L'homelie du dimanche

1 décembre 2012

Sous le signe de la promesse

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Sous le signe de la promesse

Homélie du premier dimanche de l’Avent Année C
04/12/2012

Qu’est-ce qui nous fait agir ?
Quel est le moteur de nos efforts, de notre persévérance ?
Qu’est-ce qui nous soutient lorsque les temps sont difficiles ?

Jérémie répond sans hésiter : la promesse.

La promesse que Dieu vous a faite se réalisera, vous pouvez vous appuyer sur cette conviction pour tenir bon.

Six siècles avant Jésus-Christ, alors que le peuple juif est vaincu, exilé à Babylone, alors qu’il a tout perdu : roi, temple, terre, Jérémie lui annonce que la promesse tient toujours, plus que jamais.

« Parole du Seigneur : Voici venir des jours où j’accomplirai la promesse de bonheur que j’ai adressée à la maison d’Israël et à la maison de Juda :
En ces jours-là, en ce temps-là, je ferai naître chez David un Germe de justice, et il exercera dans le pays le droit et la justice.
En ces jours-là, Juda sera délivré, Jérusalem habitera en sécurité, et voici le nom qu’on lui donnera: ‘Le-Seigneur-est-notre-justice’ »

Le véritable prophète n’est donc pas un oiseau de mauvaise augure qui se plairait à annoncer des catastrophes. Est prophétique celui qui nous rappelle la promesse qui oriente notre marche.

Certains oracles économiques voudraient nous faire vivre sous le signe de la peur : les ressources seraient limitées au point de menacer notre croissance ; le développement durable ne serait pas un choix mais une condamnation inéluctable ; la mondialisation serait une machine à délocalisation et régression sociale. Ces prophètes de malheur nous ramènent à l’époque où l’économie était une « triste science » 1  placée sous le signe de la menace plus que de la promesse !

 

Or le peuple de la Bible n’a pas traversé les siècles en évitant des catastrophes ou en conjurant les menaces. Il est devenu lui-même en croyant à la promesse que Dieu lui a faite, et en ne cessant de se relever pour marcher vers son accomplissement.
C’est sur une promesse de fécondité qu’Abraham a quitté sa terre natale et ses idoles.
C’est sur une promesse de libération que Moïse a osé faire face à Pharaon.
C’est sur la promesse d’une royauté pour toujours que David est monté sur le trône.
C’est sur la promesse du retour transmise par les prophètes comme Jérémie que le peuple juif a enduré 40 ans d’exil, puis deux millénaires de diaspora :« l’an prochain à Jérusalem ! »
C’est sur la promesse de la venue du Christ et de notre rédemption que les martyrs chrétiens ont fondé leur espérance, que l’Église veille et attend : « Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous serez jugés dignes d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de paraître debout devant le Fils de l’homme. »

À y réfléchir, que serions-nous sans les promesses qui nous ont mis en mouvement depuis notre naissance ?
Tenues ou pas, ces promesses ont nourri notre envie de vivre, elles ont galvanisé notre énergie.
Le sourire de nos parents nous a fait sortir des vagissements des premiers mois en nous ouvrant au visage de l’autre. Les amitiés d’adolescents ou d’étudiants ont résonné comme des promesses de liens forts où la communion entre les êtres est possible. Pour beaucoup d’entre nous, le mariage est toujours une promesse qui permet de construire ensemble avec confiance : « je te reçois … » Il n’est pas jusqu’à la carrière qui ne soit placée elle aussi sous le signe de la promesse : votre investissement au travail sera récompensé par plus de responsabilités, par une meilleure rémunération, une satisfaction plus grande.

Si ce ressort n’est plus crédible, alors le salarié se méfie de sa direction, l’époux doute de sa relation avec l’épouse, l’ami s’éloigne de l’ami.

Bénéficier d’une promesse est essentiel pour devenir humain.

