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19 décembre 2021

Noël : assumer notre généalogie

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 12 h 30 min

Noël : assumer notre généalogie

 Homélie pour la fête de Noël / Année C
25/12/2021

Cf. également :

Noël : La contagion du Verbe
Y aura-t-il du neuf à Noël ?
Noël : évangéliser le païen en nous
Tenir conte de Noël
Noël : solstices en tous genres
Noël : Il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune…
Noël : la trêve des braves
Noël : croyance dure ou croyance molle ?
Le potlatch de Noël
La bienveillance de Noël
Noël « numérique », version réseaux sociaux…
Noël : « On vous écrira… »
Enfanter le Verbe en nous…

Raconter notre histoire familiale

African music roots Senegal Soundioulou Sissoko cora kora griot musique africaine traditional traditionnelle anthologyJe me souviens de funérailles en Afrique noire, il y a bien longtemps. Des funérailles immenses à la mesure du défunt, chef important d’un village important. Il y eut trois jours de festivités, avec une foule incroyable qui arrivait et repartait sans cesse, des sacrifices d’animaux par dizaines, des danses, des masques… Je me souviens notamment de l’éloge funèbre prononcé par le griot devant la case du chef, sa veuve étant sur le seuil sans franchir son confinement symbolique. Pendant longtemps, très longtemps, le griot accompagné d’un tambour a chanté les louanges du chef en racontant l’histoire de sa famille depuis aussi loin que la mémoire humaine le pouvait. Je me faisais traduire, et j’écoutais les noms défiler, leurs hauts faits, leurs alliances, leurs victoires.

Depuis, en relisant la généalogie de ce jour de Noël, j’ai à chaque fois l’impression que Matthieu s’est transformé en griot pour nous présenter le héros de son livre ! C’est vrai que le début de l’Évangile de Matthieu nous met d’emblée devant l’histoire d’un nom, d’une famille, sur des générations. Matthieu fait de cette généalogie une nouvelle Genèse ; il utilise le même mot : commencement (genêsis en grec, bereshit en hébreu) que lors de la création du monde (Gn 1,1). On doit faire ici la distinction entre origine et commencement : l’origine concerne l’histoire-avant, le commencement est ce qui naît à partir de. Matthieu n’est pas intéressé par l’origine de Jésus, mais par son commencement. L’enjeu du récit familial n’est donc pas archéologique, mais existentiel.

Quels sont les commencements qui prennent corps dans mon histoire ?

Quand on sait que Matthieu terminera son Évangile par la perspective grandiose de la fin des temps (« et moi je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » Mt 28,20), on voit que Matthieu veut embrasser toute histoire humaine, du commencement à sa fin. Et la généalogie en est sa porte d’entrée.
« Engendrer » est l’unique verbe employé dans ces versets. Sa répétition vaut pour une insistance sur la cohérence et la progression du déroulement des événements : la naissance de Jésus est ici racontée en termes d’accomplissement.

Et nous ? Sommes-nous capable de raconter d’où nous venons et ce qui naît en nous ? Les hauts et les bas de notre famille sur plusieurs générations ?
Il existe d’ailleurs un métier qui consiste à aider des anciens à coucher par écrit leur histoire et celle de leurs aïeux avant qu’ils ne s’en aillent. Un proverbe africain ne dit-il pas : « un vieux qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle » ?
Fêter Noël, c’est d’abord selon Matthieu reconstituer l’histoire qui nous a façonnés, pour y discerner ce dont elle accouche. Histoire familiale bien sûr. Mais également l’histoire de notre pays (ce que l’on appelle le roman historique national), par exemple de Lascaux à Clovis, de Clovis à Charlemagne, de Charlemagne à Louis XVI, de la révolution aux guerres mondiales etc. L’humanité elle-même a besoin de se raconter son histoire globale depuis les origines. Le succès du livre « Sapiens : Une brève histoire de l’humanité » (2011), de Yuval Noah Harari, est à ce titre révélateur. D’où les grandes cosmogonies (récits de conception du monde) qui caractérisent chaque culture : la création par les divinités, le déluge, et aujourd’hui le Big-bang ou le vide quantique etc.
Pour le Messie de Noël comme pour chacun de nous, impossible de naître vraiment sans se rattacher à une histoire longue, qu’il faut pouvoir raconter à d’autres pour dire qui nous sommes, et pour la transmettre à nos enfants [1].
Que puis-je raconter de mon histoire familiale, depuis les origines ?

 

Périodiser l’histoire

Les généalogies de JésusMatthieu a travaillé avec soin son découpage de sa généalogie. En 3 périodes égales, de 14 générations chacune. Avec 2 moments charnières entre les périodes : David et l’exil à Babylone.
3 est le chiffre divin (Dieu 3 fois Saint, la Trinité) : distinguer 3 périodes est pour Matthieu le moyen le plus simple d’affirmer que Dieu est à l’œuvre dans cette généalogie. Un regard de foi va permettre de relire la succession des noms humains comme la trace de l’œuvre de Dieu en faveur de son peuple, jusqu’à lui donner le Messie (Christ), l’homme du 8e jour.
14 est un nombre très humain : c’est le chiffre du couple homme-femme (2) multiplié par 7 (le chiffre de la première création en 7 jours). C’est donc toute l’histoire humaine en attente de la 2e création. Rien que par la symbolique de ces nombres 3, 14, 2 et 7, Matthieu nous avertit que l’histoire familiale de Jésus est humaine, très humaine, et que Dieu va porter à son accomplissement l’effort de cette succession de générations pour l’amener de 2 à 3, de 7 à 8.

Ce découpage répond également à un autre besoin : pouvoir mémoriser facilement cette généalogie afin de la raconter sans se tromper le soir autour du feu, à la manière du griot accompagné du tambour. Périodiser notre histoire familiale, personnelle et collective, demande de déceler les époques-charnières, les moments-pivots où quelqu’un, quelque chose a changé le cours des événements. Matthieu a choisi 2 événements clés pour découper ces 3 périodes : la royauté de David et l’exil à Babylone. Le premier est judicieux : c’est un choix qui parle au cœur de tous les juifs. Le grand roi David incarne en effet un idéal de roi juste et religieux, couronné de paix et de prospérité, grâce à l’onction messianique reçue de Samuel. À tel point que « fils de David » sera le titre le plus populaire décerné à Jésus par les foules en attente. Par contre, le choix de la déportation à Babylone a dû choquer les lecteurs de Matthieu. Un peu comme si on faisait de la conférence de Wannsee (1942) sur la solution finale le repère de l’histoire juive contemporaine ! Rappeler Babylone pour Matthieu correspondant donc à un choix délibéré. Avant David, il aurait pu choisir le don de la loi au Sinaï, après lui le retour d’exil. Mais non : le seul nom de Babylone rappelait aux lecteurs que Jésus est né dans une lignée ayant connu bien des catastrophes, bien des revers. Ce n’est pas à la force du poignet qu’Israël a engendré le Messie, parce qu’il aurait été le plus fort ou le plus juste. C’est par don gratuit de Dieu. Insérer Babylone dans la généalogie de Jésus oblige à rester humble, à ne pas écrire l’histoire du point de vue des vainqueurs seulement.

Quels sont les moments charnières où notre histoire personnelle a basculé ?
Quels sont nos David et nos Babylone dont nous devons croiser les fils pour notre propre récit sur nos origines ?

Dans une famille, il y a toujours des figures glorieuses qu’on veut mettre en avant. Il y a inévitablement d’autres figures qu’on préférerait taire, des ‘cadavres dans le placard’ (suicides, divorces, prisons, faillites etc.) dont le silence sur elles engendre mal-être et troubles divers chez les descendants.
À nous d’enquêter s’il le faut pour reconstituer une histoire honnête et franche, sans l’embellir (Babylone) ni la dévaloriser (David).

