Faire « plus grand » que Jésus
Faire « plus grand » que Jésus
Homélie pour le 5° Dimanche de Pâques / Année A
03/05/26
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Imaginez Léon XIV se vanter au micro de Radio Vatican : « Ce que nous accomplissons en Église est plus grand que tout ce qu’a fait Jésus de Nazareth » ! On dirait aussitôt : quelle prétention ! Quelle audace ! Quel orgueil ! Et pourtant…
Et pourtant c’est bien ce que nous promet Jésus dans notre évangile (Jn 14,1-12) :
« Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père » (Jn 14,12).
Nous devrions nous étonner, nous scandaliser même : comment un humain pourrait-il faire ‘plus grand’ que le Fils de Dieu ? Mais si c’est le Fils de Dieu lui-même qui nous l’a promis, alors il faut bien chercher à comprendre ce qu’il annonçait ainsi, et l’impact que cela peut avoir pour moi, pour nous.
Je vous propose deux interprétations possibles (l’une ecclésiale, l’autre spirituelle), et quatre conséquences pour nous aujourd’hui.
1. C’est notre responsabilité collective, en Église
Quand on lit « œuvres » (plus grandes), on pense immédiatement aux miracles physiques. Hélas, difficile de faire plus spectaculaire que le prophète itinérant de Galilée ! Guérir des sourds-muets, des lépreux, des paralytiques, marcher sur l’eau, nourrir les foules avec trois fois rien, faire sortir un mort du tombeau… : peu d’entre nous se risqueraient à rivaliser avec une telle débauche d’effets spéciaux. Le sens doit être ailleurs.
Sans doute dans le mot employé par Jean : pour lui, les œuvres (ἔργα = erga en grec) ne se limitent pas aux signes (semeia), mais désignent l’ensemble de la manifestation du salut et de la vérité de Dieu. Or, tant qu’il demeure prophète juif dans un petit territoire et pendant 3 années, les œuvres de Jésus sont forcément limitées dans l’espace et le temps. C’est l’Esprit de Pentecôte qui donnera aux actes des chrétiens une dimension quantitative et géographique infiniment plus grande. Car l’étendue géographique de la mission de Jésus était limitée : la Galilée, la Judée, la Samarie. Lui-même ne se considérait envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. Les apôtres franchirent ces limites et porteront l’Évangile « jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1,8). Ce que Jésus ne pouvait faire par lui-même. L’Église née de la Pentecôte devient ainsi « le signe et le sacrement du salut » (Vatican II) tout au long des siècles, jusqu’au retour du Christ en gloire. Trois années de vie publique pour Jésus, les siècles des siècles pour son Église : là encore, nous faisons « plus grand » que lui.
Vous pensez que cela va trop loin ?
Écoutez les Pères de l’Église commenter Jn 14,12.
Pour Augustin, la plus grande œuvre n’est pas de guérir un corps, mais de justifier un impie. Transformer un pécheur en juste est, selon lui, une création plus haute que celle des cieux.
« Quel est celui qui croit au Christ, sinon celui qui fait ces œuvres et même de plus grandes que lui ? [...] En effet, que l’impie soit justifié, c’est cela même que le Christ opère en lui, mais non sans lui. Or, je ne crains pas de dire que cette œuvre est plus grande que de créer le ciel et la terre ; car le ciel et la terre passeront, tandis que le salut et la justification des élus demeureront » (Traité 72,3 sur l’Évangile de Jean).
Cyrille d’Alexandrie insiste sur le fait que le départ de Jésus vers le Père permet l’envoi de l’Esprit, rendant l’action de Dieu universelle et non plus locale.
« Il a manifesté sa propre gloire à travers les disciples, et par eux il a étendu sa main sur le monde entier. [...] Il dit qu’ils feront des œuvres plus grandes, non parce qu’ils auraient une puissance supérieure à la sienne, mais parce que la grâce répandue sur eux ferait de plus grands miracles à travers toute la terre » (Commentaire sur l’Évangile de Jean, Livre IX).
