L'homelie du dimanche

16 juillet 2018

Il a détruit le mur de la haine

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Il a détruit le mur de la haine


Homélie pour le 16° dimanche du temps ordinaire / Année B
22/07/2018

Cf. également :

Medium is message
Du bon usage des leaders et du leadership
Des brebis, un berger, un loup
Le berger et la porte
La différence entre martyr et kamikaze ou djihadiste
Un manager nommé Jésus


Résultat de recherche d'images pour "mstislav rostropovitch mur de berlin"Vous souvenez-vous de la chute du mur de Berlin en 1989 ? De ces images incroyables où des jeunes gens abattaient à coups de pioche le symbole de la guerre froide ? Des familles d’Est et d’Ouest s’embrassant incrédules place de Magdebourg ? De Mitislav Rostropovitch venu poser son violoncelle au milieu des débris du mur pour jouer les sonates de Bach en hommage à la liberté retrouvée et au génie allemand enfin réunifié ?

C’est un peu de cette joie et beaucoup plus encore que Paul exulte en constatant que la résurrection du Christ a aboli toutes les séparations entre les hommes, au premier rang desquelles la distinction entre juifs et païens qui était alors comme un apartheid social opposant les uns et les autres :

C’est lui, le Christ, qui est notre paix : des deux, le Juif et le païen, il a fait une seule réalité ; par sa chair crucifiée, il a détruit ce qui les séparait, le mur de la haine ; il a supprimé les prescriptions juridiques de la loi de Moïse. Ainsi, à partir des deux, le Juif et le païen, il a voulu créer en lui un seul Homme nouveau en faisant la paix, et réconcilier avec Dieu les uns et les autres en un seul corps par le moyen de la croix ; en sa personne, il a tué la haine (2° lecture de ce dimanche : Ep 2, 13-18).

Paul sait de quoi il parle : pharisien, fils de pharisien, formé à la prestigieuse école de Gamaliel, il a autrefois théorisé la différence juifs / païens, et il a même usé de violence en son nom. En Christ ressuscité, ces murs de haine tombent. Plus besoin de circoncision pour mettre à part quelques-uns, car tous sont appelés. La marque spirituelle du baptême - discrète et invisible - prend le relais, car les baptisés ont pour mission de servir l’unité entre tous. Paul affirme que devant le monde nouveau de la résurrection affluant vers nous, les vieilles oppositions sociales ou même biologiques ne tiennent plus :

Il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme; car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus (Ga 3,28).

Nous n’avons pas encore tiré toutes les conséquences de cette destruction des murs de haine, entre croyants et incroyants, hommes et femmes, conditions sociales… L’Église catholique notamment a pu dans son histoire devenir complice des bâtisseurs de murs entre les peuples avec la colonisation en Afrique ou en Amérique latine, entre les sexes avec une dérive patriarcale omniprésente, entre conditions  sociales avec tant d’hésitation à promouvoir les laissés-pour-compte de la Révolution industrielle etc.

Jésus sur le mur Banque d'images - 10664885

En 1989, l’euphorie était telle qu’on pensait ne plus jamais revoir des murs par sur nos cartes de géographie (à part peut-être les restes historiques de la Grande Muraille de Chine, si symbolique elle aussi). Hélas, Donald Trump a inclus dans ses promesses électorales le projet fou d’un mur (plutôt des grillages en fait) entre le Mexique et les USA. Hélas, des kilomètres de béton vertical ont été construits par les Israéliens pour les ‘protéger’ des palestiniens. Hélas, on parle en France de construire un mur végétalisé à Calais pour séparer les migrants des zones d’embarquement etc.

Quand on totalise les longueurs de tous les murs construits entre les hommes ces  dernières années, on arrive à… la circonférence de la terre (65 murs construits et planifiés, soit 40.000 km de long). Oui, vous avez bien lu : c’est comme si un immense mur ceinturait désormais notre planète pour couper l’humanité en deux !

Carte des murs entre pays

Et ce n’est sans doute pas fini. Les pressions migratoires venant du sud sont si fortes que l’Europe va ériger d’autres frontières, terrestres maritimes, physiques  ou invisibles, pour essayer de limiter ces flux jugés inquiétants et dangereux pour l’identité et la cohésion des peuples européens.

