L'homelie du dimanche

29 octobre 2014

La mort, et après ?

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La mort, et après ?

 

Homélie pour la fête des défunts
02/11/2014

 

Ne pas se tromper de question

La mort, et après ? dans Communauté spirituelle 150px-Sans_issue.svgAvec le grand âge, avec les questions éthiques sur l’euthanasie, le suicide assisté, avec les soins palliatifs, l’Occident est obligé de se confronter à nouveau à la grande évacuée de l’après-guerre : la mort. Mais c’est par délégation à quelques experts et professions de santé. Et puis, si la mort est une question, l’après mort devrait en être une autre, bien plus imposante si on n’y réfléchit. Bien sûr la manière de mourir nous importe : sans douleur, en la voyant venir, ou au contraire par surprise, rapidement ou de longue maladie… À tel point que nous risquons de mettre toute notre énergie à gérer notre approche de la mort. Or la question de l’après mérite toute notre attention, et plus encore ! Car de la réponse (ou non-réponse) à cette interrogation dépend finalement la majeure partie de nous-mêmes.

Si nos quelques années de conscience débouchent sur un néant après, alors il serait logique d’en déduire que la vie est absurde, ou que le carpe diem est la seule solution pour échapper à ce non-sens (= absence de signification et de direction).

Si cette existence est réellement un passage vers autre chose, et en plus vers  l’éternité impossible à penser, alors cela vaut la peine d’y réfléchir.

Faire comme si la question ne se pose pas – ce qui est une attitude actuellement majoritaire chez les Européens - est assez étrange. C’est comme un navire qui ne voudrait pas connaître son port de destination…

Vouloir vivre dans l’instant uniquement fait penser à une personne atteinte d’Alzheimer, incapable de se souvenir et incapable de se projeter. Elle se noie dans le présent, délirant d’autant plus que justement il n’y a plus rien à lire dans les événements qui se succèdent.

 

Le pari de Pascal

Si réellement une éternité nous attend, le rapport entre l’avant-mort et l’après est si petit que cela peut nous rapporter gros ! C’est le célébrissime pari de Pascal. Non seulement je n’ai rien à perdre à miser sur le fait que l’après existe, mais en plus j’ai tout à y gagner !

Pascal formule ainsi son pari :

« Vous avez deux choses à perdre : le vrai et le bien, et deux choses à engager : votre raison et votre volonté, votre connaissance et votre béatitude ; et votre nature a deux choses à fuir : l’erreur et la misère. Votre raison n’est pas plus blessée, en choisissant l’un que l’autre, puisqu’il faut nécessairement choisir. Voilà un point vidé. Mais votre béatitude ? Pesons le gain et la perte, en prenant croix que Dieu est.
Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu’il est, sans hésiter. »
Blaise Pascal, Pensées, 1670.

Malgré ce qu’insinuent beaucoup de commentaires, Pascal n’évoque pas ici le sort de l’athée, et ne lui promet nul enfer s’il ne veut pas prendre ce pari. Dieu est libre (heureusement !) d’offrir son éternité à ceux qui ne l’auront pas connu ou reconnu pendant leur passage terrestre. Pascal réfléchit seulement sur la condition du croyant : si Dieu existe, le croyant aura tout gagné en anticipant la vie éternelle dès maintenant. Si Dieu n’existe pas, il n’aura rien perdu puisqu’il s’en ira dans le néant avec tous les hommes, et le fait qu’il se soit trompé n’aura évidemment plus aucune importance. Il a donc tout intérêt, que Dieu existe ou non, à miser sa vie sur la promesse de l’au-delà en Dieu.

Nous qui calculons nos investissements, nos réductions pour remplir le caddie, notre épargne à 10 ans, pourquoi ne pas calculer également ce que l’espérance en la résurrection avec le Christ peut nous faire gagner ? Normalement, nous ne devrions pas avoir besoin de faire ce calcul. L’amour est désintéressé, et l’amour de Dieu encore plus. Mais si le doute s’installe, qu’au moins la raisons calculante nous aide à ne pas lâcher la proie pour l’ombre !

En cette fête des défunts, la vraie question posée par la Bible est bien : es-tu prêt à miser ta vie sur la promesse d’une éternité en Dieu après la mort ?

Écoutez les lectures du jour : « Dieu a créé l’homme pour une existence impérissable » (Sg 2,23).
« Nous serons en communion avec le Christ par une résurrection qui ressemblera à la sienne » (Rm 6,5).
« Ceux qui sont dans les tombeaux sortiront » (Jn 5,28).

 

Le vrai but est donc après

N1791949438 cimetière dans Communauté spirituelleCe qui n’enlève rien à la valeur de l’avant. Placées dans la perspective de l’infini, ces quelques années terrestres s’avèrent à la fois précieuses et relatives.

