L'homélie du dimanche (prochain)

5 juillet 2026

Mon endurcissement volontaire

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 12 h 30 min

Mon endurcissement volontaire

 

Homélie pour le 15° Dimanche du Temps ordinaire / Année A 

12/07/26 


Cf. également :

Le semeur de paraboles
Prenez-en de la graine !
Semer pour tous
La lectio divina : galerie de portraits
Éléments d’une écologie chrétienne
Le management du non-agir
Le pourquoi et le comment

 

1. Le métro étanche

La semaine dernière dans le métro parisien, j’observais attentivement les comportements des passagers de la rame : Mon endurcissement volontaire dans Communauté spirituelle mobile-dans-metroles regards ne se croisaient pas, aucune parole ne s’échangeait. Sur environ 50 usagers, une trentaine avait les yeux rivés sur l’écran de leur smartphone, faisant défiler frénétiquement vidéos ultracourtes ou messages d’émojis. Les autres, écouteurs ou casque vissés dans les oreilles, semblaient ailleurs, hypnotisés par leur musique.

Le tout dans un silence humain où le fracas du métro était la seule respiration, mécanique, rythmant le voyage.

Me revenaient alors en mémoire les images, les odeurs et les sons d’un voyage en train entre Ouagadougou et Abidjan, dans le train qu’on appelait alors ‘ la Gazelle’ dans les années 80. Ce n’était que rires, éclats de voix, conversations hautes en couleurs, avec des regards croisés, des bébés qui tétaient, des poulets qui s’échappaient du panier…

Nous sommes passés de ce monde à l’autre pour le meilleur (la technologie) et pour le pire (la solitude). Devant ces visages rivés à leur écran et ces oreilles enveloppées d’un bruit permanent, nous pourrions reprendre la phrase de Jésus dans l’évangile de ce dimanche (Mt 13,1-23) : « Ils regardent sans voir, ils écoutent sans comprendre ».

Essayons d’analyser les enjeux spirituels de ce constat amer que le Christ pourrait encore porter sur nos comportements occidentaux en ce siècle.

 

2. Ils regardent sans voir

Le défilement frénétique de vidéos de quelques secondes, images ou messages sur notre smartphone a un nom anglais comme on les aime : le doomscrolling, quand le pouce fait glisser d’une page à l’autre sur l’écran, à toute vitesse, indéfiniment.

61cAwReh7iL._SL1500_ homosexualité dans Communauté spirituelleImpossible alors au cerveau humain d’analyser, d’assimiler et encore moins de mémoriser ce qui défile ainsi sans arrêt. Les jeunes ont même inventé le speedwatching : regarder les vidéos en accéléré (x 1,5 ou x 2) pour ingurgiter davantage de contenu plus rapidement ! Derrière cette avidité se cache ce qu’on appelle le FOMO (Fear Of Missing Out) : la peur de rater quelque chose. Face à l’infobésité (la profusion de contenus), l’accéléré devient une stratégie de survie cognitive pour « tout voir » et rester à la page, quitte à survoler. À force de consommer ces formats ultra-courts et rythmés, le cerveau s’habitue à un rythme de distribution de dopamine très élevé. Le rythme normal d’une parole humaine ou d’un film classique est alors perçu comme « lent » ou « ennuyeux ». On est en plein dans la consommation de surface…

 

Un chercheur – Bruno Patino – a décrit le phénomène dans son essai : « La civilisation du poisson rouge » (Grasset, 2019). Les nouvelles applications du numérique sont conçues pour créer une dépendance qui maintient nos yeux collés aux écrans sans que notre esprit soit éveillé.

« Sans repos possible, gorgés de dopamine, nous veillons sans relâche. L’alerte permanente, l’exploitation de notre passivité, la flatterie de notre narcissisme et la prise en charge par l’annonce immédiate de ce qui est à venir scandent nos existences numériques ». Plus loin, il alerte sur le risque de voir notre société se peupler « d’humains au regard hypnotique qui, enchaînés à leurs écrans, ne savent plus regarder vers le haut ».

Voilà comment les jeunes générations sont conduites à « regarder sans voir ». Dans une économie où capter leur attention est source de revenus (publicitaires) par les médias, elles sont manipulées pour consommer sans répit, jusqu’à épuisement, des images qui les façonnent et les influencent bien au-delà de leur liberté et de leur conscience. Cette « économie de l’attention » (Herbert Simon, prix Nobel d’économie) détruit notre volonté profonde (ce que Jésus appelle le « cœur » ou la « bonne terre »).

