L'homelie du dimanche

7 février 2021

Quand parler ? Quand se taire ?

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 12 h 30 min

Quand parler ? Quand se taire ?

Homélie pour le 6° dimanche du Temps Ordinaire / Année B
14/02/2021

Cf. également :

Fréquenter les infréquentables
Quelle lèpre vous ronge ?
Pour en finir avec les lèpres
Carême : quand le secret humanise
Ce n’est pas le savoir qui sauve

Confier un secret

Bande-annonce Tu peux garder un secret ?« Est-ce que tu sais garder un secret ? »
L’enfant qui dans la cour de récréation a besoin de raconter quelque chose d’important, d’intime, veut d’abord s’assurer qu’il peut faire confiance à l’oreille amie qui va l’entendre. Qui n’a pas eu envie en grandissant de se confier, de parler de choses importantes, à condition qu’elles ne soient pas divulguées à tout le monde ? À tout âge, confier un secret à quelqu’un est une marque de maturité humaine et spirituelle : à un confesseur, à un ami véritable, au contraire à des inconnus parce qu’on ne se reverra plus après. Il y a ainsi des groupes d’échanges éphémères où chacun peut être vrai parce que chacun reprendra sa vie indépendamment des autres après. Ceux qui ne déposent jamais leur fardeau – ou leur merveille ! – au pied d’un écoutant risquent fort de laisser le fardeau s’infecter et pourrir en eux, ou la merveille pâlir et s’estomper de ne pas la partager.

Confier un secret, c’est accepter de se présenter vulnérable devant quelqu’un, protégé  cependant par le fait que « ça reste entre nous ». Certes, il y a des secrets qui ne devraient pas en être, et les récentes affaires d’inceste ne l’ont hélas que trop rappelé. Il y a également des secrets de famille qui sont de véritables cadavres dans le placard, et qui empoisonnent l’atmosphère familiale tant qu’on n’ose pas les regarder en face et en parler avec tous.

Restent tous les secrets positifs qui nous ont aidés à devenir plus humains lorsque nous les avons partagés en toute confiance. C’est ici que confiance et confidence vont de pair. Lorsque la confidentialité est assurée, on peut dire des choses plus vraies, plus personnelles, plus intimes. Ainsi, sans le secret de la confession, quelles confidences  pourrait recueillir un prêtre qui les répéterait aussitôt à d’autres personnes ?

 

Le secret messianique

Quand parler ? Quand se taire ? dans Communauté spirituelle 41lsK-01cRL._SX302_BO1,204,203,200_L’évangile de ce dimanche (Mc 1, 40-45) montre Jésus expérimenter lui aussi ce besoin de se confier, en secret. En effet, en guérissant le lépreux, il sait qu’il lève un coin de voile sur son identité profonde. Purifier un lépreux de sa maladie était considérée par les juifs de l’époque comme un signe messianique (cf. Mt 10,8 ; 11,5) : seul l’Oint de Dieu (le Messie, le Christ) peut guérir les lépreux, au même titre que ressusciter les morts.

L’horreur inspirée par la dégradation du corps du lépreux était inversement proportionnelle à l’admiration de celui qui saurait délivrer ces malades ! Jésus sait donc fort bien le risque qu’il prend en guérissant ce lépreux : si le bruit s’en répand, il va avoir des ennuis, car on va le prendre pour le Messie. Et pour Jésus (dans l’évangile de Marc [1]) c’est trop tôt : un Messie faiseur de miracles et adulé pour cela serait à l’opposé du Messie humble et crucifié. Comment les foules pourraient-elles comprendre la Passion plus tard si on leur dit tout de suite que ce guérisseur-prophète est le Messie ? Aussi, dans la première partie de son Évangile (chapitres 1 à 8), Marc prend bien soin de noter que Jésus demande de garder le secret de son identité messianique jusqu’à la Transfiguration. Le risque est multiple : provoquer des mouvements de foule qui vont l’exposer à la répression romaine, générer une confusion entre Messie et distributeur magique de guérisons, empêcher sa mission d’aller à son terme en se contentant d’un succès qui flatte les intérêts immédiats, susciter un fol espoir d’un royaume de Dieu trop terrestre etc. Jésus voudrait rester maître du timing de sa mission. Seulement voilà, dès le début de sa vie publique, il est confronté à la détresse de tous ces malades qu’on porte vers lui en foules (Mc 1,32–34), et ici à la supplication du lépreux tombant à genoux devant lui (Mc 1,40). Le texte dit qu’il fut « pris de pitié », ce qui l’a incité à agir sans réfléchir, pour annuler l’exclusion dont était frappé cet homme en tant que lépreux. Mais juste après, le texte mentionne que Jésus s’est « irrité » contre lui. Pourquoi donc s’irriter après l’avoir guéri ? Parce que Jésus réalise alors que ce geste public va le mettre en danger en l’exposant à la curiosité romaine ; parce que si le bruit s’en répond les foules vont affluer et réclamer des miracles (cf. Mc 1,45), alors que Jésus veut avant tout annoncer un royaume de Dieu qui n’est pas de ce monde.

