L'homelie du dimanche

12 mars 2018

Grain de blé d’amour…

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Grain de blé d’amour…

Homélie du 5° Dimanche de Carême / Année B
18/03/2018

Cf. également :

La corde à nœuds…
Qui veut voir un grain de blé ?
Amoris laetitia : la joie de l’amour
Le mariage et l’enfant : recevoir de se recevoir


Léa et Paul se sont mariés en choisissant l’évangile de ce Dimanche (Jn 12, 20-26) où Jésus se compare au grain de blé jeté en terre. Et c’est vrai qu’il y a un lien entre l’aventure conjugale / familiale et celle du grain de blé.

Essayons de voir comment.

Au commencement, il y a le désir…

Désir d’une rencontre vraie : « Nous voulons voir Jésus ». Désir de la rencontre de l’autre, car entre les Grecs et les Juifs de l’époque, la différence doit être aussi radicale qu’entre Juifs et Palestiniens aujourd’hui… En choisissant cet Évangile, Léa et Paul ont placé d’emblée leur mariage sous le signe du désir de l’autre, et plus précisément de la croissance dans le désir de l’autre, croissance à la quelle Jésus nous appelle tout au long de notre existence.

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La première différence, la première altérité, c’est la différence homme / femme, qui nous structure très profondément. Les fiancés croient peut-être connaître avant de se rencontrer, par leurs amitiés, leurs relations de travail etc… Mais dès qu’ils sont proches l’un de l’autre, depuis les fiançailles où cette proximité devient une promesse d’avenir, ils n’en finissent pas de découvrir combien le respect de cette différence demande du temps, de la patience, de l’écoute, du dialogue, du pardon … Au-delà des clichés trop faciles sur les soi-disant caractéristiques du féminin et du masculin, le véritable enjeu de l’identité homme / femme, c’est de sortir de soi, sortir du « même », pour aller à la rencontre de l’autre. Et d’ailleurs, cette irréductible altérité homme / femme se redouble de beaucoup d’autres différences : deux éducations familiales, deux histoires personnelles, deux caractères, Paris et la province, la Hollande et la France, la Banque et l’Éducation Nationale …

Heureuses différences qui sont le carburant de votre rencontre : « je veux voir l’autre … »

Dans la foi chrétienne, nous croyons que le visage de l’être aimé, lorsqu’il est désiré pour lui-même et non pas dans nos projections imaginaires, ce visage devient sacrement de la rencontre de Dieu. « Il est possible, à partir de l’autre relativement autre que nous voyons, de pressentir l’Autre absolument autre que nous ne voyons pas et appelons Dieu » [1]. Voilà pourquoi la recherche du visage aimé renvoie à Dieu lui-même.

À condition de rester vigilant sur son couple, pour que l’usure du temps n’émousse pas ce désir. Mais qu’au contraire, la durée permette à cette recherche amoureuse de grandir et de croître sans cesse. Il faut insister sur cette vigilance : rester en éveil, renouveler à chaque instant sa confiance et sa fidélité, raviver jour après jour la soif de la communion avec l’être aimé, se laisser étonner par ce qu’on ne finit pas de découvrir chez son mari ou sa femme, être capable de l’étonner encore, 10 ou 20 ou 50 ans après!…

Au IV° siècle, un évêque (Grégoire de Nysse) parlait déjà de cet infini du désir qui interdit de figer la course vers l’être aimé :

« Au fur et à mesure que quelqu’un progresse vers ce qui surgit toujours en avant de lui, son désir augmente lui aussi. Ainsi, à cause de la transcendance des biens qu’il découvre toujours à mesure qu’il progresse, il lui semble toujours n’être qu’au début de l’ascension. C’est pourquoi la Parole répète : ‘Lève-toi’ à celui qui est déjà levé, et : ‘Viens’ à celui qui est déjà venu. À celui qui se lève vraiment, il faudra toujours se lever. Celui qui court vers le Seigneur n’épuisera jamais la large espace pour sa course.

Ainsi celui qui monte ne s’arrête jamais, allant de commencements en commencements, par des commencements qui n’auront jamais de fin ». « Car c’est là proprement voir Dieu que de n’être jamais rassasié de le désirer » [2]

Chasse à courre 1

« Nous voulons voir Jésus » est l’autre versant de votre propre recherche amoureuse : « je veux découvrir qui tu es, et je n’aurai jamais assez de toute ma vie pour cela ».

