L'homelie du dimanche

22 février 2014

Boali, ou l’amour des ennemis

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Boali, ou l’amour des ennemis

Homélie du 7° dimanche du temps ordinaire / Année A
23/02/2014

 

Centrafrique : dans un pays en plein chaos, où la guerre civile dégénère en guerre de religion entre musulmans et chrétiens, ils sont quelques-uns à croire à la parole du Christ d’aujourd’hui : « vous avez appris qu’il a été dit : tu aimeras ton prochain. Eh bien moi, je vous dis : aimez vos ennemis ».

Protéger la famille de son ennemi

Boali le 19 janvier 2014.

Nous sommes au nord de Bangui, capitale de la Centrafrique. Le 17 janvier, des combats ont éclaté entre milices chrétiennes (anti-balaka) et musulmanes (Seleka) : six musulmans et chrétiens sont tués, des maisons sont incendiées, dévastées. Les familles musulmanes, craignant que ces représailles des anti-balaka sur les Seleka s’amplifient, s’enfuient affolées, sans savoir où aller. Face à l’urgence, l’abbé Xavier Fagba et son diacre Boris Wiligale ont alors ouvert les portes de leur paroisse (St Pierre) à des centaines de musulmans, dont de nombreux Peuls (éleveurs nomades), fuyant les violences.

Quelque 700 civils selon l’abbé, en majorité des femmes et des enfants, ont déjà passé deux nuits dans l’église au toit de tôle ondulée, gardée par quelque 70 hommes de l’opération militaire française Sangaris.

cf. http://actu.orange.fr/societe/videos/reportage-a-boali-je-ne-permettrai-pas-qu-on-touche-quiconque-dans-mon-eglise-VID0000001FsrC.html

Lors de la messe ce dimanche 19 janvier, l’abbé Xavier invite les paroissiens à sortir de l’église au moment du geste de paix pour aller saluer les musulmans assis dehors. C’est la mise en pratique très concrète, simple et forte, du chapitre 5 de Matthieu d’où est tiré notre évangile de ce dimanche : « Quand donc tu présentes ton offrande à l’autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande, devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère; puis reviens, et alors présente ton offrande. Hâte-toi de t’accorder avec ton adversaire, tant que tu es encore avec lui sur le chemin? » (Mt 5, 23-25).

À la fin de la messe, le diacre Boris partage un repas avec des musulmans, et les encourage à tenir bon.

Voilà une première traduction de l’amour des ennemis : protéger les familles menacées, de quelque bord qu’elles soient. Ne pas confondre légitime défense et anéantissement du clan de l’autre.

Pourquoi agir ainsi ? Pas seulement pour obéir au Christ ; ou plutôt en lui obéissant pour préparer l’après conflit, où il faudra bien se parler à nouveau. Pour sauvegarder la possibilité de manger ensemble, d’habiter ensemble après. Car si les familles des combattants ont été massacrées, humiliées, comment reconstruire un avenir commun ? Quand on sait ce que font les soldats aux femmes et aux enfants des camps adverses dans toutes les guerres, on mesure combien est révolutionnaire cette protection de la famille de ses ennemis.

La réconciliation après la guerre doit s’anticiper pendant la guerre, pour que l’avenir reste ouvert.

 

Apprendre la langue de son ennemi

Lorsqu’il était en prison, Nelson Mandela a voulu apprendre l’afrikaner, la langue de ses ennemis blancs qui l’avaient emprisonné… Impressionnant ! C’est un peu comme vouloir apprendre l’allemand sous l’occupation nazie.

Pourquoi a-t-il voulu le faire ? Pour pouvoir leur parler au coeur. « Vous savez, quand vous parlez afrikaner, vous les touchez droit au coeur ».

C’est réellement impressionnant. Ce n’est pas par calcul pour mieux les affaiblir que Mandela veut apprendre la langue de ses geôliers, mais pour ouvrir avec eux un dialogue qui les touche au plus profond. C’est donc qu’il savait voir le coeur de ses ennemis au-delà de leur uniforme ou de leur position pro-apartheid. C’est donc qu’il traduisait l’amour des ennemis par ce désir de toucher l’autre au coeur.

Sommes-nous prêts à apprendre la langue de nos adversaires ? C’est-à-dire à découvrir leur culture, leur vision du monde, leur génie propre ?

Sommes-nous prêts à parler à leur coeur au lieu de renverser la tyrannie par la force ? Osons-nous faire ce pari d’écouter ce qu’ils portent de plus profond en eux  (et qu’ils ignorent peut-être eux-mêmes) pour y faire appel ?

