L'homelie du dimanche

16 avril 2018

La différence entre martyr et kamikaze ou djihadiste

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La différence entre martyr et kamikaze ou djihadiste

 

Homélie pour le 3° dimanche de Pâques / Année B
15/04/2018

Cf. également :

Un manager nommé Jésus
Des brebis, un berger, un loup
Prenez la porte
L’agneau mystique de Van Eyck
La Résurrection est un passif
Le berger et la porte
Jesus as a servant leader
Du bon usage des leaders et du leadership

 

« Une vie offerte ne peut pas être perdue ». Les mots de Mgr Planet, évêque de Carcassonne, en hommage au lieutenant-colonel Arnaud Beltrame résonnent encore à nos oreilles pendant ce temps pascal. Particulièrement en ce dimanche du Bon Pasteur : « le bon berger donne sa vie pour ses brebis. Le mercenaire s’enfuit dès que viennent les voleurs » (Jn 10, 11-18)

Nul doute qu’Arnaud Beltrame incarne cette valeur évangélique du don de soi pour que l’autre vive. Sa femme a d’ailleurs témoigné que ce sens du sacrifice était pour lui inséparable de sa récente foi chrétienne de baptisé adulte. En cela, il est pour les chrétiens une figure de sainteté et pas seulement d’héroïsme. Le Père Maximilien Kolbe a été canonisé pour avoir pris volontairement la place d’un père de famille qui allait être condamné à mourir de faim à Auschwitz en représailles d’évasion. L’Église pourrait de même déclarer saint Arnaud Beltrame, qui a pris la place d’une hôtesse de caisse d’un Super U prise en otage par un djihadiste en pleine folie meurtrière.

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Comme quoi le profil du Bon Pasteur n’est pas réservé aux prêtres !

Au matin de Pâques, six militaires gardaient l’entrée de l’église voisine, fusil-mitrailleur en bandoulière. Drôle d’impression que de devoir rejoindre l’assemblée sous escorte militaire ! Nous avions oublié en France que pratiquer sa foi pouvait nous coûter la vie. Et voilà qu’un gendarme courageux et quelques jeune gens en armes au portail de l’église nous rappellent que croire est une question de vie et de mort. Plusieurs paroissiens sont allés spontanément saluer ces militaires à la sortie de l’église : « merci d’avoir veillé sur nous pendant la messe. Bonne fête de Pâques à vous ! » Car eux aussi étaient prêts à intervenir, quel qu’en soit le prix, si nécessaire.

Arnaud Beltrame incarne parfaitement le renversement de la logique sacrificielle que René Girard attribue au christianisme : le vrai sacrifice n’est pas de prendre la vie d’autrui, mais de donner la sienne pour que d’autres vivent. Le sacrifice chrétien n’est pas d’offrir quelque chose mais de s’offrir soi-même. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15,13). Saint Paul va même encore plus loin : le sacrifice du Christ est de se donner pour ceux qui apparemment ne le méritent pas. « À peine en effet voudrait-on mourir pour un homme juste; pour un homme de bien, oui, peut-être osera-t-on mourir; mais la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ, alors que nous étions encore pécheurs, est mort pour nous » (Rm 5,7-8).

L’Évangile du Bon Pasteur fait une différence très nette entre le berger et le mercenaire. Nous devons aujourd’hui préciser nous aussi les mots employés, afin notamment que les médias ne mélangent pas tout.

 

·      La sainteté chrétienne ne peut être kamikaze

Honor Pride - the Kamikaze by ogre2145L’étymologie de ce mot japonais [1] renvoie aux dieux du vent qui auraient permis une victoire inespérée sur les flottes mongoles s’apprêtant à envahir le Japon en 1274 et 1281. En 1944, ce vent meurtrier qui coule les vaisseaux ennemis est devenu le nom des pilotes-suicides faisant écraser leur avion sur les destroyers américains. Par extension, nous appelons kamikaze tous ceux qui sacrifient leur vie pour ôter celle de leurs ennemis. Mais c’est un sacrifice meurtrier, dont le but est de tuer, non de sauver. Que ce soit l’homme ceinturé d’explosifs au milieu de la foule d’un marché  ou les pilotes du 11 septembre s’écrasant sur les tours jumelles de Manhattan, cette logique sacrificielle est païenne en fait. Elle exalte la violence, magnifie la guerre, instrumentalise la vie de quelques militants manipulés pour infliger le plus de souffrance possible à l’ennemi. Les généraux orgueilleux de 14-18 ont hélas poussé leurs hommes dans de telles offensives-suicides, pour reprendre une colline ou une butte aux prussiens ou aux français, et ces offensives n’avaient rien à envier aux folies meurtrières actuelles.