Ensuite, il y a le jeu de l’écho, qui amplifie et répercute ce désir de l’autre. Les Grecs le disent à Philippe, qui le dit à André, et tous les deux le transmettent à Jésus. Mais c’est déjà l’Église qui apparaît là! L’Église, comme un réseau de liens fraternels, pour que ma recherche aboutisse. Une sorte d’Internet à la puissance 10, et mieux encore, car ce sont ici des visages et pas seulement des écrans … L’Église est ce lieu où nous pouvons dire le manque qui nous habite, la soif qui nous tient, l’envie de vivre que nous creusons en la partageant avec des frères. L’Église est cette eau tendue qui soutient nos rebonds successifs dans la recherche de l’autre, jusqu’à faire ricocher jusqu’aux nuages ce galet nommé désir…

si-le-grain-ne-meurt amour dans Communauté spirituelle

Par la vie paroissiale ou par les pèlerinages, par des équipes de partage ou par la formation spirituelle et théologique, certains fiancés ont déjà expérimenté la force de ce soutien fraternel. Dans leur vie de couple et de famille, ils continueront à tisser ces liens ecclésiaux : ils les aideront à rester vigilants et confiants.

L’Évangile nous dit ensuite que la rencontre entre les Grecs et Jésus a lieu pendant la fête, c’est-à-dire la grande, l’unique fête de la Pâque. Que le mariage soit une fête, parce qu’on y rencontre l’être aimé, c’est évident. Il n’y a rien à renier de la fête humaine que le Christ a voulu assumer en prolongeant la joie de la noce, pour qu’elle dure toute la vie et pas seulement une soirée. Si le mariage est une fête, c’est surtout une fête pascale, c’est-à-dire une fête où l’amour de l’autre vous libère peu à peu de nos enfermements, de nos solitudes, une fête où la confiance en l’autre nous fait passer de la mort à la vie.

Et là, l’histoire du grain de blé que nous propose Jésus est très parlante. Se marier, c’est accepter de se laisser transformer par l’autre, pour ne plus rester seul. C’est consentir à se laisser aimer pour ne plus vivre centré sur soi. C’est accepter de se laisser faire, comme le grain de blé, pour pouvoir porter du fruit. La mort et la Résurrection est au cœur de votre amour, qui est pascal, comme cela est au cœur de l’amour du Christ, que nous célébrons dans l’eucharistie. En buvant ensemble à la même coupe, les mariés expriment la dimension pascale de la relation entre l’homme et la femme : aimer, c’est se désaltérer à la même source, boire ensemble le même calice, verser son sang, livrer sa vie. Lorsque les mariés donnent la communion eucharistique à l’assemblée, ils nous rappellent que l’Église est une communion qui se nourrit de leur amour lorsqu’ils le vivent dans l’Esprit du Christ.

Pourtant, que de résistances mettons-nous avant d’accepter de lâcher-prise ainsi sur notre propre vie ! Souvenez-vous de votre période d’apprivoisement réciproque, et de tous les décapages que ce temps de préparation vous a permis de faire. Eh oui !, le petit grain de blé était plus tranquille avant, ‘en père peinard’ dans son grenier, en tas avec les autres [3]. Un certain bonheur, qui était le vôtre quand vous étiez célibataires : un appartement, du travail, des amis, la liberté d’improviser votre emploi du temps, que demander de plus ? Et pourtant, il vous manquait quelque chose, ou plutôt quelqu’un, et ce bonheur vous semblait trop petit, un peu étroit…

calendrier blé

Un jour, on charge ce tas de grains de blé sur une charrette et on le sort dans la campagne. C’est le début de l’ouverture à l’autre, avec un petit côté excitant pas désagréable… : ça se passe bien, il y a plein de gens nouveaux à découvrir, tout en gardant sa liberté.

41rgwvtZoqL couplePuis on verse les grains sur la terre fraîchement labourée : petit frisson d’un contact plus personnel, d’une proximité avec un corps étranger à la fois inquiétant et attirant.

Puis on enfonce le grain de blé tombé en terre. Et là, le grain de blé se demande s’il n’a pas fait une grosse bêtise en se laissant conduire jusque-là. Il ne voit plus rien, il n’entend plus rien, l’humidité le transperce jusqu’au dedans de lui-même… Le grain de blé qui, par la mort inévitable, est en train d’être transformé, de devenir ce qu’il doit être, c’est-à-dire un bel épi, regrette le grenier où en effet il était très heureux, mais heureux d’un petit bonheur humain. Sa tentation est alors de faire machine arrière, de céder à la panique, de refuser de se laisser faire. C’est dommage, car c’est précisément là que Dieu agit : le Dieu qui le transforme, pour le faire passer de l’état de grain à l’état d’épi, ce qui n’est possible que par une mort à soi-même et une nouvelle naissance. Dieu veut notre croissance, et il n’y a pas de croissance sans transformation.

