L'homelie du dimanche

20 décembre 2014

Noël : Il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune…

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 7 h 01 min

Noël : « Il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune… »

Homélie de Noël 2014/ Année B
25/12/2014

cf. également :
Le potlatch de Noël
Noël : la trêve des braves
Noël : croyance dure ou croyance molle ?
La bienveillance de Noël

« Il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune… » (Lc 2, 1-14)

Le 1er Noël commence avec le récit d’une exclusion hélas terriblement actuelle. Bien des jeunes, lycéens ou étudiants, pensent aujourd’hui qu’il n’y a guère de place pour eux dans la société. Beaucoup de salariés vont guetter avec angoisse les conséquences de la crise économique pour voir s’ils ont toujours leur place dans l’entreprise. Certains, dans nos voisins, dans nos familles même, désespèrent tellement de trouver leur place parmi nous qu’ils en auront des idées noires, très noires…

Noël : Il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune… dans Communauté spirituelle Pauvrete-et-exclusion-sociale-les-grandes-lignes-du-plan-quinquennal1_large 

« Il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune… »

Eh bien ce soir, l’enfant de la crèche nous délivre de la peur de l’exclusion ! Il nous donne le courage d’affronter la solitude, ou la mise à l’écart, le côté difficile de toute naissance humaine. Car il a connu l’exclusion sans que cela l’arrête dans son désir d’aimer. « Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas accueilli » (Jn 1,1-18) : mais cela n’a engendré chez lui ni revanche ni jalousie maladive.

« Il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune… »

Oui vraiment ; de manière étonnante et paradoxale ce fragile nouveau-né dans une étable devient la source de notre force et de notre courage :

 Ce soir :

Ligoté dans ses langes, il nous délivre aujourd’hui de nos peurs qui nous paralysent.

Abrité dans une étable comme une bête, il nous révèle maintenant la vraie dignité de tout être humain qu’on ne peut traiter comme une bête.  

- Couché ce soir ‘sur la paille’, pauvre et fragile, il nous enrichit de sa sagesse.  

Mis à l’écart, pas accueillic’est lui qui accueille pourtant les bergers, les mal-aimés de la vie et nous prépare une place auprès du Père.  

Réchauffé ce soir par le souffle du bœuf et de l’âne, il nous réchauffe à son tour du souffle de son Esprit Saint.  

-  Déposé ce soir à Bethléem (la ‘maison du pain’, en hébreu) dans une mangeoire, il se livrera lui-même dans le pain de l’eucharistie en nourriture pour ceux qui ont faim et soif de vivre vraiment.   

SocialExclusionWordCloud amour dans Communauté spirituelle 

« Il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune… »

Les bergers dans les champs ne s’y sont pas trompés, car eux, question exclusion, ils connaissent ! Ils sont un peu comme les Gitans sur nos aires de stationnement ou à nos feux rouges : rarement désirés, souvent suspectés, toujours en marge de la société ordinaire. Ils viennent saluer en Jésus un de leurs compagnons d’exclusion qui, lui, va remporter la plus éclatante des victoires : vaincre le rejet des hommes non par la violence ou le même rejet en retour, mais par le pardon, et l’amour des ennemis…

« Il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune… »

Vous le voyez, Noël n’est pas seulement une belle histoire pour faire briller les yeux des enfants. C’est d’abord l’histoire d’un Dieu qui fait l’expérience du mal en venant vers nous, mais que ni le mal ni la souffrance ne pourront arrêter dans sa volonté farouche de révéler à l’homme se grandeur et sa dignité.

 

Alors fêtons Noël avec la force et le courage que nous donne le Christ, né sur le bois de la mangeoire, crucifié sur le bois de la Croix, ressuscité dans l’amour du Père.

Si nos familles traversent des épreuves, des séparations, ne désespérons pas les uns des autres : le temps peut faire son œuvre, le pardon est possible.  

Si nos familles sont dans la joie en ce moment, savourons et mettons cette joie en mémoire en l’appréciant à son juste prix.  

Si nous avons des combats importants à mener, que ce soit pour notre travail, notre santé, ou pour nos proches, ne perdons pas courage : jour après jour nous sera donnée la force pour tenir bon, pour ne pas baisser les bras.  

Et refusons les discours catastrophistes, qui se généralisent en ces temps difficiles de mutation économique : nulle fatalité n’est écrite nulle part. Nous ne pouvons pas nous conduire comme si nous n’avions pas d’espérance. Car notre espérance est immense et terriblement efficace.   

 

« Il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune… »

À Noël, notre Dieu, mis à l’écart, avec les exclus, va pourtant manifester que son amour est plus fort que nos rejets.