Il faudrait d’ailleurs inventer un passif au verbe promettre qui n’est pas d’abord un actif quoi qu’on en dise ! C’est Dieu qui prend l’initiative de la promesse, pas Israël. C’est le Christ qui promet son retour, et non l’Église qui l’organise. C’est moi qui suis le bénéficiaire de la promesse, pas son sujet.

« Être promis » renvoie dans notre langue à l’ancienne coutume où les parents promettaient leur enfant en mariage à une autre famille. La promise était la fiancée donnée par l’une à l’autre. Dans la Bible, c’est Dieu lui-même qui est à la fois le promis et la promesse, le don et le donateur, l’horizon et le chemin. Et c’est l’homme, chaque homme, qui « est promis » à Dieu.

La période de l’Avent qui ouvre chaque nouvelle année liturgique nous rappelle que nous vivons sous le signe de la promesse.

Impossible alors de s’endormir en s’installant dans l’ordre actuel des choses.

Impossible de laisser la peur ou la menace miner nos raisons d’agir.

Nos familles n’ont pas à laisser les bouleversements actuels les effrayer : la promesse d’une solidarité entre frères et soeurs, entre générations familiales est si forte que c’est cela qui doit nous mobiliser et pas la peur d’autres modèles.

Notre économie n’a pas à se replier sur elle-même par peur de la mondialisation ou des menaces écologiques : l’invention de nouveaux modes de vie repose sur la conviction que la terre a encore beaucoup à offrir et la vie sociale avec.

Notre travail n’a pas à se résigner à n’être qu’alimentaire en ces temps de précarité : il est le lieu d’une promesse d’épanouissement et de participation un élan commun.

La promesse, c’est les jambes qui nous mettent en mouvement. C’est ce qui nourrit nos espérances. C’est ce qui nous invite à nous battre pour un horizon plutôt que contre les ennemis différents de nous.

Reprenons conscience d’être le peuple de la promesse, « afin de paraître debout devant le Fils de l’Homme ».

 


[1]« L’économie n’est pas une science gaie… Non, c’est une science ennuyeuse, désolante, absolument abjecte et déprimante : on pourrait l’appeler, en somme, ‘la triste science’ »  Thomas Carlyle, 1849.

 

 

1ère lecture : Annonce de la venue du Messie (Jr 33, 14-16)

Lecture du livre de Jérémie

Parole du Seigneur : Voici venir des jours où j’accomplirai la promesse de bonheur que j’ai adressée à la maison d’Israël et à la maison de Juda :
En ces jours-là, en ce temps-là, je ferai naître chez David un Germe de justice, et il exercera dans le pays le droit et la justice.
En ces jours-là, Juda sera délivré, Jérusalem habitera en sécurité, et voici le nom qu’on lui donnera : « Le-Seigneur-est-notre-justice ».

Psaume : Ps 24, 4-5ab, 8-9, 10.14

R/ Vers toi, Seigneur, j’élève mon âme, vers toi, mon Dieu.

Seigneur, enseigne-moi tes voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve. 

Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles,
il enseigne aux humbles son chemin.

Les voies du Seigneur sont amour et vérité
pour qui veille à son alliance et à ses lois.
Le secret du Seigneur est pour ceux qui le craignent ;
à ceux-là, il fait connaître son alliance.

2ème lecture : Comment se préparer pour le jour du Seigneur (1Th 3, 12 — 4, 2)

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens

Frères, que le Seigneur vous donne, entre vous et à l’égard de tous les hommes, un amour de plus en plus intense et débordant, comme celui que nous avons pour vous.
Et qu’ainsi il vous établisse fermement dans une sainteté sans reproche devant Dieu notre Père, pour le jour où notre Seigneur Jésus viendra avec tous les saints.
Pour le reste, vous avez appris de nous comment il faut vous conduire pour plaire à Dieu ; et c’est ainsi que vous vous conduisez déjà. Faites donc de nouveaux progrès, nous vous en prions, frères, nous vous le demandons dans le Seigneur Jésus. D’ailleurs, vous savez bien quelles instructions nous vous avons données de la part du Seigneur Jésus.