Figurine couple - Noce d'orLe mariage est notre Pâque, notre croissance personnelle par l’autre, grâce à l’autre. À condition d’aimer l’autre pour lui-même, tel qu’il est en vérité, et non pas pour ce qu’il me donne ou ce que je rêve de lui. Ce qui implique de savoir mourir à une certain possession de l’autre, pour naître à une attitude de service de sa croissance à lui. C’est cela la chasteté dans l’amour : c’est cette dépossession enrichissante où je renonce à utiliser l’autre pour mon bonheur, et où je commence à servir sa croissance, son épanouissement. C’est cela la dimension pascale de l’amour humain : passer du désir de l’autre – ce qui est encore trop possessif – au désir du désir de l’autre, ce qui est crucifiant, mais véritablement libérateur et fécond.

Désirer le désir de l’autre… : vous le vivez dans le couple, en renonçant à mettre la main sur le mystère de l’être aimé. Vous le vivez également comme parents, en renonçant à utiliser vos enfants pour vous-mêmes. Vous vivez ainsi à votre tour les ruptures familiales qui vous feront grandir. Quand vos propres enfants deviendront différents, ce sera votre joie de voir partir ceux que vous aurez aidé à grandir, sans les posséder jamais…

Bien sûr, sur ce chemin de croissance, il faut savoir quitter. Au début, les pertes sont visibles et conséquentes : son indépendance, ses habitudes, quelque fois sa région, ses amis, sa famille… Avec le temps, elles deviennent plus subtiles, plus difficiles : quitter ses certitudes toutes faites, son égoïsme, sa nostalgie… Mais au même moment, il vous sera donné à chaque fois de faire l’expérience de la joie et de la fécondité de cette Pâque permanente : votre couple, vos enfants, votre travail, vos engagements vous rendront féconds, avec la même efficacité que l’épi par rapport au grain de blé : 100, 1000 pour 1 ! Un tel rendement mérite bien un investissement massif et sans réserve…

Vous devinez que l’histoire du grain de blé n’est pas seulement celle du début : vous pourrez la relire encore en fêtant vos noces d’or, ce sera toujours votre histoire du moment… Puissiez-vous choisir chaque jour de vous laisser faire ainsi par la puissance de l’amour, pour notre plus grand bonheur à nous qui pourrons nous nourrir des fruits qu’ensemble vous porterez. Savourez sans cesse la croissance en épis que Dieu vous donne d’offrir à l’autre, dans et par votre amour…

 


[1]. VARILLON F., L’humilité de Dieu, Le Centurion, Paris, 1974, p. 39.

[2]. Homélies sur le Cantique des Cantiques.

[3]. Cf. VARILLON F., Joie de croire, joie de vivre, Le Centurion, Paris, 1981, p. 38s.

 

LECTURES DE LA MESSE

PREMIÈRE LECTURE
« Je conclurai une alliance nouvelle et je ne me rappellerai plus leurs péchés » (Jr 31, 31-34)

Lecture du livre du prophète Jérémie
Voici venir des jours – oracle du Seigneur –,où je conclurai avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda une alliance nouvelle.Ce ne sera pas comme l’alliance que j’ai conclue avec leurs pères,le jour où je les ai pris par la main pour les faire sortir du pays d’Égypte :mon alliance, c’est eux qui l’ont rompue,alors que moi, j’étais leur maîtreoracle du Seigneur.
Mais voici quelle sera l’alliance que je conclurai avec la maison d’Israël quand ces jours-là seront passésoracle du Seigneur.Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ;je l’inscrirai sur leur cœur.Je serai leur Dieu,et ils seront mon peuple.Ils n’auront plus à instruire chacun son compagnon,ni chacun son frère en disant :« Apprends à connaître le Seigneur ! » Car tous me connaîtront,des plus petits jusqu’aux plus grandsoracle du Seigneur.Je pardonnerai leurs fautes,je ne me rappellerai plus leurs péchés.

PSAUME(50 (51), 3-4, 12-13, 14-15)
R/ Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu. (50, 12a)

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends-moi la joie d’être sauvé ;
que l’esprit généreux me soutienne.
Aux pécheurs, j’enseignerai tes chemins ;
vers toi, reviendront les égarés.

DEUXIÈME LECTURE
« Il a appris l’obéissance et est devenu la cause du salut éternel » (He 5, 7-9)

Lecture de la lettre aux Hébreux
Le Christ,pendant les jours de sa vie dans la chair,offrit, avec un grand cri et dans les larmes,des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort,et il fut exaucé en raison de son grand respect.Bien qu’il soit le Fils,il apprit par ses souffrances l’obéissance et, conduit à sa perfection,il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel.