Face à cet amer constat d’une planète se hérissant à nouveau de murs de haine en tous genres et en tous lieux, les chrétiens doivent revenir à l’expérience forte faite par Paul : communier au Christ ressuscité, c’est ne faire qu’un avec son Corps qui est l’humanité tout entière rassemblée en lui. Les haines s’appuyant sur les réelles difficultés de coexistence n’auront pas de prise sur eux. Les murs leur font horreur et ils deviendront acteurs de leur chute à nouveau. Les séparations sociales, idéologiques ou sexuelles leur apparaîtront injustes et inutiles.

Ce n’est pas un programme politique, c’est le fruit d’une expérience spirituelle.

Ce n’est pas une morale obligée, qui contraindrait par exemple les chrétiens à s’aligner sur les discours ‘droits-de-l’hommistes’ les plus clivants. Non, c’est la paisible et joyeuse découverte de Paul : la haine n’est plus possible depuis que  Christ est mort pour nous tous ; les murs sont inefficaces depuis que l’Esprit Saint a été répandu sur toute chair afin de former une seule famille humaine.

 

Histoire des murs par QuételPour les non-chrétiens, d’autres arguments devront être évoqués pour les convaincre d’abandonner ces absolutisations de nos différences.

Ainsi Elisabeth Vallet (politologue canadienne de l’université du Québec à Montréal ) identifie quatre principaux problèmes, paradoxes ou apories, causés par les murs :

· Les murs ne servent à rien car ils induisent des logiques de transgression. On a dénombré 150 tunnels sous la frontière mexicano-américaine. Les trafiquants contournent les murs et barrières par la mer avec des sous-marins ou par les airs avec des drones… Ces stratégies de contournement sont multiples, de plus en plus sophistiquées et dangereuses à mesure que les murs se renforcent.

· Les murs viennent fracturer une zone transfrontalière, donc déstructurer une économie locale.

· Alors que les passages de frontières pouvaient être pendulaires, saisonniers, temporaires – on pouvait revenir en arrière, retourner dans son pays d’origine, ces murs empêchent paradoxalement ceux qui les ont franchis de ressortir du pays où ils sont indésirables.

· Les murs « invitent les mafias à la table de la frontière ». On ne peut plus franchir un mur sans faire appel à des structures criminelles, et de plus en plus criminalisées. Une situation plus grave que le problème originel est ainsi créée.

Ce n’est pas donc seulement au nom de notre foi que nous pouvons appeler à détruire ces murs : notre raison nous y invite également.

 

Le mur de haine ne se construit pas qu’entre les peuples. Il peut séparer des proches à l’intérieur d’une même famille. Il peut s’alimenter de doctrines, libérales  ou syndicales, qui opposent des collègues au sein d’une entreprise. Il peut, brique par brique, monter à nouveau en plein cœur de chacun et l’enfermer dans ses  peurs ou ses difficultés relationnelles.

Roger Waters et les Pink Floyd chantaient dans les années 80 qu’il faut détruire ce mur où nous ne sommes qu’une brique parmi d’autres, impersonnelle et séparatrice. Le film The Wall a eu un énorme retentissement justement parce qu’il faisait appel à cette espérance d’un monde sans murs.

Unissons nos forces à celles de tous les hommes de bonne volonté pour faire tomber ces murs de haine se nourrissant de la peur et la nourrissant en retour.