D’où le secret sur sa personne qu’il demande lépreux de garder, tout en l’appelant à se manifester purifié aux prêtres du Temple de Jérusalem pour être officiellement déclaré pur et réintégré dans la communauté humaine.

Le secret messianique est parcouru de cette tension interne : ne pas aller trop vite pour parler du Christ – sinon il y aura maldonne, confusion et déception – et pourtant témoigner publiquement que le salut est offert à chacun. Ce qui était une nécessité s’imposant à Jésus au sujet de son identité est devenu par la suite une pédagogie missionnaire : ne pas trop vite parler du Christ, mais témoigner en actes que du radicalement neuf est possible dans notre condition humaine d’aujourd’hui.

 

Garder le secret

415G46MOIEL._SX331_BO1,204,203,200_ évangile dans Communauté spirituelleCeci implique de se mordre la langue plusieurs fois avant d’afficher sa foi, sinon le risque est grand de plaquer la foi de l’extérieur sur une coutume, une histoire, une culture, une vie. Il y a vraiment « un temps pour se taire et un temps pour parler » (Qo 3,7). Jésus a gardé le secret messianique pendant une trentaine d’années à Nazareth, puis ensuite deux ou trois ans environ sur les chemins de Palestine. Dans sa vie cachée au sein de sa famille, de son village, puis dans sa vie publique à enseigner les foulées et parcourir les routes, ce n’est guère que dans les derniers mois que Jésus a annoncés explicitement qui il était. Cette proportion extraordinairement déséquilibrée doit nous faire réfléchir sur notre propre manière d’annoncer l’Évangile. De plus, la laïcité à la française nous oblige à respecter une certaine neutralité de parole en matière de religion, que ce soit au travail, en politique, sur la voie publique ou autre.

Garder le secret messianique, c’est aujourd’hui pour nous : respecter le cheminement de l’autre, guetter patiemment le moment où l’annonce explicite pourra se faire, incarner d’abord le salut reçu comme le lépreux purifié. Le temps pour se taire est celui du compagnonnage avec les non-chrétiens, du partage de combats communs, de la confiance échangée qui permet les confidences mutuelles. Le temps pour parler viendra peut-être d’un événement qui fera brèche (lecture, décès, mariage, naissance, émotion…), d’un dialogue où les questions seront plus intimes. Rien ne sert de brusquer de rythme de l’autre ! Au contraire, cela le cabrerait. Il faudra bien des témoignages comme celui de notre lépreux guéri pour que la proclamation de foi : Jésus est le Messie soit reçue  librement avec joie.

Saint Jean de la Croix faisait dans ses poèmes l’éloge de la nuit obscure qui permettait à son âme d’aller en secret à la rencontre du bien-aimé :

J’étais dans les ténèbres et en sûreté,
Quand je sortis déguisée par l’escalier secret,
Oh ! l’heureux sort !
J’étais dans les ténèbres et en cachette,
Tandis que ma demeure était en paix.

Dans cette heureuse nuit
Je me tenais dans le secret; nul ne me voyait.
Et je n’apercevais rien
Pour me guider que la lumière
Qui brûlait dans mon cœur.

Ce secret-là est celui de notre rencontre intime avec Dieu, et demande lui aussi à être bien gardé pour que cette communion soit authentique.

Alors, est-ce le temps pour se taire ? Ou le temps pour parler ?
Posez-vous cette question avant de réagir trop vite.