ÉVANGILE
« Si le grain de blé tombé en terre meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn 12, 20-33)
Gloire à toi, Seigneur,gloire à toi.
Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive,dit le Seigneur ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur.
Gloire à toi, Seigneur,gloire à toi. (Jn 12, 26)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
En ce temps-là,il y avait quelques Grecs parmi ceux qui étaient montés à Jérusalem pour adorer Dieu pendant la fête de la Pâque.Ils abordèrent Philippe,qui était de Bethsaïde en Galilée,et lui firent cette demande : « Nous voudrions voir Jésus. » Philippe va le dire à André,et tous deux vont le dire à Jésus. Alors Jésus leur déclare :« L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié. Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ;mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut me servir,qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera.
Maintenant mon âme est bouleversée. Que vais-je dire ?Père, sauve-moi de cette heure” ?Mais non ! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci !Père, glorifie ton nom ! » Alors, du ciel vint une voix qui disait :« Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. » En l’entendant, la foule qui se tenait là disait que c’était un coup de tonnerre. D’autres disaient :« C’est un ange qui lui a parlé. » Mais Jésus leur répondit :« Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix, mais pour vous. Maintenant a lieu le jugement de ce monde ; maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors ; et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir.
Patrick BRAUD

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18 juillet 2014

Ecclésia permixta

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Ecclésia permixta

Homélie du 16e dimanche du temps ordinaire / Année A
20/07/2014

Les trois paraboles de ce dimanche peuvent être méditées selon la technique toute simple évoquée dimanche dernier : s’arrêter un à un sur chacun des acteurs du récit.

Une autre méthode d’interprétation consiste à replacer le texte dans son contexte pour bien comprendre le but dans lequel il a été écrit et pouvoir ensuite l’actualiser (méthode historico-critique).

Essayons d’appliquer cette grille de lecture sur la célèbre parabole du bon grain et de l’ivraie.

Quelle situation précise vise cette image du mélange entre le blé et les mauvaises herbes ?

Est-ce une réflexion philosophique sur l’origine du mal ? Ce n’est guère le mode de pensée sémite, beaucoup plus concret que la démarche grecque très conceptuelle. Même si on peut en tirer un vrai questionnement philosophique, l’art de la parabole vise d’abord à déchiffrer tel événement, telle situation, ou plutôt à savoir se poser les bonnes questions sur ce qui arrive.

Quand Mathieu écrit, vers 70-90 environ, les premières communautés chrétiennes sont déjà implantées en milieu juif, à partir du réseau des synagogues : Antioche, Alexandrie, Rome… Le succès croissant de la prédication des apôtres suscite bien des jalousies et des hostilités. Les autorités juives veulent réprimer et même éliminer ce courant considéré comme hérétique (cf. Saul se vantant d’avoir été un persécutant zélé contre « les disciples de la voie »). Le pouvoir romain voit avec inquiétude grossir les rangs de ces païens de chrétiens qui refusent d’adorer César et proclament que seul Jésus est Seigneur.

Les persécutions éclatent. Et comme toujours, certains membres de la communauté chrétienne sont prêts à retourner leur veste s’ils y trouvent un intérêt personnel (promotion romaine, considération juive), ou s’ils ont peur pour leur métier, leur famille (la peur des représailles a toujours été un puissant levier pour justifier la collaboration avec l’ennemi !). Tant et si bien que parmi les membres des communautés locales, certains ont préféré jouer le rôle d’informateurs auprès des autorités pour sauver leur peau ou obtenir des avantages. De plus, le pouvoir essayait d’infiltrer ces groupes de chrétiens, en y introduisant des espions pour mieux les surveiller, les déstabiliser en faisant courir de fausses rumeurs, les emprisonner plus facilement le cas échéant.

Les maquis de la Résistance en 39-45 ont connu le même problème douloureux : au milieu de nous il peut y avoir des traîtres, des « collabos ». Lorsque les premières communautés chrétiennes font cette triste découverte, elles peuvent douter d’elles-mêmes : sommes-nous vraiment le champ de blé, la vigne du Seigneur ? Pourquoi certains de nos frères nous trahissent-ils en actes et en paroles ? Que faire de ces traîtres une fois démasqués : les éliminer ? leur pardonner ?

Le problème a pris un tour aigu lorsque certains de ces chrétiens convaincus de connivence avec l’ennemi juif ou romain ont voulu ensuite se repentir et revenir vers l’Église. On les appelle les lapsi (lapsus = celui qui a chuté). Que faut-il faire de ces repentis ? Les exclure à jamais de l’Église pour garder le champ de blé pur de toute compromission ? Ou accepter de les réintégrer moyennant pénitence ? Le débat a fait rage longtemps, avec des positions extrêmes très dures et très intransigeantes (cf. Origène : « hors de l’Église point de salut » = celui qui a renié sa foi ne peut être sauvé). Heureusement, c’est la position du milieu qui a été retenue : l’Église ne sera jamais une secte de purs (cathares = purs). En mettant sur les lèvres de Jésus cette parabole du champ de blé mélangé à l’ivraie, Mathieu avertit les communautés auxquelles il écrit : acceptez que le bien et le mal soient mélangés en vous comme dans vos assemblées. Dieu seul est saint. Nous ne sommes que des vases d’argile, imparfaits et fragiles, qui portons un trésor.

