L'homelie du dimanche

18 septembre 2014

Personne ne nous a embauchés

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Personne ne nous a embauchés

Homélie du 25° dimanche du temps ordinaire / année A
21/09/2014

Dieu au Pôle Emploi

Les commentaires de cette parabole des ouvriers de la 11° heure sont innombrables (cf. par exemple : Les ouvriers de la 11° heure).

Personne ne nous a embauchés dans Communauté spirituelle Byzantine_agriculture

Centrons-nous aujourd’hui sur l’interrogation à la fois étonnée et douloureuse du maître de la vigne : « pourquoi restez-vous là à rien faire toute la journée ? »

On y trouve l’écho d’une conception du travail très parlante pour la mentalité du XXI° siècle.

« Personne ne nous a embauchés » : en formulant comme un reproche au monde du travail de n’avoir pas proposé à ces chômeurs de s’insérer dans l’œuvre commune (symbolisée de manière si noble par la vigne), cette parabole plaide pour une conception très personnaliste et sociale du travail.

Ne pas être embauché, c’est être exclu de la société humaine.

Aller travailler à la vigne, c’est devenir pleinement soi-même, en transformant le monde, en gagnant dignement sa vie, en faisant partie d’un corps social qui par son activité apporte joie et bonheur aux autres (le vin de la vigne !). À tel point que l’oisiveté (otium en latin) est devenue la mère de tous les vices : rester là à rien faire toute la journée est déshumanisant. On peut y lire en filigrane l’éloge du négoce (neg-otium en latin) qui se définit justement comme la négation de l’oisiveté, permettant à l’homme de répondre à l’appel de Dieu.

L’interrogation divine, et sa volonté d’embaucher coûte que coûte, même pour une heure seulement, même à prix d’or, nous rejoint par l’importance majeure que nous donnons au travail dans la réalisation de soi.

 

LES 7 SENS DU TRAVAIL

En s’inspirant des travaux de Fragnière [1] on peut distinguer 7 significations attribuées au travail tout au long de l’histoire. Le judaïsme et le christianisme à sa suite ont largement influencé ces conceptions du travail, mais pas seulement.

1. Le travail comme vocation sociale et épanouissement personnel

Quoi qu’en dise moult commentaires (partisans), c’est la première signification du travail que l’on trouve dans la Bible. Dans le jardin de la Genèse en effet, Dieu place l’homme pour le cultiver, dès l’origine, avant la chute : « Yahvé Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le garder » (Gn 2,15).

C’est donc que le travail humain participe à l’achèvement de la Création, et qu’il est fondamentalement bon pour l’homme de travailler. C’est en travaillant que l’homme réalise sa vocation de transformer le monde, d’en être le co-créateur, avec Dieu et à son image.

Cette vision très enthousiasmante du travail se retrouvera en partie dans la conception luthérienne et calviniste. Pour les réformateurs, c’est dans l’activité professionnelle que se pratique la véritable ascèse (et non pas hors du monde dans les monastères). Si quelqu’un est appelé à être sauvé, cela se vérifiera dans son travail. Le mot métier en allemand (Beruf) désigne à la fois le travail et la vocation : les réformés cherchent dans la réussite matérielle de leur business les signes de l’élection divine. Sauvés gratuitement, ils vérifient en gagnant de l’argent qu’ils sont bien bénis de Dieu [2].

Certains courants actuels réhabilitent la conception optimiste de la Genèse.
Ainsi Isaac Getz se fait le chantre des entreprises « libérées » où les collaborateurs s’épanouissent en devenant responsables, libres et autonomes dans leur travail [3].
 Et le courant du « bonheur au travail » [4] veut à nouveau rendre possible l’épanouissement personnel à travers cette révolution du management. La « fun theory » expérimente que le plaisir au travail décuple les énergies et les résultats économiques [5] !
 

La « Fish philosophy » s’inspire du marché aux poissons de Pike Place à Seattle aux États-Unis pour développer humour, ambiance et passion au travail [6] etc.

2. Le travail comme peine et châtiment

C’est la conséquence de la deuxième partie du texte de la Genèse, après la chute :

« À la femme, il dit : « Je multiplierai les peines de tes grossesses, dans la peine tu enfanteras des fils. À l’homme, il dit:  » À force de peines tu tireras subsistance du sol tous les jours de ta vie. Il produira pour toi épines et chardons et tu mangeras l’herbe des champs. À la sueur de ton visage tu mangeras ton pain, jusqu’à ce que tu retournes au sol… » (Gn 3, 16-19).

Tant de générations ont sacralisé le sens du devoir et l’obligation du travail dans cette perspective un peu janséniste de pénibilité inévitable, mais finalement salutaire !

3. Le travail comme instrument de rédemption

Glissant du signe de l’élection divine à l’instrument pour obtenir cette élection, catholiques et protestants ont développé ensuite une vision morale du travail où il faut en quelque sorte mériter son salut à force d’acharnement et de labeur.

Dans la tradition bénédictine, la devise des moines : Ora et Labora exprime cette heureuse complémentarité de la prière et du travail comme voies de sanctification indissociables.

4. Le travail comme force impersonnelle

C’est Taylor qui va marquer cette époque. Avec l’industrialisation croissante, le centre n’est plus l’homme mais la machine, l’homme devient second et le poste de travail est central (Friedman).

Une nouvelle notion se fait jour : celle de « force de travail » qui s’organise, s’achète en terme de marché. Il y a donc concentration de cette force et en  conséquence séparation du lieu du travail et du lieu de vie. On ne s’intéresse plus à l’œuvre mais au revenu du travail et tout est compté en terme monétaire. La valeur humaine du travail tend vers zéro, seule la valeur économique compte.

5. Le travail comme emploi

Aujourd’hui, le travail prend la forme de l’emploi où le salarié obtient un statut social avec des droits. Ce changement de la représentation du travail est important. Il touche aux problèmes les plus cruciaux de la situation présente, avec la distinction entre le travail nécessaire pour produire une quantité donnée de biens et la forme concrète de l’emploi lié à un contrat de travail et au statut social de protection qu’il confère.

L’emploi devient une finalité en soi. C’est le droit au travail par lequel on affirme qu’on ne peut exclure personne : cela devient la revendication fondamentale. Et ce qui est nouveau, c’est que la notion de travail n’est plus liée à ce que l’on fait mais au seul statut contractuel qui lie l’individu au système. Il en résulte la perte du sens de « l’œuvre ».

6. Le travail comme temps contraint

Dans une civilisation construite autour du travail, le temps humain se structure autour de lui : les études sont une préparation au travail et non d’abord une recherche de vérité ou de sagesse constructive de soi ; à l’âge de travailler, succède la retraite, à un âge également déterminé. Le travail apparaît comme temps contraint par opposition à un temps pour soi. Ce menu de la vie ne saurait être modifié en fonction d’autres aspirations que celles du travail.

