L'homélie du dimanche (prochain)

21 juin 2026

Meublons notre chambre haute !

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 12 h 30 min

Meublons notre chambre haute !

 

Homélie pour le 13° Dimanche du Temps ordinaire / Année A 

28/06/26 


Cf. également :

Je vis tranquille au milieu des miens
Honore ton père et ta mère
Aimer nos familles « à partir de la fin »
Construisons donc une chambre haute pour notre Élisée intérieur
Dieu est le plus court chemin d’un homme à un autre
Le jeu du qui-perd-gagne
Que signifie : prendre sa croix ?
Prendre sa croix
Prendre sa croix chaque jour

 

C’est le moment d’aller faire quelques achats à l’Ikea de Sunam !
Notre première lecture (2R 4,8–16) nous y invite : 
« Meublons notre chambre haute ! dans Communauté spirituelle 330px-Ashton-u-Lyne-IKEA1Faisons pour ce saint homme de Dieu une petite chambre sur la terrasse ; nous y mettrons un lit, une table, un siège et une lampe, et quand il viendra chez nous, il pourra s’y retirer ». Et le mari de la Sunamite lui obéit : il trouve quelques planches, quelques tôles et meubles à l’Ikea du coin, avec ce qu’il faut pour construire et aménager l’intérieur de cette chambre haute.


Les rabbins – et les Pères de l’Église à leur suite – se sont régalés d’interprétations allégoriques de ce passage, nourrissant une lecture mystique sur l’élévation de l’âme. Parcourons en quelques-unes, en essayant d’actualiser leur portée pour nous aujourd’hui.

 

1. La chambre haute

Le mot hébreu עֲלִיָּה (‘aliyah) fait immédiatement penser à l’alya contemporaine des juifs effectuant leur retour en 49e37a7_1644075659653-000-f28eh chambre dans Communauté spirituelleIsraël. On dit qu’ils « font leur montée (alya) », car Jérusalem est vue comme la chambre haute (‘aliyah), à la fois géographiquement et spirituellement, qui sépare les juifs des autres peuples. Les « psaumes des montées » (Psaumes 120 à 134) accompagnaient la prière des pèlerins gravissant les chemins vers Jérusalem. 

À cause de l’antisémitisme grandissant en France et en Europe, le mouvement de l’alya s’intensifie hélas, après les départs massifs des populations juives des pays musulmans dans les années 50–70. La chambre haute est alors synonyme de protection pour Israël (c’est l’idée à l’origine du sionisme : un pays où la sécurité des juifs serait garantie). 

 

La tradition rabbinique voit dans l’accueil de la Sunamite l’exemple d’une charité concrète, active (l’hospitalité due à l’étranger) et également comme le respect de la vie conjugale (isoler le couple de l’étranger). En plus, cet accueil est désintéressé : la Sunamite ne demande rien pour elle (pas même la fécondité) et ne cherche pas les honneurs de la cour royale : elle désire seulement « vivre tranquille au milieu de son peuple », ce qui est la figure du juif ordinaire.

januarius_zick_elisee_invoquant_le_seigneur EliséeDans le traité Sanhedrin, le Talmud de Jérusalem utilise la Sunamite comme un modèle d’intercession, comparant l’unique mur construit par la femme de Sunam sur sa terrasse pour le prophète aux édifices spirituels érigés par les patriarches. « Rabbi Shmuel bar Nahman a dit : Il [Élisée] a levé les yeux vers le mur de la femme de Sunam, comme il est dit : Faisons-lui une petite chambre haute sur le mur et mettons-y un lit, une table, une chaise et une lampe. Il a dit devant Lui [Dieu] : Maître de tous les mondes, la femme de Sunam a fait un seul mur pour Élisée et Tu as ressuscité son fils. Mes ancêtres ont construit pour Toi toute cette gloire, à combien plus forte raison devrais-Tu épargner ma vie »

En effet, Élisée a ressuscité le fils de la Sunamite en le couchant sur ce lit de la chambre haute (1R 17,17-24) : « Élie répondit : “Donne-moi ton fils !” Il le prit des bras de sa mère, le porta dans sa chambre en haut de la maison et l’étendit sur son lit ». La chambre haute est ainsi le lieu de la résurrection promise aux enfants de Dieu. Les mystiques chrétiens diront que c’est dans ce lieu secret, au plus intime de l’âme, que Dieu nous engendre à la Vie…

