L'homelie du dimanche

30 juillet 2018

Faire ou croire ?

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Faire ou croire ?


Homélie pour le 18° dimanche du temps ordinaire / Année B
05/08/2018

Cf. également :

La capacité d’étonnement

Éveiller à d’autres appétits

« Laisse faire » : éloge du non-agir

 

« Que faire ? »

Faire ou croire ? dans Communauté spirituelle 41CABbWLTuL._SL500_SY344_BO1,204,203,200_Ce titre d’un essai de Lénine est un bon indicateur de l’état d’esprit révolutionnaire [1]. Lorsqu’il l’écrit en 1901, Lénine cherche à faire advenir cette transformation sociale que Marx avait prophétisée inéluctable quelques années auparavant. Faire l’histoire, c’est selon lui organiser un parti central, une stratégie de conquête du pouvoir et une politique pour le conserver à tout prix. Il veut forcer la main aux événements, faire accoucher l’histoire au forceps, au lieu d’attendre que la révolution arrive d’elle-même (en Angleterre ou en Allemagne comme Marx le pensait). Il veut faire entrer la réalité dans ses analyses ; il veut transformer le réel pour qu’il devienne conforme à sa vision du monde. L’obsession du faire est caractéristique de ces hommes d’action qui se définissent par les résultats, le pragmatisme et l’efficacité. On sait depuis que ce volontarisme historique est devenu le marxisme-léninisme, avec 60 à 80 millions de morts à la clé…

En religion également, l’obsession du faire guette tous les pratiquants réguliers. Les catholiques se sont longtemps définis par l’obligation d’aller à la messe, d’avoir une vie à peu près morale pour « gagner son ciel » ou « faire son salut ». En protestantisme, les puritains sont envahis de prescriptions à respecter, de conventions sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire. En judaïsme, les orthodoxes se noient dans des rituels compliqués et obscurs observés à la lettre, et leur vie quotidienne est corsetée par des obligations du matin au soir. En islam, la vraie religion est d’abord de faire : faire le ramadan, le pèlerinage à la Mecque, l’aumône, la prière… Peu importe à la limite votre vie intérieure, c’est la pratique de ce qui est obligé et le refus de ce qui est interdit qui fait de vous un bon ou un mauvais musulman [2].

foi%20pilote2 croire dans Communauté spirituelleJésus s’est confronté de plein fouet à cette obsession du faire, maladive et hypocrite. Dans l’Évangile de ce dimanche, au lieu de fustiger les dérives de ceux qui lui demandent : « que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? », Jésus leur répond en indiquant une autre voie : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »

Autrement dit, croire c’est faire, alors que faire n’est pas croire.

Cette réponse est scandaleuse pour des juifs (ou des musulmans, où des chrétiens) pratiquants. Ils sont persuadés que c’est en amassant des bonnes œuvres et des prières qu’ils vont obtenir leur passeport vers le ciel. Et voilà qu’au bureau de douane, le Christ ne leur demande pas : ‘qu’as-tu fait ?’ mais : ‘as-tu cru ?’

Comment ! ? Mais alors à quoi servent tous nos efforts religieux ? À quoi sert d’aller à la synagogue (ou à la messe), de manger kasher, d’être circoncis, de respecter le shabbat etc. ? À rien, répond tranquillement Jésus. Ce n’est pas ce que tu fais qui te sauvera, mais ce que tu crois, c’est-à-dire la relation de confiance que tu nourris avec ton Dieu et tes proches. Si tu crois ainsi, le reste sera donné par surcroît.

foi%20bird3 faireCrois d’abord, et non pas : fais d’abord : voilà l’Évangile, voilà ce qui le distingue de toutes les religions humaines. Tous les systèmes religieux que l’homme a imaginés disent à celui qui cherche Dieu : « Fais et tu vivras ». Fais des pénitences, entreprends un long pèlerinage, pratique des exercices de développement personnel, impose-toi une discipline morale etc.… et tu seras sauvé. Ou bien : Fais de bonnes œuvres, assiste les pauvres, visite les malades… et tu auras le pardon de tes péchés.

Combien différent est le langage de l’Évangile : Crois ! Cesse de te consumer en efforts stériles pour accomplir toi-même ta réconciliation avec Dieu, tu n’y réussiras jamais… Il te reste un moyen d’être délivré ; accueille le salut qui t’est donné gratuitement.

Cette dialectique est subtile et demande à ne pas être aplatie à l’extrême en la réduisant à l’un de ses termes. Car quiconque en conclurait – à la manière des Quakers et autres quiétistes - que nos actions n’ont aucune importance, celui-là n’aurait pas compris le lien réel entre le croire et faire. C’est l’ordre qui est important. Croire d’abord permet de faire ensuite, sans même le vouloir, naturellement, de manière illucide. Et non à la force du poignet. Alors que faire d’abord éloignera finalement du croire (en Dieu), car ma réussite ou mes échecs m’entraînent à compter sur moi toujours plus et non sur Dieu.