Jean Chrysostome souligne l’implication mutuelle de l’action des disciples avec celle du Christ désormais ressuscité : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Que les disciples allaient faire des miracles ? Non, il ne dit pas cela, mais il insinue que tout ce qu’ils feraient, c’est Lui qui le ferait » (Homélie 74 sur l’Évangile de Jean).
De grands théologiens ont repris cette interprétation ecclésiale, notamment pendant la préparation du concile Vatican II.
Le cardinal de Lubac voit dans ce verset la clé de la nature de l’Église. Pour lui, l’Église n’est pas une simple organisation, mais le Christ qui continue d’agir de manière plus « vaste ».
« L’œuvre du Christ ne s’achève pas avec son départ ; elle entre dans une phase nouvelle, plus universelle. L’Église est l’instrument par lequel le Christ multiplie ses actes. Ces « œuvres plus grandes » sont la diffusion de la Charité divine à travers les siècles et les nations, ce que le Christ n’avait fait que préfigurer dans le cadre étroit de la Palestine » (Méditation sur l’Église).
L’influent exégète Rudolf Bultmann interprète ces « œuvres » non comme des miracles, mais comme la proclamation de la Parole :
« Les œuvres (erga) ne sont pas des miracles au sens technique, mais l’œuvre de Jésus elle-même : la révélation. Faire des œuvres « plus grandes » signifie que la proclamation de la Parole, libérée des limites de la présence charnelle de Jésus, va désormais atteindre le monde entier par le témoignage des disciples. La « grandeur » est celle de l’histoire du salut qui se déploie » (L’Évangile de Jean).
Pour Joseph Ratzinger (le futur Benoît XVI), la « grandeur » des œuvres est intrinsèquement liée à la Croix et à la Résurrection. C’est parce que Jésus est « passé au Père » qu’il peut agir de l’intérieur de chaque croyant :
« Les œuvres de Jésus durant sa vie terrestre étaient limitées par sa condition humaine. En allant au Père, il brise ces limites. Les « plus grandes œuvres » sont les fruits de la mission universelle : la conversion des païens, la formation de la communauté mondiale de l’Église. C’est le Christ assis à la droite du Père qui agit désormais avec une puissance décuplée par l’Esprit » (Jésus de Nazareth, Tome 2).
Tous ces auteurs s’accordent sur un point : les disciples ne sont pas des successeurs qui remplacent un Maître absent (comme le calife pour Mohammed) mais un canal par lequel le Maître, devenu omniprésent par son Ascension, touche l’humanité entière, de tous les temps et de tous les espaces, ce qu’il ne pouvait faire durant son incarnation.
C’est donc notre responsabilité, en Église, de faire ‘plus grand’ que Jésus de Nazareth !
2. C’est notre aventure spirituelle, personnelle
Les mystiques ont privilégié une autre piste de lecture de Jn 14,12, plus intérieure, plus spirituelle. Pour Maître Eckhart et la mystique rhénane par exemple (XIV° siècle), si le chrétien fait les œuvres du Christ, c’est parce qu’il est en communion intime avec lui, jusqu’à ne faire plus qu’un. La distinction entre l’action de Dieu et celle de l’homme s’efface dans l’unité de l’Esprit.
« Le Père engendre son Fils dans l’âme de la même manière qu’il l’engendre dans l’éternité, et pas moins. [...] Tout ce que Dieu opère, l’homme le plus simple qui demeure dans le fond de l’âme l’opère aussi. C’est pourquoi ses œuvres sont « plus grandes », car elles procèdent de cette unité sans intermédiaire où l’âme est devenue par grâce ce que Dieu est par nature » (Sermons allemands).
Son compagnon Jean Tauler, plus sensible à la dimension pratique et à la souffrance, explique que les œuvres sont « plus grandes » lorsqu’elles sont accomplies dans le pur dépouillement spirituel. Pour lui, guérir un boiteux est une œuvre extérieure ; mais ramener une âme errante vers son « fond » (Grund) est une œuvre spirituelle bien plus vaste. Cette œuvre est grande non par l’effort de la volonté humaine, mais parce que l’homme est devenu un « instrument vide » que Dieu peut utiliser sans obstacle. C’est ce qu’il appelle « la passivité active ».
Pourquoi est-ce « plus grand » selon eux ?