Évangile : L’attente de la venue du Fils de l’homme (Lc 21, 25-28.34-36)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Montre-nous, Seigneur, ta miséricorde : fais-nous voir le jour de ton salut. Alléluia. (cf. Ps 84, 8)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées par le fracas de la mer et de la tempête. Les hommes mourront de peur dans la crainte des malheurs arrivant sur le monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans la nuée, avec grande puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche.

Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre c?ur ne s’alourdisse dans la débauche, l’ivrognerie et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste. Comme un filet, il s’abattra sur tous les hommes de la terre. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous serez jugés dignes d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de paraître debout devant le Fils de l’homme. »
Patrick Braud

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18 septembre 2010

Trompez l’Argent trompeur !

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Dimanche 19 septembre 2010

25° Dimanche du temps ordinaire / Année C

 

Trompez l’Argent trompeur !

 

L’argent à toutes les sauces

Trompez l'Argent trompeur ! dans Communauté spirituelle 341254-illustration-de-l-39-argent-sale-dans-un-panier--linge« L’argent sale » : les plus anciens se souviennent de la charge de François Mitterrand contre l’argent à une émission de Bernard Pivot en 1975.

« Les années fric » ont consacré, juste après, l’échec de cette volonté morale. Les années 80 ont vu des anti-héros comme Tapie ou des bombes à retardement comme les « affaires » exalter l’individualisme et le cynisme comme réussites indispensables.

« L’argent roi » semble avoir pris le relais plus récemment, des traders aux primes ahurissantes jusqu’au bling-bling de ceux qui affichent leur fortune.

De l’argent roi à « l’argent fou », il n’y avait qu’un pas, vite franchi avec la crise financière et l’éclatement des bulles spéculatives…

 

Est-ce tout cela (et bien d’autres choses encore !) que Jésus vise en parlant de « Mammon d’iniquité » (traduit par « argent trompeur ») ?

Sans doute, mais pas par moralisme.

Jésus n’a rien de puritain ni d’austère dans sa dénonciation de l’argent inique. Il s’attaque à la racine du mal qui peut causer tant de dégâts : non pas l’argent, mais le culte de l’argent.

 

Le dieu Mammon

Mammon  [1] sonne comme le nom d’une divinité devant laquelle on se prosterne.

 mammon-euro-dollar1 argent dans Communauté spirituelle

Ce terme n’est employé que cinq fois dans la Bible :

Siracide 31,8 : « bienheureux le riche qui se garde sans tache et qui ne court pas après l’or ».

Matthieu 6,24 et Luc 16,13 : « vous ne pouvez servir Dieu et l’argent ».

Courir après la richesse équivaut donc à rendre un culte à l’argent comme à une divinité : Mammon.

 

Cet « argent trompeur » (Luc 16,9. 11) a pour amis les pharisiens (aux dires de Luc 16,14 qui exagère un peu…). Alors que le gérant habile va se faire des amis parmi les débiteurs de son maître.

 

L’argent trompeur glorifie « ce qui est élevé pour les hommes, mais dégoût devant Dieu » (Lc 16,14), ce qui correspond bien au bling-bling… [2] Le gérant « habile » lui est glorifié par Jésus lui-même : « le maître fit son éloge parce qu’il s’était montré avisé » (16,8).

 

Tromper l’Argent trompeur

Par quelle ruse ce gérant a-t-il réussi à diminuer la dette des pauvres, étranglés par son maître ?

Peut-être tout simplement en renonçant à sa commission. Employé au service des contentieux et recouvrements, il avait droit à un pourcentage sur les remboursements des prêts qu’il arrivait à obtenir. En sacrifiant un juteux profit immédiat, il investissait à long terme dans des amis reconnaissants, et donc très sûrs.

Très bon calcul d’efficience économique, où la foi n’intervient pas !