Plusieurs passages de l’Écriture tournent autour de cette dialectique : faire / croire.

« Laisse faire » : éloge du non-agir dans Communauté spirituelle wuwei1Isaïe 26,12
Seigneur, tu nous assures la paix, et même toutes nos œuvres, tu les accomplis pour nous.

Jean 15,5
Sans moi vous ne pouvez rien faire.

Jean 14, 12-14
En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que je fais; et il en fera même de plus grandes, parce que je vais vers le Père. Et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai.

Actes 16, 30-31 :
- Que faut-il que je fasse pour être sauvé ?
- Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé. »

Éphésiens 3,20
 (Gloire) à Celui dont la puissance agissant en nous est capable de faire bien au-delà, infiniment au-delà de tout ce que nous pouvons demander ou concevoir,

Philippiens 2,13
Dieu est là qui opère en vous à la fois le vouloir et le faire, au profit de ses bienveillants desseins.

La clé est sans doute dans ces derniers versets : dès lors que je m’abandonne avec confiance à l’amour de Dieu en moi, cet amour-là est capable de déplacer des montagnes. Mais c’est Dieu qui l’opère en moi. Dieu fait en moi son œuvre. L’Opus Dei (œuvre de Dieu) ne relève pas d’un effort volontariste où je devrais m’améliorer sans cesse, mais d’une confiance solide dans la puissance de l’Esprit de Dieu devenu mon intime. La spiritualité jésuite a précisément décrit cette tension paradoxale : 

« Agis comme si tout dépendait de toi, en sachant qu’en réalité tout dépend de Dieu » (St Ignace de Loyola)

ou plus exactement :

« Crois en Dieu
comme si tout le cours des choses dépendait de toi, en rien de Dieu.
Cependant mets tout en œuvre en elles,
comme si rien ne devait être fait par toi, et tout de Dieu seul. »

Si vous pouvez croire, vous pouvez obtenir. Citation inspirée de vecteur, encre noire brosse lettrage isolé sur fond blanc. énonciation positive pour les cartes, de motivation affiches et t-shirt Banque d'images - 59291073

Cela nous remplit d’humilité non ?
Et de paix également, car cela enlève l’épuisante pression du « devoir faire ».

Nous sommes un peu loin de la vie de tous les jours, avec l’énergie que requièrent nos responsabilités ordinaires, me direz-vous. Oui et non. Oui, car croire avant de faire est une conviction de fond, et non un livre de recettes ; c’est un horizon sur lequel inscrire tout le reste. Non, car dès que cette priorité est posée, les choses s’enchaînent naturellement, les choix se hiérarchisent facilement, et nous sommes étonnés de l’inspiration qui nous est donnée pour agir.

Travaillons donc à l’œuvre de Dieu en croyant que lui-même agit en nous…

 


[1]. Le titre est inspiré par celui du roman « Que faire ? » publié par le révolutionnaire russe Nikolaï Tchernychevski en 1863 et qui avait marqué toute la génération révolutionnaire de la fin du XIX° siècle.

[2]. Le judaïsme comme l’islam sont dans leur essence des orthopraxies (faire ce qui est droit) alors que le christianisme est plutôt d’abord une orthodoxie (croire de manière droite).

 

 

Lectures de la messe

Première lecture
« Du ciel, je vais faire pleuvoir du pain pour vous » (Ex 16, 2-4.12-15)

Lecture du livre de l’Exode

En ces jours-là, dans le désert, toute la communauté des fils d’Israël récriminait contre Moïse et son frère Aaron. Les fils d’Israël leur dirent : « Ah ! Il aurait mieux valu mourir de la main du Seigneur, au pays d’Égypte, quand nous étions assis près des marmites de viande, quand nous mangions du pain à satiété ! Vous nous avez fait sortir dans ce désert pour faire mourir de faim tout ce peuple assemblé ! » Le Seigneur dit à Moïse : « Voici que, du ciel, je vais faire pleuvoir du pain pour vous. Le peuple sortira pour recueillir chaque jour sa ration quotidienne, et ainsi je vais le mettre à l’épreuve : je verrai s’il marchera, ou non, selon ma loi. J’ai entendu les récriminations des fils d’Israël. Tu leur diras : ‘Au coucher du soleil, vous mangerez de la viande et, le lendemain matin, vous aurez du pain à satiété. Alors vous saurez que moi, le Seigneur, je suis votre Dieu.’ »
Le soir même, surgit un vol de cailles qui recouvrirent le camp ; et, le lendemain matin, il y avait une couche de rosée autour du camp. Lorsque la couche de rosée s’évapora, il y avait, à la surface du désert, une fine croûte, quelque chose de fin comme du givre, sur le sol. Quand ils virent cela, les fils d’Israël se dirent l’un à l’autre : « Mann hou ? » (ce qui veut dire : Qu’est-ce que c’est ?), car ils ne savaient pas ce que c’était. Moïse leur dit : « C’est le pain que le Seigneur vous donne à manger. »