Appuyons-nous sur lui pour mener avec Lui le combat contre toutes les forces d’exclusion, en nous et autour de nous.

Que Noël ne soit pas seulement la fête de l’enfance, mais la fête de l’amour offert, quelques soient les oppositions, à tout âge de la vie…

 

 

Messe de la nuit

1ère lecture : « Un enfant nous est né » (Is 9, 1-6)
Lecture du livre du prophète Isaïe

Le peuple qui marchait dans les ténèbres
a vu se lever une grande lumière ;
et sur les habitants du pays de l’ombre,
une lumière a resplendi.
Tu as prodigué la joie,
tu as fait grandir l’allégresse :
ils se réjouissent devant toi,
comme on se réjouit de la moisson,
comme on exulte au partage du butin.
Car le joug qui pesait sur lui,
la barre qui meurtrissait son épaule,
le bâton du tyran,
tu les as brisés comme au jour de Madiane.
Et les bottes qui frappaient le sol,
et les manteaux couverts de sang,
les voilà tous brûlés :
le feu les a dévorés.

Oui, un enfant nous est né,
un fils nous a été donné !
Sur son épaule est le signe du pouvoir ;
son nom est proclamé :
« Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort,
Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix. »
Et le pouvoir s’étendra,
et la paix sera sans fin
pour le trône de David et pour son règne
qu’il établira, qu’il affermira
sur le droit et la justice
dès maintenant et pour toujours.
Il fera cela, l’amour jaloux du Seigneur de l’univers !

Psaume : 95 (96), 1-2a, 2b-3, 11-12a, 12b-13a, 13bc

R/ Aujourd’hui, un Sauveur nous est né : c’est le Christ, le Seigneur.
cf. Lc 2, 11

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
chantez au Seigneur, terre entière,
chantez au Seigneur et bénissez son nom !

De jour en jour, proclamez son salut,
racontez à tous les peuples sa gloire,
à toutes les nations ses merveilles !

Joie au ciel ! Exulte la terre !
Les masses de la mer mugissent,
la campagne tout entière est en fête.

Les arbres des forêts dansent de joie
devant la face du Seigneur, car il vient,
car il vient pour juger la terre.

Il jugera le monde avec justice,
et les peuples selon sa vérité !

2ème lecture : « La grâce de Dieu s’est manifestée pour tous les hommes » (Tt 2, 11-14)
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre à Tite

Bien-aimé,
la grâce de Dieu s’est manifestée
pour le salut de tous les hommes.
Elle nous apprend à renoncer à l’impiété
et aux convoitises de ce monde,
et à vivre dans le temps présent de manière raisonnable,
avec justice et piété,
attendant que se réalise la bienheureuse espérance :
la manifestation de la gloire
de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus Christ.
Car il s’est donné pour nous
afin de nous racheter de toutes nos fautes,
et de nous purifier
pour faire de nous son peuple,
un peuple ardent à faire le bien.

Evangile : « Aujourd’hui vous est né un Sauveur » (Lc 2, 1-14)

Acclamation : Alléluia. Alléluia.  Je vous annonce une grande joie : Aujourd’hui vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur ! Alléluia. (cf. Lc 2, 10-11)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ces jours-là,
parut un édit de l’empereur Auguste,
ordonnant de recenser toute la terre
– ce premier recensement eut lieu
lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie.
Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine.
Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth,
vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem.
Il était en effet de la maison et de la lignée de David.
Il venait se faire recenser avec Marie,
qui lui avait été accordée en mariage
et qui était enceinte.

Or, pendant qu’ils étaient là,
le temps où elle devait enfanter fut accompli.
Et elle mit au monde son fils premier-né ;
elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire,
car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans la même région, il y avait des bergers
qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs
pour garder leurs troupeaux.
L’ange du Seigneur se présenta devant eux,
et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière.
Ils furent saisis d’une grande crainte.
Alors l’ange leur dit :
« Ne craignez pas,
car voici que je vous annonce une bonne nouvelle,
qui sera une grande joie pour tout le peuple :
Aujourd’hui, dans la ville de David,
vous est né un Sauveur
qui est le Christ, le Seigneur.
Et voici le signe qui vous est donné :
vous trouverez un nouveau-né
emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable,
qui louait Dieu en disant :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux,
et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »
Patrick BRAUD

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11 septembre 2014

Reliques : que reste-t-il de nos amours ?

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Reliques : que reste-t-il de nos amours ?

