L'homélie du dimanche (prochain)

20 février 2022

La parabole des aveugles selon Bruegel

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 12 h 30 min

La parabole des aveugles selon Bruegel

Homélie du 8° Dimanche du temps ordinaire / Année C
27/02/2022

Cf. également :

La paille et la poutre

Deux versions

Dans notre Évangile de ce dimanche (Lc 6, 39-45), Luc rapporte une parabole devenue célèbre : « Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne vont-ils pas tomber tous les deux dans un trou ? »
Le contexte suggère que Jésus parle des maîtres (didascales en grec = enseignant réputé et confirmé) que les premiers chrétiens devraient choisir pour intégrer l’Église naissante. Matthieu utilise la même parabole dans un autre contexte, celui du conflit grandissant avec les pharisiens du temps de Jésus : « les disciples s’approchèrent et lui dirent : ‘sais-tu que les pharisiens ont été scandalisés en entendant cette parole ?’ Il répondit : ‘(…) Laissez-les ! Ce sont des aveugles qui guident des aveugles. Si un aveugle guide un aveugle, tous les deux tomberont dans un trou’ » (Mt 15, 10 14).
On voit que chaque époque fait passer l’actualité de son siècle au tamis de cette parabole ! Une fois n’est pas coutume, intéressons-nous à l’interprétation du génial peintre flamand Bruegel l’Ancien, au XVI° siècle, en Hollande.

 

Une toile de maître

Bruegel l’Ancien (1525-1569) a peint cette parabole sans doute vers 1568, sur une commande d’un Italien, le comte Masi, ce qui fait que cette toile est conservée au musée de Naples. On ne sait pas comment la peinture est arrivée en Italie, même si on sait que Cosimo Masi est revenu des Pays-Bas en 1595 avec un grand nombre de peintures hollandaises.

La parabole des aveugles selon Bruegel

À première vue, on se dit que c’est une illustration graphiquement très élaborée de la mésaventure inventée par Jésus. Il y a comme une décomposition du mouvement de la chute d’aveugles, qui fait penser au carnet de dessins qu’on feuillette à toute vitesse pour donner l’illusion du mouvement, un peu l’ancêtre du dessin animé ! Le premier aveugle à gauche est stable, mais au fur et à mesure les regards se perdent dans le vide, les pieds hésitent puis trébuchent, les corps se penchent en avant jusqu’à basculer les 4 fers en l’air dans le fossé pour le dernier aveugle. Quelle gamelle collective ! Presque réjouissante… si elle ne mettait des aveugles en scène. On dirait un carambolage sur l’autoroute le premier week-end des vacances d’été… Les espaces entre les aveugles se réduisent, les bâtons s’affolent, l’ensemble crée l’illusion du mouvement en accéléré.
Les paires d’yeux crevés sont clairement identifiées : énucléation, leucome, atrophie des globes oculaires, glaucome mal soigné… Des mirettes aux petits oignons, soignées par Bruegel et son réalisme hyper-documenté. La tradition folklorique de l’époque est friande des physiques « baroques » : fous, aveugles, boiteux, nains ou édentés (cf. Jérôme Bosch avant Bruegel) …

On pourrait s’arrêter là et admirer la technique de Bruegel pour rendre cette dynamique de « chute en aveugle » aussi vivante et réaliste.

 

Lectures politico-religieuses

Pourtant, un premier détail intrigue l’admirateur et le met sur d’autres pistes : il n’y a pas 2 aveugles comme dans le texte mais 6 sur le tableau ! C’est donc que la parabole est retravaillée pour dire autre chose que la première lecture évidente. Et là, l’œil du spectateur avisé va repérer des détails moins en vue : les maisons du village à gauche, l’église dans le fond au milieu (identifiée comme l’église de Sint-Anna, aujourd’hui Dilbeek), l’arbre sans feuilles devant l’église, le minuscule château fort à l’horizon au loin sur la droite. Visiblement, ces détails ne sont pas là pour faire joli, mais pour faire sens ! [1]