Cela englobe tout le temps humain : dans le déroulement de la vie (études, travail, retraite), de l’année (travail, vacances). Cette organisation du travail donne un découpage propre à la situation de travailleur et s’impose à celle des événements de la vie comme le mariage, les naissances et le vieillissement. C’est pourquoi on parle d’un temps contraint et le travail devient calculé en fonction du temps consacré au travail. D’où les revendications légitimes d’équilibre entre vie privée et vie professionnelle, pour éviter que le temps de travail ne soit trop envahissant.

7. Le travail comme activité socialisante

Nous recherchons aujourd’hui de nouvelles valeurs pour éviter la société duale qui se crée par suite du chômage et qui par le sens actuel donné au travail fabrique des exclus. Cela revient à découvrir des valeurs universelles qui valorisent toutes les valeurs précédentes, à savoir l’idée de peine, l’idée de récompense, l’idée de valorisation personnelle. Le travail donne une identité, une utilité sociale qui permet à l’individu d’exister et d’être reconnu. Le drame du chômage se situe justement dans cette absence de reconnaissance et de participation sociale.

 

Comment aujourd’hui inventer l’avenir ? En donnant une valeur nouvelle au travail à partir de l’idée que c’est l’échange qui fournit la richesse et pas seulement l’activité de production de biens, mais cela s’appliquant non seulement aux échanges économiques classiques, mais aussi entre les individus et groupes d’individus. Le travail devient alors activité d’échange et non statut, et cette activité est créatrice de travail.

Le problème n’est plus de chercher à donner du travail pour tous puisqu’il semble évident que la valeur dominante emploi va s’estomper progressivement. Par contre, il peut y avoir du travail pour tous si l’on accepte l’idée que tout est activité, puisque tout peut contribuer à l’échange entre individus, communautés, pays.

 

Une brève histoire théologique du travail

On peut tenter une synthèse de l’évolution historique de ces différentes conceptions du travail dans le tableau suivant :  

PÉRIODE

ÉVOLUTION
SOCIALE 
DU TRAVAIL

CONCEPTION
RELIGIEUSE DU TRAVAIL

 

 

 

Courant optimiste

Courant  pessimiste
(ou réaliste)

 

ANTIQUITÉ

(Grèce, Rome)

 

 

 

JUDAÏSME

AT

Division sociale:
patriciens / soldats / plèbe

Le statut social
(esclave, patricien…) n’est pas lié au ‘travail’, qui n’est pas encore
‘valeur d’échange’

Les philosophes veulent
diriger la cité, et délèguent le travail manuel, considéré comme ‘servile’,
aux  inférieurs

Travail manuel = peine, contrainte

 

Avodah
= culte = travail

Valorisation du travail
manuel qui obtient la bénédiction, et qui permet à l’homme de réaliser sa vocation
d’être co-créateur avec Dieu, à son image (Adam travaille le jardin de la
Genèse avant la chute)

Le travail non manuel
concurrence l’œuvre de Dieu (villes, richesses)

La pénibilité du travail vient de la faute
d’Ada
m

Insistance sur le shabbat pour relativiser l’importance du travail

Thème du repos
eschatologique

 

 

 

PÉRIODE PATRISTIQUE
(6° siècles)

Pas de séparation entre
‘maison’ et ‘travail’

Le travail est source
de dignité

Il permet de pratiquer
la charité

Il évite l’oisiveté (otium, d’où l’éloge du neg-otium
= négoce)

Il construit l’interdépendance
sociale

MONACHISME

Il y a unité entre
travail / méditation de l’Écriture / prière

Le travail est un moyen
de croissance
spirituelle
(ascèse)

Certains métiers sont
interdits: prêtres païens, jeux du cirque, prostitution…

La réussite dans le
travail fait tomber dans le piège de l’argent et de la domination

(le travail a besoin de
la Rédemption)

 

 

 

 

 

 

MOYEN ÂGE

(en Occident)

Division sociale
féodale:

oratores / bellatores /
laboratores

opus spirituale / opus
civile / opus artificiale

Le ‘salaire’ est une
subsistance assurée et non une rétribution d’un ‘travail’

Apparition des
« paroisses », des « confréries » et des
« métiers » (avec leurs saints patrons)

MONACHISME

Ora et Labora (St
Benoît)

Consécration -
Bénédiction – Sanctification de l’univers (cf. Canon Romain) par le don ou
l’utilité sociale

La Devotio Moderna
favorise les confréries

Travail-châtiment

Sanctification par la
pénitence

(dolorisme,
eschatologie-évasion par le haut)

Pas de représentation
de Jésus‑Travailleur

Métiers interdits:
usuriers, jongleurs, arts et commerce pour les clercs

Dévalorisation du
travail non-manuel (ars mechanica = ‘adultère’) quand il n’est pas au service
de l’Église

 

 

 

RÉFORMES
(en Occident)

Débuts du capitalisme
marchand

Contestation de l’idée
de perfection réservée à une élite => travail = voie ordinaire vers la
sainteté

Luther: Beruf (métier =
vocation)  Calvin: Vocatio

Insistance sur
l’individu, la conscience, le libre-arbitre

La réussite dans le
travail est signe de la prédestination divine au salut (pas une récompense,
mais l’effet du salut gratuitement accordé par Dieu),
l’échec est signe de la réprobation divine

 

 

 

 

 

 

 

TEMPS MODERNES

Dissociation maison /
travail (Manufactures)

Le travail devient valeur
d’échange, et donc emploi (marché de l’emploi)

Le travail devient une
force impersonnelle

Apparition des
« corporations » (XVIII°)

puis des syndicats
(XIX°)

Mythe du Progrès
(technique) par le travail

Travail = facteur
déterminant du temps humain

Les exclus du travail
prolifèrent…

Redécouverte de la
figure de Jésus‑Travailleur

DOCTRINE SOCIALE :

Le travail comme
facteur de personnalisation : réalisation personnelle et intégration
sociale

Le travail comme voie
de sanctification, et de charité-justice

Droits du travail

VATICAN II

Le travail comme
instrument de réalisation du Royaume et accomplissement de la dimension
royale du baptême

La morale chrétienne
était surtout domestique et personnelle => difficulté d’élaborer une
morale sociale et collective du travail avant 1891

Appels à la résignation
sociale dans le monde du travail (car enfer / paradis)

Pas d’idolâtrie du
travail

(lutte pour le Dimanche
libre)

Réalité humaine
traversée par le mal, et qui a besoin de la Rédemption

 

Que dis-tu de ton travail aujourd’hui ?

