L'homelie du dimanche

19 octobre 2016

Dans les petits papiers de Dieu

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Dans les petits papiers de Dieu

 

Homélie du 30° Dimanche du temps ordinaire / Année C
23/10/2016

Cf. également :

Simul peccator et justus : de l’intérêt d’être pécheur et de le savoir

« J’ai renoncé au comparatif »

Le pur amour : pour qui êtes-vous prêts à aller en enfer ?


Un billet dans le Mur

Si vous allez à Jérusalem, vous irez immanquablement devant le mur occidental du Temple (appelé à tort « mur des lamentations »). Vous verrez les yeshivot (écoles juives d’étude de la Torah) danser et chanter devant le mur, les hassidim (juifs religieux très stricts) hocher de la tête et se casser en deux tout en psalmodiant les textes bibliques… Au milieu de cette effervescence joyeuse et brillante, regardez attentivement les pierres du Temple. Dans les jointures apparaissent des bouts de papier pliés, des petits rouleaux de parchemin.

Que signifie cette coutume de glisser des billets écrits entre les pierres ? C’est la demande que chacun dans sa prière adresse à Dieu qui est ainsi déposée, confiant dans la puissance de l’intervention divine. Les papes Jean-Paul II et François ont déposé eux aussi un tel billet dans le mur lors de leur pèlerinage en Israël. Le mois précédent Yom Kippour, la fête du Grand Pardon, les juifs vont par milliers déposer de tels papiers implorant la miséricorde de Dieu. Il s’agit en quelque sorte d’être dans les petits papiers de Dieu, c’est-à-dire d’être de ceux dont la prière est exaucée pour obtenir miséricorde.

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Aux innocents les mains pleines ?

Dans la parabole de Jésus sur les gens « bien » qui méprisent les autres, c’est le fonctionnaire véreux qui s’avère être dans les petits papiers de Dieu, alors que l’impeccable pharisien (traduisez : pratiquant juif, chrétien ou musulman, sûr de lui) est déclaré injuste ! Renversement de situation que le Christ affectionne. « Dieu renverse les puissants de leur trône, il élève les humbles », chantait déjà sa mère dès sa tendre enfance.

Incroyable ! Nos bonnes actions ne nous serviraient donc à rien ?

À quoi sert effectivement de jeûner plus que prescrit (deux fois par semaine !), de redonner 10 % de son salaire au Temple et aux pauvres, si tout cela ne vous ouvre pas les portes de la justification ? Un salafiste dirait aujourd’hui : si je pratique le ramadan, mange halal, recouvre mes femmes de la burka et fais mes cinq prières par jour, nul doute que j’irai au paradis.

Que nenni !’ semble dire Jésus avec un joyeux plaisir de désarmer ses auditeurs. Ce ne sont pas tes bonnes œuvres, religieuses ou charitables, qui te rendront juste. Si tu t’en vantes, tu risques au contraire de mépriser ceux qui ne sont pas comme toi. À force de manger halal, tu ne fréquenteras plus d’athées ou de chrétiens ; à voiler tes femmes, elles ne rencontreront que leurs semblables. Et voilà que tu seras convaincu d’être juste alors que Dieu te vomit de sa bouche pour manque de fraternité !

Tu as les mains pleines de ta pratique religieuse à la mosquée ou à l’église, et tu te crois innocent ? C’est l’inverse : tes mains pleines t’accusent. Tu ne comptes que sur toi. Tu te glorifies toi-même. Tu n’attends plus rien de Dieu, tant tu es riche de tes bonnes œuvres.

Des générations de catholiques, et maintenant de musulmans, ont cru qu’il fallait accumuler des ‘mérites’, des ‘bonnes actions’, des tonnes d’exercice de piété pour paraître devant Dieu les mains pleines. D’ailleurs, c’est un précepte rituel de l’Ancien Testament. Au moment d’offrir un sacrifice au Temple de Jérusalem, « tu n’arriveras pas devant Dieu les mains vides ». (Ex 23, 15 ; Dt 16, 16-17).