 

Homélie du 24° dimanche du temps ordinaire / Année A
Fête de l’exaltation de la Croix glorieuse
14/09/2014

 

Que reste-t-il de ceux que nous avons connus ?
Ou, comme le chantait Charles Trenet : que reste-t-il de nos amours ? que reste-t-il de ces beaux jours ?…

La mémoire d’un visage, un parfum… des souvenirs qui remontent, associés aux « madeleines » de notre vécu commun : telle musique, tel objet, tel lieux précis…

Nous n’avons pas besoin d’objets matériels en théorie pour faire vivre en nous cette mémoire. Pourtant, il suffit de rentrer dans l’intimité d’une maison, d’un appartement, d’une chambre, pour lire sur les murs et les étagères les grands moments, les grandes figures qui ont marqué les habitants. Et, lors d’un héritage, on voit bien que la valeur affective et mémorielle d’une table, d’un violoncelle ou d’un tableau sont plus importants que leur valeur financière.

Et puis, lorsqu’on déménage une personne âgée de chez elle dans une résidence médicalisée, le simple fait de pouvoir poser quelques meubles et photos personnelles dans sa chambre l’aidera à ne pas être totalement déracinée.

Bref, nous avons besoin qu’il nous reste quelque chose de notre histoire individuelle.

C’est ce même besoin de garder des traces concrètes d’événements importants qui a poussé les chrétiens à garder des restes, des reliques (reliquare = ce qui reste, en latin), de ceux qui ont marqué leur histoire. Les premières reliques matérielles sont peut-être ces morceaux de la croix du Christ dont nous fêtons la découverte en ce 14 septembre, fête de l’exaltation de la croix glorieuse.

On sait que c’est l’impératrice Hélène, la mère de Constantin (IV° siècle), qui est allée chercher à Jérusalem ce qui restait de la croix du Christ et des instruments de sa Passion : la couronne d’épines, les clous, des morceaux du bois (le patibulum). On se souvient également que la Sainte-Chapelle à Paris a été construite spécialement par Saint Louis pour servir d’écrin à ces reliques qu’il y déposa en 1248 [2].

Reliques : que reste-t-il de nos amours ? dans Communauté spirituelle

Ces traces et réalistes, physiques, concrètes, du supplice de la crucifixion subie par Jésus ont toujours été vénérées avec respect par le peuple chrétien. Pas comme des preuves, pas de manière magique. Mais comme des signes de l’enracinement historique de l’événement majeur de notre foi.

En consacrant une fête liturgique annuelle en l’honneur de ces reliques, l’Église catholique redit son attachement à la réalité historique de Jésus de Nazareth, de sa Passion et de sa mise au tombeau.

Les premières reliques des chrétiens ont été pendant trois siècles liées aux martyrs suppliciés dans les arènes romaines.

Les fouilles archéologiques ont par exemple montré que le tombeau de Saint Pierre à Rome correspond vraiment aux restes de l’apôtre, recueillis par des disciples sur les lieux mêmes de son martyr, dans le cirque romain du Vatican.

 

plan-vatican amour dans Communauté spirituelle

La coutume s’est même très tôt répandue de se retrouver autour des tombes des martyrs, pour y célébrer l’eucharistie en secret [2]. Car la véritable eucharistie, c’est d’offrir sa vie, de livrer son corps et de verser son sang par amour. Pour ne jamais oublier ce vrai sens de l’eucharistie, et les martyrs qui pendant 300 ans l’ont payé de leur vie (hélas cela continue encore aujourd’hui), l’Église a ensuite placé dans ses autels des reliques de ses martyrs. Ainsi, en célébrant l’eucharistie sur des restes humains de ceux qui en ont été le prototype, les chrétiens s’obligent eux-mêmes à en faire une question de vie ou de mort.

pierre autel

Telle est la force des reliques, dont nous fêtons aujourd’hui la découverte des premières à Jérusalem. Les reliques des saints s’inscrivent dans ce même mouvement de mémoire réaliste. Sans idolâtrie, loin de tous les trafics qui ont pu polluer leur rôle spirituel dans les siècles passés.

Nous comprendrons mieux l’importance des reliques chrétiennes si nous pratiquons nous-mêmes le respect de nos reliques familiales et personnelles. Il nous reste tous quelque chose d’un père disparu, d’amis partis au loin, de collègues qui nous ont formé etc.. Nous pourrions nous en passer en théorie. Mais c’est plus concret, plus humain d’appuyer notre mémoire sur ces humbles éléments matériels, devenus pour nous seuls symboliques d’un moment, d’un visage, d’un événement.

Que la fête de l’exaltation de la Croix, à travers ces quelques bouts de bois précieusement conservés, nous aident à ne jamais perdre la mémoire de la Passion du Christ pour nous, unie à nos passions humaines les plus vraies.