« L’économie de l’attention ne se contente pas de détourner notre attention de ce que nous voulons faire, elle façonne la nature même de nos désirs. En fin de compte, elle aliène la capacité humaine à vouloir ce que nous voulons vouloir ». 

« La dynamique de l’économie de l’attention tend à vider l’esprit humain de sa capacité de réflexion à long terme, nous emprisonnant dans un présent perpétuel et superficiel » [1].

 

3. Ils écoutent sans comprendre

 IVGFaites le test : combien de temps pouvez-vous rester en silence, sans parole ni musique dans les oreilles ? Plus difficile encore : demandez aux passagers du métro d’enlever leurs  écouteurs, de se parler, d’échanger, de discuter… L’angoisse du vide est si prégnante que nous sommes prêts à tout pour la combler : musique perpétuelle en bruit de fond, chaînes d’info en continu, bluetooth dans les oreilles…

Mais écoutons-nous vraiment ? Qui est capable de reformuler précisément ce que ses voisins lui ont confié ? Qui peut synthétiser, analyser, critiquer le flot de paroles qui s’est abattu sur  lui en une journée ?

Dès qu’un moment de vide apparaît (dans les transports, une file d’attente, avant de s’endormir), nous sortons notre téléphone. Nous saturons volontairement notre cerveau de bruit pour ne pas avoir à écouter les questions de notre conscience ou la voix intérieure de Dieu. La parabole du semeur nous dirait que c’est étouffer la Parole sous les « ronces » (les soucis du monde et la séduction des richesses matérielles, comme le dit Jésus plus loin dans la parabole).

 

4. D’Isaïe à Jésus, l’endurcissement volontaire

Outre la solitude qui se répand comme une épidémie technologique, cette saturation de la vue et de l’ouïe produit à la longue ce que l’Évangile appelle un endurcissement volontaire.

Nous choisissons la superficialité pour éviter le coût de la profondeur. Comme au temps d’Isaïe, c’est un mécanisme de défense : nous sentons bien que si nous laissions nos yeux vraiment voir et nos oreilles vraiment entendre, nous serions saisis par une exigence de vérité qui bouleverserait tout notre mode de vie.

La phrase citée par Jésus provient très exactement d’Isaïe 6,9-10. Il s’agit du récit de la vocation du prophète, au VIII° siècle avant notre ère (vers 740 av. J.-C.), au moment où il entre dans le Temple de Jérusalem et reçoit sa mission de la part de Dieu.

 semeurÀ ce moment précis, le royaume de Juda traverse une crise politique et spirituelle majeure. Les élites et le peuple se détournent de l’Alliance, préférant les alliances politiques matérielles et l’idolâtrie à la confiance en Dieu. Lorsque Dieu envoie Isaïe, il lui donne une feuille de route qui ressemble à un constat d’échec anticipé, ironique et tragique :

« Va, et dis à ce peuple : Écoutez toujours, et ne comprenez pas ! Regardez toujours, et ne sachez pas ! Rends insensible le cœur de ce peuple, endurcis ses oreilles, et bouche-lui les yeux… » (Is 6,9-10).

Ce texte hébreu est un constat d’endurcissement volontaire : Isaïe ne vise pas une incapacité intellectuelle des Juifs de son temps. Il dénonce une fermeture obstinée. Le peuple a fermé ses propres yeux pour ne pas voir ses injustices et ses fautes. Plus Isaïe va prêcher la vérité, plus cette vérité va irriter le peuple et l’enfoncer dans son refus. La parole de Dieu agit ici comme un révélateur : elle met en lumière la mauvaise foi d’une nation qui refuse de se convertir pour être guérie. Elle annonce l’exil inévitable comme conséquence de cet aveuglement.

 

 smartphoneLorsque Jésus cite ce passage en Mt 13,14-15, il l’applique directement aux foules qui le pressent sur le rivage alors qu’il enseigne depuis une barque : « Ainsi s’accomplit pour eux la prophétie d’Isaïe : Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. Le cœur de ce peuple s’est épaissi : ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent, – et moi, je les guérirai » (Mt 13,14-15).