 

 

 

Lectures de la messe

Première lecture
« Je ramènerai le reste de mes brebis, je susciterai pour elles des pasteurs » (Jr 23, 1-6)

Lecture du livre du prophète Jérémie

Quel malheur pour vous, pasteurs ! Vous laissez périr et vous dispersez les brebis de mon pâturage – oracle du Seigneur ! C’est pourquoi, ainsi parle le Seigneur, le Dieu d’Israël, contre les pasteurs qui conduisent mon peuple : Vous avez dispersé mes brebis, vous les avez chassées, et vous ne vous êtes pas occupés d’elles. Eh bien ! Je vais m’occuper de vous, à cause de la malice de vos actes – oracle du Seigneur. Puis, je rassemblerai moi-même le reste de mes brebis de tous les pays où je les ai chassées. Je les ramènerai dans leur enclos, elles seront fécondes et se multiplieront. Je susciterai pour elles des pasteurs qui les conduiront ; elles ne seront plus apeurées ni effrayées, et aucune ne sera perdue – oracle du Seigneur.
 Voici venir des jours – oracle du Seigneur, où je susciterai pour David un Germe juste : il régnera en vrai roi, il agira avec intelligence, il exercera dans le pays le droit et la justice. En ces jours-là, Juda sera sauvé, et Israël habitera en sécurité. Voici le nom qu’on lui donnera : « Le-Seigneur-est-notre-justice. »

Psaume
(Ps 22 (23), 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6)
R/ Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer. (cf. Ps 22, 1)

Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche,
il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l’honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ;
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m’accompagnent
tous les jours de ma vie ;
j’habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.

Deuxième lecture
« Le Christ est notre paix : des deux, le Juif et le païen, il a fait une seule réalité » (Ep 2, 13-18)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Frères, maintenant, dans le Christ Jésus, vous qui autrefois étiez loin, vous êtes devenus proches par le sang du Christ. C’est lui, le Christ, qui est notre paix : des deux, le Juif et le païen, il a fait une seule réalité ; par sa chair crucifiée, il a détruit ce qui les séparait, le mur de la haine ; il a supprimé les prescriptions juridiques de la loi de Moïse. Ainsi, à partir des deux, le Juif et le païen, il a voulu créer en lui un seul Homme nouveau en faisant la paix, et réconcilier avec Dieu les uns et les autres en un seul corps par le moyen de la croix ; en sa personne, il a tué la haine. Il est venu annoncer la bonne nouvelle de la paix, la paix pour vous qui étiez loin, la paix pour ceux qui étaient proches. Par lui, en effet, les uns et les autres, nous avons, dans un seul Esprit, accès auprès du Père.

Évangile

« Ils étaient comme des brebis sans berger » (Mc 6, 30-34) Alléluia. Alléluia.
Mes brebis écoutent ma voix, dit le Seigneur ; moi, je les connais, et elles me suivent. Alléluia. (Jn 10, 27)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là, après leur première mission, les Apôtres se réunirent auprès de Jésus, et lui annoncèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné. Il leur dit : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » De fait, ceux qui arrivaient et ceux qui partaient étaient nombreux, et l’on n’avait même pas le temps de manger. Alors, ils partirent en barque pour un endroit désert, à l’écart. Les gens les virent s’éloigner, et beaucoup comprirent leur intention. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux. En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement.
Patrick BRAUD

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25 décembre 2010

Une famille réfugiée politique

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Une famille réfugiée politique 

 

Homélie pour la fête de la Sainte Famille / Année A

Dimanche 26 Décembre 2010

 

·       D’habitude, pour la fête de la Sainte Famille, on parle… de la vie familiale ! Une foisn’est pas coutume, projetons une autre lecture sur l’évangile de cette fête. Peut-être à cause des récentes Semaines Sociales de France qui avaient pour thème : « Migrants. Un avenir à construire ensemble » les 26 – 28 novembre derniers à Paris (cf. http://www.ssf-fr.org )

 

·       Car notre Sainte Famille traverse visiblement ce que beaucoup de familles réfugiées politiques traversent aujourd’hui.

Lisez bien les deux premiers chapitres de l’évangile de Matthieu : on ne sait pas dans le texte où habitait Joseph avant la naissance de Jésus. Comme si son village d’origine était « flouté ». Bon nombre de clandestins vous diront qu’ils ne peuvent parler de leur pays d’origine, sous peine d’y être ramenés de force, et qu’ils sont obligés à cause de cela de cacher leur passé.

