avez eu la chance un jour de parcourir le désert du Sahara au sud de la Tunisie, de l’Algérie ou du Maroc, ou au nord du Niger, vous avez certainement vu ces tranchées de terre au milieu des rochers. La plupart du temps elles sont sèches et craquelées par plus de 50° en plein soleil. Mais vienne la pluie, une de ces pluies soudaines et torrentielles que les rares orages sahariens déversent à gros bouillons (1 mm d’eau par minute !), et ces saignées rouges latérite ou jaune sable deviendront très vite boueuses, puis ruisselantes, et finalement un flot irrésistible balaiera tout sur son passage à la fin de l’orage.
Le boyau éventré qui se change en fleuve, c’est l’oued du désert, phénomène climatologique bien connu des populations sahéliennes. De nombreux villages furent emportés un jour par ces flots jaillis de nulle part, à qui nulle construction ne résiste. Difficile de deviner cette puissance et cette rapidité lorsque l’on découvre le sillon d’un oued incrusté au détour des cailloux du désert !

Comme l’oued au désert dans Communauté spirituelle Maroc._Oued_Tensif

C’est cette image de l’oued au désert que choisit le psalmiste pour évoquer le retour de captivité des déportés juifs (vers 536 avant Jésus-Christ) :

« Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion,
nous étions comme en rêve !
Alors notre bouche était pleine de rires,
nous poussions des cris de joie.

Alors on disait parmi les nations :
« Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! »
Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous :
nous étions en grande fête !

Ramène, Seigneur, nos captifs,
comme les torrents au désert. »
Psaume 125 (126)

220px-The_captivity_of_Judah exil dans Communauté spirituelleLa destruction de Jérusalem, de son Temple, de son roi (Sédécias, emmené les yeux crevés en captivité à Babylone), avait été une catastrophe à laquelle seule la Shoah peut être comparée. Apparemment c’était la fin. Personne ne devait plus entendre parler d’Israël dans l’histoire humaine. Pourtant, 50 ans après, de façon totalement imprévue, se lève un nouveau roi qui autorise les déportés à rentrer chez eux. Mieux encore, Cyrus leur accorde la liberté de culte et les aide à rebâtir leur Temple. Ils n’en reviennent pas de revenir vivre chez eux, les captifs qu’on croyait perdus, desséchés à jamais ! Et voilà qu’à longues caravanes ils affluent vers Jérusalem ! Ce spectacle a tellement impressionné les témoins de ce retour en fanfare qu’ils ont naturellement fait la comparaison avec les flots soudains et puissants qui remplissent les oueds du désert après l’orage.

La relecture que fait le psalmiste de l’Exil à Babylone peut inspirer nos propres relectures de nos exils d’aujourd’hui.

Que faire lorsqu’une catastrophe s’est abattue sur notre existence ? Comment tenir bon alors que l’anéantissement de nos espoirs les plus chers semble sans remède ? La mort d’un proche, la perte d’un emploi, une maladie grave qui s’annonce, une calomnie destructrice… : l’exil peut prendre bien des formes. Votre temple en ruine est peut-être votre couple, vos relations avec tel enfant, votre réputation, vos ressources financières… Le psalmiste ne fait pas l’éloge de ces catastrophes. Il constate simplement que Dieu peut en faire sortir autre chose. Dieu est capable de faire se lever à nouveau un peuple qu’on croyait effacé de l’histoire. « Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham à partir des pierres que voici », dira même Jésus (Lc 3,8).

retour.gifLe psalmiste chante l’événement surprenant qui inverse la malédiction. Il célèbre la seconde chance donnée à son peuple. Le drame n’est pas nié. Il est intégré à une séquence beaucoup plus longue où la catastrophe devient opportunité, où la destruction devient créatrice, où le retour sera mémoire de l’Exil afin de conjurer sa répétition. Le livre de l’Exode faisait déjà cette relecture de la famine qui a poussé les fils de Jacob à fuir de Canaan autrefois : l’exil en Égypte puis l’esclavage pendant des siècles ont finalement produit l’Exode. Et les hébreux sont revenus d’Égypte plus nombreux et plus forts, comme les oueds chevauchant le désert pour aller vers le fleuve. Aujourd’hui, les juifs doivent relire douloureusement la Shoah à la lumière de cette expérience : il n’est nulle catastrophe qui ne puisse se transformer en occasion de progrès. La création de l’État d’Israël en 1948 se superpose ainsi au retour d’Égypte, au retour de Babylone…

