L'homelie du dimanche

4 août 2019

Avec le temps…

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 12 h 30 min

Avec le temps…

Homélie pour le 19° Dimanche du temps ordinaire / Année C
11/08/2019

Cf. également :

Restez en tenue de service
Agents de service
Jesus as a servant leader
Éveiller à d’autres appétits

Avec le temps
avec le temps, va, tout s’en va
on oublie le visage et l’on oublie la voix
le cœur, quand ça bat plus, c’est pas la peine d’aller chercher plus loin, faut laisser faire et c’est très bien

Avec le temps
avec le temps, va, tout s’en va
l’autre qu’on adorait, qu’on cherchait sous la pluie
l’autre qu’on devinait au détour d’un regard
entre les mots, entre les lignes et sous le fard
d’un serment maquillé qui s’en va faire sa nuit
avec le temps tout s’évanouit

Avec le temps
avec le temps, va, tout s’en va
mêm’ les plus chouett’s souv’nirs ça t’as un’ de ces gueules
à la gal’rie j’farfouille dans les rayons d’la mort
le samedi soir quand la tendresse s’en va tout’ seule

Avec le temps.
Avec le temps, va, tout s’en va
l’autre à qui l’on croyait pour un rhume, pour un rien
l’autre à qui l’on donnait du vent et des bijoux
pour qui l’on eût vendu son âme pour quelques sous
devant quoi l’on s’traînait comme traînent les chiens
avec le temps, va, tout va bien

Avec le temps
avec le temps, va, tout s’en va
on oublie les passions et l’on oublie les voix
qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens
ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid

Avec le temps
avec le temps, va, tout s’en va
et l’on se sent blanchi comme un cheval fourbu
et l’on se sent glacé dans un lit de hasard
et l’on se sent tout seul peut-être mais peinard
et l’on se sent floué par les années perdues- alors vraiment
avec le temps on n’aime plus

La célèbre chanson triste de Léo Ferré (1970) vient inévitablement à trotter dans la tête en entendant l’Évangile de ce dimanche (Lc 12, 32-48) :

« Si le serviteur se dit en lui-même : ‘Mon maître tarde à venir’, et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s’enivrer, alors quand le maître viendra, le jour où son serviteur ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il l’écartera et lui fera partager le sort des infidèles. »

Jésus décrit l’effet du temps qui passe sur les serviteurs attendant le retour de leur maître. Au début on est fidèle, voire enthousiaste. Puis viennent les premières difficultés pour les chrétiens : les persécutions, les dénonciations, les trahisons, les lapsi (ceux qui renient leur baptême sous la menace du pouvoir) etc. Pire encore : avec le temps, les clercs eux-mêmes céderont aux tentations de la richesse, de l’abus de pouvoir, de la violence envers ceux qui pensent différemment etc. Les papes seront complices des pires crimes, des évêques s’enrichiront, mèneront une double vie, conduiront des croisades, des prêtres sombreront dans l’alcoolisme… On peut dire que Jésus est réaliste et par avance a averti ses disciples de la corruption généralisée qui va abîmer l’Église au cours des siècles, et les scandales actuels ne sont hélas que le prolongement de cette dégradation ecclésiale avec le temps.

Il y a d’ailleurs une analogie possible avec la dégradation de l’amour conjugal que pleurait Léo Ferré.

L'Usure du tempsAvec le temps, l’habitude et la routine s’installent entre les deux qui se découvraient avec émerveillement au début. La répétition usante de tous ces ‘comme d’habitude’ (clin d’œil à Claude François) peut lentement tuer le sentiment d’origine, un peu comme le frottement de la corde sur le rocher peut l’effilocher jusqu’à la rupture. De même, la répétition des gestes liturgiques identiques pendant des siècles peut devenir obsessionnelle, et engendrer chez les clercs un rubricisme liturgique sans âme qui fait fuir les fidèles.

Avec le temps, la tentation d’aller voir ailleurs est quasi inévitable dans un couple. D’autant plus que le doublement ou triplement de l’espérance de vie oblige à durer si longtemps ensemble qu’il est évident que l’infidélité, passagère ou durable, est hautement plus probable. Si plus d’un mariage sur deux se termine par un divorce en France, c’est bien parce que les années multiplient les occasions d’essayer d’autres partenaires, surtout si la grisaille de la routine a terni l’élan originel. De même, avec la mondialisation qui élargit l’offre religieuse, il est tentant pour les chrétiens d’aller voir ailleurs : le bouddhisme et autres philosophies orientales séduisent beaucoup les occidentaux, l’islam désormais proche devient un autre possible, l’athéisme tranquille sous sa forme de désintérêt pour l’au-delà devient la norme… Et ce d’autant plus que le christianisme souffre de sa position majoritaire voire ultra-dominante en Occident dans les siècles passés, et apparaît ainsi comme une vieille dame qui n’a plus grand-chose à offrir.

Avec le temps, les objectifs vrais de chacun dans le couple émergent, souvent incompatibles. La carrière professionnelle, le nombre et la place des enfants, la réussite sociale, amicale, associative, le rapport à l’argent, la spiritualité : si le sentiment n’a pas dès le début intégré la poursuite d’objectifs et d’activités communes, la divergence des intérêts de chacun rendra l’éloignement du cœur quasi inévitable. De même, les objectifs du Christ et ceux de l’Église connaîtront des périodes de tensions et de contradictions dramatiques. Non-violence, pauvreté, esprit de service, défense des petits, attente du Royaume de Dieu d’un côté, et exactement l’inverse de l’autre…

Tant d’autres facteurs peuvent séparer ceux qui s’aiment ! La différence de maturité, ou la maturité tardive par exemple : beaucoup ne deviennent vraiment adultes, conscients de leurs désirs et de leur personnalité, qu’après la trentaine. Or la vie en couple commence d’autant plus tôt que la maturité arrive plus tard : il est logique que les séparations soient très fréquentes dans les dix premières années de vie commune. De même, une forte proportion des nouveaux baptisés adultes abandonne en pratique l’Église dans les dix premières années après leur baptême. On pourrait citer encore le poids des familles, l’idéologie ambiante donnant tous les droits à la revendication strictement individuelle, le relativisme généralisé qui fait que tout se vaut même en matière familiale etc.

Décidément, le constat désabusé de Léo Ferré est peut-être en deçà de la réalité : avec le temps, un couple sur deux s’autodétruira, sans garantie de qualité ni de durée pour les survivants…

Il y a un petit parfum de Qohélet dans cette litanie des effets du temps sur l’amour ou sur la foi : « vanité des vanités, tout est vanité ». Pourtant, si Jésus est réaliste dans sa parabole du maître absent longtemps, ce n’est pas pour désespérer ses disciples. C’est pour les avertir : lorsque ces événements arriveront, courage, relevez la tête, ne vous laissez pas abattre !