Matthieu précise ensuite que Jésus est né à Bethléem, et qu’après la venue des mages, la famille a été obligée de fuir : « va te réfugier au pays d’Égypte » entend-il en rêve… C’est donc trois réfugiés politiques qui arrivent d’Israël en Égypte : ils fuient la violence du régime d’Hérode où leur vie est menacée. Ils sont obligés de rester immigrés en Égypte jusqu’à la mort du tyran. Quand ils pourront enfin revenir, après cette période d’exil et de migration, ils ne pourront même pas revenir dans le village d’origine de Joseph. En effet, le fils d’Hérode règne en Judée, et Joseph a peur d’y retourner. Il subit alors comme une deuxième émigration, intérieure à son pays, en allant s’établir à Nazareth (toujours averti en rêve), village dont il ne connaît rien sinon qu’il est en Galilée, région plus sûre pour sa famille.

 

·       Voilà donc notre Sainte Famille : d’un village d’origine inconnue, migrante en Égypte, réfugiée politique pendant plusieurs années, déracinée puis replantée ailleurs à Nazareth, l’inconnue…

 

Peut-on alors fêter la Sainte Famille sans penser à toutes ces familles de notre époque encore déracinées, obligées d’émigrer, mendiant le statut de réfugiés politiques là où leurs pas les conduisent ?

Jean-Paul II réaffirmait régulièrement le droit à l’émigration comme un droit fondamental :

« [le bien commun universel] englobe toute la famille des peuples, au-dessus de tout égoïsme nationaliste. C’est dans ce contexte qu’il faut considérer le droit à émigrer. L’Eglise reconnaît ce droit à tout homme, sous son double aspect: possibilité de sortir de son pays et possibilité d’entrer dans un autre pays à la recherche de meilleures conditions de vie » (Message pour la Journée mondiale des migrations 2001).

 

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Benoît XVI est lui aussi très clair. Dans son message du 26/10/10 pour la journée mondiale du migrant et du réfugié, il écrit :

« De ce lien profond entre tous les êtres humains découle le thème que j’ai choisi cette année pour notre réflexion : »Une seule famille humaine », une seule famille de frères et s?urs dans des sociétés qui deviennent toujours plus multiethniques et interculturelles, où les personnes de diverses religions aussi sont encouragées au dialogue, afin que l’on puisse parvenir à une coexistence sereine et fructueuse dans le respect des différences légitimes. (?)

Dans le même temps, les États ont le droit de réglementer les flux migratoires et de défendre leurs frontières, en garantissant toujours le respect dû à la dignité de chaque personne humaine. En outre, les immigrés ont le devoir de s’intégrer dans le pays d’accueil, en respectant ses lois et l’identité nationale ».

 

·       Les récentes Semaines Sociales invitaient à dédramatiser le débat sur l’immigration. Chaque année, 80 millions de passagers franchissent les frontières de la France. Sur ce nombre il y a entre 150 000 et 200 000 migrants, soit un pour 400 !

Environ 3 % (seulement) de la population mondiale (6,5 milliards) se transforme en migrants, en se répartissant ainsi :

Migrations Nord => Nord 53 millions / Sud => Sud 61 millions / Nord => Sud 14 millions

Sud => Nord 62 millions.

Ce n’est donc pas un raz-de-marée massif et incontrôlé…

En France, il y a 3,5 millions d’étrangers (soit 5,8 % de la population totale) dont 2 millions sont devenus français. Cette immigration, relativement stable, date de loin (italiens, polonais…). Elle contribue lentement à renouveler et à transformer la société. On estime que un quart de la population résidante en France a au moins un grand parent né à l’étranger !

 

·       Derrière ces chiffres, il y a des visages, des familles, valises à la main, se retrouvant à la rue dans des pays dont ils ne comprennent pas la langue.

Derrière ces chiffres, il y a tant d’associations, chrétiennes notamment : la Cimade, le Secours Catholique, le CCFD, les conférences Saint-Vincent-de-Paul, la Pastorale des migrants etc….