Précieuses  parce que la résurrection s’y manifeste dès maintenant : « celui qui croit est déjà passé de la mort à la vie » (Jn 5,24).

Relatives parce qu’il y a bien une réalité infiniment plus riche qui viendra transfigurer notre bref passage en une communion sans fin : nous serons « participants de la nature divine » osera dire Pierre (2P 1,4), c’est-à-dire que nous ne ferons plus qu’un avec Dieu-Trinité.

Si nous ne nous soucions que de cette vie-ci, nous sommes bien plus « les plus à plaindre de tous les hommes », comme l’écrit Paul (1Co 15,19) et nous faisons un bien mauvais calcul, nous démontre Pascal.

Prier pour nous défunts, c’est nous rappeler à nous-mêmes qu’un au-delà nous attend réellement, qui donne sens à tous nos liens d’amour, d’amitié, de travail…

Puisse cette espérance invincible nous habiter de l’intérieur.

Puissions-nous la laisser transparaître à travers nos choix, nos paroles, nos priorités. Oui, la promesse joyeuse d’un au-delà de la mort fait bien partie de l’essentiel de la foi chrétienne.

C’est l’après qui fonde l’avant, et non l’inverse !

 

 

1ère lecture : La vie de tout homme est dans la main de Dieu (Sg 2,23; 3,1-6.9)

Lecture du livre de la Sagesse

Dieu a créé l’homme pour une existence impérissable, il a fait de lui une image de ce qu’il est en lui-même. 

La vie des justes est dans la main de Dieu, aucun tourment n’a de prise sur eux.

Celui qui ne réfléchit pas s’est imaginé qu’ils étaient morts ; leur départ de ce monde a passé pour un malheur ; quand ils nous ont quittés, on les croyait anéantis, alors qu’ils sont dans la paix.
Aux yeux des hommes, ils subissaient un châtiment, mais par leur espérance ils avaient déjà l’immortalité.
Ce qu’ils ont eu à souffrir était peu de chose auprès du bonheur dont ils seront comblés, car Dieu les a mis à l’épreuve et les a reconnus dignes de lui.
Comme on passe l’or au feu du creuset, il a éprouvé leur valeur ; comme un sacrifice offert sans réserve, il les a accueillis. 
Ceux qui mettent leur confiance dans le Seigneur comprendront la vérité ; ceux qui sont fidèles resteront avec lui dans son amour, car il accorde à ses élus grâce et miséricorde.

Psaume : 4, 2, 7, 9

R/ Garde mon âme dans la paix près de toi, Seigneur.

Quand je crie, réponds-moi, Dieu, ma justice ! 
Toi qui me libères dans la détresse, 
pitié pour moi, écoute ma prière !Beaucoup demandent : 
« Qui nous fera voir le bonheur ? » 
Sur nous, Seigneur, que s’illumine ton visage !Dans la paix moi aussi, je me couche et je dors, 
car tu me donnes d’habiter, Seigneur, 
seul, dans la confiance.

2ème lecture : Passer par la mort avec le Christ pour vivre avec lui (Rm 6, 3-9)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères, nous tous, qui avons été baptisés en Jésus Christ, c’est dans sa mort que nous avons été baptisés. Si, par le baptême dans sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, de même que le Christ, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts. Car, si nous sommes déjà en communion avec lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons encore par une résurrection qui ressemblera à la sienne. Nous le savons : l’homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec lui pour que cet être de péché soit réduit à l’impuissance, et qu’ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché. Car celui qui est mort est affranchi du péché.
Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. Nous le savons en effet : ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ; sur lui la mort n’a plus aucun pouvoir.

Evangile : Voici l’heure d’entrer dans la vie (Jn 5, 24-29)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Le Christ est ressuscité, par sa mort il a détruit la mort : à ceux qui sont dans les tombeaux il a donné la vie. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jésus disait aux Juifs : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui écoute ma parole et croit au Père qui m’a envoyé, celui-là obtient la vie éternelle et il échappe au Jugement, car il est déjà passé de la mort à la vie. 
Amen, amen, je vous le dis : l’heure vient — et c’est maintenant — où les morts vont entendre la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront. Comme le Père a la vie en lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils d’avoir la vie en lui-même ; et il lui a donné le pouvoir de prononcer le Jugement, parce qu’il est le Fils de l’homme. Ne soyez pas surpris ; l’heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux vont entendre sa voix, et ils sortiront : ceux qui ont fait le bien, ressuscitant pour entrer dans la vie ; ceux qui ont fait le mal, ressuscitant pour être jugés. »
Patrick BRAUD
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19 octobre 2013

Ne baissez pas les bras !

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Ne baissez pas les bras !