De fait, dans l’histoire, à chaque fois que l’usure du temps a fait chuter l’Église, des réactions salutaires ont permis au Peuple de Dieu de ne pas sombrer avec l’infidélité du moment.

Le Veau d'Or : Ex 32-34- Au désert pendant l’Exode, alors que Moïse tardait à descendre de la montagne où il était parti chercher les 10 commandements (l’usure du temps), le peuple s’est fondu un veau d’or, retrouvant ainsi l’idolâtrie. Moïse, de colère, a brisé les tables de la Loi, et obligé les Hébreux à boire l’or fondu de l’idole. Mais ensuite il a intercédé pour eux et obtenu les nouvelles tables de la Loi, de faire jaillir l’eau du rocher ou de guérir des serpents grâce au serpent de bronze. Finalement, l’impatience du peuple aura engendré la tradition orale (les tables brisées), le ministère de Moïse, d’Aaron et des 70, les 40 ans de maturation au désert etc. Pas si mal !

- Israël s’est ensuite installé en Canaan en oubliant progressivement (l’effet du temps toujours) que cette terre lui avait été donnée par Dieu pour le servir. Le peuple a voulu croire que cette terre, il l’avait conquise par ses seules forces et son mérite pour s’enrichir et dominer sur ses voisins. Le conflit israélo-palestinien ne date pas de 1948…
La tentation d’être « une nation comme les autres » a fait surgir l’envie de royauté (alors que YHWH seul est roi sur Israël), d’un Temple magnifique à Jérusalem (alors que le vrai sanctuaire de Dieu, c’est nous) où l’on peut mettre la main sur Dieu grâce aux sacrifices d’animaux (or le vrai sacrifice, c’est un cœur brisé par le repentir) etc. La réaction divine à cette tentation d’installation temporelle d’Israël sur sa terre a d’abord été l’appel des prophètes qui ont osé critiquer ouvertement – à leurs dépens – les dérives royales et sacerdotales. Les livres prophétiques de la Bible témoignent de la pédagogie divine : inlassablement, il envoie ses serviteurs rappeler l’Alliance, la Torah, l’amour de Dieu. Lorsque cette litanie interminable de prophètes se révèle finalement inefficace, Dieu se résout (c’est du moins l’interprétation biblique) à la catastrophe de l’Exil à Babylone en -587, avec la déportation du roi Sédécias et la destruction du Temple de Jérusalem. Il faudra à nouveau de longues années de réflexion en exil, et des prophètes comme Isaïe ou Osée, pour que le retour devienne possible, avec une réforme religieuse de grande ampleur pour revenir à l’Alliance du Sinaï. Hélas, quelques siècles après, (l’effet du temps encore) les Romains achèveront de ruiner l’État d’Israël et disperseront le peuple dans tout l’empire.

L’histoire de l’Église (des Églises !) n’échappe pas à cette usure du temps et aux réactions salutaires qui heureusement la rénovent périodiquement.

Vieille église délabrée du 17ème siècle Banque d'images - 14204713- Dès la fin des persécutions, avec l’empereur Constantin, l’Église s’installe dans le pouvoir politique, la possession des richesses, le baptême de convenance.
Heureusement, des figures extraordinaires ont protesté contre ce glissement ecclésial vers le temporel et dénoncé ses excès. Ce sont les ermites, ceux qu’on appelle les Pères du désert : fuyant au désert en Égypte ou ailleurs, ils mènent une vie simple, pauvre, fraternelle, dans la contemplation et la louange, tout en ayant un immense rayonnement intellectuel et spirituel.

- Du III° siècle au Moyen Âge, les séparations vont se succéder, comme dans un couple moderne ! Les hérésies des premiers siècles ont largement déchiré l’unité ecclésiale du début. Le schisme Orient – Occident de 1054 aura des conséquences dramatiques pour les chrétiens d’Orient face à l’islam notamment. Le schisme d’Occident autour de Luther et de sa réforme au XVI° siècle fera couler le sang et la division dans toute l’Europe, en contradiction flagrante avec l’Évangile dont chaque Église se réclame.
Heureusement, le mouvement œcuménique né au XX° siècle entreprend de réparer patiemment ces déchirures : les excommunications réciproques sont levées, des avancées sans précédent sont conclues, du mariage mixte à une traduction commune de la Bible en passant par la reconnaissance du baptême de chaque Église etc.

Avec le temps... dans Communauté spirituelle Francois-va-224x300- Régulièrement, l’Église (les Églises) s’est assoupie au fil des siècles, s’embourbant dans l’argent, le pouvoir, le sexe. En France, l’anticléricalisme se nourrit toujours de siècles d’exploitation du peuple par les clercs, des abus de richesse et de domination de la part des évêques ou des abbés des monastères.
Heureusement, des réformateurs se sont régulièrement levés pour purifier l’Église (les Églises) en revenant à la radicalité de l’Évangile. Ainsi les béguines dans le nord de l’Europe ont inventé dès le XII° siècle une vie fraternelle dont l’indépendance féminine était novatrice. François d’Assise au XIII° siècle a été le pacificateur de l’Europe du Sud en adoucissant le capitalisme naissant grâce à ses communautés franciscaines simples et pauvres, et en prêchant le retour à l’Évangile dans une Église corrompue. Les religieuses ont anticipé le service des malades, des enfants, des vieillards que la république laïque reprendra et prolongera. Les figures de sainteté se sont multipliées, particulièrement en France, corrigeant les dérives ecclésiales grâce à leurs choix de vie évangélique, enthousiasmant des croyants comme au début de l’aventure avec le Christ.

Réparons l’Église : prenez la parole

Que retenir de cette comparaison entre l’usure de l’amour dans un couple et dans l’Église ?

1. Le premier élément encourageant est que chaque abus ou dérive a provoqué une réaction salutaire proportionnée. Soyons donc fermes dans notre foi : Dieu n’abandonne pas son peuple à ses contradictions, il l’accompagne en suscitant sans cesse les prophètes, les saints, les réformateurs dont nous avons besoin pour surmonter les crises et aller de l’avant.

2. Le deuxième élément encourageant est que le retour à l’Évangile constitue toujours l’élément structurant de la réponse à l’usure du temps. C’est en revenant à la pauvreté, la fraternité, à l’espérance incarnée par le Christ que l’Église, son épouse, a été profondément rajeunie et renouvelé lors des mues de son histoire.

Prenons ces deux points pour nous pareillement :

- ne pas douter que chaque crise due au temps qui passe (que ce soit dans le couple, la famille ou la foi) générera pour moi son antidote ;

- revenir régulièrement à l’Évangile, seul garant de la fidélité à l’amour des origines.