La parabole des aveugles selon Bruegel Analyse

Les 2 axes (traits oranges) qui traversent le tableau de gauche à droite tracent un chemin divergeant : les aveugles s’éloignent du village et de l’église. On peut penser que la cécité dénoncée par Bruegel est le lot des dissidents qui quittent leur communauté villageoise et leur église pour s’aventurer ailleurs. Lorsque Bruegel peint, les Pays-Bas sont déchirés par la guerre entre catholiques et protestants. En 1568, l’année du tableau, le duc d’Albe, vice-roi des Pays-Bas espagnols nommé par le roi Philippe II d’Espagne et fort de 60 000 soldats, fait juger et décapiter à Bruxelles deux chefs des « gueux » protestants, les comtes d’Egmont et de Hoorn, en réplique à des agressions contre des lieux catholiques. La guerre de 80 ans qui s’ensuivit (1568-1648) fera des milliers de morts, et se terminera par l’indépendance des Provinces-Unies, ancêtre de nos Pays-Bas actuels. La domination espagnole aux Pays-Bas s’exerçait avec une grande violence. Les actes iconoclastes perpétrés par les protestants (comme le saccage des églises d’Anvers, où exerçait Bruegel, en 1566), donnaient lieu à de sanglantes représailles.
Période incertaine et dangereuse, où personne n’était certain de son voisin.

Comme c’est un prince catholique qui a commandé le tableau, il sera satisfait d’y lire une dénonciation de l’aveuglement des protestants-pharisiens se coupant de leur communauté d’origine et de leur Église pour suivre Luther et finir avec lui dans le fossé de l’hérésie ! Voilà comment Bruegel assure astucieusement sa sécurité en permettant au prince catholique de se voir conforté dans ses choix par la contemplation de son tableau ! Ce sentiment sera renforcé si on remarque que la verticale passant par l’église (trait blanc) sépare le groupe des aveugles en 2 : les 4 premiers, encore debout même s’ils se bousculent de plus en plus, et les 2 derniers déjà déstabilisés ou les 4 fers en l’air ! L’avertissement semble clair : dès que vous dépassez la ligne-Église, vous allez chuter dans le fossé ! Avant, la rédemption est encore possible ; après, non ! Ouvrez les yeux avant qu’il ne soit trop tard et refusez de suivre les luthériens dans leur aveuglement !

Les protestants aveuglés par Luther, devenus schismatiques, s’égarent et se perdent en le suivant aveuglément sur le chemin de la perdition
Est-ce la seule lecture possible ?

Bruegel aveugles ChapeletL’œil d’un spectateur malicieux va dénicher d’autres indices pour aller plus loin. En effet, ces aveugles semblent fort bien vêtus pour des soi-disant mendiants : ils ont de belles tuniques, des guêtres propres et élégantes, des chaussures de bourgeois, et même des gourdes et sacoches bien pleines, avec des chapelets (très catholiques) par-dessus le marché ! Ils font plus penser à des bourgeois catholiques et à leurs princes qu’à de pauvres paysans suivant la Réforme… Et regardez bien l’Église : juste devant elle, un arbre desséché, alors qu’autour la nature est luxuriante. Comme si Bruegel chargeait cet arbre de dire : ‘l’Église catholique est bien malade. Elle ne porte plus de fruits. Elle est devenue stérile comme les pharisiens du temps de Matthieu’. Le psaume 91 (92) d’aujourd’hui ne chantait-il pas : « Le juste grandira comme un palmier, il poussera comme un cèdre du Liban ; planté dans les parvis du Seigneur, il grandira dans la maison de notre Dieu. Vieillissant, il fructifie encore, il garde sa sève et sa verdeur ». Notre arbre est l’antitype de celui du psaume.

À la verticale de cet arbre desséché et de l’église se trouve d’ailleurs la main du 4e aveugle, qui commence juste à trébucher, et les deux aveugles à droite sont déjà dans la chute. L’avertissement pourrait alors être le suivant : ceux qui continuent à suivre le chemin de cette Église desséchée vont tomber avec elle dans le fossé de la perdition. Cette impression est accentuée par la pente inclinée vers le bas que tracent les toits des bâtiments paroissiaux (trait rouge) : l’Église de Rome décline et chute comme Babylone autrefois vers sa perte. Dans sa cécité spirituelle, elle entraîne dans sa chute les fidèles qui continuent à obéir au pape, désigné par Luther comme « aveugle chef des aveugles » [2]. En outre, le bâton du 3° aveugle désigne clairement le clocher de l’église (trait blanc), ce qui ne laisse guère de doute sur la cécité spirituelle de celle-ci…

