L'homelie du dimanche

27 avril 2016

Le Paraclet, l’Église, Mohammed et nous

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Le Paraclet, l’Église, Mohammed et nous

 

Homélie du 6° Dimanche de Pâques / Année C
01/05/2016

Cf. également :

L’Esprit et la mémoire

La gestion des conflits

 

L’Esprit, mon avocat

Afficher l'image d'origineAvez-vous déjà eu recours à un avocat ? Que ce soit pour un divorce, un litige professionnel, une affaire judiciaire ou autre, avoir un avocat à ses côtés change bien des choses. Car le Code civil (comme le Code du travail !) est si complexe que seul un professionnel peut en débrouiller les lignes pour y repérer vos droits. Car la machine accusatrice est si violente que y répondre seul équivaut à se jeter dans la gueule du loup. Car sans avocat pas de contestation possible, ni de défense réellement construite. Évidemment, cette aide coûte cher, très cher. Et les avocats commis d’office ne garantissent pas la même qualité de travail.

Notre évangile de ce dimanche nous promet un avocat gratuit, et le meilleur ténor du barreau ! Jésus sait que les chrétiens vont être en procès dans le monde, pour longtemps. Lui-même va expérimenter devant Caïphe puis Pilate qu’un accusé seul est déjà condamné. Alors il rassure ses disciples à l’avance : oui, vous serez mis en accusation, mais près de vous se tiendra le Paraclet, l’Esprit saint, votre avocat devant les hommes.

Le terme de Paraclet n’est employé que quatre fois dans toute la Bible (Jn 14, 16.26. ; 15,26 ; 16,7), et uniquement par Jean. Sans doute parce que c’est le plus tardif des évangiles (écrit vers 90), au moment où les persécutions éclatent partout et où les juifs comme les païens risquent leur vie à demander le baptême.

L’étymologie explique pourquoi le Paraclet est souvent traduit par avocat : para-kletos (en grec) = être appelé aux côtés de quelqu’un = ad-vocatus = avocat (en latin).

L’Esprit que promet Jésus est donc celui qui se tient à nos côtés pour nous défendre lorsque que le monde nous prend en haine. C’est vraiment le soutien dont nous avons besoin pour ne pas perdre coeur devant les accusations antichrétiennes.

Jésus avait précisé ce rôle de conseiller que joue l’Esprit :

« On portera la main sur vous, on vous persécutera, on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous traduira devant des rois et des gouverneurs à cause de mon Nom, et cela aboutira pour vous au témoignage. Mettez-vous donc bien dans l’esprit que vous n’avez pas à préparer d’avance votre défense : car moi je vous donnerai un langage et une sagesse, à quoi nul de vos adversaires ne pourra résister ni contredire » (Lc 21, 12-15)

Nombre de martyrs chrétiens témoignent de cette sagesse inspirée lorsqu’ils répondent tranquillement à leurs bourreaux. Leurs interrogatoires sont remplis de ces défenses provenant directement de l’Esprit.

Ainsi Jeanne d’Arc devant ses juges :

   «- êtes-vous en état de grâce
- si j’y suis, Dieu m’y garde ; si je n’y suis pas, Dieu m’y mette.»

Ainsi Kisito et Charles Lwanga devant leurs tortionnaires ougandais : « Tu me brûles, dit Charles, mais c’est comme si tu versais de l’eau pour me laver ! »

Ainsi Blandine et les martyrs de Lyon : « Après les fouets, les bêtes, le gril, elle fut mise dans un filet et livrée à un taureau. Plusieurs fois projetée en l’air par l’animal, elle n’avait plus le sentiment de ce qui se passait tant elle était prise par son espérance et son entretien avec le Christ… Les corps des martyrs furent exposés aux injures de l’air pendant plusieurs jours. Ensuite on les brûla. Les cendres furent balayées jusqu’au Rhône. »

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Ainsi le vieillard Ignace d’Antioche : « Laissez-moi devenir la pâture des bêtes : c’est par elles qu’il me sera donné d’arriver à Dieu. Je suis le froment de Dieu et je suis moulu par, la dent des bêtes pour devenir le pain immaculé du Christ. »

 

Si nous croyons que réellement l’Esprit saint est à nos côtés pour défendre la foi au Christ, alors nous ferons l’expérience de cette source d’inspiration qui viendra naturellement mettre sur nos lèvres les paroles et les arguments qui conviennent.

 

Le Paraclet et l’Église

Le mot Église vient lui aussi du verbe grec kaleo = appeler au-dehors. Les membres de l’Église (ekkletoï) sont donc ceux qui sont appelés à sortir d’eux-mêmes, pour se laisser rassembler au-dehors.

Paraclet (para-kletos) et Église (ek-klèsia) sont très proches en grec. L’un est à nos côtés et l’autre nous rassemble en nous appelant hors de nous-mêmes. Dans le credo, nous proclamons notre confiance dans l’Église (credo Ecclesiam) est la conséquence de notre foi en l’Esprit saint (credo in Spiritum sanctum). C’est bien parce que l’Esprit mène l’Église que nous pouvons compter sur elle. Son rôle devrait être de permettre à chacun de faire l’expérience de l’Esprit saint : être soutenu, défendu, consolé par Dieu lui-même.

pentecote-vitrail- Taizé

Concrètement, c’est à travers la prière fraternelle, la solidarité paroissiale, l’accueil gratuit et chaleureux que nos communautés d’Église doivent faciliter et manifester le travail de l’Esprit saint en chacun. Sans Paraclet, pas d’Église. Et si l’Église n’est pas ouverte à l’action de l’Esprit saint en elle, alors mieux vaut ne pas avoir d’Église…

 

Le Paraclet et Mohamed

Curieusement, bon nombre de musulmans s’appuient sur une fausse traduction de notre évangile de Jean 14 pour faire annoncer à Jésus la venue du prophète Mohammed.

En effet, il est écrit dans la Sourate du Rang (Al Saff) 61.6, de l’an 3 de l’Hégire :

 » Et quand Jésus fils de Marie dit : O Enfants d’Israël, je suis vraiment un messager de Dieu à vous… annonciateur d’un messager à venir après moi dont le nom sera AHMAD.
Puis celui-ci vient à eux avec des preuves, ils disent : C’est de la magie manifeste ! « 

En arabe, les noms aHMaD (plus loué) et muHaMmaD (très loué) ont le même radical et des sens voisins. Voilà la raison pour laquelle les musulmans affirment que ce texte est une prophétie à peine voilée, faite par Jésus et s’accomplissant en Muhammad.