Dans la logique sacrificielle, il s’agit bien d’un échange, voire d’un marché : il faut donner quelque chose à Dieu pour recevoir de lui et en retour. Les prophètes critiqueront cette relation marchande (Dieu aurait-il besoin d’animaux ou de gerbes de blé ?). Mais elle perdurera même après la destruction du Temple, qui signifie l’impossibilité d’offrir des sacrifices d’animaux. Elle perdurera également dans le commerce des indulgences, dans les prescriptions rituelles de la charia, dans la course aux médailles, dans le communautarisme engendrant le mépris et la peur de l’autre…

Dans cette parabole du pharisien et du publicain, comme pour l’ensemble de sa vie et de son message, Jésus de Nazareth conteste toute tentative de marchandage avec Dieu : celui qui arrive les mains pleines devant Dieu repartira comme il est venu ; le poids de sa pratique deviendra pour lui un boulet d’injustice.

 

Le miracle des mains vides

Le publicain (figure antique de la corruption style Jérôme Cahuzac, Bygmalion, Société Générale ou autre) n’a rien à présenter devant Dieu. Il sait que son salut ne viendra pas de ce qu’il a fait de bien. Alors il ne peut compter que sur le pardon et la miséricorde d’un Autre. Le bon larron avant la lettre en quelque sorte.

Est-ce un encouragement à commettre les pires crimes pour ensuite être agréé par Dieu ? Évidemment non. Mais c’est l’invitation à ne pas transformer ses bonnes actions en moyen de chantage. « Là où est ton trésor, là aussi est ton cœur » constate Jésus. Si donc tu amasses des richesses, n’y mets pas ton cœur ». C’est vrai des richesses matérielles comme spirituelles. Ne t’attache pas à tes œuvres. Oublie-les. Sois libre du bien que tu as fait.

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Sainte Thérèse de Lisieux – qu’on ne peut pas soupçonner d’absence de motivation spirituelle ! – écrivait ainsi dans son acte d’offrande :

« Au soir de cette vie, je paraîtrai devant vous les mains vides, car je ne vous demande pas, Seigneur, de compter mes œuvres. Toutes nos justices ont des taches à vos yeux. Je veux donc me revêtir de votre propre Justice, et recevoir de votre Amour la possession éternelle de Vous-même. »  (9 Juin 1895, fête de la Trinité).

Comme la plupart des mystiques, avec son souhait d’arriver devant le Père avec des mains vides, Thérèse se situe hors du modèle économique de la loi d’échange, loin du seul point de vue de la Justice. Elle est imprégnée d’un amour gratuit, qu’on appelait au XVII° siècle le « pur amour », comme est gratuit l’amour de Dieu lui-même. Elle ne cherche pas à accumuler ses mérites, mais les oublie en Dieu.

Saint Vincent de Paul recommandait de même :

« Il faut se faire pardonner par les pauvres le bien qu’on leur fait ».

Afficher l'image d'origineLe franciscain Éloi Leclerc a merveilleusement décrit l’esprit de pauvreté intérieure qui animait François d’Assise dans ce domaine. Au moment où il est contesté, puis évincé par l’Ordre qu’il a pourtant fondé, il découvre que le but de sa vie n’était pas de fonder quelque chose ou de ne pas fonder, mais de se fonder lui-même sur l’amour gratuit de Dieu :

- Dieu, fit observer frère Léon, réclame notre effort et notre fidélité.

- Oui, sans doute, répondit François. Mais la sainteté n’est pas l’accomplissement de soi, ni une plénitude que l’on se donne. Elle est d’abord un vide que l’on se découvre et que l’on accepte, et que Dieu vient remplir dans la mesure où l’on s’ouvre à sa plénitude. Notre néant, vois-tu, s’il est accepté, peut devenir l’espace libre où Dieu peut encore créer.
Eloi Leclerc, Sagesse d’un pauvre, Éditions franciscaines, 1984, p.114

Celui qui ne laisse pas couler le flux de la grâce passant à travers lui vers les autres, celui qui comptabilise ses mérites au lieu d’oublier le bien qu’il a fait, celui-là sera bientôt seul, éloigné de Dieu, méprisant les autres.