Psaume
(Ps 77 (78), 3.4ac, 23-24, 25.52a.54a)
R/ Le Seigneur donne le pain du ciel ! (cf. 77, 24b)

Nous avons entendu et nous savons
ce que nos pères nous ont raconté :
et nous le redirons à l’âge qui vient,
les titres de gloire du Seigneur.

Il commande aux nuées là-haut,
il ouvre les écluses du ciel :
pour les nourrir il fait pleuvoir la manne,
il leur donne le froment du ciel.

Chacun se nourrit du pain des Forts,
il les pourvoit de vivres à satiété.
Tel un berger, il conduit son peuple.
Il le fait entrer dans son domaine sacré.

Deuxième lecture
« Revêtez-vous de l’homme nouveau, créé selon Dieu » (Ep 4, 17.20-24)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Frères, je vous le dis, j’en témoigne dans le Seigneur : vous ne devez plus vous conduire comme les païens qui se laissent guider par le néant de leur pensée. Mais vous, ce n’est pas ainsi que l’on vous a appris à connaître le Christ, si du moins l’annonce et l’enseignement que vous avez reçus à son sujet s’accordent à la vérité qui est en Jésus. Il s’agit de vous défaire de votre conduite d’autrefois, c’est-à-dire de l’homme ancien corrompu par les convoitises qui l’entraînent dans l’erreur. Laissez-vous renouveler par la transformation spirituelle de votre pensée. Revêtez-vous de l’homme nouveau, créé, selon Dieu, dans la justice et la sainteté conformes à la vérité.

Évangile
« Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, celui qui croit en moi n’aura jamais soif » (Jn 6, 24-35)
Alléluia. Alléluia. L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Alléluia. (Mt 4, 4b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, quand la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples, les gens montèrent dans les barques et se dirigèrent vers Capharnaüm à la recherche de Jésus. L’ayant trouvé sur l’autre rive, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés. Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son sceau. » Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » Ils lui dirent alors : « Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire ? Quelle œuvre vas-tu faire ? Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l’Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel. Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. » Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là. » Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. »
Patrick BRAUD

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1 novembre 2017

Ils disent et ne font pas

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Ils disent et ne font pas

Homélie du 31° Dimanche ordinaire / Année A
05/11/2017

Cf. également :

Une autre gouvernance

L’Eglise et la modernité: sel de la terre ou lumière du monde ? 

Conjuguer le « oui » et le « non » de Dieu à notre monde

 

« Ils disent et ne font pas »

Le reproche adressé par Jésus aux autorités juives de son temps (Mt 23, 1-12) vaut hélas pour les autorités ecclésiales de tous les temps !

La liste est longue des reproches semblables que nos contemporains nous objectent à longueur de repas en ville ou de réunions de famille. L’Église (catholique en l’occurrence, mais les autres Églises peuvent également faire leur liste) n’a pas fait ce qu’elle dit lorsqu’elle a institutionnalisé l’Inquisition, obligé Galilée à se rétracter, nourri un antisémitisme meurtrier, collaboré avec Pétain ou Pinochet, cautionné l’esclavage, entretenu des conflits interconfessionnels. Elle a été infidèle à l’Évangile qu’elle proclame lorsqu’elle n’a pas dénoncé et combattu les méfaits des puissances d’argent, les haines ethniques au Rwanda, les exactions de la Mafia, les discriminations contre les homosexuels, les gens du voyage. Elle a organisé en son sein des disciplines et des coutumes contraires à l’Esprit de liberté qui animait Jésus : la mise à l’égard des femmes, l’enrichissement de certains dans le clergé et les monastères, et aujourd’hui encore lorsqu’elle ne donne pas toute leur place aux divorcés remariés, aux couples de même sexe, aux pécheurs publics condamnés comme tels par la société où l’opinion catholique.

Cette longue liste n’est pas exhaustive !

Bien sûr, elle en appelle une autre, bien plus longue encore : la liste de tout ce que l’Église a pu apporter à l’humanité : intériorité, sens du pardon et de l’amour vrai, effort civilisationnel sans précédent, saints et saintes à la fécondité sociale extraordinaire, peinture, sculpture, architecture, littérature, musique etc. Reste que l’institution ecclésiale (quelle que soit l’Église) est structurellement frappée de cette contradiction impossible à éliminer complètement : « ils disent et ne font pas ». Comme un défaut de fabrication qui empêche un objet d’être parfait, l’incohérence native qui affecte la pratique historique de l’Église ne peut être gommée, ni encore moins niée.