Alors le triste constat de Léo Ferré se changera en chant d’espoir d’Apocalypse : « un jour, Dieu sera tout en tous ».

 

Lectures de la messe

Première lecture
« En même temps que tu frappais nos adversaires, tu nous appelais à la gloire » (Sg 18, 6-9)

Lecture du livre de la Sagesse

La nuit de la délivrance pascale avait été connue d’avance par nos Pères ; assurés des promesses auxquelles ils avaient cru, ils étaient dans la joie. Et ton peuple accueillit à la fois le salut des justes et la ruine de leurs ennemis. En même temps que tu frappais nos adversaires, tu nous appelais à la gloire. Dans le secret de leurs maisons, les fidèles descendants des justes offraient un sacrifice, et ils consacrèrent d’un commun accord cette loi divine : que les saints partageraient aussi bien le meilleur que le pire ; et déjà ils entonnaient les chants de louange des Pères.

Psaume
(Ps 32 (33), 1.12, 18-19,20.22)
R/ Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu.
(Ps 32, 12a)

Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes !
Hommes droits, à vous la louange !
Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu,
heureuse la nation qu’il s’est choisie pour domaine !

Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
pour les délivrer de la mort,
les garder en vie aux jours de famine.

Nous attendons notre vie du Seigneur :
il est pour nous un appui, un bouclier.
Que ton amour, Seigneur, soit sur nous
comme notre espoir est en toi !

Deuxième lecture
« Abraham attendait la ville dont le Seigneur lui-même est le bâtisseur et l’architecte » (He 11, 1-2.8-19)

Lecture de la lettre aux Hébreux

Frères, la foi est une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas. Et quand l’Écriture rend témoignage aux anciens, c’est à cause de leur foi.
Grâce à la foi, Abraham obéit à l’appel de Dieu : il partit vers un pays qu’il devait recevoir en héritage, et il partit sans savoir où il allait.
Grâce à la foi, il vint séjourner en immigré dans la Terre promise, comme en terre étrangère ; il vivait sous la tente, ainsi qu’Isaac et Jacob, héritiers de la même promesse, car il attendait la ville qui aurait de vraies fondations, la ville dont Dieu lui-même est le bâtisseur et l’architecte.
Grâce à la foi, Sara, elle aussi, malgré son âge, fut rendue capable d’être à l’origine d’une descendance parce qu’elle pensait que Dieu est fidèle à ses promesses. C’est pourquoi, d’un seul homme, déjà marqué par la mort, a pu naître une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, une multitude innombrable.
C’est dans la foi, sans avoir connu la réalisation des promesses, qu’ils sont tous morts ; mais ils l’avaient vue et saluée de loin, affirmant que, sur la terre, ils étaient des étrangers et des voyageurs. Or, parler ainsi, c’est montrer clairement qu’on est à la recherche d’une patrie. S’ils avaient songé à celle qu’ils avaient quittée, ils auraient eu la possibilité d’y revenir. En fait, ils aspiraient à une patrie meilleure, celle des cieux. Aussi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu, puisqu’il leur a préparé une ville.
Grâce à la foi, quand il fut soumis à l’épreuve, Abraham offrit Isaac en sacrifice. Et il offrait le fils unique, alors qu’il avait reçu les promesses et entendu cette parole : C’est par Isaac qu’une descendance portera ton nom. Il pensait en effet que Dieu est capable même de ressusciter les morts ; c’est pourquoi son fils lui fut rendu : il y a là une préfiguration.

Évangile
« Vous aussi, tenez-vous prêts » (Lc 12, 32-48)
Alléluia. Alléluia.
Veillez, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y pensez pas que le Fils de l’homme viendra. Alléluia. (cf. Mt 24, 42a.44)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. Vendez ce que vous possédez et donnez-le en aumône. Faites-vous des bourses qui ne s’usent pas, un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n’approche pas, où la mite ne détruit pas. Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : c’est lui qui, la ceinture autour des reins, les fera prendre place à table et passera pour les servir. S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils ! Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. » Pierre dit alors : « Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole, ou bien pour tous ? » Le Seigneur répondit : « Que dire de l’intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de son personnel pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ? Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi ! Vraiment, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens. Mais si le serviteur se dit en lui-même : ‘Mon maître tarde à venir’, et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s’enivrer, alors quand le maître viendra, le jour où son serviteur ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il l’écartera et lui fera partager le sort des infidèles. Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups. Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, celui-là n’en recevra qu’un petit nombre. À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. » Patrick BRAUD

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27 décembre 2014

Fêter la famille, multiforme et changeante

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 1 h 00 min

Fêter la famille, multiforme et changeante

 

cf. également La vieillesse est un naufrage ? Honore la !

Une famille réfugiée politique

Familles, je vous aime ?

Homélie pour la fête de la Sainte Famille / Année B
28/12/2014

 

Quelques statistiques

Fêter la Sainte Famille en France en 2015 relève un peu de la provocation…

Mosaïque de familles © Pawel Nowik - Fotolia.com

Car s’il est une réalité sociale aujourd’hui chahutée et en pleine mutation, c’est bien la vie familiale !

Il suffit de rappeler quelques chiffres clés de cette évolution en France :

1 enfant sur 2 naît hors mariage.

Plus d’1 mariage sur 2 se termine par un divorce (1 Pacs sur 3 par une séparation)

1 avortement pour 4 naissances, ce qui fait qu’1 femme sur 3 aura connu une IVG avant la fin de sa vie.

1 couple sur 4 vit en concubinage (hors mariage, hors Pacs).

1 famille sur 5 est monoparentale, essentiellement des femmes seules avec enfant (avec la précarité que cela engendre).

 

Evolution des mariages et des divorces entre 1995 et 2010 © MJL - DicomOn le voit : vivre à deux avec des enfants peut aujourd’hui se faire de multiples façons, et évoluer tout au long d’une existence. Et pourtant, paradoxe bien français, la famille reste en tête de toutes les valeurs préférées des Français dans les sondages d’opinion. Et c’est une bonne nouvelle ! Cela veut dire que, quelque que soit la forme revêtue par la vie commune, on attend d’elle qu’elle soit source de chaleur, d’affection, de solidarité entre les générations (et en temps de crise, cela compte), de ressourcement personnel pour chacun de ses membres.

Recomposée ou non, pacsée ou non, homoparentale, monoparentale ou non, nos contemporains attendent beaucoup de la famille qu’ils s’obstinent à construire, à géométrie variable, malgré tous les aléas des séparations successives.

Il y a certes un prix à payer à cette liberté actuelle.