Homélie du 29ème Dimanche du temps ordinaire / Année C
Dimanche 20 Octobre 2013

« Ne baissez pas les bras ! »

L’histoire de Moïse qui se tient les mains levées pour soutenir le long combat de Josué contre l’ennemi est célèbre. Peut-être est-ce de là que vient l’expression : « Ne baissez pas les bras ! ». Car si Moïse laissait retomber ses bras, l’ennemi était le plus fort ; sinon, Israël devenait le plus fort.

Ne baissez pas les bras ! dans Communauté spirituelle moses-holding-up-his-arms-during-the-battle 

« Ne baissez pas les bras ! »

L’expression peut également venir de la boxe. Si un boxeur baisse sa garde en abaissant ses mains, il va vite se retrouver KO. Le fait de baisser les bras pour un boxeur est un geste d’abandon dans un combat. Par extension, « baisser les bras » en est venu à signifier que l’on abandonne un projet ou une action par manque de courage, de force ou de volonté.

Comment Moïse est-il parvenu à ne pas baisser les bras là où tant d’autres avaient capitulé ? Regardons bien le texte et transposons-le à aujourd’hui.

1)  D’abord, Moïse a su déléguer et garder une certaine distance.

Il appelle Josué, l’envoie à la bataille pendant que lui va regarder les choses de haut depuis le sommet de la colline.

Vous aussi, si vous voulez tenir bon dans les combats qui sont les vôtres, apprenez à déléguer, à ne pas vous noyer dans l’action, à garder une certaine distance intérieure, à voir les choses « d’en haut ».

 

2) Ensuite, Moïse ne monte pas seul sur la colline. Il emmène Aaron et Hour.

Croire qu’on pourra s’en sortir tout seul est l’une des grandes tentations. Le piège, c’est de ne vouloir personne à ses côtés dans les combats de nos vies.

Tentation du repli sur soi, de l’autosuffisance, du mutisme?

Moïse sait qu’il aura besoin d’être aidé, et il l’accepte humblement. (Car Moïse est le plus humble des hommes que la terre ait portés?).

Vous aussi, acceptez d’être accompagné, aidé, sinon votre solitude se changera en lassitude.

 

3) Continuons le texte :

Quand ses mains deviennent trop lourdes pour rester levées, Moïse s’assoit sur une pierre. Il ne tient plus debout tout seul, il prend appui sur un autre que lui-même. Il se repose sur Dieu, son « rocher », comme disent les Psaumes.

Ce serait une illusion très prétentieuse que de vouloir se passer de Dieu pour aller jusqu’au bout de nos projets.

S’asseoir, être assis en Dieu, est paradoxalement la 1ère attitude pour mener la bataille.

 

4) Après s’être assis, Moïse accepte que d’autres lui tiennent les mains levéesAaron et Hour lui soutiennent la main gauche et la main droite vers le ciel.

Impossible là encore de tenir bon sans accepter d’être porté, supporté, élevé par nos compagnons d’armes. Tantôt ce sont des amis, tantôt un père spirituel, une équipe de réflexion et de partage, un groupe de prière?

Si vous voulez ne pas baisser les bras, entourez-vous de compagnons qui soient de vrais soutiens et acceptez leur aide, humblement.

 

5) « Ainsi les mains de Moïse demeurèrent levées jusqu’au coucher du soleil ».

La dernière attitude de Moïse dans le récit biblique, c’est de persévérer, jusqu’au bout du jour, de durer sans se lasser. Cette persévérance dans la prière (que reprend Jésus dans l’évangile d’aujourd’hui) est une condition sine qua non de notre fidélité. Il y a des bons et des mauvais jours, il y a des réussites et des échecs, il y a des doutes et des grands élans : l’important, pour ne pas baisser les bras, est de persévérer jusqu’à la fin.

Dans le monde économique ou politique, on est quelquefois prisonnier de la dictature du court terme, du très court terme : qui raisonne au-delà de 6 mois en entreprise ? La culture de l’efficacité rapide peut obscurcir l’horizon d’une action durable.

Dans la foi chrétienne, nous préférons le présent au court-terme.

Sans renier l’efficacité, nous lui préférons la fécondité qui demande du temps, qui demande de passer par la mort et la résurrection du grain de blé.

Le long-terme s’appelle plutôt pour nous : avenir, espérance ; et « l’espérance ne déçoit pas » (Rm 8).

perseverance courage dans Communauté spirituelle

Voilà donc quelques points de repère pour, à la suite de Moïse, ne pas baisser les bras :

- savoir déléguer et garder une certaine distance

- accepter d’être accompagné (et bien choisir ces compagnons !)

- s’asseoir, s’appuyer sur Dieu

- accepter d’être porté

- durer, persévérer jusqu’au bout.

 

Un poème anonyme traduit à sa manière cette espérance en la fécondité de cette attitude spirituelle. Je vous le livre :

Ne baissez pas les bras

1. Quand parfois rien ne veut s’arranger
Quand la route pénible continue de monter
Quand les fonds sont en baisse, les dettes amoncelées
Quand vous voulez sourire et que vous soupirez
Quand tout vous presse et que vous êtes surmené
Faites une pause, mais ne baissez pas les bras.