C’est donc que les pires événements semblant déstabiliser nos vies, voire les écrouler, ne sont pas le dernier mot de Dieu envers nous. Dès que quelque chose nous blesse, une puissance de germination est à l’œuvre en même temps en nous pour en faire pousser des fruits en abondance : maturité, sensibilité au malheur des autres, humilité, discernement de l’essentiel… Martin Gray a perdu deux fois la famille qu’il venait de construire ou de reconstruire, mais son amour de la vie s’est décuplé, et son témoignage aide toujours ceux qui passent par de telles épreuves.

Nous avons cette espérance chevillée au corps depuis que Jésus de Nazareth a été fixé au bois de la croix. Puisque cette fin infâme a débouché sur la résurrection, comment désespérer que nos drames les plus terribles soient eux aussi métamorphosés en vie nouvelle ?

 

Qui sème dans les larmes moissonne dans la joie

D’où le champ du psalmiste :

« Qui sème dans les larmes
moissonne dans la joie.

Il s’en va, il s’en va en pleurant,
il jette la semence ;
il s’en vient, il s’en vient dans la joie,
il rapporte les gerbes. »

Larmes joieSemer n’est pas moissonner. Et bien souvent le moissonneur ne sera pas le semeur, mais une autre génération ou un autre peuple. Reste que l’œuvre de création se fait souvent dans les larmes, et cela ne doit pas nous surprendre ni nous décourager. Bien des martyrs ont donné leur vie sans voir le fruit de leur témoignage. Mais leur sang est devenu une semence de chrétiens (Tertullien) et leur sacrifice a fondé l’Église sur des bases solides.
Tout au long de nos années, il y a un temps pour semer, et un temps pour moissonner. Un temps pour pleurer, et un temps pour se réjouir. Ce n’est pas une question d’âge : Abraham et Sarah étaient tout étonnés que Dieu veuille semer à travers eux alors qu’ils étaient si âgés. Et le jeune David a triomphé de Goliath, moissonnant ainsi la liberté de son peuple, avant de semer les fondements d’une royauté juste et bonne, douloureusement acquise en dépassant ses propres infidélités.

« Qui sème dans les larmes moissonne dans la joie » : c’est devenu un proverbe dans notre langue. Et la sagesse populaire sait bien que la persévérance dans les temps difficiles est le gage du renouveau après. Dieu est capable de faire surgir des torrents dans les oueds desséchés de notre parcours humain et spirituel.

Alors, quel que soit l’exil qui vous taraude, guettez le nuage à l’horizon, aujourd’hui pas plus gros que le poing (cf. Élie guettant la pluie : 1R 18,44), mais demain déferlant en pluie salvatrice. Ne baissez pas les bras, car l’inversion du malheur est proche.

Et si tout va bien pour vous, réjouissez-vous d’être dans cette période de moisson que promet le psalmiste. Engrangez votre bonheur pour demain : faites-en provision dans le grenier de votre mémoire, comme Joseph a entassé le blé dans les greniers d’Égypte pendant les sept années de vaches grasses (cf. Gn 41). Lorsque viendra le temps des vaches maigres, vous ne serez pas pris au dépourvu…

« Ramène, Seigneur, nos captifs, comme les oueds au désert. »

Ravive, Seigneur, notre espérance : que nous guettions les événements imprévus capables de nous ramener vers toi, plus sûrement que le fleuve à la mer…

 

Lectures de la messe

Première lecture
« L’aveugle et le boiteux, je les fais revenir » (Jr 31, 7-9)

Lecture du livre du prophète Jérémie

Ainsi parle le Seigneur : Poussez des cris de joie pour Jacob, acclamez la première des nations ! Faites résonner vos louanges et criez tous : « Seigneur, sauve ton peuple, le reste d’Israël ! » Voici que je les fais revenir du pays du nord, que je les rassemble des confins de la terre ; parmi eux, tous ensemble, l’aveugle et le boiteux, la femme enceinte et la jeune accouchée : c’est une grande assemblée qui revient. Ils avancent dans les pleurs et les supplications, je les mène, je les conduis vers les cours d’eau par un droit chemin où ils ne trébucheront pas. Car je suis un père pour Israël, Éphraïm est mon fils aîné.