 

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1. Le 14 septembre 1241, le saint roi Louis IX alla solennellement au-devant des 
reliques de la Passion qu’il avait achetées à l’empereur de Constantinople : c’étaient un morceau de bois de la vraie Croix, le fer de la lance, une partie de l’éponge, un morceau du roseau et un lambeau du manteau de pourpre. Elles furent déposées à la Sainte-Chapelle en 1248.

 

2. Les actes du martyre de saint Polycarpe, en 156, attestent :
« prenant les ossements plus précieux que les pierres de grand prix et plus épurés que l’or, nous les avons déposés dans un lieu convenable. Là même, autant que possible, réunis dans l’allégresse et la joie, le Seigneur nous donnera de célébrer l’anniversaire de son martyre en mémoire de ceux qui sont déjà sorti du combat, et pour exercer et préparer ceux qui attendent le martyre. » On se souvient aussi, en 177, d’une lettre où l’Église de Lyon regrettait de n’avoir pu conserver les restes de ses martyrs.

1ère lecture : Le serpent de bronze, signe du salut (Nb 21, 4b-9)

Lecture du livre des Nombres

Au cours de sa marche à travers le désert, le peuple d’Israël, à bout de courage, récrimina contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter
d’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir dans le désert, où il n’y a ni pain ni eau ? Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable ! »
Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d’Israël.
Le peuple vint vers Moïse et lui dit : « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu’il éloigne de nous les serpents. »
Moïse intercéda pour le peuple, et le Seigneur dit à Moïse : « Fais-toi un serpent, et dresse-le au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, et ils vivront !»
Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet d’un mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il conservait la vie !

 

Psaume : 77, 3-4ac, 34-35, 36-37, 38ab.39

R/ Par ta croix, Seigneur, tu nous rends la vie.

Nous avons entendu et nous savons
ce que nos pères nous ont raconté ;
et nous redirons à l’âge qui vient,
les titres de gloire du Seigneur.
Quand Dieu les frappait, ils le cherchaient,
ils revenaient et se tournaient vers lui :
ils se souvenaient que Dieu est leur rocher,
et le Dieu Très-Haut, leur rédempteur.
Mais de leur bouche ils le trompaient,
de leur langue ils lui mentaient.
Leur cœur n’était pas constant envers lui ;
ils n’étaient pas fidèles à son alliance.
Et lui, miséricordieux,
au lieu de détruire, il pardonnait;
Il se rappelait : ils ne sont que chair,
un souffle qui s’en va sans retour.

2ème lecture : Glorification de Jésus après son humiliation sur la Croix (Ph 2, 6-11)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens

Le Christ Jésus, lui qui était dans la condition de Dieu, n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu ; mais au contraire, il se
dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à
mourir, et à mourir sur une croix.

C’est pourquoi Dieu l’a élevé au-dessus de tout ; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms, afin qu’au Nom de Jésus, aux cieux, sur terre et dans l’abîme, tout être vivant tombe à
genoux, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est le Seigneur », pour la gloire de Dieu le Père.

Evangile : Le Christ élevé sur la croix pour le salut des hommes (Jn 3, 13-17)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons : par ta Croix, tu as racheté le monde. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme.
De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle.
Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle.
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
Patrick BRAUD

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13 juin 2014

Trinité : ne faire qu’un à plusieurs

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Trinité : ne faire qu’un à plusieurs

Homélie pour la fête de la Trinité / Année A
15/06/2014

Même la famille a du mal?

Trinité : ne faire qu'un à plusieurs dans Communauté spirituelle bd35feca-201d-11e1-b53a-82616b81bcadUn repas de famille comme toutes les familles en vivent, à l’occasion de Noël, d’un anniversaire, d’une communion? La discussion à table en arrive aux impôts : la fameuse pression fiscale. Une des soeurs présentes part dans une longue diatribe véhémente sur le thème :

- regardez tout ce qu’on nous prend !

Je vois le visage d’une autre soeur se durcir et ses yeux se remplir de colère :

- tu as de la chance de payer des impôts. Nous on aimerait bien en payer, mais on n’est pas assez riches pour cela.

Le débat avec tout le monde enfle, s’envenime, au point que l’une des soeurs quitte la table en pleurant :

- on n’est vraiment pas du même monde !

Silence gêné et consterné évidemment après ce coup d’éclat : la fête est gâchée ; la joie de se retrouver en famille s’est évaporée à l’épreuve des différences trop grandes entre les modes de vie de chacun.

 

L’être humain est trinitaire

Dieu que c’est dur d’être unis en étant différents !

Dieu que c’est difficile de s’aimer alors que tout nous sépare !