2. La vie est surprenante avec ses volte-face
Chacun de nous un jour a pu le constater.
Maints échecs en succès ont été transformés.
Celui qui est en tête est parfois dépassé.
Ne baissez pas les bras bien que l’allure soit lente
Un petit vent nouveau peut vous faire triompher.

3. Le but est bien souvent à portée de la main
De l’homme fatigué, affaibli, chancelant.
Il arrive au vainqueur parfois de renoncer
Alors que la victoire est au bout du chemin.
C’est après qu’il comprend, mais hélas trop tard,
Combien il était près de la couronne d’or.

4. Le succès, c’est l’échec qui change soudain de cap
Et contourne très loin les nuages du doute
Et nul ne peut dire si le but se rapproche.
Il peut être tout près alors qu’il semble loin.
Plongez dans la bagarre lorsque vous êtes en tête
Et lorsque tout va mal, ne baissez pas les bras,
Ne baissez pas les bras.

 

1ère lecture : La prière persévérante de Moïse obtient la victoire (Ex 17, 8-13)

Lecture du livre de l’Exode

Le peuple d’Israël marchait à travers le désert.
Les Amalécites survinrent et attaquèrent Israël à Rephidim. Moïse dit alors à Josué : « Choisis des hommes, et va combattre les Amalécites. Moi, demain, je me tiendrai sur le sommet de la colline, le bâton de Dieu à la main. »
Josué fit ce que Moïse avait dit : il livra bataille aux Amalécites. Moïse, Aaron et Hour étaient montés au sommet de la colline. Quand Moïse tenait la main levée, Israël était le plus fort. Quand il la laissait retomber, Amalec était le plus fort. Mais les mains de Moïse s’alourdissaient ; on prit une pierre, on la plaça derrière lui, et il s’assit dessus. Aaron et Hour lui soutenaient les mains, l’un d’un côté, l’autre de l’autre. Ainsi les mains de Moïse demeurèrent levées jusqu’au coucher du soleil. Et Josué triompha des Amalécites au tranchant de l’épée.

Psaume : Ps 120, 1-2, 3-4, 5-6, 7-8

R/ Notre secours, c’est Dieu, le Maître du monde !

Je lève les yeux vers les montagnes :
d’où le secours me viendra-t-il ?
Le secours me viendra du Seigneur 
qui a fait le ciel et la terre.

Qu’il empêche ton pied de glisser, 
qu’il ne dorme pas, ton gardien. 
Non, il ne dort pas, ne sommeille pas, 
le gardien d’Israël. 

Le Seigneur, ton gardien, le Seigneur, ton ombrage, 
se tient près de toi. 
Le soleil, pendant le jour, ne pourra te frapper, 
ni la lune, durant la nuit. 

Le Seigneur te gardera de tout mal, 
il gardera ta vie. 
Le Seigneur te gardera, au départ et au retour, 
maintenant, à jamais.

2ème lecture : Méditer l’Écriture pour proclamer la Parole(2Tm 3, 14-17; 4, 1-2)

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre à Timothée

Fils bien-aimé, 
tu dois en rester à ce qu’on t’a enseigné : tu l’as reconnu comme vrai, sachant bien quels sont les maîtres qui te l’ont enseigné. Depuis ton plus jeune âge, tu connais les textes sacrés : ils ont le pouvoir de te communiquer la sagesse, celle qui conduit au salut par la foi que nous avons en Jésus Christ. Tous les textes de l’Écriture sont inspirés par Dieu ; celle-ci est utile pour enseigner, dénoncer le mal, redresser, éduquer dans la justice ; grâce à elle, l’homme de Dieu sera bien armé, il sera pourvu de tout ce qu’il faut pour faire un bon travail.

Devant Dieu, et devant le Christ Jésus qui doit juger les vivants et les morts, je te le demande solennellement, au nom de sa manifestation et de son Règne : proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, mais avec une grande patience et avec le souci d’instruire.

Evangile : Parabole de la veuve qui demandait justice (Lc 18, 1-8)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Le Seigneur est juste en toutes ses voies, il est proche de ceux qui l’invoquent, il écoute leur cri : il les sauve. Alléluia. (Ps 144, 17-19)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Jésus dit une parabole pour montrer à ses disciples qu’il faut toujours prier sans se décourager :
« Il y avait dans une ville un juge qui ne respectait pas Dieu et se moquait des hommes.
Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : ‘Rends-moi justice contre mon adversaire.’ Longtemps il refusa ; puis il se dit : ‘Je ne respecte pas Dieu, et je me moque des hommes, mais cette femme commence à m’ennuyer : je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse me casser la tête.’ »
Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge sans justice ! Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Est-ce qu’il les fait attendre ? Je vous le déclare : sans tarder, il leur fera justice. Mais le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? »
Patrick Braud

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23 avril 2011

Comment annoncer l’espérance de Pâques ?