Psaume
(Ps 125 (126), 1-2ab, 2cd-3, 4-5, 6)
R/ Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête !
(Ps 125, 3)

Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion,
nous étions comme en rêve !
Alors notre bouche était pleine de rires,
nous poussions des cris de joie.

Alors on disait parmi les nations :
« Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! »
Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous :
nous étions en grande fête !

Ramène, Seigneur, nos captifs,
comme les torrents au désert.
Qui sème dans les larmes
moissonne dans la joie.

Il s’en va, il s’en va en pleurant,
il jette la semence ;
il s’en vient, il s’en vient dans la joie,
il rapporte les gerbes.

Deuxième lecture
« Tu es prêtre de l’ordre de Melkisédek pour l’éternité » (He 5, 1-6)

Lecture de la lettre aux Hébreux

Tout grand prêtre est pris parmi les hommes ; il est établi pour intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu ; il doit offrir des dons et des sacrifices pour les péchés. Il est capable de compréhension envers ceux qui commettent des fautes par ignorance ou par égarement, car il est, lui aussi, rempli de faiblesse ; et, à cause de cette faiblesse, il doit offrir des sacrifices pour ses propres péchés comme pour ceux du peuple. On ne s’attribue pas cet honneur à soi-même, on est appelé par Dieu, comme Aaron.
Il en est bien ainsi pour le Christ : il ne s’est pas donné à lui-même la gloire de devenir grand prêtre ; il l’a reçue de Dieu, qui lui a dit : Tu es mon Fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré, car il lui dit aussi dans un autre psaume : Tu es prêtre de l’ordre de Melkisédek pour l’éternité.

Évangile
« Rabbouni, que je retrouve la vue » (Mc 10, 46b-52) Alléluia. Alléluia.

Notre Sauveur, le Christ Jésus, a détruit la mort, il a fait resplendir la vie par l’Évangile. Alléluia. (2 Tm 1, 10)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là, tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin. Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! » Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! » Jésus s’arrête et dit : « Appelez-le. » On appelle donc l’aveugle, et on lui dit : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. » L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus. Prenant la parole, Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui dit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! » Et Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt l’homme retrouva la vue, et il suivait Jésus sur le chemin.
Patrick BRAUD

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17 août 2016

Qui aime bien châtie bien ?

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Qui aime bien châtie bien ?

 

Homélie du 21° Dimanche du temps ordinaire / Année C
21/08/2016

Cf. également :

Dieu aime les païens

Jésus et les « happy few » : une autre mondialisation est possible

Êtes-vous plutôt centripètes ou centrifuges ?


Qui aime bien châtie bien ?

La deuxième lecture (He 12,5-13) semble rejoindre ce vieux proverbe latin devenu nôtre : « qui bene amat, bene castigat ». Mais ce n’est qu’en apparence.

« Quand le Seigneur aime quelqu’un, il lui donne de bonnes leçons; il corrige tous ceux qu’il accueille comme ses fils ».

Le terme traduit par « leçon » vient du mot grec : pais, qui signifie enfant. Et il y a six occurrences de cette racine dans le texte. Il s’agit donc de l’éducation des enfants, de pédagogie (le mot vient d’ailleurs de là).

Quelle est donc la pédagogie de Dieu à notre égard ? Comment deviner où Dieu désire nous conduire à travers les événements de notre vie ?

La lettre aux Hébreux nous invite à discerner dans notre histoire des indications pour agir demain. Il ne s’agit pas d’imaginer un Dieu pervers qui prendrait plaisir à corriger ses enfants, mais de relire le passé, même douloureux, pour en tirer des leçons d’avenir. D’ailleurs, le contexte de ce passage est bien celui d’une exhortation pour donner du courage (paraclèse = encouragement dans l’Esprit cf. 12,5). C’est une « parole de réconfort » qui nous est adressée et non pas une menace.

Afficher l'image d'originePar la suite, l’éducation romaine des premiers siècles, ou plus tard l’éducation victorienne et rigoureuse pratiquée en Europe dénaturera ce passage en inversant les priorités : punir pour soi-disant aimer, au lieu de réfléchir sur ce qui a fait mal pour progresser dans l’amour.