Lacan disait : « l’amour consiste à donner ce qu’on n’a pas ». C’est peut-être cela le miracle des mains vides de notre parabole.

Bernanos l’a formidablement mis en scène dans ce passage du « Journal d’un curé de campagne », où l’on voit le jeune abbé, en proie au doute et en pleine dépression spirituelle, apporter cependant le réconfort et la paix à la comtesse obsédée par la mort de sa fille :

Afficher l'image d'origineLe prêtre est allé au château pour parler à la comtesse de sa fille, Chantal, dont la révolte est pour lui source d’angoisse. Par-delà l’apparence policée d’une grande dame chrétienne et résignée, le petit prêtre perce le secret d’une âme fermée à Dieu, révoltée depuis la mort de son premier enfant. Après un échange terrible sur le désespoir et l’enfer, la comtesse se rend, et jette, dans un geste fou, le médaillon et la mèche de son enfant qu’elle gardait, dans le feu où le prêtre essaie de les reprendre : « Prenez-vous Dieu pour un bourreau ? » lui dit-il. Et il ajoute : « Il veut que nous ayons pitié de nous-mêmes ».

Rentré chez lui, il trouve une lettre de la comtesse qui lui écrit :

« Le souvenir désespéré d’un petit enfant me tenait éloignée de tout, dans une solitude effrayante, et il me semble qu’un autre enfant m’a tiré de cette solitude. J’espère ne pas vous froisser en vous traitant ainsi d’enfant ? Vous l’êtes. Que le Bon Dieu vous garde tel, à jamais (…). Tout est bien. Je ne croyais pas la résignation possible. Et ce n’est pas la résignation qui est venue en effet. Elle n’est pas dans ma nature (…) Je ne suis pas résignée, je suis heureuse. Je ne désire rien ».

Puis, sur son journal intime, le prêtre note : « 6h30, Mme la Comtesse est morte cette nuit ».

L’abbé Donissan a donné à cette femme la paix que lui-même cherchait en vain.
L’amour consiste à donner ce que l’on n’a pas…

 

Pour être dans les petits papiers de Dieu, délestons-nous de toute prétention à être juste, à compter sur nous-mêmes, à capitaliser sur nos soi-disant bonnes actions.

Seul celui qui arrive les mains vides peut expérimenter l’absolue gratuité de l’amour divin.

Effaçons toute trace d’attachement à nos bonnes pratiques, dont le mépris des autres est le signe.

 

 1ère lecture : « La prière du pauvre traverse les nuées » (Si 35, 15b-17.20-22a)

Lecture du livre de Ben Sira le Sage

Le Seigneur est un juge qui se montre impartial envers les personnes. Il ne défavorise pas le pauvre, il écoute la prière de l’opprimé. Il ne méprise pas la supplication de l’orphelin, ni la plainte répétée de la veuve. Celui dont le service est agréable à Dieu sera bien accueilli, sa supplication parviendra jusqu’au ciel. La prière du pauvre traverse les nuées ; tant qu’elle n’a pas atteint son but, il demeure inconsolable. Il persévère tant que le Très-Haut n’a pas jeté les yeux sur lui, ni prononcé la sentence en faveur des justes et rendu justice.

Psaume : Ps 33 (34), 2-3, 16.18, 19.23

R/ Un pauvre crie ; le Seigneur entend. (Ps 33, 7a)

Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m’entendent et soient en fête !

Le Seigneur regarde les justes,
il écoute, attentif à leurs cris.
Le Seigneur entend ceux qui l’appellent :
de toutes leurs angoisses, il les délivre.

Il est proche du cœur brisé,
il sauve l’esprit abattu.
Le Seigneur rachètera ses serviteurs :
pas de châtiment pour qui trouve en lui son refuge.