À l’évidence, il n’existe pas dans les évangiles une telle prophétie. Il a donc fallu poursuivre des investigations plus poussées au cours des années. Quelques musulmans ont alors essayé de changer les voyelles du mot Parakletos ( a-a-e-o) avec celles du mot periklytos (e-i-y-o). Or Ahmad ou Muhammad = « le Loué », sont des traductions du mot grec periklytos. Parakletos serait donc une lecture corrompue de periklytos, si bien que les paroles originales de Jésus en Jn 14 étaient une annonce prophétique de la venue de Muhammad, que les chrétiens auraient dissimulé en trafiquant l’écriture grecque…

Mais il faut savoir qu’en grec, et contrairement à l’arabe, toutes les voyelles s’écrivent dans le texte. Par conséquent, pour changer parakletos en periklytos, il faut altérer trois lettres écrites. De plus il n’existe aucune preuve textuelle d’une telle lecture. Aucune copie de l’évangile de Jean, depuis la plus ancienne qui remonte à l’an 200 environ, jusqu’aux plus récentes, ne possède le mot periklytos la place du mot parakletos. Le mot periklytos ne repose donc sur aucune justification textuelle ou linguistique.

Et voilà comment un tour de passe-passe permet de faire croire que Mohamed est en fait le véritable Paraclet promis par Jésus dans l’Évangile ! Évidemment, ce genre d’altération est très difficile à suivre, et pas seulement s’il faut changer trois voyelles qui en grec sont pourtant bien présentes dans tous les manuscrits (à la différence de la langue ancienne du Coran qui elle ne comporte pas de voyelles).

Jésus et Mohammed

Oeuvre tirée d’un ouvrage persan du XIVe siècle expliquant la vie des prophètes (« qisas al-anbiya »).
 La vision du prophète Isaïe :
Jésus (que l’islam considère comme un prophète) 
et Mahomet chevauchant côte à côte.
Manuscrit iranien du IXe siècle de l’Hégire (XVIe siècle)

Le débat est-il anecdotique ?

Pas tant que cela, car le Jésus du Coran n’a pas grand-chose à voir avec celui du Nouveau Testament. Il ne serait pour la tradition musulmane qu’un prophète de l’islam, dont les chrétiens auraient falsifié la vie et le message après coup.

Après les persécutions romaines ou les accusations des maîtres du soupçon (Marx, Nietzsche, Freud), les procès intentés aux chrétiens le sont aujourd’hui par les musulmans. Et pas seulement avec des kalachnikovs hélas. Avec également des arguments idéologiques dont les chrétiens peuvent et doivent démontrer l’inexactitude historique, scientifique, et l’incompatibilité profonde avec la foi au Christ. Là encore, ils peuvent s’appuyer sur l’Esprit saint pour assurer leur défense paisiblement, sans violence ni haine, devant leurs accusateurs.

 

Le Paraclet n’a donc pas fini de nous être précieux, aujourd’hui comme hier !

Si le Christ  nous l’a promis, si la Pentecôte l’a répandu en plénitude sur l’Église, alors n’ayons pas peur de faire appel a lui pour être notre avocat lorsque notre foi est mise en accusation d’une manière ou d’une autre.

 

 

1ère lecture : « L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas faire peser sur vous d’autres obligations que celles-ci qui s’imposent » (Ac 15, 1-2.22-29)
Lecture du livre des Actes des Apôtres

 En ces jours-là, des gens, venus de Judée à Antioche, enseignaient les frères en disant : « Si vous n’acceptez pas la circoncision selon la coutume qui vient de Moïse, vous ne pouvez pas être sauvés. » Cela provoqua un affrontement ainsi qu’une vive discussion engagée par Paul et Barnabé contre ces gens-là. Alors on décida que Paul et Barnabé, avec quelques autres frères, monteraient à Jérusalem auprès des Apôtres et des Anciens pour discuter de cette question. Les Apôtres et les Anciens décidèrent avec toute l’Église de choisir parmi eux des hommes qu’ils enverraient à Antioche avec Paul et Barnabé. C’étaient des hommes qui avaient de l’autorité parmi les frères : Jude, appelé aussi Barsabbas, et Silas. Voici ce qu’ils écrivirent de leur main : « Les Apôtres et les Anciens, vos frères, aux frères issus des nations, qui résident à Antioche, en Syrie et en Cilicie, salut ! Attendu que certains des nôtres, comme nous l’avons appris, sont allés, sans aucun mandat de notre part, tenir des propos qui ont jeté chez vous le trouble et le désarroi, nous avons pris la décision, à l’unanimité, de choisir des hommes que nous envoyons chez vous, avec nos frères bien-aimés Barnabé et Paul, eux qui ont fait don de leur vie pour le nom de notre Seigneur Jésus Christ. Nous vous envoyons donc Jude et Silas, qui vous confirmeront de vive voix ce qui suit : L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas faire peser sur vous d’autres obligations que celles-ci, qui s’imposent : vous abstenir des viandes offertes en sacrifice aux idoles, du sang, des viandes non saignées et des unions illégitimes. Vous agirez bien, si vous vous gardez de tout cela. Bon courage ! »

Psaume : Ps 66 (67), 2-3, 5, 7-8

R/ Que les peuples, Dieu, te rendent grâce ; qu’ils te rendent grâce tous ensemble ! ou : Alléluia. (Ps 66, 4)

Que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse,
que son visage s’illumine pour nous ;
et ton chemin sera connu sur la terre,
ton salut, parmi toutes les nations.

Que les nations chantent leur joie,
car tu gouvernes le monde avec justice ;
tu gouvernes les peuples avec droiture,
sur la terre, tu conduis les nations.

La terre a donné son fruit ;
Dieu, notre Dieu, nous bénit.
Que Dieu nous bénisse,
et que la terre tout entière l’adore !

