L'homelie du dimanche

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6 mars 2019

Brûlez vos idoles !

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 12 h 00 min

Brûlez vos idoles !

Homélie pour le 1° dimanche de Carême / Année C
10/03/2019

Cf. également :

Ne nous laisse pas entrer en tentation
L’île de la tentation
L’homme ne vit pas seulement de pain
Nous ne sommes pas une religion du livre, mais du Verbe
Et plus si affinité…
Une recette cocktail pour nos alliances
Gravity, la nouvelle arche de Noé ?
Poussés par l’Esprit

 

Idoles à brûler

Au lieu de vous prosterner devant des faux-dieux, jetez-les au feu et devenez libres !

La 3° tentation de Jésus au désert nous met sur cette piste (Lc 4, 1-13) : « Prosterne-toi, adore, et tu auras la gloire, la puissance » dit Satan en personne. Et la réponse cinglante du Christ : « Arrière Satan ! » équivaut au feu de joie qui brûle les fausses images de Dieu.

On se souvient d’ailleurs que c’est par le même reproche cinglant : « Arrière Satan ! », que Jésus a obligé Pierre à se détacher d’une vision trop humaine de sa mission.

Pierre idolâtrait tellement le succès humain qu’il ne pouvait pas imaginer la Passion, celle du Christ, et encore moins la sienne. Jésus l’a aidé à brûler cette conception trop païenne du succès et de la gloire, jusqu’à accepter lui-même le martyre à Rome, crucifié la tête en-bas.

Brûlez vos idoles ! dans Communauté spirituelle Lapinbleu267C-Mc1_12.jpg1

Brûlez vos idoles !

Rappelez-vous : c’est ce que Moïse a fait au veau d’or (Ex 32).

En voyant que le peuple dansait devant un veau d’or, et l’adorait à la place du Dieu unique, il s’enflamma de colère. Il brisa les tables de la loi, car l’idole et la loi ne peuvent vivre ensemble. Il fit brûler le veau, le moulut en poudre fine, et en saupoudra la surface de l’eau qu’il fit boire aux Israélites.

Drôle de geste : boire l’or fondu de l’idole… mais geste prophétique d’avertissement : attention vous devenez ce que vous adorez, comme vous vous incorporez votre boisson et votre nourriture !
Choisissez devant qui vous vous prosternez car vous serez transformés en ce que vous adorez…
D’ailleurs, le mot adorer vient de ad-orum = porter à la bouche, c’est-à-dire manger et boire. En faisant boire au peuple l’or fondu de l’idole, Moïse leur faisait prendre conscience de la force négative des cultes idolâtriques. Voilà pourquoi nous buvons le sang du Christ au lieu de l’or du veau…

Nous devenons ce que nous adorons : faisons donc attention à ce qui gouverne nos choix de vie.

 buisson dans Communauté spirituelle

Brûlez vos idoles !

Quelles sont ces idoles qui risquent de nous pétrifier, de nous transformer à leur image ?
Quels sont ces « Satans », comme dit le Christ, qui risquent de nous détourner du seul vrai Dieu ?
Le mot Satan vient d’un mot hébreu qui veut dire « faire obstacle » et qui désigne en fait une barre de fer qui bloque un chemin, une barre qu’on glisse dans les roues d’un char pour le renverser.
Satan s’ingénie à mettre des bâtons dans les roues des croyants pour les détourner de Dieu.
Et son bâton privilégié, c’est l’idole : le culte des images.

Idolâtrer, c’est s’arrêter à l’image au lieu de remonter à la source de cette image,
c’est aimer les créatures sans aimer leur créateur ;
c’est embrasser quelqu’un sur une photo et l’ignorer en réel,
c’est préférer l’argent à la relation humaine,
c’est vouloir le pouvoir et vouloir le conserver au lieu de vouloir servir et le pouvoir pour servir. Marx dénonçait à juste titre la « réification des rapports sociaux » comme la grande idolâtrie du XIX° siècle. Peut-être la dématérialisation des relations humaines deviendra-t-elle la grande idole du XXI°… ?