Le kamikaze donne sa vie pour tuer, il parle de gloire et d’honneur pour valider sa démarche.

Les commanditaires de ces actes kamikaze recrutent alors d’autres candidats en appelant héros ceux qui ont cru se sacrifier ainsi pour la patrie, l’empereur, le Führer tout autre cause supérieure.

 

·      La sainteté chrétienne n’a rien à voir avec le djihadisme

image djihadisme-le-retour-du-sacrifice-9782220088143Ces kamikazes sont des anti-héros païens. Les djihadistes se veulent des combattants au nom de Dieu. C’est en criant le nom d’Allah qu’ils décapitent ou kidnappent. Ils se croient dans une guerre sainte contre les mécréants, ce qui légitime la ruse, la dissimulation à seule fin de tuer ceux qui ne sont pas de bons musulmans. Une guerre juste contre les injustes. Certes, le mot arabe djihad employé par le Coran signifie d’abord l’effort intérieur, le combat contre soi pour se soumettre à Allah [2]. Le djihad majeur est un chemin d’ascèse spirituelle pour se conformer à la loi de Dieu. Mais le djihad militaire, pour mineur qu’il soit, physique, violent, ne peut être éliminé du texte du Coran [3]. Il y est bien question d’exterminer les ennemis de l’islam, de soumettre chrétiens et juifs en les tuant ou en les réduisant en dhimmitude [4]. Le djihadiste est donc persuadé de servir la cause du Coran, et sa propre cause personnelle au passage à cause du paradis promis à ceux qui se sacrifient ainsi au combat.

S’ils savaient combien leurs meurtres ajoutent à la Passion du Christ, ils reculeraient épouvantés devant leurs actes…

Le djihadisme est un peu cousin des croisades et autres Inquisitions chrétiennes, lorsque même les papes et les prédicateurs croyaient honorer Dieu en appelant à la haine de l’autre. La seule différence – de taille – est que l’Évangile condamne fortement cette violence sacrificielle alors que le Coran l’encourage. La non-violence et l’amour des ennemis sont ineffaçables dans les Évangiles ; ils font partie de l’identité chrétienne. La domination ou l’extermination des ennemis de l’islam sont en toutes lettres dans le Coran ; ils font partie de l’ambition musulmane de soumettre le monde à Dieu, par la force s’il le faut.

Les chrétiens sont donc deux fois plus coupables lorsqu’ils succombent eux aussi à la logique du djihad : parce qu’ils commettent l’inexcusable et parce qu’ils sont en contradiction flagrante avec leurs textes fondateurs.

 

·      Le martyr subvertit la violence en acceptant d’être victime

Le Martyr de Saint SébastienLe martyr chrétien n’est pas auteur de la violence. Il en dénonce le caractère illusoire. Il proclame l’innocence des victimes prises pour bouc émissaire. Il préfère devenir victime de cette violence plutôt que de se taire, ou de lui répliquer par une violence semblable. Le martyr témoigne (c’est le sens du terme) du Christ à la manière du Christ : en aimant ses ennemis, en pardonnant à ses bourreaux, en dénonçant l’injustice sans répondre au mal par le mal.

Ne croyons pas trop vite que les mercenaires, les kamikazes ou les djihadistes sont toujours dans l’autre camp. Ne nous habillons pas trop vite de la tunique du Bon Berger ou du martyr. C’est devant le vrai danger que se révèle la différence.

Préparons-nous intérieurement en faisant du don de soi notre vrai moteur intérieur, au travail, en famille, entre amis…

 


[1]. Mot japonais (composé de kami « seigneur, dieu » et de kaze « vent ») désignant à l’origine deux tempêtes qui, en 1274 et 1281, détruisirent la flotte d’invasion des Mongols.

[2]. De l’arabe جهاد, djihâd (« lutte, guerre sainte »). Dans le Coran, l’expression al-jihad bi anfousikoum (« lutte contre les penchants de votre âme ») est l’équivalent de l’expression se faire violence ou al-jihad fi sabil Allah (« combat sacré dans le chemin d’Allah »).