Mais Jésus montre avec sagesse que lorsque sa vie est en jeu, même un « fils de ce monde » est capable de tromper l’argent trompeur. Ordinaire_25_C_94D économie

 

Car c’est bien de cela qu’il s’agit :

- détourner la formidable puissance de l’argent au service de l’amitié avec les pauvres (les débiteurs) plutôt qu’avec les puissants ;

- ruser avec le prêt à intérêt pour qu’il rapproche les hommes au lieu de les soumettre (le micro-crédit est une harmonique moderne de cette habileté évangélique) ;

- rétablir la primauté du long terme (relationnel) sur le court terme (financier) : la crise des subprimes a fait exactement l’inverse) ;

- utiliser les marchés financiers pour que la dette des pauvres soit moins lourde : vaste programme qui va aujourd’hui de la renégociation de la dette des pays en voie de développement jusqu’à l’expansion de l’épargne solidaire, des fonds de placement éthiques, de la finance « solidaire », « islamique » etc?

- considérer le don comme juste redistribution [3] (et non comme une attitude compassionnelle), voire même un investissement à long terme.

 

Les croyants (de toute religion) sont ainsi invités à se montrer plus habiles que les ?adorateurs’ de Mammon : non pas en dénigrant l’argent, ni en y renonçant, mais en rusant avec lui, tel un barrage avec le torrent de montagne, pour qu’il soit un bon serviteur et non un mauvais maître.

 

Une famille aisée peut ainsi redistribuer jusqu’à 10 % de ses richesses (la dîme !) sans en tirer aucune gloriole. Une autre famille saura accepter ces dons (car c’est humiliant d’accepter d’être aidé sinon) sans se décourager.

Au contraire : l’argent habilement détourné de sa tendance idolâtre deviendra un vrai lien de fraternité [4].

 

Comment tromper l’argent trompeur ?

De la gestion de vos économies/vos dettes à votre attitude envers la course au profit/à la gloire, laissez cette question tourner et retourner en vous cette semaine…

« Car là où est ton trésor, là aussi est ton coeur » (Mt 6,21)


[1]Le mot Mammon est d’origine incertaine. Certains le rapprochent de l’hébreu matmon signifiant : trésor, argent. D’autres du phénicien mommon = bénéfice. L’Encyclopaedia Universalis en fait la transcription du mot grec mamônas, probablement dérivé de la racine hébraïque amên = ce qui est fidèle, sûr. On aurait alors un paradoxe de l’argent dans le nom lui-même : destiné à être fidèle, sûr, digne de confiance (penser à la monnaie fiduciaire, c’est-à-dire digne de foi - fides -, de confiance), Mammon est dévoyé de sa vocation lorsqu’on en fait un Dieu.

Tromper l’argent trompeur, c’est finalement rendre Mammon à sa vraie nature : être vecteur de confiance, de fidélité, de foi au Dieu véritable, pas aux idoles…

 

[2] Le mot ?argent’ vient d’ailleurs d’une racine indo européenne ?arg’, signifiant : brillant !

 

[3]Somme Théologique, II-II Qu.32 a. 7 ad 2. : 3. Dans le cas d’extrême nécessité tous les biens sont communs. Il est donc permis à celui qui se trouve dans une telle nécessité de prendre à autrui ce dont il a besoin pour sa subsistance, s’il ne trouve personne qui veuille le lui donner. Pour la même raison, il est permis de détenir quelque chose du bien d’autrui et d’en faire l’aumône, et même de le prendre, s’il n’y a pas d’autre moyen de secourir celui qui est dans le besoin. Cependant, quand on peut le faire sans péril, on doit venir en aide à celui qui est dans une nécessité extrême après avoir recherché le consentement du propriétaire.

 

[4]Le Catéchisme de l’Église catholique de 1998 écrit au n° 2424 : Une théorie qui fait du profit la règle exclusive et la fin ultime de l’activité économique est moralement inacceptable. L’appétit désordonné de l’argent ne manque pas de produire ses effets pervers. Il est une des causes des nombreux conflits qui perturbent l’ordre social (cf. GS 63; LE 7; CA 35).