http://fr.web.img5.acsta.net/c_215_290/medias/nmedia/18/35/57/73/18660716.jpgComment découvrir ce qui en ce moment joue le rôle d’idole pour chacun de nous ?
C’est assez simple. Examinez froidement, objectivement ce à quoi vous consacrez le plus d’énergie, ou de temps, ou d’argent.
Certains dépensent une énergie folle à soigner leur réputation auprès des autres.
D’autres consacrent un temps disproportionné à des activités dont ils deviennent finalement les esclaves : l’écran d’ordinateur, de la console de jeu, le sport, une mauvaise solitude faite de repli sur soi et d’isolement, le pouvoir…
D’autres encore claquent un fric fou pour des choses finalement futiles : les cigarettes, l’alcool, le sexe, les gadgets, la voiture, la mode…
Même la famille peut devenir une idole (demandez à la Maffia !)

Le Nouveau Testament met en garde contre toutes sortes d’idoles qui peuvent nous réduire en esclavage : l’argent (Mt 6,24), le vin (Tt 2,3), la volonté de domination du prochain (Col 3,5 Ep 5,5), la puissance politique (Ap 13,8), le plaisir, l’envie, la haine (Rm 6,19).
Même l’observance matérielle de la loi peut devenir idolâtrique (Ga 4,8) : les fondamentalistes et les traditionalistes de tout poil ne sont finalement que des idolâtres qui s’ignorent ! Ils chosifient le texte au lieu de laisser l’Esprit faire vivre le texte pour découvrir Dieu au-delà du verset.

Brûlez vos idoles !

Le problème, c’est qu’on y est attaché à nos petites statuettes divines intérieures !
On y tient à nos idoles !
On aime nos esclavages, comme Israël aimait les marmites d’Égypte pleines de viandes.
Le problème, c’est que le fruit de l’idolâtrie au départ semble savoureux, agréable, désirable, comme le disait la première lecture de la Genèse…
« C’est si bon que c’est presque un péché » disait fort justement une publicité…

Pour brûler nos idoles, il faut d’abord démasquer leur stratégie trompeuse : nous faire croire que c’est bon alors qu’elles nous empoisonnent.
Voilà pourquoi Moïse a fait fondre l’or du veau et l’a fait boire au peuple : pour qu’il goûte la véritable amertume que produit l’esclavage, et se détourne ainsi de ce poison qu’est l’appétissante idole… À l’inverse, le buisson ardent brûlait sans consumer, lui. Car l’amour ne détruit pas ceux qu’il enflamme, contrairement à « Satan ».

Quelquefois, il faut longtemps, très longtemps, avant que quelqu’un ne devienne écœuré de cette course aux idoles. Mais cela arrive. Des gens témoignent qu’ils ont failli se perdre dans la drogue, le sexe, l’argent ; et que maintenant ils ont la nausée à la simple évocation de leurs excès d’autrefois. « Comment ai-je pu me rouler à ce point dans la fange, pire qu’un cochon dans sa souille ? »

Le veau d'or

Brûlez vos idoles !

Voilà donc 40 jours pour discerner l’idole qui en ce moment est active en vous, le Satan qui vous met des bâtons dans les roues, le veau d’or qui vous laissera un goût amer à la bouche.
Débusquez votre idole intérieure.

Pour vous y aider, voici un petit exercice tout simple : choisissez un symbole de ce petit dieu de rien du tout qui vous accapare, écrivez son nom ou décrivez-le sur une feuille A4, enroulez-le autour d’une bûchette, gardez-le bien en évidence chez vous sous vos yeux jusqu’à Pâques, puis jetez-la dans le feu pascal (lors de la veillée) à la fin du Carême : ce peut être un mot (tabac, haine…), un objet (ex : un billet !), un dessin etc. Vous verrez : brûler ce qui nous brûle est très libérateur…

Pendant ce Carême, retrouvons ce que signifie le combat de Jésus au désert : adorer Dieu seul, pas les caricatures dérisoires des petits dieux de bazar, remplis de vanités…

Brûlons nos idoles, avant qu’elles ne nous consument…
feu_pascal.jpg

 