Tertio millennio adveniente: carta apostólica de Juan Pablo II:comentario teológico pastoralLors de la préparation du Jubilé de l’an 2000, Jean-Paul II a écrit en 1994 dans Tertio Millennio adveniente :

« Il est donc juste que, le deuxième millénaire du christianisme arrivant à son terme, l’Église prenne en charge, avec une conscience plus vive, le péché de ses enfants, dans le souvenir de toutes les circonstances dans lesquelles, au cours de son histoire, ils se sont éloignés de l’Esprit du Christ et de son Évangile, présentant au monde, non point le témoignage d’une vie inspirée par les valeurs de la foi, mais le spectacle de façons de penser et d’agir qui étaient de véritables formes de contre-témoignage et de scandale. » (n° 35)

« L’institution de l’Inquisition a été abolie. Comme j’ai eu l’occasion de le dire aux participants au Symposium, les fils de l’Église ne peuvent manquer de revenir dans un esprit de repentir sur « le consentement donné, surtout en certains siècles, à des méthodes d’intolérance et même de violence dans le service de la vérité » (15 juin 2004).

Quelle conclusion tirer de cette grave incohérence entre les Églises et leur message évangélique ?

 

1. Le réflexe du rejet

Rejeter en bloc ces institutions est le réflexe le plus tentant.

Ils  disent et ne font pas dans Communauté spirituelle page1-808px-L%C3%A9o_Taxil_-_%C3%80_bas_la_calotte.pdfC’est d’ailleurs le réflexe majoritaire en France où seuls 5 % se disent pratiquants alors que 50 % se disent catholiques. Le risque est grand de jeter le bébé avec l’eau du bain ! S’il n’est plus d’Église, qui annoncera l’Évangile ? Être chrétien sans Église devient vite très compliqué, et dérive en une sorte de vague sentiment religieux sans régulation, sans échange de confrontation avec d’autres. Bref, une petite religion à soi, dans l’air du temps individualiste, bricolé avec ce que chacun peut tirer du zapping entre tous les discours religieux disponibles.

 

2. L’enfouissement silencieux

Intimer aux institutions de se taire est une autre réaction tentante : puisque les appareils religieux se disqualifient eux-mêmes par leurs pratiques, qu’ils se taisent !

Mais Jésus, portant très lucide sur cette distorsion entre la parole et les actes, n’a jamais demandé aux scribes, aux chefs des synagogues ou aux prêtres juifs de ne pas parler. Au contraire : « faites ce qu’ils disent ». C’est donc qu’ils doivent continuer à enseigner dans la chaire de Moïse. S’ils ont conscience de leur incohérence, ils sauront prêcher avec humilité, sans jugement, en demandant pardon pour toutes les fois où ils n’incarnent pas un message plus grand qu’eux.

Résultat de recherche d'images pour "jean paul II mur de jérusalem"C’est le sens de la repentance ecclésiale initiée par Jean-Paul II au seuil du troisième millénaire. Pour reprendre l’image de Paul (2 Co 4, 5-7), nous savons que nous apportons au monde un trésor inestimable, mais c’est dans un vase d’argile, sans valeur. Le contenant doit s’effacer devant le contenu et reconnaître qu’il n’est pas à la hauteur, qu’il est indigne de porter le Christ. Alors ceux qui le reçoivent reconnaîtront que ce vase ne vaut rien par lui seul, mais que sans lui le trésor ne lui serait pas offert.

C’est ce que le concile Vatican II appelle la sacramentalité de l’Église : elle est signe d’une réalité autre, plus grande qu’elle-même, et cependant elle est le moyen privilégié pour être uni à ce Christ qu’elle désigne à tous.
C’est également ce que le Credo appelle la sainteté de l’Église. Si l’Église est (une) sainte (catholique et apostolique), ce n’est pas en raison de la sainteté de ses pratiques ou de ses institutions, massivement frappées d’incohérence, mais en raison de l’unique sainteté de Dieu qui diffuse à travers elle sans venir d’elle, qui se communique à l’humanité sans être possédée par quiconque. Dieu seul est saint, chantons-nous dans le Gloria et le Sanctus, et c’est cette unique sainteté qui se diffracte à travers l’Église pécheresse, pour le bien de l’humanité. En cela, l’Église est sainte de la sainteté de Dieu, non de la splendeur de ses bâtiments, de ses liturgies, de ses œuvres ou de ses institutions.