Celui qui voudrait une Église de purs deviendrait aussi dur et inhumain que l’ennemi qui a semé l’ivraie.

 

Saint Augustin, confronté lui aussi à cette question des lapsi, avait trouvé cette formule géniale, directement tirée de notre parabole : Ecclésia permixta. Mot à mot : l’Église est une mixture, un mélange inextricable d’humain et de divin, de grandeur et de trahison, capable du meilleur et du pire. Acceptez que l’Église soit mélangée (permixta). Acceptez au passage que vous aussi soyez mélangés. Car les intransigeants ne font jamais que punir les autres de ce qu’ils ne se pardonnent pas à eux-mêmes.

Ceux qui ne s’acceptent pas mélangés, avec réalisme et humilité (voire humour) le font payer aux autres en étant très durs (c’est souvent le problème personnel des intégristes de tous bords).

Notre histoire personnelle est faite de ce mélange inextricable où le blé et l’ivraie croissent ensemble. La sagesse de Jésus nous invite à faire confiance à la puissance de vie qui se manifeste à travers cette croissance commune : ce qui compte c’est de grandir. Même s’il y a des échecs, des blessures, de l’ivraie par brassées, peu importe s’il y a également du désir, de l’amour, des épis par brassées.

Jésus va même jusqu’à suggérer que le mal finira par être utile : non seulement il n’aura pas pu empêcher le blé de pousser, mais à la fin on le liera en bottes et il  sera brûlé, signe que mystérieusement il sert au moins à procurer chaleur et lumière !

Ne pas vouloir éradiquer le mal semble être une attitude bien peu religieuse… L’Ancien Testament promeut une politique plus volontariste : « tu feras disparaître le mal du milieu du toi » est un leitmotiv qui parcourt tout le Deutéronome, justifiant ainsi la lapidation et autres exécutions des idolâtres notamment (Dt 13,6 ; 17,7.12 ; 19,19 ; 21,21 ; 22,21.22.24 ; 24,7). Le Christ ? lui - insistera sur la distinction entre le méchant et ses actes, au point d’inviter à dénoncer le mal sans pour autant éliminer celui qui le commet. Au contraire, l’amour des ennemis sera leur planche de salut.

Cette politique non-violente à l’égard du mal peut choquer. Qu’aurait-on fait contre Hitler si on l’avait appliquée à la lettre ? Pourtant, Hitler lui-même est le fruit de la violence contre le mal ! Le traité de Versailles en 1918 incarnait la revanche et le mépris des vainqueurs sur les vaincus : les Allemands étaient devenus l’ivraie de l’Europe. Les vainqueurs voulaient à tout jamais la museler, en éradiquant son venin par la force, et pour cela ils ont démantelé, humilié, appauvri l’Allemagne défaite. Seule Keynes s’est élevé contre ce traitement inique, pressentant qu’il annonçait des jours de malheur. Vouloir éradiquer le mal par la force engendre des violences plus grandes encore. Les guerres en Irak et en Iran le prouvent à nouveau, hélas.

L’histoire de l’Église n’est pas différente de la nôtre sur ce point. Elle comporte des saints splendides et des personnages sordides. Elle engendre Jean-Paul II et les Borgia, François d’Assise et l’Inquisition, des moines et des évêques capables de défricher et de servir comme de dominer et d’opprimer.

Celui qui voudrait une Église de purs n’a sans doute pas fait le travail sur lui-même qui lui permettrait de se voir tel qu’il est, sans complaisance, avec réalisme et humilité : mélangé.

Ecclésia permixta : plus que jamais, l’Église doit être humble en effet devant ses limites et ses failles. Plus que jamais elle doit en même temps proposer à tous le trésor de l’Évangile en le laissant rayonner à travers elle.

Il y a d’autres manières de juguler le mal, de l’empêcher de nuire, que de supprimer son auteur. C’est d’ailleurs la raison fondamentale pour laquelle l’Église est contre la peine de mort : supprimer l’ivraie compromet la croissance de tout l’ensemble. Les croisades contre « l’axe du mal » se terminent mal. Voilà pourquoi Jean-Paul II comme ses successeurs ont toujours dénoncé – isolés dans le concert des nations - les interventions militaires en Irak, en Iran, en Afghanistan.