 Lectures de la messe

Première lecture
La profession de foi du peuple élu (Dt 26, 4-10)

Lecture du livre du Deutéronome

Moïse disait au peuple : Lorsque tu présenteras les prémices de tes récoltes, le prêtre recevra de tes mains la corbeille et la déposera devant l’autel du Seigneur ton Dieu. Tu prononceras ces paroles devant le Seigneur ton Dieu : « Mon père était un Araméen nomade, qui descendit en Égypte : il y vécut en immigré avec son petit clan. C’est là qu’il est devenu une grande nation, puissante et nombreuse. Les Égyptiens nous ont maltraités, et réduits à la pauvreté ; ils nous ont imposé un dur esclavage. Nous avons crié vers le Seigneur, le Dieu de nos pères. Il a entendu notre voix, il a vu que nous étions dans la misère, la peine et l’oppression. Le Seigneur nous a fait sortir d’Égypte à main forte et à bras étendu, par des actions terrifiantes, des signes et des prodiges. Il nous a conduits dans ce lieu et nous a donné ce pays, un pays ruisselant de lait et de miel. Et maintenant voici que j’apporte les prémices des fruits du sol que tu m’as donné, Seigneur. »

Psaume
(Ps 90 (91), 1-2, 10-11, 12-13, 14-15ab)

R/ Sois avec moi, Seigneur, dans mon épreuve. (cf. Ps 90, 15)

Quand je me tiens sous l’abri du Très-Haut
et repose à l’ombre du Puissant,
je dis au Seigneur : « Mon refuge,
mon rempart, mon Dieu, dont je suis sûr ! »

Le malheur ne pourra te toucher,
ni le danger, approcher de ta demeure :
il donne mission à ses anges
de te garder sur tous tes chemins.

Ils te porteront sur leurs mains
pour que ton pied ne heurte les pierres ;
tu marcheras sur la vipère et le scorpion,
tu écraseras le lion et le Dragon.

« Puisqu’il s’attache à moi, je le délivre ;
je le défends, car il connaît mon nom.
Il m’appelle, et moi, je lui réponds ;
je suis avec lui dans son épreuve. »

Deuxième lecture
La profession de foi en Jésus Christ (Rm 10, 8-13)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères, que dit l’Écriture ? Tout près de toi est la Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur. Cette Parole, c’est le message de la foi que nous proclamons. En effet, si de ta bouche, tu affirmes que Jésus est Seigneur, si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, alors tu seras sauvé. Car c’est avec le cœur que l’on croit pour devenir juste, c’est avec la bouche que l’on affirme sa foi pour parvenir au salut. En effet, l’Écriture dit : Quiconque met en lui sa foi ne connaîtra pas la honte. Ainsi, entre les Juifs et les païens, il n’y a pas de différence : tous ont le même Seigneur, généreux envers tous ceux qui l’invoquent. En effet, quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé.

Évangile
« Dans l’Esprit, il fut conduit à travers le désert où il fut tenté » (Lc 4, 1-13)
Ta Parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance.
L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Ta Parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance. (Mt 4, 4b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, après son baptême, Jésus, rempli d’Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; dans l’Esprit, il fut conduit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut tenté par le diable. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim. Le diable lui dit alors : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. » Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain. »

Alors le diable l’emmena plus haut et lui montra en un instant tous les royaumes de la terre. Il lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car cela m’a été remis et je le donne à qui je veux. Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. » Jésus lui répondit : « Il est écrit : C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, à lui seul tu rendras un culte. »

Puis le diable le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, d’ici jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi, à ses anges, l’ordre de te garder ; et encore : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » Jésus lui fit cette réponse : « Il est dit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. » Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le diable s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé.
Patrick BRAUD

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8 octobre 2018

Comme une épée à deux tranchants

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Comme une épée à deux tranchants


Homélie pour le 28° dimanche du temps ordinaire / Année B
14/10/2018

Cf. également :

Chameau et trou d’aiguille
À quoi servent les riches ?
Plus on possède, moins on est libre
Où est la bénédiction ? Où est le scandale ? dans la richesse, ou la pauvreté ?
Donne-moi la sagesse, assise près de toi
Les bonheurs de Sophie
Les fous, les sages, et les simples