Laisser grandir l’ivraie et le bon grain est donc l’attitude que Jésus prône face aux pouvoirs religieux. Tout en dénonçant régulièrement les conséquences inhumaines des doctrines et des autorités en place : « Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter, et ils en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. »

Que ce soit par rapport à l’argent, la sexualité, le pouvoir politique, les coutumes, le respect de l’autre etc. il est clair que chaque Église a besoin de réformer sa propre pratique sans cesse si elle veut ne pas être condamnée par l’Évangile d’aujourd’hui qu’elle proclame.

Et cela vaut pour chacun de nous. Nous avons tous des messages importants à faire passer.  Il serait coupable de se taire. Mais il serait tout aussi grave de ne pas s’appliquer ces messages à soi-même, de croire qu’il ne concernerait que les autres. Sans cette vertu cardinale qu’est l’humilité, c’est impossible. Avec l’humilité, nous acceptons d’être nous-mêmes remis en cause par ce que nous annonçons. Et l’humilité produit la miséricorde, pour les autres comme pour soi…

« L’Église, forte de la sainteté qu’elle reçoit de son Seigneur, s’agenouille devant Dieu et implore le pardon des péchés passés et présents de ses fils. […] Les chrétiens sont invités à prendre en charge, devant Dieu et devant les hommes offensés par leur comportement, les fautes qu’ils ont commises. […] Qu’ils le fassent sans rien demander en échange, forts du seul “amour de Dieu qui a été répandu dans nos cœurs” (Rm 5, 5) » (Jean-Paul II, 1998)

 

3. Faire sans dire ?

La troisième tentation serait de faire sans dire.

Comme si notre exemple était plus important que le message. conjugaison-verbe-enfouir-1 cohérence dans Communauté spirituelleComme si la parole n’ajoutait rien aux actes. Comme si la morale primait sur la foi. Comme s’il suffisait de voir pour croire. Or la foi naît de la prédication ! S’enfouir sans rien dire a été la réaction des années postconciliaires à l’ex-triomphalisme de l’Église en Occident. C’était une période nécessaire, après le déluge de leçons moralisatrices dont l’Église abreuvait le monde du haut de sa chaire. Cette période semble maintenant derrière nous. Si peu de personnes ont entendu parler du Christ qu’il redevient urgent de parler de lui, explicitement, pas de nous.
La foi ne se réduit pas à une vie morale ou solidaire ou respectueuse de la planète. La personne du Christ est plus grande que nos combats, et c’est vers elle que nous invitons à tourner l’oreille et les regards.
Faire sans dire reviendrait aujourd’hui à priver nos contemporains d’un accès explicite à l’Évangile. La question est brûlante en Algérie, en Égypte, au Yémen et dans tant de pays musulmans où la liberté religieuse est réduite au minimum. Elle est pleine d’avenir en Chine où la soif religieuse va exploser. Elle est lourde d’enjeux en Asie, où le dialogue interreligieux ne peut suffire. Reconnaissons que les protestants, et singulièrement des évangéliques, ont bien souvent plus de courage missionnaire que les autres chrétiens dans ce contexte contemporain difficile.

Impossible de faire sans dire ! À condition que l’annonce demeure humble, pleine de miséricorde, sans calcul ecclésial.

« Ils disent et ne font pas » : prenons cet avertissement du Christ d’abord pour nous-mêmes. Si nous mesurons avec réalisme et humilité cet écart en nous, nous pourrons aider nos Églises à faire de même, et en tirer toutes les conséquences…

 

 

LECTURES DE LA MESSE
Première lecture
« Vous vous êtes écartés de la route, vous avez fait de la Loi une occasion de chute » (Ml 1, 14b – 2, 2b.8-10)
Lecture du livre du prophète Malachie
Je suis un grand roi – dit le Seigneur de l’univers –, et mon nom inspire la crainte parmi les nations. Maintenant, prêtres, à vous cet avertissement : Si vous n’écoutez pas, si vous ne prenez pas à cœur de glorifier mon nom – dit le Seigneur de l’univers –, j’enverrai sur vous la malédiction, je maudirai les bénédictions que vous prononcerez. Vous vous êtes écartés de la route, vous avez fait de la Loi une occasion de chute pour la multitude, vous avez détruit mon alliance avec mon serviteur Lévi, – dit le Seigneur de l’univers. À mon tour je vous ai méprisés, abaissés devant tout le peuple, puisque vous n’avez pas gardé mes chemins, mais agi avec partialité dans l’application de la Loi. Et nous, n’avons-nous pas tous un seul Père ? N’est-ce pas un seul Dieu qui nous a créés ? Pourquoi nous trahir les uns les autres, profanant ainsi l’Alliance de nos pères ?

Psaume
(Ps 130 (131), 1, 2, 3)
R/ Garde mon âme dans la paix près de toi, Seigneur.