Ce parcours historique nous ramène à notre responsabilité actuelle, personnelle et collective, vis-à-vis de la réalité du travail :

- à quelle vigne suis-je appelé à travailler ?

- quel sens est-ce que je donne à ce travail ?

- comment me faire l’écho du désir de Dieu d’embaucher les autres à sa vigne ?

 

____________________________________________________________ 

1. Cf. G. Fragnière, « Les sept sens du travail », Futuribles, novembre 1987.
2. Cf. Max WEBER, L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme, 1904.
3. Cf. Liberte & Cie, Brian M. Carney et Isaac Getz, Fayard, 2012.
4. Cf. Happy RH : Le bonheur au travail. Rentable et durable, Laurence Vanhee et Isaac Getz, Ed. La Charte, 2013.
5. Ex : http://www.youtube.com/watch?v=2lXh2n0aPyw
6.  Ex : https://www.youtube.com/watch?v=TbtsfyrEF_c ; https://www.youtube.com/watch?v=-ZKiJejNRtw 

 

1ère lecture : « Mes pensées ne sont pas vos pensées » (Is 55, 6-9)

Lecture du livre d’Isaïe

Cherchez le Seigneur tant qu’il se laisse trouver. Invoquez-le tant qu’il est proche. Que le méchant abandonne son chemin, et l’homme pervers, ses pensées !
Qu’il revienne vers le Seigneur qui aura pitié de lui, vers notre Dieu qui est riche en pardon. Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins, déclare le Seigneur. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus des vôtres, et mes pensées, au-dessus de vos pensées.

Psaume : 144, 2-3, 8-9, 17-18

R/ Proche est le Seigneur de ceux qui l’invoquent.

Chaque jour je te bénirai,
je louerai ton nom toujours et à jamais.
Il est grand, le Seigneur, hautement loué ;
à sa grandeur, il n’est pas de limite.
Le Seigneur est tendresse et pitié,

lent à la colère et plein d’amour ;
la bonté du Seigneur est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses œuvres.

Le Seigneur est juste en toutes ses voies,
fidèle en tout ce qu’il fait.
Il est proche de ceux qui l’invoquent,
de tous ceux qui l’invoquent en vérité.

2ème lecture : « Pour moi, vivre c’est le Christ » (Ph 1, 20c-24.27a)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens

Frères, soit que je vive, soit que je meure, la grandeur du Christ sera manifestée dans mon corps. En effet, pour moi, vivre c’est le Christ, et mourir est un avantage. Mais si, en vivant en ce monde, j’arrive à faire un travail utile, je ne sais plus comment choisir. Je me sens pris entre les deux : je voudrais bien partir pour être avec le Christ, car c’est bien cela le meilleur ; mais, à cause de vous, demeurer en ce monde est encore plus nécessaire. Quant à vous, menez une vie digne de l’Évangile du Christ.

Evangile : La générosité de Dieu dépasse notre justice (Mt 20, 1-16)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. La bonté du Seigneur est pour tous, sa
tendresse, pour toutes ses œuvres : tous acclameront sa justice.Alléluia. (cf. Ps 144, 7-9)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Jésus disait cette parabole : « le Royaume des cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit au petit jour afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il se mit d’accord avec eux sur un salaire d’une pièce ’argent pour la journée, et il les envoya à sa vigne. Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans travail. Il leur dit : ‘Allez, vous aussi, à ma vigne, et je vous donnerai ce qui est juste.’ Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même. Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : ‘Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?’ Ils lui répondirent : ‘Parce que personne ne nous a embauchés.’ Il leur dit : ‘Allez, vous aussi, à ma vigne.’

Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : ‘Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.’ Ceux qui n’avaient commencé qu’à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’argent. Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce
d’argent. En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine : ‘Ces derniers venus n’ont fait qu’une heure, et tu les traites comme nous, qui avons enduré le poids du jour et de la chaleur !’ Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : ‘Mon ami, je ne te fais aucun tort. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour une pièce d’argent ? Prends ce qui te revient, et va-t’en.
Je veux donner à ce dernier autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mon bien ? Vas-tu regarder avec un œil mauvais parce que moi, je suis bon ?’
Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »
Patrick BRAUD

Mots-clés : , , , , ,

25 juillet 2014

Quelle sera votre perle fine ?

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Quelle sera votre perle fine ?

Homélie du 17° dimanche du temps ordinaire / Année A
27/07/2014

 

Tout vendre pour acheter une perle à nulle autre pareille (Mt 13, 44-52) : pour qui, pour quoi seriez-vous prêts à faire cela ? Qu’est-ce qui pourrait être assez important à vos yeux pour y sacrifier tout le reste ?

Quelle sera votre perle fine ? dans Communauté spirituelle perle

Autrement dit, quel est votre royaume de Dieu qui anime et focalise vos énergies les plus vitales ? Pour qui seriez-vous prêts à risquer votre vie ?

À cette question, dans les sondages, les Français répondent en grande majorité : la famille, les proches. Cela paraît assez naturel. C’est quand même assez paradoxal à une époque où la famille est facilement malmenée, divisée, séparée. Raison de plus sans doute pour y tenir.

Y aurait-il un absolu au-dessus de la famille qui mériterait d’y consacrer le meilleur de soi-même ?

 

Mais au fait, quel est votre absolu, réellement ?

 

Le dieu de l’agenda

agenda marchand dans Communauté spirituelleUn exercice assez simple pour repérer ce qui est pour nous comme un dieu, c’est-à-dire ce qui occupe une place capitale dans nos raisons de vivre, est de relire son agenda sur plusieurs mois. Calmement, tranquillement, refaites défiler sur votre Outlook, sur Lotus Notes ou sur votre calepin les six derniers mois au moins. Repérez les rendez-vous qui reviennent souvent, régulièrement, ceux qui sont soulignés en rouge, ce qui n’y sont pas mais dont vous savez qu’ils remplissent les vides de l’agenda. Au besoin listez par écrit tout cela.

Qu’est-ce que mon agenda révèle de mes vraies priorités ? Quel est le dieu caché qui finalement attire à lui le plus clair de mon temps ? Ou quels rendez-vous, même minoritaires en durée, sont pourtant les plus importants pour moi au milieu de tout le reste ? Si je devais sacrifier la plupart de mes activités, laquelle voudrais-je sauvegarder et défendre bec et ongle quoiqu’il arrive ?

 

Il y a effectivement un petit dieu – ou des petites idoles – qui se cache entre les lignes de l’agenda. En prendre conscience est la première étape vers une libération intérieure : ai-je choisi ce qui est pour moi la perle fine dont parle l’Évangile, ou bien la vie m’impose-t-elle des choix inconscients qui me font adorer des priorités qui ne sont finalement pas les miennes ?