L’effet scalpel

St Paul tenant une statue d'épée en dehors basilique à Rome, Italie Banque d'images - 60805663Sur les façades de nos églises romanes ou gothiques, on reconnaît facilement l’apôtre Pierre, avec ses clés en main ; ou bien Jean car jeune et sans barbe ; ou encore André avec sa croix éponyme etc. Le symbole permettant de reconnaître Paul est moins connu. Il s’agit de l’épée à deux tranchants dont parle notre deuxième lecture (He 4,12-13) :

Frères, elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur. Pas une créature n’échappe à ses yeux, tout est nu devant elle, soumis à son regard ; nous aurons à lui rendre des comptes.

En découvrant l’apôtre à l’épée, certains (comme le philosophe Michel Onfray, mal documenté en l’occurrence) imaginent que c’est un appel à la violence armée au nom de Dieu, une espèce de djihad paulinien en quelque sorte. Or le texte de la lettre aux Hébreux est très claire : il ne s’agit pas de violence militaire, mais de laisser le scalpel de la Parole de Dieu opérer en nous, pourrait-on dire.

https://ae01.alicdn.com/kf/HTB1RfWuOpXXXXcVapXXq6xXFXXX1/Non-Slip-M-tal-Scalpel-Couteau-Kit-Cutter-Gravure-Artisanat-couteaux-6-pcs-Lames-Sculpture-Outils.jpg_640x640.jpgEn effet, le scalpel du chirurgien lui permet d’ouvrir la peau, de séparer la graisse des tissus, de séparer les organes internes en coupant les adhérences etc. Il faut pour cela que le scalpel soit extrêmement tranchant, incisif. Paul écrit que la Parole de Dieu, au-delà du seul texte, a le pouvoir d’ouvrir la ‘peau spirituelle’, de séparer le gras du muscle, de couper les adhérences, de mettre à nu ce qui est caché afin d’enlever ce qui est gangréné ou cancéreux.

La Parole de Dieu révèle à chacun qui il est vraiment.
Elle chasse nos zones d’ombre pour mettre en lumière nos intentions et nos actes.
Elle rend manifeste nos élans du cœur les plus vrais pour les magnifier, nos incohérences des plus graves pour les disséquer.
Elle fait mal lorsqu’elle dévoile nos contradictions et nos complicités avec l’inhumain.
Elle est salvatrice lorsqu’elle nous en libère en indiquant la voie pour aimer mieux et davantage.

Jean dans son Apocalypse (= révélation, dévoilement) prendra la même image que Paul pour évoquer la puissance de la Parole du Christ lors du jugement dernier :

Dans sa main droite il a sept étoiles, et de sa bouche sort une épée acérée, à double tranchant; et son visage, c’est comme le soleil qui brille dans tout son éclat. Ap 1,16

Notre Roi, le Seigneur Jésus Christ reviendra sur un cheval blanc avec une épée à deux tranchants qui sortira de sa bouche afin qu’il en frappe les nations. Ap 19,15

Cette épée à deux tranchants séparera les brebis des boucs, selon l’autre image de Matthieu 25. Elle révélera ce qui est caché en chacun, pour le meilleur et pour le pire. En attendant ce jour ultime, la Parole de Dieu fait jour après jour son travail chirurgical en nous : les psaumes du matin nous détachent du sommeil pour nous éveiller à la louange ; les lectures des journaux fournissent des munitions pour tenir bon dans nos combats quotidiens, pour travailler juste, aimer sa famille, vivre les événements comme autant d’appels à progresser etc.

 

Une spiritualisation très ancienne

Pour être honnête, on doit cependant examiner les autres usages de l’épée à deux tranchants dans le reste de la Bible. Il n’y en a que trois dans le Nouveau Testament, ceux que nous avons évoqués en He 4,12 et Ap 1,16 ; 19,15.