 

Les femmes du scandale

5 femmes à scandale dans la généalogie de JésusÀ la différence de Luc qui n’en mentionne aucune dans sa généalogie si différente (Lc 3, 23-38), Matthieu nomme 5 femmes dans l’ascendance de Jésus. Et ce sont 5 femmes à scandale [2], hors normes, choisies volontairement par Matthieu qui montre ainsi que Dieu assume nos contradictions, nos écarts pour tracer son chemin.
Tamar est cette veuve sans enfants (double malheur) qui va quand même obtenir par la ruse ce que la vie ne lui accordait pas. Elle se déguise en prostituées et couche avec son beau-père pour donner malgré tout à son mari un fils de son sang (Gn 38).
Et voilà que Jésus compte un inceste dans ses origines !
Puis vient Rahab, la prostituée de Jéricho (Jo 2;6;7) qui a caché les éclaireurs envoyés par Josué pour conquérir la ville. Le fil écarlate accroché à sa fenêtre en guise de signal d’invasion est devenu célèbre.
Et voilà que Jésus compte une prostituée parmi ses ancêtres !
Puis vient Ruth, cette étrangère de Moab, qui séduit Booz à Bethléem, se convertit, devient l’arrière-grand-mère de David (cf. le livre de Ruth).
Et voilà que Jésus est de sang-mêlé, puisqu’il a une étrangère (païenne de surcroît) dans ses origines !
Puis vient la femme d’Ourias. Nous savons qu’elle s’appelle Bethsabée. Mais Matthieu ne la nomme pas, comme pour rappeler le forfait de David qui l’a prise à Ourias, son mari, général d’armée que David va envoyer au front pour l’éliminer. Ainsi il recueillait dans son lit la maîtresse avec qui il avait déjà commis l’adultère en la violant.
Et voilà que Jésus est fils d’un roi adultère, violeur, voleur, assassin !
Puis enfin vient Marie, la seule femme dont Matthieu dit qu’elle ait engendré. Femme hors normes, puisque cela se fait sans Joseph d’après ce que le texte indique.
Et voilà que Jésus a pour mère une vierge !

5 étant le chiffre de la loi (les 5 livres du Pentateuque), on voit que les 5 femmes choisies par Matthieu annoncent une Loi nouvelle, où la vertu morale n’est pas la condition du salut, où la pureté du sang n’est qu’une chimère, où les hors-normes sont des relais de la grâce divine. Matthieu aurait pu citer des femmes bien plus prestigieuses : Sarah, Rebecca, Rachel, Déborah, Esther, Judith ou Anne etc. Mais non : les 5 femmes du scandale font entrer le Messie de Noël dans une humanité où la norme humaine n’est pas divine, où Dieu écrit droit avec des lignes courbes (selon le proverbe portugais que Claudel met en exergue du « Soulier de satin »).

C’est par ces femmes aussi que Jésus est « fils d’Abraham », alors que Luc dans sa  généalogie l’établira « fils d’Adam » : l’un veut montrer l’accomplissement des promesses de l’Alliance d’Abraham en Jésus, l’autre annonce que ces promesses sont étendues à toute l’humanité en Jésus nouvel Adam.

 

Les anonymes, les petits

À partir de la déportation à Babylone, les personnages évoqués ne sont guère connus, même en Israël. On revient à une lignée d’anonymes, de gens simples et modestes qui n’ont guère laissé de traces dans l’histoire. Mais justement, Matthieu veut souligner que Dieu naît aussi au milieu des petits, grâce à eux. Les frasques des puissants sont un peu le miroir aux alouettes des histoires officielles. L’existence des gens simples et ordinaires est tout aussi essentielle pour que Dieu naisse en nous. Matthieu aura particulièrement le souci de ces petits : le massacre des innocents à Noël, les petits du jugement dernier etc.
À nous de réintégrer les petits, les gens simples et ordinaires dans nos récits, nos mémoires, en famille comme en société.

 

Le but du récit : savoir qui je suis

La finale de notre texte dit clairement son intention : « … Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ ». Le but du récit est clairement d’établir l’identité messianique (christique) de Jésus. Les troubles de l’identité viennent souvent d’une absence d’ancrage historique. Matthieu veut établir que le Messie qui prend corps à travers Israël depuis des siècles est bien Jésus, né à Bethléem de Marie.

Si je dois raconter d’où je viens, c’est d’abord pour dire qui je suis. Ce que Paul Ricœur appelle l’identité narrative. C’est en racontant que je prends conscience de ma singularité, et que je peux l’exposer aux autres. Comment savoir qui je suis sans remonter le fil du temps ? À travers les séparations, les brouilles, les oublis, je peux m’inscrire dans une vague de visages et d’événements qui ont leur cohérence.

Noël : assumer notre généalogie dans Communauté spirituelle arbre-de-jesse-920x500

 

Laisser un vide dans le récit

Le jeu du taquin (Michelin)En finale, le lecteur sera un peu surpris de constater… que Matthieu ne sait pas compter ! On effet, il annonce 3 × 14 générations, mais la dernière période n’en compte que 13 et non 14 ! Où est passée la 14e ?
Si Matthieu laisse un blanc, c’est sans aucun doute voulu.
S’il laisse ouverte la liste, c’est pour nous y inscrire.
S’il ne boucle pas la 14e génération, c’est parce qu’elle est là sous nos yeux.
Le vide laissé dans cette succession – à la manière du jeu du taquin – nous permet de nous y insérer. Nous sommes de la génération Jésus-Christ qui couronne l’action de Dieu dans l’histoire en lui faisant porter ses fruits messianiques de justice et de paix, d’amour et de vérité, de pardon et de fidélité.

 

 

Prenons donc place dans cette longue lignée d’illustres et d’obscurs, de pécheurs et de justes, qui a engendré le Messie de Noël et continue de le faire en nos cœurs.

 


[1]. L’ensemble de cet article s’inspire de Céline Rohmer, « L’écriture généalogique au service d’un discours théologique : une lecture de la généalogie de Jésus dans l’évangile selon Matthieu », Cahiers d’études du religieux. Recherches interdisciplinaires, 2017. Cf. https://journals.openedition.org/cerri/1697

[2]. E. De Luca, Les saintes du scandale, Paris, Mercure de France, 2013.


MESSE DE LA VEILLE AU SOIR

PREMIÈRE LECTURE
« Tu seras la joie de ton Dieu » (Is 62, 1-5)

Lecture du livre du prophète Isaïe

 Pour la cause de Sion, je ne me tairai pas, et pour Jérusalem, je n’aurai de cesse que sa justice ne paraisse dans la clarté, et son salut comme une torche qui brûle. Et les nations verront ta justice ; tous les rois verront ta gloire. On te nommera d’un nom nouveau que la bouche du Seigneur dictera. Tu seras une couronne brillante dans la main du Seigneur, un diadème royal entre les doigts de ton Dieu. On ne te dira plus : « Délaissée ! » À ton pays, nul ne dira : « Désolation ! » Toi, tu seras appelée « Ma Préférence », cette terre se nommera « L’Épousée ». Car le Seigneur t’a préférée, et cette terre deviendra « L’Épousée ». Comme un jeune homme épouse une vierge, ton Bâtisseur t’épousera. Comme la jeune mariée fait la joie de son mari, tu seras la joie de ton Dieu.

PSAUME
(Ps 88 (89), 4-5, 16-17, 27.29)
R/ L’amour du Seigneur, sans fin je le chante ! (cf. Ps 88, 2a)

« Avec mon élu, j’ai fait une alliance,
j’ai juré à David, mon serviteur :
J’établirai ta dynastie pour toujours,
je te bâtis un trône pour la suite des âges. »

Heureux le peuple qui connaît l’ovation !
Seigneur, il marche à la lumière de ta face ;
tout le jour, à ton nom il danse de joie,
fier de ton juste pouvoir.

« Il me dira : Tu es mon Père,
mon Dieu, mon roc et mon salut !
Sans fin je lui garderai mon amour,
mon alliance avec lui sera fidèle. »

DEUXIÈME LECTURE
Le témoignage de Paul au sujet du Christ, fils de David (Ac 13, 16-17.22-25)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Invité à prendre la parole dans la synagogue d’Antioche de Pisidie, Paul se leva, fit un signe de la main et dit : « Israélites, et vous aussi qui craignez Dieu, écoutez : Le Dieu de ce peuple, le Dieu d’Israël a choisi nos pères ; il a fait grandir son peuple pendant le séjour en Égypte et il l’en a fait sortir à bras étendu. Plus tard, Dieu a, pour eux, suscité David comme roi, et il lui a rendu ce témoignage : J’ai trouvé David, fils de Jessé ;c’est un homme selon mon cœurqui réalisera toutes mes volontés. De la descendance de David, Dieu, selon la promesse, a fait sortir un sauveur pour Israël : c’est Jésus, dont Jean le Baptiste a préparé l’avènement, en proclamant avant lui un baptême de conversion pour tout le peuple d’Israël. Au moment d’achever sa course, Jean disait : ‘Ce que vous pensez que je suis, je ne le suis pas. Mais le voici qui vient après moi, et je ne suis pas digne de retirer les sandales de ses pieds.’ »