2ème lecture : « Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice » (2 Tm 4, 6-8.16-18)
Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre à Timothée

Bien-aimé, je suis déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu. J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice : le Seigneur, le juste juge, me la remettra en ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour sa Manifestation glorieuse. La première fois que j’ai présenté ma défense, personne ne m’a soutenu : tous m’ont abandonné. Que cela ne soit pas retenu contre eux. Le Seigneur, lui, m’a assisté. Il m’a rempli de force pour que, par moi, la proclamation de l’Évangile s’accomplisse jusqu’au bout et que toutes les nations l’entendent. J’ai été arraché à la gueule du lion ; le Seigneur m’arrachera encore à tout ce qu’on fait pour me nuire. Il me sauvera et me fera entrer dans son Royaume céleste. À lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

Evangile : « Le publicain redescendit dans sa maison ; c’est lui qui était devenu juste, plutôt que le pharisien » (Lc 18, 9-14)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. 
Dans le Christ, Dieu réconciliait le monde avec lui : il a mis dans notre bouche la parole de la réconciliation.
Alléluia. (cf. 2 Co 5, 19)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici : « Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts). Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : ‘Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.’ Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : ‘Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !’ Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »
Patrick BRAUD

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9 octobre 2010

Quel sera votre sachet de terre juive ?

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Quel sera votre sachet de terre juive ?


Homélie du 10/10/2010

28° Dimanche du temps ordinaire / Année C

 

 

L’esclave qui veut que son maître guérisse

Extrait de l'affiche du film Au début de l’histoire de Naaman, il y a une esclave, une jeune juive captive qui fait partie du butin de l’armée syrienne en Israël. « Ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi… »  (1Co 1,27) dira Saint Paul. Cette esclave – paradoxalement – va chercher à guérir le général étranger qui est responsable de son malheur ! « Ne rendez pas le mal pour le mal » (1P 3,9 vs 1M 2,68), « Aimez vos ennemis » (Lc 6,27), dira Jésus dans l’Évangile. Cette jeune esclave aiguille Naaman vers « le prophète qui est à Samarie », c’est-à-dire qui vit en terre hérétique pour les juifs orthodoxes de l’époque.

Quelle largesse d’esprit extraordinaire : reconnaître que de Samarie peut venir le salut pour les païens, même ceux qui nous oppriment… !

 

Quels sont les esclaves, les captives autour de nous qui pourraient nous aiguiller vers un autre salut ?

Ou bien, si je suis moi-même captif, comment désirer la guérison de ceux qui m’exploitent ?

 

Première méprise : erreur sur la personne

Le roi de Syrie envoie Naaman vers le roi d’Israël, croyant sans doute que le prophète est aux ordres du roi, ou que le prophète ne peut être que le roi en personne. D’où la réaction du roi d’Israël, reconnaissant avec réalisme et humilité qu’il n’est pas Dieu, qu’il ne peut faire « mourir et ressusciter », bref qu’il n’a pas droit de vie et de mort sur ses sujets, et encore moins le pouvoir de guérir de la lèpre.

 

La petite esclave juive avait discerné correctement à qui il fallait s’adresser pour guérir. Quel sera votre sachet de terre juive ? dans Communauté spirituelle compendium-doctrine-sociale-eglise-13Le puissant roi de Syrie – lui – se trompe de personne. C’est cela la force de ce que nous appelons aujourd’hui « l’option préférentielle pour les pauvres » dans la doctrine sociale de l’Église : il ne s’agit pas seulement de faire la charité, par compassion, mais de discerner, grâce à la parole des pauvres et à leur expérience, d’où peut venir le salut pour l’ensemble de la société (y compris pour les puissants et les riches).

Si une jeune esclave juive voit plus clair qu’un puissant roi de Syrie, alors on devine que les exclus et les laissés-pour-compte de notre société verront plus clair sur notre avenir que bien des puissants du monde politique ou économique…

 

Comment accorder aux plus pauvres un droit de parole, pour qu’ils discernent avec nous d’où peut venir le salut ?

 

Deuxième méprise : l’argent n’achète pas tout

Naaman, en bon païen que nous sommes, croit que tout s’achète.