Derrière ces chiffres, il y a… la Sainte famille elle-même : ballottée de Judée à l’Égypte, de l’Égypte à la Galilée, Joseph et Marie protègent leur enfant de la violence politique et religieuse en partant sur les chemins de la migration…

 

Faisons chacun ce que nous pouvons pour soutenir ceux qui les soutiennent, pour participer au débat public sur l’immigration, et y faire entendre la petite voix de l’Évangile…

 

 

1ère lecture : Les vertus familiales (Si 3, 2-6.12-14)

 

Lecture du livre de Ben Sirac le Sage

Le Seigneur glorifie le père dans ses enfants, il renforce l’autorité de la mère sur ses fils.
Celui qui honore son père obtient le pardon de ses fautes,
celui qui glorifie sa mère est comme celui qui amasse un trésor.
Celui qui honore son père aura de la joie dans ses enfants, au jour de sa prière il sera exaucé.
Celui qui glorifie son père verra de longs jours, celui qui obéit au Seigneur donne du réconfort à sa mère.
Mon fils, soutiens ton père dans sa vieillesse, ne le chagrine pas pendant sa vie.
Même si son esprit l’abandonne, sois indulgent, ne le méprise pas, toi qui es en pleine force.
Car ta miséricorde envers ton père ne sera pas oubliée, et elle relèvera ta maison si elle est ruinée par le péché.

 

Psaume : Ps 127, 1-2, 3, 4.5bc

 

R/ Heureux les habitants de ta maison, Seigneur

Heureux qui craint le Seigneur
et marche selon ses voies !
Tu te nourriras du travail de tes mains :
Heureux es-tu ! A toi, le bonheur !

Ta femme sera dans ta maison
comme une vigne généreuse,
et tes fils, autour de la table,
comme des plants d’olivier.

Voilà comment sera béni
l’homme qui craint le Seigneur.
Tu verras le bonheur de Jérusalem
tous les jours de ta vie.

2ème lecture : Vivre ensemble dans le Christ (Col 3, 12-21)

 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens

Frère,
puisque vous avez été choisis par Dieu, que vous êtes ses fidèles et ses bien-aimés, revêtez votre coeur de tendresse et de bonté, d’humilité, de douceur, de patience.
Supportez-vous mutuellement, et pardonnez si vous avez des reproches à vous faire. Agissez comme le Seigneur : il vous a pardonné, faites de même.
Par-dessus tout cela, qu’il y ait l’amour : c’est lui qui fait l’unité dans la perfection.
Et que, dans vos coeurs, règne la paix du Christ à laquelle vous avez été appelés pour former en lui un seul corps. 

Vivez dans l’action de grâce.
Que la parole du Christ habite en vous dans toute sa richesse ; instruisez-vous et reprenez-vous les uns les autres avec une vraie sagesse ; par des psaumes, des hymnes et de libres louanges, chantez à Dieu, dans vos coeurs, votre reconnaissance.
Et tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus Christ, en offrant par lui votre action de grâce à Dieu le Père.
Vous les femmes, soyez soumises à votre mari ; dans le Seigneur, c’est ce qui convient.
Et vous les hommes, aimez votre femme, ne soyez pas désagréables avec elle.
Vous les enfants, en toutes choses écoutez vos parents ; dans le Seigneur, c’est cela qui est beau.
Et vous les parents, n’exaspérez pas vos enfants ; vous risqueriez de les décourager.

 

Evangile : La Sainte Famille en Égypte et à Nazareth (Mt 2, 13-15.19-23) 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Vraiment, tu es un Dieu caché, Dieu parmi les hommes, Jésus Sauveur ! Alléluia. (cf. Is 45, 15)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Après le départ des mages, l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. »
Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte,
où il resta jusqu’à la mort d’Hérode. Ainsi s’accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète : D’Égypte, j’ai appelé mon fils.

Après la mort d’Hérode, l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et reviens au pays d’Israël, car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant. »

Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère, et rentra au pays d’Israël.

Mais, apprenant qu’Arkélaüs régnait sur la Judée à la place de son père Hérode, il eut peur de s’y rendre. Averti en songe, il se retira dans la région de Galilée et vint habiter dans une ville appelée Nazareth.
Ainsi s’accomplit ce que le Seigneur avait dit par les prophètes : Il sera appelé Nazaréen.
Patrick Braud 

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