 

Le dieu de l’agenda peut se cacher derrière l’omniprésence d’un écran (télé, smartphone, ordinateur, console de jeu), l’invasion de la vie professionnelle jour et nuit, des engagements si prenants qu’ils en deviennent idolâtres etc.

Débusquer ces ersatz de royaume de Dieu à travers l’agenda permet de nous rendre libres pour désirer la vraie perle fine, et non la verrerie de pacotille.

 

L’ultimate concern

9780334046158 paraboleUn théologien protestant de génie, Paul Tillich, a forgé le concept d’ultimate concern (préoccupation ultime) pour désigner ce qui existentiellement tient lieu pour quelqu’un de perle fine pour laquelle tout sacrifier . L’expression de Tillich en allemand est : was uns unbedingt angeht , c’est-à-dire ce qui nous atteint, nous concerne et nous met en question de manière inconditionnée, sans que l’homme puisse y mettre aucune condition préalable.

Est Dieu pour quelqu’un ce qui finalement le concerne de manière ultime, ce qui le saisit, le passionne, exerce sur lui une emprise absolue.

Beaucoup de gens peuvent dire : le plus important pour moi, c’est la famille, et pourtant se conduire tous les jours en adeptes de l’alcool, de l’argent ou du pouvoir etc.

Être concerné de manière ultime par l’acquisition d’une perle rare, c’est orienter  ses choix, ses actions, ses calculs vers l’acquisition de ce trésor caché. C’est établir un ordre des priorités de son existence, en sachant et distinguant ce qui est essentiel de ce qui est relatif, ce qui est premier de ce qui est second.

 Ignace Loyola parle d’ordonner sa vie au but ultime qu’il a découvert, lui, grâce à sa jambe cassée si lente à guérir : servir et louer Dieu en toute chose.

Saint Benoît découvre la perle du monachisme et quitte tout pour s’enfoncer dans l’amitié avec Dieu, à travers la vie en communauté des moines : ne rien préférer au Christ est sa perle unique.

Jean Vanier quitte son métier et son statut social d’officier de marine canadien pour aller vivre avec Raphaël et Philippe, personnes handicapées, jusqu’alors remisées en hôpital psychiatrique. Sa perle fine s’appelle l’Arche, lieu de vie et de salut pour ceux que le handicap noie sous un déluge d’exclusion.

 

La liste est longue des chrétiens qui ont un jour découvert leur perle rare, leur perle singulière et unique. Pour elle, ils ont alors ré-ordonné leur vie, leur usage de l’argent, de la famille, pour posséder ce trésor caché et intensément désiré.

Pour cela, l’essentiel est évidemment de chercher, de chercher et de chercher encore.

Un bon négociant fait toutes les foires et tous les salons d’Europe et d’ailleurs pour trouver le produit rêvé. Celui qui ne s’exerce pas à désirer quelque chose de plus haut, plus vrai, plus fort risque de passer à côté de l’affaire du siècle dénichée  dans un vide-grenier improbable.

 

Dans la première lecture, Salomon rêve littéralement d’être un roi différent. Pour devenir sage à la manière de Dieu, il serait prêt à abandonner tous les signes de sa puissance, majesté et fortune. Habité par ce songe, Salomon découvre que ce qu’il désire au plus profond de lui-même, c’est exercer le pouvoir au service de son peuple et non du sien. Le fait même de désirer cette perle de la sagesse lui permettra de devenir le roi le plus aimé de tous, jusqu’en Égypte, jusqu’en Saba. Seule sa passion des femmes étrangères (son harem légendaire) le détournera de cet alignement d’avec sa perle fine. Avec la sagesse du gouvernement comme objectif prioritaire entre tous, Salomon aura vécu avant Jésus sa parabole sur la perle du royaume de Dieu. Saint Louis, roi de France, sera pour nous un nouveau Salomon. Les politiques sont donc concernés au premier chef par le discernement de ce qui est pour eux l’ultimate concern de leur engagement !

 

Trésor caché, perle fine de grande valeur : qu’est-ce qui oriente vraiment nos choix de vie ?

Pour qui, pour quoi sommes-nous prêts à sacrifier tout le reste ?

 

 


[1]« Man, like every living being, is concerned about many things, above all about those which condition his very existence…If [a situation or concern] claims ultimacy it demands the total surrender of him who accepts this claim…it demands that all other concerns…be sacrificed. » P.Tillich, Dynamics of Faith.

[2]. « Viele Menschen sind von etwas ergriffen, was sie unbedingt angeht », P. Tillich, Die verlorene Dimension. 

 

 

1ère lecture : Salomon demande à Dieu le véritable trésor (1R 3, 5.7-12)

Lecture du premier livre des Rois

À Gabaon, pendant la nuit, le Seigneur apparut en songe à Salomon.
Il lui dit : « Demande-moi ce que tu veux, et je te le donnerai. »
Salomon répondit : « Seigneur mon Dieu, c’est toi qui m’as fait roi à la place de David mon père ; or, je suis un tout jeune homme, incapable de se diriger,et me voilà au centre du peuple que tu as élu ; c’est un peuple nombreux, si nombreux qu’on ne peut ni l’évaluer ni le compter. Donne à ton serviteur un coeur attentif pour qu’il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et le mal ; comment sans cela gouverner ton peuple, qui est si important ? »
Cette demande de Salomon plut au Seigneur, qui lui dit :
« Puisque c’est cela que tu as demandé, et non pas de longs jours, ni la richesse, ni la mort de tes ennemis ; mais puisque tu as demandé le discernement, l’art d’être attentif et de gouverner, je fais ce que tu as demandé : je te donne un c?ur intelligent et sage, tel que personne n’en a eu avant toi et que personne n’en aura après toi. »

Psaume : Ps 118, 57.72, 76-77, 127-128, 129-130

R/ De quel amour j’aime ta loi, Seigneur !

Mon partage, Seigneur, je l’ai dit,
c’est observer tes paroles.
Mon bonheur, c’est la loi de ta bouche,
plus qu’un morceau d’or ou d’argent.

Que j’aie pour consolation ton amour
selon tes promesses à ton serviteur !
Que vienne à moi ta tendresse, et je vivrai :
ta loi fait mon plaisir.

Aussi j’aime tes volontés,
plus que l’or le plus précieux.
Je me règle sur chacun de tes préceptes,
je hais tout chemin de mensonge.

Quelle merveille, tes exigences,
aussi mon âme les garde !
Déchiffrer ta parole illumine,
et les simples comprennent.

2ème lecture : Dieu fait tout pour que nous partagions un jour la gloire du Christ (Rm 8, 28-30)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères,
nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu’ils sont appelés selon le dessein de son amour.
Ceux qu’il connaissait par avance, il les a aussi destinés à être l’image de son Fils, pour faire de ce Fils l’aîné d’une multitude de frères.
Ceux qu’il destinait à cette ressemblance, il les a aussi appelés ; ceux qu’il a appelés, il en a fait des justes ; et ceux qu’il a justifiés, il leur a donné sa gloire.