Pour ceux qui cherchent la vérité, la parabole du semeur ouvrira une réflexion profonde, une aventure intérieure. Ils entendent une histoire de jardin, mais comprennent qu’il s’agit de l’accueil de la Parole de Dieu dans leur existence. Ils voient un maître de sagesse enseignant depuis une barque, mais devinent qu’il y a là bien plus que les gourous habituels.

Les autres, les curieux superficiels, entendront dans la parabole sans la comprendre ni même chercher à l’interpréter : une jolie histoire, puis on passe à autre chose. Ils regardent Jésus prêcher depuis la barque, mais ne verront ni un sage ni un prophète, seulement un influenceur de plus, comme il y en a tant.

 

Il y a cependant une différence majeure dans la manière dont Jésus applique le texte. Chez Isaïe, l’ordre de « boucher les yeux » semblait venir de Dieu comme un jugement. Chez Matthieu, Jésus cite la version grecque (la Septante) qui insiste sur la responsabilité humaine : « Le cœur de ce peuple s’est épaissi ; ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux… » (Mt 13, 15). Leur aveuglement est volontaire. Il vient d’eux, pas de Dieu.

 

5. Deux exemples actuels d’endurcissement volontaire : l’IVG et l’homosexualité

Si l’endurcissement à l’époque d’Isaïe prenait la forme de l’idolâtrie païenne, et à l’époque de Jésus celle du légalisme religieux, notre époque a développé ses propres formes d’endurcissement volontaire.

Aujourd’hui, cet endurcissement ne se manifeste pas par un refus brutal de la vérité, mais par une anesthésie choisie et une organisation méthodique de notre propre distraction. C’est un blindage de l’esprit et du cœur pour se protéger de ce qui dérange.

Appliquons cela à deux débats de société particulièrement sensibles.

 

– L’IVG

Les chrétiens reprochent à la Doxa ambiante un aveuglement volontaire sur la réalité vivante de l’embryon ou du fœtus. Les partisans de l’IVG endurcissent volontairement leur cœur et leur conscience en refusant de considérer la dignité humaine de ceux qu’ils considèrent comme un amas de cellules. Or nous savons – sans hésitation possible - que la vie humaine est commencée dès les premiers jours de la conception. L’imagerie médicale moderne (échographie 3D/2D) montre avec précision le développement précoce de la vie humaine (battements de cœur dès les premières semaines, succion du pouce, réactions aux stimuli etc.).

echographie-fille-5Il faut avoir le cœur endurci et les yeux voilés pour occulter le fait qu’il s’agit d’une vie humaine unique. L’idéologie « progressiste » fait le choix délibéré de regarder une échographie sans voir l’être humain qu’elle représente, afin de préserver la sacro-sainte autonomie individuelle sans conflit de conscience. Si c’est une chose, alors l’IVG peut l’éliminer sans se poser de questions. Si c’est un être humain (même potentiel), la décision d’avorter a une tout autre conséquence…

S’il vous paraît impossible qu’un peuple s’endurcisse volontairement devant le mal, songez à la pratique de l’esclavage au long des siècles. Depuis l’Antiquité grecque ou romaine jusqu’au commerce triangulaire européen en passant par les califats musulmans, les razzias entre tribus africaines, la plupart des civilisations raffinées étaient habituées à l’exploitation d’esclaves à leur service. D’ailleurs, ni Paul ni même Jésus n’ont songé à remettre en cause cette institution de l’esclavage, tant il était impensable à l’époque  d’y voir autre chose qu’un ordre naturel. Sans ses 400 000 esclaves, la cité de Rome n’aurait pas pu faire vivre ses 600 000 citoyens dans l’opulence de l’apogée de l’empire. Si l’on a pu pendant des millénaires trouver « normal » de réduire les vaincus, les barbares, les ‘inférieurs’ en esclavage, en toute bonne conscience, comment s’étonner qu’on ferme aujourd’hui les yeux sur l’élimination volontaire d’une grossesse sur quatre [2] ? … Pire encore : cet endurcissement du cœur se déguise en progrès, en victoire de la liberté individuelle, au point d’être désormais inscrite dans la Constitution française ! Les générations suivantes nous jugeront aussi sévèrement que nous le faisons pour l’esclavage ou la colonisation…

Pour être intellectuellement honnête, il faut signaler que les partisans de l’IVG reprochent ce même endurcissement volontaire à leurs opposants. Ceux-ci ne voudraient pas voir la souffrance des femmes enceintes sans l’avoir désiré. Comme quoi l’endurcissement du regard et de l’écoute n’est pas réservé à un seul camp, hélas !

