L'homelie du dimanche

29 juin 2016

Les 72

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

LES 72

 

Homélie du 14° Dimanche / Année C
Dimanche 3 Juillet 2016

 

Cf. également :

Briefer et débriefer à la manière du Christ 

Qu’est-ce qui peut nous réjouir ?

Secouez la poussière de vos pieds

Le baptême du Christ : une histoire « sandaleuse »

Medium is message

 

Qui sont ces 72 dont seul parle Luc ?

Pourquoi un 2ème groupe à côté des 12 Apôtres ?

La question nous intéresse, car autant le dire tout de suite, c’est notre mission qui est en jeu dans celle des 72.

Afficher l'image d'origineIls sont 72, ce qui d’après Gn 10,1-32 (dans la version grecque des Septante) évoque la postérité des fils de Noé qui repeuple la terre après le déluge et avant Babel. Ce nombre 72 symbolise donc l’ensemble des nations, avec qui Dieu désire entrer en alliance.

Les 72 ne remplacent pas les 12 ; ils s’ajoutent à eux.

Les 12 sont les apôtres, symbolisant les 12 tribus d’Israël, envoyés du temps de Jésus. Les 72, eux, sont envoyés par « le Seigneur », c’est-à-dire par le Christ ressuscité, à toutes les nations.

Les 72 complètent l’action des 12, comme la somme de 72 et 12 l’indique : 6 x 12 + 1 x 12 = 7 x 12, soit la plénitude d’Israël (7 est le chiffre de la Création : les 7 jours; 12 est le nombre des tribus d’Israël) = l’Église des nations. (Notez que la prophétesse Anne au Temple de Jérusalem chez Luc avait justement… 84 ans = 7×12 ! Elle annonce en elle-même l’universalité de la foi chrétienne lorsqu’elle accueille le bébé Jésus au Temple…)

Au-delà des chiffres, on voit bien que Luc écrit pour montrer que les envoyés après les Apôtres ont bien été voulus par Jésus lui-même. Après Pâques, le Seigneur continue d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.

 

Regardons ensemble les caractéristiques de ces 72.

 

1.    Ils sont autres que les 12

Le texte dit en effet : « le Seigneur en désigna 72 autres ».

Gardons nous d’ajouter trop vite : 72 autres disciples ou apôtres. Le texte dit qu’ils sont autres. Le nouvel envoyé est à la fois « autre » et en lien étroit avec ceux qui l’ont précédé. Il est « autre » en raison de la période nouvelle dans laquelle il est envoyé, et parce que les cultures à qui il s’adresse sont autres.

Ces 72 s’ajoutent aux 12, mais à la deuxième génération de missionnaires. St Luc sait qu’ils seront « autres ». Le groupe des 12 est unique, car témoin de la Résurrection du Christ; il n’y en aura pas d’autre. Grâce aux 72, la Parole initiale résonne au-delà des frontières, et sollicite de nouveaux auditoires.

C’est la nouveauté de notre mission chrétienne à chaque génération : il s’agit à la fois de prolonger l’action des 12 et en même temps d’être autres, de faire du neuf !

 

2.    Ces 72 sont envoyés là où le Christ n’est pas encore allé, mais projette de venir

Autrement dit, ils doivent préparer sa venue, défricher le terrain, être « en avant » du Christ.

Afficher l'image d'origineComment ne pas y voir l’immense champ d’apostolat des laïcs ? Les baptisés envoyés vivre leur foi dans les domaines politiques, économiques, culturels…

Là où le Christ n’est pas encore allé.

Explorer par exemple le champ de la recherche scientifique, du débat bioéthique, dans de redoutables questions que la foi chrétienne n’a pas encore pu éclairer.

Il y a tant de réalités humaines où le Christ n’est pas encore allé ! Aux baptisés de parcourir, en précurseurs, ces réalités nouvelles où le Seigneur lui-même voudrait se manifester…

 

3.    Ces 72 sont envoyés 2 par 2 : quelle sagesse !

Afficher l'image d'originePour éviter que l’un d’entre eux ne s’accapare le succès ou l’échec de leur mission ;

pour éviter de trop personnaliser l’annonce de la foi à la manière d’un gourou ;

pour se soutenir mutuellement… : les raisons sont nombreuses d’y aller 2 par 2.