Ecclésia permixta dans Communauté spirituelle epis-de-ble 

Finalement, cette petite parabole est révolutionnaire !

Le mal ne se combat pas frontalement par la violence, il se jugule par la croissance des épis de blé foisonnant autour de lui…

Ecclésia permixta.
Ce n’est pas seulement l’Église qui est mélangée, c’est l’humanité, notre humanité personnelle et collective.
L’accepter avec la sagesse du Christ permet de faire grandir le blé, de circonscrire l’ivraie, et même d’en faire quelque chose d’utile.

 

1ère lecture : La patience du Tout-Puissant (Sg 12, 13.16-19)
Lecture du livre de la Sagesse
Il n’y a pas de Dieu en dehors de toi, Seigneur, toi qui prends soin de toute chose, et montres ainsi que tes jugements ne sont pas injustes.
Ta force est à l’origine de ta justice, et ta domination sur toute chose te rend patient envers toute chose.

Il montre sa force, l’homme dont la puissance est discutée, et ceux qui la bravent sciemment, il les réprime.

Tandis que toi, Seigneur, qui disposes de la force, tu juges avec indulgence, tu nous gouvernes avec beaucoup de ménagement, car tu n’as qu’à vouloir pour exercer ta puissance.
Par ton exemple tu as enseigné à ton peuple que le juste doit être humain, et tu as pénétré tes fils d’une belle espérance : à ceux qui ont péché tu accordes la conversion.

Psaume : Ps 85, 5-6, 9ab.10, 15-16ab

R/ Toi qui est bon et qui pardonnes, écoute-moi mon Dieu !

Toi qui es bon et qui pardonnes,
plein d’amour pour tous ceux qui t’appellent,
écoute ma prière, Seigneur,
entends ma voix qui te supplie.

Toutes les nations, que tu as faites,
viendront se prosterner devant toi,
car tu es grands et tu fais des merveilles,
toi, Dieu, le seul.

Toi, Seigneur, Dieu de tendresse et de pitié, 
lent à la colère, plein d’amour et de vérité,
regarde vers moi, 
prends pitié de moi.

2ème lecture : C’est l’Esprit Saint qui nous fait prier (Rm 8, 26-27)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères,
l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables.
Et Dieu, qui voit le fond des c?urs, connaît les intentions de l’Esprit : il sait qu’en intervenant pour les fidèles, l’Esprit veut ce que Dieu veut.

Evangile : Les paraboles du Royaume. L’ivraie – La graine de moutarde et le levain (brève : 24-30) (Mt 13, 24-43)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Tu es béni, Dieu notre Père, Seigneur de l’univers, toi qui révèles aux petits les mystères du Royaume !Alléluia. (cf. Mt 11, 25)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Jésus proposa cette parabole à la foule :
« Le Royaume des cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ.
Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi survint ; il sema de l’ivraie au milieu du blé et s’en alla.
Quand la tige poussa et produisit l’épi, alors l’ivraie apparut aussi.
Les serviteurs du maître vinrent lui dire : ‘Seigneur, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?’
Il leur dit : ‘C’est un ennemi qui a fait cela.’ Les serviteurs lui disent : ‘Alors, veux-tu que nous allions l’enlever ?’
Il répond : ‘Non, de peur qu’en enlevant l’ivraie, vous n’arrachiez le blé en même temps.
Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson ; et, au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Enlevez d’abord l’ivraie, liez-la en bottes pour la brûler ; quant au blé, rentrez-le dans mon grenier.’ »
Il leur proposa une autre parabole :
« Le Royaume des cieux est comparable à une graine de moutarde qu’un homme a semée dans son champ.
C’est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel font leurs nids dans ses branches. »
Il leur dit une autre parabole : « Le Royaume des cieux est comparable à du levain qu’une femme enfouit dans trois grandes mesures de farine, jusqu’à ce que toute la pâte ait levé. »
Tout cela, Jésus le dit à la foule en paraboles, et il ne leur disait rien sans employer de paraboles, accomplissant ainsi la parole du prophète : C’est en paraboles que je parlerai, je proclamerai des choses cachées depuis les origines.

Alors, laissant la foule, il vint à la maison. Ses disciples s’approchèrent et lui dirent : « Explique-nous clairement la parabole de l’ivraie dans le champ. »
Il leur répondit : « Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ;
le champ, c’est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais.
L’ennemi qui l’a semée, c’est le démon ; la moisson, c’est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges.
De même que l’on enlève l’ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde.
Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume tous ceux qui font tomber les autres et ceux qui commettent le mal, et ils les jetteront dans la fournaise : là il y aura des pleurs et des grincements de dents.
Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père.
Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »
Patrick BRAUD

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16 juillet 2011

La patience serait-elle l’arme des forts ?