C’est pourtant l’enjeu de cette fête de la Trinité : Dieu ne fait qu’un à trois, et il nous introduit dans cette intimité-là.

trinite2 amour dans Communauté spirituelleTrois personnes distinctes, une circulation d’amour entre elles les liant indissolublement : l’unité trinitaire est ce à quoi nous aspirons le plus profondément, parce que à son image nous avons été créés. Nous sommes faits pour vivre par de tels liens d’échanges réciproques où l’un et l’autre deviennent inséparables. Nous portons-nous la trace de cette communion divine, comme la cire garde en creux l’empreinte du sceau royal qui lui a donné sa forme.

Entre le Père et le Fils, dans l’Esprit, circule une telle intensité de relations que l’un n’est pas sans l’autre, et que chacun se reçoit et se donne en même temps, ne faisant plus qu’un dans ce don mutuel (les chrétiens grecs appellent périchorèse  cette joyeuse danse où l’amour circule entre les trois).

 

Ne faire qu’un à plusieurs : c’est bien cela notre vocation la plus fondamentale. Nous l’approchons lorsque l’amitié nous fait vibrer à l’unisson.

Nous la pressentons lorsque la ferveur sportive nous entraîne dans un même enthousiasme (la coupe du monde de football en témoigne !).

Nous la devinons lorsque la musique nous fait expérimenter une harmonie indicible. Nous l’expérimentons avec émotion devant la beauté de la création dont nous sommes issus.

Rien à voir avec la poupée de sel qui se dissout dans l’océan ! Non : l’unité trinitaire respecte le jeu de chacun. Distinguer pour mieux unir (Jacques Maritain) reste une maxime authentiquement chrétienne. Le Père n’est pas le Fils, l’Esprit est distinct des deux, et pourtant les trois ne font qu’un.

C’est en devenant profondément soi-même qu’on s’ouvre à la communion avec l’autre, et réciproquement. La communion divine exalte l’individualité de chacun en la mettant en relation avec la sienne.

L’adjectif chrétien est d’ailleurs synonyme de trinitaire en fait. Le Christ (chrestos en grec = oint) est l’oint, c’est-à-dire celui qui a reçu de Dieu le Père de l’onction de l’Esprit Saint. Le chrétien est donc celui qui, en suivant Jésus-Christ, reçoit du Père la force de l’Esprit pour vivre sa vie d’homme en communion (avec Dieu / les autres / lui-même / la nature…).

Pourquoi alors est-il si difficile d’être unis et différents ? Pourquoi tant de couples ne peuvent-ils pas durer jusqu’au bout sur ce chemin de communion (qui est trinitaire, au fond) ? Pourquoi tant de familles se déchirent-elles entre personnes de même sang ? Et les familles des peuples répercutent à l’infini ces divisions anti-trinitaires : entre catholiques et protestants autrefois, entre Hutus et Tutsis  récemment, entre palestiniens et israéliens toujours, hindous et musulmans encore…

Nous avons perdu la capacité de nous réjouir de ce que l’autre est vraiment autre. Au lieu de nous émerveiller de ce qu’il a et que je n’ai pas, nous jalousons, nous voulons lui ressembler à tout prix (cf. la violence mimétique analysée par René Girard). Au lieu de louer Dieu pour les talents et la personnalité de l’autre, nous cherchons à lui prendre, à le dominer, à le dévorer. Nous travestissons nos différences en inégalités, nous avons peur qu’elles soient source de domination.

 

reiser Dieu 

La Trinité au travail !

Fêter la Trinité est donc un sacré antidote à notre violence inhumaine, et un beau rappel de l’avenir qui nous est promis. Si on y réfléchit, tout notre univers est façonné par cette structure trinitaire. On a parlé de l’amitié, du couple, du sport, de la musique, de la beauté du monde. Parlons aussi de notre univers au travail.

‘Que vient faire la Trinité au travail ?’ railleront certains, en rajoutant avec cynisme : ?en entreprise, on n’est pas dans le monde des Bisounours’.

Pourtant, à moins d’être un ultralibéral partisan de la concurrence à mort, où l’un des derniers marxistes exaltant la lutte des classes, la plupart des travailleurs aspirent à des relations professionnelles faites de collaboration, de solidarité, d’estime, de reconnaissance mutuelle.

Tous les sondages réalisés auprès des salariés français ou européens redisent que l’attente des travailleurs tourne bien sûr autour de la rémunération, mais aussi de la considération, du respect, de l’ambiance et de la qualité des relations au travail.

 

Le secret de l’unité trinitaire réside dans le mouvement : se recevoir/se donner. Cette dynamique de l’échange à la manière divine peut transformer toute activité professionnelle.

Pas question alors d’imposer son autorité hiérarchique à une équipe en faisant claquer ses galons : l’autorité se reçoit, avec humilité, de bas en haut, d’une équipe qui reconnaît à quelqu’un le rôle et la mission de la conduire à sa réussite.