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Comment annoncer l’espérance de Pâques ?

 

Comment annoncer l'espérance de Pâques ? dans Communauté spirituelle 672-chasseoeufsflickrComment allez vous parler de Pâques à vos collègues de travail ? Ils évoqueront leur long week-end en famille, leur virée au bord de la mer ou en montagne. Ils raconteront peut-être les yeux brillants de leurs enfants cherchant les oeufs dans le jardin, où se barbouillant les doigts avec les chocolats de Pâques. Mais vous ? Comment allez-vous témoigner de la joie de Pâques à vos voisins, dans votre immeuble, votre quartier ?

Il suffit peut-être d’une écoute plus profonde que d’habitude, d’une disponibilité plus sereine pour l’échange banal dans l’escalier ; il suffit de laisser l’annonce nocturne vous habiter : si le Christ est ressuscité, toute rencontre humaine a une dimension d’éternité. Si Christ est vraiment ressuscité, la banalité la plus ordinaire recèle une promesse à côté de laquelle vous ne voudrez pas passer.

 

Se taire ou proclamer ?

Dans les quatre Évangiles, dans les Actes des Apôtres, les lettres de Paul, on a l’impression que l’évènement de Pâques est si fort qu’ils en parlent à tout le monde, explicitement, à temps et à contretemps.

Impossible de faire cela sans discernement aujourd’hui !

Et en plus ce serait anti-évangélique : après 17 siècles d’histoire de l’Église en France, on ne peut pas agir comme si c’était la première Pâque.

 

À tel point que certains ont cru qu’il fallait rester discrets, ne pas brandir son étendard, mais cheminer humblement avec leurs compagnons de travail, de logement, sans rien dire de leur foi en la résurrection. Plus encore, la thèse du « christianisme anonyme » (Karl Rahner) donnait à penser qu’en fait beaucoup ne sont « pas loin du royaume de Dieu », comme dit Jésus au scribe, et sont sans doute des chrétiens qui s’ignorent, au moins sur le plan éthique. Alors à quoi bon vouloir les convertir ?

chut000 annonce dans Communauté spirituelleCette attitude a été utile et même nécessaire dans les années 60-80, où l’Église en France devait renoncer à la puissance et à la domination sociale.

La situation est bien différente aujourd’hui. Non pas qu’il faille tout rejeter de cette période où l’Église se faisait « dialogue, conversation » selon la belle expression de Paul VI  en 1964 (Ecclesiam suam). L’attitude d’humilité, d’admiration devant l’éthique et le sens humain de « l’autre » sont toujours des repères évangéliques.

Mais « l’autre » justement ne partage plus la culture, le « background », le fonds commun minimum des années 60-80. Une proportion énorme de jeunes a grandi sans jamais avoir pu ouvrir une Bible. La majorité n’a entendu parler de Jésus ou de l’Église que par les Guignols de l’Info, les blogs les plus illuminés ou des événements occasionnels comme le mariage d’un ami, l’enterrement des grands-parents. Ils ne sont pas contre la résurrection du Christ, ni pour non plus. Ils ne connaissent pas. Et – sauf à nourrir une quête personnelle plus fréquente qu’on ne le croit – ils partent en week-end de Pâques comme pour le congé du 14 juillet : en ayant le sentiment quelque part il y a bien ?quelque chose’ à l’origine, mais sans trop savoir quoi.

 

Alors la situation des chrétiens n’est pas plus confortable qu’autrefois. Se taire sur la Résurrection serait comme passer à côté d’une bande de gamins désoeuvrés sans leur proposer de jouer au basket ou au rugby. Trop parler, trop vite, trop mal, serait également dévastateur.

 

Partir du désir de l’autre

Comment sortir de l’impasse ?

Relisons les annonces de la résurrection du Christ dans l’Écriture. Elles sont si nombreuses (explicites dans le Nouveau Testament, en filigrane dans l’Ancien Testament) que vous ne n’y arriverez pas en une semaine ! Eh bien, mettez-y le mois, relisez un maximum de passages où l’annonce de la résurrection retentit. En vous demandant à chaque fois : sur quoi s’appuie cette annonce ?

Reprenez les textes de la vigile et du matin de Pâques.

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- dans la nuit de Pâques, c’est sur « la visite au tombeau », sur le désir des femmes d’honorer la mémoire de leur ami que le Ressuscité s’appuie pour se manifester  (Mt 28, 1-10).

- pour Paul ce même soir, c’est sur le baptême qu’il greffe la proclamation de la Résurrection (Rm 6,3).

- le jour de Pâques, Pierre s’appuie sur la vision de Corneille, centurion romain, pour oser entrer chez lui et l’inviter à croire que « Dieu a ressuscité Jésus le troisième jour » (Ac 10,39).