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

La patience serait-elle l’arme des forts ?

Homélie du 16° dimanche ordinaire / année A
17/07/2011

 

·       Un Dieu différent de nos attentes

La patience serait-elle l’arme des forts ?

Le livre de la Sagesse nous met sur la voie : ceux qui doutent de leur pouvoir veulent l’affirmer à tout prix.

La patience serait-elle l'arme des forts ? dans Communauté spirituelleC’est Kadhafi, lamentable dans sa répression de l’opposition libyenne interne.

C’est un chef de service qui exige tout tout de suite de ses collaborateurs, même le plus contradictoire.

C’est le père de famille qui impose son point de vue à ses enfants, parce que évidemment il a raison.

 

Or comment agit le Dieu de la Bible ?

Lui qu’on dit tout-puissant, il renonce à exercer cette puissance pour dominer. Il préfère l’utiliser pour éduquer Israël au long des siècles, et l’Église.

Lui qu’on dit omniscient (dans le Coran), il préfère utiliser cette connaissance des hommes pour leur pardonner, au lieu de les condamner.

En somme, Dieu patiente et prend pitié là où on attendrait qu’il s’impose et impose sa justice immédiate.

 

La parabole du bon grain et de l’ivraie (Mt 13, 24-30) porte cette attitude à son paroxysme : « laissez les pousser ensemble jusqu’à la moisson ».

Or la moisson (c’est-à-dire le jugement dernier), c’est loin, très loin. Et c’est long, très long, de tenir dans cette situation intermédiaire où le bon et le mauvais grandissent ensemble, inextricablement mêlés.

 

La liste est grande dans nos existences de ces réalités mélangées, ni entièrement bonnes, ni entièrement mauvaises, que l’on voudrait trancher sans plus attendre.

Une vie de couple qui n’a plus son intensité d’avant, et qui en même temps tient encore la route.

Un boulot dans lequel on n’est pas malheureux, et dans lequel on ne s’épanouit pas non plus vraiment.

Une Église pas toujours enthousiasmante, et qui pourtant véhicule des trésors…

Nous avons une liste impressionnante de situations mélangées qui exigent notre patience là où nous voudrions trancher tout de suite.

Or les couples forts ne se séparent pas lorsque l’épreuve apparaît ; ils changent leur voilure, et – tels des voiliers dans un coup de chien – ils mobilisent leur énergie pour traverser le mauvais temps, déferlante après déferlante, sans perdre de vue le compas et la carte marine.

Or les professionnels compétents n’enverront pas leur démission à la première contradiction ; ils patienteront activement jusqu’à ce qu’une nouvelle opportunité, interne ou externe, leur ouvre les portes d’une sage décision.

Or les paroissiens de base ne changeront pas de clocher à chaque contrariété ou à chaque nomination. Ils savent que l’Église est plus grande que les coups de volant idéologiques d’un côté ou de l’autre qui semblent la déstabiliser à un moment donné.

 

·       Le temps de la patience

Et si nous apprenions de Dieu sa patience ? sa capacité à croire en l’autre au-delà des  force dans Communauté spirituelleapparences du moment ? sa force tranquille pour ne pas s’imposer, mais attendre activement ?

Évidemment, la tentation est grande de dire : ce n’est pas juste que l’ivraie parasite le blé à ce point ! C’est trop long d’attendre la moisson, car c’est maintenant que je veux profiter de la vie !

Mais Dieu sait comment mystérieusement la présence de l’ivraie est utile à la croissance du blé. Il promet que même l’ivraie sera utile d’ailleurs, puisqu’elle brûlera en bottes d’un combustible appréciable.

 

Dieu sait que la moisson viendra bientôt. Pour lui, mille ans sont comme un jour et un jour comme mille ans.

 

Il nous introduit à une autre conception du temps. Pas un temps quantitatif, linéaire, sur l’échelle duquel l’horizon final est désespérément loin. Le temps de Dieu est un temps complexe, qualitatif, qui permet de patienter au-delà de nos capacités naturelles. En Dieu l’horizon et le présent ne sont pas séparés. En lui, la moisson et la croissance ne sont pas des réalités successives.

La patience est alors à cette vertu qui donne la force d’unir ce qui est disjoint aux yeux des hommes : le bon grain et l’ivraie, la croissance et la moisson, le grenier et la flambée…

 

Unir les contraires est le propre du divin. La traduction relationnelle de cette force surhumaine, c’est bien la patience, capable d’unir ce qui est et ce qui sera, le visage actuel et celui qui sera transfiguré, le bon et le mauvais.