2ème lecture : « Il me montra la Ville sainte qui descendait du ciel » (Ap 21, 10-14.22-23)
Lecture de l’Apocalypse de saint Jean

Moi, Jean, j’ai vu un ange. En esprit, il m’emporta sur une grande et haute montagne ; il me montra la Ville sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu : elle avait en elle la gloire de Dieu ; son éclat était celui d’une pierre très précieuse, comme le jaspe cristallin. Elle avait une grande et haute muraille, avec douze portes et, sur ces portes, douze anges ; des noms y étaient inscrits : ceux des douze tribus des fils d’Israël. Il y avait trois portes à l’orient, trois au nord, trois au midi, et trois à l’occident. La muraille de la ville reposait sur douze fondations portant les douze noms des douze Apôtres de l’Agneau. Dans la ville, je n’ai pas vu de sanctuaire, car son sanctuaire, c’est le Seigneur Dieu, Souverain de l’univers, et l’Agneau. La ville n’a pas besoin du soleil ni de la lune pour l’éclairer, car la gloire de Dieu l’illumine : son luminaire, c’est l’Agneau.

Evangile : « L’Esprit Saint vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit » (Jn 14, 23-29)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, dit le Seigneur ; mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui. Alléluia. (Jn 14, 23)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Paraclet, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé. Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi. Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez. »
Patrick BRAUD

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27 janvier 2016

Les djihadistes n’ont pas lu St Paul !

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Les djihadistes n’ont pas lu saint Paul !

Cf. également :

La grâce étonne ; c’est détonant !
Un nuage d’inconnaissance
La hiérarchie des charismes

Homélie pour le 4° dimanche du temps ordinaire / Année C
31/01/2016


Le documentaire de  intitulé « Salafiste » fait polémique en France, depuis sa sortie en salle ce Mercredi 27/01/2016. Fallait-il montrer ces images terribles du Mali ? Fallait-il donner la parole à des lettrés défendant tranquillement l’application de la Charia ? L’Express titrait hier : ‘Pourquoi il faut voir « Salafistes« , documentaire brut, brutal, mais éclairant’, alors que le ministère de la Culture interdisait le film aux moins de 18 ans.

Au moins la question est posée :

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Comment peut-on tuer au nom d’un dieu d’amour ?

Comment peut-on crier Allah Akbar en mitraillant des innocents à la kalachnikov ?

Comment peut-on se dire croyant, soumis à Dieu (islam = soumission) et appuyer sur le détonateur qui vous transforme en bombe humaine au milieu de la foule ?

Cette contradiction entre la foi et l’amour est terrible.

Elle vient de loin. Elle a déjà marqué l’histoire de l’Occident, à travers notamment les guerres de religion. L’indifférence religieuse du Sud-Ouest de la France par exemple remonte en grande partie à ces périodes troublées où protestants et catholiques se massacraient au nom de leurs croyances, de Béziers à la Rochelle, d’Albi à Toulouse…

Dans notre deuxième lecture, saint Paul ne parle pas seulement de foi, ni même d’amour, mais des trois : foi/amour/espérance. Voyons pourquoi.

 

1. La foi seule est meurtrière

Les djihadistes sont bel et bien mus par des raisons proprement religieuses, en plus des autres. Les belles âmes qui en France ne veulent voir que des racines sociales ou géopolitiques aux attentats de Daech ont du mal à intégrer cette dimension religieuse. Certes, de manière très marxiste, on peut expliquer pour une part ces comportements suicidaires par nombre de facteurs sociaux : les territoires perdus de la République, le chômage massif parmi les jeunes de la troisième génération d’immigrés, les siècles de colonialisme, les guerres injustes en Iran Irak Syrie Libye, le délitement des familles, la faillite de l’école etc. Si elles comportent leur part de vérité, ces explications matérialistes passent pourtant à côté de l’essentiel. Ceux qui tuent et se tuent le font au nom d’Allah, en étant persuadés de lui obéir, en bons musulmans soumis à la parole divine telle que le Coran est censé la retranscrire. Et les textes du Coran prônant le meurtre au nom de la foi en Allah sont légion :

Sourate 2,191. Et tuez-les, où que vous les rencontriez; et chassez-les d’où ils vous ont chassés: l’association est plus grave que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la Mosquée sacrée avant qu’ils ne vous y aient combattus. S’ils vous y combattent, tuez-les donc. Telle est la rétribution des mécréants.

Sr2,193. Et combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’association et que la religion soit entièrement à Allah seul. S’ils cessent, donc plus d’hostilités, sauf contre les injustes.

Sr3,10. Ceux qui ne croient pas, ni leur biens ni leurs enfants ne les mettront aucunement à l’abri de la punition d’Allah. Ils seront du combustible pour le Feu.

Sr3,157. Et si vous êtes tués dans le sentier d’Allah ou si vous mourez, un pardon de la part d’Allah et une miséricorde valent mieux que ce qu’ils amassent.

Sr3,158. Que vous mouriez ou que vous soyez tués, c’est vers Allah que vous serez rassemblés.

Sr4,74. Qu’ils combattent donc dans le sentier d’Allah, ceux qui troquent la vie présente contre la vie future. Et quiconque combat dans le sentier d’Allah, tué ou vainqueur, Nous lui donnerons bientôt une énorme récompense.

Tant que ces passages du Coran et bien d’autres semblables seront lus de manière littéraliste, sans exégèse historico-critique, la foi musulmane sera une source de dérive assassine, évidemment en contradiction avec le coeur de la foi chrétienne : Dieu est amour. Mais il faut pour cela remettre en cause le statut du texte du Coran, qui n’est sûrement pas la parole divine dictée à Mohamed, mais une compilation de rédactions successives de textes inspirés par leur contexte du VII° siècle en Arabie.

Des chrétiens ont eux-mêmes été capables de cette contradiction terrible, avant que la recherche scientifique des XVIII° et XIX° siècles sur la Bible ne leur permette de lire l’Ancien Testament et le Nouveau Testament autrement. Il faut se reporter à l’affaire Galilée et ensuite à la crise moderniste pour comprendre les siècles de débats dont l’Église a eu besoin pour finalement accepter de ne pas lire le texte au pied de la lettre.

Au nom de certitudes textuelles, crucifier les apostats, couper la main aux voleurs, lapider  les adultères ou imposer l’islam de force sont perçus par les fous de Dieu comme des exigences d’une foi sincère et conforme au Coran. Leur amour de Dieu prime sur l’amour des autres.

La foi seule devient idéologie, violence et domination de ceux qui ne partagent pas cette foi, le tout au nom de la vérité suprême qui est Dieu en personne :

Sr4,89. Ils aimeraient vous voir mécréants, comme ils ont mécru: alors vous seriez tous égaux! Ne prenez donc pas d’alliés parmi eux, jusqu’à ce qu’ils émigrent dans le sentier d’Allah. Mais s’ils tournent le dos, saisissez-les alors, et tuez-les où que vous les trouviez; et ne prenez parmi eux ni allié ni secoureur.