Seigneur, je n’ai pas le cœur fier ni le regard ambitieux ; je ne poursuis ni grands desseins, ni merveilles qui me dépassent. Non, mais je tiens mon âme égale et silencieuse ; mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère. Attends le Seigneur, Israël, maintenant et à jamais.

Deuxième lecture
« Nous aurions voulu vous donner non seulement l’Évangile de Dieu, mais même nos propres vies » (1 Th 2, 7b-9.13)
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens
Frères, nous avons été pleins de douceur avec vous, comme une mère qui entoure de soins ses nourrissons. Ayant pour vous une telle affection, nous aurions voulu vous donner non seulement l’Évangile de Dieu, mais jusqu’à nos propres vies, car vous nous étiez devenus très chers. Vous vous rappelez, frères, nos peines et nos fatigues : c’est en travaillant nuit et jour, pour n’être à la charge d’aucun d’entre vous, que nous vous avons annoncé l’Évangile de Dieu. Et voici pourquoi nous ne cessons de rendre grâce à Dieu : quand vous avez reçu la parole de Dieu que nous vous faisions entendre, vous l’avez accueillie pour ce qu’elle est réellement, non pas une parole d’hommes, mais la parole de Dieu qui est à l’œuvre en vous, les croyants.

Évangile
« Ils disent et ne font pas » (Mt 23, 1-12)
Alléluia. Alléluia. Vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux ; vous n’avez qu’un seul maître, le Christ. Alléluia. (cf. Mt 23, 9b.10b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là, Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples, et il déclara : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire, faites-le et observez-le. Mais n’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ne font pas. Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter, et ils en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens : ils élargissent leurs phylactères et rallongent leurs franges ; ils aiment les places d’honneur dans les dîners, les sièges d’honneur dans les synagogues et les salutations sur les places publiques ; ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi. Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner, et vous êtes tous frères. Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux. Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé. »
Patrick BRAUD

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8 janvier 2011

« Laisse faire » : l’étrange libéralisme de Jésus

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« Laisse faire » :

l’étrange libéralisme de Jésus

 

Homélie pour la fête du Baptême du Seigneur / Année A

Dimanche 9 Janvier 2011

 

http://storage.canalblog.com/77/29/249840/21041018.jpg« Laisse faire ».

Par deux fois.  

« ‘Laisse faire ; c’est de cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste.’

Alors Jean le laisse faire. » (Mt 3,5)


Une expression rare dans la Bible

·       L’expression est étrange. Elle est singulière également, car elle n’apparaît qu’ici dans le Nouveau Testament, dans cette scène du baptême de Jésus par Jean-Baptiste.

En effet, Jean-Baptiste résiste à l’idée d’être celui qui baptise Jésus et non l’inverse. Jésus est obligé de lui intimer cet impératif : « laisse faire ». On y sent une pointe d’incompréhensible : « tu ne peux pas saisir la porte de ton geste maintenant. Accepte de ne pas tout maîtriser. Laisse Dieu agir à sa manière ».

·       Dans toute la Bible, une rapide enquête montre que l’expression n’est utilisée formellement qu’une seule autre fois. Lorsque le roi d’Israël, Josias, voit le roi d’Égypte Neko monter combattre à Karkemish, sur le fleuve Euphrate, il croit qu’il doit le combattre au nom de Dieu. Neko essaie de le dissuader : « laisse donc faire Dieu qui est avec moi. Ce n’est pas toi que je viens attaquer ». Josias s’entête, livre bataille à Megiddo. Ne pas « laisser-faire » Dieu lui sera fatal : il est blessé mortellement (2Ch 35,20-27).

Lui, Josias, le grand roi de la réforme religieuse, qui avait restauré le Temple et la Loi à Jérusalem après l’exil, s’est pourtant mortellement trompé en ne laissant pas agir de Dieu à sa manière (et la manière de Dieu ici, c’était la paix !, la non-guerre avec l’Égypte…).

 

On trouve quelques rares autres allusions à ce « laisse faire », par exemple dans l’injonction de Dieu à Pharaon : « laisse aller mon fils » (Ex 4,23). C’est le fameux : « do let my people go », magnifié par les gospels. Pharaon endurcit son coeur et ne veut pas laisser Dieu faire l’histoire. Les 10 plaies d’Égypte seront la rançon de ce refus du « laisse faire ».

On peut également penser à l’attitude de laisser-faire qui caractérise Marie : elle ne comprend pas pourquoi, elle ne sait pas comment, mais elle laisse l’Esprit de Dieu agir en elle, elle le laisse faire… (Lc 1,28-38 ; 2,19.33.41-52).