On peut encore décliner ce commandement si paradoxal du Christ en plusieurs attitudes à portée de main de chacun de nous.

 

Ne pas vouloir haïr.

Même si nous avons des reproches légitimes à faire, nous n’avons pas besoin de nous laisser gagner par le désir de vouloir du mal.

Le mal gagnerait deux fois : la première quand notre ennemi est submergé par la violence, la deuxième quand la violence nous dominerait à notre tour.

Ne pas vouloir haïr est le premier pas pour aimer son ennemi.

 

« Prier pour ceux qui nous persécutent » (cf. Lc 6,28)

C’est la version positive du refus de la haine : bénir ceux qui nous maudissent et nous diffament, vouloir du bien à ceux qui nous font du mal, intercéder auprès de Dieu pour qu’ils vivent. Nous ne savons pas ce qui est bon pour eux, et nous n’avons pas forcément à nous y impliquer ; mais nous pouvons confier à Dieu leur devenir et souhaiter le meilleur pour eux.

À travers ces quelques attitudes, les chrétiens ne manifestent aucune complicité avec le mal. Ils le dénoncent avec vigueur, mais ne confondent jamais une personne avec les actes qu’elle commet. C’est le mal qu’il faut combattre, pas celui qui l’accomplit. Cette distinction est capitale. Sans elle, le Christ n’aurait jamais dit : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,33). Il savait discerner combien ses bourreaux étaient aveuglés sur la réalité de leurs actes. Sans les excuser, il manifestait qu’ils valent infiniment plus que les clous qu’ils enfoncent  dans sa chair et la dérision dont ils l’enveloppent.

Regardez avec lucidité ceux qui sont vos adversaires : au travail, dans la famille, dans vos relations.

Demandez à Dieu dans la prière la grâce d’aimer vos ennemis, non pas d’une manière sentimentale en attendant que votre coeur batte pour eux, mais en vous engageant résolument dans la volonté de ne pas haïr, de prier pour eux, de protéger ceux qu’ils aiment, tout en dénonçant et combattant le mal commis, jusqu’à la grâce ultime du pardon…

Car il faudra une réconciliation nationale, et il faudra que chrétiens et musulmans réapprennent à vivre ensemble en Centrafrique.

1ère lecture : Tu aimeras ton prochain, car je suis saint (Lv 19, 1-2.17-18)

Lecture du livre des Lévites

Le Seigneur adressa la parole à Moïse : 
« Parle à toute l’assemblée des fils d’Israël ; tu leur diras : Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. Tu n’auras aucune pensée de haine contre ton frère. Mais tu n’hésiteras pas à réprimander ton compagnon, et ainsi tu ne partageras pas son péché. Tu ne te vengeras pas. Tu ne garderas pas de rancune contre les fils de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis le Seigneur ! »

Psaume : 102, 1-2, 3-4; 8.10, 12-13

R/ Le Seigneur est tendresse et pitié.

Bénis le Seigneur, ô mon âme, 
bénis son nom très saint, tout mon être ! 
Bénis le Seigneur, ô mon âme, 
n’oublie aucun de ses bienfaits ! 

Car il pardonne toutes tes offenses 
et te guérit de toute maladie ; 
il réclame ta vie à la tombe 
et te couronne d’amour et de tendresse.

Le Seigneur est tendresse et pitié, 
lent à la colère et plein d’amour ; 
il n’agit pas envers nous selon nos fautes, 
ne nous rend pas selon nos offenses. 

Aussi loin qu’est l’orient de l’occident, 
il met loin de nous nos péchés ; 
comme la tendresse du père pour ses fils, 
la tendresse du Seigneur pour qui le craint !

2ème lecture : La sagesse véritable : appartenir tous ensemble au Christ (1 Co 3, 16-33)

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères,
n’oubliez pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous. 
Si quelqu’un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est sacré, et ce temple, c’est vous. Que personne ne s’y trompe : si quelqu’un parmi vous pense être un sage à la manière d’ici-bas, qu’il devienne fou pour devenir sage. Car la sagesse de ce monde est folie devant Dieu. L’Écriture le dit : C’est lui qui prend les sages au piège de leur propre habileté. Elle dit encore : Le Seigneur connaît les raisonnements des sages : ce n’est que du vent ! Ainsi, il ne faut pas mettre son orgueil en des hommes dont on se réclame. Car tout vous appartient, Paul et Apollos et Pierre, le monde et la vie et la mort, le présent et l’avenir : tout est à vous, mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu.