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Plus question entre collègues de rivaliser par la force ou la tromperie : la coopération fera gagner tous ensemble (ce qui ne supprime pas l’émulation, mais la met au service de la réussite commune). Se recevoir inclura également la relation client/usagers/élèves : un grand professionnel est d’abord reconnu comme tel par ses clients, un bon fonctionnaire par les usagers du service public, un professeur génial dans l’admiration de ses élèves.

Se donner marquera en retour l’activité professionnelle du sceau du service. Le grand commerçant est celui qui veut d’abord le meilleur service pour son client (qualité, prix, délai…). Il fait son métier par passion. C’est la passion de se donner qui anime également le scientifique qui cherche et expérimente, le professeur qui déploie des trésors de pédagogie etc.. Même les travaux apparemment les plus ingrats peuvent être vécus dans cet état d’esprit de service. Refaire des centaines de fois les mêmes gestes devant une machine ne peut pas se vivre sans solidarité avec les autres opérateurs, avec ceux de la maintenance des machines, avec le souci de la qualité finale pour le client etc. La manière d’accomplir sa tâche lui donne un autre sens, une dimension plus humaine parce que reliée à d’autres. Cela ne supprime pas la pénibilité physique, le côté mécanique, répétitif – voire abrutissant – de certaines tâches. Cela permet de résister à la déshumanisation qui guette toujours le monde du travail. Mais peut-être aussi d’éviter que des traders deviennent fous, des patrons arrogants, des équipes démotivées parce que divisées et sans aventure commune.

 

Une économie de communion (chère aux Foccolaris) ira puiser dans la Trinité une source d’inspiration pour transformer les relations au travail, et le travail lui-même.

Fêter la Trinité le dimanche permet donc de revenir le lundi matin à son bureau/usine/école/commerce avec le goût de la communion eucharistique (qui est trinitaire) encore dans la bouche. Tout peut devenir matière à se recevoir/se donner. Toute activité (si elle est orientée vers le bien commun) peut engendrer de l’unité entre des gens différents.

Relisons donc nos responsabilités à la lumière de cette vocation trinitaire : ne faire qu’un à plusieurs.

 

 

1ère lecture : Le Dieu tendre et miséricordieux se révèle à son peuple (Ex 34, 4b-6.8-9)

Lecture du livre de l’Exode

Moïse se leva de bon matin, et il gravit la montagne du Sinaï comme le Seigneur le lui avait ordonné.
Le Seigneur descendit dans la nuée et vint se placer auprès de Moïse. Il proclama lui-même son nom ; il passa devant Moïse et proclama :
« YAHVÉ, LE SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité. »
Aussitôt Moïse se prosterna jusqu’à terre, et il dit :
« S’il est vrai, Seigneur, que j’ai trouvé grâce devant toi, daigne marcher au milieu de nous. Oui, c’est un peuple à la tête dure ; mais tu pardonneras nos fautes et nos péchés, et tu feras de nous un peuple qui t’appartienne. »

Psaume : Ps Dn 3, 52, 53, 54, 55, 56

R/ À toi, louange et gloire éternellement!

Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères :
R/ À toi, louange et gloire éternellement !

Béni soit le nom très saint de ta gloire :
R/ À toi, louange et gloire éternellement !

Béni sois-tu dans ton saint temple de gloire :
R/ À toi, louange et gloire éternellement !

Béni sois-tu sur le trône de ton règne :
R/ À toi, louange et gloire éternellement !

Béni sois-tu, toi qui sondes les abîmes :
R/ À toi, louange et gloire éternellement !

Toi qui sièges au-dessus des Kéroubim :
R/ À toi, louange et gloire éternellement !

Béni sois-tu au firmament, dans le ciel :
R/ À toi, louange et gloire éternellement !

2ème lecture : Dans l’amour trinitaire (2Co 13, 11-13)

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, soyez dans la joie, cherchez la perfection, encouragez-vous, soyez d’accord entre vous, vivez en paix, et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous.
Exprimez votre amitié en échangeant le baiser de paix. Tous les fidèles vous disent leur amitié.
Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion de l’Esprit Saint soient avec vous tous.

Evangile : « Dieu a tant aimé le monde…» (Jn 3, 16-18)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit : au Dieu qui est, qui était et qui vient ! Alléluia. (cf. Ap 1, 8)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle.
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne veut pas croire est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
Patrick BRAUD 

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22 février 2014

Boali, ou l’amour des ennemis

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Boali, ou l’amour des ennemis

Homélie du 7° dimanche du temps ordinaire / Année A
23/02/2014

 

Centrafrique : dans un pays en plein chaos, où la guerre civile dégénère en guerre de religion entre musulmans et chrétiens, ils sont quelques-uns à croire à la parole du Christ d’aujourd’hui : « vous avez appris qu’il a été dit : tu aimeras ton prochain. Eh bien moi, je vous dis : aimez vos ennemis ».