Dans l’Ancien Testament, le livre des Juges raconte une histoire très guerrière où Ehud use d’un poignard à double tranchant pour transpercer le pourtant très obèse Eglôn, roi de Moab :

Comme une épée à deux tranchants dans Communauté spirituelle 800px-Speculum_Darmstadt_2505_55r_croppedEhud se fit un poignard à double tranchant, long d’un gomed, et il le ceignit sous son vêtement, sur sa hanche droite. Il offrit donc le tribut à Eglôn, roi de Moab. Cet Eglôn était très gros. Une fois le tribut offert, Ehud renvoya les gens qui l’avaient apporté. Mais lui-même, arrivé aux Idoles qui sont près de Gilgal, revint et dit: « J’ai un message secret pour toi, ô Roi! » Le roi répondit: « Silence! » et tous ceux qui se trouvaient auprès de lui sortirent. Ehud vint vers lui; il était assis dans la chambre haute où l’on prend le frais, qui lui était réservée. Ehud lui dit: « C’est une parole de Dieu que j’ai pour toi, ô Roi! » Et celui-ci se leva aussitôt de son siège. Alors Ehud étendit la main gauche, prit le poignard de dessus sa hanche droite et l’enfonça dans le ventre du roi. La poignée même entra avec la lame et la graisse se referma sur la lame, car Ehud n’avait pas retiré le poignard de son ventre. Juges 3, 16-22

Ehud fait le lien entre la Parole de Dieu et son poignard, persuadé d’appliquer la juste sentence divine à cet oppresseur du peuple juif. Un peu comme si l’attentat contre Hitler avait réussi le 20 juillet 1944 au Wolfsschanze : la bombe dissimulée dans la serviette aurait été la juste sanction et le coup d’arrêt tant attendu.

Cet aspect guerrier est encore présent dans les psaumes, où la revanche de Dieu passe bel et bien par un châtiment politique des corrompus et des injustes :

Que les fidèles exultent, glorieux, criant leur joie à l’heure du triomphe. Qu’ils proclament les éloges de Dieu, tenant en main l’épée à deux tranchants. Tirer vengeance des nations, infliger aux peuples un châtiment, charger de chaînes les rois, jeter les princes dans les fers, leurs appliquer la sentence écrite, c’est la fierté de ses fidèles. Alléluia ! Ps 149, 5-9

Rappelons que jusqu’à 200 avant Jésus-Christ environ, c’est-à-dire jusqu’à la période des Macchabées, l’espérance en un au-delà de la mort n’existe pas en Israël. Le jugement est donc à attendre dans cette vie-ci, sinon la foi en Dieu serait vaine. Ce n’est qu’avec l’espérance en la Résurrection que l’on projettera à la fin des temps la manifestation ultime du cœur de chacun et de la justice de Dieu.

Pourtant, très tôt, les auteurs bibliques ont transposé cette arme et son usage dans le domaine de la vie spirituelle et sociale. Ainsi Ben Sirac le sage constate que le mal lui aussi possède un effet à double tranchant, terriblement destructeur pour celui qui subit comme celui qui commet :

Toute transgression est une épée à deux tranchants dont la blessure est incurable. Si 21,3

La transgression (de la loi divine) produit des dégâts quelquefois irrémédiables, à la manière d’une torpille de sous-marin explosant la coque d’un destroyer. Les blessures infligées peuvent être incurables, au sens où nul ne peut faire revenir celui qui a été assassiné par exemple. Ce qui a été tranché à cause du mal peut ne pas repousser. Autrement dit, il y a de l’irréversible hélas dans l’action du mal en nous et chez les autres.

mariage-mixte2 épée dans Communauté spirituelleLe livre des Proverbes se sert de l’image de l’épée pour mettre en garde contre la séduction des idoles étrangères, qui se répandent alors à la faveur des mariages mixtes avec des femmes d’autres nations qui apportaient leurs dieux dans le foyer :

Les lèvres de l’étrangère distillent le miel et plus onctueux que l’huile est son palais; mais à la fin elle est amère comme l’absinthe, aiguisée comme une épée à deux tranchants. Pr 5,3-4

L’aversion juive pour les mariages mixtes, encore aujourd’hui, vient de là : l’alliance avec des goyim risque de diluer l’identité juive et de faire rentrer des idoles étrangères dans la vie quotidienne du couple et de la famille, les coupant ainsi de la tradition plus sûrement qu’une épée à deux tranchants. Les sociologues appellent cela sécularisation, pluralisme, privatisation du religieux. Les juifs y voient un danger majeur pour la transmission de leur identité et pour leur survie même.