La même culbute des 2 aveugles de droite (ceux de la parabole en fait) peut être lue dans un sens comme la perte des protestants et dans l’autre sens comme la perdition des fidèles catholiques abusés par le pouvoir clérical (symbolisé par l’église à l’arbre desséché et aux toits en pente déclinante).
Avec malice, Bruegel poursuit d’ailleurs cette suggestion grâce au minuscule château-fort sur l’horizon en haut à droite : il représente sans doute le pouvoir espagnol, dictateur et tyrannique, qui sera bientôt obligé de quitter les Pays-Bas étranglés par cette occupation. La forteresse est si loin qu’on la croirait déjà rentrée chez elle… À la verticale de ce château-fort (dont la petitesse de la taille déjà est ironique), on trouve le 6e aveugle culbuté dans le fossé, les 4 fers en l’air (trait bleu). Voilà ce qui attend le pouvoir espagnol, puissance d’occupation étrangère ! N’oublions pas que Napoléon sera l’envahisseur suivant, opprimant ces provinces au nom de la Révolution française… À bon entendeur salut !

On a ainsi au moins 4 interprétations de la parabole de Jésus :
1. Bien choisir ses maîtres spirituels (contexte évangélique de Matthieu contre les pharisiens, ou de Luc contre les hérétiques du premier siècle)
2. Condamner l’aveuglement de Luther et de ses partisans qui les mènent à la perdition
3. Dénoncer l’aveuglement des catholiques qui ne voient pas que leur Église est desséchée
4. Avertir les puissants et les politiques (château-fort) que leur oppression aura un terme et qu’ils devront quitter le pays. 

Pas mal pour une toile qui au départ pourrait passer pour une facétie de chutes en série à la Charlot !

 

Apprenez à penser par vous-même

1° aveugleUn mot sur le premier aveugle de gauche. Il est à l’intersection de la ligne d’horizon et de la ligne du bord du chemin (traits oranges). Il est également le point de départ des 2 parallèles constitués par les bâtons et les épaules à l’horizontale des 4 premiers aveugles (traits verts). De plus, il est le seul des 6 à être à encore vraiment stable, car il s’appuie sur son propre bâton de gauche tout en donnant celui de droite à son compagnon de devant qui le tient dans sa main droite. Peut-être un subtil indice ? S’appuyer sur son propre bâton à l’époque de Bruegel peut signifier apprendre à penser par soi-même au lieu d’obéir à d’autres penseurs, ce qui reviendrait finalement à suivre d’autres aveugles. Puisque les religions occasionnent tant de conflits, il vaudrait mieux réfléchir par soi-même au lieu de suivre aveuglement ces prophètes de malheur, de quelque bord qu’ils soient. Bruegel renverrait ainsi dos à dos les fanatiques des deux camps, annonçant le camp de la Raison qui veut penser par elle-même.

Ce premier aveugle fait encore partie du village : il est devant les chaumières, à leur porte, pas encore vraiment parti. On aurait ainsi une 5° interprétation de la parabole par Bruegel, très moderne en ce qu’elle annonce en filigrane Spinoza d’Amsterdam (1632–1677) et son déisme rationnel :
5. Apprenez à penser par vous-même, même et surtout en matière religieuse, au lieu de suivre aveuglément les autorités du moment, qu’elles soient catholiques ou protestantes, espagnoles ou autres. Les Lumières reprendront cette intuition de Bruegel pour la porter à son extrême en s’émancipant totalement des religions institutionnelles.

Jésus ne disait-il pas dans notre évangile : « une fois bien formé, chacun sera comme son maître » ? Le baptême nous libère de toute sujétion idéologique, et même de toute dépendance hiérarchique : « l’onction que vous avez reçue du Christ demeure en vous, et vous n’avez pas besoin d’enseignement. Cette onction vous enseigne toutes choses, elle qui est vérité et non pas mensonge » (1Jn 2,27). La Pentecôte ne réalise-t-elle pas la prophétie de Joël : « Il arrivera dans les derniers jours, dit Dieu, que je répandrai mon Esprit sur toute créature » (Ac 2,17) ?
On voit que penser par soi-même, sous l’inspiration de l’Esprit, est plus fidèle à l’Évangile que le cléricalisme encore trop répandu…