Revenons donc au texte. L’auteur de la lettre (Paul ?) nous exhorte à découvrir quelle est la pédagogie de Dieu à notre égard, en réfléchissant à notre passé.

Y a-t-il une pédagogie divine de l’histoire ?

Dire que le passé peut apporter des « leçons » nous oblige à relire, à nous souvenir. Comme l’enfant se souvient de s’être brûlé sur la plaque électrique et en tire la conclusion de ne plus jamais reposer la main dessus !

De même, on voit bien les premiers humains progresser grâce à la transmission de ce qu’ils ont appris dans le passé : l’art du feu, du silex, de l’outil, de la chasse, de la peinture… Apprendre à partir des choses heureuses qui nous sont arrivées ne pose guère de problème. C’est plus difficile de le faire à partir des drames, des échecs, des malheurs qui ont jalonné notre route.

Nous en sommes cependant capables.

Par exemple, allemands et français ont mis trois guerres, dont deux mondiales, à comprendre qu’il ne faut jamais humilier un vaincu, sous peine d’engendrer un cycle infernal de vengeance et de représailles. Permettre à chacun de ressortir la tête haute d’un conflit est une leçon de l’histoire qu’il nous faut absolument transmettre aux jeunes générations. Sinon…

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À l’inverse, nous n’avons pas encore réfléchi sur la montée et la chute du communisme en Europe (de l’Est et de l’Ouest). Des milliers d’intellectuels de haut vol ont été fascinés par cette idéologie meurtrière sans qu’on ait tiré un bilan, une explication et un avertissement de cette effarante complicité idéologique (alors qu’on semble l’avoir fait pour le nazisme).

N’avons-nous rien appris de la violence de Lénine, des goulags de Staline, de la folie planificatrice version Gosplan ? Avons-nous réfléchi à la soif d’absolu sans Dieu qui se manifestait sous le rêve communiste international ? N’y aurait-il pas dans la montée de l’islamisme aujourd’hui des résurgences de ce genre de pensée folle et d’utopie messianique ? Il y a 100 ans, les jeunes gens s’embauchaient pour faire la révolution, à Moscou où à Cuba ou en Chine. Maintenant ils s’enrôlent chez Daech, comme si c’était la seule alternative crédible au capitalisme triomphant.

 

Restons au XX° siècle. La pédagogie divine dans l’histoire dont parle la lettre aux Hébreux se manifeste peut-être au travers du pire crime contre l’humanité : la Shoah. Impensable que Dieu ait voulu cette catastrophe ! Il en est sans doute encore plus meurtri que nous… Sa pédagogie n’est pas de provoquer un tel drame, mais d’inspirer des visionnaires pour que, à partir d’une telle catastrophe, quelque chose de bien néanmoins puisse surgir. La création de l’État d’Israël, et la farouche volonté des peuples de ne jamais laisser revenir les vieux démons antisémites sont sans doute l’une de ses « leçons » du passé à ne jamais oublier.

Car c’est après coup (ex post) que nous réfléchissons sur ce genre d’épreuves, pour y déchiffrer l’exhortation que Dieu nous adresse afin de conjurer le retour du mal.

Passer d’une période à l’autre comme s’il n’était rien arrivé est hélas le plus sûr moyen de répéter l’erreur et la douleur. Ainsi de la crise financière de 2008, dont nous n’avons pas tiré toutes les leçons, notamment pour les banques. Ainsi des guerres injustes contre l’Iran, l’Irak etc. qui nous reviennent en boomerang sous la force d’un islamisme devenu fou. Nous n’avons pas tiré les leçons de nos interventions déstabilisatrices. Ainsi de Mai 68 en France, ou de la guerre d’Algérie, dont nous n’avons toujours pas compris toutes les adhérences. Etc.

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« Tirer les leçons du passé » : ce qui est vrai de l’histoire collective l’est également de notre histoire personnelle. Nous connaissons tous des hommes ou des femmes qui passent de divorce en mariage, puis de séparation à de nouvelles unions, comme s’ils n’apprenaient jamais rien de leurs échecs amoureux antérieurs.

Tel recalage à un examen, tel accident de la route, telle impasse professionnelle peuvent finalement se révéler riches en « leçons » pour rebondir. Dieu n’est certes pas à l’origine de l’épreuve, mais il est sur le chemin qui nous permettra d’en faire quelque chose.