 

– L’homosexualité

https://issafrica.s3.amazonaws.com/site/multimedia/2023-09-27-iss-today-death-penalties-map.png

L’homosexualité en Afrique

Le durcissement récent des lois anti-homosexualité au Sénégal a relancé le débat chez nous : comment !? est-il possible au XXI° siècle de ne pas approuver et reconnaître l’homosexualité comme une forme ordinaire et équivalente à l’hétérosexualité ? Les ‘progressistes’ s’étonnent  que d’autres cultures ne partagent pas leur vision sur le couple et la différence sexuée. Ils  voudraient que la théorie du genre s’impose partout : l’identité homme/femme ne serait qu’une construction sociale, et chacun aurait le droit de choisir la sienne. Les Africains protestent : l’Occident s’endurcit volontairement en niant les données de la nature biologique, de la génétique ou de l’anatomie au profit d’idéologies basées sur le seul ressenti individuel.

On comprend alors les accusations de décadence portées par la majorité des Africains [3] (mais aussi des Russes, ou des Américains évangéliques etc.) à l’encontre d’un Occident volontairement aveugle et sourd à l’importance fondamentale de la différence homme/femme, à la fois biologique et anthropologique. L’Occident regarde le corps humain sans voir son altérité constitutive. Il entend dans les revendications des LGBTQIA+ le seul désir individuel sans en comprendre les enjeux de société ni le sens profond des bouleversements qu’elles apportent.

Là encore, pour être honnête intellectuellement, il faut signaler l’endurcissement volontaire symétrique : les anti-LGBT peuvent refuser de voir l’amour réel qui existe entre deux personnes de même sexe, ou la souffrance d’une personne « en dissonance avec son genre assigné ». L’hypocrisie religieuse menace toujours, derrière l’apparente dénonciation de la ‘déviance’.

 

Quel est mon endurcissement volontaire ?

On constate donc que chaque camp accuse l’autre d’aveuglement. Les uns reprochent aux autres de ne pas voir la réalité biologique de la vie naissante ; les autres reprochent aux premiers de ne pas entendre la détresse concrète des personnes. Le danger est grand alors d’utiliser la parole de Jésus comme une arme pour disqualifier notre prochain.

Or Jésus ne nous a pas donné sa Parole pour que nous l’appliquions aux erreurs du voisin ! La Parole de Dieu est un miroir pour chacun. Elle nous demande : 

Toi, qu’est-ce que tu refuses de voir ? 

Où se situe ton endurcissement ? 

Où sont tes angles morts ? 

 

Sommes-nous capables de regarder le monde avec les yeux de la vérité, mais aussi avec les yeux de la miséricorde ? Ou préférons-nous le confort de nos jugements tout faits qui nous évitent l’effort de la rencontre ?

 

La parabole du semeur n’est pas une machine de guerre contre des opinions opposées aux miennes. Elle est une parole pour moi, pour m’interroger sur les différents terreaux dont je suis composé, et ainsi préparer la bonne terre qui est en moi à accueillir l’Évangile.

 

Seigneur Jésus,

Délivre-moi du mal de ce siècle : 

Cette illusion de tout voir qui me rend aveugle à l’essentiel, 

Ce flot de bruit qui m’empêche d’entendre ta voix.

 

Arrache mon esprit au piège des écrans et de la hâte, 

Et guéris mon cœur de l’indifférence qui le blinde. 

Fais taire en moi les certitudes faciles et les jugements tout faits.

 

Donne-moi, Seigneur, la grâce du silence et de la présence. 

Apprends-moi à regarder mon prochain pour le voir vraiment, 

Et à écouter ta Parole pour la comprendre et la laisser me transformer.

 

Fais de mon âme une bonne terre, 

Afin qu’au milieu de ce monde distrait, 

Je sache m’arrêter, t’accueillir et porter du fruit.

Amen.

 

________________________________

[1]. James Williams, Scanné : Choisir sa vie à l’ère du capitalisme de l’attention, Éditions Allia, 2019.
[2]. En 2024, le ratio en France est de 38 IVG pour 100 naissances vivantes (DREES, Études et Résultats n° 1350, septembre 2025)
[3]. 32 États africains sur 54 criminalisent l’homosexualité. La réprobation sociale est forte chez les autres États également.

