L'homelie du dimanche

20 octobre 2019

D’Anubis à saint Michel

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 12 h 30 min

D’Anubis à saint Michel

Homélie du 30° dimanche du Temps Ordinaire /  Année C
27/10/2019

Cf. également :

Dans les petits papiers de Dieu

Simul peccator et justus : de l’intérêt d’être pécheur et de le savoir

« J’ai renoncé au comparatif »

Une scène n’a cessé d’être représentée sur les papyrus de l’ancienne Égypte pendant seize  siècles : la pesée des âmes lors du jugement dernier. L’image est extraordinaire dans les papyrus d’Ani (vers -1550/-1292) ou d’Hunefer (vers -1280) par exemple. On y voit le dieu de la mort Anubis tenir une balance. Sur le plateau droit est déposé le cœur du défunt, et sur le plateau gauche la plume symbolisant la justice de la déesse Maat. Le dieu Toth prend scrupuleusement en note le résultat de la pesée. Si le cœur est léger, plus léger que la plume, c’est que le défunt avait le cœur pur : il est alors conduit auprès d’Osiris, le dieu de la résurrection d’entre les morts, pour partager avec lui la vie éternelle. Si le défunt avait le cœur lourd, chargé de péchés, le dieu Sobek à tête de crocodile n’attendait qu’un signe d’Anubis pour dévorer son cœur, symbole de châtiment éternel.

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En Europe, 15 siècles après J.C., le peintre flamand Roger van der Weyden a peint des fresques sublimes exposées sous forme de retables dans les hospices de Beaune. Étonnamment, la même scène y est représentée, à croire que juifs et chrétiens ont puisé sans le savoir dans la symbolique égyptienne pour penser le jugement dernier ! L’ange saint Michel remplace ici Anubis : il se tient très droits pour ne pas fausser la pesée de la balance qu’il tient de sa main droite. À la place d’Osiris, c’est le Christ ressuscité qui préside au jugement et accueille les élus à sa droite. Ce n’est plus le cœur contre la plume, mais les mauvaises actions qui sont pesées contre les bonnes. Si le plateau penche à droite, l’élu ira rejoindre la foule des ressuscités sortant de terre nus comme des graines émergeant du sol. Si le plateau penche à gauche, ils iront loin du Christ, malheureux comme celui qui se mange la main de remords (littéralement !).

Jugement dernier Van der Weyden

Trois mille ans et trois religions séparent ces deux images, et pourtant elles ont indéniablement une inspiration commune : l’intuition que l’au-delà dépend de l’ici-bas, de la justesse de la vie sur terre. « On n’a que ce qu’on mérite » pourrait résumer l’avertissement lancé aux sujets des pharaons comme à ceux de Charles VII !

Pourtant, à bien lire notre parabole du pharisien et du publicain de ce dimanche, on ne peut que s’inscrire en faux contre cette vision trop anthropomorphique de la justice de Dieu !

Que dit le texte en effet ? On s’attend à ce que l’amas de bonnes œuvres accumulées soit plus efficace que la supplication du pécheur arrivant les mains vides. C’est du moins ce qu’Anubis ou saint Michel (version van der Weyden) auraient prononcé comme verdict. Eh bien pas du tout ! « Quand ce dernier [le publicain] redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre ».

Jésus prend à contre-pied nos représentations instinctives de la justice : nous pensons qu’elle se mérite ; lui nous révèle qu’elle est donnée.
Nous croyons que nos bonnes actions auront leur récompense ; lui nous assure que le salut ne s’achète pas mais se reçoit gratuitement.
Nous imaginons qu’il faut faire beaucoup d’offrandes, de sacrifices, de prières et de rites pour arriver devant Dieu les bras chargés de présents ; et le Christ nous dit que les mains vides seront plus aptes à accueillir le don de Dieu.
Nous voulons mériter notre salut ; or le publicain n’a rien fait de bien et c’est lui qui est sauvé (comme le condamné à la droite de Jésus sur le gibet de la croix).
Nous pensons que la justice est punitive ; le Christ nous révèle une justice salvifique.