2. Feuerbach : foi et amour sont contradictoires

Afficher l'image d'origineEn 1841, Ludwig Feuerbach publie un essai qui va révolutionner l’Occident : L’essence du christianisme. Il y explicite les fondements de l’humanisme moderne, qui dénonce la foi en Dieu comme source d’intolérance. Son raisonnement est rigoureux, et hante encore aujourd’hui l’inconscient collectif européen : la foi seule est meurtrière. Car elle sépare les hommes en croyants et mécréants ; seul l’amour de l’humanité pour elle-même peut surmonter les divisions et les conflits inéluctables inéluctablement engendrés par les religions.

« La foi porte nécessairement à la haine, la haine à la persécution, dès que la puissance de la foi ne trouve pas de résistance, ne se brise pas contre une puissance étrangère, celle de l’amour, de l’humanité, du sentiment du droit. La foi, par elle-même, s’élève au-dessus des lois de la morale naturelle ; sa doctrine est la doctrine des devoirs envers Dieu, et le premier devoir est la foi.
Autant Dieu est au-dessus de l’homme, autant les devoirs envers Dieu sont au-dessus des devoirs envers l’homme, et ces devoirs entrent nécessairement en collision les uns avec les autres. »

« L’amour nous révèle l’essence intime, la foi révèle la forme. L’amour identifie Dieu et l’homme et unit les hommes entre eux ; la foi sépare l’homme de Dieu et les hommes les uns des autres ; car Dieu n’est que l’idée mystique de l’espèce, de l’humanité, et sa séparation d’avec l’homme entraîne nécessairement la séparation de l’homme d’avec son semblable, la destruction du lien social. Par la foi la religion se met en contradiction avec la raison, la moralité, le sens du vrai chez l’homme ; par l’amour elle cherche à rétablir l’accord ; la foi isole Dieu, fait de lui un être particulier; l’amour généralise, il fait de Dieu un être universel dont l’amour ne fait qu’un avec l’amour de l’homme. »

Avec brio, Feuerbach renverse alors la proposition centrale du christianisme : Dieu est amour, en : l’amour est Dieu.

« Dieu est l’amour. Cette proposition est la plus belle du christianisme. Mais la contradiction de l’amour et de la foi y est déjà contenue. L’amour n’est qu’un attribut, Dieu est le sujet. Mais qu’est le sujet indépendamment de son attribut ? C’est là une question que je ne puis m’empêcher de faire. Je ne la ferais pas s’il était dit, au contraire : l’amour est Dieu, l’amour est l’être suprême. Dans la première proposition le sujet est le fond obscur derrière lequel se cache la foi; l’attribut est la lumière par laquelle il est éclairé. Dans l’attribut j’affirme l’amour, dans le sujet la foi. »

Feuerbach en tire la conclusion logique que le véritable humanisme est celui qui se passe de la référence à un Dieu personnel, toujours source de clivages et d’exclusion de ceux qui ne croient pas en lui. La seule référence universelle est selon lui l’amour de l’homme pour lui-même, et c’est cet absolu qui prend alors le relais de l’ancienne notion de Dieu. Marx a repris cette thèse en la transformant en athéisme. Le petit père Combes l’a reprise en France pour séparer l’Église et l’État, et promouvoir la laïcité comme privatisation de la foi afin d’éviter la violence dans le domaine public.

 

3. L’espérance : le troisième terme pour sortir de la contradiction foi / amour

Le génie de Paul est de ne pas laisser la foi et l’amour en face-à-face. Il résout leur  antagonisme en apportant un troisième terme qui vient assumer le meilleur de l’opposition entre la foi et l’amour.

« Actuellement, ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai parfaitement, comme j’ai été connu. Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité » (1Co 13,13).

Afficher l'image d'origineDe manière quasi hégélienne - pourrait-on dire avec anachronisme - Paul fait de l’espérance le troisième terme qui vient empêcher la radicalisation des deux autres.

L’espérance indique un pas encore qui empêche d’enfermer quelqu’un dans une attitude actuelle de foi ou de non-foi. Espérer pour l’autre, quel qu’il soit, même et surtout s’il est mon pire ennemi, même s’il est le djihadiste qui a commis l’irréparable, c’est ne pas le vouer à l’enfer, mais laisser ouvert le chemin de sa rédemption. L’espérance empêche la foi de dégénérer en idéologie, car la certitude n’est alors plus de ce monde. Elle réintroduit entre la foi et l’amour cette juste distance qui leur permet de garder une tension féconde : ni trop près, car ce serait vouloir établir le royaume de Dieu sur terre (avec comme conséquence une violence injustifiable ; cf. le Christ refusant d’utiliser la force pour rétablir son règne) ; ni trop loin car ce serait renoncer à un véritable au-delà (au-delà de nos divisions actuelles, au-delà de nos convictions différentes, au-delà de la mort physique…).

L’espérance est ce troisième terme qui permet l’assomption (l’Aufhebung hégélienne) du conflit foi-amour en une aventure imprédictible. Poincaré a montré que si l’interaction de deux corps était parfaitement prévisible en physique, celle de trois corps est par contre radicalement indéterminée… Cette incertitude, liée à l’espérance, redonne le jeu nécessaire à l’articulation de la foi et de l’amour.

La triade des vertus théologales a donc un enjeu social majeur pour nos sociétés occidentales.

Hélas, les djihadistes ne lisent ni saint Paul, ni Feuerbach, ni Hegel… sinon ils sauraient… qu’ils ne savent pas.

Que l’Esprit du Christ nous montre à chacun comment mettre en mouvement dans notre vie cette dialectique ternaire : pas la foi seule / pas l’amour impersonnel / mais une dynamique féconde qui laisse l’avenir ouvert grâce à l’espérance en Dieu et en tout homme.