Dans la pensée rhénane, l’incarnation historique de Jésus était une étape. Mais la naissance du Verbe dans l’âme du chrétien est l’aboutissement du projet divin. L’œuvre est « plus grande » car elle manifeste que Dieu n’est plus seulement « devant » nous (en Jésus), mais « en » nous. Comme le disait Angélus Silesius (héritier de cette mystique) : « Le Christ serait-il né mille fois à Bethléem, s’il ne naît pas en toi, tu restes perdu à jamais ».
L’interprétation mystique transforme ainsi le verset : il nous faut passer de « faire des miracles extérieurs » à « devenir le lieu où Dieu agit ». L’universalité n’est plus seulement géographique (toute la terre), elle est personnelle (tout mon être est divinisé) et même ontologique (toute l’humanité transfigurée par cette présence intérieure).
Pour Fénelon, Madame Guyon et les adeptes du « pur amour » (XVII° siècle), une œuvre est « grande » non par son éclat, mais par le degré de pureté de l’amour qui l’anime. Faire une petite chose par pur amour pour Dieu est une œuvre « plus grande » que de convertir des nations par vaine gloire.
Jésus agissait en tant qu’envoyé ; le chrétien, lui, doit agir dans une telle désappropriation de soi qu’il ne s’attribue plus rien. L’œuvre est grande car elle est totalement divine.
Dans cette lignée spirituelle, Jn 14,12 est compris comme une promesse de transfusion de vie. Jésus ne donne pas un pouvoir aux disciples ; il leur donne Sa Vie. Les œuvres sont plus grandes parce qu’elles ne sont plus limitées par la chair d’un seul homme (Jésus à Nazareth), mais portées par la multitude des membres de son Corps mystique, agissant par le moteur universel qu’est la Charité.
C’est une vision très organique : la tête (le Christ) a commencé l’œuvre, mais c’est le corps tout entier (l’Église/les fidèles) qui la déploie dans toute sa dimension.
Pour Fénelon, l’œuvre de Jésus était une œuvre de communion parfaite avec son Père ; l’œuvre du disciple, une fois uni au Christ, devient l’expression de cette même volonté devenue universelle.
« Oh ! qu’une âme est puissante quand elle ne veut plus rien de soi ! Elle entre dans la toute-puissance de Dieu. Ses œuvres sont les œuvres de Dieu même. C’est ainsi qu’il faut entendre que celui qui croit fera des œuvres plus grandes, car ce n’est plus le mouvement d’un homme borné, c’est l’élan de l’Amour infini qui passe par un cœur purifié » (Sermon pour la fête de la Pentecôte).
On le voit : cette deuxième tradition interprétative, plus spirituelle, met l’accent sur l’aventure intérieure où le Christ ressuscité accompli dans le fond de l’âme du disciple des œuvres infiniment plus grandes que celles opérées par le Jésus de histoire.
3. Du Jésus de l’histoire au Christ de la foi
Le texte grec de notre évangile nous met sur cette piste d’une continuité entre le Jésus de l’histoire et le Christ de la foi, grâce à l’action de son Esprit dans l’Église et dans le cœur de chacun.
Jésus commence par engager son autorité sur une promesse qui semble, de prime abord, incroyable : « Amen, amen, je vous le dis… » Sa déclaration est solennelle, et l’engage tout entier.
Puis il utilise le présent : « celui qui croit en moi ». Ce n’est pas un acte ponctuel (‘celui qui a cru’), mais un état continu. L’œuvre « plus grande » est le fruit d’une communion permanente au Christ. Le présent de la foi fait le lien entre l’action de Jésus et celle, plus grande, de ses disciples.
Le passage du Je (Jésus) à « celui qui croit » marque le transfert de l’agir divin de l’un à l’autre. Cette identité d’agir est garantie par l’utilisation du même verbe « faire » (ποιέω (poieō – faire/créer) : ce que les disciples feront, c’est exactement ce que Jésus fait. Il n’y a pas de rupture de continuité ni de nature entre l’œuvre du Maître est celle du croyant.