Jamais seul.

Aujourd’hui encore c’est un critère sûr pour envoyer quelqu’un dans une responsabilité particulière : jamais seul ; toujours avec une équipe, au moins 2.

Équipe d’accompagnement au deuil, équipe d’Animation Pastorale, visite des malades, chargé des finances paroissiales au sein du Conseil économique, etc.… Jamais seul, au moins 2 par 2, en équipe : c’est une règle de sagesse.

 

4.    Ces 72 sont envoyés « comme des agneaux au milieu des loups »

Ce qui d’une part situe leur mission comme un combat contre le mal (« Je voyais Satan tomber comme l’éclair » dira Jésus), de façon très réaliste, et d’autre part leur interdit d’utiliser les même moyens que le mal pour triompher.

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Ce serait laisser gagner les loups que de nous transformer nous-même en loups ; mieux vaut demeurer agneau, quitte à le payer au prix fort, comme « l’Agneau de Dieu », pariant sur l’espérance qu’un jour « le loup habitera avec l’agneau » (Is 11,6).

L’envoyé ne veut pas la mort de ses adversaires, mais qu’ils vivent. Il ne répond pas au mal par le mal.

 

5.    Ces 72 devront apprendre à recevoir de ceux vers qui ils sont envoyés

« Là où vous serez accueillis, mangez ce qu’on vous offrira. Restez dans cette maison, acceptez ce qu’on vous servira ». Autrement dit : les cultures nouvelles vers qui vous êtes envoyés ont quelque chose à vous donner ; vous devez apprendre à recevoir d’elles, à vous nourrir de leurs richesses et pas seulement à leur donner.

C’est capital pour ne pas arriver en conquérant colonisateur ! En partageant l’intimité d’un peuple, d’une histoire étrangère, on reçoit beaucoup, on reçoit même de quoi vivre, et cela change fondamentalement l’annonce de l’Évangile. Annonce qui se fait alors de l’intérieur d’un peuple, et non de l’extérieur.

Apprenez à recevoir de ceux à qui vous désirez annoncer l’Évangile.

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6.    Ces 72 seront confrontés à l’échec

Patrick BraudIl y a des villes qui ne les accueilleront pas. Au lieu de perdre du temps, ils devront alors secouer la poussière de leurs sandales tout en maintenant que « le Règne de Dieu est tout proche ».

Savons-nous assez secouer la poussière de nos pieds lorsque le Christ n’est pas accueilli, pour aller l’annoncer ailleurs ?…

 

7.    Ces 72 reviennent tout joyeux raconter au Seigneur comment s’est passée leur mission

Afficher l'image d'origineRendre compte de la responsabilité exercée ; faire le point, un bilan personnel et collectif.
Débriefer.

Notre culture ecclésiale pratique trop peu l’évaluation.

Nous sommes mal à l’aise avec la culture du résultat.

Et pourtant c’est de raconter qu’ils sont joyeux.

Pratiquons nous assez ce retour de mission où on revient sur les succès, les échecs, en apprenant à nous réjouir de l’essentiel : nos noms « inscrits dans les cieux » ?

 

Décidément, ces 72 sont bien actuels !

À nous de le méditer pour la vie de notre Église aujourd’hui, mais également dans les responsabilités profanes auxquelles nous sommes envoyés…

 

 

 

1ère lecture : « Voici que je dirige vers elle la paix comme un fleuve » (Is 66, 10-14c)

Lecture du livre du prophète Isaïe

Réjouissez-vous avec Jérusalem ! Exultez en elle, vous tous qui l’aimez ! Avec elle, soyez pleins d’allégresse, vous tous qui la pleuriez ! Alors, vous serez nourris de son lait, rassasiés de ses consolations ; alors, vous goûterez avec délices à l’abondance de sa gloire. Car le Seigneur le déclare : « Voici que je dirige vers elle la paix comme un fleuve et, comme un torrent qui déborde, la gloire des nations. » Vous serez nourris, portés sur la hanche ; vous serez choyés sur ses genoux. Comme un enfant que sa mère console, ainsi, je vous consolerai. Oui, dans Jérusalem, vous serez consolés. Vous verrez, votre cœur sera dans l’allégresse ; et vos os revivront comme l’herbe reverdit. Le Seigneur fera connaître sa puissance à ses serviteurs.