 

LECTURES DE LA MESSE


PREMIÈRE LECTURE
« La pluie fait germer la terre » (Is 55, 10-11)


Lecture du livre du prophète Isaïe
Ainsi parle le Seigneur : « La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission. »


PSAUME
(Ps 64 (65), 10abcd, 10e-11, 12-13, 14)
R/ Tu visites la terre et tu l’abreuves, Seigneur, tu bénis les semailles. (cf. Ps 64, 10a.11c)


Tu visites la terre et tu l’abreuves,
tu la combles de richesses ;
les ruisseaux de Dieu regorgent d’eau,
tu prépares les moissons.


Ainsi, tu prépares la terre,
tu arroses les sillons ;
tu aplanis le sol, tu le détrempes sous les pluies,
tu bénis les semailles.


Tu couronnes une année de bienfaits,
sur ton passage, ruisselle l’abondance.
Au désert, les pâturages ruissellent,
les collines débordent d’allégresse.


Les herbages se parent de troupeaux
et les plaines se couvrent de blé.
Tout exulte et chante !


DEUXIÈME LECTURE
« La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu » (Rm 8, 18-23)


Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains
Frères, j’estime qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révélée pour nous. En effet la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise au pouvoir du néant, non pas de son plein gré, mais à cause de celui qui l’a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l’espérance d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu. Nous le savons bien, la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. Et elle n’est pas seule. Nous aussi, en nous-mêmes, nous gémissons ; nous avons commencé à recevoir l’Esprit Saint, mais nous attendons notre adoption et la rédemption de notre corps.


ÉVANGILE
« Le semeur sortit pour semer » (Mt 13, 1-23)
Alléluia. Alléluia. La semence est la parole de Dieu ; le semeur est le Christ ; celui qui le trouve demeure pour toujours. Alléluia.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison, et il était assis au bord de la mer. Auprès de lui se rassemblèrent des foules si grandes qu’il monta dans une barque où il s’assit ; toute la foule se tenait sur le rivage. Il leur dit beaucoup de choses en paraboles : « Voici que le semeur sortit pour semer. Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger. D’autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde. Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché. D’autres sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont étouffés. D’autres sont tombés dans la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

Les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? » Il leur répondit : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume des Cieux, mais ce n’est pas donné à ceux-là. À celui qui a, on donnera, et il sera dans l’abondance ; à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a. Si je leur parle en paraboles, c’est parce qu’ils regardent sans regarder, et qu’ils écoutent sans écouter ni comprendre. Ainsi s’accomplit pour eux la prophétie d’Isaïe : Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. Le cœur de ce peuple s’est alourdi : ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent, – et moi, je les guérirai. Mais vous, heureux vos yeux puisqu’ils voient, et vos oreilles puisqu’elles entendent ! Amen, je vous le dis : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu.

Vous donc, écoutez ce que veut dire la parabole du semeur. Quand quelqu’un entend la parole du Royaume sans la comprendre, le Mauvais survient et s’empare de ce qui est semé dans son cœur : celui-là, c’est le terrain ensemencé au bord du chemin. Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux, c’est celui qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie ; mais il n’a pas de racines en lui, il est l’homme d’un moment : quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, il trébuche aussitôt. Celui qui a reçu la semence dans les ronces, c’est celui qui entend la Parole ; mais le souci du monde et la séduction de la richesse étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit. Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et la comprend : il porte du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. »
Patrick BRAUD

 

Mots-clés : , , ,

17 janvier 2025

IVG : les 50 ans de la loi Veil

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 9 h 32 min

IVG : les 50 ans de la loi Veil

 
Le 17/01/205, nous commémorions les 50 ans du vote de la loi Veil dépénalisant l’avortement en France.

Les buts étaient clairs : éviter les avortements clandestins, dangereux et traumatisants, accompagner les « situations de détresse » où des femmes ne voyaient pas d’autre issue.

Rappelons qu’à l’époque, le délai légal était de 10 semaines. Il est passé à 12 semaines, puis 14 semaines actuellement : le seuil entre le statut d’amas de cellules et celui d’être humain potentiel semble difficile à fixer rationnellement, puisqu’il évolue dans le temps, et en Europe également (le délai est de 24 semaines aux Pays Bas !).

Quels sont les effets un demi-siècle après ?

Environ 250 000 avortements en 2023, contre 210 000 en 1990.