Le pharisien – personnage très aimé et très respecté du peuple juif pour sa rectitude – tombe dans le piège d’Anubis avec des ressemblances troublantes, comme si le paganisme (faire les dieux à son image) réussissait toujours à s’infiltrer dans le monothéisme (Dieu tout autre que les représentations humaines). Lorsqu’il énumère les motifs de son action de grâce, le pharisien ne se rend pas compte qu’il égrène à nouveau les confessions négatives que le défunt égyptien prononçait devant le tribunal des dieux. Il confesse : « Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain ». Ainsi faisait celui qui comparaissait devant le tribunal des dieux égyptiens :

D’Anubis à saint Michel dans Communauté spirituelle extrc3a9mitc3a9-planche-31-ani« Je n’ai pas commis l’iniquité
je n’ai pas brigandé
je n’ai pas été cupide
je n’ai pas dérobé
je n’ai tué personne
je n’ai pas diminué le boisseau
je n’ai pas commis de forfaiture… »
(texte des 42 confessions négatives du papyrus d’Ani).

En plus, il veut asseoir sa justice sur l’injustice du publicain, par comparaison et dépréciation. Comme s’il fallait enfoncer la tête de l’autre sous l’eau pour arriver à émerger de la masse des justiciables.
D’ailleurs, aujourd’hui encore, dans les bénédictions du matin (Birkot Hasha’har) que lit tout juif pratiquant se trouve cette bénédiction : « Béni Sois-Tu, Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, de ne pas m’avoir fait femme ». La femme elle, dit simplement « Béni Soit Celui qui m’a faite selon Sa Volonté ». La tentation de la comparaison s’est infiltrée jusque dans le meilleur du judaïsme…

À l’inverse, par son silence sur ses mérites, par sa pauvre imploration : « prends pitié du pécheur que je suis », le publicain ne veut aucun mal au pharisien, il ne se compare pas à lui. Il accepte d’être vrai devant Dieu, et s’ouvre à sa miséricorde. Et c’est lui qui est justifié en finale ! Pas très « moral » tout ça, car la « morale » commune voudrait que les bons soient récompensés et les méchants punis…

PHARISIEN%2BET%2BPUBLICAIN%2BPARABOLE Anubis dans Communauté spirituellePar cette petite parabole, Jésus renverse ainsi les tables du commerce marchand de la prière païenne. Il trouble en même temps l’ordre moral qui fonde le pouvoir de la religion sur les rites à pratiquer, les offrandes à consacrer, les bonnes actions à accumuler. Il situe le salut au-delà du bien et du mal commis. Cette parabole a donc un petit côté anarchiste, au sens où elle conteste à tout pouvoir religieux humain le droit de décréter qui est juste ou qui est injuste, les rites à pratiquer, les sacrifices à faire. Proclamer comme Jésus que les prostituées et les publicains précéderont les pratiquants religieux et fidèles n’était pas du goût de tout le monde…

Se présenter devant Dieu les mains vides, en attendant tout de lui, ne signifie pas pour autant mener une vie de violence et de rapines. Pour reprendre la maxime d’Ignace de Loyola : « Agis comme si tout dépendait de toi, en sachant qu’en réalité tout dépend de Dieu ». ou pour reprendre la prière de la petite Thérèse de Lisieux, il s’agit d’arriver les mains vides devant Dieu pour tout recevoir de lui :

« Au soir de cette vie, je paraîtrai devant toi les mains vides, car je ne te demande pas Seigneur, de compter mes œuvres. Toutes nos justices ont des taches à tes yeux. Je veux donc me revêtir de ta propre justice et recevoir de ton Amour la possession éternelle de Toi-même. Je ne veux point d’autre Trône et d’autre Couronne que Toi, ô mon Bien-Aimé !… »

Le désir d’accumuler sans cesse est à la base de notre économie moderne. Prenons garde à ce qu’il ne dénature pas notre soif de la justice selon le cœur de Dieu, car accumuler les bonnes actions ne fera jamais de nous des justes. Par contre, le salut accueilli produit des fruits de justice qui alors ne sont pas les termes d’un échange marchand donnant-donnant, mais les conséquences gracieuses de la vie gratuitement donnée-reçue.

Réapprenons la gratuité, pour nous comme pour ceux qui nous entourent.