Tourner sa langue sept fois dans sa bouche est toujours une pratique pleine de sagesse, surtout dans le monde de Twitter, Tik Tok, Instagram et Facebook…

 


[1]. Cf. les autres références au secret messianique dans Marc : Mc 1, 24 – 25; 34; 43 ; 3, 11-12 ; 5, 43 ; 7, 44 ; 8, 26 ; 30 ; 9, 9

 

 

LECTURES DE LA MESSE

PREMIÈRE LECTURE
Le lépreux habitera à l’écart, son habitation sera hors du camp » (Lv 13, 1-2.45-46)

Lecture du livre des Lévites
Le Seigneur parla à Moïse et à son frère Aaron, et leur dit : « Quand un homme aura sur la peau une tumeur, une inflammation ou une pustule, qui soit une tache de lèpre, on l’amènera au prêtre Aaron ou à l’un des prêtres ses fils. Le lépreux atteint d’une tache portera des vêtements déchirés et les cheveux en désordre, il se couvrira le haut du visage jusqu’aux lèvres, et il criera : “Impur ! Impur !” Tant qu’il gardera cette tache, il sera vraiment impur. C’est pourquoi il habitera à l’écart, son habitation sera hors du camp. »

PSAUME
(31 (32), 1-2, 5ab, 5c.11)
R/ Tu es un refuge pour moi ; de chants de délivrance, tu m’as entouré.   (31, 7acd)

Heureux l’homme dont la faute est enlevée,
et le péché remis !
Heureux l’homme dont le Seigneur ne retient pas l’offense,
dont l’esprit est sans fraude !

Je t’ai fait connaître ma faute,
je n’ai pas caché mes torts.
J’ai dit : « Je rendrai grâce au Seigneur
en confessant mes péchés. »

Toi, tu as enlevé l’offense de ma faute.
Que le Seigneur soit votre joie !
Exultez, hommes justes !
Hommes droits, chantez votre allégresse !

DEUXIÈME LECTURE
« Imitez-moi, comme moi aussi j’imite le Christ » (1 Co 10, 31 – 11, 1)

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens
Frères, tout ce que vous faites : manger, boire, ou toute autre action, faites-le pour la gloire de Dieu. Ne soyez un obstacle pour personne, ni pour les Juifs, ni pour les païens, ni pour l’Église de Dieu. Ainsi, moi-même, en toute circonstance, je tâche de m’adapter à tout le monde, sans chercher mon intérêt personnel, mais celui de la multitude des hommes, pour qu’ils soient sauvés. Imitez-moi, comme moi aussi j’imite le Christ.

ÉVANGILE
« La lèpre le quitta et il fut purifié » (Mc 1, 40-45)
Alléluia. Alléluia.Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. Alléluia. (Lc 7, 16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
En ce temps-là, un lépreux vint auprès de Jésus ; il le supplia et, tombant à ses genoux, lui dit : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » À l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié. Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt en lui disant : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi : cela sera pour les gens un témoignage. » Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui.
Patrick BRAUD

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29 janvier 2018

Des sommaires pas si sommaires

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Des sommaires pas si sommaires


Homélie pour le 5° Dimanche du temps ordinaire / Année B
04/02/2018

Cf. également :

Sortir, partir ailleurs…

Avec Job, faire face à l’excès du mal

Qu’est-ce que « faire autorité » ?

Ce n’est pas le savoir qui sauve

 

Comment résumeriez-vous l’essentiel de vos activités ordinaires de la semaine ?
Sur quoi mettriez-vous l’accent ?
Qu’est-ce qui occupe 80 % de votre temps ?

Pour beaucoup d’entre nous, le tiercé transport – boulot – dodo risque fort d’arriver en tête… Quantitativement, oui, sans doute. Mais qualitativement ?

Des sommaires pas si sommaires dans Communauté spirituelle 39301735-ic%C3%B4ne-de-document-de-contr%C3%B4le-de-la-grammaire-Banque-d%27imagesL’évangéliste Marc est confronté à cette question lorsqu’il commence son évangile. Comment résumer simplement l’essentiel des activités ordinaires de cet homme extraordinaire nommé Jésus ? Le passage de ce dimanche (Mc 1, 29-39) nous donne quelques pistes. Marc campe tout de suite le paysage des années publiques de Jésus : Capharnaüm, une guérison, un sommaire, une nuit de prière, un autre sommaire. La guérison de la belle-mère de Pierre, outre qu’elle nous apprend que Pierre était marié, nous montre le ministère de la diaconie au cœur de la vie de famille et d’Église, accompli par une femme : « et elle les servait »… Le temps utilisé par Marc (l’aoriste = un imparfait qui se prolonge) souligne combien servir est la conséquence de la guérison opérée par Jésus au contact de son corps (« la prenant pas la main, il la fit se lever », et se lever – egeïro-  est le verbe de la résurrection). La diaconie du Christ serviteur trouve dès le début une figure féminine pour l’incarner : la belle-mère de Pierre, première diaconesse en quelque sorte !