[3] . Selon Averroès, l’islam compte quatre types de jihad : par le cœur, par la langue, par la main et par l’épée.

[4]. Statut spécial de sujétion imposé aux non-musulmans en terre musulmane. « Combattez  ceux qui ne croient pas en Dieu et au Jour dernier ; ceux qui ne déclarent pas illicite ce que Dieu et son Prophète ont déclaré illicite ; ceux qui, parmi les gens du Livre, ne pratiquent pas la vraie religion. Combattez-les jusqu’à ce qu’ils paient directement le tribut après s’être humiliés » (Coran Sourate 9, 29).

 

LECTURES DE LA MESSE
PREMIÈRE LECTURE
« En nul autre que lui, il n’y a de salut » (Ac 4, 8-12)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

En ces jours-là, Pierre, rempli de l’Esprit Saint, déclara : « Chefs du peuple et anciens, nous sommes interrogés aujourd’hui pour avoir fait du bien à un infirme, et l’on nous demande comment cet homme a été sauvé. Sachez-le donc, vous tous, ainsi que tout le peuple d’Israël : c’est par le nom de Jésus le Nazaréen, lui que vous avez crucifié mais que Dieu a ressuscité d’entre les morts, c’est par lui que cet homme se trouve là, devant vous, bien portant. Ce Jésus est la pierre méprisée de vous, les bâtisseurs, mais devenue la pierre d’angle. En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver. »

PSAUME
(Ps 117 (118), 1.8-9, 21-23, 26.28-29)
R/ La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle.
ou : Alléluia ! (Ps 117, 22)

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
Mieux vaut s’appuyer sur le Seigneur
que de compter sur les hommes ;
mieux vaut s’appuyer sur le Seigneur
que de compter sur les puissants !

Je te rends grâce car tu m’as exaucé :
tu es pour moi le salut.
La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.

Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient !
De la maison du Seigneur, nous vous bénissons !
Tu es mon Dieu, je te rends grâce,
mon Dieu, je t’exalte !
Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !

DEUXIÈME LECTURE
« Nous verrons Dieu tel qu’il est » (1 Jn 3, 1-2)

Lecture de la première lettre de saint Jean

Bien-aimés, voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. Voici pourquoi le monde ne nous connaît pas : c’est qu’il n’a pas connu Dieu. Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous le savons : quand cela sera manifesté, nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’il est.

ÉVANGILE

« Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis » (Jn 10, 11-18)
Alléluia. Alléluia.
Je suis le bon pasteur, dit le Seigneur ; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent.
Alléluia. (Jn 10, 14)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jésus déclara : « Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis. Le berger mercenaire n’est pas le pasteur, les brebis ne sont pas à lui : s’il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s’enfuit ; le loup s’en empare et les disperse. Ce berger n’est qu’un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui. Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau. Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau : voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »
Patrick BRAUD

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25 mars 2015

Briser la logique infernale du bouc émissaire

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Briser la logique infernale du bouc émissaire


Homélie du Dimanche des RAMEAUX 2015

Dimanche 29 Mars 2015 – Année B

cf. également :

Les multiples interprétations symboliques du dimanche des rameaux

Le tag cloud de la Passion du Christ

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?

C’est l’outrage et non pas la douleur

Il a été compté avec les pécheurs

 

Briser la logique infernale du bouc émissaire dans Communauté spirituelle Rene_girardRené Girard a mis en évidence le processus par lequel une communauté ritualise le sacrifice d’un de ses membres pour obtenir le retour de la paix. Lorsque la cohésion du clan est menacée par ce qu’il appelle la violence mimétique, c’est-à-dire la violence engendrée par la convoitise généralisée de ce que l’autre possède, par l’envie de reproduire ce qu’il est, alors on désigne une victime supposée coupable d’être la cause de cette violence, on la supprime, et de ce meurtre rituel découle un apaisement collectif, pour un temps du moins. Car le désir mimétique reprend de plus belle, et à nouveau la rivalité s’installe, avec la violence qui en découle. Dans l’Ancien testament, c’est le bouc émissaire qui est chargé de tous les péchés du peuple, et qu’on chasse au désert en disant qu’il est consacré au diable. Dans le Nouveau Testament, le Christ en personne prend la place du bouc émissaire, lui qui est l’innocent par excellence, pour que justement cette logique infernale s’arrête enfin pour de bon.