Comment cela peut-il se réaliser ? À cause (ὅτι = hoti en grec) du départ de Jésus vers son Père. Pour Jean, ce départ est la condition sine qua non de l’œuvre de l’Esprit. Il marque le passage du Jésus historique, limité dans le temps et l’espace, au Christ de la foi, ressuscité auprès du Père, envoyant l’Esprit commun aux deux pour renouveler la face de la terre jusqu’à la plénitude des temps. La « grandeur » des œuvres de l’Église du disciple vient du fait que Jésus n’agit plus devant les hommes (lors de son incarnation, forcement limitée), mais depuis le Père, par son Esprit qui transforme son Église et étend son action en tous lieux, en tout temps.
Le texte grec révèle que le « plus grand » n’est pas une supériorité du disciple sur le Maître, mais une supériorité de l’économie de l’Esprit sur l’économie de la chair. Tant que Jésus était sur terre, l’Esprit n’était pas encore répandu universellement. Une fois auprès du Père, son action devient sans limites (universelle), d’où des œuvres « plus grandes » en nombre et en portée.
Qu’en déduire pour nous aujourd’hui concrètement ?
Voici quatre conséquences majeures qui peuvent nourrir notre méditation cette semaine :
- La fin du complexe d’infériorité spirituelle
Souvent, le croyant moderne se sent démuni face à la figure historique de Jésus ou aux récits bibliques. Ce verset (Jn 14,12) rappelle que nous ne sommes pas des « sous-disciples ». En disant « celui qui croit », Jésus donne un mandat universel. Le moteur de l’action n’est pas le talent personnel, mais la qualité de l’union au Christ. Cela nous invite aujourd’hui à une « audace humble » : oser agir, prier et transformer notre environnement avec la certitude que c’est le Christ qui opère à travers nous.
- Le primat de l’impact spirituel sur le spectaculaire
Si l’on suit Saint Augustin ou Fénelon, la « plus grande œuvre » n’est pas forcément le miracle qui fait la une des réseaux sociaux. L’œuvre la plus haute reste la réconciliation et la transformation des cœurs. Dans un monde fragmenté, créer la paix, pardonner ou restaurer la dignité d’une personne est une œuvre « plus grande » car elle touche à l’éternité.
Cela recentre notre mission sur l’essentiel : la charité active et la transmission d’une espérance vivante.
- Une responsabilité écologique et sociale (L’Église corps du Christ)
Si les œuvres du Christ sont désormais confiées à ses disciples, cela signifie que le Christ n’a plus d’autres mains que les nôtres. L’universalité mentionnée par Cyrille d’Alexandrie devient une responsabilité globale. Puisque Jésus est « auprès du Père », son action est délocalisée : il peut agir simultanément à travers un soignant en France, un militant pour le climat ou un artisan de paix ailleurs.
Aujourd’hui, c’est l’appel à une « sainteté du quotidien » où chaque acte de justice devient une œuvre du Christ lui-même.
- La puissance de la vie intérieure (l’héritage mystique)
La conséquence la plus radicale, héritée de la mystique rhénane, est que notre vie intérieure est le laboratoire de la transformation du monde.
Si je me « désapproprie » de mon ego (Fénelon), je deviens un canal pour la puissance de l’Esprit. L’action extérieure est proportionnelle à la profondeur de l’ancrage intérieur.
Aujourd’hui, cela réhabilite la prière et la méditation non comme une fuite du monde, mais comme la condition nécessaire pour que nos œuvres soient réellement « grandes » (c’est-à-dire divines).
Interpréter ce verset aujourd’hui, c’est passer d’un christianisme de « commémoration » (se souvenir de ce que Jésus a fait) à un christianisme de « communion » (vivre ce que Jésus fait aujourd’hui par nous, avec nous et en nous).
Prière pour des œuvres « plus grandes »
Seigneur Jésus, Toi qui as dit : « En vérité, en vérité »,
Ancre nos cœurs dans la certitude de Ta promesse.
Tu n’es pas parti vers le Père pour nous laisser orphelins,
Mais pour briser les limites de l’espace et du temps,
Et devenir en nous, par Ton Esprit, une source jaillissante.