 

Dans le Nouveau Testament, le mot grec utilisé pour désigner la chambre haute est hyperōon (περον). Dans la tradition chrétienne, elle est plus communément appelée le Cénacle (du latin cenaculum, qui dérive de cena, le repas). C’est dans une grande chambre haute, meublée et préparée, que Jésus célèbre son dernier repas avec les disciples, instituant l’Eucharistie (Mc 14,15 ; Lc 22,12). C’est ensuite la chambre de l’attente et de la prière (Ac 1,13-14) : après l’Ascension du Christ, les Apôtres, les femmes et Marie se rassemblent dans cette même chambre haute de Jérusalem pour prier dans l’attente de l’Esprit Saint. La chambre haute n’est plus seulement une retraite individuelle comme chez Élisée, elle devient le lieu de rassemblement fraternel de la communauté apostolique.

C’est encore dans ce lieu surélevé que survient le souffle du Saint-Esprit, donnant naissance à l’Église et l’envoyant en mission lors de la Pentecôte (Ac 2,1-2). L’Esprit Saint est donné en hauteur, mais pour descendre ensuite dans les rues et s’adresser à la foule de toutes les nations.

 

Les Pères de l’Église ont transposé l’élévation de la chambre sur la terrasse en allégorie de la vie spirituelle, et plus précisément de la contemplation. Bède le Vénérable (VI°-VII° siècles) écrivait : « La femme prépara une petite chambre sur le toit. Par cette chambre, nous comprenons la hauteur de la contemplation céleste qui doit être construite au-dessus de la maison terrestre de notre corps. En effet, celui qui désire accueillir le Verbe de Dieu ne doit pas s’attacher aux choses inférieures, mais doit élever son esprit au-dessus des passions de ce monde » (PL 91, col. 61-62).

 

La rencontre entre Élisée et la Sunamite devient l’annonce de la rencontre entre le Christ et l’Église (ou de l’âme pieuse). L’élévation mystique au-dessus du monde est la condition pour porter une vraie fécondité, reçue de Dieu, comme celle de la Sunamite, annonçant la fécondité de Marie et de l’Église.

La Sunamite ne se contente pas de donner un peu de pain au rez-de-chaussée ; elle bâtit une chambre en hauteur. Pour accueillir le Seigneur, nous devons nous aussi quitter le tumulte de nos préoccupations terrestres et élever notre esprit. C’est l’appel à la prière et au recueillement. Prendre le temps de l’oraison, c’est prendre le temps de laisser des activités qui peuvent être bonnes, très bonnes même, pour être avec Dieu, pour se laisser aimer. C’est un temps gratuit donné à Dieu. C’est pourquoi, il est important de changer de lieu pour faire oraison. 

 

Une spiritualité de la chambre haute au XXI° siècle ne nous demande pas de fuir le monde ou de nous retirer dans un désert. Au contraire, elle nous invite à aménager une « cellule intérieure » au cœur même de nos activités quotidiennes – au travail, en famille, avec nos amis ou dans nos engagements associatifs.

Construisons une chambre haute pour notre Élisée intérieur
Dans un univers professionnel souvent régi par la rentabilité et la performance, la chambre haute devient le lieu de la 
conscience et du repos moral. La réalisation concrète de ce sanctuaire intérieur serait par exemple prendre quelques secondes pour recentrer son attention avant une réunion difficile (le « lit » de la conscience). Ou refuser la course effrénée aux résultats pour privilégier la dignité humaine dans nos relations avec nos collègues et nos collaborateurs (le « siège » royal). Ou encore consacrer une pause à une respiration consciente et à une prière silencieuse, créant ainsi une « hauteur » spirituelle au-dessus du stress ou des conflits hiérarchiques.