Un pédagogue est celui qui prend la main de l’enfant pour le conduire sur le chemin, jusqu’à ce qu’il devienne adulte. La pédagogie divine est de nous apprendre à relire notre histoire, personnelle et collective, pour trouver le chemin qui nous apportera le relèvement.

Alors, consacrons du temps et de l’énergie et de l’intelligence à cette relecture de notre passé. Que nous est-il révélé de nous-mêmes, de Dieu, des lois du monde à travers des événements ?

Prendre cinq minutes par jour, une heure par semaine, un jour par mois, une semaine par an à faire silence, pour prendre du recul, de la distance, et identifier les lignes de force qui se dessine tout au long des événements nous rendra plus libres, plus conscients, plus sages.

Apprenons à tirer les leçons de notre passé !

 

 

 

1ère lecture : « De toutes les nations, ils ramèneront tous vos frères » (Is 66, 18-21)
Lecture du livre du prophète Isaïe

Ainsi parle le Seigneur : connaissant leurs actions et leurs pensées, moi, je viens rassembler toutes les nations, de toute langue. Elles viendront et verront ma gloire : je mettrai chez elles un signe ! Et, du milieu d’elles, j’enverrai des rescapés vers les nations les plus éloignées, vers les îles lointaines qui n’ont rien entendu de ma renommée, qui n’ont pas vu ma gloire ; ma gloire, ces rescapés l’annonceront parmi les nations. Et, de toutes les nations, ils ramèneront tous vos frères, en offrande au Seigneur, sur des chevaux et des chariots, en litière, à dos de mulets et de dromadaires, jusqu’à ma montagne sainte, à Jérusalem, – dit le Seigneur. On les portera comme l’offrande qu’apportent les fils d’Israël, dans des vases purs, à la maison du Seigneur. Je prendrai même des prêtres et des lévites parmi eux, – dit le Seigneur.

Psaume : Ps 116 (117), 1, 2

R/ Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile.
ou : Alléluia ! (Mc 16, 15)

Louez le Seigneur, tous les peuples ;
fêtez-le, tous les pays !

Son amour envers nous s’est montré le plus fort ;
éternelle est la fidélité du Seigneur !

2ème lecture : « Quand Dieu aime quelqu’un, il lui donne de bonnes leçons » (He 12, 5-7.11-13)
Lecture de la lettre aux Hébreux

Frères, vous avez oublié cette parole de réconfort, qui vous est adressée comme à des fils : Mon fils, ne néglige pas les leçons du Seigneur,ne te décourage pas quand il te fait des reproches. Quand le Seigneur aime quelqu’un,il lui donne de bonnes leçons ;il corrige tous ceux qu’il accueille comme ses fils. Ce que vous endurez est une leçon. Dieu se comporte envers vous comme envers des fils ; et quel est le fils auquel son père ne donne pas des leçons ? Quand on vient de recevoir une leçon, on n’éprouve pas de la joie mais plutôt de la tristesse. Mais plus tard, quand on s’est repris grâce à la leçon, celle-ci produit un fruit de paix et de justice. C’est pourquoi, redressez les mains inertes et les genoux qui fléchissent, et rendez droits pour vos pieds les sentiers tortueux. Ainsi, celui qui boite ne se fera pas d’entorse ; bien plus, il sera guéri.

Evangile : « On viendra de l’orient et de l’occident prendre place au festin dans le royaume de Dieu » (Lc 13, 22-30)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. 
Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, dit le Seigneur ;
personne ne va vers le Père sans passer par moi.
Alléluia. (Jn 14, 6)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, tandis qu’il faisait route vers Jérusalem, Jésus traversait villes et villages en enseignant. Quelqu’un lui demanda : « Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? » Jésus leur dit : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas. Lorsque le maître de maison se sera levé pour fermer la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte, en disant : ‘Seigneur, ouvre-nous’, il vous répondra : ‘Je ne sais pas d’où vous êtes.’ Alors vous vous mettrez à dire : ‘Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places.’ Il vous répondra : ‘Je ne sais pas d’où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice.’ Là, il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, et que vous-mêmes, vous serez jetés dehors. Alors on viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le royaume de Dieu. Oui, il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers. »
Patrick BRAUD

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