C’est bien ce qui se passe dans ce récit de la passion du Christ en ce dimanche des Rameaux. « Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas », déclare le grand prêtre pour justifier la mise à mort de Jésus.

 

L’Evangile : la vérité sur le bouc émissaire

René Girard considère le Nouveau Testament comme un événement capital de l’histoire de l’Humanité, non pas parce qu’il marque la naissance d’une nouvelle religion (le Christianisme) mais parce qu’il met fin au scandale de la culpabilité du bouc émissaire. Jusqu’alors toutes les victimes émissaires acceptaient de se sacrifier au nom de leurs fautes ou de leurs défauts (tares). Mais voici que le Christ met un coup d’arrêt à cette logique, en jetant une lumière crue sur le mécanisme mystificateur du bouc émissaire. Non que le Sauveur refuse d’assumer son rôle de bouc émissaire, au contraire, il se laisse torturer sans protester et crucifier comme s’il était coupable, mais à la différence des autres victimes émissaires, il clame haut et fort son innocence. Jésus se présente ouvertement comme l’agneau de Dieu qu’on sacrifie sur l’autel de la violence collective (il prend sur lui « tous les péchés du monde »), sauf que sa démarche a un tout autre sens que celle des boucs émissaires classiques qui subissaient leur sort, dans la mesure où elle est annoncée comme l’ultime sacrifice, après lequel devrait régner l’ordre et la paix. En dévoilant mécanisme caché (depuis la fondation du monde) du bouc émissaire, à savoir que la victime est sacrifiée non par ce qu’elle est coupable (alibi grossier), mais parce qu’il faut un coupable, l’Evangile rend impossible son recours ultérieur. Désormais, la société devra trouver d’autres remèdes pour exorciser la violence (en l’occurrence elle s’appuiera sur le message évangélique de la non-violence). Si le Nouveau Testament marque un tournant majeur dans l’histoire de l’humanité, c’est que la gestion de la violence, à partir de cette date, prend un aspect tout différent.
Source : http://lea.u-paris10.fr/IMG/pdf/2.le_bouc_emissaire_version_def_.pdf

 

 

Vieille habitude, hélas très humaine : on croit que dénicher un coupable va résoudre le problème, que le tribunal va apporter la paix, que condamner quelqu’un va sauver les autres…

Entendons-nous bien : la justice est utile. C’est la judiciarisation qui est infernale. La justice est nécessaire, mais non suffisante : elle ne pourra jamais remplacer le pardon ; elle ne peut dispenser de la miséricorde ; elle ne peut assurer la paix à elle seule.

 

Dans le « procès Jésus » que nous venons d’entendre (dans la Passion selon St Marc) Jésus n’est pas du côté des accusateurs, mais des prévenus. Pas avec les coupables en liberté, mais avec les innocents maltraités. Il refuse cette logique judiciaire où il suffirait de trouver une victime pour calmer la foule. Car il n’est pas venu pour juger le monde, mais pour le sauver.

Pas pour accuser, mais pour relever.

Alors il accepte d’être traité comme un moins-que-rien, afin que les moins-que-rien découvrent en lui un frère, un compagnon.

Il ne va pas briser la violence par la violence : en répondant par le silence à l’insulte et au crachat, le Christ va finalement libérer ses bourreaux de la violence qui est en eux…

 

1554922595 bouc dans Communauté spirituelleAujourd’hui encore, le Christ fait corps avec tous les damnés de la terre.

Il est avec ceux que les hommes condamnent injustement ;
avec ceux sur qui on crache parce qu’ils ne sont pas comme les autres ;
avec ceux qu’on tourne en dérision à cause de leur physique ou de leur origine ;
avec ceux qui sont trahis dans leur amour ou dans leur amitié comme Pierre l’a trahi ;
avec ceux que l’on roue de coups dans des agressions physiques,
avec ceux qui font les frais de la crise alors qu’ils n’y sont pour rien…

Il est même allé jusqu’à faire l’expérience ultime : se sentir abandonné,  terriblement seul : « mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

À tous ceux qui font aujourd’hui cette terrible expérience, il redit : « Courage ! Je suis passé par là. Le chemin est ouvert : si tu t’appuies sur moi, tu verras que la Croix conduit à Pâques ».