Psaume : Ps 65 (66), 1-3a, 4-5, 6-7a, 16.20

R/ Terre entière, acclame Dieu, chante le Seigneur ! (cf. Ps 65, 1)

Acclamez Dieu, toute la terre ;
fêtez la gloire de son nom,
glorifiez-le en célébrant sa louange.
Dites à Dieu : « Que tes actions sont redoutables ! »

Toute la terre se prosterne devant toi,
elle chante pour toi, elle chante pour ton nom.
Venez et voyez les hauts faits de Dieu,
ses exploits redoutables pour les fils des hommes.

Il changea la mer en terre ferme :
ils passèrent le fleuve à pied sec.
De là, cette joie qu’il nous donne.
Il règne à jamais par sa puissance.

Venez, écoutez, vous tous qui craignez Dieu :
je vous dirai ce qu’il a fait pour mon âme ;
Béni soit Dieu qui n’a pas écarté ma prière,
ni détourné de moi son amour !

2ème lecture : « Je porte dans mon corps les marques des souffrances de Jésus » (Ga 6, 14-18)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Galates

Frères, pour moi, que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste ma seule fierté. Par elle, le monde est crucifié pour moi, et moi pour le monde. Ce qui compte, ce n’est pas d’être circoncis ou incirconcis, c’est d’être une création nouvelle. Pour tous ceux qui marchent selon cette règle de vie et pour l’Israël de Dieu, paix et miséricorde. Dès lors, que personne ne vienne me tourmenter, car je porte dans mon corps les marques des souffrances de Jésus. Frères, que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit. Amen.

Evangile : « Votre paix ira reposer sur lui » (Lc 10, 1-12.17-20)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. 
Que dans vos cœurs, règne la paix du Christ ; que la parole du Christ habite en vous dans toute sa richesse.
Alléluia. (Col 3, 15a.16a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

 En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore 72, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre. Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin. Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison.’ S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté. Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : ‘Le règne de Dieu s’est approché de vous.’ » Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, allez sur les places et dites : ‘Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous l’enlevons pour vous la laisser. Toutefois, sachez-le : le règne de Dieu s’est approché.’ Je vous le déclare : au dernier jour, Sodome sera mieux traitée que cette ville. »

Les 72 disciples revinrent tout joyeux, en disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. » Jésus leur dit : « Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair. Voici que je vous ai donné le pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et sur toute la puissance de l’Ennemi : absolument rien ne pourra vous nuire. Toutefois, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »
Patrick BRAUD

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23 mars 2016

La Madeleine de Pâques

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La Madeleine de Pâques

 

Cf. également :

Conjuguer le « oui » et le « non » de Dieu à notre monde

Pâques : Courir plus vite que Pierre

Les Inukshuks de Pâques

Pâques n’est décidément pas une fête sucrée

Comment annoncer l’espérance de Pâques ?

Incroyable !

Homélie du dimanche de Pâques / Année C
27/03/2016

 Tout le monde connaît la madeleine de Proust : la mémoire olfactive liée à cette pâtisserie lui fait retrouver les événements de son enfance…

Ce matin, l’évangéliste Jean veut nous faire connaître la Madeleine de Pâques. Il s’agit ici d’une autre mémoire, une mémoire d’avenir en quelque sorte, où Marie de Magdala accueille l’incroyable nouvelle de la résurrection de Jésus.

Suivons cette Madeleine pas à pas sur son itinéraire de Pâques.

 

Accompagner jusqu’au bout

Maria_Magdalene_crucifixion_detailMarie de Magdala est au pied de la croix (19,25). Avec Jean, et bien sûr Marie et d’autres femmes, elle ne laisse pas seul celui qui a été son libérateur. Au moment où Jésus devient un maudit (Dt 21,22) elle se souvient que c’est lui qui l’a délivrée de la malédiction (Mc 16,9), et elle l’accompagne jusqu’au bout, quelles que soient les accusations pesant contre lui.