   Un système qui « sacrifie les droits fondamentaux des personnes et des groupes à l’organisation collective de la production » est contraire à la dignité de l’homme (GS 65). Toute pratique qui réduit les personnes à n’être que de purs moyens en vue du profit, asservit l’homme, conduit à l’idolâtrie de l’argent et contribue à répandre l’athéisme. « Vous ne pouvez servir à la fois Dieu et Mammon » (Mt 6,24; Lc 16,13).

 

 

1ère lecture : Les mauvais riches (Am 8, 4-7)

Écoutez ceci, vous qui écrasez le pauvre pour anéantir les humbles du pays,
car vous dites : « Quand donc la fête de la nouvelle lune sera-t-elle passée, pour que nous puissions vendre notre blé ? Quand donc le sabbat sera-t-il fini, pour que nous puissions écouler notre froment ? Nous allons diminuer les mesures, augmenter les prix, et fausser les balances.
Nous pourrons acheter le malheureux pour un peu d’argent, le pauvre pour une paire de sandales. Nous vendrons jusqu’aux déchets du froment ! »
Le Seigneur le jure par la Fierté d’Israël : Non, jamais je n’oublierai aucun de leurs méfaits. »

 

Psaume : Ps 112, 1-2, 5-6, 7-8

R/ Béni sois-tu Seigneur, toi qui relèves le pauvre

Louez, serviteurs du Seigneur,
louez le nom du Seigneur !
Béni soit le nom du Seigneur,
maintenant et pour les siècles des siècles !

Qui est semblable au Seigneur notre Dieu ?
Lui, il siège là-haut. 
Mais il abaisse son regard
vers le ciel et vers la terre. 

De la poussière il relève le faible,
il retire le pauvre de la cendre 
pour qu’il siège parmi les princes,
parmi les princes de son peuple.

2ème lecture : La prière universelle (1Tm 2, 1-8)

J’insiste avant tout pour qu’on fasse des prières de demande, d’intercession et d’action de grâce pour tous les hommes,
pour les chefs d’État et tous ceux qui ont des responsabilités, afin que nous puissions mener notre vie dans le calme et la sécurité, en hommes religieux et sérieux.
Voilà une vraie prière, que Dieu, notre Sauveur, peut accepter,
car il veut que tous les hommes soient sauvés et arrivent à connaître pleinement la vérité.
En effet, il n’y a qu’un seul Dieu, il n’y a qu’un seul médiateur entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus,
qui s’est donné lui-même en rançon pour tous les hommes. Au temps fixé, il a rendu ce témoignage
pour lequel j’ai reçu la charge de messager et d’Apôtre – je le dis en toute vérité – moi qui enseigne aux nations païennes la foi et la vérité.
Je voudrais donc qu’en tout lieu les hommes prient en levant les mains vers le ciel, saintement, sans colère ni mauvaises intentions.

 

Evangile : Tromper l’argent trompeur  (Lc 16, 1-13)

Jésus disait à ses disciples : « Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé parce qu’il gaspillait ses biens.
Il le convoqua et lui dit : ‘Qu’est-ce que j’entends dire de toi ? Rends-moi les comptes de ta gestion, car désormais tu ne pourras plus gérer mes affaires.’
Le gérant pensa : ‘Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gérance ? Travailler la terre ? Je n’ai pas la force. Mendier ? J’aurais honte.
Je sais ce que je vais faire, pour qu’une fois renvoyé de ma gérance, je trouve des gens pour m’accueillir.’
Il fit alors venir, un par un, ceux qui avaient des dettes envers son maître. Il demanda au premier : ‘Combien dois-tu à mon maître ? -
Cent barils d’huile.’ Le gérant lui dit : ‘Voici ton reçu ; vite, assieds-toi et écris cinquante.’
Puis il demanda à un autre : ‘Et toi, combien dois-tu ? – Cent sacs de blé.’ Le gérant lui dit : ‘Voici ton reçu, écris quatre-vingts.’
Ce gérant trompeur, le maître fit son éloge : effectivement, il s’était montré habile, car les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière.
Eh bien moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l’Argent trompeur, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles.
Celui qui est digne de confiance dans une toute petite affaire est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est trompeur dans une petite affaire est trompeur aussi dans une grande.
Si vous n’avez pas été dignes de confiance avec l’Argent trompeur, qui vous confiera le bien véritable ?
Et si vous n’avez pas été dignes de confiance pour des biens étrangers, le vôtre, qui vous le donnera ?
Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il détestera le premier, et aimera le second ; ou bien il s’attachera au premier, et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent. » 
Patrick Braud 