Evangile : Sermon sur la montagne. Aimez vos ennemis, soyez parfaits comme votre Père céleste (Mt 5, 38-48)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Celui qui garde la parole du Christ connaît l’amour de Dieu dans sa perfection. Alléluia. (cf. 1 Jn 2, 5)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait :
« Vous avez appris qu’il a été dit : ?il pour ?il, dent pour dent. Eh bien moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. Et si quelqu’un veut te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. Donne à qui te demande ; ne te détourne pas de celui qui veut t’emprunter. 

Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »
Patrick BRAUD 

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14 juin 2013

La pierre noire du pardon

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

La pierre noire du pardon

Homélie du 16° Dimanche du temps ordinaire / Année C
16/06/2013

 

Connaissez-vous la « pierre noire » des Pères Blancs ?

Elle est célèbre dans les pays d’Afrique où ils sont passés. Imaginez que vous soyez mordus par un serpent très venimeux comme il s’en cache dans les broussailles en été. À partir de la morsure, le temps est court. Si on ne fait rien, le venin se répand dans les veines, va bientôt empoisonner les muscles, puis paralyser le coeur, atteindre le cerveau.  La pierre noire, c’est un antidote sûr et pratique à cette diffusion du venin dans le corps. C’est comme une pierre ponce, très poreuse, très absorbante * : on l’applique immédiatement sur la plaie laissée par ce serpent. Elle vient se coller à la chair, et par un effet ventouse, elle commence aussitôt à stopper la course du poison. Puis elle se gorge du venin qu’elle pompe, par capillarité. Après plusieurs heures, elle se détache d’elle-même de la morsure, saturée de poison mais laissant la chair vidée du venin.

La pierre noire du pardon dans Communauté spirituelle image008 

Le pardon dont les trois textes de ce Dimanche nous parlent ressemble à cette pierre noire.

Lorsque le mal vous a mordu, que ce soit par la violence d’un proche, l’infidélité d’un conjoint, la dépendance à une drogue quelconque ou le démon de la jalousie, lorsque ce mal vous a mordu, vous avez en vous comme un venin qui va être instillé dans tout votre être, et qui peut devenir mortel pour votre vie spirituelle.

Ne rien faire, c’est devenir complice du mal subi ou commis.

Croire qu’on va y arriver tout seul (à surmonter l’épreuve) c’est serrer la plaie sans la soigner.

Seul le recours à un autre – la pierre noire par exemple – permet de faire sortir de soi le poison qui me gâche la vie. Seul le pardon permet de stopper, puis d’absorber hors de moi le mal qui circulait en moi.

Paul est un bon témoin de la « pierre noire » du pardon lorsqu’il nous en conjure :« Il n’est pas question pour moi de rejeter la grâce de Dieu. En effet, si c’était par la Loi qu’on devient juste, alors le Christ serait mort pour rien ». C’est-à-dire : acceptez que Dieu lui-même vienne vous soigner, à travers le pardon donné au nom du Christ. Ne restez pas seul avec votre blessure : laissez-vous approcher par un Autre, laissez-vous purifier de ce qui vous empoisonne.

Lorsqu’on n’a pas de pierre noire sous la main, on peut en urgence aspirer soi-même le venin pour un autre, en osant aspirer le poison avec ses lettres à même la plaie. Eh bien : laissez le Christ approcher ses lèvres de votre coeur, de votre intelligence, de votre histoire ; laissez-le prendre en lui la violence, la dépendance, la jalousie, tout péché qui vous paralyse dans votre course spirituelle.

 

L’initiative ne vient pas de nous. C’est Dieu qui par le Christ a le désir de se réconcilier chacun de nous. Les prêtres, comme Paul, ne sont dans le sacrement de réconciliation que les ambassadeurs de Dieu. Or une ambassade, c’est déjà un peu du pays représenté qui est présent chez nous. Le terrain de l’ambassade de Chine à Paris est considéré comme territoire chinois et non français. Si le confessionnal est un peu l’ambassade du Dieu de la réconciliation, si le prêtre qui donne l’absolution est là en ambassadeur du Christ, alors c’est que le Royaume de Dieu est déjà là au milieu de nous. Il vient nous visiter à travers cette initiative de réconciliation, et nous, nous refuserions d’accueillir sa visite ? Nous renverrions l’ambassadeur sans même voir ses lettres de créance ? Nous nous détournerions de ce sacrement comme si l’ambassade de Dieu n’avait rien à faire chez nous ?

 

Un Dimanche, c’est court pour stopper l’avance de tout poison de nous. C’est une affaire de longue haleine que de laisser le Christ appliquer la pierre noire de son pardon sur nos morsures, jusqu’à ce qu’elle boive tout notre venin intérieur. Ne passons pas à côté de cet appel pressant, presque angoissé, de Jésus : « Je te le dis : si ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, c’est à cause de son grand amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour ».