Evangile : Les paraboles du Royaume. Le trésor caché et la perle – Le filet (brève : 44-46) (Mt 13, 44-52)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Tu es béni, Dieu notre Père, Seigneur de l’univers, toi qui révèles aux petits les mystères du Royaume !Alléluia. (cf. Mt 11, 25)

Jésus disait à la foule cette parabole :
« Le Royaume des cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ; l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ.
Ou encore : Le Royaume des cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines.
Ayant trouvé une perle de grande valeur, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète la perle.
Le Royaume des cieux est encore comparable à un filet qu’on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons.
Quand il est plein, on le tire sur le rivage, on s’assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien.
Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges viendront séparer les méchants des justes et les jetteront dans la fournaise : là il y aura des pleurs et des grincements de dents.
Avez-vous compris tout cela ? ? Oui », lui répondent-ils.
Jésus ajouta : « C’est ainsi que tout scribe devenu disciple du Royaume des cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. »
Patrick BRAUD

Mots-clés : , , ,

18 juillet 2014

Ecclésia permixta

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Ecclésia permixta

Homélie du 16e dimanche du temps ordinaire / Année A
20/07/2014

Les trois paraboles de ce dimanche peuvent être méditées selon la technique toute simple évoquée dimanche dernier : s’arrêter un à un sur chacun des acteurs du récit.

Une autre méthode d’interprétation consiste à replacer le texte dans son contexte pour bien comprendre le but dans lequel il a été écrit et pouvoir ensuite l’actualiser (méthode historico-critique).

Essayons d’appliquer cette grille de lecture sur la célèbre parabole du bon grain et de l’ivraie.

Quelle situation précise vise cette image du mélange entre le blé et les mauvaises herbes ?

Est-ce une réflexion philosophique sur l’origine du mal ? Ce n’est guère le mode de pensée sémite, beaucoup plus concret que la démarche grecque très conceptuelle. Même si on peut en tirer un vrai questionnement philosophique, l’art de la parabole vise d’abord à déchiffrer tel événement, telle situation, ou plutôt à savoir se poser les bonnes questions sur ce qui arrive.

Quand Mathieu écrit, vers 70-90 environ, les premières communautés chrétiennes sont déjà implantées en milieu juif, à partir du réseau des synagogues : Antioche, Alexandrie, Rome… Le succès croissant de la prédication des apôtres suscite bien des jalousies et des hostilités. Les autorités juives veulent réprimer et même éliminer ce courant considéré comme hérétique (cf. Saul se vantant d’avoir été un persécutant zélé contre « les disciples de la voie »). Le pouvoir romain voit avec inquiétude grossir les rangs de ces païens de chrétiens qui refusent d’adorer César et proclament que seul Jésus est Seigneur.

Les persécutions éclatent. Et comme toujours, certains membres de la communauté chrétienne sont prêts à retourner leur veste s’ils y trouvent un intérêt personnel (promotion romaine, considération juive), ou s’ils ont peur pour leur métier, leur famille (la peur des représailles a toujours été un puissant levier pour justifier la collaboration avec l’ennemi !). Tant et si bien que parmi les membres des communautés locales, certains ont préféré jouer le rôle d’informateurs auprès des autorités pour sauver leur peau ou obtenir des avantages. De plus, le pouvoir essayait d’infiltrer ces groupes de chrétiens, en y introduisant des espions pour mieux les surveiller, les déstabiliser en faisant courir de fausses rumeurs, les emprisonner plus facilement le cas échéant.

Les maquis de la Résistance en 39-45 ont connu le même problème douloureux : au milieu de nous il peut y avoir des traîtres, des « collabos ». Lorsque les premières communautés chrétiennes font cette triste découverte, elles peuvent douter d’elles-mêmes : sommes-nous vraiment le champ de blé, la vigne du Seigneur ? Pourquoi certains de nos frères nous trahissent-ils en actes et en paroles ? Que faire de ces traîtres une fois démasqués : les éliminer ? leur pardonner ?

Le problème a pris un tour aigu lorsque certains de ces chrétiens convaincus de connivence avec l’ennemi juif ou romain ont voulu ensuite se repentir et revenir vers l’Église. On les appelle les lapsi (lapsus = celui qui a chuté). Que faut-il faire de ces repentis ? Les exclure à jamais de l’Église pour garder le champ de blé pur de toute compromission ? Ou accepter de les réintégrer moyennant pénitence ? Le débat a fait rage longtemps, avec des positions extrêmes très dures et très intransigeantes (cf. Origène : « hors de l’Église point de salut » = celui qui a renié sa foi ne peut être sauvé). Heureusement, c’est la position du milieu qui a été retenue : l’Église ne sera jamais une secte de purs (cathares = purs). En mettant sur les lèvres de Jésus cette parabole du champ de blé mélangé à l’ivraie, Mathieu avertit les communautés auxquelles il écrit : acceptez que le bien et le mal soient mélangés en vous comme dans vos assemblées. Dieu seul est saint. Nous ne sommes que des vases d’argile, imparfaits et fragiles, qui portons un trésor.

Celui qui voudrait une Église de purs deviendrait aussi dur et inhumain que l’ennemi qui a semé l’ivraie.

 

Saint Augustin, confronté lui aussi à cette question des lapsi, avait trouvé cette formule géniale, directement tirée de notre parabole : Ecclésia permixta. Mot à mot : l’Église est une mixture, un mélange inextricable d’humain et de divin, de grandeur et de trahison, capable du meilleur et du pire. Acceptez que l’Église soit mélangée (permixta). Acceptez au passage que vous aussi soyez mélangés. Car les intransigeants ne font jamais que punir les autres de ce qu’ils ne se pardonnent pas à eux-mêmes.

Ceux qui ne s’acceptent pas mélangés, avec réalisme et humilité (voire humour) le font payer aux autres en étant très durs (c’est souvent le problème personnel des intégristes de tous bords).

Notre histoire personnelle est faite de ce mélange inextricable où le blé et l’ivraie croissent ensemble. La sagesse de Jésus nous invite à faire confiance à la puissance de vie qui se manifeste à travers cette croissance commune : ce qui compte c’est de grandir. Même s’il y a des échecs, des blessures, de l’ivraie par brassées, peu importe s’il y a également du désir, de l’amour, des épis par brassées.

Jésus va même jusqu’à suggérer que le mal finira par être utile : non seulement il n’aura pas pu empêcher le blé de pousser, mais à la fin on le liera en bottes et il  sera brûlé, signe que mystérieusement il sert au moins à procurer chaleur et lumière !