 

L’opposition ville-campagne

La parabole des aveugles selon Bruegel dans Communauté spirituelle Die-Parabel-von-den-Blinden

La parabole des aveugles (Bruegel le Jeune)

Une copie de ce tableau de Bruegel (réalisée par un de ses fils) exposée au Louvre mentionne encore un détail qui n’est plus visible sur l’original : autour de l’église paissent des vaches, et un troupeau d’oies guidé par un paysan. Il y aurait donc une opposition entre la vie rurale agricole, saine et naturelle, et les plaisirs des cours princières figurées par l’instrument de musique du 6° aveugle et les riches vêtements de ces étranges fêtards. L’opposition campagne vs ville, paysans vs bourgeois ou seigneurs serait ainsi une 6° interprétation suggérée par Bruegel.
Remarquez d’ailleurs l’instrument de musique culbuté avec le 6° aveugle dans le fossé : symbole des plaisirs pratiqués dans le château-fort espagnol au-dessus et promis eux aussi à chuter lamentablement ? Le luxe, la vie facile des cours princières à l’abri des murailles seront bientôt renversés. L’univers simple du village paraît plus sûr que le faste des palais…
La puissance de contestation – voire de révolution – politique de cette parabole est étonnante !

 

Les harmoniques de la parabole

Les-aveugles-%C2%A9-visit.brussels-Jean-Paul-Remy-2-scaled aveugle dans Communauté spirituelleUne petite parabole de deux lignes à peine peut donc ouvrir une multitude de lectures, selon le contexte politique et religieux du lecteur ! Elle porte en germe la critique de toute autorité religieuse instituée. Elle redonne de la liberté là où on nous dit de suivre aveuglément. Toute traduction ecclésiale de l’Évangile sera vivement critiquée par ce même Évangile chaque fois qu’elle demande une obéissance aveugle. Cette parabole nourrit en quelque sorte la thèse de Marcel Gauchet, selon laquelle le christianisme de Jésus est « la religion de la sortie de la religion » [3]. Le vieux constat d’Isaïe n’en finit pas de retentir : « Ceux qui guidaient ce peuple l’ont fourvoyé, la piste de ceux qu’ils guidaient a été brouillée » (Is 9,15), réactualisé par Victor Hugo : « L’humanité marche comme un homme ivre »… Un théologien catholique parle de l’Évangile comme d’une « tradition d’un rapport critique à la tradition » [4] .

Bruegel traite du même thème dans une gravure de la suite des « Douze proverbes flamands », qui porte cette inscription : « Marchez toujours avec prudence, soyez fermes, ne vous fiez totalement à personne, sinon à Dieu. Parce que lorsqu’un aveugle conduit un autre aveugle, on les voit tomber tous deux dans la fosse ».

Outre les innombrables copies de ce tableau de Bruegel, amusez-vous à repérer les autres reprises de la parabole des aveugles dans l’art d’hier ou d’aujourd’hui. Par exemple parmi les fontaines de Bruxelles. Ou dans l’œuvre du dessinateur de bande dessinée F’Murr (album « Les aveugles », 2005). Ou encore dans les « Fleurs du mal » de Baudelaire (1821-1867) :

Les aveugles

Aveugle_by_Brick_art_brack BruegelContemple-les, mon âme ; ils sont vraiment affreux !
Pareils aux mannequins, vaguement ridicules ;
Terribles, singuliers comme les somnambules,
Dardant on ne sait où leurs globes ténébreux. 

Leurs yeux, d’où la divine étincelle est partie,
Comme s’ils regardaient au loin, restent levés
Au ciel ; on ne les voit jamais vers les pavés
Pencher rêveusement leur tête appesantie.

Ils traversent ainsi le noir illimité,
Ce frère du silence éternel. Ô cité !
Pendant qu’autour de nous tu chantes, ris et beugles,

Éprise du plaisir jusqu’à l’atrocité,
Vois, je me traîne aussi ! mais, plus qu’eux hébété,
Je dis : Que cherchent-ils au Ciel, tous ces aveugles ?