ÉVANGILE
« Généalogie de Jésus, Christ, fils de David » (Mt 1, 1-25)
Alléluia. Alléluia. Demain sera détruit le péché de la terre, et sur nous régnera le Sauveur du monde. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Commencement (Généalogie) de Jésus, Christ, fils de David, fils d’Abraham.
Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères, Juda, de son union avec Thamar, engendra Pharès et Zara, Pharès engendra Esrom, Esrom engendra Aram, Aram engendra Aminadab, Aminadab engendra Naassone, Naassone engendra Salmone, Salmone, de son union avec Rahab, engendra Booz, Booz, de son union avec Ruth, engendra Jobed, Jobed engendra Jessé, Jessé engendra le roi David.
David, de son union avec la femme d’Ourias, engendra Salomon, Salomon engendra Roboam, Roboam engendra Abia, Abia engendra Asa, Asa engendra Josaphat, Josaphat engendra Joram, Joram engendra Ozias, Ozias engendra Joatham, Joatham engendra Acaz, Acaz engendra Ézékias, Ézékias engendra Manassé, Manassé engendra Amone, Amone engendra Josias, Josias engendra Jékonias et ses frères à l’époque de l’exil à Babylone.
Après l’exil à Babylone, Jékonias engendra Salathiel, Salathiel engendra Zorobabel, Zorobabel engendra Abioud, Abioud engendra Éliakim, Éliakim engendra Azor, Azor engendra Sadok, Sadok engendra Akim, Akim engendra Élioud, Élioud engendra Éléazar, Éléazar engendra Mattane, Mattane engendra Jacob, Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ.
Le nombre total des générations est donc : depuis Abraham jusqu’à David, quatorze générations ; depuis David jusqu’à l’exil à Babylone, quatorze générations ; depuis l’exil à Babylone jusqu’au Christ, quatorze générations.
Patrick BRAUD

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7 avril 2019

Rameaux : le conflit ou l’archipel

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 12 h 00 min

Rameaux : le conflit ou l’archipel

Homélie pour le Dimanche des Rameaux / Année C
14/04/2019

Cf. également :

Comment devenir dépassionnés
Rameaux : assumer nos conflits
Rameaux, kénose et relèvement
Briser la logique infernale du bouc émissaire
Les multiples interprétations symboliques du dimanche des rameaux
Le tag cloud de la Passion du Christ
Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?
C’est l’outrage et non pas la douleur
Il a été compté avec les pécheurs
Sortir, partir ailleurs…

L'Archipel français (Sciences humaines (H.C.)) par [Fourquet, Jerome]« L’archipel français ». Le dernier livre de François Fourquet [1] fait sensation, car il met des chiffres et un récit sur un phénomène que tous peuvent constater : la France depuis plusieurs décennies se fragmente en une multitude d’îlots sociologiques, ethniques, religieux, économiques de plus en plus morcelés, de plus en plus éloignés les uns des autres. François Hollande confiait paraît-il sa crainte de voir arriver l’éclatement du pays : « Comment peut-on éviter la partition ? Car c’est quand même ça qui est en train de se produire : la partition. » [2] À en croire Fourquet, l’archipélisation de la France est en marche, si l’on peut oser ce néologisme et ce jeu de mots.

Quel rapport avec les Rameaux, direz-vous ? Plusieurs.

- Le premier est le sens même de la mort du Christ. Selon Jean, Jésus est mort « afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés » (Jn 11,52). Toute fragmentation d’une société qui s’émiette en communautés juxtaposées et presque étrangères les unes aux autres contredit le sens de la Passion du Christ et annule pour ainsi dire le don de l’unité liée à la Croix. Le modèle de la communion entre les citoyens pour les chrétiens est trinitaire, conjuguant l’altérité et l’unité, la communion et la différence, la distinction et le lien, à l’image des trois personnes divines ne faisant qu’un, sans séparation ni confusion. Si les enfants d’ouvriers et d’employés sont quasiment absents des écoles préparatoires et des grandes écoles, si les clubs de sport ne mélangent plus les classes sociales, si les musulmans mangent avec les musulmans, les juifs avec les juifs, les riches avec les riches, les pauvres avec les pauvres, si l’on ne fréquente plus l’autre au point d’ignorer comment il vit, alors le désir du Christ de rassembler sera mis en échec de façon dramatique.

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- La deuxième raison théologique qui nous pousse à dénoncer et combattre l’archipélisation de la France tourne autour de la question de la vérité. Pourquoi Jésus est-il mis à mort ? Parce qu’il dit la vérité sur l’homme, et que cette vérité dérange les groupes religieux juifs qui ne veulent pas l’entendre, dérange les révolutionnaires comme Judas qui lui préfèrent  l’action armée, dérange Hérode qui veut des miracles et non le vrai, dérange Pilate qui craint le désordre… Alors les grands prêtres préfèrent mentir et accuser Jésus de blasphème plutôt que d’accueillir sa vérité. Alors Judas préfère livrer Jésus en espérant peut-être une alliance contre nature, sourd aux paroles de Jésus sur la non-violence et sur le Royaume qui n’est pas de ce monde. Alors Hérode traite par le mépris ce prophète qui ne veut pas faire le magicien. Alors Pilate choisit la compromission pour ne pas avoir d’ennuis, et trouve l’habile stratagème de Barabbas pour se défausser de sa responsabilité.

Qu'est-ce que la vérité ? : conférences Notre-Dame de Paris, carême 2007Ainsi en est-il encore aujourd’hui. Chaque groupe ne reçoit que ce qu’il a envie d’entendre. Pire encore, il se fabrique sa vérité en fonction du bien qu’elle lui procure et du renforcement qu’elle donne à ses croyances. Il n’y a plus guère de monde commun, mais un archipel de mondes qui s’ignorent et ne s’affrontent même plus. Les réseaux sociaux amplifient ce phénomène en créant des communautés virtuelles où l’on ne côtoie que le même grâce à la technologie. C’est le fameux enfermement algorithmique [3] qui enclot chaque groupe dans sa radicalisation en ne lui donnant à consulter que ce qui lui ressemble déjà.

Ce faisant, chacun évite le débat avec l’autre, la confrontation avec ses idées. Or il n’y a pas de démocratie sans débat d’idées, sans conflits d’interprétations. Sinon, le totalitarisme pointe le bout de son nez, même s’il est circonscrit à un petit groupe.

Tout se passe comme si la question de la vérité n’intéressait plus nos concitoyens, à l’image de Pilate désabusé : « qu’est-ce que la vérité ? » (Jn 18,38). À tel point que la conseillère de Trump parlait de « faits alternatifs » (!) pour justifier sa revendication extravagante d’une foule immense à l’investiture de son candidat. Le très sérieux dictionnaire Oxford a même fait du mot « post-vérité » (post-truth) le mot de l’année 2016, avec la définition suivante : « circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence pour modeler l’opinion publique que les appels à l’émotion et aux opinions personnelles ». Brice Couturier commente : « La démocratie est donc entrée dans l’ère de la post-vérité : des faits avérés ne parviennent plus à convaincre les électeurs » [4].
Plutôt que de se confronter au réel, ou à la contradiction, chaque île de l’archipel bricole sa vérité pour conforter ses croyances. Les « fake news » pullulent. Les médias officiels se croient obligés de faire du « fact checking », de démêler « l’infox » de l’info, mais retombent dans le politiquement correct et le discours des dominants. L’émiettement de la société se fait sur le dos de la vérité, qui ne passionne pas les foules.

Rameaux : le conflit ou l'archipel dans Communauté spirituelle droppedImage_1

Que faire pour conjurer ces forces de fragmentation sociale ?

Jésus dans sa Passion entre résolument en conflit avec les fausses interprétations de Dieu qui sont dominantes autour de lui. Il aurait pu rester tranquille, et développer à l’écart une secte évitant d’avoir des problèmes avec les juifs, les Romains et les autres. Or il prend avec courage le chemin de Jérusalem, « rendant son visage dur comme la pierre » ainsi que  le note Luc (Lc 9,51 ; 19,28 litt), ce qui en dit long sur sa conscience du conflit à venir. Ses disciples lui reprochent ce suicide politique : « Rabbi, tout récemment encore les Juifs cherchaient à te lapider ; et tu veux retourner là-bas ? » (Jn 11,8).

S’engager pour la vérité leur fait peur, à juste titre. D’ailleurs, Pierre préférera mentir que de prendre parti une fois ce conflit ouvert : « je ne connais pas cet homme » (Mt 26,12.74). Le regard que Jésus pose alors sur lui le hantera toute sa vie : impossible de suivre le Christ sans entrer en conflit avec les mensonges et les idéologies qui le  contredisent.