Nous pouvons toujours redécouvrir la force du pardon : pardon reçu de Dieu ou des autres, pardon donné à ceux qui nous ont fait du mal.

Stoppons au plus vite la course de la rancune, de la vengeance, ou – à l’inverse – de l’indifférence.

« Celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour ».

 

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* La pierre noire est en fait un os qu’il faut découper, ensuite limer et puis carboniser. Les petits carrés d’os devenus noirs doivent alors être chauffés dans du lait pendant une heure pour finalement reposer dans du lait froid pendant 48 heures. L’os ayant absorbé le calcium du lait est alors prêt à l’usage. Il suffit de le poser sur la blessure occasionnée par la morsure de serpent et l’os absorbe tout le venin.

 

1ère lecture : David reconnaît sa faute et Dieu lui pardonne (2S 12, 7-10.13)

Lecture du second livre de Samuel

Après le péché de David, le prophète Natan vint le trouver et lui dit : « Ainsi parle le Seigneur Dieu d’Israël: Je t’ai sacré roi d’Israël, je t’ai sauvé de la main de Saül,
puis je t’ai donné la maison de ton maître, je t’ai donné les épouses du roi ; je t’ai donné la maison d’Israël et de Juda et, si ce n’est pas encore assez, j’y ajouterai tout ce que tu voudras.
Pourquoi donc as-tu méprisé le Seigneur en faisant ce qui est mal à ses yeux ? Tu as frappé par l’épée Ourias le Hittite ; sa femme, tu l’as prise pour femme ; lui, tu l’as fait périr par l’épée des fils d’Ammon.
Désormais, l’épée ne cessera plus de frapper ta maison, pour te punir, parce que tu m’as méprisé et que tu as pris la femme d’Ourias le Hittite pour qu’elle devienne ta femme.
David dit à Nathan : « J’ai péché contre le Seigneur ! » Nathan lui répondit : « Le Seigneur a pardonné ton péché, tu ne mourras pas. »

Psaume : Ps 31, 1-2, 5abcd, 5ef.7, 10bc-11

R/ Pardonne-moi, mon Dieu, relève-moi !

Heureux l’homme dont la faute est enlevée,
et le péché remis !
Heureux l’homme dont le Seigneur ne retient pas l’offense,
dont l’esprit est sans fraude !

Je t’ai fait connaître ma faute,
je n’ai pas caché mes torts.
J’ai dit : « Je rendrai grâce au Seigneur
en confessant mes péchés. »

Et toi, tu as enlevé l’offense de ma faute.
Tu es un refuge pour moi,
mon abri dans la détresse,
de chants de délivrance tu m’as entouré.

L’amour du Seigneur entourera
ceux qui comptent sur lui.
Que le Seigneur soit votre joie, hommes justes !
Hommes droits, chantez votre allégresse !

2ème lecture : C’est par la foi au Christ que nous sommes sauvés (Ga 2, 16.19-21)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Galates

Frères, nous le savons bien, ce n’est pas en observant la Loi que l’homme devient juste devant Dieu, mais seulement par la foi en Jésus Christ ; c’est pourquoi nous avons cru en Jésus Christ pour devenir des justes par la foi au Christ, mais non par la pratique de la loi de Moïse, car personne ne devient juste en pratiquant la Loi.
Grâce à la Loi (qui a fait mourir le Christ) j’ai cessé de vivre pour la Loi afin de vivre pour Dieu. Avec le Christ, je suis fixé à la croix : je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. Ma vie aujourd’hui dans la condition humaine, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et qui s’est livré pour moi.
Il n’est pas question pour moi de rejeter la grâce de Dieu. En effet, si c’était par la Loi qu’on devient juste, alors le Christ serait mort pour rien.