Nous oublions souvent ceux qui nous ont fait du bien, alors que prier pour nos bienfaiteurs a toujours fait partie de la tradition de l’Église. Nous abandonnons très vite ceux qui ont été des guides, des repères pour nous, dès qu’ils sont attaqués de toute part par les pouvoirs en place ! Jésus est humilié par les autorités religieuses, par le pouvoir politique en place, par la justice, par les médias rajouterait-on aujourd’hui : Marie de Magdala ne se laisse pas impressionner ni effrayer par ces campagnes de dénigrement. Elle accompagne son sauveur jusqu’au bout.

Et nous ?…

 

Courir à l’aube pour embaumer le Christ

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Étonnante, cette course matinale de Marie de Magdala (20,1) ! Pourquoi courir ? Le cadavre ne va pas se décomposer si vite et peut attendre encore un peu pour l’embaumement. Pourquoi si tôt ?

Elle cherche son bien-aimé comme la fiancée du Cantique des cantiques cherche celui que son coeur désire et qu’elle ne trouve pas. Elle court comme si elle pressentait quelque chose de bouleversant. Elle croit courir vers un tombeau et par là même c’est son avenir qui se hâte vers elle… « Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais déjà trouvé », écrira plus tard saint Augustin.

Le matin, car avec l’aube du dimanche c’est la nouvelle création qui apparaît.

Le repos du shabbat (samedi) est accompli dans la re-création du dimanche de Pâques.

Et nous, vers qui courons-nous ?

Quels aromates apportons-nous pour embaumer les vaincus de l’histoire ?

 

Ne pas se résoudre à l’absence

Afficher l'image d'origineDe manière étonnante, Marie de Magdala reste auprès du tombeau vide, alors qu’à vue humaine tout est fini. D’ailleurs, même Marie, Pierre et Jean sont rentrés. Elle ne se résigne pas, ne quitte pas ce lieu de mort avant d’avoir une réponse. Comme Jacob se battant contre Dieu au pied du Yabboq (Gn 32, 23-32), elle ne veut pas lâcher son étreinte tant que Dieu ne lui répond pas. Comme Job osant traduire Dieu en procès devant le malheur innocent, elle crie sa douleur redoublée par la disparition – le vol peut-être – du corps de Jésus, profanation ultime.

C’est donc que nous pouvons-nous aussi, nous devons demeurer auprès des tombeaux vides d’aujourd’hui. Quels sont-ils ? Qui sont-ils ? Ces tombeaux vides seront sans doute quelque part du côté de ceux qui ont été oubliés et de la société, rayés de la carte des relations humaines, tout ce qui - pour des raisons multiples - incarne l’absence d’humanité. Rester près de ces morts vivants jusqu’à ce que la vie de Dieu se manifeste, par notre intermédiaire ou non peu importe.

 

Voir à travers les larmes

Afficher l'image d'origineMarie de Magdala a pleuré (20,11). En employant l’imparfait (l’aoriste en grec) Jean précise que cela a duré longtemps. Et il insiste : « tout en pleurant elle se penche vers le tombeau ». C’est alors qu’elle vit deux anges.

Sans ses larmes, aurait-elle pu voir ces deux mystérieux messagers ? Si ses larmes n’avaient pas clarifié son regard, aurait-elle perçu Jésus derrière elle ?

Nos larmes sont bien souvent la préparation à des découvertes imprévisibles. Celui qui ne pleure jamais pourra-t-il discerner le Ressuscité ? Le don des larmes est la plus belle invitation à fêter un renouveau possible à travers le chagrin.

 

Se retourner deux fois

Afficher l'image d'origineVous avez peut-être été surpris d’entendre Marie se retourner une deuxième fois dans le texte (20,14 et 20,16) ! Une fois suffirait amplement ! Ce premier retournement évoque la conversion intérieure où elle se tourne vers le Ressuscité pour lui donner sa vie. Mais la deuxième fois ? Pourquoi ?