En famille, la chambre haute fait du foyer un lieu d’accueil inconditionnel. La cellule familiale est le lieu où l’on s’accepte avec nos limites et nos fragilités, à l’image de la Sunamite qui accueille le prophète sans calcul. C’est par exemple aménager un espace ou un moment de gratuité (la « table » du partage). Cela se traduit par une écoute active sans écran ni téléphone (la « lampe » de l’attention à l’autre), en valorisant les moments simples du quotidien plutôt que la surconsommation ou la course aux activités. Il s’agit de voir dans chaque membre de sa famille un reflet de la présence divine, et d’accepter les « stérilités » (les épreuves, les difficultés de communication) comme des lieux que la grâce peut féconder.


Entre amis et dans les loisirs, la chambre haute symbolise la fraternité, et l’écoute spirituelle. Les relations amicales et les loisirs peuvent être le lieu où l’on dépose les masques et où l’on se repose : proposer des moments de rencontre où la conversation n’est pas superficielle mais où l’on ose une écoute profonde, pratiquer la gratuité dans le don de son temps, sans chercher un retour d’image ou une utilité immédiate etc.


Dans la vie associative et nos engagements sociétaux, la Sunamite nous appelle à agir sans recherche de gloire. Elle refuse les honneurs du roi avec la phrase : 
« J’habite tranquille au milieu de mon peuple ». La traduction concrète pour nous serait : s’’engager dans des associations ou des causes solidaires sans chercher à occuper le devant de la scène, mais en servant humblement là où le besoin se fait sentir, lutter contre le besoin de reconnaissance pour trouver la paix dans le travail accompli pour les autres etc.

 

Dans la tradition réformée, l’accent n’est pas mis sur une élévation mystique au-dessus du monde, mais sur la fidélité de Dieu au sein des épreuves quotidiennes du foyer. La souffrance de la stérilité est présentée de manière réaliste et empathique, comme une épreuve humaine concrète résolue par la grâce. Les commentateurs protestants font le parallèle avec l’hospitalité d’Abraham recevant les trois anges (Gn 18) : la pointe du message est alors la pratique en actes d’une foi désintéressée, l’accueil du don de Dieu (l’étranger de passage, la stérilité vaincue).

 

Quelle ‘chambre haute’ allez-vous construire prendre régulièrement de la hauteur par rapport aux événements de notre vie ?

 

2. Le mobilier de la chambre

Enlevons le prix et l’étiquette Ikea, et regardons chacun de ses meubles

 

– le lit, ou l’art du vrai repos en Dieu

L’importance du lit et du sommeil dans la piété juive est soulignée dans la prière du soir (Shema al HaMita – la prière avant le coucher) qui demande à Dieu de veiller sur le sommeil. « Rabbin Shimon a dit : Celui qui va se coucher prononce le Shema sur son lit, il est préservé des mauvais esprits. Car le lit est l’endroit où l’âme se repose et s’élève pour rendre compte de sa journée » (Talmud de Babylone, Traité Berakhot 5a).

 

Dans nos sociétés où l’efficacité et la performance sont reines, nous sommes souvent épuisés. Le premier meuble de la chambre haute est le lit, symbole du repos. Mais spirituellement, qu’est-ce que cela signifie ?

vue-dessus-femme-souriante-se-detendre-dormir-canape-maison_225067-100 intérioritéC’est l’invitation à faire confiance à Dieu plutôt que dans notre propre agitation. Le Psaume 127 nous le rappelle : « Dieu comble son bien-aimé quand il dort ». Le repos de la chambre haute, c’est ce temps de déconnexion, de respiration, où nous reconnaissons que nous ne sommes pas les maîtres de l’univers et où nous nous abandonnons avec confiance à la puissance de l’Esprit de Dieu travaillant en nous. À l’image du cultivateur qui reconnaît ne pas être à l’origine de la fécondité de la nature : « nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment » (Mc 4,27).

Au quotidien, c’est par exemple savoir fermer les écrans le soir, faire le silence dans son esprit, et se rappeler que la grâce de Dieu nous précède et nous soutient, même lorsque nous dormons. 

 

Sur quel ‘lit’ allons-nous nous abandonner en confiance à l’œuvre de Dieu en nous ?