IVG nombre

Source: Statista

Le nombre de naissances diminue parallèlement (dénatalité démographique), ce qui fait exploser le taux d’IVG : en 2023, 1 grossesse sur 4 est interrompue volontairement… (le taux est passé de 0,26 IVG / naissance à 0,35)


IVG taux naissances

Source: Statista


Comment peut-on se réjouir de cette dérive ?

Où est passée la promesse d’une contraception efficace limitant le recours à l’IVG ?

Où sont les mesures (politique familiale, crèches, salaires etc.) qui aideraient les familles qui le veulent à accueillir des enfants ?

Il n’est pas inutile de relire quelques extraits du discours de Simone VEIL, qui aurait sans doute du mal à sabrer le champagne pour ces tristes statistiques… :


Extraits du discours de Simone Veil (26 novembre 1974) 

devant l’Assemblée Nationale

pour présenter le projet de loi sur l’avortement


IVG Repères« Je le dis avec toute ma conviction : l’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue. Mais comment le tolérer sans qu’il perde ce caractère d’exception, sans que la société paraisse l’encourager ?

C’est toujours un drame et cela restera toujours un drame.

C’est pourquoi, si le projet qui vous est présenté tient compte de la situation de fait existante, s’il admet la possibilité d’une interruption de grossesse, c’est pour la contrôler et, autant que possible, en dissuader la femme.

 

Enfin, le troisième absent, n’est-ce pas cette promesse de vie que porte en elle la femme ? Je me refuse à entrer dans les discussions scientifiques et philosophiques dont les auditions de la commission ont montré qu’elles posaient un problème insoluble. Plus personne ne conteste maintenant que, sur un plan strictement médical, l’embryon porte en lui définitivement toutes les virtualités de l’être humain qu’il deviendra. Mais il n’est encore qu’un devenir, qui aura, à surmonter bien des aléas avant de venir à terme, un fragile chaînon de la transmission de la vie.

 

Remettre la décision à la femme, n’est-ce pas contradictoire avec l’objectif de dissuasion, le second des deux que s’assigne ce projet ?

Ce n’est pas un paradoxe que de soutenir qu’une femme sur laquelle pèse l’entière responsabilité de son geste hésitera davan­tage à l’accomplir que celle qui aurait le sentiment que la décision a été prise à sa place par d’autres.

Le Gouvernement a choisi une solution marquant clairement la responsabilité de la femme parce qu’elle est plus dissuasive au fond qu’une autorisation émanant d’un tiers qui ne serait ou ne deviendrait vite qu’un faux-semblant.

Ce qu’il faut, c’est que cette responsabilité, la femme ne l’exerce pas dans la solitude ou dans l’angoisse.

Tout en évitant d’instituer une procédure qui puisse la détourner d’y avoir recours, le projet prévoit donc diverses consulta­tions qui doivent la conduire à mesurer toute la gravité de la décision qu’elle se propose, de prendre.

 

Cette tâche de dissuasion et de conseil revient au corps médical de façon privilégiée et je sais pouvoir compter sur l’expé­rience et le sens de l’humain des médecins pour qu’ils s’efforcent d’établir au cours de ce colloque singulier le dialogue confiant et attentif que les femmes recherchent, parfois même inconsciemment.

 

Les deux  entretiens qu’elle aura eus, ainsi que le délai de réflexion de huit jours qui lui sera imposé, ont paru indispensables pour faire prendre conscience  à la femme de ce qu’il ne s’agit pas d’un acte normal ou banal, mais d’une décision grave qui ne peut être prise sans en avoir pesé les conséquences et qu’il convient d’éviter à tout prix. Ce n’est qu’après cette prise de conscience, et dans le cas où la femme n’aurait pas renoncé à sa décision, que l’interruption de grossesse pourrait avoir lieu.

 

Contrairement à ce qui est dit ici ou là, le projet n’interdit pas de donner des -informations sur la loi et sur l’avortement ; il interdit l’incitation à l’avortement par quelque moyen que ce soit car cette incitation reste inadmissible.