Ne pas vouloir éradiquer le mal semble être une attitude bien peu religieuse… L’Ancien Testament promeut une politique plus volontariste : « tu feras disparaître le mal du milieu du toi » est un leitmotiv qui parcourt tout le Deutéronome, justifiant ainsi la lapidation et autres exécutions des idolâtres notamment (Dt 13,6 ; 17,7.12 ; 19,19 ; 21,21 ; 22,21.22.24 ; 24,7). Le Christ ? lui - insistera sur la distinction entre le méchant et ses actes, au point d’inviter à dénoncer le mal sans pour autant éliminer celui qui le commet. Au contraire, l’amour des ennemis sera leur planche de salut.

Cette politique non-violente à l’égard du mal peut choquer. Qu’aurait-on fait contre Hitler si on l’avait appliquée à la lettre ? Pourtant, Hitler lui-même est le fruit de la violence contre le mal ! Le traité de Versailles en 1918 incarnait la revanche et le mépris des vainqueurs sur les vaincus : les Allemands étaient devenus l’ivraie de l’Europe. Les vainqueurs voulaient à tout jamais la museler, en éradiquant son venin par la force, et pour cela ils ont démantelé, humilié, appauvri l’Allemagne défaite. Seule Keynes s’est élevé contre ce traitement inique, pressentant qu’il annonçait des jours de malheur. Vouloir éradiquer le mal par la force engendre des violences plus grandes encore. Les guerres en Irak et en Iran le prouvent à nouveau, hélas.

L’histoire de l’Église n’est pas différente de la nôtre sur ce point. Elle comporte des saints splendides et des personnages sordides. Elle engendre Jean-Paul II et les Borgia, François d’Assise et l’Inquisition, des moines et des évêques capables de défricher et de servir comme de dominer et d’opprimer.

Celui qui voudrait une Église de purs n’a sans doute pas fait le travail sur lui-même qui lui permettrait de se voir tel qu’il est, sans complaisance, avec réalisme et humilité : mélangé.

Ecclésia permixta : plus que jamais, l’Église doit être humble en effet devant ses limites et ses failles. Plus que jamais elle doit en même temps proposer à tous le trésor de l’Évangile en le laissant rayonner à travers elle.

Il y a d’autres manières de juguler le mal, de l’empêcher de nuire, que de supprimer son auteur. C’est d’ailleurs la raison fondamentale pour laquelle l’Église est contre la peine de mort : supprimer l’ivraie compromet la croissance de tout l’ensemble. Les croisades contre « l’axe du mal » se terminent mal. Voilà pourquoi Jean-Paul II comme ses successeurs ont toujours dénoncé – isolés dans le concert des nations - les interventions militaires en Irak, en Iran, en Afghanistan.

Ecclésia permixta dans Communauté spirituelle epis-de-ble 

Finalement, cette petite parabole est révolutionnaire !

Le mal ne se combat pas frontalement par la violence, il se jugule par la croissance des épis de blé foisonnant autour de lui…

Ecclésia permixta.
Ce n’est pas seulement l’Église qui est mélangée, c’est l’humanité, notre humanité personnelle et collective.
L’accepter avec la sagesse du Christ permet de faire grandir le blé, de circonscrire l’ivraie, et même d’en faire quelque chose d’utile.

 

1ère lecture : La patience du Tout-Puissant (Sg 12, 13.16-19)
Lecture du livre de la Sagesse
Il n’y a pas de Dieu en dehors de toi, Seigneur, toi qui prends soin de toute chose, et montres ainsi que tes jugements ne sont pas injustes.
Ta force est à l’origine de ta justice, et ta domination sur toute chose te rend patient envers toute chose.

Il montre sa force, l’homme dont la puissance est discutée, et ceux qui la bravent sciemment, il les réprime.

Tandis que toi, Seigneur, qui disposes de la force, tu juges avec indulgence, tu nous gouvernes avec beaucoup de ménagement, car tu n’as qu’à vouloir pour exercer ta puissance.
Par ton exemple tu as enseigné à ton peuple que le juste doit être humain, et tu as pénétré tes fils d’une belle espérance : à ceux qui ont péché tu accordes la conversion.

Psaume : Ps 85, 5-6, 9ab.10, 15-16ab

R/ Toi qui est bon et qui pardonnes, écoute-moi mon Dieu !

Toi qui es bon et qui pardonnes,
plein d’amour pour tous ceux qui t’appellent,
écoute ma prière, Seigneur,
entends ma voix qui te supplie.

Toutes les nations, que tu as faites,
viendront se prosterner devant toi,
car tu es grands et tu fais des merveilles,
toi, Dieu, le seul.

Toi, Seigneur, Dieu de tendresse et de pitié, 
lent à la colère, plein d’amour et de vérité,
regarde vers moi, 
prends pitié de moi.

2ème lecture : C’est l’Esprit Saint qui nous fait prier (Rm 8, 26-27)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères,
l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables.
Et Dieu, qui voit le fond des c?urs, connaît les intentions de l’Esprit : il sait qu’en intervenant pour les fidèles, l’Esprit veut ce que Dieu veut.

Evangile : Les paraboles du Royaume. L’ivraie – La graine de moutarde et le levain (brève : 24-30) (Mt 13, 24-43)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Tu es béni, Dieu notre Père, Seigneur de l’univers, toi qui révèles aux petits les mystères du Royaume !Alléluia. (cf. Mt 11, 25)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Jésus proposa cette parabole à la foule :
« Le Royaume des cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ.
Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi survint ; il sema de l’ivraie au milieu du blé et s’en alla.
Quand la tige poussa et produisit l’épi, alors l’ivraie apparut aussi.
Les serviteurs du maître vinrent lui dire : ‘Seigneur, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?’
Il leur dit : ‘C’est un ennemi qui a fait cela.’ Les serviteurs lui disent : ‘Alors, veux-tu que nous allions l’enlever ?’
Il répond : ‘Non, de peur qu’en enlevant l’ivraie, vous n’arrachiez le blé en même temps.
Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson ; et, au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Enlevez d’abord l’ivraie, liez-la en bottes pour la brûler ; quant au blé, rentrez-le dans mon grenier.’ »
Il leur proposa une autre parabole :
« Le Royaume des cieux est comparable à une graine de moutarde qu’un homme a semée dans son champ.
C’est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel font leurs nids dans ses branches. »
Il leur dit une autre parabole : « Le Royaume des cieux est comparable à du levain qu’une femme enfouit dans trois grandes mesures de farine, jusqu’à ce que toute la pâte ait levé. »
Tout cela, Jésus le dit à la foule en paraboles, et il ne leur disait rien sans employer de paraboles, accomplissant ainsi la parole du prophète : C’est en paraboles que je parlerai, je proclamerai des choses cachées depuis les origines.