 

 

1ère lecture : « Je fais de toi un prophète pour les nations » (Jr 1, 4-5.17-19)
Lecture du livre du prophète Jérémie

Au temps de Josias, la parole du Seigneur me fut adressée : « Avant même de te façonner dans le sein de ta mère, je te connaissais ; avant que tu viennes au jour, je t’ai consacré ; je fais de toi un prophète pour les nations. Toi, mets ta ceinture autour des reins et lève-toi, tu diras contre eux tout ce que je t’ordonnerai. Ne tremble pas devant eux, sinon c’est moi qui te ferai trembler devant eux. Moi, je fais de toi aujourd’hui une ville fortifiée, une colonne de fer, un rempart de bronze, pour faire face à tout le pays, aux rois de Juda et à ses princes, à ses prêtres et à tout le peuple du pays. Ils te combattront, mais ils ne pourront rien contre toi, car je suis avec toi pour te délivrer – oracle du Seigneur. »

Psaume : Ps 70 (71), 1-2, 3, 5-6ab, 15ab.17

R/ Sans fin, je proclamerai ta justice et ton salut. (cf. Ps 70, 15)

En toi, Seigneur, j’ai mon refuge :
garde-moi d’être humilié pour toujours.
Dans ta justice, défends-moi, libère-moi,
tends l’oreille vers moi, et sauve-moi.

Sois le rocher qui m’accueille,
toujours accessible ;
tu as résolu de me sauver :
ma forteresse et mon roc, c’est toi !

Seigneur mon Dieu, tu es mon espérance,
mon appui dès ma jeunesse.
Toi, mon soutien dès avant ma naissance,
tu m’as choisi dès le ventre de ma mère.

Ma bouche annonce tout le jour
tes actes de justice et de salut.
Mon Dieu, tu m’as instruit dès ma jeunesse,
jusqu’à présent, j’ai proclamé tes merveilles.

2ème lecture : « Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité » (1 Co 12, 31 – 13, 13)

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, recherchez avec ardeur les dons les plus grands. Et maintenant, je vais vous indiquer le chemin par excellence.
J’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante. J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, j’aurais beau avoir toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien. J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien.
L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne fait rien d’inconvenant ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. L’amour ne passera jamais.
Les prophéties seront dépassées, le don des langues cessera, la connaissance actuelle sera dépassée. En effet, notre connaissance est partielle, nos prophéties sont partielles. Quand viendra l’achèvement, ce qui est partiel sera dépassé. Quand j’étais petit enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Maintenant que je suis un homme, j’ai dépassé ce qui était propre à l’enfant.
Nous voyons actuellement de manière confuse, comme dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement, ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai parfaitement, comme j’ai été connu. Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité.

Evangile : Jésus, comme Élie et Élisée, n’est pas envoyé aux seuls Juifs (Lc 4, 21-30)
Acclamation : Alléluia. Alléluia.
Le Seigneur m’a envoyé, porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération. Alléluia. (Lc 4, 18cd)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, dans la synagogue de Nazareth, après la lecture du livre d’Isaïe, Jésus déclara : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre » Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. Ils se disaient : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? » Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : ‘Médecin, guéris-toi toi-même’, et me dire : ‘Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm : fais donc de même ici dans ton lieu d’origine !’ » Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.. En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère. Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. » À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.
Patrick BRAUD

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9 septembre 2015

Prendre sa croix

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Prendre sa croix

Homélie du 24° dimanche du temps ordinaire / Année B
13/09/2015

Cf. également :

Croire ou agir ? La foi ou les oeuvres ?

De l’art du renoncement

C’est l’outrage et non pas la douleur

Prendre sa croix chaque jour

  

Prendre sa croix

C’est sans doute une expression centrale du christianisme : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (Mc 8,34).

Prendre sa croix dans Communauté spirituelle Lapinbleu206C-Mc8_34-copie-1Malheureusement, des siècles de dolorisme ont obscurci l’interprétation de cette invitation du Christ à devenir son disciple. Dans le langage courant, prendre sa croix est devenu synonyme de résignation, d’acceptation du malheur innocent, voire de glorification de l’épreuve injuste qui soi-disant nous ferait ressembler au Christ. Quand on dit : chacun sa croix, c’est pour consoler quelqu’un en lui montrant que les autres aussi sont accablés par l’adversité. Dans cette ligne, la croix suprême pour des parents par exemple, c’est l’handicap ou la mort prématurée de leur enfant ; pour un salarié, ce sera un collègue ou un chef supportable ; pour un adulte, la croix prendra la figure d’un défaut récurrent inamissible (addiction, trait de caractère, disgrâce physique…) etc.

On n’en est même venu à glorifier ces épreuves imposées par le hasard, la méchanceté ou la nature en y voyant un peu trop vite la volonté de Dieu, qui nous unirait ainsi la Croix du Christ en nous faisant souffrir injustement

L’Évangile d’aujourd’hui s’inscrit en faux contre ces interprétations aux relents malsains.
La croix n’est pas d’abord la douleur mais la solidarité avec les exclus.
La croix n’est pas une théorie sur le malheur innocent, mais le signe de la dépossession de soi.

Regardez Pierre : il veut passer devant Jésus, c’est-à-dire décider par lui-même comment le royaume de Dieu va arriver. Au lieu de se laisser conduire, il veut être maître de sa réussite. Au lieu de lâcher prise sur ses objectifs et ses combats, il veut les imposer à Jésus :« qu’à Dieu ne plaise, cela ne t’arrivera pas », récrimine-t-il contre Jésus annonçant sa Passion. Le fameuxVade retro Satanas est très clair : tu es un obstacle Pierre à la réalisation de l’amour divin si tu veux passer devant et tout décider à ta manière.
Passer derrière le Christ veut dire : arrête d’imaginer le succès à la manière des hommes, accepte que Dieu te conduise vers lui par des chemins que tu n’imagines même pas.

pda coran dans Communauté spirituellePrendre sa croix, c’est donc renoncer à sa volonté propre, au sens où je déciderais de tout, et accepter de me laisser guider. Jésus sera encore plus explicite lorsqu’il précisera sa mission à Pierre : « quand tu étais jeune, tu mettais toi-même ta ceinture, et tu allais où tu voulais ; quand tu auras vieilli, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudrais pas. Il signifiait, en parlant  ainsi, le genre de mort par lequel Pierre devait glorifier Dieu. Ayant dit cela, il lui dit: « Suis-moi. » » (Jn 21,18-19)

Prendre sa croix pour Pierre l’amènera à Rome, lui qui était au départ en charge de Jérusalem, et sa mort sur la croix dans le cirque romain du Vatican sera l’aboutissement d’une vie finalement donnée aux païens où il ne se possédait plus lui-même.
Pour Paul également,
prendre sa croix n’est pas souffrir ou se résigner, mais laisser le Christ guider ses pas, uni à lui : « Je suis crucifié avec le Christ. Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi »  (Ga 2, 19-20).