 

L’effet boomerang de l’épée à deux tranchants

Le Bonbon Double Effet Parfum Réglisse sans sucres - ProduitEn français, manier une épée à deux tranchants est dangereux, car on s’expose à être soi-même blessé en retour par l’arme que l’on manipule. Plutôt qu’un double effet kiskool ou Gillette GII, c’est d’un effet boomerang dont il faut nous méfier. L’arme que nous employons pour les autres peut se retourner contre nous, puisqu’elle est tranchante des deux côtés. « La mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous », nous avertit Jésus. Celui qui veut invoquer la Parole de Dieu contre son adversaire doit savoir qu’elle agira pareillement en lui : en mettant à nu ses intentions et la pureté de son cœur, en pénétrant jusqu’aux jointures de l’âme, en lui demandant d’ôter d’abord la poutre qui est dans son œil avant la paille dans celui du voisin…

Manier la Parole de Dieu est donc une arme à double tranchant : ceux qui s’en réclament doivent d’abord s’y soumettre. Ceux qui veulent l’appliquer aux autres feront bien de la laisser travailler en eux, de ce travail chirurgical où le scalpel doit passer… Nombre de télévangélistes américains se sont fait prendre dans des scandales qu’ils dénonçaient chez les autres. Nombre de prêtres ou d’évêques prompts à critiquer les évolutions sociétales sont eux-mêmes aux antipodes de la Parole de Dieu dont ils se réclament…

L’épée à double tranchant est décidément une arme spirituelle redoutable !

Download Aelf - Lectures du jour  APKPaul nous invite à faire confiance dans le travail chirurgical de la Parole de Dieu en nous.
Alors prenons les moyens de laisser ce scalpel opérer. Il suffit pour cela d’une petite application Androïd ou Apple pour avoir les textes bibliques du jour sur son smartphone (cf. aelf.org ). Ou bien d’écouter 10 minutes une radio chrétienne. Ou de ruminer les psaumes chaque jour avec la Liturgie des Heures (le bréviaire). Ou de mettre la Bible en ebook dans sa liseuse pour en parcourir quelques pages dans le métro, le TGV, le RER, le bus.

À chacun d’inventer sa familiarité avec la Bible pour qu’elle devienne réellement cette Parole vivante, inspirant nos pensées et nos actes quotidiens.

 

 

Lectures de la messe

Première lecture
« À côté de la sagesse, j’ai tenu pour rien la richesse » (Sg 7, 7-11)

Lecture du livre de la Sagesse

J’ai prié, et le discernement m’a été donné. J’ai supplié, et l’esprit de la Sagesse est venu en moi. Je l’ai préférée aux trônes et aux sceptres ; à côté d’elle, j’ai tenu pour rien la richesse ; je ne l’ai pas comparée à la pierre la plus précieuse ; tout l’or du monde auprès d’elle n’est qu’un peu de sable, et, en face d’elle, l’argent sera regardé comme de la boue. Plus que la santé et la beauté, je l’ai aimée ; je l’ai choisie de préférence à la lumière, parce que sa clarté ne s’éteint pas. Tous les biens me sont venus avec elle et, par ses mains, une richesse incalculable.

Psaume
(Ps 89 (90), 12-13, 14-15, 16-17)
R/ Rassasie-nous de ton amour, Seigneur : nous serons dans la joie.
(cf. Ps 89, 14)

Apprends-nous la vraie mesure de nos jours :
que nos cœurs pénètrent la sagesse.
Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ?
Ravise-toi par égard pour tes serviteurs.

Rassasie-nous de ton amour au matin,
que nous passions nos jours dans la joie et les chants.
Rends-nous en joies tes jours de châtiment
et les années où nous connaissions le malheur.