Fêter la famille, multiforme et changeante dans Communauté spirituelle solitude


Si autrefois on ne se sentait pas assez libre vis-à-vis de la pression familiale et sociale pour divorcer, cette liberté chèrement acquise se traduit actuellement par une montée en puissance de la précarité (familles  monoparentales) et de la solitude.

1 adulte sur 10 dit souffrir de la solitude, et plus d’un logement parisien sur deux est occupé par une personne seule. Paris, capitale de la solitude…

Face à ce constat singulièrement contrasté, quelle vision de la famille nous propose la Bible ?

 

Une réalité « mélangée »

Dès le livre de la Genèse, la famille apparaît comme une réalité ambiguë (permixta, comme aimait dire Saint Augustin). Elle est capable du meilleur, c’est-à-dire du divin, à travers l’union entre l’homme et la femme qui est un signe privilégié – un sacrement – de la communion d’amour existant en Dieu même, constituant l’identité (trinitaire) du Créateur.

Ce-que-dit-la-Bible-sur-la-famille divorce dans Communauté spirituelleElle est également capable du pire, dès le conflit entre Ève et Adam au sujet de ce qui est bien, dès le premier homicide où un frère tue son frère, et Caïn continue de tuer Abel depuis des siècles.

Dès l’origine, la Bible nous avertit : ne sacralisez pas la famille, éduquez-la pour qu’elle corresponde à sa vocation la plus haute (la divinisation de l’homme).

Cette ambiguïté va courir tout au long de l’Ancien Testament : incestes, adultères, meurtres, trahisons et haines tenaces ne cessent de traverser les familles royales, de tenter la fidélité du peuple, de décomposer le tissu social. Joseph sera vendu par ses frères, comme Jésus par Judas.

Et en même temps, des couples célèbres montrent que la foi au dieu unique s’incarne dans leur amour : Abraham et Sarah, Samson et Dalila, le bien-aimé et la bien-aimée du Cantique des cantiques… Des mères de famille admirables voient leur fils mourir sous le supplice et les encouragent pourtant à ne pas renier leur foi. Le foyer familial devient le premier lieu de la liturgie juive, unissant parents et enfants dans un culte et un témoignage au Dieu d’Israël etc.

 

Dans le Nouveau Testament, le moins qu’on puisse dire est que cette ambiguïté de la famille est omniprésente.

C’est Hérodiade, la belle-fille d’Hérode, qui obtient de lui la tête de Jean-Baptiste. C’est Zacharie, le père de Jean-Baptiste, qui a tellement de mal à accepter que son fils soit différent de lui (il veut lui imposer le même prénom que lui) qu’il en perd la parole !

Jésus lui-même relativise aussi l’emprise familiale.

- Il montre son indépendance dès son plus jeune âge.
Une fois les jours écoulés, alors qu’ils s’en retournaient, l’enfant Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents.  Le croyant dans la caravane, ils firent une journée de chemin, puis ils se mirent à le rechercher parmi leurs parents et connaissances.  Ne l’ayant pas trouvé, ils revinrent, toujours à sa recherche, à Jérusalem. Et il advint, au bout de trois jours, qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant;  et tous ceux qui l’entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses. À sa vue, ils furent saisis d’émotion, et sa mère lui dit: « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela? Vois! ton père et moi, nous te cherchons, angoissés. »  Et il leur dit: « Pourquoi donc me cherchiez-vous? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père? »  Mais eux ne comprirent pas la parole qu’il venait de leur dire. (Lc 2,41-52)

Sa « fugue » vers l’âge de 12 ans est restée célèbre ! Il y a donc des ‘transgressions’ familiales positives…

- La foi en Christ divisera les familles.
Je suis venu opposer l’homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère : on aura pour ennemis les gens de sa famille.  Qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi.(Mt  10,35-39)

- En temps de persécution, beaucoup seront capables de vendre père et mère pour échapper aux problèmes…
Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mourir. (Mt  10,21)

- Il faut quitter son père et sa mère pour aimer. C’est-à-dire faire du neuf à deux, en s’appuyant sur le passé familial de chacun, mais sans le répéter ni le fuir…
L’homme quittera son père et sa mère,  et les deux ne feront qu’une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. (Mc  10,7-8)

- Bien plus, alors qu’il est incompris de sa propre famille, Jésus n’a pas peur de les remettre à leur place.
Il vient à la maison et de nouveau la foule se rassemble, au point qu’ils ne pouvaient pas même manger de pain.  Et les siens, l’ayant appris, partirent pour se saisir de lui, car ils disaient: « Il a perdu le sens.  (Mc 3,20-21)

9782204102582 Esprit- Il sait que les familles humaines sont possessives, et ont besoin d’être converties à l’amour gratuit.
Sa mère et ses frères arrivent et, se tenant dehors, ils le firent appeler.  Il y avait une foule assise autour de lui et on lui dit: « Voilà que ta mère et tes frères et tes sœurs sont là dehors qui te cherchent. »  Il leur répond: « Qui est ma mère? Et mes frères? »  Et, promenant son regard sur ceux qui étaient assis en rond autour de lui, il dit: « Voici ma mère et mes frères.  Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là m’est un frère et une sœur et une mère. » (Mc 3,31-35)

- Il se méfie par exemple de l’attachement maternel trop envahissant.
Jésus aussi fut invité à ces noces, ainsi que ses disciples.  Or il n’y avait plus de vin, car le vin des noces était épuisé. La mère de Jésus lui dit: « Ils n’ont pas de vin. »  Jésus lui dit: « Que me veux-tu, femme? Mon heure n’est pas encore arrivée. » (Jn 2,3-5)

Alors la mère des fils de Zébédée s’approcha de lui, avec ses fils, et se prosterna pour lui demander quelque chose. « Que veux-tu? » Lui dit-il. Elle lui dit: « Ordonne que mes deux fils que voici siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ton Royaume. »  Jésus répondit: « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire? » (Mt 20,20-23)

En même temps, le Christ ne cesse de rappeler la vocation humanisante – c’est-à-dire divinisante ! – de la famille :

- Il réaffirme l’importance de la famille, en rappelant notamment le Décalogue, où le 5° commandement porte sur le respect des parents.
Il leur répondit: Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu au profit de votre tradition?  Car Dieu a dit: Honore ton père et ta mère; et: Celui qui maudira son père ou sa mère sera puni de mort.  Mais vous, vous dites: Celui qui dira à son père ou à sa mère: Ce dont j’aurais pu t’assister est une offrande à Dieu, n’est pas tenu d’honorer son père ou sa mère. Vous annulez ainsi la parole de Dieu au profit de votre tradition. (Mt 15,1-9)

- L’appel de Jésus retentit dans la famille humaine qui est un lieu privilégié pour y répondre. On peut ainsi s’aider entre frères et sœurs à suivre le Christ !
Comme il cheminait sur le bord de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et André son frère, qui jetaient l’épervier dans la mer; car c’étaient des pêcheurs. Et il leur dit: « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. »  Eux, aussitôt, laissant les filets, le suivirent. Et avançant plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère, dans leur barque, avec Zébédée leur père, en train d’arranger leurs filets; et il les appela.  Eux, aussitôt, laissant la barque et leur père, le suivirent.(Mt  4,18-21, pour Simon et André, Jacques et Jean)

 

Finalement, c’est à la famille de ressembler à l’Église, et non l’inverse !