Accorde-nous la grâce de la communion :
Que nous ne cherchions pas à agir par nous-mêmes,
Mais que nous demeurions en Toi comme le sarment sur la vigne.
Dépouille-nous de ce « moi » encombrant,
Afin que nos œuvres ne soient plus les nôtres, mais les Tiennes.
Donne-nous l’audace de la « plus grande œuvre » :
Non pour flatter notre orgueil par des prodiges,
Mais pour accomplir le plus grand des miracles :
Celui de la charité qui pardonne,
De la parole qui relève,
Et de la paix qui se déploie jusqu’aux extrémités de la terre.
Seigneur, puisque Tu n’as plus d’autres mains que les nôtres,
Fais de nous les membres vivants de Ton Corps.
Que chaque geste de notre quotidien,
Accompli dans le silence du « fond de notre âme »,
Devienne une étincelle de Ton Esprit de communion.
LECTURES DE LA MESSE
PREMIÈRE LECTURE
« Ils choisirent sept hommes remplis d’Esprit Saint » (Ac 6, 1-7)
Lecture du livre des Actes des Apôtres
En ces jours-là, comme le nombre des disciples augmentait, les frères de langue grecque récriminèrent contre ceux de langue hébraïque, parce que les veuves de leur groupe étaient désavantagées dans le service quotidien. Les Douze convoquèrent alors l’ensemble des disciples et leur dirent : « Il n’est pas bon que nous délaissions la parole de Dieu pour servir aux tables. Cherchez plutôt, frères, sept d’entre vous, des hommes qui soient estimés de tous, remplis d’Esprit Saint et de sagesse, et nous les établirons dans cette charge. En ce qui nous concerne, nous resterons assidus à la prière et au service de la Parole. » Ces propos plurent à tout le monde, et l’on choisit : Étienne, homme rempli de foi et d’Esprit Saint, Philippe, Procore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, un converti au judaïsme, originaire d’Antioche. On les présenta aux Apôtres, et après avoir prié, ils leur imposèrent les mains. La parole de Dieu était féconde, le nombre des disciples se multipliait fortement à Jérusalem, et une grande foule de prêtres juifs parvenaient à l’obéissance de la foi.
PSAUME
(Ps 32 (33), 1-2, 4-5, 18-19)
R/ Que ton amour, Seigneur, soit sur nous, comme notre espoir est en toi !ou : Alléluia ! (Ps 32, 22)
Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes !
Hommes droits, à vous la louange !
Rendez grâce au Seigneur sur la cithare,
jouez pour lui sur la harpe à dix cordes.
Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ;
il est fidèle en tout ce qu’il fait.
Il aime le bon droit et la justice ;
la terre est remplie de son amour.
Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
pour les délivrer de la mort,
les garder en vie aux jours de famine.
DEUXIÈME LECTURE
« Vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal » (1 P 2, 4-9)
Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre
Bien-aimés, approchez-vous du Seigneur Jésus : il est la pierre vivante rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu. Vous aussi, comme pierres vivantes, entrez dans la construction de la demeure spirituelle, pour devenir le sacerdoce saint et présenter des sacrifices spirituels, agréables à Dieu, par Jésus Christ. En effet, il y a ceci dans l’Écriture : Je vais poser en Sion une pierre angulaire, une pierre choisie, précieuse ; celui qui met en elle sa foi ne saurait connaître la honte. Ainsi donc, honneur à vous les croyants, mais, pour ceux qui refusent de croire, il est écrit : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle, une pierre d’achoppement, un rocher sur lequel on trébuche. Ils achoppent, ceux qui refusent d’obéir à la Parole, et c’est bien ce qui devait leur arriver. Mais vous, vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple destiné au salut, pour que vous annonciez les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière.
ÉVANGILE
« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 1-12)
Alléluia. Alléluia. Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, dit le Seigneur. Personne ne va vers le Père sans passer par moi. Alléluia. (Jn 14, 6)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; sinon, vous aurais-je dit : ‘Je pars vous préparer une place’ ? Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. Pour aller où je vais, vous savez le chemin. » Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? » Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. » Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. » Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : ‘Montre-nous le Père’ ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père »
Patrick BRAUD