 

LECTURES DE LA MESSE

 

PREMIÈRE LECTURE

« La prière du pauvre traverse les nuées » (Si 35, 15b-17.20-22a)

Lecture du livre de Ben Sira le Sage

Le Seigneur est un juge qui se montre impartial envers les personnes. Il ne défavorise pas le pauvre, il écoute la prière de l’opprimé. Il ne méprise pas la supplication de l’orphelin, ni la plainte répétée de la veuve. Celui dont le service est agréable à Dieu sera bien accueilli, sa supplication parviendra jusqu’au ciel. La prière du pauvre traverse les nuées ; tant qu’elle n’a pas atteint son but, il demeure inconsolable. Il persévère tant que le Très-Haut n’a pas jeté les yeux sur lui, ni prononcé la sentence en faveur des justes et rendu justice.

 

PSAUME

(Ps 33 (34), 2-3, 16.18, 19.23)
R/ Un pauvre crie ; le Seigneur entend. (Ps 33, 7a)

Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m’entendent et soient en fête !

Le Seigneur regarde les justes,
il écoute, attentif à leurs cris.
Le Seigneur entend ceux qui l’appellent :
de toutes leurs angoisses, il les délivre.

Il est proche du cœur brisé,
il sauve l’esprit abattu.
Le Seigneur rachètera ses serviteurs :
pas de châtiment pour qui trouve en lui son refuge.

 

DEUXIÈME LECTURE

« Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice » (2 Tm 4, 6-8.16-18)

Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre à Timothée

Bien-aimé, je suis déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu. J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice : le Seigneur, le juste juge, me la remettra en ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour sa Manifestation glorieuse. La première fois que j’ai présenté ma défense, personne ne m’a soutenu : tous m’ont abandonné. Que cela ne soit pas retenu contre eux. Le Seigneur, lui, m’a assisté. Il m’a rempli de force pour que, par moi, la proclamation de l’Évangile s’accomplisse jusqu’au bout et que toutes les nations l’entendent. J’ai été arraché à la gueule du lion ; le Seigneur m’arrachera encore à tout ce qu’on fait pour me nuire. Il me sauvera et me fera entrer dans son Royaume céleste. À lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

 

ÉVANGILE

« Le publicain redescendit dans sa maison ; c’est lui qui était devenu juste, plutôt que le pharisien » (Lc 18, 9-14)
Alléluia. Alléluia.Dans le Christ, Dieu réconciliait le monde avec lui : il a mis dans notre bouche la parole de la réconciliation. Alléluia. (cf. 2 Co 5, 19)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici : « Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts). Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : ‘Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.’ Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : ‘Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !’ Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »
Patrick BRAUD

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20 novembre 2014

Divine surprise

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Divine surprise

 

Homélie pour la fête du Christ Roi / Année A
23/11/2014

 

Comme sous un voile d’ignorance

Savez-vous réellement ce que vous aurez « fait de bien » dans votre vie ?
Connaissez-vous vraiment les noms et les visages de ceux pour qui vous aurez été quelqu’un d’important ?
Vous allez répondre : bien sûr ! Mon conjoint, mes enfants, telle personne que j’ai aidée, tel ami avec qui je suis très proche…

L’évangile de la fête du Christ-Roi (Mt 25, 31-46) nous invite à ne pas répondre trop vite à cette question. « Quand est-ce que nous t’avons vu avoir faim et soif ? » s‘étonnent les justes. Ils ne se souviennent pas d’avoir croisé le Christ. « Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ? » : leur surprise est totale. Ils ne savaient pas l’importance d’une visite à un prisonnier ou à un malade. Ils ignoraient l’enjeu d’un verre d’eau ou d’un repas offert. Et pourtant ils l’ont fait, en oubliant le plus souvent qu’ils l’avaient fait.

Divine surprise que celle qui nous attend au terme de l’histoire : il nous sera enfin révélé la vraie qualité des gestes et des paroles posées. Amère surprise pour certains peut-être : ils ne se souviennent pas ne pas avoir fait, et pourtant ils ne l’ont pas fait.