 

… Il nous a paru nécessaire de souligner la gravité d’un acte qui doit rester exceptionnel …

 

Ce qu’il faut aussi, c’est-bien marquer la différence entre la contraception qui, lorsque les femmes ne désirent pas un enfant, doit être encouragée par tous les moyens et dont le remboursement par la sécurité sociale vient d’être décidé, et l’avortement que la société tolère mais qu’elle ne saurait ni prendre en charge ni encourager. »

 

Retrouvez l’intégralité du discours ici :
https://www2.assemblee-nationale.fr/decouvrir-l-assemblee/histoire/grands-discours-parlementaires/simone-veil-26-novembre-1974

IVG : les 50 ans de la loi Veil dans Communauté spirituelle

Mots-clés : , ,

4 mars 2024

1 IVG pour 3 naissances en France

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 8 h 00 min

 

1 IVG pour 3 naissances en France

« L’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue », déclarait Simone Veil, le 26 novembre 1974, à la tribune de l’Assemblée nationale où elle défendait le projet de loi de dépénalisation de l’IVG. « Mais comment le tolérer (…) sans que la société paraisse l’encourager ? », interrogeait-elle.

À l’heure où le Président de la République française réunit le Congrès pour inscrire la « liberté garantie » de l’avortement dans la Constitution française, les chiffres officiels de la DREES (Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques) sont cruels. « L’exception » de Simone Veil est devenue une pratique courante : nous sommes passés de 195 000 IVG en 1995 à 245 000 en 2022 (+26%).

IVG Naissances

Le ratio d’avortement (nombre d’IVG par rapport au nombre de naissances) est passé de 0,25 en 1995 à 0,33 en 2022 :
il y a aujourd’hui 1 IVG pour 3 naissances, si bien qu’une grossesse sur quatre est volontairement interrompue…

 

La majorité des femmes des femmes recourant à l’IVG ont sans surprise entre 20 et 35 ans.

IVG par âge

 

Plus d’une femme sur deux avortera au cours de sa vie… (en 2022, l’indice conjoncturel d’avortement ICA, soit le nombre moyen théorique d’IVG que connaîtrait une femme au cours de sa vie féconde, était de 0,6).

Près de 10 % des femmes auront recours au moins deux fois à l’IVG et environ 4 % avortent trois fois ou plus au cours de leur vie.

IVG ICA

 

De fortes disparités géographiques marquent le recours à l’IVG : beaucoup plus dans le Sud-Est, en région parisienne et dans les DOM-TOM (l’Ouest et l’Est traditionnellement plus ‘catholiques’ sont en-deça)..

IVG par département

Source : 

https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2023-09/ER1281MAJ.pdf

 
 
Déclaration de la Conférence des évêques de France, le 29 février 2024

« La Conférence des évêques de France (CEF) apprend avec tristesse le vote par les sénateurs du texte de révision constitutionnelle (..).
En pensant à celles et ceux qui envisagent de recourir à l’avortement, notamment aux femmes en situation de détresse, la CEF redit que l’avortement, qui demeure une atteinte à la vie en son commencement, ne peut être vu sous le seul angle du droit des femmes.

(…) La Conférence des évêques sera attentive au respect de la liberté de choix des parents décidant, même en des situations difficiles, de garder leur enfant, et de la liberté de conscience des médecins et de tous les personnels soignants, dont elle salue le courage et l’engagement ».

 

 

Mots-clés : , , ,

8 février 2024

La France vers une Constitution contraire à la vie

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 11 h 08 min


Le très officiel site « Vatican News » publie le 7 Février 2024 une prise de position très claire contre le projet d’inscription de l’IVG dans la Constitution française.

 

 

La France vers une Constitution contraire à la vie


Éditorial Vatican News 07/02/24

https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2024-02/la-france-vers-une-constitution-contraire-a-la-vie.html 

 

La France débat de l’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution. Le Sénat sera appelé à se prononcer après que l’Assemblée nationale a voté en faveur de l’inscription du droit à l’avortement par 493 voix pour et 30 contre.

 

Massimiliano Menichetti - responsable des titres Radio Vatican et Vatican News

Le Sénat français devra se prononcer sur l'inscription de l'IVG dans la Constitution le 28 février. «Un nouvel élan de foi, de charité et d’espoir». Il y a cinq mois à peine, en regardant dans les yeux plus de 50 000 fidèles au stade Vélodrome de Marseille, dernière étape de son 44e voyage apostolique international, le Pape s’adressait ainsi à l’Église, à la France et à toute l’Europe, les exhortant à la vie, à l’accueil, à la fraternité. À cette occasion, il a utilisé deux mots forts: «cynisme» et «résignation», fléaux qui blessent souvent nos réalités, il a invité chacun à lever les yeux vers le ciel, en faisant confiance au Seigneur qui «agit dans l’histoire, fait des merveilles et est à l’œuvre même dans nos sociétés marquées par un sécularisme mondain et une certaine indifférence religieuse». Il a regardé le drame du rejet de la vie humaine qui prend différentes formes, de la vie rejetée des migrants à celle des enfants à naître, en passant par celle des personnes âgées abandonnées, demandant de ne pas se détourner, d’aimer, de reconnaître l’autre: que ce soit dans un bateau au milieu de la mer, ou dans la condition la plus vulnérable dans le sein d’une mère. 