On aura un écho de ce nouveau retournement dans la manifestation du Ressuscité à Thomas, dont le nom signifie justement jumeau (= Didyme Jn 20,24) : deux événements presque identiques, car il faudra que le Christ se manifeste une deuxième fois à ses disciples en présence de Thomas, après les autres, pour qu’il accepte de croire.

Se retourner deux fois peut ainsi être l’indice de la pédagogie de Dieu à notre égard. Car il nous faut du temps pour croire à l’incroyable (à la différence de Jean qui a cru tout de suite). Nous percevons d’abord des messages, des messagers (= anges), avant que de reconnaître vraiment le Ressuscité. Nous avons besoin de cheminer, pas à pas.

La foi de Jean nous invite à faire confiance à nos intuitions fulgurantes : « il vit et il crut ». La foi de Marie Madeleine nous invite à être patients envers nous-mêmes. Car il faut plusieurs étapes avant que de croire vraiment. C’est ce que Jean Paul II appelait la « loi de gradualité », c’est-à-dire un cheminement pédagogique de croissance qui nous conduit toujours plus loin, sans désespérer ni s’arrêter.

 

Ne pas retenir ceux qu’on aime

La célèbre scène du Noli me tangere (« ne me retiens pas ») et illustrée par tant de peintres vient empêcher Marie de Magdala de mettre la main / le coeur sur celui qu’elle vient de rencontrer.

Respecter l’autre comme vivant nous demande de ne pas l’utiliser, de ne pas le posséder, et de le laisser aller à sa vie d’être libre. Retenir le Christ à ses côtés aurait été pour Marie de Magdala une illusion vénéneuse. Elle n’aurait étreint qu’une chose, alors que le Vivant lui échappe et veut poursuivre sa course pour tous les humains. Le « ne me retiens pas » est la supplique de tant d’adolescents épris de liberté, d’amoureux étouffant de trop de proximité, ou de vieillards en fin de vie…

Ne pas retenir ceux qu’on aime est peut-être la plus belle preuve d’amour.

 

Apostola apostolorum

Afficher l'image d'origineL’expression latine est de St Thomas d’Aquin : Marie de Magdala est chargée par Jésus de devenir l’apôtre des apôtres en leur annonçant la nouvelle de la résurrection et en étant témoin de cet événement incroyable auprès des disciples, pour qu’ils croient. Elle est envoyée (apostola) auprès de ceux qui seront à leur tour envoyés (apôtres) de par le monde entier.

« De même qu’une femme avait annoncé au premier homme des paroles de mort, ainsi, une femme annonça en premier aux apôtres des paroles de vie ».

« Il faut ici noter le triple privilège qui fut octroyé à Madeleine. D’abord un privilège prophétique, car elle a mérité de voir les anges ; le prophète, en effet, est l’intermédiaire entre les anges et le peuple. Ensuite, elle est au-dessus des anges, du fait qu’elle voit le Christ sur lequel les anges désirent se pencher. Enfin elle a reçu un rôle apostolique ; bien plus, elle est devenue Apôtre des apôtres en ceci qu’il lui fut confié d’annoncer aux disciples la Résurrection du Seigneur pour que, de même qu’une femme apporta au premier homme des paroles de mort, ainsi aussi une femme annonce la première à des hommes les paroles de vie. »

Thomas d’Aquin, Commentaire sur l’évangile de Jean 25,19

C’est donc qu’aujourd’hui encore les successeurs des apôtres ont besoin d’être évangélisés. C’est donc que, dans l’Église, des femmes tiennent encore la première place dans le témoignage au Ressuscité qui convertit même des évêques au coeur du christianisme. Le reconnaît-on en assez ? Laissons-nous la parole à toutes celles qui sont les premières à voir le Ressuscité là où les responsables ne voient que vide et absence ?…

 

La Madeleine de Pâques est décidément un guide sûr pour fêter la victoire du Christ sur la mort !

Parcourez avec elle, pas à pas, son itinéraire à travers la Passion.

Et devenons nous-mêmes une de ces Madeleines qui permet à d’autres de retrouver la mémoire… de leur avenir !