Il vient demander sa  gratuit dans Communauté spirituelleguérison avec de l’argent, de l’or, des vêtements luxueux…

Or la guérison ne s’achète pas. Elle sera donnée gratuitement, « par-dessus le marché » (Lc 12,31), au-delà de toute démarche calculatrice et mercantile.

Pas de donnant-donnant chez Dieu !

D’ailleurs Élisée a refusé les cadeaux que Naaman voulait lui offrir pour le remercier. Alors que le serviteur d’Élisée, Guéhazi, va devenir lépreux pour avoir voulu tirer profit de cette guérison en soutirant de l’argent et des habits à Naaman ans après sa guérison.

 

Puis-je croire aujourd’hui que la guérison m’est offerte gratuitement ?

Puis-je en témoigner auprès d’autres, en offrant à mon tour un salut gratuit, sans calcul ?

 

Troisième méprise : la foi n’est pas magique

Naaman s’attendaient à des paroles mystérieuses, comme celle d’un guérisseur africain ou d’un marabout autoproclamé de nos petites annonces. Il imaginait des gestes magiques, avec des « passes » sur son corps, des postures savantes et mystérieuses, une technique digne des meilleures thérapies du bien-être corporel d’aujourd’hui.

Rien de tout cela en Dieu : Élisée ne se déplace même pas physiquement auprès de Naaman. Il guérit sur parole, avec une ordonnance à distance : se baigner sept fois dans le Jourdain.

 

Comment prendre conscience, pour l’éradiquer, de la dimension « magique » de mon rapport à Dieu ?

 

Quatrième méprise : le salut n’est pas chez soi

carte_israel_bis-432 lèpreNaaman « méprise » le Jourdain, petit fleuve juif qui ne lui apportera aucune renommée. Il aurait préféré se baigner dans « les rivières de Damas » qui l’auraient rendu célèbre chez lui. ?J’ai les mêmes eaux à la maison’ semble-t-il se dire, furieux : pourquoi se plonger dans les eaux juives de ce petit peuple que j’ai vaincu ?

Heureusement, là encore des esclaves interviennent. Décidément, sans les esclaves, pas de guérison possible ! Ils le convainquent : ?qui peut le plus peut le moins. Tu te serais baigné à Damas ? Cela ne coûte rien alors de te baigner ici’.

 

 

Passer par Israël, par des esclaves… : comment abaisser mon orgueil pour accepter de recevoir des plus petits ?

 

 

La reconnaissance

Naaman veut montrer sa gratitude. Puisque Élisée refuse tout cadeau, le général syrien merci1 reconnaissancemanifestera sa reconnaissance envers le Dieu d’Israël en rapportant un peu de terre juive chez lui, en Syrie.

Point de conversion spectaculaire. Il continuera à accompagner son maître au temple du dieu (de l’idole) Rimmon. Naaman manifestera pourtant un attachement intérieur, privé : il sait d’où lui vient son salut, mais il n’en fera pas étalage.

 

Dans notre évangile, un seul des dix lépreux guéris par Jésus manifeste ce même type de gratitude : un étranger, comme Naaman.

 

ä Que pourrait signifier pour nous actuellement : « emporter un peu de la terre d’Israël » dans notre univers ?

Saint Jean appelle cela : « être dans le monde sans être du monde » (Jn 17).

 

En entreprise, en famille, avec nos amis, comment faire ce qu’il faut pour être avec les autres, loin de toute attitude sectaire (comme Naaman accompagnant son roi au temple païen), sans pour autant trahir ce que l’on est, sans devenir infidèles à nos convictions ?

Un petit sachet de terre d’Israël a suffi à Naaman pour lui rappeler sans cesse sa double appartenance.

Certains aujourd’hui utilisent une icône, un dizainier, « Prions en Église » ou « Magnificat » dans ce même esprit : être présent à ses responsabilité profanes ordinaires, tout en étant présent au Dieu de Jésus-Christ, qui guérit gratuitement les bons comme les méchants, les familiers comme des étrangers.