Alors, laissant la foule, il vint à la maison. Ses disciples s’approchèrent et lui dirent : « Explique-nous clairement la parabole de l’ivraie dans le champ. »
Il leur répondit : « Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ;
le champ, c’est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais.
L’ennemi qui l’a semée, c’est le démon ; la moisson, c’est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges.
De même que l’on enlève l’ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde.
Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume tous ceux qui font tomber les autres et ceux qui commettent le mal, et ils les jetteront dans la fournaise : là il y aura des pleurs et des grincements de dents.
Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père.
Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »
Patrick BRAUD

Mots-clés : , , ,

9 mai 2014

Prenez la porte

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Prenez la porte

Homélie du 4ème Dimanche de Pâques ? Année A
11/05/2014

Bien dans ses gonds

« Prenez la porte ! »

Cette injonction vous rappellera peut-être quelques souvenirs humiliants du collège ou du lycée. Lorsqu’un professeur excédé en vient à ordonner de prendre la porte, c’est qu’il ne voit plus que l’exclusion du fautif comme remède au désordre. Prendre la porte résonne donc comme une menace, une sanction, qui annonce bien des ennuis à venir (le surveillant général à voir, le mot aux parents, les heures de retenue à la clé…).

Ici, dans l’image prise par Jésus pour parler de son rôle, c’est exactement l’inverse. Quand il dit : « je suis la porte », il invite les mécréants de tout poil à prendre cette porte-là, dans le sens de la communion avec Dieu au lieu de l’exclusion par les hommes. Prenez la porte dans Communauté spirituelle tom-et-jerry-la-porte-fermee-sur-jerryUne entrée au lieu d’une sortie en somme. Voilà peut-être pourquoi les premiers à prendre cette parole au sérieux sont ceux qui se sont déjà pris des portes en pleine figure, qu’on leur a claquées au nez pour leur dire non.

 

Prendre la porte qu’est le Christ, c’est rentrer chez soi en quelque sorte.

C’est découvrir qu’en passant par lui, l’accès au plus intime de nous-mêmes se conjugue avec l’accès à Dieu le tout autre. Car Jésus ne conduit pas à lui-même. Il conduit à un Autre, que nul nom ne peut enfermer. Telle une porte, il ne cesse d’accompagner les hommes dans leur mouvement de découverte d’un plus grand que lui. Comme il ne sort jamais de ses gonds, il ouvre sur l’infini d’un mystère qu’il habite (et qui l’habite) au plus haut point, car une porte fait déjà partie de la pièce sur laquelle elle ouvre.

Charlot et la porte du grenier

GoldRushFiche Christ dans Communauté spirituelleVous connaissez sans doute cette histoire pleine d’humour que Chaplin a merveilleusement jouée : Charlot s’évertue à ouvrir la porte d’un grenier ; il tire, il s’évertue, il tire encore, il transpire. Rien à faire : le verrou semble solide, la poignée tourne dans le vide. Épuisé, Charlot s’affale de tout son long dans le couloir, et là surprise? la porte s’ouvre toute seule, de l’intérieur? 

Il en est de même ici : la porte qu’est le Christ n’est pas un effort  à faire, ce n’est pas une épreuve à passer, c’est au contraire une ouverture à accueillir, laquelle ne nous doit rien, mais se propose à nous gratuitement, sans mérite de notre part, comme la porte du grenier qui s’ouvre d’elle-même, de l’intérieur.

Qu’avez-vous fait, machinalement, pour venir à la messe ce Dimanche ? Vous avez franchi la porte d’une église. Sans vous en rendre compte, vous accomplissez à chaque fois une étape extraordinairement symbolique : franchir la porte. Passer du dehors au-dedans, pour participer à l’eucharistie. D’ailleurs, dans bien des églises médiévales, on accordait tant d’importance à ce passage de la porte qu’on l’entourait d’un narthex, le domaine réservé aux catéchumènes, c’est-à-dire aux non baptisés, pour qu’ils se préparent à entrer un jour dans l’Église par le baptême.

À la fin de la messe, nous franchissons cette porte en sens inverse, pour passer de l’assemblée au monde, du dedans au dehors, suite à l’envoi final : « allez dans la paix du Christ ».

C’est donc que la porte commande la respiration même de notre foi.

On comprend mieux l’enjeu spirituel de l’affirmation étonnante de Jésus dans l’évangile de ce Dimanche : « Je suis la porte ». Le mot porte est répété 4 fois dans ce chapitre 10 de St Jean, comme pour signifier l’universalité de cette porte qu’est le Christ pour tous les peuples, venant de l’Est, de l’Ouest, du Nord et du Sud (4 = les 4 points cardinaux).

 

Le slalom des portes de nos vies 

Du coup, on n’arrête pas de franchir symboliquement des portes tout au long de notre pèlerinage de la foi.

Chaque étape de notre vie, de notre naissance jusqu’à notre mort, nous fait passer d’une porte à l’autre, tels des skieurs qui enchaînent les accélérations et les virages de haut en bas du slalom spécial où ils courent pour la victoire.

 exclusion 

 « Je suis la porte »…

À quels moments de notre existence franchissons-nous cette porte qu’est Jésus lui-même ?

- Souvenez-vous : à chaque baptême, nous accueillons symboliquement l’enfant ou l’adulte sur le seuil de l’église. Par le baptême, accueilli à la porte, chacun est invité à entrer, grâce au Christ et par lui, dans un autre univers.

- Souvenez-vous : à chaque mariage, le prêtre (ou le diacre !) va chercher les fiancés à la porte, pour qu’ils la franchissent avec lui. C’est pour signifier que le mariage est un passage, une Pâque, lorsqu’on se marie « dans le Seigneur ». Et si la mariée est en blanc pour franchir la porte, c’est bien en rappel du baptême, car se marier participe à la mort et à la résurrection du Christ (mourir sans cesse à son égoïsme pour naître sans cesse à la communion avec l’être aimé).

– Souvenez-vous encore : lorsque nous célébrons les obsèques d’un proche, nous accueillons le cercueil à la porte de l’église. Celui qui est uni au Christ traverse la mort comme on passe la porte : simplement?

Ainsi de notre naissance à notre mort en passant par le mariage, tous les évènements de notre existence peuvent devenir à travers le Christ comme des seuils à franchir, des portes qui s’ouvrent sur un au-delà.

En affirmant : « Je suis la porte », Jésus nous invite ainsi à passer par lui pour découvrir la vraie vie, la vie « en abondance ».