Protéger la famille de son ennemi

Boali le 19 janvier 2014.

Nous sommes au nord de Bangui, capitale de la Centrafrique. Le 17 janvier, des combats ont éclaté entre milices chrétiennes (anti-balaka) et musulmanes (Seleka) : six musulmans et chrétiens sont tués, des maisons sont incendiées, dévastées. Les familles musulmanes, craignant que ces représailles des anti-balaka sur les Seleka s’amplifient, s’enfuient affolées, sans savoir où aller. Face à l’urgence, l’abbé Xavier Fagba et son diacre Boris Wiligale ont alors ouvert les portes de leur paroisse (St Pierre) à des centaines de musulmans, dont de nombreux Peuls (éleveurs nomades), fuyant les violences.

Quelque 700 civils selon l’abbé, en majorité des femmes et des enfants, ont déjà passé deux nuits dans l’église au toit de tôle ondulée, gardée par quelque 70 hommes de l’opération militaire française Sangaris.

cf. http://actu.orange.fr/societe/videos/reportage-a-boali-je-ne-permettrai-pas-qu-on-touche-quiconque-dans-mon-eglise-VID0000001FsrC.html

Lors de la messe ce dimanche 19 janvier, l’abbé Xavier invite les paroissiens à sortir de l’église au moment du geste de paix pour aller saluer les musulmans assis dehors. C’est la mise en pratique très concrète, simple et forte, du chapitre 5 de Matthieu d’où est tiré notre évangile de ce dimanche : « Quand donc tu présentes ton offrande à l’autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande, devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère; puis reviens, et alors présente ton offrande. Hâte-toi de t’accorder avec ton adversaire, tant que tu es encore avec lui sur le chemin? » (Mt 5, 23-25).

À la fin de la messe, le diacre Boris partage un repas avec des musulmans, et les encourage à tenir bon.

Voilà une première traduction de l’amour des ennemis : protéger les familles menacées, de quelque bord qu’elles soient. Ne pas confondre légitime défense et anéantissement du clan de l’autre.

Pourquoi agir ainsi ? Pas seulement pour obéir au Christ ; ou plutôt en lui obéissant pour préparer l’après conflit, où il faudra bien se parler à nouveau. Pour sauvegarder la possibilité de manger ensemble, d’habiter ensemble après. Car si les familles des combattants ont été massacrées, humiliées, comment reconstruire un avenir commun ? Quand on sait ce que font les soldats aux femmes et aux enfants des camps adverses dans toutes les guerres, on mesure combien est révolutionnaire cette protection de la famille de ses ennemis.

La réconciliation après la guerre doit s’anticiper pendant la guerre, pour que l’avenir reste ouvert.

 

Apprendre la langue de son ennemi

Lorsqu’il était en prison, Nelson Mandela a voulu apprendre l’afrikaner, la langue de ses ennemis blancs qui l’avaient emprisonné… Impressionnant ! C’est un peu comme vouloir apprendre l’allemand sous l’occupation nazie.

Pourquoi a-t-il voulu le faire ? Pour pouvoir leur parler au coeur. « Vous savez, quand vous parlez afrikaner, vous les touchez droit au coeur ».

C’est réellement impressionnant. Ce n’est pas par calcul pour mieux les affaiblir que Mandela veut apprendre la langue de ses geôliers, mais pour ouvrir avec eux un dialogue qui les touche au plus profond. C’est donc qu’il savait voir le coeur de ses ennemis au-delà de leur uniforme ou de leur position pro-apartheid. C’est donc qu’il traduisait l’amour des ennemis par ce désir de toucher l’autre au coeur.

Sommes-nous prêts à apprendre la langue de nos adversaires ? C’est-à-dire à découvrir leur culture, leur vision du monde, leur génie propre ?

Sommes-nous prêts à parler à leur coeur au lieu de renverser la tyrannie par la force ? Osons-nous faire ce pari d’écouter ce qu’ils portent de plus profond en eux  (et qu’ils ignorent peut-être eux-mêmes) pour y faire appel ?

On peut encore décliner ce commandement si paradoxal du Christ en plusieurs attitudes à portée de main de chacun de nous.

 

Ne pas vouloir haïr.

Même si nous avons des reproches légitimes à faire, nous n’avons pas besoin de nous laisser gagner par le désir de vouloir du mal.