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Quel sera votre sachet de terre juive ? Quel symbole chrétien vous aidera à « être dans le monde sans être du monde » ?

 

 

 

1ère lecture : Guéri de sa lèpre, Naaman le Syrien croit au Dieu d’Israël (2R 5, 14-17)

Lecture du second livre des Rois

Naaman, chef de l’armée du roi d’Aram, était un homme en grande considération et faveur auprès de son maître, car c’était par lui que Yahvé avait accordé la victoire aux Araméens, mais cet homme était lépreux.  Or les Araméens, sortis en razzia, avaient enlevé du territoire d’Israël une petite fille qui était entrée au service de la femme de Naaman.  Elle dit à sa maîtresse: « Ah! si seulement mon maître s’adressait au prophète de Samarie! Il le délivrerait de sa lèpre. »  Naaman alla informer son seigneur: « Voilà, dit-il, de quelle et quelle manière a parlé la jeune fille qui vient du pays d’Israël. »  Le roi d’Aram répondit: « Pars donc, je vais envoyer une lettre au roi d’Israël. » Naaman partit, prenant avec lui dix talents d’argent, 6.000 sicles d’or et dix habits de fête.  Il présenta au roi d’Israël la lettre, ainsi conçue: « En même temps que te parvient cette lettre, je t’envoie mon serviteur Naaman, pour que tu le délivres de sa lèpre. »  A la lecture de la lettre, le roi d’Israël déchira ses vêtements et dit: « Suis-je un dieu qui puisse donner la mort et la vie, pour que celui-là me mande de délivrer quelqu’un de sa lèpre? Pour sûr, rendez-vous bien compte qu’il me cherche querelle! »  Mais quand Elisée apprit que le roi d’Israël avait déchiré ses vêtements, il fit dire au roi: « Pourquoi as-tu déchiré tes vêtements? Qu’il vienne donc vers moi, et il saura qu’il y a un prophète en Israël. »

Naaman arriva avec son attelage et son char et s’arrêta à la porte de la maison d’Elisée,  et Elisée envoya un messager lui dire: « Va te baigner sept fois dans le Jourdain, ta chair redeviendra nette. »  Naaman, irrité, s’en alla en disant: « Je m’étais dit: Sûrement il sortira et se présentera lui-même, puis il invoquera le nom de Yahvé son Dieu, il agitera la main sur l’endroit malade et délivrera la partie lépreuse.  Est-ce que les fleuves de Damas, l’Abana et le Parpar, ne valent pas mieux que toutes les eaux d’Israël? Ne pourrais-je pas m’y baigner pour être purifié? » Il tourna bride et partit en colère.  Mais ses serviteurs s’approchèrent et s’adressèrent à lui en ces termes: « Mon père! Si le prophète t’avait prescrit quelque chose de difficile, ne l’aurais-tu pas fait? Combien plus, lorsqu’il te dit: « Baigne-toi et tu seras purifié. »  Il descendit donc et se plongea sept fois dans le Jourdain, selon la parole d’Elisée: sa chair redevint nette comme la chair d’un petit enfant.

  Il revint chez Elisée avec toute son escorte, il entra, se présenta devant lui et dit: « Oui, je sais désormais qu’il n’y a pas de Dieu par toute la terre sauf en Israël! Maintenant, accepte, je te prie, un présent de ton serviteur. »  Mais Elisée répondit: « Aussi vrai qu’est vivant Yahvé que je sers, je n’accepterai rien. » Naaman le pressa d’accepter, mais il refusa.  Alors Naaman dit: « Puisque c’est non, permets qu’on donne à ton serviteur de quoi charger de terre deux mulets, car ton serviteur n’offrira plus ni holocauste ni sacrifice à d’autres dieux qu’à Yahvé.  Seulement, que Yahvé pardonne ceci à ton serviteur: quand mon maître va au temple de Rimmôn pour y adorer, il s’appuie sur mon bras et je me prosterne dans le temple de Rimmôn en même temps qu’il le fait; veuille Yahvé pardonner cette action à son serviteur! »