Ce rapide parcours biblique doit au moins nous amener être très prudents : adorer ou brûler la famille n’est pas très évangélique. La réduire à une seule forme de lien, un seul modèle historique n’est pas très fidèle non plus…

L’Esprit Saint a fait surgir à travers Marie, Joseph et Jésus une cellule familiale complètement nouvelle, atypique, non reproductible à l’identique. C’est donc à chaque génération de chrétiens de recevoir de ce même Esprit Saint la capacité d’imaginer des liens entre générations qui servent la vocation humaine.

Freeshipping-Cartoon-Plush-Family-Puppet-Baby-Plush-Toy-Finger-Puppets-Hand-Talking-Props-6-designs-group Esprit Saint


Dans sa doctrine sociale, l’Église catholique insiste sur quelques points clés que la vie familiale a pour vocation de servir :

 

- la gratuité.

Loin de toute possession parentale ou affective, l’éducation familiale doit permettre de faire cette expérience bouleversante : être aimé pour rien, simplement parce qu’on est fils/fille de ses parents. Être accueilli et soutenu quoi qu’il arrive.

La gratuité de l’amour parental reste un des fondements pour devenir adulte et aimer à son tour. C’est un signe fort, une icône de la gratuité de l’amour de Dieu, à la fois père et mère.

- le pardon.

Puisque les tensions, les conflits, voire les violences sont inéluctables au sein de nos familles, un des enjeux des chrétiens sera de convertir cette vie partagée à la pédagogie du pardon. Pas seulement des enfants demandant pardon aux adultes ! Un lien où l’on réapprendre à vivre ensemble au-delà des inévitables blessures qui arrivent quand on vit côte à côte sans s’être choisis.

- le service des autres.

Une famille repliée sur elle-même devient mortifère, régressive. Une famille ne cherchant que son intérêt propre finit par devenir une mafia, et l’on sait ce que la mafia fait à ceux qui ne se soumettent pas à sa loi inique.

L’éducation familiale qui s’inspire de l’Esprit de l’Évangile cherchera à ouvrir ses membres au service désintéressé des autres, et d’abord des plus défavorisés. Cela passe par la vie associative, culturelle, sportive, par l’apprentissage de la solidarité (scoutisme, aumôneries, humanitaire, engagements divers) etc.

Quelle que soit votre famille, demandez-vous si, telle qu’elle est, vous pouvez l’orienter vers davantage de gratuité, de pardon, de service des autres.

 

Si vous désirez réellement progresser sur l’un de ces trois points, alors fêtez la Sainte-Famille avec un cœur léger !

Sinon, refermez l’Évangile en le traitant de naïf et d’irréaliste, et essayez d’oublier la promesse familiale qu’il contient…

 

1ère lecture : « Ton héritier sera quelqu’un de ton sang » (Gn 15, 1-6 ; 21, 1-3)

Lecture du livre de la Genèse

En ces jours-là,

la parole du Seigneur fut adressée à Abram dans une vision :  « Ne crains pas, Abram !  Je suis un bouclier pour toi.  Ta récompense sera très grande. » Abram répondit :  « Mon Seigneur Dieu, que pourrais-tu donc me donner ?  Je m’en vais sans enfant,  et l’héritier de ma maison, c’est Élièzer de Damas. »  Abram dit encore : « Tu ne m’as pas donné de descendance,  et c’est un de mes serviteurs qui sera mon héritier. » Alors cette parole du Seigneur fut adressée à Abram : « Ce n’est pas lui qui sera ton héritier,  mais quelqu’un de ton sang. » Puis il le fit sortir et lui dit :  « Regarde le ciel,  et compte les étoiles, si tu le peux… »  Et il déclara :  « Telle sera ta descendance ! » Abram eut foi dans le Seigneur  et le Seigneur estima qu’il était juste. Le Seigneur visita Sara  comme il l’avait annoncé ;  il agit pour elle comme il l’avait dit.  Elle devint enceinte,  et elle enfanta un fils pour Abraham dans sa vieillesse,  à la date que Dieu avait fixée.  Et Abraham donna un nom  au fils que Sara lui avait enfanté :  il l’appela Isaac.

Psaume : 104 (105), 1-2, 3-4, 5-6, 8-9

R/ Le Seigneur, c’est lui notre Dieu ; il s’est toujours souvenu de son alliance. 104, 7a.8a 

Rendez grâce au Seigneur, proclamez son nom,
annoncez parmi les peuples ses hauts faits ;
chantez et jouez pour lui,
redites sans fin ses merveilles.

Glorifiez-vous de son nom très saint :
joie pour les cœurs qui cherchent Dieu !
Cherchez le Seigneur et sa puissance,
recherchez sans trêve sa face.

Souvenez-vous des merveilles qu’il a faites,
de ses prodiges, des jugements qu’il prononça,
vous, la race d’Abraham son serviteur,
les fils de Jacob, qu’il a choisis.

Il s’est toujours souvenu de son alliance,
parole édictée pour mille générations :
promesse faite à Abraham,
garantie par serment à Isaac.

2ème lecture : La foi d’Abraham, de Sara et d’Isaac (He 11, 8.11-12.17-19)

Lecture de la lettre aux Hébreux

Frères, grâce à la foi, Abraham obéit à l’appel de Dieu :  il partit vers un pays  qu’il devait recevoir en héritage,  et il partit sans savoir où il allait.  Grâce à la foi, Sara, elle aussi, malgré son âge,  fut rendue capable d’être à l’origine d’une descendance  parce qu’elle pensait que Dieu est fidèle à ses promesses.  C’est pourquoi, d’un seul homme, déjà marqué par la mort,  a pu naître une descendance aussi nombreuse  que les étoiles du ciel  et que le sable au bord de la mer,  une multitude innombrable.  Grâce à la foi, quand il fut soumis à l’épreuve,  Abraham offrit Isaac en sacrifice.  Et il offrait le fils unique,  alors qu’il avait reçu les promesses  et entendu cette parole : C’est par Isaac qu’une descendance portera ton nom. Il pensait en effet  que Dieu est capable même de ressusciter les morts ;  c’est pourquoi son fils lui fut rendu :  il y a là une préfiguration.