Le spectateur interpellé

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En écho à l’interrogation de Baudelaire, fixez le 5e aveugle qui bascule sur le 6e dans le fossé. Au moment de tomber, il semble nous jeter un regard désespéré et menaçant. Or ces orbites sont vides. Ce non-regard jeté dans le vide en notre direction nous interpelle : et toi, tu assistes à cet effondrement collectif sans réagir ?
Accusation glaçante qui prend tout son sens au milieu des violences faites au nom de Dieu…

Ces orbites vides nous questionnent : et toi, qui suis-tu aveuglément ?
Quand et comment vas-tu apprendre à penser par toi-même ?

 

 


[2]. Recommandations de Luther à la noblesse chrétienne de la nation allemande (La liberté du chrétien, 1520) :
« (…) Puisque ces bouffonneries ne sont pas abolies, il faut que tous les bons Chrétiens ouvrent leurs yeux, qu’ils ne se laissent pas induire en erreur par les bulles, les cachets et leur fausse dévotion, qu’ils restent chez eux dans leur église et se contentent parfaitement de leur baptême, de l’Évangile, de la foi, du Christ et de Dieu qui sont les mêmes en tous lieux, sans se soucier du pape, aveugle, chef des aveugles (…) ».

[3]. Marcel Gauchet, Le Désenchantement du Monde, 1985.

[4]. Henri-Jérôme Gagey, La nouvelle donne pastorale, Ed. de l’Atelier, 1999, p. 53 ss.

 

 

Lectures de la messe

Première lecture
« Ne fais pas l’éloge de quelqu’un avant qu’il ait parlé » (Si 27, 4-7)

Lecture du livre de Ben Sirac le Sage
Quand on secoue le tamis, il reste les déchets ; de même, les petits côtés d’un homme apparaissent dans ses propos. Le four éprouve les vases du potier ; on juge l’homme en le faisant parler. C’est le fruit qui manifeste la qualité de l’arbre ; ainsi la parole fait connaître les sentiments. Ne fais pas l’éloge de quelqu’un avant qu’il ait parlé, c’est alors qu’on pourra le juger.

Psaume
(Ps 91 (92), 2-3, 13-14, 15-16)
R/ Il est bon, Seigneur, de te rendre grâce !
 (cf. Ps 91, 2)

Qu’il est bon de rendre grâce au Seigneur,
de chanter pour ton nom, Dieu Très-Haut,
d’annoncer dès le matin ton amour,
ta fidélité, au long des nuits !

Le juste grandira comme un palmier,
il poussera comme un cèdre du Liban ;
planté dans les parvis du Seigneur,
il grandira dans la maison de notre Dieu.

Vieillissant, il fructifie encore,
il garde sa sève et sa verdeur
pour annoncer : « Le Seigneur est droit !
Pas de ruse en Dieu, mon rocher ! »

Deuxième lecture
« Dieu nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ » (1 Co 15, 54-58)

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens
Frères, au dernier jour, quand cet être périssable aura revêtu ce qui est impérissable, quand cet être mortel aura revêtu l’immortalité, alors se réalisera la parole de l’Écriture : La mort a été engloutie dans la victoire. Ô Mort, où est ta victoire ? Ô Mort, où est-il, ton aiguillon ? L’aiguillon de la mort, c’est le péché ; ce qui donne force au péché, c’est la Loi. Rendons grâce à Dieu qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ. Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes, soyez inébranlables, prenez une part toujours plus active à l’œuvre du Seigneur, car vous savez que, dans le Seigneur, la peine que vous vous donnez n’est pas perdue.

Évangile
« Ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur » (Lc 6, 39-45)
Alléluia. Alléluia. Vous brillez comme des astres dans l’univers en tenant ferme la parole de vie. Alléluia. (Ph 2, 15d.16a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples en parabole : « Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne vont-ils pas tomber tous les deux dans un trou ? Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; mais une fois bien formé, chacun sera comme son maître.
Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ? Comment peux-tu dire à ton frère : ‘Frère, laisse-moi enlever la paille qui est dans ton œil’, alors que toi-même ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère.
Un bon arbre ne donne pas de fruit pourri ; jamais non plus un arbre qui pourrit ne donne de bon fruit. Chaque arbre, en effet, se reconnaît à son fruit : on ne cueille pas des figues sur des épines ; on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces. L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l’homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur. »
Patrick Braud

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