Evangile : La pécheresse pardonnée à cause de son grand amour (brève : 36-50) (Lc 7, 36-50; 8, 1-3)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Auprès du Seigneur est la grâce, près de lui, la pleine délivrance. Alléluia. (Ps 129, 7)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table.
Survint une femme de la ville, une pécheresse. Elle avait appris que Jésus mangeait chez le pharisien, et elle apportait un vase précieux plein de parfum.
Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, à ses pieds, et ses larmes mouillaient les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et y versait le parfum.
En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse. »
Jésus prit la parole : « Simon, j’ai quelque chose à te dire. ? Parle, Maître. »
Jésus reprit : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d’argent, l’autre cinquante. Comme ni l’un ni l’autre ne pouvait rembourser, il remit à tous deux leur dette. Lequel des deux l’aimera davantage ? »
Simon répondit : « C’est celui à qui il a remis davantage, il me semble. ? Tu as raison », lui dit Jésus.
Il se tourna vers la femme, en disant à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré chez toi, et tu ne m’as pas versé d’eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as pas embrassé ; elle, depuis son entrée, elle n’a pas cessé d’embrasser mes pieds. Tu ne m’as pas versé de parfum sur la tête ; elle, elle m’a versé un parfum précieux sur les pieds. Je te le dis : si ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, c’est à cause de son grand amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. »
Puis il s’adressa à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. »
Les invités se dirent : « Qui est cet homme, qui va jusqu’à pardonner les péchés ? »
Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »
Ensuite Jésus passait à travers villes et villages, proclamant la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Les Douze l’accompagnaient, ainsi que des femmes qu’il avait délivrées d’esprits mauvais et guéries de leurs maladies : Marie, appelée Madeleine (qui avait été libérée de sept démons), Jeanne, femme de Kouza, l’intendant d’Hérode, Suzanne, et beaucoup d’autres, qui les aidaient de leurs ressources.
Patrick BRAUD

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12 juin 2010

Chassez les mauvaises odeurs !

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Chassez les mauvaises odeurs !

 

Homélie du 11° Dimanche du temps ordinaire / Année C

13/06/2010.

 

Quand mettons-nous du parfum sur notre corps ?

Dans l’Antiquité, lorsque l’hygiène était moins accessible et régulière, l’utilité première du parfum était de cacher des odeurs corporelles pour le moins gênantes… Cette utilité physiologique est toujours à la base du réflexe du déodorant du matin : le spray sous les aisselles, le stick large sur le torse doivent assurer une « protection » rapprochée – comme disent les publicités ! – pour toute la journée de travail. Afin de ne pas sentir mauvais, tout simplement.

 

Très vite, le parfum a été utilisé en même temps pour séduire. Sans connaître encore la puissance des phéromones, hommes et femmes ont su que la communication entre eux passe également par le nez : les odeurs expriment l’appartenance à un groupe (pêcheurs ou carnivores, forêts ou savanes…), la subtilité d’un arôme a pour effet d’attirer ou de repousser… Le roman de Patrick Süskind : « le parfum » a immortalisé l’extraordinaire importance sociale du lien olfactif. Pas de sentiment amoureux, pas de collaboration de groupe (pensez aux effluves dans le vestiaire d’une équipe sportive !), pas d’amitié ou de travail sans une communication olfactive, d’autant plus efficace qu’elle souvent inconsciente.

 

Cela peut-il éclairer le geste étonnant de cette femme (souvent confondue d’ailleurs  avec la Marie-Madeleine de Lc 8,2) dans notre page d’évangile ?

 

Elle répand du parfum, non pas sur son propre corps, mais sur le corps d’un autre. Comme c’est une « pécheresse » (une prostituée ? Pas sûr, ce n’est pas dit), ce geste est doublement scandaleux : elle est impure et ose toucher un juif, quitte à le rendre impur lui aussi. Et elle fait un geste terriblement ambigu et lourd de sens inconscient, à tel point que Simon le pharisien est paralysé et n’ose rien dire, alors qu’il n’en pense pas moins.

 

En fait, c’est à un véritable lavement des pieds au cours d’un repas auquel cette femme procède. On ne peut s’empêcher de voir en elle la figure de Jésus, lui-même identifié au péché (« il a été fait péché pour nous » 2 Co 5,21), lavant les pieds de l’autre Simon, le disciple, qui en est scandalisé (Jn 13).

Le parallélisme entre les deux scènes est trop fort pour ne pas voir en cette femme l’accomplissement de la figure du Christ lavant les pieds de ses disciples : « vous devez vous aussi vous laver les pieds les uns aux autres » (Jn 13,14).

La première à mettre en oeuvre cette attitude du lavement des pieds, c’est cette femme, pécheresse.

Avec ses larmes et ses cheveux, elle lave et essuie les pieds de Jésus. Avec sa bouche, elle les embrasse (on comprend que cette affection débordante ait  troublé Simon !), alors que c’est par un autre baiser que Judas a trahi le fils de l’homme. Et ensuite, elle répand du parfum sur ses pieds.

 

Les autres évangélistes raconteront la scène avec chacun sa propre interprétation. Matthieu y voit l’annonce des rites funéraires d’embaumement que les femmes feront sur le corps de Jésus : cette femme est ainsi prophète de la mort et de la résurrection du Christ (Mt 26,6-13).

Marc reprend cette lecture, en insistant sur le scandale économique du gaspillage d’un parfum très cher (Mc 14,3-18).