Evangile : « L’enfant grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse » (Lc 2, 22-40)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. À bien des reprises, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; à la fin, en ces jours où nous sommes,  il nous a parlé par son Fils. Alléluia. (He 1, 1-2)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse  pour la purification,  les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem  pour le présenter au Seigneur,  selon ce qui est écrit dans la Loi :  Tout premier-né de sexe masculin  sera consacré au Seigneur.  Ils venaient aussi offrir  le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur :  un couple de tourterelles  ou deux petites colombes.   Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon.  C’était un homme juste et religieux,  qui attendait la Consolation d’Israël,  et l’Esprit Saint était sur lui.  Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce  qu’il ne verrait pas la mort  avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.  Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple.  Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus  pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait,  Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître souverain,  tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. » Le père et la mère de l’enfant  s’étonnaient de ce qui était dit de lui.  Syméon les bénit,  puis il dit à Marie sa mère :  « Voici que cet enfant  provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël.  Il sera un signe de contradiction  – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – :  ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »   Il y avait aussi une femme prophète,  Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser.  Elle était très avancée en âge ;  après sept ans de mariage,  demeurée veuve,  elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans.  Elle ne s’éloignait pas du Temple,  servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière.  Survenant à cette heure même,  elle proclamait les louanges de Dieu  et parlait de l’enfant  à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.  Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur,  ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait,  rempli de sagesse,  et la grâce de Dieu était sur lui.
Patrick BRAUD

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9 juin 2012

Impossibilités et raretés eucharistiques

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Impossibilités et raretés eucharistiques

Homélie pour la fête du Corps et du Sang du Christ
10/06/2012

Quelle est l’importance de l’eucharistie pour chacun de nous ?

Cette fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ – la Fête-Dieu - est le bon moment pour se poser ce genre de questions : si je communie, qu’est-ce que cela irrigue dans le reste de ma vie ? Si je ne communie pas, ou puis-je trouver ma nourriture intérieure pour assumer la semaine à venir ?

La question de la communion eucharistique est devenue très douloureuse en Occident. Pour au moins deux raisons : la présence massive de divorcés remariés dans nos assemblées, la raréfaction du nombre de prêtres.

 

Les questions venant de divorcés remariés

Dans nos assemblées, beaucoup ne peuvent pas (et ne doivent pas au regard de la loi actuelle de l’Église catholique) communier physiquement même s’ils sont régulièrement à la messe. Or il y a tant de personnes mariées religieusement et divorcées civilement en France (presque un mariage sur deux) que dans nos assemblées, soit elles se sentent rejetées, soit elles font « comme si », quitte à tomber dans un « pas vu pas pris » qui est infantilisant pour tout le monde. C’est une telle souffrance que cela en devient un fossé, une source d’amertume et d’incompréhension.

Impossibilités et raretés eucharistiques dans Communauté spirituelleIl faut cependant rappeler que la première souffrance est celle du divorce lui-même. Et non seulement les mariés qui se séparent souffrent (avant, ou pendant, ou après ou les trois…) mais l’Église également souffre, car comment peut-elle parler d’un Dieu d’amour si ses membres en pratique disent que l’amour n’est qu’un CDD, révocable quand le coeur ne bat plus pour l’autre ?

On n’évoque pas souvent cette souffrance ecclésiale liée au divorce de ses membres. Pourtant, comme dans une famille où on est déchiré par le déchirement de ses proches, nos assemblées sont marquées et meurtries par ces séparations. Et répétons-le, leur témoignage s’en trouve extraordinairement affaibli.

Reste que le divorce arrive si fréquemment qu’on ne peut pas se draper dans une attitude pharisienne en se contentant de répéter : « la loi c’est la loi : pas de communion pour les divorcés remariés », sans rien faire d’autre.

Plus de 300 prêtres autrichiens en 2011 avaient osé mettre en débat public cette question (avec d’autres sujets de réforme). Mais le titre de leur « appel à la désobéissance » était d’emblée une mauvaise réponse : la désobéissance n’est féconde que si elle s’accompagne d’un intense travail d’argumentation, et donc de dialogues contradictoires qui demandent du temps, de l’humilité, et beaucoup de respect fraternel. Faire évoluer la loi est plus difficile que de la contourner parce qu’elle gêne. Par contre, lorsque la loi ne peut manifestement plus être observée par la grande majorité du peuple, alors il faut se poser de bonnes questions…

Paradoxalement, les divorcés remariés nous redisent l’importance de l’eucharistie : s’ils souffrent de ne pouvoir communier physiquement au corps et au sang du Christ, c’est parce que cela a une grande importance pour eux. Sinon ils s’en passeraient volontiers, sans faire de problèmes. Tout ceux qui restent à leur place dans l’assemblée alors que les autres se lèvent pour la procession de communion sont de vivants rappels : ne vous habituez jamais à ce geste si impressionnant !

 

La rareté eucharistique

La deuxième raison pour laquelle la question de la communion est devenue douloureuse en Horaires%20des%20messes divorce dans Communauté spirituelleOccident est la raréfaction du nombre de prêtres. Dans le monde rural, il faut maintenant consulter un planning digne d’un horaire SNCF pour trouver une messe quelque part. Et en plus il faut faire des kilomètres en voiture pour aller rejoindre une assemblée où le prêtre comme les participants sont plutôt du troisième âge.

Dans les centres urbains, c’est plus facile. Et on a le choix du style de liturgie et d’assemblée qu’on désire rejoindre (avec le piège de se choisir son Église au lieu d’accepter de faire Église avec ceux qu’on n’a pas choisi). La raréfaction des célébrations eucharistiques régulières en France rejoint la faim eucharistique de bien des paroisses en Afrique ou en Amérique latine, qui ne peuvent avoir la messe qu’une fois par mois (ou par an !) à cause du manque de prêtres.

Est-il juste de priver les fidèles de pain eucharistique avec comme seul argument le manque des ministres ordonnés ? Ne faudrait-il pas renverser la logique, et ordonner des ministres en fonction des besoins des communautés chrétiennes ? Le livre des Actes des Apôtres donne maints exemples de situations ou des apôtres, Pierre et Paul en tête, imposent les mains à des membres d’une Église locale pour que celle-ci puisse vivre et se nourrir du corps et du sang du Christ après le départ des apôtres. « Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Mt 14,16) avait dit Jésus?

Les divorcés remariés et la raréfaction des célébrations eucharistiques reposent de graves questions à notre Église : sommes-nous vraiment persuadés que l’eucharistie est « la source et le sommet de la vie chrétienne » (LG 11) et « la source et le sommet de toute évangélisation » (PO 5) selon les mots du concile Vatican II (cf. également SC 10) ?