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11 septembre 2010

La parabole du petit-beurre perdu

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Dimanche 12 septembre 2010

24° Dimanche du temps ordinaire / Année C

 

La parabole du petit-beurre perdu

 

·      Connaissez-vous la parabole du petit-beurre perdu ?

Un internaute astucieux (Peter Greenfinch) la raconte ainsi, non sans humour :

« Vous êtes heureux sur un bateau de croisière (ou sur votre yacht avec quelques people de vos amis), un petit beurre dans la main droite *.

Une vague un peu plus forte que d’autres, et pof, le biscuit tombe à la mer.

Voici votre journée gâchée, vous voilà de mauvaise humeur, vous piquez une grosse colère, tapez des pieds, faites tanguer le navire.

Survient un steward attentionné, dont l’arrière grand mère avait survécu à la tragédie du Titanic. Sentant le danger, il vous place trois petits beurres dans la main gauche, pour compenser votre douleur.

Vous revoilà heureux, c’était la valeur sentimentale que vous attribuiez au petit beurre perdu. »

 

·      Cette petite histoire a toutes les caractéristiques d’une parabole évangélique ; elle est construite comme les trois paraboles de ce dimanche et peut nous aider à les comprendre.

 

En effet, c’est une histoire inventée de toutes pièces, mais inspirée par des faits réels (comme le mentionnent les fictions télévisées) : le Titanic, la vague, l’émotion de la perte…

C’est une histoire où il y a de l’étrange, assez pour nous intriguer, nous dérouter, exciter notre curiosité pour aller voir ce qu’il y a à tirer de ce récit bizarre…

 

Provoquer l’étonnement, susciter l’interrogation, encourager la recherche : voilà des caractéristiques de la parabole que Jésus n’a cessé d’exploiter au maximum. Se comportant ainsi en maître de sagesse, il surprend ses auditeurs, les intéresse, les « accroche », pour les encourager à aller plus loin que leurs certitudes et leurs opinions immédiates.

 

Belle pédagogie ! Plutôt que de s’opposer frontalement aux pharisiens scandalisés par le bon accueil qu’il fait aux pécheurs, Jésus préfère prendre un chemin détourné : il leur invente trois histoires-à-réfléchir, pour qu’ils découvrent par eux-mêmes combien Dieu est «riche en miséricorde»

 

Ce genre littéraire de la parabole (Mashal en hébreu = enseignement par énigme) était bien connu au temps de Jésus. Mais l’Ancien Testament l’emploie peu (trois ou quatre fois seulement). Le Nouveau Testament y fait recours environ 90 fois !

Jésus a largement utilisé ce mode de prédication qui relève de la sagesse, alors que les autorités religieuses ne se référaient qu’à la Loi, et que les foules n’attendaient avec exaltation qu’un prophète révolutionnaire.

 

Voici une piste sûre pour annoncer l’Évangile aujourd’hui encore : ne pas recourir à la loi ou aux prophètes seulement, mais également à la sagesse. C’est ce que Jésus fait ici avec talent dans ces trois paraboles.

 

D’ailleurs le mot parabole nous met sur la voie d’un parallélisme entre l’observation du réel et la révélation de Dieu / de l’homme.

para – balleïn : étymologiquement, parler en parabole signifie : mettre côte à côte des réalités différentes (jeter balleïn à côté para).