 

Voilà la grande espérance que nos rameaux vont signifier dans nos maisons.

Dieu, en Jésus l’innocent, a cassé la logique infernale de la violence et du bouc émissaire. Le mal n’aura pas le dernier mot. Ni le mal que nous subissons, ni le mal que nous infligeons à d’autres.

Dans votre vie professionnelle, familiale, ecclésiale, ne vous laissez pas entraîner du côté de ceux qui jugent et condamnent. Ne vous épuisez pas à chercher des coupables, comme si cela pouvait ramener la paix ! Brisez la logique infernale du bouc émissaire. Découvrez le Christ à vos côtés, bien souvent silencieux, souffrant avec ceux qui souffrent, miséricordieux avec ceux qui font souffrir, pour les sauver et non les condamner.

Que la Passion de cet homme vous donne de vivre votre vie passionnément, sans haine ni violence, uni à celui qui ne répond rien à ses accusateurs, mais prie son Père pour eux…

 

 

 

Messe de la Passion

1ère lecture : « Je n’ai pas caché ma face devant les outrages, je sais que je ne serai pas confondu » (Troisième chant du Serviteur du Seigneur) (Is 50, 4-7)

Lecture du livre du prophète Isaïe

Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples, pour que je puisse, d’une parole, soutenir celui qui est épuisé. Chaque matin, il éveille, il éveille mon oreille pour qu’en disciple, j’écoute.           Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé.           J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats.           Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu.

 

Psaume : 21 (22), 8-9, 17-18a, 19-20, 22c-24a

R/ Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? (21, 2a)

Tous ceux qui me voient me bafouent,
ils ricanent et hochent la tête :
« Il comptait sur le Seigneur : qu’il le délivre !
Qu’il le sauve, puisqu’il est son ami ! »

Oui, des chiens me cernent,
une bande de vauriens m’entoure.
Ils me percent les mains et les pieds ;
je peux compter tous mes os.

Ils partagent entre eux mes habits
et tirent au sort mon vêtement.
Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin :
ô ma force, viens vite à mon aide !

Tu m’as répondu !
Et je proclame ton nom devant mes frères,
je te loue en pleine assemblée.
Vous qui le craignez, louez le Seigneur.

2ème lecture : « Il s’est abaissé : c’est pourquoi Dieu l’a exalté » (Ph 2, 6-11)

Lecture de la lettre de Saint Paul apôtre aux Philippiens

Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père.

Evangile : Passion de notre Seigneur Jésus Christ (Mc 14, 1 – 15, 47)

Acclamation : Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus ! Pour nous, le Christ est devenu obéissant, jusqu’à la mort, et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom. Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus !  (cf. Ph 2, 8-9)

La Passionde notre Seigneur Jésus Christ selon saint Marc

Indications pour la lecture dialoguée : Les sigles désignant les divers interlocuteurs son les suivants :

X = Jésus ; L = Lecteur ; D = Disciples et amis ; F = Foule ; A = Autres personnages.

 