En tirons-nous vraiment toutes les conséquences, pour nous-mêmes personnellement comme pour notre Église ?

 

 

1ère lecture : Conclusion solennelle de la première Alliance (Ex 24, 3-8)

Lecture du livre de l’Exode

En descendant du Sinaï, Moïse vint rapporter au peuple toutes les paroles du Seigneur et tous ses commandements. Le peuple répondit d’une seule voix : « Toutes ces paroles que le Seigneur a dites, nous les mettrons en pratique. »
Moïse écrivit toutes les paroles du Seigneur ; le lendemain matin, il bâtit un autel au pied de la montagne, et il dressa douze pierres pour les douze tribus d’Israël. Puis il chargea quelques jeunes Israélites d’offrir des holocaustes, et d’immoler au Seigneur de jeunes taureaux en sacrifice de paix. Moïse prit la moitié du sang et le mit dans des bassins ; puis il aspergea l’autel avec le reste du sang. Il prit le livre de l’Alliance et en fit la lecture au peuple. Celui-ci répondit : « Tout ce que le Seigneur a dit, nous le mettrons en pratique, nous y obéirons. »
Moïse prit le sang, en aspergea le peuple, et dit : « Voici le sang de l’Alliance que, sur la base de toutes ces paroles, le Seigneur a conclue avec vous. »

Psaume : 115, 12-13, 15-16ac, 17-18

R/ Nous partageons la coupe du salut en invoquant le nom du Seigneur.

Comment rendrai-je au Seigneur
tout le bien qu’il m’a fait ?
J’élèverai la coupe du salut,
j’invoquerai le nom du Seigneur.

Il en coûte au Seigneur
de voir mourir les siens !
Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur,
moi, dont tu brisas les chaînes ?

Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce,
j’invoquerai le nom du Seigneur.
Je tiendrai mes promesses au Seigneur,
oui, devant tout son peuple.

2ème lecture : Le Christ nous purifie par son propre sang (He 9, 11-15)

Lecture de la lettre aux Hébreux

Le Christ est le grand prêtre du bonheur qui vient. La tente de son corps est plus grande et plus parfaite que celle de l’ancienne Alliance ; elle n’a pas été construite par l’homme, et n’appartient donc pas à ce monde.
C’est par elle qu’il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire du ciel en répandant, non pas le sang des animaux, mais son propre sang : il a obtenu ainsi une libération définitive.
S’il est vrai qu’une simple aspersion avec du sang d’animal, ou avec de l’eau sacrée, rendait à ceux qui s’étaient souillés une pureté extérieure pour qu’ils puissent célébrer le culte, le sang du Christ, lui, fait bien davantage : poussé par l’Esprit éternel, Jésus s’est offert lui-même à Dieu comme une victime sans tache ; et son sang purifiera notre conscience des actes qui mènent à la mort pour que nous puissions célébrer le culte du Dieu vivant.
Voilà pourquoi il est le médiateur d’une Alliance nouvelle, d’un Testament nouveau : puisqu’il est mort pour le rachat des fautes commises sous le premier Testament, ceux qui sont appelés peuvent recevoir l’héritage éternel déjà promis.

Evangile : L’institution de l’Eucharistie, sacrement de la nouvelle Alliance (Mc 14, 12-16.22-26)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Tu es le pain vivant venu du ciel, Seigneur Jésus. Qui mange de ce pain vivra pour toujours. Alléluia. (cf. Jn 6, 51-52)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l’on immolait l’agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour ton repas pascal ? »
Il envoie deux disciples : « Allez à la ville ; vous y rencontrerez un homme portant une cruche d’eau. Suivez-le. Et là où il entrera, dites au propriétaire : ‘Le maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?’ Il vous montrera, à l’étage, une grande pièce toute prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs. »
Les disciples partirent, allèrent en ville ; tout se passa comme Jésus le leur avait dit ; et ils préparèrent la Pâque.
Pendant le repas, Jésus prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit, et le leur donna, en disant : « Prenez, ceci est mon corps. »
Puis, prenant une coupe et rendant grâce, il la leur donna, et ils en burent tous.
Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, répandu pour la multitude.
Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’à ce jour où je boirai un vin nouveau dans le royaume de Dieu. »
Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.
Patrick Braud

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26 décembre 2009

Familles, je vous aime ?

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 03 min

Familles, je vous aime ?

 

Homélie de la fête de la sainte Famille / Année C

27/12/2009

 

Fêter la Sainte Famille à partir des textes de ce dimanche, et dans le contexte social des familles actuelles, cela relève d’une double gageure !

Regardez les familles dans ces textes :

- Anne était stérile ; ou du moins se croyait telle, comme tant de couples aujourd’hui qui ont du mal à avoir des enfants. Elle n’a eu Samuel que tardivement, sur le fil, après avoir supplié Dieu si longtemps. Du coup, elle reconnaît que Samuel – « Dieu exauce » – n’est pas à elle, n’est pas sa propriété : elle le donne au Seigneur, sans retour. Samuel sera élevé dans le temple de Silo, au service de Dieu. Voilà donc un couple qui souffre d’hypo-fécondité, et qui pourtant abandonne son fils unique loin de la cellule familiale…

- Saint Jean lui, dans la deuxième lecture, nous affirme que nous sommes enfants de Dieu, de sa famille donc. Sacrée famille, qui se moque des liens du sang, puisque seuls les liens du baptême comptent !

- L’Évangile nous montre une famille encore plus étrange : Marie, vierge – mère, avec son compagnon Joseph, et le jeune Jésus de 12 ans. Cet épisode ressemble à une fugue à l’envers : ce sont les parents qui partent, et l’enfant qui reste. Mais ce faisant, l’enfant prend le risque d’inquiéter ses parents en marquant en plus une troublante volonté d’autonomie, d’indépendance, voire de séparation. Jusqu’à réclamer une autre filiation que celle, naturelle, qu’on lui avait enseignée. « C’est chez mon Père – mon vrai Père, au temple de Jérusalem – que je dois être ». De quoi mettre en colère Marie et Joseph, ou du moins de quoi les angoisser, et faire de vifs reproches à leur fils.

Voilà donc une autre famille, atypique, confrontée à la première crise de croissance de leur enfant déjà adolescent.

nullDe quoi rassurer nos familles actuelles qui sont elles aussi bouleversées par les évolutions sociales !
Quelques chiffres pour vous rappeler l’ampleur des mutations en cours : 180 000 pactes civils de solidarité (PACS) ont été signé en 2009, pour environ 270 000 mariages (66 %). L’âge moyen du mariage est passé de 22 ans en 1975 à 29 ans aujourd’hui : à cause des études et de la recherche d’emploi, on se marie plus tard.