- la deuxième lecture part de la célébration populaire de la fête juive de Pâques pour en dévoiler le sens profond : « Christ, notre agneau pascal, a été immolé ». (1 Co 5,7).

- l’Évangile de Jean s’appuie sur l’amour de Marie-Madeleine pour celui qu’elle vient de perdre, ce qui la pousse à « se rendre au tombeau de grand matin » (Jn, 20,1). Puis c’est la course au tombeau de Pierre et de Jean, traduisant leur course intérieure pour trouver un sens à leur vie.

 

Bref : impossible d’annoncer la joie de Pâques sans s’appuyer sur un désir, une quête, une vision, une coutume pratiquée par l’autre. Aujourd’hui encore, la perte d’un être cher, un baptême, un rêve secret, une fête populaire, une course intérieure anime sûrement ceux que nous croisons, à un moment ou à un autre.

 

La finesse du discernement spirituel

Si nous laissons l’Esprit du Ressuscité habiter en nous, il nous donnera sa finesse de discernement pour deviner l’attente la plus vraie qu’il a déposée en l’autre.

Si nous sommes à l’écoute de cette attente, si nous lui permettons de se dire, alors très simplement la proposition de la Résurrection pourra se faire, sans violence aucune, dans le respect absolu de la conscience et de la liberté de chacun.

Témoignage discret, joie rayonnante ou annonce explicite : ce qui se passera après cette première annonce ne nous appartient pas.

 

Seule compte la finesse spirituelle avec laquelle les baptisés pourront inviter à croire ce cri déchirant la nuit de Pâques : « il est ressuscité d’entre les morts ! »

 

 

Messe du jour de Pâques

1ère lecture : Les Apôtres témoins de la Résurrection (Ac 10, 34a.37-43)

 

Quand Pierre arriva de Césarée chez un centurion de l’armée romaine, il prit la parole : « Vous savez ce qui s’est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les débuts en Galilée, après le baptême proclamé par Jean :
Jésus de Nazareth, Dieu l’a consacré par l’Esprit Saint et rempli de sa force. Là où il passait, il faisait le bien, et il guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du démon. Car Dieu était avec lui.
Et nous, les Apôtres, nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Ils l’ont fait mourir en le pendant au bois du supplice.
Et voici que Dieu l’a ressuscité le troisième jour.
Il lui a donné de se montrer, non pas à tout le peuple, mais seulement aux témoins que Dieu avait choisis d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts.
Il nous a chargés d’annoncer au peuple et de témoigner que Dieu l’a choisi comme Juge des vivants et des morts.
C’est à lui que tous les prophètes rendent ce témoignage : Tout homme qui croit en lui reçoit par lui le pardon de ses péchés. »

 

Psaume : Ps 117, 1.4, 16-17, 22-23

 

R/ Ce jour que fit le Seigneur est un jour de joie, alléluia !

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
Qu’ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur :
Éternel est son amour !

Le bras du Seigneur se lève,
le bras du Seigneur est fort !
Non, je ne mourrai pas, je vivrai,
pour annoncer les actions du Seigneur.

La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’?uvre du Seigneur, la
merveille devant nos yeux..

 

2ème lecture : Vivre avec le Christ ressuscité (Col 3, 1-4)

 

Frères, vous êtes ressuscités avec le Christ. Recherchez donc les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu.
Tendez vers les réalités d’en haut, et non pas vers celles de la terre.

En effet, vous êtes morts avec le Christ, et votre vie reste cachée avec lui en Dieu.
Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire.

 

Evangile : Le tombeau vide et la foi des Apôtres (Jn 20, 1-9)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu’il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau.
Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a mis. »
Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau.
Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.
En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n’entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là, et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place.
C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.
Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas vu que, d’après l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.
Patrick Braud

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13 novembre 2010

La « réserve eschatologique »

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La « réserve eschatologique »

 

Homélie du 33° dimanche ordinaire / Année C

14/11/2010

 

Espérance critico-créatrice et réserve eschatologique

L’émerveillement des disciples devant la beauté du temple de Jérusalem est toujours le nôtre. Allez visiter Notre-Dame de Paris, le Taj Mahal, les gratte-ciel de Manhattan où la Cité interdite de Pékin, vous éprouverez cette même fascination devant la grandeur de l’homme révélée par la beauté de ses réalisations.

Avec le danger de rester là, paralysé, comme si cela allait durer toujours, comme si c’était indépassable.

 

Or Jésus est violemment iconoclaste lorsqu’il ose avertir : « viendra un jour où il n’en restera pas pierre sur pierre ».

Si vous ne vous attachez qu’aux beautés éphémères, vous passerez à côté de celle qui ne passe pas. Ces réalisations humaines ne durent qu’un temps. Un jour, Notre-Dame de Paris sera détruite. Mais la foi chrétienne lui survivra ! Un jour Mozart sera oublié ; mais l’homme ne cessera pas de chercher dans la musique un au-delà de lui-même?