Tant que le coup de sifflet final n’a pas retenti, nous ne savons donc pas quel est notre score réel, le nombre de buts marqués. Nous jouons notre partie comme sous un voile d’ignorance. Et cette ignorance est belle, dans la mesure où elle nous empêche de comptabiliser, de calculer, de maîtriser les résultats de nos actes.

Notons au passage que le jugement dernier de Mt 25 s’adresse aux « nations », c’est-à-dire justement à ceux qui ne connaissent pas le Christ. Les croyants eux « échappent au jugement » comme l’écrit l’évangéliste Jean. Les nations, dans l’ignorance du Christ, n’ont que leur conscience pour les guider. Il y a suffisamment d’image divine dans cette conscience humaine pour les faire choisir ce qui est juste et rejeter ce qui est injuste. Leur surprise sera donc d’autant plus grande de découvrir la valeur éternelle de leur service des pauvres, des malades et des prisonniers à qui le Christ s’identifie.

Chacun de nous participe de cette ignorance et de cette surprise.

À qui n’est-il pas arrivé de recueillir le témoignage bien des années après de quelqu’un pour qui il a été une aide, un sauveur, un déclic, sans même le savoir ? Les instituteurs par exemple qui croisent leurs anciens élèves 20 ans ou 30 ans après pourraient vous en raconter ! Et ce sont rarement ceux à qui on s’attendait qui manifestent de la reconnaissance…

Se laisser surprendre par le feed-back de nos actions est donc essentiel pour découvrir le vrai visage du Christ.
Accepter la docte ignorance de celui qui fait sans savoir ce que cela produit est salutaire.
Ne pas maîtriser le bien accompli rend libre pour continuer à diffuser ce bien hors de tout contrôle.

 

Le mal par omission

Cette ignorance concerne également le mal commis, hélas.
Nous ne savons pas – ou si peu - à qui nous n’avons pas offert un verre d’eau, un repas, une visite. Car le mal dans ce texte du jugement dernier est défini par l’absence plus que par les actes mauvais. C’est l’absence de service des pauvres que le Christ reproche aux injustes. Le péché par omission en quelque sorte.
Peut-être sommes-nous davantage détruits par le bien que nous ne faisons pas que par le mal que nous faisons ?

« Chaque fois que vous ne l’avez pas fait… » : c’est cela qui a éloigné les injustes du Christ. Visiblement, leur surprise est immense de découvrir ce qu’ils n’ont pas fait !

Pourtant, c’est évident si on y réfléchit : ce que nous ne faisons pas nous manque rarement. Un peu comme Mozart ne manque pas à celui qui n’y a jamais été initié. Chacun de nous peut vivre en toute bonne conscience sans jamais réaliser tout ce à côté de quoi il passe, tous ceux à côté de qui il passe.

C’est donc qu’il nous faut des alliés pour nous révéler ces angles morts inconnus de nous. Mieux vaudrait le dur reproche d’un allié maintenant que le terrible constat du Christ à la fin des temps : « ce que vous n’avez pas fait… »

Un tel allié met le doigt sur ce qui ne nous fait pas mal : notre absence de compassion, de service, de solidarité, d’humanité tout simplement.

Qui peut jouer ce rôle salutaire aujourd’hui pour éviter la terrible surprise demain ?

Les médias peuvent jouer un rôle, en nous éveillant à la galère des populations qui nous entourent, ou qui sont abandonnées au loin. Le voyage, le contact avec l’étranger peuvent être des déclics. Sans oublier des textes bibliques comme le jugement dernier de Mt 25, qui résonne comme une alarme d’incendie dans un gratte-ciel où tous pensent être à l’abri à leur étage. La responsabilité envers l’autre sait faire feu de tout bois pour s’inviter dans la tranquillité de celui qui croit être globalement un bon citoyen, un parent acceptable, un voisin correct, bref quelqu’un qui ne fait de mal à personne.

Or la parabole du jugement dernier laisserait penser que le problème viendra beaucoup plus de nos omissions que de nos actions…

 

Sourire aux médailles

Gen. Pace's medals as of Veterans Day 2005. Top row center is the Legion of Merit; bottom row right is the Vietnam Campaign Medal.Reste - heureusement - la divine surprise des justes qui s’ignorent comme tels. Il est donc recommandé de ne pas posséder le fruit de nos actes, même les meilleurs, comme si oublier le bien accompli était la voie la plus sûre pour laisser le Christ - in fine - nous révéler ce qui a été réellement le positif de nos vies.