L. La fête de la Pâque et des pains sans levain allait avoir lieu deux jours après. Les grands prêtres et les scribes cherchaient comment arrêter Jésus par ruse, pour le faire mourir.           Car ils se disaient : A. « Pas en pleine fête, pour éviter des troubles dans le peuple. »           L. Jésus se trouvait à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux. Pendant qu’il était à table, une femme entra, avec un flacon d’albâtre contenant un parfum très pur et de grande valeur. Brisant le flacon, elle lui versa le parfum sur la tête.           Or, de leur côté, quelques-uns s’indignaient : A. « À quoi bon gaspiller ce parfum ?                         On aurait pu, en effet, le vendre pour plus de trois cents pièces d’argent, que l’on aurait données aux pauvres. » L. Et ils la rudoyaient.           Mais Jésus leur dit : X  « Laissez-la ! Pourquoi la tourmenter ? Il est beau, le geste qu’elle a fait envers moi.                         Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, et, quand vous le voulez, vous pouvez leur faire du bien ; mais moi, vous ne m’avez pas pour toujours.                         Ce qu’elle pouvait faire, elle l’a fait. D’avance elle a parfumé mon corps pour mon ensevelissement.                         Amen, je vous le dis : partout où l’Évangile sera proclamé – dans le monde entier –, on racontera, en souvenir d’elle, ce qu’elle vient de faire. »           L. Judas Iscariote, l’un des Douze, alla trouver les grands prêtres pour leur livrer Jésus.           À cette nouvelle, ils se réjouirent et promirent de lui donner de l’argent. Et Judas cherchait comment le livrer au moment favorable.           Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l’on immolait l’agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent : D. « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? »            L. Il envoie deux de ses disciples en leur disant : X  « Allez à la ville ; un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre. Suivez-le,                         et là où il entrera, dites au propriétaire : ‘Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?’                         Il vous indiquera, à l’étage, une grande pièce aménagée et prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs. »           L. Les disciples partirent, allèrent à la ville ; ils trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque.           Le soir venu, Jésus arrive avec les Douze.           Pendant qu’ils étaient à table et mangeaient, Jésus déclara : X  « Amen, je vous le dis : l’un de vous, qui mange avec moi, va me livrer. »           L. Ils devinrent tout tristes et, l’un après l’autre, ils lui demandaient : D. « Serait-ce moi ? »          L. Il leur dit : X  « C’est l’un des Douze, celui qui est en train de se servir avec moi dans le plat.                         Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré ! Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là ! »           L. Pendant le repas, Jésus, ayant  pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit, le leur donna, et dit : X  « Prenez, ceci est mon corps. »           L. Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous.           Et il leur dit : X  « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude.                         Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu. »           L. Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.            Jésus leur dit : X  « Vous allez tous être exposés à tomber, car il est écrit : Je frapperai le berger,  et les brebis seront dispersées.                         Mais, une fois ressuscité, je vous précéderai en Galilée. »           L. Pierre lui dit alors : D. « Même si tous viennent à tomber, moi, je ne tomberai pas. »           L. Jésus lui répond : X  « Amen, je te le dis : toi, aujourd’hui, cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois. »           L. Mais lui reprenait de plus belle : D. « Même si je dois mourir avec toi, je ne te renierai pas. » L. Et tous en disaient autant.           Ils parviennent à un domaine appelé Gethsémani. Jésus dit à ses disciples : X  « Asseyez-vous ici, pendant que je vais prier. »           L. Puis il emmène avec lui Pierre, Jacques et Jean, et commence à ressentir frayeur et angoisse.           Il leur dit : X  « Mon âme est triste à mourir. Restez ici et veillez. »           L. Allant un peu plus loin, il tombait à terre et priait pour que, s’il était possible, cette heure s’éloigne de lui.           Il disait : X  « Abba…  Père, tout est possible pour toi. Éloigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que moi, je veux, mais ce que toi, tu veux ! »           L. Puis il revient et trouve les disciples endormis. Il dit à Pierre : X  « Simon, tu dors ! Tu n’as pas eu la force de veiller seulement une heure ?                         Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est ardent, mais la chair est faible. »           L. De nouveau, il s’éloigna et pria, en répétant les mêmes paroles.           Et de nouveau, il vint près des disciples qu’il trouva endormis, car leurs yeux étaient alourdis de sommeil. Et eux ne savaient que lui répondre.           