 

En rappelant la fragilité du temple de Jérusalem, Jésus maintient l’histoire ouverte.

Aucune réalisation humaine ne peut clore le dynamisme historique, qui est par nature ouvert sur un au-delà de lui-même. Ceux qui proclament « la fin de l’histoire », que ce soit dans le capitalisme, la démocratie ou la modernité… ressemblent à ces faux prophètes dont le Christ prévoit qu’ils pulluleront et chercheront à entraîner beaucoup à leur suite.

 

La foi chrétienne est par essence « eschatologique » (eschaton = le but, le terme). À cause de l’espérance en une vie autre (après la mort), elle relativise toutes les réalisations humaines qui ne peuvent être le dernier mot sur l’homme.

Relativiser ne veut pas dire mépriser ! Au contraire, c’est donner au génie humain toute son importance que de l’ordonner à sa fin ultime : la communion d’amour en Dieu même.

 

C’est ce qu’un théologien catholique, Jean-Baptiste Metz, appelle la « réserve eschatologique ». Au nom de notre espérance, nous ne pouvons adorer aucune réalisation partielle : ni le capitalisme, ni la démocratie, ni la science? ne sont le dernier mot sur l’homme. Notre espérance est « critico-créatrice » : elle ose critiquer la prétention absolue de ceux qui voudraient incarner le bonheur humain sur la terre ; elle ouvre un avenir en créant les possibilités de ne pas se figer dans un système de pensée ou d’action.

 

« Chaque fois qu’un parti, une race, une nation, ou une Église qui se trompe sur son rôle au sens du grand inquisiteur de Dostoïevski, tente de se constituer et de s’affirmer comme sujet, la memoria chrétienne doit s’opposer à cette tentative et la démasquer comme idolâtrie politique, comme idéologie politique à tendance totalitaire ou ?bestiale’ (pour parler comme l’Apocalypse). (?)

La mémoire chrétienne de la souffrance est, dans son contenu théologique, un souvenir qui anticipe; elle anticipe sur un avenir déterminé de l’humanité, avenir de ceux qui souffrent, des hommes sans espérance, des opprimés, des  diminués et des inutiles de cette terre. »  [1]

 

L’espérance chrétienne doit constamment maintenir ouvert un écart avec les réalisations toujours provisoires qu’elle obtient dans le cours de l’histoire et qui jamais ne peuvent être purement et simplement identifiées avec l’avènement du Royaume de Dieu.

 

Distance critique et réception relative

Un autre penseur chrétien protestant, Arthur RICH, rejoint cette analyse de Jean-Baptiste Metz à travers la notion de « distance critique » que tout chrétien doit garder envers les prétentions d’absolu venant des hommes.

« La justice humaine ne peut donc dépendre que de la justice divine. Dans cette dépendance s’affirmant par la distance critique envers tout ce qui existe, elle pourra développer un potentiel d’espérance, tendre vers davantage d’humanité et dépasser les statu quo, en sachant toujours qu’aucune justice humaine ne peut subsister si on la mesure à l’aune de l’absolu ».

D’où une adhésion raisonnable, mais jamais entière, aux idées humaines : la « réception relative ».

« Émettre une telle réserve ne doit pas servir à disqualifier politiquement toute amélioration sous prétexte que le résultat reste imparfait. Par le critère de la réception relative, il s’agit de mesurer politiquement ce mieux à l’aune du relatif et de s’efforcer de la faire entrer en vigueur au cas où il représente un gain d’humanité pour la société ».

 

Nous voici ramenés au « spécifique chrétien » dans l’engagement social. Les baptisés participent comme les autres aux luttes sociales pour la justice, aux créations de richesses pour une économie de bien-être, aux aspirations légitimes en matière d’écologie etc…. Mais ils le font avec le sentiment d’une « double appartenance » : admirant la beauté des pierres avec lesquels ils construisent, ils savent qu’elles ne sont pas éternelles ; ils adoptent les règles de l’action entrepreneuriale ou syndicale ou politique… sans jamais les idolâtrer, en osant même les relativiser quand il le faut.

« L’humanité fondée sur la foi, avec son éthique, n’est jamais simplement une éthique. Elle n’est pas uniquement un devoir réfléchi concernant l’homme ici et maintenant, elle est une existence offerte qui a son origine dans l’avenir. En bref, elle n’est pas seulement un impératif qui exige, mais aussi un indicatif qui donne et qui place l’homme dès maintenant dans l’à-venir du Royaume de Dieu ». [2]

 

Normalement, il est impossible de transformer un baptisé en « bon petit soldat » d’une cause ! Il aura toujours le réflexe de l’objection de conscience à un moment donné. Parce qu’il espère un avenir autre venant de Dieu, il ne l’identifiera jamais absolument à ce que peut produire un parti, une science, une philosophie…

 

D’où la tension qu’il nous faut entretenir :

- encourager l’engagement social tout en gardant une « réserve eschatologique ».