C’est donc en assumant publiquement le conflit, sans haine ni violence – au contraire en pratiquant l’amour de ses ennemis – que le Christ va mettre la question de la vérité au centre de la possibilité du vivre ensemble. « Je suis né pour rendre témoignage à la vérité » (Jn 18,37). Si nous abandonnons cette question de la vérité, en la renvoyant au subjectivisme et au relativisme ambiant, nous deviendrons complices de l’archipélisation de nos sociétés. Pas facile, car cela va nous entraîner des ennuis, inévitablement. Par exemple, proclamer la valeur de toute vie du tout début jusqu’à la mort heurte de front les intérêts eugénistes et sélectifs revendiqués comme des droits aujourd’hui au nom d’une liberté individuelle coupée du bien commun. Se battre pour les exclus et les moins-que-rien nous attirera les foudres des puissants. Fréquenter les infréquentables fera rejaillir sur nous le mépris dont on les accable. « Il a été compté avec les impies » (Lc 22,37 cf. Is 53,12) : si cette phrase d’Isaïe s’est appliquée à Jésus, elle s’appliquera également à nous lorsque comme lui nous entrerons en conflit avec les mensonges de notre temps.

CrucifixPrenons donc garde à ne pas contredire les rameaux que nous rapportons chez nous pour les mettre au-dessus de nos crucifix. Tout ce qui alimente l’archipélisation de la société reproduit et amplifie la Passion du Christ. Toutes les pratiques de l’entre-soi, depuis les crèches des enfants jusqu’à leurs lycées en passant par l’apartheid social des quartiers d’habitation, des loisirs sans mélanges, des manières de se nourrir ou de s’habiller, tout ce qui fragmente l’appartenance à un monde commun devient un péché contre la mort du Christ, bien plus grave que de manquer la messe ou ne pas jeûner le vendredi.

Le refus de cet éclatement social passe par le courage et la passion pour la vérité. Une vérité qui se joue dans le combat contradictoire, dans les argumentations rigoureuses, dans  la recherche du consensus. Si nous ne laissons pas l’Esprit du Christ insuffler en nous son courage pour dénoncer les mensonges actuels sur l’homme, la fragmentation sociale continuera : par îlots juxtaposés, chacun se bricolera sa vérité, évitant soigneusement la rencontre et le débat avec les autres vérités.

Or le conflit de la Passion ouvre la possibilité de l’unité au-dessus des parties en présence. Alors qu’il aurait pu prospérer dans son coin sur le succès des Rameaux lors de l’entrée à Jérusalem, Jésus a choisi de porter le conflit au cœur du Temple, au cœur du pouvoir romain et des collaborateurs de l’occupant. Sans ce conflit ouvert, pas de manifestation de la vérité, pas de communion possible entre tous.

La Passion du Christ que nous célébrons en ce dimanche des Rameaux nous avertit : rendre témoignage à la vérité (le Christ en personne) est plus important que de vivre tranquillement.

Choisir le conflit vaut mieux que consentir à l’archipel…

 


[1]. Seuil, 2019.
[2]. Gérard Davet et Fabrice Lhomme : Un président ne devrait pas dire ça…, Stock, 2016.
[3]. Cf. La déradicalisation selon saint Paul
[4]. Brice Couturier, « Comment on a tué la vérité », dans Le Point, 19 janvier 2015.

 

 

Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur

Procession des Rameaux
Entrée messianique (Lc 19, 28-40)

En ce temps-là, Jésus partit en avant pour monter à Jérusalem. Lorsqu’il approcha de Bethphagé et de Béthanie, près de l’endroit appelé mont des Oliviers, il envoya deux de ses disciples, en disant : « Allez à ce village d’en face. À l’entrée, vous trouverez un petit âne attaché, sur lequel personne ne s’est encore assis. Détachez-le et amenez-le. Si l’on vous demande : ‘Pourquoi le détachez-vous ?’ vous répondrez : ‘Parce que le Seigneur en a besoin.’ » Les envoyés partirent et trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit. Alors qu’ils détachaient le petit âne, ses maîtres leur demandèrent : « Pourquoi détachez-vous l’âne ? » Ils répondirent : « Parce que le Seigneur en a besoin. » Ils amenèrent l’âne auprès de Jésus, jetèrent leurs manteaux dessus, et y firent monter Jésus. À mesure que Jésus avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. Alors que déjà Jésus approchait de la descente du mont des Oliviers, toute la foule des disciples, remplie de joie, se mit à louer Dieu à pleine voix pour tous les miracles qu’ils avaient vus, et ils disaient : « Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur. Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! » Quelques pharisiens, qui se trouvaient dans la foule, dirent à Jésus : « Maître, réprimande tes disciples ! » Mais il prit la parole en disant : « Je vous le dis : si eux se taisent, les pierres crieront. »

Messe de la Passion
Première lecture (Is 50, 4-7)

Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples, pour que je puisse, d’une parole, soutenir celui qui est épuisé. Chaque matin, il éveille, il éveille mon oreille pour qu’en disciple, j’écoute. Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats. Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu.

Psaume (21 (22), 8-9, 17-18a, 19-20, 22c-24a)

Tous ceux qui me voient me bafouent ;
ils ricanent et hochent la tête :
« Il comptait sur le Seigneur : qu’il le délivre !
Qu’il le sauve, puisqu’il est son ami ! »

Oui, des chiens me cernent, une bande de vauriens m’entoure ;
Ils me percent les mains et les pieds, je peux compter tous mes os.
Ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mon vêtement.
Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin : ô ma force, viens vite à mon aide !

Tu m’as répondu !
Et je proclame ton nom devant mes frères,
je te loue en pleine assemblée.
Vous qui le craignez, louez le Seigneur.

Deuxième lecture (Ph 2 6-11)

Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père.

Évangile (Lc 22, 14 – 23, 56)

Indications pour la lecture dialoguée : Les sigles désignant les divers interlocuteurs sont les suivants : X = Jésus ; L = Lecteur ; D = Disciples et amis ; F = Foule ; A = Autres personnages.