  Elisée lui répondit: « Va en paix », et Naaman s’éloigna un bout de chemin.  Géhazi, le serviteur d’Elisée, se dit: « Mon maître a ménagé Naaman, cet Araméen, en n’acceptant pas de lui ce qu’il avait offert. Aussi vrai que Yahvé est vivant, je cours après lui et j’en obtiendrai quelque chose. »  Et Géhazi se lança à la poursuite de Naaman. Lorsque Naaman le vit courir derrière lui, il sauta de son char à sa rencontre et demanda: « Cela va-t-il bien? »  Il répondit: « Bien. Mon maître m’a envoyé te dire: A l’instant m’arrivent deux jeunes gens de la montagne d’Ephraïm, des frères prophètes. Donne pour eux, je te prie, un talent d’argent et deux habits de fête. »  Naaman dit: « Veuille accepter deux talents », et il insista; il lia les deux talents d’argent dans deux sacs, avec les deux habits de fête, et les remit à deux de ses serviteurs qui les portèrent devant Géhazi.  Quand il arriva à l’Ophel, il les prit de leurs mains et les déposa dans la maison; puis il congédia les hommes, qui s’en allèrent.  Quant à lui, il vint se tenir près de son maître. Elisée lui demanda: « D’où viens-tu, Géhazi? » Il répondit: « Ton serviteur n’est allé nulle part. »  Mais Elisée lui dit: « Mon coeur n’était-il pas présent lorsque quelqu’un a quitté son char à ta rencontre? Maintenant tu as reçu l’argent, et tu peux acheter avec cela jardins, oliviers et vignes, petit et gros bétail, serviteurs et servantes.  Mais la lèpre de Naaman s’attachera à toi et à ta postérité pour toujours. » Et Géhazi s’éloigna de lui blanc de lèpre comme la neige. 

 

 

Psaume : Ps 97, 1, 2-3ab, 3cd-4a.6b

 

R/ Dieu révèle sa puissance à toutes les nations

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
car il a fait des merveilles ;
par son bras très saint, par sa main puissante,
il s’est assuré la victoire. 

Le Seigneur a fait connaître sa victoire
et révélé sa justice aux nations ;
il s’est rappelé sa fidélité, son amour,
en faveur de la maison d’Israël.

La terre tout entière a vu
la victoire de notre Dieu.
Acclamez le Seigneur, terre entière.
Acclamez votre roi, le Seigneur !

2ème lecture : Etre fidèles au Christ toujours fidèle (2Tm 2, 8-13)

 

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre à Timothée

Souviens-toi de Jésus Christ, le descendant de David : il est ressuscité d’entre les morts, voilà mon Évangile.
C’est pour lui que je souffre, jusqu’à être enchaîné comme un malfaiteur. Mais on n’enchaîne pas la parole de Dieu !
C’est pourquoi je supporte tout pour ceux que Dieu a choisis, afin qu’ils obtiennent eux aussi le salut par Jésus Christ, avec la gloire éternelle.
Voici une parole sûre : « Si nous sommes morts avec lui, avec lui nous vivrons.
Si nous supportons l’épreuve, avec lui nous régnerons. Si nous le rejetons, lui aussi nous rejettera.
Si nous sommes infidèles, lui, il restera fidèle, car il ne peut se rejeter lui-même. »

 

Evangile : Guéri de sa lèpre, un Samaritain rend gloire à Dieu (Lc 17, 11-19)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la Samarie et la Galilée.
Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s’arrêtèrent à distance
et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. »
En les voyant, Jésus leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. »En cours de route, ils furent purifiés.
L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix.
Il se jeta la face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c’était un Samaritain.
Alors Jésus demanda : « Est-ce que tous les dix n’ont pas été purifiés ? Et les neuf autres, où sont-ils ?
On ne les a pas vus revenir pour rendre gloire à Dieu ; il n’y a que cet étranger ! »
Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »
Patrick BRAUD

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