Le mal gagnerait deux fois : la première quand notre ennemi est submergé par la violence, la deuxième quand la violence nous dominerait à notre tour.

Ne pas vouloir haïr est le premier pas pour aimer son ennemi.

 

« Prier pour ceux qui nous persécutent » (cf. Lc 6,28)

C’est la version positive du refus de la haine : bénir ceux qui nous maudissent et nous diffament, vouloir du bien à ceux qui nous font du mal, intercéder auprès de Dieu pour qu’ils vivent. Nous ne savons pas ce qui est bon pour eux, et nous n’avons pas forcément à nous y impliquer ; mais nous pouvons confier à Dieu leur devenir et souhaiter le meilleur pour eux.

À travers ces quelques attitudes, les chrétiens ne manifestent aucune complicité avec le mal. Ils le dénoncent avec vigueur, mais ne confondent jamais une personne avec les actes qu’elle commet. C’est le mal qu’il faut combattre, pas celui qui l’accomplit. Cette distinction est capitale. Sans elle, le Christ n’aurait jamais dit : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,33). Il savait discerner combien ses bourreaux étaient aveuglés sur la réalité de leurs actes. Sans les excuser, il manifestait qu’ils valent infiniment plus que les clous qu’ils enfoncent  dans sa chair et la dérision dont ils l’enveloppent.

Regardez avec lucidité ceux qui sont vos adversaires : au travail, dans la famille, dans vos relations.

Demandez à Dieu dans la prière la grâce d’aimer vos ennemis, non pas d’une manière sentimentale en attendant que votre coeur batte pour eux, mais en vous engageant résolument dans la volonté de ne pas haïr, de prier pour eux, de protéger ceux qu’ils aiment, tout en dénonçant et combattant le mal commis, jusqu’à la grâce ultime du pardon…

Car il faudra une réconciliation nationale, et il faudra que chrétiens et musulmans réapprennent à vivre ensemble en Centrafrique.

1ère lecture : Tu aimeras ton prochain, car je suis saint (Lv 19, 1-2.17-18)

Lecture du livre des Lévites

Le Seigneur adressa la parole à Moïse : 
« Parle à toute l’assemblée des fils d’Israël ; tu leur diras : Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. Tu n’auras aucune pensée de haine contre ton frère. Mais tu n’hésiteras pas à réprimander ton compagnon, et ainsi tu ne partageras pas son péché. Tu ne te vengeras pas. Tu ne garderas pas de rancune contre les fils de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis le Seigneur ! »

Psaume : 102, 1-2, 3-4; 8.10, 12-13

R/ Le Seigneur est tendresse et pitié.

Bénis le Seigneur, ô mon âme, 
bénis son nom très saint, tout mon être ! 
Bénis le Seigneur, ô mon âme, 
n’oublie aucun de ses bienfaits ! 

Car il pardonne toutes tes offenses 
et te guérit de toute maladie ; 
il réclame ta vie à la tombe 
et te couronne d’amour et de tendresse.

Le Seigneur est tendresse et pitié, 
lent à la colère et plein d’amour ; 
il n’agit pas envers nous selon nos fautes, 
ne nous rend pas selon nos offenses. 

Aussi loin qu’est l’orient de l’occident, 
il met loin de nous nos péchés ; 
comme la tendresse du père pour ses fils, 
la tendresse du Seigneur pour qui le craint !

2ème lecture : La sagesse véritable : appartenir tous ensemble au Christ (1 Co 3, 16-33)

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères,
n’oubliez pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous. 
Si quelqu’un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est sacré, et ce temple, c’est vous. Que personne ne s’y trompe : si quelqu’un parmi vous pense être un sage à la manière d’ici-bas, qu’il devienne fou pour devenir sage. Car la sagesse de ce monde est folie devant Dieu. L’Écriture le dit : C’est lui qui prend les sages au piège de leur propre habileté. Elle dit encore : Le Seigneur connaît les raisonnements des sages : ce n’est que du vent ! Ainsi, il ne faut pas mettre son orgueil en des hommes dont on se réclame. Car tout vous appartient, Paul et Apollos et Pierre, le monde et la vie et la mort, le présent et l’avenir : tout est à vous, mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu.

Evangile : Sermon sur la montagne. Aimez vos ennemis, soyez parfaits comme votre Père céleste (Mt 5, 38-48)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Celui qui garde la parole du Christ connaît l’amour de Dieu dans sa perfection. Alléluia. (cf. 1 Jn 2, 5)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait :
« Vous avez appris qu’il a été dit : ?il pour ?il, dent pour dent. Eh bien moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. Et si quelqu’un veut te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. Donne à qui te demande ; ne te détourne pas de celui qui veut t’emprunter. 

Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »
Patrick BRAUD 

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