L. Quand l’heure fut venue, Jésus prit place à table, et les Apôtres avec lui. Il leur dit : X « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir ! Car je vous le déclare : jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle soit pleinement accomplie dans le royaume de Dieu. » L. Alors, ayant reçu une coupe et rendu grâce, il dit : X « Prenez ceci et partagez entre vous. Car je vous le déclare : désormais, jamais plus je ne boirai du fruit de la vigne jusqu’à ce que le royaume de Dieu soit venu. » L. Puis, ayant pris du pain et rendu grâce, il le rompit et le leur donna, en disant : X « Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » L. Et pour la coupe, après le repas, il fit de même, en disant : X « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang répandu pour vous. Et cependant, voici que la main de celui qui me livre est à côté de moi sur la table. En effet, le Fils de l’homme s’en va selon ce qui a été fixé. Mais malheureux cet homme-là par qui il est livré ! » L. Les Apôtres commencèrent à se demander les uns aux autres quel pourrait bien être, parmi eux, celui qui allait faire cela. Ils en arrivèrent à se quereller : lequel d’entre eux, à leur avis, était le plus grand ? Mais il leur dit : X « Les rois des nations les commandent en maîtres, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler bienfaiteurs. Pour vous, rien de tel ! Au contraire, que le plus grand d’entre vous devienne comme le plus jeune, et le chef, comme celui qui sert. Quel est en effet le plus grand : celui qui est à table, ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Eh bien moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert. Vous, vous avez tenu bon avec moi dans mes épreuves. Et moi, je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi. Ainsi vous mangerez et boirez à ma table dans mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël. Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le blé. Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu sera revenu, affermis tes frères. » L. Pierre lui dit : D. « Seigneur, avec toi, je suis prêt à aller en prison et à la mort. » L. Jésus reprit : X « Je te le déclare, Pierre : le coq ne chantera pas aujourd’hui avant que toi, par trois fois, tu aies nié me connaître. » L. Puis il leur dit : X « Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni sac, ni sandales, avez-vous donc manqué de quelque chose ? » L. Ils lui répondirent : D. « Non, de rien. » L. Jésus leur dit : X « Eh bien maintenant, celui qui a une bourse, qu’il la prenne, de même celui qui a un sac ; et celui qui n’a pas d’épée, qu’il vende son manteau pour en acheter une. Car, je vous le déclare : il faut que s’accomplisse en moi ce texte de l’Écriture : Il a été compté avec les impies. De fait, ce qui me concerne va trouver son accomplissement. » L. Ils lui dirent : D. « Seigneur, voici deux épées. » L. Il leur répondit : X « Cela suffit. » L. Jésus sortit pour se rendre, selon son habitude, au mont des Oliviers, et ses disciples le suivirent. Arrivé en ce lieu, il leur dit : X « Priez, pour ne pas entrer en tentation. » L. Puis il s’écarta à la distance d’un jet de pierre environ. S’étant mis à genoux, il priait en disant : X « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne. » L. Alors, du ciel, lui apparut un ange qui le réconfortait. Entré en agonie, Jésus priait avec plus d’insistance, et sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient sur la terre. Puis Jésus se releva de sa prière et rejoignit ses disciples qu’il trouva endormis, accablés de tristesse. Il leur dit : X « Pourquoi dormez-vous ? Relevez-vous et priez, pour ne pas entrer en tentation. » L. Il parlait encore, quand parut une foule de gens. Celui qui s’appelait Judas, l’un des Douze, marchait à leur tête. Il s’approcha de Jésus pour lui donner un baiser. Jésus lui dit : X « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ? » L. Voyant ce qui allait se passer, ceux qui entouraient Jésus lui dirent : D. « Seigneur, et si nous frappions avec l’épée ? » L. L’un d’eux frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l’oreille droite. Mais Jésus dit : X « Restez-en là ! » L. Et, touchant l’oreille de l’homme, il le guérit. Jésus dit alors à ceux qui étaient venus l’arrêter, grands prêtres, chefs des gardes du Temple et anciens : X « Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus avec des épées et des bâtons ? Chaque jour, j’étais avec vous dans le Temple, et vous n’avez pas porté la main sur moi. Mais c’est maintenant votre heure et le pouvoir des ténèbres. » L. S’étant saisis de Jésus, ils l’emmenèrent et le firent entrer dans la résidence du grand prêtre. Pierre suivait à distance. On avait allumé un feu au milieu de la cour, et tous étaient assis là. Pierre vint s’asseoir au milieu d’eux. Une jeune servante le vit assis près du feu ; elle le dévisagea et dit : A. « Celui-là aussi était avec lui. » L. Mais il nia : D. « Non, je ne le connais pas. » L. Peu après, un autre dit en le voyant : F. « Toi aussi, tu es l’un d’entre eux. » L. Pierre répondit : D. « Non, je ne le suis pas. » L. Environ une heure plus tard, un autre insistait avec force : F. « C’est tout à fait sûr ! Celui-là était avec lui, et d’ailleurs il est Galiléen. » L. Pierre répondit : D. « Je ne sais pas ce que tu veux dire. » L. Et à l’instant même, comme il parlait encore, un coq chanta. Le Seigneur, se retournant, posa son regard sur Pierre. Alors Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite : « Avant que le coq chante aujourd’hui, tu m’auras renié trois fois. » Il sortit et, dehors, pleura amèrement. Les hommes qui gardaient Jésus se moquaient de lui et le rouaient de coups. Ils lui avaient voilé le visage, et ils l’interrogeaient : F. « Fais le prophète ! Qui est-ce qui t’a frappé ? » L. Et ils proféraient contre lui beaucoup d’autres blasphèmes. Lorsqu’il fit jour, se réunit le collège des anciens du peuple, grands prêtres et scribes, et on emmena Jésus devant leur conseil suprême. Ils lui dirent : F. « Si tu es le Christ, dis-le nous. » L. Il leur répondit : X « Si je vous le dis, vous ne me croirez pas ; et si j’interroge, vous ne répondrez pas. Mais désormais le Fils de l’homme sera assis à la droite de la Puissance de Dieu. » L. Tous lui dirent alors : F. « Tu es donc le Fils de Dieu ? » L. Il leur répondit : X « Vous dites vous-mêmes que je le suis. » L. Ils dirent alors : F. « Pourquoi nous faut-il encore un témoignage ? Nous-mêmes, nous l’avons entendu de sa bouche. » L. L’assemblée tout entière se leva, et on l’emmena chez Pilate. On se mit alors à l’accuser : F. « Nous avons trouvé cet homme en train de semer le trouble dans notre nation : il empêche de payer l’impôt à l’empereur, et il dit qu’il est le Christ, le Roi. » L. Pilate l’interrogea : A. « Es-tu le roi des Juifs ? » L. Jésus répondit : X « C’est toi-même qui le dis. » L. Pilate s’adressa aux grands prêtres et aux foules : A. « Je ne trouve chez cet homme aucun motif de condamnation. » L. Mais ils insistaient avec force : F. « Il soulève le peuple en enseignant dans toute la Judée ; après avoir commencé en Galilée, il est venu jusqu’ici. » L. À ces mots, Pilate demanda si l’homme était Galiléen. Apprenant qu’il relevait de l’autorité d’Hérode, il le renvoya devant ce dernier, qui se trouvait lui aussi à Jérusalem en ces jours-là. À la vue de Jésus, Hérode éprouva une joie extrême : en effet, depuis longtemps il désirait le voir à cause de ce qu’il entendait dire de lui, et il espérait lui voir faire un miracle. Il lui posa bon nombre de questions, mais Jésus ne lui répondit rien. Les grands prêtres et les scribes étaient là, et ils l’accusaient avec véhémence. Hérode, ainsi que ses soldats, le traita avec mépris et se moqua de lui : il le revêtit d’un manteau de couleur éclatante et le renvoya à Pilate. Ce jour-là, Hérode et Pilate devinrent des amis, alors qu’auparavant il y avait de l’hostilité entre eux. Alors Pilate convoqua les grands prêtres, les chefs et le peuple. Il leur dit : A. « Vous m’avez amené cet homme en l’accusant d’introduire la subversion dans le peuple. Or, j’ai moi-même instruit l’affaire devant vous et, parmi les faits dont vous l’accusez, je n’ai trouvé chez cet homme aucun motif de condamnation. D’ailleurs, Hérode non plus, puisqu’il nous l’a renvoyé. En somme, cet homme n’a rien fait qui mérite la mort. Je vais donc le relâcher après lui avoir fait donner une correction. » L. Ils se mirent à crier tous ensemble : F. « Mort à cet homme ! Relâche-nous Barabbas. » L. Ce Barabbas avait été jeté en prison pour une émeute survenue dans la ville, et pour meurtre. Pilate, dans son désir de relâcher Jésus, leur adressa de nouveau la parole. Mais ils vociféraient : F. « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » L. Pour la troisième fois, il leur dit : A. « Quel mal a donc fait cet homme ? Je n’ai trouvé en lui aucun motif de condamnation à mort. Je vais donc le relâcher après lui avoir fait donner une correction. » L. Mais ils insistaient à grands cris, réclamant qu’il soit crucifié ; et leurs cris s’amplifiaient. Alors Pilate décida de satisfaire leur requête. Il relâcha celui qu’ils réclamaient, le prisonnier condamné pour émeute et pour meurtre, et il livra Jésus à leur bon plaisir. L. Comme ils l’emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix pour qu’il la porte derrière Jésus. Le peuple, en grande foule, le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Jésus. Il se retourna et leur dit : X « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants ! Voici venir des jours où l’on dira : ‘Heureuses les femmes stériles, celles qui n’ont pas enfanté, celles qui n’ont pas allaité !’ Alors on dira aux montagnes : ‘Tombez sur nous’, et aux collines : ‘Cachez-nous.’ Car si l’on traite ainsi l’arbre vert, que deviendra l’arbre sec ? » L. Ils emmenaient aussi avec Jésus deux autres, des malfaiteurs, pour les exécuter. Lorsqu’ils furent arrivés au lieu dit : Le Crâne (ou Calvaire), là ils crucifièrent Jésus, avec les deux malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche. Jésus disait : X « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. » L. Puis, ils partagèrent ses vêtements et les tirèrent au sort. Le peuple restait là à observer. Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient : F. « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! » L. Les soldats aussi se moquaient de lui ; s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée, en disant : F. « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » L. Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui : « Celui-ci est le roi des Juifs. » L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait : A. « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! » L. Mais l’autre lui fit de vifs reproches : A. « Tu ne crains donc pas Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi ! Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. » L. Et il disait : A. « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » L. Jésus lui déclara : X « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » L. C’était déjà environ la sixième heure (c’est-à-dire : midi) ; l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure, car le soleil s’était caché. Le rideau du Sanctuaire se déchira par le milieu. Alors, Jésus poussa un grand cri : X « Père, entre tes mains je remets mon esprit. » L. Et après avoir dit cela, il expira. Ici on fléchit le genou et on s’arrête un instant) À la vue de ce qui s’était passé, le centurion rendit gloire à Dieu : A. « Celui-ci était réellement un homme juste. » L. Et toute la foule des gens qui s’étaient rassemblés pour ce spectacle, observant ce qui se passait, s’en retournaient en se frappant la poitrine. Tous ses amis, ainsi que les femmes qui le suivaient depuis la Galilée, se tenaient plus loin pour regarder. Alors arriva un membre du Conseil, nommé Joseph ; c’était un homme bon et juste, qui n’avait donné son accord ni à leur délibération, ni à leurs actes. Il était d’Arimathie, ville de Judée, et il attendait le règne de Dieu. Il alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus. Puis il le descendit de la croix, l’enveloppa dans un linceul et le mit dans un tombeau taillé dans le roc, où personne encore n’avait été déposé. C’était le jour de la Préparation de la fête, et déjà brillaient les lumières du sabbat. Les femmes qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée suivirent Joseph. Elles regardèrent le tombeau pour voir comment le corps avait été placé. Puis elles s’en retournèrent et préparèrent aromates et parfums. Et, durant le sabbat, elles observèrent le repos prescrit.
Patrick BRAUD