Une oraison du missel prie ainsi : « Dieu, toi qui montres la preuve suprême de ta puissance lorsque tu patientes et prends pitié… » Et l’oraison de ce dimanche fait également le lien entre les lectures : « Dieu, maître de la moisson, tu es un juge plein de patience. Comment désespérer de nous-mêmes et des autres, alors que tu fais lever parmi nous ta parole ? Remplis-nous d’espérance dans l’attente du jugement, car ton Fils révèlera ta miséricorde pour les siècles des siècles ».

Envers qui, envers quoi suis-je appelé à être patient cette semaine ? (et celles qui suivent !)

 

 

1ère lecture : La patience du Tout-Puissant (Sg 12, 13.16-19)

Lecture du livre de la Sagesse

Il n’y a pas de Dieu en dehors de toi, Seigneur, toi qui prends soin de toute chose, et montres ainsi que tes jugements ne sont pas injustes.
Ta force est à l’origine de ta justice, et ta domination sur toute chose te rend patient envers toute chose.
Il montre sa force, l’homme dont la puissance est discutée, et ceux qui la bravent sciemment, il les réprime.
Tandis que toi, Seigneur, qui disposes de la force, tu juges avec indulgence, tu nous gouvernes avec beaucoup de ménagement, car tu n’as qu’à vouloir pour exercer ta puissance.
Par ton exemple tu as enseigné à ton peuple que le juste doit être humain, et tu as pénétré tes fils d’une belle espérance : à ceux qui ont péché tu accordes la conversion.

Psaume : Ps 85, 5-6, 9ab.10, 15-16ab

R/ Toi qui est bon et qui pardonnes, écoute-moi mon Dieu !

Toi qui es bon et qui pardonnes,
plein d’amour pour tous ceux qui t’appellent,
écoute ma prière, Seigneur,
entends ma voix qui te supplie.

Toutes les nations, que tu as faites,
viendront se prosterner devant toi,
car tu es grands et tu fais des merveilles,
toi, Dieu, le seul.

Toi, Seigneur, Dieu de tendresse et de pitié, 
lent à la colère, plein d’amour et de vérité,
regarde vers moi,
prends pitié de moi.

2ème lecture : C’est l’Esprit Saint qui nous fait prier (Rm 8, 26-27)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères,
l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables.
Et Dieu, qui voit le fond des coeurs, connaît les intentions de l’Esprit : il sait qu’en intervenant pour les fidèles, l’Esprit veut ce que Dieu veut.

Evangile : Les paraboles du Royaume. L’ivraie – La graine de moutarde et le levain (brève : 24-30) (Mt 13, 24-43)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Tu es béni, Dieu notre Père, Seigneur de l’univers, toi qui révèles aux petits les mystères du Royaume ! Alléluia. (cf. Mt 11, 25)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Jésus proposa cette parabole à la foule :
« Le Royaume des cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ.
Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi survint ; il sema de l’ivraie au milieu du blé et s’en alla.
Quand la tige poussa et produisit l’épi, alors l’ivraie apparut aussi.
Les serviteurs du maître vinrent lui dire : ‘Seigneur, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?’
Il leur dit : ‘C’est un ennemi qui a fait cela.’ Les serviteurs lui disent :’Alors, veux-tu que nous allions l’enlever ?’
Il répond : ‘Non, de peur qu’en enlevant l’ivraie, vous n’arrachiez le blé en même temps.
Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson ; et, au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Enlevez d’abord l’ivraie, liez-la en bottes pour la brûler ; quant au blé, rentrez-le dans mon grenier.’ »

Il leur proposa une autre parabole :
« Le Royaume des cieux est comparable à une graine de moutarde qu’un homme a semée dans son champ.
C’est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel font leurs nids dans ses branches. »
Il leur dit une autre parabole : « Le Royaume des cieux est comparable à du levain qu’une femme enfouit dans trois grandes mesures de farine, jusqu’à ce que toute la pâte ait levé. »

Tout cela, Jésus le dit à la foule en paraboles, et il ne leur disait rien sans employer de paraboles, accomplissant ainsi la parole du prophète : C’est en paraboles que je parlerai, je proclamerai des choses cachées depuis les origines.

Alors, laissant la foule, il vint à la maison. Ses disciples s’approchèrent et lui dirent : « Explique-nous clairement la parabole de l’ivraie dans le champ. »
Il leur répondit : « Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ;
le champ, c’est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais.
L’ennemi qui l’a semée, c’est le démon ; la moisson, c’est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges.
De même que l’on enlève l’ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde.
Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume tous ceux qui font tomber les autres et ceux qui commettent le mal, et ils les jetteront dans la fournaise : là il y aura des pleurs et des grincements de dents.
Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père.
Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »
Patrick Braud

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