Jean oppose plus nettement encore le geste de cette femme (identifié par lui à Marie, soeur de Lazare) à celui de Judas. Il insiste également sur la diffusion de cette essence rare : « la maison fut remplie de ce parfum » (Jn 12,3).

 

Luc visiblement ne durcit pas l’opposition avec Judas. Et s’il mentionne l’argent, ce n’est pas pour dénoncer le gaspillage, mais pour louer la remise de dettes, grâce à la  petite parabole des deux débiteurs qui devaient beaucoup d’argent et peu d’argent.

Luc insiste sur le lien entre le parfum et la miséricorde : « si ses péchés si nombreux ont été pardonnés, c’est parce qu’elle a montré beaucoup d’amour ».

 

Il flotte donc comme un parfum de miséricorde dans ce geste odoriférant.

Comme le parfum cache et chasse des mauvaises odeurs corporelles qui gênent la relation avec autrui, le pardon recouvre « ce qui sent mauvais » dans nos vies, mieux que le désodorisant du matin sous les aisselles…

Comme le parfum rend un corps séduisant, désirable, attirant, la miséricorde renouvelle le désir d’être uni au Christ.

L’onction d’huile parfumée faite au baptême ou à la confirmation sur le corps du catéchumène (la chrismation) rappelle ce geste de la femme pécheresse : le corps du Christ, auquel le baptisé-confirmé est uni, irradie d’une fragrance qui le rend  désirable ; et « la maison tout entière est remplie de son parfum », c’est-à-dire que « la bonne odeur du Christ » (2 Co 2,15 ; Ph 4,18) se répand dans l’univers entier à travers le témoignage des baptisés.

 

La miséricorde est le moment où le flacon de parfum est ouvert pour être répandu.

 

Quelle odeur émane de nos comportements (on dit bien que la sainteté en a une) ?

Flotte-t-il dans nos journées comme un parfum de miséricorde ?

Ai-je le nez assez fin pour détecter les parfums d’Évangile que les rencontres d’aujourd’hui vont diffuser à mon égard ?

Comment éduquer mon « odorat intérieur » pour me laisser attirer par le parfum de la miséricorde, plus sûrement que par N°5 de Chanel ou « l’Instant » de Guerlain ?

Deuxième livre de Samuel 12,7-10.13. 
Alors Nathan dit à David : « Cet homme, c’est toi ! Ainsi parle le Seigneur Dieu d’Israël : Je t’ai sacré roi d’Israël, je t’ai sauvé de la main de Saül, 
puis je t’ai donné la maison de ton maître, je t’ai donné les épouses du roi ; je t’ai donné la maison d’Israël et de Juda et, si ce n’est pas encore assez, j’y ajouterai tout ce que tu voudras. 
Pourquoi donc as-tu méprisé le Seigneur en faisant ce qui est mal à ses yeux ? Tu as frappé par l’épée Ourias le Hittite ; sa femme, tu l’as prise pour femme ; lui, tu l’as fait périr par l’épée des fils d’Ammon. 
Désormais, l’épée ne cessera plus de frapper ta maison, pour te punir, parce que tu m’as méprisé et que tu as pris la femme d’Ourias le Hittite pour qu’elle devienne ta femme. 
David dit à Nathan : « J’ai péché contre le Seigneur ! » Nathan lui répondit : « Le Seigneur a pardonné ton péché, tu ne mourras pas. 

Psaume 32(31),1-2.5.7.11. 
Heureux l’homme dont la faute est enlevée, et le péché remis ! 
Heureux l’homme dont le Seigneur ne retient pas l’offense, dont l’esprit est sans fraude ! 
Je t’ai fait connaître ma faute, je n’ai pas caché mes torts. J’ai dit : « Je rendrai grâce au Seigneur en confessant mes péchés. » Et toi, tu as enlevé l’offense de ma faute. 
Tu es un refuge pour moi, mon abri dans la détresse ; de chants de délivrance, tu m’as entouré. 
Que le Seigneur soit votre joie ! Exultez, hommes justes ! Hommes droits, chantez votre allégresse ! 

Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 2,16.19-21. 
Frères, nous le savons bien, ce n’est pas en observant la loi que l’homme devient juste devant Dieu, mais seulement par la foi en Jésus Christ ; c’est pourquoi nous avons cru en Jésus Christ pour devenir des justes par la foi au Christ, mais non par la pratique de la loi de Moïse,car personne ne devient juste en pratiquant la Loi. 
Grâce à la Loi (qui a fait mourir le Christ) j’ai cessé de vivre pour la Loi afin de vivre pour Dieu. Avec le Christ, je suis fixé à la croix : 
je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. Ma vie aujourd’hui dans la condition humaine, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et qui s’est livré pour moi. 
Il n’est pas question pour moi de rejeter la grâce de Dieu. En effet, si c’était par la Loi qu’on devient juste, alors le Christ serait mort pour rien. 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 7,36-50.8,1-3. 
Un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table. 
Survint une femme de la ville, une pécheresse. Elle avait appris que Jésus mangeait chez le pharisien, et elle apportait un vase précieux plein de parfum. 
Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, à ses pieds, et ses larmes mouillaient les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et y versait le parfum. 
En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse. » 
Jésus prit la parole : « Simon, j’ai quelque chose à te dire. – Parle, Maître. » 
Jésus reprit : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d’argent, l’autre cinquante. 
Comme ni l’un ni l’autre ne pouvait rembourser, il remit à tous deux leur dette. Lequel des deux l’aimera davantage ? » 
Simon répondit : « C’est celui à qui il a remis davantage, il me semble. – Tu as raison », lui dit Jésus. 
Il se tourna vers la femme, en disant à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré chez toi, et tu ne m’as pas versé d’eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux. 
Tu ne m’as pas embrassé ; elle, depuis son entrée, elle n’a pas cessé d’embrasser mes pieds. 
Tu ne m’as pas versé de parfum sur la tête ; elle, elle m’a versé un parfum précieux sur les pieds. 
Je te le dis : si ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, c’est à cause de son grand amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. » 
Puis il s’adressa à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. » 
Les invités se dirent : « Qui est cet homme, qui va jusqu’à pardonner les péchés ? » 
Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! » 
Ensuite Jésus passait à travers villes et villages, proclamant la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Les Douze l’accompagnaient, 
ainsi que des femmes qu’il avait délivrées d’esprits mauvais et guéries de leurs maladies : Marie, appelée Madeleine (qui avait été libérée de sept démons), 
Jeanne, femme de Kouza, l’intendant d’Hérode, Suzanne, et beaucoup d’autres, qui les aidaient de leurs ressources.
Patrick BRAUD

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10 avril 2010

Riches en miséricorde ?

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Riches en miséricorde ?

 

Homélie du 2° dimanche de Pâques /Année C

11/04/2010


C’est Jean-Paul II qui a voulu faire de ce 2° Dimanche de Pâques un jour pour fêter la miséricorde divine.

 

Riches en miséricorde ? dans Communauté spirituelle« Voici que le Fils de Dieu, dans sa résurrection, a fait l’expérience radicale de la miséricorde, c’est-à-dire de l’amour du Père plus fort que la mort. Et c’est aussi le même Christ, fils de Dieu, qui, au terme – et en un certain sens au-delà même du terme – de sa mission messianique, se révèle lui-même comme source inépuisable de la miséricorde, de l’amour qui, dans la perspective ultérieure de l’histoire du salut dans l’Église, doit continuellement se montrer plus fort que le péché. Le Christ de Pâques est l’incarnation définitive de la miséricorde, son signe vivant : signe du salut à la fois historique et eschatologique. Dans le même esprit, la liturgie du temps pascal met sur nos lèvres les paroles du Psaume : Misericordias  Domini in aeternum  cantabo, « Je chanterai sans fin les miséricordes du Seigneur ». (Dieu riche en miséricorde, n° 8)

 

Effectivement, il y a un lien très fort selon l’évangile entre Pâques et le pardon, entre la résurrection du Christ et la miséricorde du Père.

Le premier mot du Ressuscité est le mot de paix : « la paix soit avec vous ». Cette paix du coeur qui ne s’obtient qu’en la recevant d’un autre qui nous aime.

Le don que le Ressuscité fait à son Église pour vivre de cette paix est l’Esprit.

Le Pape Jean-Paul II le décrivait ainsi :

« Comme les apôtres autrefois, il est toutefois nécessaire que l’humanité d’aujourd’hui accueille elle aussi dans le cénacle de l’histoire le Christ ressuscité, qui montre les blessures de sa crucifixion et répète : Paix  à vous ! Il faut que l’humanité se laisse atteindre et imprégner par l’Esprit que le Christ ressuscité lui donne. C’est l’Esprit qui guérit les blessures du coeur, abat les barrières qui nous éloignent de Dieu et qui nous divisent entre nous, restitue la joie de l’amour du Père et celle de l’unité fraternelle. » (Homélie du 30 avril 2000).

 

La petite Pentecôte d’aujourd’hui est donc liée à la circulation du pardon entre nous, entre Dieu et nous.

Car l’Esprit, c’est la relation vivante, personnifiée.