 

Ne plus se posséder soi-même : cet idéal spirituel peut sembler étrange à une époque qui vante l’individualisme et l’auto-réalisation de soi. Dépendre des autres passe pour un signe de faiblesse. Ne pas décider de sa vie passe pour un signe d’impuissance. Paradoxalement, en même temps, la mondialisation de l’économie nous rend de plus en plus interdépendants, et les sciences humaines nous ramènent sans cesse à notre histoire personnelle qui nous façonne, à notre lien avec l’univers qui fait de nous la résultante de tant d’autres liens.

Nul n’est une île… mais on voudrait nous faire croire que la grandeur est de s’assumer tout seul, ou que la sagesse est d’être maître de soi.

Prendre sa croix à la suite du Christ résonne d’abord comme un immense lâcher-prise : vivre est d’abord un passif, même si cette passivité devient extraordinairement active par la suite.

Je suis désiré avant de désirer.

Je suis parlé avant de parler.

Je suis aimé avant de pouvoir aimer.

Redécouvrir ce passif structurant ma liberté et mon action est l’essence de la croix chrétienne.

 

Recevoir de se recevoir

Accepter de recevoir, c’est déjà beaucoup. Mais la croissance humaine de Jésus nous entraîne encore plus loin. Il ne reçoit pas seulement la vie. Il se reçoit lui-même, sans cesse. Jésus n’a jamais voulu se suffire à lui-même ; il ne croit pas à la sacro-sainte indépendance d’aujourd’hui, qui tourne si vite à l’individualisme ou à la solitude. Lui sait que pour devenir un homme, une femme, il faut accepter de se recevoir des autres, de ceux que l’on rencontre, qui nous façonnent, qui nous blessent, qui nous font grandir en humanité. Lui sait que recevoir de Dieu son identité la plus intime n’est pas humiliant, bien au contraire : il a l’humilité de recevoir de Dieu sa vocation, sa mission, son existence, le but de sa vie, sa raison de vivre la plus vraie (cf. Jn 4,34 ; 14,10 ; 16,32 …). Il demande à ses disciples qui il est, non pas pour leur faire passer un examen, mais pour l’aider lui-même à recevoir son identité et sa mission de ses amis (Mc 8, 27-35).

C’est pour cela qu’il ose appeler Dieu « Abba » = Père, papa ! C’est pour cela que par analogie nous l’appelons « Fils de Dieu » parce qu’il se reçoit continuellement d’un Autre que lui-même, et qu’il puise sa joie à devenir lui-même en se recevant d’un Autre qui l’aime. Tout le contraire du repli sur soi ! Tout le contraire de l’in-dépendance où je voudrais ne rien devoir à personne. L’enfant de la crèche – tout comme le crucifié abandonné – sait qu’il y a des liens d’amour sans lesquels nous ne pourrions pas devenir ce que nous sommes.

La communion d’amour trinitaire à laquelle nous sommes tous appelés n’est-elle pas le dynamisme le plus intime à la vie de Dieu : se recevoir ?

Et si l’appel à la vie divine passait par l’appel à se recevoir, ce que la Croix du Christ incarne au plus haut point ?

 

Le déni de la croix dans le Coran


On sait que pour Mohamed, la mort de Jésus – prophète d’Allah, et le plus saint de tous - sur la croix est inconcevable. Aussi Mohamed change-t-il le récit de la Passion du Christ pour un happy end – l’ascension au ciel – qui ne passe pas par la case honteuse de la crucifixion :

Coran 4, 157-158 : et à cause leur parole:  » Nous avons vraiment tué le Christ, Jésus, fils de Marie, le Messager d’Allah  » .. Or, ils ne l’ont ni tué ni crucifié ; mais ce n’était qu’un faux semblant ! Et ceux qui ont discuté sur son sujet sont vraiment dans l’incertitude: ils n’en ont aucune connaissance certaine, ils ne font que suivre des conjectures et ils ne l’ont certainement pas tué. Mais Allah l’a élevé vers Lui. Et Allah est Puissant et Sage.

À la lumière de ce que nous avons dit plus haut, c’est somme toute logique. Parce que Dieu est communion d’amour trinitaire, les chrétiens découvrent en Jésus celui dont l’identité profonde est de faire la volonté du Père, qui est d’aller chercher et sauver ceux qui étaient perdus, dans la force de l’Esprit qui ressuscite les morts. Sans cette dynamique trinitaire, se laisser conduire par un autre redevient incompréhensible. Si Jésus ne fait pas un avec son Père, renoncer à soi, prendre sa Croix n’a aucun sens. Mohamed ressemble à Pierre traité par le Christ traité par le Christ de Satan lorsqu’il s’insurge contre la croix de Jésus. Il n’admet pas que le salut puisse venir de cette impuissance. Alors le Coran invente un prophète à sa manière, échappant à la mort infamante de la Croix, réussissant à la manière des hommes par une victoire éclatante, sans ce supplice déshonorant réservé aux esclaves et aux sans-Dieu. La croix fait d’ailleurs partie des châtiments infligés par les musulmans eux-mêmes aux mécréants :

Coran 5,33 :  La récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l’ignominie ici-bas ; et dans l’au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment.

On comprend mieux pourquoi un Messie crucifié est inacceptable pour l’islam.

 

Comment renoncer à soi-même et se laisser conduire ?

Prendre sa croix est décidément au cœur de l’identité chrétienne. Non comme une résignation ni une glorification malsaine du malheur, mais comme le désir le plus fort de se laisser aimer jusqu’à se laisser conduire là où nous n’aurions pas pensé aller, par amour pour les exclus de notre temps.

Porter sa croix ne se réfère pas en premier lieu aux épreuves que nous appelons des croix, mais à un abandon de sa vie journellement répété  – à la mort à soi-même qui doit marquer le chrétien. Même si cela me dépasse, et nous dépasse, ce ne sont pas les situations les plus douloureuses qui sont pour l’être humain les plus difficiles à vivre. Le plus difficile pour vous et pour moi, est de décider chaque jour et même à chaque minute, de lâcher le gouvernail de notre vie et de le donner et de le redonner sans cesse à Jésus, le Christ qui habite en nous, pour qu’il nous conduise. Souffrir, même et surtout si c’est injuste, est un grand défi, mais accepter de ne plus être maîtres chez nous, en est un plus grand encore.

 

Comment renoncer à soi-même et se laisser conduire ?

En écoutant ce qui est dit à travers les événements, les rencontres, les lectures etc. qui jalonnent notre route.