Ce qui empêche d’ailleurs d’être jamais rassasié du service des plus démunis.

Celui qui comptabilise ses dons n’est pas dans le service.

Celui qui accepte de ne pas connaître ni le mal ni le bien commis sera libre de se laisser surprendre dès maintenant et à la fin.

Ce qui implique sans doute de renoncer à un tas de réflexes si bien ancrés : exiger un merci en retour, vouloir laisser une trace derrière soi, se valoriser en train de servir les autres, exercer une secrète domination sur ceux qu’on aide etc….

Vivre la divine surprise du jugement dernier demanderait plutôt de laisser l’autre s’en aller sans le retenir, de ne pas faire la liste de ce qu’on a fait de bien, d’oublier ce que les autres nous doivent, d’être libres vis-à-vis de toute forme de reconnaissance, de sourire aux médailles…

Ne pas vouloir contrôler ni maîtriser le fruit de ses actes, tout en aiguisant le désir de servir, est le chemin le plus sage pour se laisser surprendre, aujourd’hui et demain, par la révélation qui vient des autres partiellement et du Christ en plénitude.

Par qui, par quoi suis-je capable de me laisser surprendre ?

Que voudrais dire pour moi anticiper la divine surprise qui m’attend au terme de l’histoire ?

 

 

1ère lecture : Dieu, roi et berger d’Israël, jugera son peuple (Ez 34, 11-12.15-17)
Lecture du livre d’Ezékiel

Parole du Seigneur Dieu : Maintenant, j’irai moi-même à la recherche de mes brebis, et je veillerai sur elles. Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, ainsi je veillerai sur mes brebis, et j’irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de brouillard et d’obscurité. C’est moi qui ferai paître mon troupeau, et c’est moi qui le ferai reposer, déclare le Seigneur Dieu. La brebis perdue, je la chercherai ; l’égarée, je la ramènerai. Celle qui est blessée, je la soignerai. Celle qui est faible, je lui rendrai des forces. Celle qui est grasse et vigoureuse, je la garderai, je la ferai paître avec justice. Et toi, mon troupeau, déclare le Seigneur Dieu, apprends que je vais juger entre brebis et brebis, entre les béliers et les boucs.

Psaume : 22, 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6
R/ Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer.

Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche,
il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l’honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ;
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m’accompagnent
tous les jours de ma vie ;
j’habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.

2ème lecture : La royauté universelle du Fils (1Co 15, 20-26.28)
Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Le Christ est ressuscité d’entre les morts, pour être parmi les morts le premier ressuscité. Car, la mort étant venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection. En effet, c’est en Adam que meurent tous les hommes ; c’est dans le Christ que tous revivront, mais chacun à son rang : en premier, le Christ ; et ensuite, ceux qui seront au Christ lorsqu’il reviendra. Alors, tout sera achevé, quand le Christ remettra son pouvoir royal à Dieu le Père, après avoir détruit toutes les puissances du mal. C’est lui en effet qui doit régner jusqu’au jour où il aura mis sous ses pieds tous ses ennemis. Et le dernier ennemi qu’il détruira, c’est la mort. Alors, quand tout sera sous le pouvoir du Fils, il se mettra lui-même sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis, et ainsi, Dieu sera tout en tous.

Evangile : La venue du Fils de l’homme, pasteur, roi et juge de l’univers (Mt 25, 31-46)
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Béni soit le règne de David notre Père, le Royaume des temps nouveaux ! Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient ! Alléluia. (cf. Mc 11, 9-10)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres : il placera les brebis à sa droite, et les chèvres à sa gauche.

Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : ‘Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !’
Alors les justes lui répondront : ‘Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu…? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?’
Et le Roi leur répondra : ‘Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.’
Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : ‘Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le démon et ses anges. Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.’
Alors ils répondront, eux aussi : ‘Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu avoir faim et soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?’
Il leur répondra : ‘Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait.’
Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »
Patrick BRAUD

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