 

C’est un message fort d’espoir, de lumière et d’engagement que François a délivré en France. Pourtant, fin janvier, l’Assemblée nationale à Paris a approuvé l’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution. La réforme proposée par le gouvernement est actuellement examinée par le Sénat. Dans une Europe blessée par la guerre, minée par des élans souverainistes, populistes, consuméristes, et par des stratégies économiques qui tentent de détourner la vision des pères fondateurs - Alcide De Gasperi, Robert Schuman, Konrad Adenauer - cet élan de vérité, rappelé par le successeur de Pierre, qui illumine le visage de l’homme, est décisif.

L’avortement est un meurtre

Représentation de l'épisode du massacre des innocents raconté dans l'Évangile selon Matthieu.«L’avortement est un meurtre», a clairement déclaré François aux journalistes sur le vol de retour de Slovaquie en septembre il y a trois ans. Comment est-il possible de juxtaposer dans la charte fondamentale d’un État le droit qui protège la personne et celui qui sanctionne sa mort ? Nous vivons dans une société technologiquement avancée, informatisée et connectée. La croissance de l’être humain dès sa conception n’est plus un secret depuis des décennies.

Nous utilisons des mots tels que pré-embryon, embryon, nourrisson, enfant, adolescent, adulte, personne âgée pour indiquer des stades de développement dans lesquels le nombre de cellules change, dans lesquels l’aspect cognitif, le besoin d’assistance, évolue mais il s’agit toujours d’une personne. «Est-il juste de tuer une vie humaine pour résoudre un problème ? Est-il juste d’engager un tueur à gages pour tuer une vie humaine?», a demandé le Pape, s’adressant encore aux journalistes sur le vol retour de Bratislava à Rome. Une société ne se mesure pas à ses interdits, mais à sa capacité d’aimer, et «la liberté grandit avec l’amour», a expliqué François dans sa catéchèse lors de l’audience générale du 20 octobre 2021, «avec l’amour que nous voyons dans le Christ, la charité: c’est l’amour vraiment libre et libérateur». Les évêques français, au début du processus parlementaire, ont exprimé leur inquiétude face à cette modification de la Constitution et ont réaffirmé que toute vie est un don, un don fragile et précieux, infiniment digne, à accueillir et à servir depuis son commencement jusqu’à sa fin naturelle.

 

Une authentique culture de l’accueil 

Bénédiction Urbi et Orbi du lundi 25 décembre 2023.L’humanité a toujours condamné toute théorie eugénique, mais les embryons continuent d’être manipulés et sélectionnés comme s’ils étaient des matériaux et non des personnes. Dans ce contexte, l’avortement est à la fois prémisse et conséquence. Étrangement, c’est comme si nous n’étions plus capables de voir, d’être libres, de donner, d’aider. Dans un monde meurtri par tant de violence, il semble difficile de construire une bonne stratégie globale d’accueil et de soutien, de pouvoir allouer des fonds, de l’attention, de l’amour aux femmes qui vivent une grossesse difficile, aux enfants portés dans leur ventre. De nombreuses vies seraient pourtant sauvées, comme le démontre l’activité des Centri di aiuto alla vita italiens (Centres de soutien à la vie), si les femmes étaient soutenues sur les plans économique, juridique, psychologique, religieux et social, au moment dramatique où l’avortement semble être la seule solution.

“Nous nous enfermons souvent dans des oppositions politiques ou idéologiques stériles, mais le défi est de voter des lois et de modifier des constitutions avec des propositions de vie et non de mort. Des investissements et des mesures pour renforcer les structures et les réalités capables d’assumer le poids de la souffrance, de la peur, des situations extrêmes et dramatiques.”

Aider, c’est aimer, c’est être libre de choisir. Et cet horizon fraternel, qui prend en charge l’autre, la personne, construit des sociétés qui ne se résignent pas, mais marchent vers une authentique culture de l’accueil, du partage et de la paix.

 

Mots-clés : , ,
12