 

- La table, ou l’autel domestique

La table est considérée dans le Talmud comme un substitut à l’autel du Temple de Jérusalem (le Mizbeach). Nourrir les invités et partager le pain est l’une des plus hautes formes de Hesed (bonté aimante). « Tant qu’un homme vit, l’autel expie pour lui ; une fois qu’il est mort, ses œuvres d’hospitalité à sa table expient pour lui. Rabbi Yohanan et Rabbi Elazar ont dit tous deux : Quand un homme d’une bonne action s’assied et mange à sa table, la table elle-même expie pour lui » (Talmud de Babylone, Traité Berakhot 55a). Dresser la table, c’est donc offrir le sacrifice, transformant la maison en petit temple de Jérusalem et la table en autel le sacrifice de communion.

 

330px-Comunione_degli_apostoli%2C_cella_35Pour les chrétiens, la table est le lieu de la communion fraternelle, à tel point que la messe ne s’appelait pas la messe au début, mais « la fraction du pain » et « le repas du Seigneur ».

On sait que la commensalité (manger à la même table) a été l’un des sujets de conflit les plus épineux des premières communautés chrétiennes. Les juifs convertis au Christ ne voulaient toujours pas s’asseoir à la même table que les païens nouvellement baptisés, ces incirconcis qui auraient souillé leur nourriture (Ac 15) … On se souvient de l’engueulade célèbre de Paul à l’encontre de Pierre, le pointant du doigt pour n’avoir pas le courage de manger à la même table que les baptisés incirconcis (Ga 2,11-21). Les polémiques actuelles sur le halal, le casher, le cochon et le vin dans des banquets publics ou l’installation de fast-foods (‘Mister Poulet’) montrent à quel point les coutumes alimentaires peuvent être clivantes, et fortement identitaires. 

 

Installer une table dans notre chambre haute, c’est nous poser la question : 

De quoi, de qui est-ce que je me nourris ? Quels sont les nourritures que je reçois de Dieu ? Ceux que je prends sa présence, seul à seul ? Ou avec quels convives ?

 

– le siège, rappel de notre vocation royale

S’asseoir fait référence à l’étude de la Torah et à l’écoute des Sages. Dans la célèbre collecte de maximes Pirkei Avot (l’éthique des Pères), il est enjoint de s’asseoir « dans la poussière aux pieds des Sages » pour recevoir l’enseignement. « Yossi ben Yoezer de Tzereda a dit : Que ta maison soit un lieu de rassemblement pour les Sages ; assieds-toi dans la poussière de leurs pieds et bois leurs paroles avec soif » (Ch. 1, Michna 4). 

 

XIIe siècle - Le Christ en majestéDans la tradition chrétienne, le siège fera penser à la session du Christ à la droite du Père, dans la foulée de l’Ascension. Le siège est alors un trône, qui évoque la royauté du Christ et grâce à lui la vocation royale de tout baptisé. S’asseoir, manger à table dignement est le rituel qui a permis à Soljenitsyne de montrer comment rester humain dans l’enfer des goulags soviétiques (cf. Une journée d’Ivan Denissovitch). Manger une barquette de fast-food sur le pouce dans la rue est peut-être pratique, mais s’asseoir à table en présence de Dieu comme Élisée est la marque du croyant libre et résilient.

 

Quel est le ‘siège’ qui me permettrait de me poser ainsi en présence de Dieu pour me nourrir royalement de sa parole ?

 

– la lampe, ou l’éclairage de la Bible

La lampe représente la lumière de la Torah et le commandement (la Mitzvah) : « La Mitzvah est une lampe et la Torah est une lumière » (Pr 6,23). Le Talmud associe l’allumage de la ta-parole-est-une-lampe-a-mes-pieds-et-une-lumiere-sur-mon-sentier-psaumes-119105lumière à la paix dans le foyer (Shalom Bayit). « Rava a dit : La récompense de celui qui veille à allumer la lampe pour le Shabbat et pour le repos du foyer est qu’il aura des enfants qui seront des érudits de la Torah, car il est dit : Car le commandement est une lampe et la Torah est une lumière » (Talmud de Babylone, Traité Shabbat 23b). 