 

 

 

MESSE DU JOUR DE PÂQUES

1ère lecture : « Nous avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts » (Ac 10, 34a.37-43)
Lecture du livre des Actes des Apôtres

En ces jours-là, quand Pierre arriva à Césarée chez un centurion de l’armée romaine, il prit la parole et dit : « Vous savez ce qui s’est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les commencements en Galilée, après le baptême proclamé par Jean : Jésus de Nazareth, Dieu lui a donné l’onction d’Esprit Saint et de puissance. Là où il passait, il faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui. Et nous, nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois du supplice, Dieu l’a ressuscité le troisième jour. Il lui a donné de se manifester, non pas à tout le peuple, mais à des témoins que Dieu avait choisis d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts. Dieu nous a chargés d’annoncer au peuple et de témoigner que lui-même l’a établi Juge des vivants et des morts. C’est à Jésus que tous les prophètes rendent ce témoignage : Quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon de ses péchés. 

Psaume : Ps 117 (118), 1.2, 16-17, 22-23

R/ Voici le jour que fit le Seigneur,
qu’il soit pour nous jour de fête et de joie ! 
(Ps 117, 24)

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
Oui, que le dise Israël :
Éternel est son amour !

Le bras du Seigneur se lève,
le bras du Seigneur est fort !
Non, je ne mourrai pas, je vivrai,
pour annoncer les actions du Seigneur.

La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.

2ème lecture : « Purifiez-vous des vieux ferments, et vous serez une Pâque nouvelle » (1 Co 5, 6b-8)
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères, ne savez-vous pas qu’un peu de levain suffit pour que fermente toute la pâte ? Purifiez-vous donc des vieux ferments, et vous serez une pâte nouvelle, vous qui êtes le pain de la Pâque, celui qui n’a pas fermenté. Car notre agneau pascal a été immolé : c’est le Christ.

Ainsi, célébrons la Fête, non pas avec de vieux ferments, non pas avec ceux de la perversité et du vice, mais avec du pain non fermenté, celui de la droiture et de la vérité.

Séquence : 

À la Victime pascale,
chrétiens, offrez le sacrifice de louange.

L’Agneau a racheté les brebis ;
le Christ innocent a réconcilié
l’homme pécheur avec le Père.

La mort et la vie s’affrontèrent
en un duel prodigieux.
Le Maître de la vie mourut ; vivant, il règne.

« Dis-nous, Marie Madeleine,
qu’as-tu vu en chemin ? »

« J’ai vu le sépulcre du Christ vivant,
j’ai vu la gloire du Ressuscité.

J’ai vu les anges ses témoins,
le suaire et les vêtements.

Le Christ, mon espérance, est ressuscité !
Il vous précédera en Galilée. »

Nous le savons : le Christ
est vraiment ressuscité des morts.

Roi victorieux,
prends-nous tous en pitié !
Amen.

Evangile : « Il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts » (Jn 20, 1-9)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. 
Notre Pâque immolée, c’est le Christ ! Célébrons la Fête dans le Seigneur !
Alléluia. (cf. 1 Co 5, 7b-8a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. » Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.
Patrick BRAUD

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17 avril 2010

Les 7 mercenaires

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Les 7 mercenaires

 

Homélie du 3° Dimanche de Pâques / année C

18/04/2010

 

Ils ne sont plus que 7 : Simon-Pierre, Thomas, Nathanaël, les deux fils de Zébédée, et deux autres disciples.

7 sur les 12 qui constituaient le groupe des proches, des intimes.

Et ces 7 là sont retournés à leur métier ordinaire : « je m’en vais à la pêche », dit Simon-Pierre.

On sent pointer la lassitude, le côté désabusé au lendemain d’une grande aventure qui s’est mal terminée. D’autant que cette pêche nocturne est stérile : la fatigue de travailler pour rien s’ajoute à la désillusion d’avoir suivi Jésus pour rien…

 

Les 7 mercenaires dans Communauté spirituelle 3700259801287Connaissez-vous le film « les sept mercenaires » ? C’est un best-seller du western américain, lui-même repris du best-seller japonais : « les sept samouraïs ». On y voit 7 hommes de main, yakuzas ou pistoleros, se laisser embaucher par des villageois ignares en matière de combat pour les défendre, moyennant un salaire peu reluisant où ils ont mis toutes leurs économies. Au fil de la résistance qu’ils organisent, ces mercenaires se transforment en défenseurs des plus faibles. Ces yakuzas vont mettre leur honneur à combattre la violence injuste plus qu’à toucher leur prime ou à faire briller leur réputation. Plus encore, ils accepteront de mourir pour défendre ces paysans abrutis. Plus encore, ils feront de ces villageois une armée digne de ce nom, fiers de se battre pour leur liberté.