Relation de profonde communion entre Jésus et celui qu’il appelle « Abba », Père.

Relation d’unité fraternelle entre les hommes qui se reconnaissent dans cette filiation partagée en Jésus.

 

Fêter le pardon à la lumière de Pâques, et Pâques à la lumière du pardon : voilà un enjeu existentiel de ce dimanche de la divine miséricorde !

Et qui a des conséquences très concrètes.

 

- Si renaître, c’est pardonner, alors comment rester dans des amertumes, des conflits, des  silences meurtriers ?

- Si ressusciter, c’est être pardonné, pourquoi ne pas s’ouvrir à cette humble confiance envers Dieu et envers ceux avec qui la relation est difficile ?

- Si la miséricorde est le signe de la victoire sur la mort, comment la réserver à quelques-uns ?

- Si la relation vivante est plus importante que tout, pourquoi laisser des objets ou des choses matérielles nous éloigner les uns des autres ?

 

Dans chaque famille, il y a des sources de blessure, d’opposition, de friction, de  séparation…

Que cette fête de la miséricorde renouvelle nos relations familiales !

Dans chaque communauté, professionnelle, amicale ou ecclésiale, il y a des pardons à échanger.

Que cette identification entre Pâques et la miséricorde divine nous pousse à voir autrement nos collègues, nos amis, nos communautés de vie, pour y pratiquer cette miséricorde, et devenir « artisans de paix ».

 

1ère lecture : La communauté des premiers chrétiens (Ac 5, 12-16)

À Jérusalem, par les mains des Apôtres, beaucoup de signes et de prodiges se réalisaient dans le peuple. Tous les croyants, d’un seul coeur, se tenaient sous la colonnade de Salomon. Personne d’autre n’osait se joindre à eux ; cependant tout le peuple faisait leur éloge,
et des hommes et des femmes de plus en plus nombreux adhéraient au Seigneur par la foi.
On allait jusqu’à sortir les malades sur les places, en les mettant sur des lits et des brancards : ainsi, quand Pierre passerait, il toucherait l’un ou l’autre de son ombre. Et même, une foule venue des villages voisins de Jérusalem amenait des gens malades ou tourmentés par des esprits mauvais. Et tous, ils étaient guéris.

Psaume : Ps 117, 1.4, 22-23, 24-25, 26ab.27a.29

R/ Éternel est son amour !

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
Qu’ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur :
Éternel est son amour !

La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle : 
c’est là l’oeuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux. 

Voici le jour que fit le Seigneur,
qu’il soit pour nous jour de fête et de joie ! 
Donne, Seigneur, donne le salut !
Donne, Seigneur, donne la victoire ! 

Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient ! 
Dieu, le Seigneur, nous illumine.
Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !

2ème lecture : « Je suis le Vivant : écris ce que tu vois » (Ap 1, 9-11a.12-13.17-19)

Moi, Jean,votre frère et compagnon dans la persécution, la royauté et l’endurance avec Jésus, je me trouvais dans l’île de Patmos à cause de la parole de Dieu et du témoignage pour Jésus.
C’était le jour du Seigneur ; je fus inspiré par l’Esprit, et j’entendis derrière moi une voix puissante, pareille au son d’une trompette.
Elle disait :« Ce que tu vois, écris-le dans un livre et envoie-le aux sept Églises : à Éphèse, à Smyrne, à Pergame, à Thyatire, à Sardes, à Philadelphie et à Laodicée. »
Elle disait :« Ce que tu vois, écris-le dans un livre et envoie-le aux sept Églises qui sont en Asie mineure. »
Je me retournai pour voir qui me parlait. Quand je me fus retourné, je vis sept chandeliers d’or ;
et au milieu d’eux comme un fils d’homme, vêtu d’une longue tunique ;une ceinture d’or lui serrait la poitrine ;
Quand je le vis, je tombai comme mort à ses pieds, mais il posa sur moi sa main droite, en disant : « Sois sans crainte. Je suis le Premier et le Dernier,
je suis le Vivant : j’étais mort,mais me voici vivant pour les siècles des siècles, et je détiens les clés de la mort et du séjour des morts.
Écris donc ce que tu auras vu : ce qui arrive maintenant, et ce qui arrivera ensuite. »

 

Evangile : Apparition du Christ huit jours après Pâques (Jn 20, 19-31)

C’était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint.
Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »
Or, l’un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau) n’était pas avec eux quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »
Thomas lui dit alors : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
1l y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas mis par écrit dans ce livre.
Mais ceux-là y ont été mis afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et afin que, par votre foi, vous ayez la vie en son nom.
Patrick BRAUD

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