C’est donc un procédé de comparaison : mettre en parallèle la miséricorde divine et le comportement du berger aux 100 brebis, de la femme aux 10 pièces d’argent, ou du père des 2 fils permet de s’interroger, fait réfléchir et progresser chacun, sans lui asséner une vérité extérieure. En méditant sur les paraboles, pour y trouver sans cesse de nouveaux sens cachés, l’auditeur sera conduit toujours plus loin dans l’infini de la révélation divine au-dedans de lui, sans extériorité…

 

·      Regardez ces trois paraboles : elles ont étonnamment comme sujet commun… l’économie ! et une structure commune : perdre / chercher / trouver / se réjouir.

 

- La première s’inspire de l’économie agricole : 1 % de perte est un coût marginal relativement faible, et normalement très supportable. Pas pour Dieu, qui est plus berger que les bergers humains ! Il prend le risque d’aller « chercher et sauver ce qui était perdu ».

Remplacez « berger » par « responsable d’équipe », « brebis » par « collaborateur », et vous lisez un principe de management assez peu pratiqué : se soucier d’abord du collaborateur le plus faible, celui qui est « perdu »… Ne pas passer par pertes et profits les difficultés d’un membre de l’équipe en ne se concentrant que sur les « gagnants », les « performers » ?

 

- La deuxième parabole relève de l’économie domestique (c’est un pléonasme, car économie vient justement de oïkos = maison et nomos = ordre, gestion). Là, cette femme subit 10 % de perte de son capital financier. Logiquement, elle remue ciel et terre sans se résigner à ce déficit, dû à trop de poussière et de désordre. Comment pourrions-nous nous résigner à perdre une partie de nous-mêmes dans la poussière et le désordre de nos vies ?

 

- La troisième parabole ? presque trop connue ! – a pour cadre l’économie familiale. Cette histoire d’héritage anticipé, gaspillé, de jalousie entre héritiers et entre frères, est hélas terriblement courante…

 

Les commentaires sur ces trois paraboles sont innombrables et méritent d’être lus pour nourrir la recherche.

Retenons, en amont de ces interprétations, la manière dont Jésus a voulu parler : en paraboles au nom de la sagesse, et non en diktats au nom de la morale.

Retenons également que l’économie, sous toutes ses formes, a fourni à Jésus des éléments pour dire le salut : c’est donc que les réalités économiques actuelles peuvent toujours nous révéler quelque chose du salut chrétien, si nous prenons le temps du recul pour méditer dessus?

 

 

·      Et le petit beurre perdu ?

Cette parabole permet de présenter les concepts d’utilité économique et d’aversion à la perte. ***

La parabole du petit-beurre perdu dans Communauté spirituelle biscuit-petit-beurre-au-sel-de-guerande-216808Une perte ne peut être compensée émotionnellement que par un gain bien plus grand. Les économistes disent que la désutilité économique d’une perte de 1 ? ne peut être compensée que par l’utilité économique d’un gain de 3 ?.

Remplacer le petit beurre perdu n’aurait pas suffi à vous consoler : il en a fallu trois pour calmer votre chagrin?

Ce qui explique l’aversion à la perte : la peur de perdre 1 ? sera telle qu’il faudra une promesse d’un gain de 3 ? pour faire changer de comportement.

 

Comme quoi Jésus aurait pu faire un excellent prof de Fac ou de grande école en économie, grâce à son art des paraboles?

 

______________________________________ 

* À noter que la parabole fonctionne tout aussi bien avec des tranches de saucisson à l’ail !

** Le symbole (synballeïn) est au contraire l’art de les réunir. Et l’hyperbole est une réalité largement au-dessus (hyper – balleïn) d’une autre (c’est donc une exagération voulue). Le diable (dia – balleïn) est celui qui divise et éparpille (dia), en empêchant de réunir ce qui est distinct.