 

Le parcours de nos sept disciples a peut-être des consonances avec celui de ces sept mercenaires.

- Simon Pierre avait revendiqué sa prime : « nous avons tout quitté pour toi. Quelle sera notre récompense ? » (Mt 19,27)

- Thomas avait eu des accents de desperado prêt au pire : « Allons, nous aussi, pour mourir avec lui ! » (Jn 11, 16) Il était complètement perdu devant l’itinéraire de Jésus : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment saurions-nous le chemin? » (Jn 14,5)

- Les fils de Zébédée avaient rêvé de gloire politique et médiatique : « Accorde-nous, lui dirent-ils, de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire » (Mc 10, 37). Ils aspiraient à une domination écrasante de leurs adversaires : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? » (Lc 9,54)

- Nathanaël était fasciné par la capacité divinatoire de Jésus : « d’où me connais-tu ? » (Jn 1, 48)

- Les 7 avaient suivi Jésus pour du pain et des miracles plus que pour partager sa Passion…

 

Et puis, au fil du parcours avec cet homme déroutant, ils se sont laissés littéralement dé-router, emmener là où ils n’avaient pas prévu d’aller.

- De la recherche de gloire, ils en viendront à être « tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus » (Ac 5,41).

- De la course à la première place, ils passeront au rôle de témoin d’un Autre : « quant à nous, nous sommes les témoins de tout cela, avec l’Esprit Saint ». (Ac 5,39)

- De l’amour de la réussite à la manière humaine, ils passeront à l’amour du Christ en personne : « oui Seigneur, je t’aime » (Jn 21,15). 

 

La clé de cette transformation est livrée par le Ressuscité lui-même : « quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller » (Jn 21,18).

C’est le chemin que Jésus a suivi en premier : ne pas s’appartenir ; se laisser conduire, par amour, là où on n’avait pas prévu ni calculé d’aller ; laisser l’Esprit du Christ nous « ceinturer » et nous emmener ailleurs…

 

Cette transformation pascale, de mercenaire à disciple, peut devenir la nôtre.

Cette métamorphose, de samouraï à sauveur, est le sens de la fête de Pâques que nous déployons pendant ces 50 jours de fête jusqu’à Pentecôte.

 

Faites jouer ce passage dans votre vie professionnelle :

- Quand et avec qui êtes-vous  plutôt « mercenaire » dans votre attitude professionnelle ?

- Vous est-il arrivé d’aller au-delà, et de vous mettre réellement au service d’un client, d’un collaborateur ?

- Vous est-il arrivé de vous laisser entraîner – de manière heureuse ! – dans d’autres parcours professionnels, dans d’autres objectifs ou initiatives que vous n’aviez pas prévues ?

- Comment accepter de ne pas tout maîtriser dans ce contexte professionnel, et en même temps de se laisser conduire dans des relations de travail autres, vers un travail lui-même profondément renouvelé ?

 

Soyez attentifs à ce que l’Esprit manifeste de puissance de transformation dans votre vie professionnelle, et vous serez étonnés de ce que vous allez découvrir ; et vous serez conduits à travailler autrement. Et cela peut vous emmener très loin…

 

 

 

Cette puissance de transformation pascale joue également pour nos autres domaines de vie bien sûr ! (famille, amis, loisirs, engagements divers…)

Il s’agit d’entendre, en actes, ce que provoque l’appel du Christ dans nos vies : « suis-moi ».