En contemplant en soi et autour de soi les signes qui nous indiquent des directions à prendre, insoupçonnés.

En étant attentif à ce qui nous dé-route, ce qui nous surprend et nous emmène ailleurs.

En discernant à travers le bruit et la fureur de l’ordinaire ce léger bruissement, ce fin murmure ou l’Esprit de Dieu nous parle, où son souffle gonfle nos voiles vers des rivages inconnus…

 

 

 

1ère lecture : « J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient » (Is 50, 5-9a)
Lecture du livre du prophète Isaïe

Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats. Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu. Il est proche, Celui qui me justifie. Quelqu’un veut-il plaider contre moi ? Comparaissons ensemble ! Quelqu’un veut-il m’attaquer en justice ? Qu’il s’avance vers moi ! Voilà le Seigneur mon Dieu, il prend ma défense ; qui donc me condamnera ?

Psaume : Ps 114 (116 A), 1-2, 3-4, 5-6, 8-9

R/ Je marcherai en présence du Seigneur
sur la terre des vivants.
ou : Alléluia ! (Ps 114, 9)

J’aime le Seigneur :
il entend le cri de ma prière ;
il incline vers moi son oreille :
toute ma vie, je l’invoquerai.

J’étais pris dans les filets de la mort,
retenu dans les liens de l’abîme,
j’éprouvais la tristesse et l’angoisse ;
j’ai invoqué le nom du Seigneur :
« Seigneur, je t’en prie, délivre-moi ! »

Le Seigneur est justice et pitié,
notre Dieu est tendresse.
Le Seigneur défend les petits :
j’étais faible, il m’a sauvé.

Il a sauvé mon âme de la mort,
gardé mes yeux des larmes
et mes pieds du faux pas.
Je marcherai en présence du Seigneur
sur la terre des vivants.

2ème lecture : « La foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte » (Jc 2, 14-18)
Lecture de la lettre de saint Jacques

Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? Sa foi peut-elle le sauver ? Supposons qu’un frère ou une sœur n’ait pas de quoi s’habiller, ni de quoi manger tous les jours ; si l’un de vous leur dit : « Allez en paix ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim ! » sans leur donner le nécessaire pour vivre, à quoi cela sert-il ? Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte. En revanche, on va dire : « Toi, tu as la foi ; moi, j’ai les œuvres. Montre-moi donc ta foi sans les œuvres ; moi, c’est par mes œuvres que je te montrerai la foi. »

Evangile : « Passe derrière moi… » (Mc 8, 27-35)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. 
Que la croix du Seigneur soit ma seule fierté !
Par elle, le monde est crucifié pour moi, et moi pour le monde.
Alléluia. (Ga 6, 14)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là, Jésus s’en alla, ainsi que ses disciples, vers les villages situés aux environs de Césarée-de-Philippe. Chemin faisant, il interrogeait ses disciples : « Au dire des gens, qui suis-je ? » Ils lui répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des prophètes. » Et lui les interrogeait : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre, prenant la parole, lui dit : « Tu es le Christ. » Alors, il leur défendit vivement de parler de lui à personne. Il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite. Jésus disait cette parole ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches. Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera. »
Patrick BRAUD

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21 mars 2015

L’Annonciation, fête islamo-chrétienne

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 18 h 55 min

L’Annonciation, fête islamo-chrétienne

 

Mercredi 25 Mars 2015 / Année B
Homélie pour la fête de l’Annonciation

 

Effet d’annonce

D’habitude, quand les hommes veulent communiquer sur quelque chose d’important, ils soignent la mise en scène. Ils convoquent les journalistes : presse écrite, télévisions… Ils plantent le décor : drapeau républicain ou syndical, écran géant ou cohorte de militants appuyant leurs discours… C’est ce qu’on appelle l’effet d’annonce. Ils espèrent ainsi que l’annonce aura tellement d’impact qu’elle créera l’évènement à elle seule, indépendamment des suites réelles données à cette annonce. D’ailleurs, beaucoup d’annonces sensationnelles proclamées avec un savant effet d’annonce n’ont eu que peu de suites en réalité après… Autrement dit : l’effet d’annonce est rarement une annonce suivie d’effets…

Ici rien de tel dans la fête de l’Annonciation qui nous réunit : pas de journalistes entre Marie et Gabriel, pas de décor majestueux sinon l’humble demeure de Nazareth, pas de groupe de partisans pour épauler la jeune fille.

L’Annonciation, fête islamo-chrétienne dans Communauté spirituelle fra_angelico_annonciation_san_marco_flor

C’est dans le secret que Marie accueille l’incroyable nouvelle de la vie divine déposée en elle. Le même secret dont Jésus a entouré cette période de 40 jours pour nous préparer à Pâques : « Ton Père voit ce que tu fais en secret : il te le revaudra » (Mt 6, 4.6.18) Il n’y a que ces 5 usages du mot « secret » en Mt, 5 étant le chiffre de la loi (les 5 livres de la Tora) : c’est en secret que la loi s’accomplit, et combien plus en Marie !

Nous passons ainsi de l’effet d’annonce à l’Annonciation…

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L’annonce faite à Marie… et à Maryam

Par exemple : savez-vous l’importance de cette fête pour le Liban ? Ce peuple, si souvent déchiré entre musulmans et chrétiens, entre chiites et sunnites, ce peuple libanais  a décrété en 2009 que le 25 Mars serait désormais Fête Nationale. Le conseil des ministres présidé par le sunnite Fouad Si­niora l’avait en effet déclarée « fête nationale islamo-chrétienne ».

Quel superbe message d’espoir : les libanais réunis autour de Marie !

C’est une particularité unique dans le monde, et c’est au Liban que cela se passe : aujourd’hui, fête de l’Annonciation, chrétiens et mu­sulmans prient officiellement ensemble. Cette journée – sobrement intitulée « Ensemble autour de Marie »sonne comme un message d’entente et de dialogue dans un pays souvent divisé.

Car pour les musulmans aussi ce jour est une grande fête. Le Coran raconte lui aussi l’annonce faite à Maryam (Marie) d’une naissance virginale. Pour l’Islam, le plus saint des prophètes, Jésus, est le Fils de Marie, et à cause de cela les musulmans ont une tendresse particulière pour Marie qu’ils vénèrent et à qui ils se confient.