- conjuguer une « réception relative » des valeurs humaines et une « distance critique » vis-à-vis de leurs prétentions totalitaires.

- conjuguer histoire présente et ouverture à l’avenir absolu, sans que l’action engloutisse l’espérance, sans que cette espérance paralyse l’effort humain (cf. Paul qui tempête contre ceux qui restent volontairement dans l’oisiveté sous prétexte d’attendre le retour du Christ !  2Th 3,7-12).

 

Examinez cette tension à l’oeuvre en vous :

- avec quelle famille de pensée humaine vous sentez-vous à l’aise (que ce soit le syndicat, le Rotary, l’entreprise, tel parti politique, le scoutisme ou le club de foot ou de tennis…) ?

- comment vous autorisez-vous à être libre par rapport à l’idéologie de ce groupe ?

- comment manifester que votre espérance est plus grande, sans rien mépriser des réalisations partielles à mettre en oeuvre ?

 

Souvenez-vous : « viendra un jour où il n’en restera pas pierre sur pierre » !

 


[1]. Jean-Baptiste METZ, La foi dans l’histoire et la société, Cerf, coll. Cogitatio Fidei n° 99, Paris, 1979, pp. 137-138.

[2]. Arthur RICH, Éthique économique, Labor et Fides, Genève, 1994, pp. 249-250.

 

 

1ère lecture : Le jour du Seigneur (Ml 3, 19-20)

Voici que vient le jour du Seigneur, brûlant comme une fournaise. Tous les arrogants, tous ceux qui commettent l’impiété, seront de la paille. Le jour qui vient les consumera, déclare le Seigneur de l’univers, il ne leur laissera ni racine ni branche.
Mais pour vous qui craignez mon Nom, le Soleil de justice se lèvera : il apportera la guérison dans son rayonnement.

 

Psaume : Ps 97, 5-6, 7-8, 9

R/ Il vient, le Seigneur, gouverner le monde avec justice

jouez pour le Seigneur sur la cithare,
sur la cithare et tous les instruments ;
au son de la trompette et du cor,
acclamez votre roi, le Seigneur !

Que résonnent la mer et sa richesse,
le monde et tous ses habitants ; 
que les fleuves battent des mains,
que les montagnes chantent leur joie.

Acclamez le Seigneur, car il vient
pour gouverner la terre,
pour gouverner le monde avec justice
et les peuples avec droiture !

2ème lecture : Travailler en attendant le jour du Seigneur (2Th 3, 7-12)

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens

Frères,
vous savez bien, vous, ce qu’il faut faire pour nous imiter. Nous n’avons pas vécu parmi vous dans l’oisiveté ; et le pain que nous avons mangé, nous n’avons demandé à personne de nous en faire cadeau. Au contraire, dans la fatigue et la peine, nuit et jour, nous avons travaillé pour n’être à la charge d’aucun d’entre vous.
Bien sûr, nous en aurions le droit ; mais nous avons voulu être pour vous un modèle à imiter.
Et quand nous étions chez vous, nous vous donnions cette consigne : si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus.
Or, nous apprenons que certains parmi vous vivent dans l’oisiveté, affairés sans rien faire.
A ceux-là, nous adressons dans le Seigneur Jésus Christ cet ordre et cet appel : qu’ils travaillent dans le calme pour manger le pain qu’ils auront gagné.

 

 

 

Evangile : Bouleversements et persécutions annoncent le jour du Seigneur (Lc 21, 5-19)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Certains disciples de Jésus parlaient du Temple, admirant la beauté des pierres et les dons des fidèles. Jésus leur dit :
« Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. »
Ils lui demandèrent : « Maître, quand cela arrivera-t-il, et quel sera le signe que cela va se réaliser ? »
Jésus répondit : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom en disant : ‘C’est moi’, ou encore : ‘Le moment est tout proche.’ Ne marchez pas derrière eux !
Quand vous entendrez parler de guerres et de soulèvements, ne vous effrayez pas : il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas tout de suite la fin. »
Alors Jésus ajouta : « On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume.
Il y aura de grands tremblements de terre, et çà et là des épidémies de peste et des famines ; des faits terrifiants surviendront, et de grands signes dans le ciel.
Mais avant tout cela, on portera la main sur vous et l »on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues, on vous jettera en prison, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon Nom.
Ce sera pour vous l’occasion de rendre témoignage.
Mettez-vous dans la tête que vous n’avez pas à vous soucier de votre défense.
Moi-même, je vous inspirerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront opposer ni résistance ni contradiction.
Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous.
Vous serez détestés de tous, à cause de mon Nom.
Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.
C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie. »

 Patrick Braud

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