Ceux qui ne passent pas par cette porte désignent pour Jésus les pharisiens à qui il adresse cette parole. C’est sans doute sous la plume de Jean les premières sectes soi-disant chrétiennes, gnostiques ou païennes en fait. Confronté à la fin du 1er siècle aux divisions dans les groupes chrétiens, Jean nous donne ainsi par son évangile un critère de discernement précieux. Ceux qui ne passeraient pas Jésus pour sauver l’homme risquent fort de n’être finalement que des bandits et des voleurs.

Hélas, la suite de l’histoire lui a souvent donné raison : les idéologies qui ont voulu se bâtir contre le Christ ou sans lui se sont finalement révélées inhumaines et destructrices. Des grandes hérésies des premiers siècles aux systèmes totalitaires du 20ème siècle, sans oublier les sectes ou les pensées néo-païennes d’aujourd’hui, le refus de passer par la porte qu’est le Christ se retourne contre l’humanité elle-même.

 « Je suis la porte »…

Dans les autres évangiles, Jésus appelle ses disciples à lutter pour entrer par la porte étroite (Lc 13,24).

Si vous avez eu la chance d’aller à Bethléem en pèlerinage, vous avez du vous courber et vous faufiler à travers la porte basse et étroite de la basilique de la Nativité. Ce n’est pas facile de passer par le Christ ! Il nous avertit : parvenir au lieu de notre vraie naissance est exigeant. Mais cette porte étroite débouche réellement sur la naissance de l’homme à la vie de Dieu, comme à Bethléem?

2a8ed538 parabole 

« Je suis la porte »…

Dans le livre de l’Apocalypse, Saint Jean  écrira une variation sur ce thème de la porte. « Voici : je me tiens à la porte et je frappe, dit le Christ. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi »(Ap 3,20). Et juste après, Jean a la vision d’une « porte ouverte au ciel », avec une voix qui lui dit : « Monte ici » (Ap 4,1).

Ainsi le Christ : il nous ouvre l’accès à nos greniers intérieurs, ces trésors de vie que l’Esprit de Dieu a déposé en nous. C’est par lui, avec lui et en lui, comme nous le chantons au sommet de la prière eucharistique, que nous pouvons avoir accès à nous-mêmes, ou plutôt avoir accès à Dieu en nous, et à nous en Dieu.

C’est cela, « avoir la vie en abondance », une « vie éternelle ».

 « Je suis la porte »…

Comment entendre cette parole aujourd’hui ?  

Eh bien : examinez tous les domaines où vous ne passez pas par le Christ pour faire vos choix.

Visualisez ces moments où le Christ n’est pas la porte de vos décisions, où vous ne voulez pas le mêler à vos affaires importantes : l’argent, la carrière, les loisirs, votre consommation, votre famille?.

C’est là-dessus qu’il vous faut alors travailler.

N’escaladez pas par-dessus, ne fracturez pas d’autres fenêtres : revenez au Christ, entrez par lui dans votre avenir.

 « Je suis la porte »…

Écoutons cette parole : qu’elle travaille en nous toute cette semaine…

 

1ère lecture : Pierre appelle à la conversion, et il baptise les premiers convertis (Ac 2, 14a.36-41)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Le jour de la Pentecôte, Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, avait pris la parole ; il disait d’une voix forte : « Que tout le peuple d’Israël en ait la certitude : ce même Jésus que vous avez crucifié, Dieu a fait de lui le Seigneur et le Christ. »
Ceux qui l’entendaient furent remués jusqu’au fond d’eux-mêmes ; ils dirent à Pierre et aux autres Apôtres : « Frères, que devons-nous faire ? »
Pierre leur répondit : « Convertissez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour obtenir le pardon de ses péchés. Vous recevrez alors le don du Saint-Esprit.

C’est pour vous que Dieu a fait cette promesse, pour vos enfants et pour tous ceux qui sont loin, tous ceux que le Seigneur notre Dieu appellera. »
Pierre trouva encore beaucoup d’autres paroles pour les adjurer, et il les exhortait ainsi : « Détournez-vous de cette génération égarée, et vous serez sauvés. »

Alors, ceux qui avaient accueilli la parole de Pierre se firent baptiser. La communauté s’augmenta ce jour-là d’environ trois mille personnes.

Psaume : Ps 22, 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6

R/ Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer.

Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche,
il me fait reposer. 

Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ; 
il me conduit par le juste chemin 
pour l’honneur de son nom. 

Si je traverse les ravins de la mort, 
je ne crains aucun mal, 
car tu es avec moi : 
ton bâton me guide et me rassure. 

Tu prépares la table pour moi 
devant mes ennemis ; 
tu répands le parfum sur ma tête, 
ma coupe est débordante. 

Grâce et bonheur m’accompagnent 
tous les jours de ma vie ; 
j’habiterai la maison du Seigneur 
pour la durée de mes jours.

2ème lecture : Celui qui a souffert pour nous est devenu notre berger (1 P 2, 20b-25)

Lecture de la première lettre de saint Pierre Apôtre

Frères, si on supporte la souffrance en ayant fait le bien, c’est une grâce aux yeux de Dieu.
C’est bien à cela que vous avez été appelés, puisque le Christ lui-même a souffert pour vous et vous a laissé son exemple afin que vous suiviez ses traces, lui qui n’a jamais commis de péché ni proféré de mensonge : couvert d’insultes, il n’insultait pas ; accablé de souffrances, il ne menaçait pas, mais il confiait sa cause à Celui qui juge avec justice.
Dans son corps, il a porté nos péchés sur le bois de la croix, afin que nous puissions mourir à nos péchés et vivre dans la justice : c’est par ses blessures que vous avez été guéris.
Vous étiez errants comme des brebis ; mais à présent vous êtes revenus vers le berger qui veille sur vous.

Evangile : Jésus est le bon pasteur et la porte des brebis (Jn 10, 1-10)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Jésus, le bon Pasteur, connaît ses brebis et ses brebis le connaissent : pour elles il a donné sa vie.Alléluia. (cf. Jn 10, 14-15)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jésus parlait ainsi aux pharisiens :
« Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans la bergerie sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit.
Celui qui entre par la porte, c’est lui le pasteur, le berger des brebis.
Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir.
Quand il a conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent, car elles connaissent sa voix.
Jamais elles ne suivront un inconnu, elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne reconnaissent pas la voix des inconnus. »

Jésus employa cette parabole en s’adressant aux pharisiens, mais ils ne comprirent pas ce qu’il voulait leur dire.
C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : je suis la porte des brebis.
Ceux qui sont intervenus avant moi sont tous des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés.
Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage.
Le voleur ne vient que pour voler, égorger et détruire. Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu’ils l’aient en abondance. »
Patrick Braud

Mots-clés : , , ,
123456

Servants d'Autel |
Elder Alexandre Ribera |
Bibliothèque paroissiale de... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Tishrimonaco
| Elder Kenny Mocellin.
| Dixetsept