·       Bref, cette expression est suffisamment rare dans la Bible pour lui accorder tout son poids d’étrangeté ici. Ce « laisse faire » pourrait bien être une clé majeure de l’identité profonde de Jésus : il est celui qui se laisse entièrement façonner par son Père, qui se laisse entièrement conduire par l’Esprit du Père, et le  laisse parler et agir à travers lui.

 

Le « laisser-faire » des libéraux

·       En Europe, cette expression a immédiatement un autre écho, et cela vaut la peine de s’y confronter. Le « laisser-faire » est en effet au coeur du libéralisme philosophique, conçu comme un projet de libération de toutes les entraves étatiques émanant du Prince ou de l’Église.

« Il y a une querelle historique sur cette humble supplique de commerçants pour que l’État corporatiste d’Ancien régime desserre l’étau de ses règlementations. L’origine s’en trouve chez Turgot, dans son Éloge de M. de Gournay. Il prête la maxime « laissez-nous faire » à un commerçant lyonnais du temps de Colbert, mais il semble bien que la formule soit de Gournay lui-même. « Laissez-faire, laissez passer » les grains entre les provinces. A cette époque, la France était hérissée d’octrois et de droits contre la circulation libre. L’État avait le contrôle du commerce des grains, ce qui provoquait de nombreuses famines.

L’idée, géniale, qui se cachait derrière le « laissez-nous faire », était que la liberté de circulation des grains entraînerait un enrichissement général. Qui peut dire qu’il n’en a pas été ainsi ? La société d’Ancien régime, avec 25 millions d’habitants, vivait de famine en crise de subsistances. A partir du moment où la liberté a été instaurée, la disette ne fut plus jamais qu’un souvenir. »

Source : http://www.wikiberal.org/wiki/Laissez-faire

 

·       On attribue la paternité de cette formule en économie politique au marquis d’Argenson : « Laissez faire les hommes, laissez passer les marchandises ».

« Ces deux mots, laisser faire et laisser passer, étant deux sources continuelles d’actions, seraient donc pour nous deux sources continuelles de richesses » (Conclusion des « Réflexions sur la contrebande » de Vincent de Gournay, Grenoble Septembre 1753).

« Laissez-nous faire » est la réponse du marchand Legendre à Colbert qui lui demandait : « que peut-on faire pour vous aider ? » (rapportée par Turgot).

Turgot attribue le « laisser-faire, laisser-passer » à Vincent de Gournay en 1759, dans son éloge funèbre. C’est en tout cas une injonction au pouvoir de cesser d’intervenir sans cesse dans l’économie. Turgot écrit dans l’encyclopédie de d’Alembert et Diderot :

« Ce que l’État doit à chacun de ses membres c’est la destruction des obstacles qui les gêneraient dans leur industrie (…). Les hommes sont-ils puissamment intéressés au bien que vous voulez leur procurer ? LAISSEZ-LES FAIRE. Voilà le grand, l’unique principe. » (Turgot, article « Fondation » pour l’Encyclopédie de D’Alembert et Diderot)

François Quesnay, médecin-chirurgien de Louis XV et précurseur de la macroéconomie moderne, ira encore plus loin :

« Que faire ? demande le roi ;
Rien, Sire, répond Quesnay.
Qui gouvernera ?
Les lois »
(Tableau économique, 1758).

·       Le projet libéral du XVIII° siècle est donc bien de faire sauter les entraves royales à la libre circulation des hommes et des marchandises. On a beaucoup critiqué cette formule du laisser-faire, lorsqu’elle est devenue un slogan ultralibéral contre toute forme de régulation et de réglementation économique. Mais à l’origine, il s’agissait de desserrer l’étau qui asphyxiait le commerce et empêchait les gens de circuler, d’acheter et de vendre librement. Cette maxime traduit une certaine confiance (à tort ou à raison), soit dans la capacité des hommes à créer de la richesse, soit dans une « main invisible » (l’expression est d’Adam Smith, 1776) qui va providentiellement faire concourir la liberté de chacun au bien de tous, plus sûrement qu’une administration dirigiste ou un pouvoir planificateur et centralisateur.

 

Le libéralisme de Jésus

·       Jésus serait-il libéral lorsqu’il demande de laisser-faire ?