1ère lecture : Les Apôtres persécutés à Jérusalem (Ac 5, 27b-32.40b-41)

Les Apôtres comparaissaient devant le grand conseil ; le grand prêtre les interrogea :
« Nous vous avions formellement interdit d’enseigner le nom de cet homme-là, et voilà que vous remplissez Jérusalem de votre enseignement. Voulez-vous donc faire retomber sur nous le sang de cet homme ? »
Pierre, avec les Apôtres, répondit alors : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes.
Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous aviez exécuté en le pendant au bois du supplice.
C’est lui que Dieu, par sa puissance, a élevé en faisant de lui le Chef, le Sauveur, pour apporter à Israël la conversion et le pardon des péchés.
Quant à nous, nous sommes les témoins de tout cela, avec l’Esprit Saint, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. »
Les Apôtres comparaissaient devant le grand conseil ; le grand prêtre les interrogea :
On interdit alors aux Apôtres, après les avoir fouettés, de parler au nom de Jésus, puis on les relâcha.
Mais eux, en sortant du grand conseil, repartaient tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus.
On interdit alors aux Apôtres, après les avoir fouettés, de parler au nom de Jésus, puis on les relâcha. Mais eux, en sortant du grand conseil, repartaient tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus.

 

Psaume : Ps 29, 3-4, 5-6ab, 6cd.12, 13

R/ Je t’exalte, Seigneur, toi qui me relèves

Quand j’ai crié vers toi, Seigneur,
mon Dieu, tu m’as guéri ;
Seigneur, tu m’as fait remonter de l’abîme
et revivre quand je descendais à la fosse.

Fêtez le Seigneur, vous, ses fidèles,
rendez grâce en rappelant son nom très saint.
Sa colère ne dure qu’un instant,
sa bonté toute la vie.

Avec le soir viennent les larmes,
mais au matin, les cris de joie !
Tu as changé mon deuil en une danse,
mes habits funèbres en parure de joie !

Que mon coeur ne se taise pas,
qu’il soit en fête pour toi ;
eet que sans fin, Seigneur, mon Dieu,
je te rende grâce !

 

2ème lecture : Gloire à l’Agneau immolé ! (Ap 5, 11-14)

Moi, Jean, dans ma vision, j’ai entendu la voix d’une multitude d’anges qui entouraient le Trône, les Vivants et les Anciens :i ls étaient des millions, des centaines de millions.
Ils criaient à pleine voix : « Lui, l’Agneau immolé, il est digne de recevoir puissance et richesse, sagesse et force, honneur, gloire et bénédiction. »
Et j’entendis l’acclamation de toutes les créatures au ciel, sur terre, sous terre et sur mer ; tous les êtres qui s’y trouvent proclamaient :« A celui qui siège sur le Trône, et à l’Agneau,bénédiction, honneur, gloire et dominationpour les siècles des siècles. »
Et les quatre Vivants disaient : « Amen ! » et les Anciens se prosternèrent pour adorer.

 

Evangile : Apparition au bord du lac : la pèche miraculeuse (Jn 21, 1-19)

Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord du lac de Tibériade, et voici comment.
Il y avait là Simon-Pierre, avec Thomas (dont le nom signifie : Jumeau), Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres disciples.
Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, ils passèrent la nuit sans rien prendre.
Au lever du jour, Jésus était là, sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui.
Jésus les appelle : « Les enfants, auriez-vous un peu de poisson ? » Ils lui répondent : « Non. »
Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le ramener, tellement il y avait de poisson.
Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre l’entendit déclarer que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau.
Les autres disciples arrivent en barque, tirant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres.
En débarquant sur le rivage, ils voient un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain.
Jésus leur dit : « Apportez donc de ce poisson que vous venez de prendre. »
Simon-Pierre monta dans la barque et amena jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré.
Jésus dit alors : « Venez déjeuner. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur.
Jésus s’approche, prend le pain et le leur donne, ainsi que le poisson.
C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.
Quand ils eurent déjeuné, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur, je t’aime, tu le sais. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. »
Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur, je t’aime, tu le sais. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. »
Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, est-ce que tu m’aimes ? » Pierre fut peiné parce que, pour la troisième fois, il lui demandait : « Est-ce que tu m’aimes ? » et il répondit : « Seigneur, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis.
Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. »
Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Puis il lui dit encore : « Suis-moi. »
Patrick BRAUD

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