*** cf. http://knol.google.com/k/peter-greenfinch/parabole-du-petit-beurre-perdu-et/2m7299842u04v/146#La_parabole

 

 

1ère lecture : Moïse obtient le pardon pour le peuple infidèle (Ex 32, 7-11.13-14)

Moïse était encore sur la montagne du Sinaï. Le Seigneur lui dit : « Va, descends, ton peuple s’est perverti, lui que tu as fait monter du pays d’Égypte.
Ils n’auront pas mis longtemps à quitter le chemin que je leur avais prescrit ! Ils se sont fabriqué un veau en métal fondu. Ils se sont prosternés devant lui, ils lui ont offert des sacrifices en proclamant : ‘Israël, voici tes dieux, qui t’ont fait monter du pays d’Égypte.’ »
Le Seigneur dit encore à Moïse : « Je vois que ce peuple est un peuple à la tête dure.
Maintenant, laisse-moi faire ; ma colère va s’enflammer contre eux et je vais les engloutir ! Mais, de toi, je ferai une grande nation. »
Moïse apaisa le visage du Seigneur son Dieu en disant : « Pourquoi, Seigneur, ta colère s’enflammerait-elle contre ton peuple, que tu as fait sortir du pays d’Égypte par la vigueur de ton bras et la puissance de ta main ?
Souviens-toi de tes serviteurs, Abraham, Isaac et Jacob, à qui tu as juré par toi-même : ‘Je rendrai votre descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel, je donnerai à vos descendants tout ce pays que j’avais promis, et il sera pour toujours leur héritage.’ »
Le Seigneur renonça au mal qu’il avait voulu faire à son peuple.

 

Psaume : Ps 50, 3-4, 12-13, 17.19

 

R/ Oui, je me lèverai, et j’irai vers mon Père

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Crée en moi un coeur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche annoncera ta louange.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ;
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un coeur brisé et broyé.

2ème lecture : Action de grâce du pécheur pardonné (1Tm 1, 12-17)

 

Je suis plein de reconnaissance pour celui qui me donne la force, Jésus Christ notre Seigneur, car il m’a fait confiance en me chargeant du ministère,
moi qui autrefois ne savais que blasphémer, persécuter, insulter. Mais le Christ m’a pardonné : ce que je faisais, c’était par ignorance, car je n’avais pas la foi ;
mais la grâce de notre Seigneur a été encore plus forte, avec la foi et l’amour dans le Christ Jésus.
Voici une parole sûre, et qui mérite d’être accueillie sans réserve : le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs ; et moi le premier, je suis pécheur,
mais si le Christ Jésus m’a pardonné, c’est pour que je sois le premier en qui toute sa générosité se manifesterait ; je devais être le premier exemple de ceux qui croiraient en lui pour la vie éternelle.
Honneur et gloireau roi des siècles,au Dieu unique, invisible et immortel, pour les siècles des siècles. Amen.

 

Evangile : Paraboles de la brebis perdue, de la drachme perdue (et du fils perdu) (brève : 1-10) (Lc 15, 1-32)

 

 

Voir également une version « réactualisée » de la parabole ici :

http://www.dti.be/prodigue/fr/movie2.htm

Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
« Si l’un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ?
Quand il l’a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules,
et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins ; il leur dit : ‘Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !’
Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion.
Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ?
Quand elle l’a retrouvée, elle réunit ses amies et ses voisines et leur dit : ‘Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !’
De même, je vous le dis : Il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »
Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père : ‘Père, donne-moi la part d’héritage qui me revient.’ Et le père fit le partage de ses biens.
Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre.
Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère.
Il alla s’embaucher chez un homme du pays qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.
Alors il réfléchit : ‘Tant d’ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !
Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi.
Je ne mérite plus d’être appelé ton fils. Prends-moi comme l’un de tes ouvriers.’
Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit : ‘Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils…’
Mais le père dit à ses domestiques : ‘Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds.
Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons.
Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.’ Et ils commencèrent la fête.
Le fils aîné était aux champs. A son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses.
Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait.
Celui-ci répondit : ‘C’est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a vu revenir son fils en bonne santé.’
Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait.
Mais il répliqua : ‘Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras !’
Le père répondit : ‘Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! » 
Patrick Braud

  Une parabole moderne très célèbre: « Oscar et la dame rose » d’Eric Emmanuel Schmitt :

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