Une troisième fois, il revient et leur dit : X  « Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer. C’est fait ; l’heure est venue : voici que le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs.                         Levez-vous ! Allons ! Voici qu’il est proche, celui qui me livre. »           L. Jésus parlait encore quand Judas, l’un des Douze, arriva et avec lui une foule armée d’épées et de bâtons, envoyée par les grands prêtres, les scribes et les anciens.           Or, celui qui le livrait leur avait donné un signe convenu : D. « Celui que j’embrasserai, c’est lui : arrêtez-le, et emmenez-le sous bonne garde. »           L. À peine arrivé, Judas, s’approchant de Jésus, lui dit : D. « Rabbi ! » L. Et il l’embrassa.           Les autres mirent la main sur lui et l’arrêtèrent.           Or un de ceux qui étaient là tira son épée, frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l’oreille.           Alors Jésus leur déclara : X  « Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus vous saisir de moi, avec des épées et des bâtons ?                         Chaque jour, j’étais auprès de vous dans le Temple en train d’enseigner, et vous ne m’avez pas arrêté. Mais c’est pour que les Écritures s’accomplissent. »           L. Les disciples l’abandonnèrent et s’enfuirent tous.           Or, un jeune homme suivait Jésus ; il n’avait pour tout vêtement qu’un drap. On essaya de l’arrêter.           Mais lui, lâchant le drap, s’enfuit tout nu.           Ils emmenèrent Jésus chez le grand prêtre. Ils se rassemblèrent tous, les grands prêtres, les anciens et les scribes.           Pierre avait suivi Jésus à distance, jusqu’à l’intérieur du palais du grand prêtre, et là, assis avec les gardes, il se chauffait près du feu.           Les grands prêtres et tout le Conseil suprême cherchaient un témoignage contre Jésus pour le faire mettre à mort, et ils n’en trouvaient pas.           De fait, beaucoup portaient de faux témoignages contre Jésus, et ces témoignages ne concordaient pas.           Quelques-uns se levèrent pour porter contre lui ce faux témoignage :                     A. « Nous l’avons entendu dire : ‘Je détruirai ce sanctuaire fait de main d’homme, et en trois jours j’en rebâtirai un autre qui ne sera pas fait de main d’homme.’ »           L. Et même sur ce point, leurs témoignages n’étaient pas concordants.           Alors s’étant levé, le grand prêtre, devant tous, interrogea Jésus : A. « Tu ne réponds rien ? Que dis-tu des témoignages qu’ils portent contre toi ? »           L. Mais lui gardait le silence et ne répondait rien. Le grand prêtre l’interrogea de nouveau : A. « Es-tu le Christ, le Fils du Dieu béni ? »            L. Jésus lui dit : X  « Je le suis. Et vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant, et venir parmi les nuées du ciel. »           L. Alors, le grand prêtre déchire ses vêtements et dit : A. « Pourquoi nous faut-il encore des témoins ?                         Vous avez entendu le blasphème. Qu’en pensez-vous ? » L. Tous prononcèrent qu’il méritait la mort.           Quelques-uns se mirent à cracher sur lui, couvrirent son visage d’un voile, et le giflèrent, en disant : F. « Fais le prophète ! » L. Et les gardes lui donnèrent des coups.           Comme Pierre était en bas, dans la cour, arrive une des jeunes servantes du grand prêtre.           Elle voit Pierre qui se chauffe, le dévisage et lui dit : A. « Toi aussi, tu étais avec Jésus de Nazareth ! »           L. Pierre le nia : D. « Je ne sais pas, je ne comprends pas de quoi tu parles. » L. Puis il sortit dans le vestibule, au dehors. Alors un coq chanta.           La servante, ayant vu Pierre, se mit de nouveau à dire à ceux qui se trouvaient là : A. « Celui-ci est l’un d’entre eux ! »           L. De nouveau, Pierre le niait. Peu après, ceux qui se trouvaient là lui disaient à leur tour : F. « Sûrement tu es l’un d’entre eux ! D’ailleurs, tu es Galiléen. »           L. Alors il se mit à protester violemment et à jurer : D. « Je ne connais pas cet homme dont vous parlez. »           L. Et aussitôt, pour la seconde fois, un coq chanta. Alors Pierre se rappela cette parole que Jésus lui avait dite : « Avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois. » Et il fondit en larmes. L. Dès le matin, les grands prêtres convoquèrent les anciens et les scribes, et tout le Conseil suprême. Puis, après avoir ligoté Jésus, ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate.           Celui-ci l’interrogea : A. « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus répondit : X  « C’est toi-même qui le dis. »           L. Les grands prêtres multipliaient contre lui les accusations.           Pilate lui demanda à nouveau : A. « Tu ne réponds rien ? Vois toutes les accusations qu’ils portent contre toi. »           L. Mais Jésus ne répondit plus rien, si bien que Pilate fut étonné.           À chaque fête, il leur relâchait un prisonnier, celui qu’ils demandaient.           Or, il y avait en prison un dénommé Barabbas, arrêté avec des émeutiers pour un meurtre qu’ils avaient commis lors de l’émeute.           