Pourquoi appelées ‘sommaire’ ces deux passages ? Parce que Marc y fait la synthèse du ministère de Jésus, en évoquant son activité en général.

Premier sommaire :
Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était.

Deuxième sommaire :
Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons.

Que nous apprennent ces deux sommaires ?

 

- Un mouvement d’accueil / de sortie

La réputation de guérisseur de Jésus est telle que dans un premier temps, il n’a pas besoin d’aller vers les gens : ce sont eux qui viennent à lui. « La ville entière se pressait à la porte ». Il est lui-même cette porte qui attire à lui l’humanité souffrante. Saint Jean dira la même chose, autrement, dans son langage théologique : « élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes ». « Je suis la porte ».

Cette mission d’accueil de ceux qui souffrent fait structurellement partie de la mission de l’Église, de tout disciple. Accueil gratuit, inconditionnel (le sommaire n’énonce aucune exigence pour être guéri, sinon venir vers le Christ). Accueil libérateur, car selon la culture de l’époque (encore si prégnante dans nombre de continents et de visions du monde préscientifiques) les maladies et troubles personnels viennent de forces invisibles, de démons, qui causent « toutes sortes de maladies ».

Cet accueil à la maison aurait pu suffire à Jésus, qui aurait bien vécu après avoir posé sa plaque de guérisseur à Capharnaüm… Mais non, il est sorti de Dieu pour aller à la rencontre de l’humanité. Il sortira donc de Capharnaüm pour aller jusqu’au bout de la sortie de soi (exode/kénose) qui est la caractéristique de l’amour trinitaire : « allons ailleurs dans les villages voisins. C’est pour cela que je suis sorti ».

Le double mouvement d’accueil / sortie – qui nous fait penser au mouvement du cœur (diastole / systole), ou à la respiration (inspiration/ expiration) – est constitutif de note identité chrétienne.

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- Prier pour rester fidèle

Le succès facile de Capharnaüm aurait pu griser Jésus. Les foules adorent le pain et les jeux. Elles voudront faire roi ce guérisseur extraordinaire. Mais Capharnaüm est trop petit pour contenir son amour, et ‘roi de Judée’ est un titre trop étroit pour le roi de l’univers. Pourtant, la tentation est là : s’installer, surfer sur l’adulation des foules, se construire un petit bonheur tranquille et durable. Qui n’en rêve pas ? C’est sans doute à cause de cette tentation qui veut le détourner de sa vocation que Jésus à nouveau se rend dans un endroit désert pour prier. Cette prière avant l’aube lui permet de se recentrer sur l’essentiel de sa mission : proclamer l’Évangile dans les villages voisins, toute la Galilée, et à Jérusalem.

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Lorsque la tentation nous vient d’arrêter notre course, de nous installer dans nos succès faciles, le Christ nous montre le chemin de la prière solitaire pour y trouver la force de devenir fidèle, c’est-à-dire de continuer notre route nous aussi. Nous retrouvons parfois  l’urgence de la prière dans l’épreuve, pourquoi l’abandonnerions-nous dans les temps heureux où tout va bien ? L’infidélité nous y guette tout autant. Prier pour rester fidèle reste pour nous une ressource précieuse dans les Capharnaüm comme dans les Gethsémani de notre existence.

 

- Guérir et délivrer

Les deux sommaires de ce début d’évangile de Marc font la part belle aux guérisons et aux exorcismes pratiqués par Jésus. Guérir les malades et expulser les démons sont visiblement au cœur de l’activité de Jésus. Aux yeux de ses contemporains, avant d’être un prophète, un sage ou un messie, Jésus est un thérapeute, un faiseur de miracles, un exorciste (les trois étant liés dans les mentalités de l’époque). D’ailleurs, si l’on supprimait des évangiles les récits de guérison, les miracles et les exorcismes, il faudrait enlever au moins un tiers du texte en volume ! Autant dire que l’Église doit rechercher et comprendre ce que veut dire guérir et libérer aujourd’hui, avec la même puissance de l’Esprit qui animait le Christ autrefois.