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9 juillet 2018

Deux par deux, sans rien pour la route

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Deux par deux, sans rien pour la route


Homélie pour le 15° dimanche du temps ordinaire / Année B
15/07/2018

Cf. également :

Le polythéisme des valeurs
Plus on possède, moins on est libre
Secouez la poussière de vos pieds
Medium is message
Briefer et débriefer à la manière du Christ


mormons.jpgVous avez sûrement déjà remarqué que les témoins de Jéhovah ou les mormons font toujours du porte-à-porte deux par deux, jamais seuls. Plus basiquement, vous avez remarqué également que les humains se mettent en couple pour affronter les aléas de la vie et assurer leur mission de parents. Notre Évangile de ce dimanche en fait une règle au cœur de la mission de l’Église : il les envoie deux par deux. Jamais seuls, sans surnombre non plus.

Pourquoi ce deux par deux est-il aussi structurant, et pas seulement en Église ? Car en entreprise également, il est sage et prudent de prévoir des binômes, ainsi que dans la responsabilité associative etc.

Essayons de lister quelques arguments en faveur de ce deux par deux.

 

Ne pas trop personnaliser

Deux par deux, sans rien pour la route dans Communauté spirituelle a701fce12694b65db2cea61ff4a18c2e_XLUne première raison de cet envoi deux par deux est sans doute d’éviter l’hyperpersonnalisation. La dérive de type ‘gourou’ n’est jamais loin pour qui est en première ligne de l’évangélisation. Bien des télévangélistes américains sont tombés dans ce piège, avec tous les excès financiers politiques ou sexuels qui l’accompagnent. La tentation du pouvoir solitaire guette toujours les papes, les évêques, les prêtres ou autres responsables lorsqu’ils n’ont pas de relations suivies de pair à pair. Ainsi saint Paul s’est toujours méfié de la puissance de son charisme personnel. Il prenait soin d’orienter les convertis vers le Christ et non vers lui-même. Même avec Barnabé en mission, on veut les adorer comme des dieux : il proteste énergiquement. Il rappelle sans cesse que nous portons un trésor dans des vases d’argile. L’argile c’est l’apôtre, le trésor c’est le Christ et son Évangile.

La formule deux par deux limite le risque d’hyperpersonnalisation qui aujourd’hui avec les médias est cent fois plus dangereux qu’aux premiers siècles.

 

S’entraider

Le coup de fatigue de l’un peut trouver un appui dans la persévérance de l’autre. Les difficultés rencontrées sont moins lourdes lorsqu’elles sont partagées. Une solution inédite viendra peut-être du débat entre les deux apôtres. Jésus sait que la mission n’est pas un long fleuve tranquille : en les envoyant deux par deux, il donne à chacun un compagnon, un soutien, un point d’appui dont l’aide sera précieuse.

Deux alpinistes encordés progressant sur une pente de neige, corde tendue

 

Valoriser les regards croisés (en stéréo !)

Nul n’est si intelligent qu’il puisse embrasser la totalité du réel à lui tout seul. Paul sans  Pierre aurait été trop excessif, Pierre sans Paul trop judéo-centré, et Rome est devenue la chaire de Pierre et Paul, pas d’un seul.

À deux, on a la possibilité de croiser les regards, les analyses. L’Évangile demande d’utiliser au moins deux yeux pour voir en relief et deux oreilles pour entendre en stéréo !

stereoscopie-art-de-la-vision-en-relief22 débrief dans Communauté spirituelle

 

Deux, car il y a urgence

 EgliseSi dépasser le 1 est nécessaire pour la qualité de la mission, pourquoi alors s’arrêter ici à 2 ? Pourquoi pas trois par trois comme les Pères blancs en Afrique ? Ou même plus (comme les moines bénédictins) ?

En fait, Jésus sait qu’il y a urgence et que ses ressources sont limitées. Urgence, car sa Passion approche et les disciples doivent dès maintenant s’exercer à l’annonce de l’Évangile sans lui. Ressources limitées, car ils ne sont que 12 autour de lui, avec les 72 comme deuxième cercle, et c’est tout. Optimiser l’impact de l’évangélisation tout en limitant l’effet des égos aboutit effectivement à cette stratégie du deux par deux. Davantage obligerait à restreindre le champ de l’annonce. Moins exposerait au risque gourou.

Le caractère d’urgence de la mission est fortement souligné dans le texte par le fameux passage ou Jésus préconise de secouer la poussière de ses sandales et de partir d’un lieu non réceptif plutôt que de gaspiller temps et énergie qui seront plus féconds ailleurs.

Nous avons un peu perdu ce sentiment d’urgence dans la mission. C’est dommage. Car cela nous demande de ne pas concentrer toutes nos forces au même endroit, de multiplier nos points d’impact par de petites unités simples et agiles, et d’aller là où l’Évangile est attendu.

 

Témoigner de l’amitié par l’amitié

111610Les messagers vont eux-mêmes incarner leur message. Ils témoignent d’un Dieu qui est dialogue, conversation, échanges et amitié (philia = amitié en grec est un des noms de l’amour). D’abord pour lui-même (c’est la Trinité). Puis avec l’humanité et chacun de nous. L’atmosphère de coopération, d’entente et de vrai partenariat amical qui règne entre les apôtres renvoient au mystère de communion du Dieu Trinité. Impossible d’en témoigner seul. Même les ermites sont reliés à une communauté monastique. C’est ce principe qui fera de l’Église « comme un sacrement » (Vatican II) de la communion opérée en Dieu : « voyez comme ils s’aiment ».

La première responsabilité des apôtres et de pratiquer entre eux l’amitié qui unit le Fils à son Père dans l’Esprit. C’est en même temps leur message.

 

Medium is message

Car vous avez sans doute été étonnés que Jésus ne leur donne pas de programme  d’évangélisation, pas de versets à réciter, pas de loi à apprendre par cœur ! Bizarrement, il semble ne pas avoir de contenu à cet envoi en mission.

C’est que l’Évangile consiste moins en des choses à apprendre qu’à des relations à vivre. Marshal Mac Luhan, théoricien des médias, écrivait fort justement en 1964 : « the medium is the message ». La manière dont nous annonçons l’Évangile est l’Évangile lui-même…

Témoigner de l’amitié divine demande de la pratiquer entre envoyés plus que d’en écrire de volumineux traités. Pendant trois siècles, les martyrs chrétiens annonceront l’Évangile avec leur sang : la façon dont ils s’aimaient à la veille de leur martyre, leur pardon à leurs bourreaux, leur joie et leurs chants au moment de mourir ont fait plus pour convertir l’empire romain que Constantin avec son Édit en 313.

Plus tard, l’expansion musulmane sera totalement différente : Mohamed se réclamera être le seul dépositaire de la révélation, il transmettra un texte auquel se soumettre, par la force si besoin. L’évangélisation chrétienne et la conquête musulmane sont radicalement différentes en leur essence (même si hélas les Églises l’ont souvent dénaturé après le III°  siècle). L’une se fait par le témoignage des apôtres, l’autre se fait à la pointe du sabre et des conquêtes militaires.

Annoncer l’Évangile, c’est d’abord le vivre entre nous.

Cela ne résout pas tous les conflits, inévitablement récurrents. Mais on voit dans les Actes des Apôtres comment les Douze et les Églises avec eux ont continué à pratiquer l’amitié divine : par le débat et le consensus (cf. le concile de Jérusalem, Actes 15), par le réalisme dans la composition des équipes (cf. Paul et Barnabé se séparant après en être presque venus aux mains dans leur dispute !), par des lettres, des visites, des collectes solidaires entre Églises etc.

Envoyer deux par deux est un signe fort de l’amitié incarnant l’Évangile.

 

Sans rien pour la route

Un autre signe fort de l’Évangile est la pauvreté des moyens utilisés.

Pas de caravane publicitaire, pas de location de stade à grands frais, pas de show  époustouflant, pas d’argent à distribuer pour acheter les cœurs… 

« Il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, mais seulement un bâton ; pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture. ‘Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange’ ».