 

Le Coran Sourate 19 Maryam (Marie)

220px-Mariam_and_Isa Annonciation16. Mentionne, dans le Livre (le Coran), Marie, quand elle se retira de sa famille en un lieu vers l’Orient.
17. Elle mit entre elle et eux un voile Nous lui envoyâmes Notre Esprit (Gabriel), qui se présenta à elle sous la forme d’un homme parfait.
18. Elle dit: « Je me réfugie contre toi auprès du Tout Miséricordieux Si tu es pieux, (ne m’approche point).
19. Il dit: « Je suis en fait un Messager de ton Seigneur pour te faire don d’un fils pur ».
20. Elle dit: « Comment aurais-je un fils, quand aucun homme ne m’a touchée, et je ne suis pas prostituée ? »
21. Il dit: « Ainsi sera-t-il ! Cela M’est facile, a dit ton Seigneur ! Et Nous ferons de lui un signe pour les gens, et une miséricorde de Notre part. C’est une affaire déjà décidée ».
22. Elle devient donc enceinte (de l’enfant), et elle se retira avec lui en un lieu éloigné.
23. Puis les douleurs de l’enfantement l’amenèrent au tronc du palmier, et elle dit: « Malheur à moi ! Que je fusse morte avant cet instant ! Et que je fusse totalement oubliée ! »
24. Alors, il l’appela d’au-dessous d’elle, (lui disant:) « Ne t’afflige pas Ton Seigneur a placé à tes pieds une source.
25. Secoue vers toi le tronc du palmier: il fera tomber sur toi des dattes fraîches et mûres.
26. Mange donc et bois et que ton oeil se réjouisse ! Si tu vois quelqu’un d’entre les humains, dis (lui:) « Assurément, j’ai voué un jeûne au Tout Miséricordieux: je ne parlerai donc aujourd’hui à aucun être humain ».
27. Puis elle vint auprès des siens en le portant (le bébé) Ils dirent: « Ô Marie, tu as fait une chose monstrueuse !
28. Soeur de Haroun (Aaron), ton père n’était pas un homme de mal et ta mère n’était pas une prostituée ».
29. Elle fit alors un signe vers lui (le bébé) Ils dirent: « Comment parlerions-nous à un bébé au berceau ? »
30. Mais (le bébé) dit [1] : « Je suis vraiment le serviteur d’Allah. Il m’a donné le Livre et m’a désigné Prophète.
31. Où que je sois, Il m’a rendu béni ; et Il m’a recommandé, tant que je vivrai, la prière et la Zakat ;
32. et la bonté envers ma mère. Il ne m’a fait ni violent ni malheureux.
33. Et que la paix soit sur moi le jour où je naquis, le jour où je mourrai, et le jour où je serai ressuscité vivant ».

 34. Tel est Issa (Jésus), fils de Marie: parole de vérité, dont ils doutent.

 

Que Marie nous réunisse, ici en France, là-bas au Liban.

Qu’elle nous apprenne à passer de l’effet d’annonce tapageur à l’Annonciation véritable : celle qui, dans le secret des cœurs, tisse la vie divine en chacun de nous…

 

____________________________________________________

[1] On voit ici l’influence très nette sur Mohamed et sa rédaction du Coran d’écrits apocryphes provenant de milieux chrétiens hétérodoxes. Ce « miracle » de Jésus parlant dès le berceau est mentionné dans certains textes des premiers siècles, mais n’a pas été retenu dans le Canon des Écritures chrétiennes. L’analyse historico-critique du Coran révèle bien d’autres héritages des courants de pensée juifs ou chrétiens régnant au 6° siècle en Arabie.

 

 

1ère lecture : « Voici que la vierge concevra » (Is 7, 10-14; 8, 10)

Lecture du livre d’Isaïe

Le Seigneur envoya le prophète Isaïe dire au roi Acaz :
« Demande pour toi un signe venant du Seigneur ton Dieu, demande-le au fond des vallées ou bien en haut sur les sommets. »
Acaz répondit : « Non, je n’en demanderai pas, je ne mettrai pas le Seigneur à l’épreuve. »
Isaïe dit alors : « Écoutez, maison de David ! Il ne vous suffit donc pas de fatiguer les hommes : il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu ! Eh bien ! Le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la jeune femme est enceinte, elle enfantera un fils, et on l’appellera Emmanuel, c’est-à-dire : Dieu-avec-nous. »

- Parole du Seigneur

Psaume : 39, 7-8a, 8b-9, 10, 11

R/ Me voici, Seigneur, pour accomplir ta volonté. (cf. 39, 8.9)

Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice,
tu as ouvert mes oreilles ;
tu ne demandais ni holocauste ni victime,
alors j’ai dit : « Voici, je viens.


« Dans le livre, est écrit pour moi
ce que tu veux que je fasse.
Mon Dieu, voilà ce que j’aime :
ta loi me tient aux entrailles. »

J’annonce la justice
dans la grande assemblée ;
vois, je ne retiens pas mes lèvres,
Seigneur, tu le sais.

Je n’ai pas enfoui ta justice au fond de mon cœur,
je n’ai pas caché ta fidélité, ton salut ;
j’ai dit ton amour et ta vérité
à la grande assemblée.

2ème lecture : Le Christ entre dans le monde pour faire la volonté du Père (He 10, 4-10)
Lecture de la lettre aux Hébreux

Il est impossible, que le péché soit enlevé par le sang des animaux.
Aussi, en entrant dans le monde, le Christ dit, d’après le Psaume : Tu n’as pas voulu de sacrifices ni d’offrandes, mais tu m’as fait un corps.
Tu n’as pas accepté les holocaustes ni les expiations pour le péché ; alors, je t’ai dit : Me voici, mon Dieu, je suis venu pour faire ta volonté, car c’est bien de moi que parle l’Écriture.
Le Christ commence donc par dire : Tu n’as pas voulu ni accepté les sacrifices et les offrandes, les holocaustes et les expiations pour le péché que la Loi prescrit d’offrir.
Puis il déclare : Me voici, je suis venu pour faire ta volonté. Ainsi, il supprime l’ancien culte pour établir le nouveau.
Et c’est par cette volonté de Dieu que nous sommes sanctifiés, grâce à l’offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes.

- Parole du Seigneur

Evangile : L’Annonciation (Lc 1, 26-38)

Acclamation : Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus ! Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire. Venez, adorons-le. Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus ! (cf. Jn 1, 14)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie.
L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »
À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »

Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? »
L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu’Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait : ‘la femme stérile’. Car rien n’est impossible à Dieu. »
Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. »

Alors l’ange la quitta.
Patrick BRAUD

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