Les couples non mariés sont passés de 3 % vers 1970 à 22 % en 2006 ! Les divorces ont augmenté de même : de 40 000 divorces en 1970 à 130 000 par an actuellement  (50 % des mariages).

Du coup, les familles monoparentales – expression pudique qui recouvre en fait de grandes solitudes, et de grandes difficultés pour les femmes – sont nombreuses, plus exposées à la précarité et à la pauvreté que les autres… Les familles – en se recomposant – résistent plus ou moins bien à ces ruptures et ces nouvelles alliances.

On pourrait allonger le constat. La famille change, c’est sûr !

Sans qu’il y ait eu d’âge d’or, d’ailleurs, comme nous le montrent les textes bibliques très réalistes sur la complexité familiale.

 

Mais la bonne nouvelle, c’est la capacité de nos familles, d’hier et d’aujourd’hui, à assumer l’éducation de leurs enfants.

Beaucoup de parents, comme Anne, acceptent de ne pas posséder leurs fils, leur fille, et de les laisser aller à leur vocation, comme pour Samuel.

Beaucoup de familles sont capables d’aller au-delà des liens du sang pour recomposer de vraies solidarités.

Beaucoup de parents, comme Marie et Joseph, sont confrontés à de sérieuses difficultés dans l’éducation de leurs enfants. Pourtant, à travers reproches, angoisse, et parfois colère, ils apprennent leur métier d’éducateur : accepter de ne pas tout comprendre, pas tout de suite, faire confiance à la puissance de vie que chaque enfant a en lui, rester disponible aux signes ultérieurs qui aideront l’enfant a trouver sa voie…

 

Pourquoi désespérer de nos familles, telles quels sont ?

 

L'arbre de Jessé, d'où est issu le ChristLa Bible regorge de généalogies mélangées, d’histoires familiale tordues, de séparations et de ruptures, jusque dans la propre histoire familiale de Jésus. Et pourtant Dieu ne cesse pas d’agir à travers tout cela ; et pourtant des rois sont issus d’adultères, des prophètes d’unions polygames, des prêtres de fratries sanglantes…

Jésus lui-même a dans ses ancêtres des assassins, des prostituées, des adultères, des incestueux (cf. Matthieu 1, 1-16) : lui, le fils de David, assume cette histoire compliquée et douloureuse, confiant en la puissance de l’Esprit qui lui fera porter le Messie d’Israël…

 


Fêtons donc la Sainte Famille, non pas avec la nostalgie d’un âge d’or familial qui n’a jamais existé, mais avec la confiance de Marie qui croit en son fils qu’elle a pourtant tant de mal à comprendre…

 

 

 

 

1ère lecture : L’enfant donné par le Seigneur (1 S 1, 20-22.24-28)

Lecture du premier livre de Samuel

Le temps venu, Anne conçut et mit au monde un fils ; elle lui donna le nom de Samuel (c’est-à-dire : Dieu exauce) car, disait-elle : « Je l’ai demandé au Seigneur. »
Elcana, son mari, monta au sanctuaire avec toute sa famille pour offrir au Seigneur le sacrifice habituel et celui du voeu pour la naissance de l’enfant.
Anne, elle, n’y monta pas. Elle dit à son mari : « Quand l’enfant sera sevré, je l’emmènerai : il sera présenté au Seigneur, et il restera là pour toujours. »
Lorsque Samuel eut été sevré, Anne, sa mère, le conduisit à la maison du Seigneur, à Silo ; elle avait pris avec elle un taureau de trois ans, un sac de farine et une outre de vin.
On offrit le taureau en sacrifice, et on présenta l’enfant au prêtre Éli.
Anne lui dit alors : « Écoute-moi, mon seigneur, je t’en prie ! Aussi vrai que tu es vivant, je suis cette femme qui se tenait ici près de toi en priant le Seigneur.
C’est pour obtenir cet enfant que je priais, et le Seigneur me l’a donné en réponse à ma demande.
A mon tour je le donne au Seigneur. Il demeurera donné au Seigneur tous les jours de sa vie. » Alors ils se prosternèrent devant le Seigneur.

 

Psaume : 83, 3, 4, 5-6, 9-10

R/ Seigneur, en ta demeure, toute paix, toute joie !

Mon âme s’épuise à désirer
les parvis du Seigneur ;
mon coeur et ma chair sont un cri

vers le Dieu vivant ! 

L’oiseau lui-même s’est trouvé une maison,
et l’hirondelle, un nid :
tes autels, Seigneur de l’univers,
mon Roi et mon Dieu !

Heureux les habitants de ta maison :
ils pourront te chanter encore !
Heureux les hommes dont tu es la force :
des chemins s’ouvrent dans leur coeur !

Seigneur, Dieu de l’univers, entends ma prière ;
écoute, Dieu de Jacob.
Dieu, vois notre bouclier,
regarde le visage de ton messie.

2ème lecture : Dieu fait de nous ses enfants (1 Jn 3, 1-2.21-24)

Lecture de la première lettre de saint Jean

Mes bien-aimés, voyez comme il est grand, l’amour dont le Père nous a comblés :il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu- et nous le sommes. Voilà pourquoi le monde ne peut pas nous connaître : puisqu’il n’a pas découvert Dieu.
Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est.

Mes bien-aimés,si notre coeur ne nous accuse pas,nous nous tenons avec assurance devant Dieu.
Tout ce que nous demandons à Dieu, il nous l’accorde, parce que nous sommes fidèles à ses commandements, et que nous faisons ce qui lui plaît.
Or, voici son commandement :avoir foi en son Fils Jésus Christ, et nous aimer les uns les autresc omme il nous l’a commandé.
Et celui qui est fidèle à ses commandements demeure en Dieu, et Dieu en lui ; et nous reconnaissons qu’il demeure en nous, puisqu’il nous a donné son Esprit.

 

Evangile : Les parents de Jésus le retrouvent chez son Père (Lc 2, 41-52)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Chaque année, les parents de Jésus allaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque.
Quand il eut douze ans, ils firent le pèlerinage suivant la coutume.
Comme ils s’en retournaient à la fin de la semaine, le jeune Jésus resta à Jérusalem sans que ses parents s’en aperçoivent.
Pensant qu’il était avec leurs compagnons de route, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances.
Ne le trouvant pas, ils revinrent à Jérusalem en continuant à le chercher.
C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions,
et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses.
En le voyant, ses parents furent stupéfaits, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi ! »
Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne le saviez-vous pas ? C’est chez mon Père que je dois être. »
Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.
Il descendit avec eux pour rentrer à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son coeur tous ces événements.
Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, sous le regard de Dieu et des hommes.
Patrick BRAUD

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