Mission des Douze 11.jpg

Là encore, la manière dont est annoncé l’Évangile fait partie du contenu de l’Évangile. Si Dieu est pauvre et désarmé en lui-même comme seul le concept de Trinité nous le révèle, ses disciples le seront également pour qu’ils témoignent de lui, et parce qu’ils vivent de sa vie, donc à sa manière, tout simplement.

« De l’or et de l’argent, je n’en ai pas. Mais ce que j’ai je te le donne : au nom de Jésus le Nazaréen, lève-toi et marche » : Pierre et André (à nouveau à deux) n’ont rien d’autre à donner à l’impotent de la Belle Porte du Temple que cette bonne nouvelle d’un Dieu remettant l’homme debout pour aimer, louer et servir.

Le concile Vatican II a retrouvé cette vision originelle de l’évangélisation en souhaitant une Église humble, servante et pauvre à l’image de Jésus de Nazareth. Que le pape François soit appelé ‘le pape des pauvres’ est un indice du renouveau profond de l’Église catholique. Bien du chemin reste à parcourir sur cette voie de simplicité fraternelle pour annoncer l’Évangile. Mais les bases sont posées par Jésus lui-même envoyant ses disciples deux par deux sans aucun arsenal missionnaire sinon l’amitié vécue.

 

Débriefer à deux

Jésus ne se contente pas d’envoyer, il est désireux de les entendre rendre compte au retour de leur mission. C’est le fameux débrief dont l’importance n’échappe à personne aujourd’hui, militaires et managers y compris. Or débriefer seul induirait un biais trop subjectif : qui sait si je ne travestis pas la réalité en la racontant avec mes mots, ma sensibilité, mes choix personnels etc. ? Débriefer à deux limite là encore le risque de mainmise d’un seul sur la mission exercée.

Chacun des deux aura ses nuances, ses mots propres, ses apports complémentaires ou même divergents. L’unanimité est une force, la capacité de ne pas appauvrir le réel en est une autre. Et la pluralité des approches garantit un meilleur respect de la réalité.

the debrief

La tumultueuse relation entre Pierre et Paul en est un bon exemple : Paul n’hésite pas à fustiger l’attitude de Pierre lorsqu’il le voit ne pas manger avec des païens convertis.  Pourtant il s’appuie sur lui comme une « colonne de l’Église » pour être initié à Jérusalem  pendant trois ans à son contact après le chemin de Damas.

Il faut donc qu’il y ait des analyses différentes, dès lors qu’on peut les croiser dans l’amitié et la recherche de ce qui est juste.

Vous devinez qu’en parlant de l’envoi deux par deux des disciples, nous parlions en même temps de l’envoi deux par deux des couples, des responsables économiques et politiques, des acteurs associatifs, de notre vie amicale, de quartier etc.

Transposez à chacun de ces domaines les points de repères évoqués et vous verrez que cette sagesse du deux par deux est terriblement actuelle !

 

Lectures de la messe

Première lecture
« Va, tu seras prophète pour mon peuple » (Am 7, 12-15)

Lecture du livre du prophète Amos

En ces jours-là, Amazias, prêtre de Béthel, dit au prophète Amos : « Toi, le voyant, va-t’en d’ici, fuis au pays de Juda; c’est là-bas que tu pourras gagner ta vie en faisant ton métier de prophète. Mais ici, à Béthel, arrête de prophétiser; car c’est un sanctuaire royal, un temple du royaume. » Amos répondit à Amazias : « Je n’étais pas prophète ni fils de prophète ; j’étais bouvier, et je soignais les sycomores. Mais le Seigneur m’a saisi quand j’étais derrière le troupeau, et c’est lui qui m’a dit : ‘Va, tu seras prophète pour mon peuple Israël.’ »

Psaume

(Ps 84 (85), 9ab.10, 11-12, 13-14)
R/ Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut. (Ps 84, 8)

J’écoute : que dira le Seigneur Dieu ?
Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple et ses fidèles.
Son salut est proche de ceux qui le craignent,
et la gloire habitera notre terre.

Amour et vérité se rencontrent,
justice et paix s’embrassent ;
la vérité germera de la terre
et du ciel se penchera la justice.

Le Seigneur donnera ses bienfaits,
et notre terre donnera son fruit.
La justice marchera devant lui, 
et ses pas traceront le chemin.

Deuxième lecture
« Il nous a choisis dans le Christ avant la fondation du monde » (Ep 1,3-14)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ ! Il nous a bénis et comblés des bénédictions de l’Esprit, au ciel, dans le Christ. Il nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour. Il nous a prédestinés à être, pour lui, des fils adoptifs par Jésus, le Christ. Ainsi l’a voulu sa bonté, à la louange de gloire de sa grâce, la grâce qu’il nous donne dans le Fils bien-aimé. En lui, par son sang, nous avons la rédemption, le pardon de nos fautes. C’est la richesse de la grâce que Dieu a fait déborder jusqu’à nous en toute sagesse et intelligence. Il nous dévoile ainsi le mystère de sa volonté, selon que sa bonté l’avait prévu dans le Christ : pour mener les temps à leur plénitude, récapituler toutes choses dans le Christ, celles du ciel et celles de la terre. En lui, nous sommes devenus le domaine particulier de Dieu, nous y avons été prédestinés selon le projet de celui qui réalise tout ce qu’il a décidé : il a voulu que nous vivions à la louange de sa gloire, nous qui avons d’avance espéré dans le Christ. En lui, vous aussi, après avoir écouté la parole de vérité, l’Évangile de votre salut, et après y avoir cru, vous avez reçu la marque de l’Esprit Saint. Et l’Esprit promis par Dieu est une première avance sur notre héritage, en vue de la rédemption que nous obtiendrons, à la louange de sa gloire.

Évangile

« Il commença à les envoyer » (Mc 6,7-13) Alléluia. Alléluia. Que le Père de notre Seigneur Jésus Christ ouvre à sa lumière les yeux de notre cœur, pour que nous percevions l’espérance que donne son appel. Alléluia. (cf. Ep 1, 17-18)

Evangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là, Jésus appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. Il leur donnait autorité sur les esprits impurs, et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, mais seulement un bâton ; pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture. « Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. » Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, restez-y jusqu’à votre départ. Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez et secouez la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. » Ils partirent, et proclamèrent qu’il fallait se convertir. Ils expulsaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, et les guérissaient.
Patrick BRAUD

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29 juin 2016

Les 72

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

LES 72

 

Homélie du 14° Dimanche / Année C
Dimanche 3 Juillet 2016

 

Cf. également :

Briefer et débriefer à la manière du Christ 

Qu’est-ce qui peut nous réjouir ?

Secouez la poussière de vos pieds

Le baptême du Christ : une histoire « sandaleuse »

Medium is message

 

Qui sont ces 72 dont seul parle Luc ?

Pourquoi un 2ème groupe à côté des 12 Apôtres ?

La question nous intéresse, car autant le dire tout de suite, c’est notre mission qui est en jeu dans celle des 72.

Afficher l'image d'origineIls sont 72, ce qui d’après Gn 10,1-32 (dans la version grecque des Septante) évoque la postérité des fils de Noé qui repeuple la terre après le déluge et avant Babel. Ce nombre 72 symbolise donc l’ensemble des nations, avec qui Dieu désire entrer en alliance.

Les 72 ne remplacent pas les 12 ; ils s’ajoutent à eux.

Les 12 sont les apôtres, symbolisant les 12 tribus d’Israël, envoyés du temps de Jésus. Les 72, eux, sont envoyés par « le Seigneur », c’est-à-dire par le Christ ressuscité, à toutes les nations.

Les 72 complètent l’action des 12, comme la somme de 72 et 12 l’indique : 6 x 12 + 1 x 12 = 7 x 12, soit la plénitude d’Israël (7 est le chiffre de la Création : les 7 jours; 12 est le nombre des tribus d’Israël) = l’Église des nations. (Notez que la prophétesse Anne au Temple de Jérusalem chez Luc avait justement… 84 ans = 7×12 ! Elle annonce en elle-même l’universalité de la foi chrétienne lorsqu’elle accueille le bébé Jésus au Temple…)

Au-delà des chiffres, on voit bien que Luc écrit pour montrer que les envoyés après les Apôtres ont bien été voulus par Jésus lui-même. Après Pâques, le Seigneur continue d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.

 

Regardons ensemble les caractéristiques de ces 72.

 

1.    Ils sont autres que les 12

Le texte dit en effet : « le Seigneur en désigna 72 autres ».