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Soigner les corps, les esprits, les cœurs, les âmes ont toujours été des composantes essentielles de l’évangélisation. Dispensaires et PMI fleurissaient en Afrique autant que les églises. Les religieuses ont été infirmières bien avant le service public. Et délivrer les gens de leurs passions morbides a toujours fait partie du ministère de la confession et du charisme de l’accompagnement spirituel.

À continuer !

 

 

- Le savoir ne sauve pas

Jesus-et-la-gnose diaconieLe premier sommaire précise : Jésus « empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient eux, qui il était ». La foi n’est donc pas une question de connaissance, car ici ceux qui savent (les démons) sont expulsés, alors que ceux qui font confiance (les malades-possédés) sont accueillis. La gnose n’apporte pas le salut, contrairement à ce que prêcheront toutes les sociétés secrètes ultérieurement, des cathares aux francs-maçons…

 

- Parcourir / proclamer / libérer sont finalement les trois activités qui occupent 90 % de l’agenda de Jésus lors de ses trois années publiques. À sa suite, l’Église doit infatigablement sortir à la rencontre des peuples et de leurs cultures (Paul VI avait ré-initié cette tradition des voyages pontificaux dans le monde entier), proclamer l’Évangile à temps et à contretemps (même lorsque la liberté religieuse est limitée, comme sous le communisme autrefois où l’islam d’État actuellement), et libérer chacun et tous des démons qui les aliènent collectivement ou individuellement (de la soif d’argent qui déshumanise une société aux liens psychologiques et spirituels qui peuvent enchaîner une personne).

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Finalement, ces sommaires de Marc sont assez instructifs !

Et vous, si on vous demandait de faire le sommaire de vos journées, de vos semaines, qu’écririez-vous ? Y trouverait-on, selon votre charisme, la passion de parcourir, de proclamer, de libérer ?

 

 

Lectures de la messe
Première lecture
« Je ne compte que des nuits de souffrance » (Jb 7, 1-4.6-7)
Lecture du livre de Job

Job prit la parole et dit : « Vraiment, la vie de l’homme sur la terre est une corvée, il fait des journées de manœuvre. Comme l’esclave qui désire un peu d’ombre, comme le manœuvre qui attend sa paye, depuis des mois je n’ai en partage que le néant, je ne compte que des nuits de souffrance. À peine couché, je me dis : “Quand pourrai-je me lever ?” Le soir n’en finit pas : je suis envahi de cauchemars jusqu’à l’aube. Mes jours sont plus rapides que la navette du tisserand, ils s’achèvent faute de fil. Souviens-toi, Seigneur : ma vie n’est qu’un souffle, mes yeux ne verront plus le bonheur. »

Psaume
(Ps 146 (147a), 1.3, 4-5, 6-7)
R/ Bénissons le Seigneur qui guérit nos blessures ! ou : Alléluia ! (Ps 146, 3)

Il est bon de fêter notre Dieu,
il est beau de chanter sa louange :
il guérit les cœurs brisés
et soigne leurs blessures.

Il compte le nombre des étoiles,
il donne à chacune un nom ;
il est grand, il est fort, notre Maître :
nul n’a mesuré son intelligence.

Le Seigneur élève les humbles
et rabaisse jusqu’à terre les impies.
Entonnez pour le Seigneur l’action de grâce,
jouez pour notre Dieu sur la cithare !

Deuxième lecture
« Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! » (1 Co 9, 16-19.22-23)
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères, annoncer l’Évangile, ce n’est pas là pour moi un motif de fierté, c’est une nécessité qui s’impose à moi. Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! Certes, si je le fais de moi-même, je mérite une récompense. Mais je ne le fais pas de moi-même, c’est une mission qui m’est confiée. Alors quel est mon mérite ? C’est d’annoncer l’Évangile sans rechercher aucun avantage matériel, et sans faire valoir mes droits de prédicateur de l’Évangile. Oui, libre à l’égard de tous, je me suis fait l’esclave de tous afin d’en gagner le plus grand nombre possible. Avec les faibles, j’ai été faible, pour gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous pour en sauver à tout prix quelques-uns. Et tout cela, je le fais à cause de l’Évangile, pour y avoir part, moi aussi.

Évangile
« Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies » (Mc 1, 29-39)
Alléluia. Alléluia. Le Christ a pris nos souffrances, il a porté nos maladies. Alléluia. (Mt 8, 17)
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André. Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait.
Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était.
Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait. Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche. Ils le trouvent et lui disent : « Tout le monde te cherche. » Jésus leur dit : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. »
Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons.
Patrick BRAUD

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