La foule monta donc chez Pilate, et se mit à demander ce qu’il leur accordait d’habitude.           Pilate leur répondit : A. « Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? »           L. Il se rendait bien compte que c’était par jalousie que les grands prêtres l’avaient livré.           Ces derniers soulevèrent la foule pour qu’il leur relâche plutôt Barabbas.               Et comme Pilate reprenait : A. « Que voulez-vous donc que je fasse de celui que vous appelez le roi des Juifs ? »,           L. de nouveau ils crièrent : F. « Crucifie-le ! »           L. Pilate leur disait : A. « Qu’a-t-il donc fait de mal ? » L. Mais ils crièrent encore plus fort : F. « Crucifie-le ! »           L. Pilate, voulant contenter la foule, relâcha Barabbas et, après avoir fait flageller Jésus, il le livra pour qu’il soit crucifié.           Les soldats l’emmenèrent à l’intérieur du palais, c’est-à-dire dans le Prétoire. Alors ils rassemblent toute la garde,           ils le revêtent de pourpre, et lui posent sur la tête une couronne d’épines qu’ils ont tressée.           Puis ils se mirent à lui faire des salutations, en disant : F. « Salut, roi des Juifs ! »           L. Ils lui frappaient la tête avec un roseau, crachaient sur lui, et s’agenouillaient pour lui rendre hommage.           Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui enlevèrent le manteau de pourpre, et lui remirent ses vêtements. Puis, de là, ils l’emmènent pour le crucifier,           et ils réquisitionnent, pour porter sa croix, un passant, Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus, qui revenait des champs.           Et ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha, ce qui se traduit : Lieu-du-Crâne (ou Calvaire).           Ils lui donnaient du vin aromatisé de myrrhe ; mais il n’en prit pas.           Alors ils le crucifient, puis se partagent ses vêtements, en tirant au sort pour savoir la part de chacun.           C’était la troisième heure (c’est-à-dire : neuf heures du matin) lorsqu’on le crucifia.           L’inscription indiquant le motif de sa condamnation portait ces mots : « Le roi des Juifs ».           Avec lui ils crucifient deux bandits, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche.           Les passants l’injuriaient en hochant la tête ;  ils disaient : F. « Hé ! toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours,                         sauve-toi toi-même, descends de la croix ! »           L. De même, les grands prêtres se moquaient de lui avec les scribes, en disant entre eux : A. « Il en a sauvé d’autres, et il ne peut pas se sauver lui-même !                         Qu’il descende maintenant de la croix, le Christ, le roi d’Israël ; alors nous verrons et nous croirons. » L. Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l’insultaient.           Quand arriva la sixième heure (c’est-à-dire : midi), l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure.            Et à la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte : X  « Éloï, Éloï, lema sabactani ? », L. ce qui se traduit : X  « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »            L. L’ayant entendu, quelques-uns de ceux qui étaient là disaient : F. « Voilà qu’il appelle le prophète Élie ! »           L. L’un d’eux courut tremper une éponge dans une boisson vinaigrée, il la mit au bout d’un roseau, et il lui donnait à boire, en disant : A. « Attendez ! Nous verrons bien si Élie vient le descendre de là ! »           L. Mais Jésus, poussant un grand cri, expira. (Ici on fléchit le genou et on s’arrête un instant)           Le rideau du Sanctuaire se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas.           Le centurion qui était là en face de Jésus, voyant comment il avait expiré, déclara : A. « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu ! »           L. Il y avait aussi des femmes, qui observaient de loin, et parmi elles, Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques le Petit et de José, et Salomé,               qui suivaient Jésus et le servaient quand il était en Galilée, et encore beaucoup d’autres, qui étaient montées avec lui à Jérusalem.           Déjà il se faisait tard ; or, comme c’était le jour de la Préparation, qui précède le sabbat,           Joseph d’Arimathie intervint. C’était un homme influent, membre du Conseil, et il attendait lui aussi le règne de Dieu. Il eut l’audace d’aller chez Pilate pour demander le corps de Jésus.           Pilate s’étonna qu’il soit déjà mort ; il fit appeler le centurion, et l’interrogea pour savoir si Jésus était mort depuis longtemps.           Sur le rapport du centurion, il permit à Joseph de prendre le corps.           Alors Joseph acheta un linceul, il descendit Jésus de la croix, l’enveloppa dans le linceul et le déposa dans un tombeau qui était creusé dans le roc. Puis il roula une pierre contre l’entrée du tombeau.           Or, Marie Madeleine et Marie, mère de José, observaient l’endroit où on l’avait mis.
Patrick BRAUD

 

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