Cet anachronisme est volontairement provocant… On n’imagine pas Jésus en champion de l’individualisme capitaliste ! Pourtant, lorsqu’il dit : « laisse faire », il fait confiance à une autre liberté, celle de Dieu. Son libéralisme est centré sur Dieu et non sur l’intérêt individuel. Il veut faire sauter les entraves à la libre réalisation du projet divin. Il veut assurer la libre circulation de l’initiative divine entre les hommes. À cause de cette revendication de la pleine liberté pour l’action de Dieu, Jésus osera contester les pouvoirs totalitaires, les institutions religieuses. Il osera renverser le comptoir des marchands du Temple justement pour « laisser-faire » la gratuité entre les hommes et Dieu (Jn 2,13-16). Il sera le premier surpris qu’une force sorte de lui pour guérir une cananéenne impure, mais il « laissera faire » le salut de Dieu là où il ne l’avait pas prévu (Lc 8,43-48). De même avec la libanaise qui réclame la guérison de sa fille, comme les petits chiens réclament les miettes tombant de la table de leur maître : Jésus ne s’attendait pas à cet universalisme-là, mais il la laissera faire ; elle obtiendra cette guérison, révélant à Jésus qu’il est envoyé même aux païens (Mc 7,24-30)…

 

·       Voilà le « libéralisme » de Jésus : se laisser conduire par les événements là où il n’aurait jamais pensé aller, laisser à son Père la liberté de prendre les hommes à contre-pied, se laisser conduire par l’Esprit jusqu’au laisser-faire ultime : être accusé d’être un maudit de Dieu, être jugé, condamné et crucifié comme tel…

 

·       Et nous, comment « laisser-faire » Dieu à travers les imprévus de notre existence ?

Comment lui laisser la liberté réelle d’agir comme lui seul sait le faire, de façon si surprenante ?

 

« Laisse faire » : quelle traduction concrète allez-vous donner à cette attitude si paradoxale ?

 

 

1ère lecture : Le serviteur de Dieu consacré pour le salut des hommes (Is 42, 1-4.6-7)

Lecture du livre d’Isaïe

Ainsi parle le Seigneur :
Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui j’ai mis toute ma joie. J’ai fait reposer sur lui mon esprit ; devant les nations, il fera paraître le jugement que j’ai prononcé.
Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, on n’entendra pas sa voix sur la place publique.
Il n’écrasera pas le roseau froissé, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit, il fera paraître le jugement en toute fidélité.
Lui ne faiblira pas, lui ne sera pas écrasé, jusqu’à ce qu’il impose mon jugement dans le pays, et que les îles lointaines aspirent à recevoir ses instructions.
Moi, le Seigneur, je t’ai appelé selon la justice, je t’ai pris par la main, je t’ai mis à part, j’ai fait de toi mon Alliance avec le peuple et la lumière des nations ; tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison, et de leur cachot ceux qui habitent les ténèbres.

Psaume : Ps 28, 1-2, 3ac-4, 3b.9c-10

R/ Dieu, bénis ton peuple, donne-lui la paix.

Rendez au Seigneur, vous, les dieux,
rendez au Seigneur gloire et puissance.
Rendez au Seigneur la gloire de son nom,
adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté.

La voix du Seigneur domine les eaux,
le Seigneur domine la masse des eaux.
Voix du Seigneur dans sa force,
voix du Seigneur qui éblouit.

Le Dieu de la gloire déchaîne le tonnerre.
Et tous dans son temple s’écrient : « Gloire ! »
Au déluge le Seigneur a siégé ;
il siège, le Seigneur, il est roi pour toujours !

2ème lecture : Le ministère du Sauveur commence à son baptême (Ac 10, 34-38)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Quand Pierre arriva à Césarée, chez un centurion de l »armée romaine, il s’adressa à ceux qui étaient là : « en vérité, je le comprends : Dieu ne fait pas de différence entre les hommes ; mais, quelle que soit leur race, il accueille les hommes qui l’adorent et font ce qui est juste. Il a envoyé la Parole aux fils d’Israël, pour leur annoncer la paix par Jésus Christ : c’est lui, Jésus, qui est le Seigneur de tous.
Vous savez ce qui s’est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les débuts en Galilée, après le baptême proclamé par Jean :
Jésus de Nazareth, Dieu l’a consacré par l’Esprit Saint et rempli de sa force. Là où il passait, il faisait le bien, et il guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du démon. Car Dieu était avec lui. »

Evangile : Le baptême de Jésus (Mt 3, 13-17)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Aujourd’hui, le ciel s’est ouvert, l’Esprit descend sur Jésus, et la voix du Père domine les eaux : « Voici mon Fils, mon bien-aimé ! » Alléluia. (cf. Mt 3, 16-17, Ps 28, 3)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Jésus, arrivant de Galilée, paraît sur les bords du Jourdain, et il vient à Jean pour se faire baptiser par lui.
Jean voulait l’en empêcher et disait : « C’est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi, et c’est toi qui viens à moi ! »
Mais Jésus lui répondit : « Pour le moment, laisse faire ; c’est de cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste. » Alors Jean le laisse faire.
Dès que Jésus fut baptisé, il sortit de l’eau ; voici que les cieux s’ouvrirent, et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.
Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j’ai mis tout mon amour. »
Patrick Braud 

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