Gardons nous d’ajouter trop vite : 72 autres disciples ou apôtres. Le texte dit qu’ils sont autres. Le nouvel envoyé est à la fois « autre » et en lien étroit avec ceux qui l’ont précédé. Il est « autre » en raison de la période nouvelle dans laquelle il est envoyé, et parce que les cultures à qui il s’adresse sont autres.

Ces 72 s’ajoutent aux 12, mais à la deuxième génération de missionnaires. St Luc sait qu’ils seront « autres ». Le groupe des 12 est unique, car témoin de la Résurrection du Christ; il n’y en aura pas d’autre. Grâce aux 72, la Parole initiale résonne au-delà des frontières, et sollicite de nouveaux auditoires.

C’est la nouveauté de notre mission chrétienne à chaque génération : il s’agit à la fois de prolonger l’action des 12 et en même temps d’être autres, de faire du neuf !

 

2.    Ces 72 sont envoyés là où le Christ n’est pas encore allé, mais projette de venir

Autrement dit, ils doivent préparer sa venue, défricher le terrain, être « en avant » du Christ.

Afficher l'image d'origineComment ne pas y voir l’immense champ d’apostolat des laïcs ? Les baptisés envoyés vivre leur foi dans les domaines politiques, économiques, culturels…

Là où le Christ n’est pas encore allé.

Explorer par exemple le champ de la recherche scientifique, du débat bioéthique, dans de redoutables questions que la foi chrétienne n’a pas encore pu éclairer.

Il y a tant de réalités humaines où le Christ n’est pas encore allé ! Aux baptisés de parcourir, en précurseurs, ces réalités nouvelles où le Seigneur lui-même voudrait se manifester…

 

3.    Ces 72 sont envoyés 2 par 2 : quelle sagesse !

Afficher l'image d'originePour éviter que l’un d’entre eux ne s’accapare le succès ou l’échec de leur mission ;

pour éviter de trop personnaliser l’annonce de la foi à la manière d’un gourou ;

pour se soutenir mutuellement… : les raisons sont nombreuses d’y aller 2 par 2.

Jamais seul.

Aujourd’hui encore c’est un critère sûr pour envoyer quelqu’un dans une responsabilité particulière : jamais seul ; toujours avec une équipe, au moins 2.

Équipe d’accompagnement au deuil, équipe d’Animation Pastorale, visite des malades, chargé des finances paroissiales au sein du Conseil économique, etc.… Jamais seul, au moins 2 par 2, en équipe : c’est une règle de sagesse.

 

4.    Ces 72 sont envoyés « comme des agneaux au milieu des loups »

Ce qui d’une part situe leur mission comme un combat contre le mal (« Je voyais Satan tomber comme l’éclair » dira Jésus), de façon très réaliste, et d’autre part leur interdit d’utiliser les même moyens que le mal pour triompher.

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Ce serait laisser gagner les loups que de nous transformer nous-même en loups ; mieux vaut demeurer agneau, quitte à le payer au prix fort, comme « l’Agneau de Dieu », pariant sur l’espérance qu’un jour « le loup habitera avec l’agneau » (Is 11,6).

L’envoyé ne veut pas la mort de ses adversaires, mais qu’ils vivent. Il ne répond pas au mal par le mal.

 

5.    Ces 72 devront apprendre à recevoir de ceux vers qui ils sont envoyés

« Là où vous serez accueillis, mangez ce qu’on vous offrira. Restez dans cette maison, acceptez ce qu’on vous servira ». Autrement dit : les cultures nouvelles vers qui vous êtes envoyés ont quelque chose à vous donner ; vous devez apprendre à recevoir d’elles, à vous nourrir de leurs richesses et pas seulement à leur donner.

C’est capital pour ne pas arriver en conquérant colonisateur ! En partageant l’intimité d’un peuple, d’une histoire étrangère, on reçoit beaucoup, on reçoit même de quoi vivre, et cela change fondamentalement l’annonce de l’Évangile. Annonce qui se fait alors de l’intérieur d’un peuple, et non de l’extérieur.

Apprenez à recevoir de ceux à qui vous désirez annoncer l’Évangile.

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6.    Ces 72 seront confrontés à l’échec

Patrick BraudIl y a des villes qui ne les accueilleront pas. Au lieu de perdre du temps, ils devront alors secouer la poussière de leurs sandales tout en maintenant que « le Règne de Dieu est tout proche ».

Savons-nous assez secouer la poussière de nos pieds lorsque le Christ n’est pas accueilli, pour aller l’annoncer ailleurs ?…

 

7.    Ces 72 reviennent tout joyeux raconter au Seigneur comment s’est passée leur mission

Afficher l'image d'origineRendre compte de la responsabilité exercée ; faire le point, un bilan personnel et collectif.
Débriefer.

Notre culture ecclésiale pratique trop peu l’évaluation.

Nous sommes mal à l’aise avec la culture du résultat.

Et pourtant c’est de raconter qu’ils sont joyeux.

Pratiquons nous assez ce retour de mission où on revient sur les succès, les échecs, en apprenant à nous réjouir de l’essentiel : nos noms « inscrits dans les cieux » ?

 

Décidément, ces 72 sont bien actuels !

À nous de le méditer pour la vie de notre Église aujourd’hui, mais également dans les responsabilités profanes auxquelles nous sommes envoyés…

 

 

 

1ère lecture : « Voici que je dirige vers elle la paix comme un fleuve » (Is 66, 10-14c)

Lecture du livre du prophète Isaïe

Réjouissez-vous avec Jérusalem ! Exultez en elle, vous tous qui l’aimez ! Avec elle, soyez pleins d’allégresse, vous tous qui la pleuriez ! Alors, vous serez nourris de son lait, rassasiés de ses consolations ; alors, vous goûterez avec délices à l’abondance de sa gloire. Car le Seigneur le déclare : « Voici que je dirige vers elle la paix comme un fleuve et, comme un torrent qui déborde, la gloire des nations. » Vous serez nourris, portés sur la hanche ; vous serez choyés sur ses genoux. Comme un enfant que sa mère console, ainsi, je vous consolerai. Oui, dans Jérusalem, vous serez consolés. Vous verrez, votre cœur sera dans l’allégresse ; et vos os revivront comme l’herbe reverdit. Le Seigneur fera connaître sa puissance à ses serviteurs.

Psaume : Ps 65 (66), 1-3a, 4-5, 6-7a, 16.20

R/ Terre entière, acclame Dieu, chante le Seigneur ! (cf. Ps 65, 1)

Acclamez Dieu, toute la terre ;
fêtez la gloire de son nom,
glorifiez-le en célébrant sa louange.
Dites à Dieu : « Que tes actions sont redoutables ! »

Toute la terre se prosterne devant toi,
elle chante pour toi, elle chante pour ton nom.
Venez et voyez les hauts faits de Dieu,
ses exploits redoutables pour les fils des hommes.

Il changea la mer en terre ferme :
ils passèrent le fleuve à pied sec.
De là, cette joie qu’il nous donne.
Il règne à jamais par sa puissance.

Venez, écoutez, vous tous qui craignez Dieu :
je vous dirai ce qu’il a fait pour mon âme ;
Béni soit Dieu qui n’a pas écarté ma prière,
ni détourné de moi son amour !

2ème lecture : « Je porte dans mon corps les marques des souffrances de Jésus » (Ga 6, 14-18)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Galates

Frères, pour moi, que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste ma seule fierté. Par elle, le monde est crucifié pour moi, et moi pour le monde. Ce qui compte, ce n’est pas d’être circoncis ou incirconcis, c’est d’être une création nouvelle. Pour tous ceux qui marchent selon cette règle de vie et pour l’Israël de Dieu, paix et miséricorde. Dès lors, que personne ne vienne me tourmenter, car je porte dans mon corps les marques des souffrances de Jésus. Frères, que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit. Amen.

Evangile : « Votre paix ira reposer sur lui » (Lc 10, 1-12.17-20)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. 
Que dans vos cœurs, règne la paix du Christ ; que la parole du Christ habite en vous dans toute sa richesse.
Alléluia. (Col 3, 15a.16a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

 En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore 72, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre. Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin. Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison.’ S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté. Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : ‘Le règne de Dieu s’est approché de vous.’ » Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, allez sur les places et dites : ‘Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous l’enlevons pour vous la laisser. Toutefois, sachez-le : le règne de Dieu s’est approché.’ Je vous le déclare : au dernier jour, Sodome sera mieux traitée que cette ville. »

Les 72 disciples revinrent tout joyeux, en disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. » Jésus leur dit : « Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair. Voici que je vous ai donné le pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et sur toute la puissance de l’Ennemi : absolument rien ne pourra vous nuire. Toutefois, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »
Patrick BRAUD

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