C’est à la lumière de la Parole de Dieu que je suis invité comme Élisée à relire ma vie en me retirant dans ma chambre haute intérieure. Déchiffrer les événements qui m’ont touché, interpréter les Écritures pour éclairer mes choix et décisions à venir, ne pas foncer tête baissée dans l’action mais réfléchir en lisant, étudiant, priant, en recevant la lumière d’un autre pôle que moi-même : la lampe de la chambre haute est l’appel au discernement intérieur, qui demande un travail long, laborieux, austère parfois.

 

Comment laisser les Écritures jouer ce rôle de ‘lampe’ pour m’éclairer dans ma vie ?

 

IMG_20190925_095135-1-1024x768« Faisons donc, mes frères, une chambre haute dans notre cœur. [...] 

La Sunamite prépara pour l’homme de Dieu un lit, une table, un siège et une lampe. 

Le lit est le repos de la conscience tranquille, où le Seigneur peut reposer ; 

la table est la nourriture spirituelle de l’Écriture ; 

le siège est l’enseignement qui redresse l’intelligence ; 

enfin, la lampe, c’est la lumière de la foi ».
(Césaire d’Arles, V°-VI° siècles, Sermon 12)

 

Voilà donc les quatre piliers de l’intériorité symbolisés à travers ce mobilier de la chambre haute du prophète Élisée. 

Répondons dès aujourd’hui à cet appel de Césaire d’Arles commentant notre première lecture !

 

 

LECTURES DE LA MESSE


PREMIÈRE LECTURE
« Celui qui s’arrête chez nous est un saint homme de Dieu » (2 R 4, 8-11.14-16a)


Lecture du deuxième livre des Rois
Un jour, le prophète Élisée passait à Sunam ; une femme riche de ce pays insista pour qu’il vienne manger chez elle. Depuis, chaque fois qu’il passait par là, il allait manger chez elle. Elle dit à son mari : « Écoute, je sais que celui qui s’arrête toujours chez nous est un saint homme de Dieu. Faisons-lui une petite chambre sur la terrasse ; nous y mettrons un lit, une table, un siège et une lampe, et quand il viendra chez nous, il pourra s’y retirer. »
Le jour où il revint, il se retira dans cette chambre pour y coucher. Puis il dit à son serviteur : « Que peut-on faire pour cette femme ? » Le serviteur répondit : « Hélas, elle n’a pas de fils, et son mari est âgé. » Élisée lui dit : « Appelle-la. » Le serviteur l’appela et elle se présenta à la porte. Élisée lui dit : « À cette même époque, au temps fixé pour la naissance, tu tiendras un fils dans tes bras. »


PSAUME
(Ps 88 (89), 2-3, 16-17, 18-19)
R/ Ton amour, Seigneur, sans fin je le chante ! (Ps 88, 2a)


L’amour du Seigneur, sans fin je le chante ;
ta fidélité, je l’annonce d’âge en âge.
Je le dis : C’est un amour bâti pour toujours ;
ta fidélité est plus stable que les cieux.


Heureux le peuple qui connaît l’ovation !
Seigneur, il marche à la lumière de ta face ;
tout le jour, à ton nom il danse de joie,
fier de ton juste pouvoir.


Tu es sa force éclatante ;
ta grâce accroît notre vigueur.
Oui, notre roi est au Seigneur ;
notre bouclier, au Dieu saint d’Israël.


DEUXIÈME LECTURE
Unis, par le baptême, à la mort et à la résurrection du Christ (Rm 6, 3-4.8-11)


Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains
Frères, ne le savez-vous pas ? Nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus, c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême. Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts. Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. Nous le savons en effet : ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ; la mort n’a plus de pouvoir sur lui. Car lui qui est mort, c’est au péché qu’il est mort une fois pour toutes ; lui qui est vivant, c’est pour Dieu qu’il est vivant. De même, vous aussi, pensez que vous êtes morts au péché, mais vivants pour Dieu en Jésus Christ.


ÉVANGILE
« Celui qui ne prend pas sa croix n’est pas digne de moi. Qui vous accueille m’accueille » (Mt 10, 37-42)
Alléluia. Alléluia. Descendance choisie, sacerdoce royal, nation sainte, annoncez les merveilles de Celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. Alléluia. (cf. 1 P 2, 9)


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera. Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste. Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »
Patrick BRAUD

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