Fais connaître ton œuvre à tes serviteurs et ta splendeur à leurs fils.
Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu !
Consolide pour nous l’ouvrage de nos mains ; oui, consolide l’ouvrage de nos mains.

Deuxième lecture
« La parole de Dieu juge des intentions et des pensées du cœur » (He 4, 12-13)

Lecture de la lettre aux Hébreux

Frères, elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur. Pas une créature n’échappe à ses yeux, tout est nu devant elle, soumis à son regard ; nous aurons à lui rendre des comptes.

Évangile
« Vends ce que tu as et suis-moi » (Mc 10, 17-30) Alléluia. Alléluia.

Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux ! Alléluia. (Mt 5, 3)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là, Jésus se mettait en route quand un homme accourut et, tombant à ses genoux, lui demanda : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? » Jésus lui dit : « Pourquoi dire que je suis bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul. Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère. » L’homme répondit : « Maître, tout cela, je l’ai observé depuis ma jeunesse. » Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. » Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.
Alors Jésus regarda autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! » Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Jésus reprenant la parole leur dit: « Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. » De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? » Jésus les regarde et dit: « Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. »
Pierre se mit à dire à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre. » Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle. »
Patrick Braud

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2 avril 2018

Lier Pâques et paix

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Lier Pâques et paix

 

Homélie pour le 2° dimanche de Pâques / Année B
08/04/2018

Cf. également :

Le Passe-murailles de Pâques
Le maillon faible
Que serions-nous sans nos blessures ?
Croire sans voir
Au confluent de trois logiques ecclésiales : la communauté, l’assemblée, le service public
Riches en miséricorde ?
Êtes-vous plutôt centripètes ou centrifuges ?
La Trinité en actes : le geste de paix
La paix soit avec vous


La paix dans les flammes

Lier Pâques et paix dans Communauté spirituelle 800px-Baghdad_fire_department_engine_IraqUn fait divers réel : un jour, un pensionnat est en feu. Des enfants affolés essaient d’échapper aux flammes en se jetant par la fenêtre, d’autres en se risquant dans les escaliers s’écroulant sur leur poids etc…. La seule petite fille qui ne fut pas blessée fut la petite Sally. Son père était pompier et lui avait recommandé, en cas d’incendie, de rester tranquille en attendant les secours. Elle avait cru les paroles de son père, et cela lui permit de rester en paix !

Voilà peut-être le principal cadeau de Pâques : les premières paroles du Ressuscité sont par trois fois une déclaration de paix inédite : « Paix à vous » (Jn 20, 19.21.26). La traduction liturgique (‘La paix soit avec vous’) n’est pas tout à fait fidèle au texte grec, car ce n’est pas un souhait, mais un don effectif : le Ressuscité communique réellement la paix aux disciples, il ne leur souhaite pas.

Le mot paix (Shalom) est certes connu de la Bible où on le retrouve dans environ 200 versets différents, signe que la quête de la paix taraude l’humanité depuis des millénaires. Mais l’expression « Paix à vous » n’apparaît pas dans l’Ancien Testament. Dans les quatre Évangiles, elle ne se trouve que dans la bouche du Ressuscité une fois en Luc (Lc 24,36 aux pèlerins d’Emmaüs) et trois fois en Jean. Dans le reste du Nouveau Testament, ce sont surtout Paul et Pierre qui reprendront cette adresse aux communautés chrétiennes, par exemple : « Saluez-vous les uns les autres dans un baiser de charité. Paix à vous tous qui êtes dans le Christ ! » (1P 5,14).

De quelle paix parle-t-on ?

Le mot grec Εἰρήνη (eiréné, qui a donné l’adjectif irénique en français) provient probablement du verbe qui signifie eirō = joindre (deux parties distinctes), ne faire qu’un. Être en paix veut donc dire : être un, ne pas se laisser disperser par les événements extérieurs, rester centré sur son unité intérieure, ou pour les croyants demeurer uni à Dieu en toutes circonstances.

Εικόνα

Voilà pourquoi l’attitude de la fillette au milieu de l’incendie témoigne d’une paix impressionnante. Elle demeure attachée à la consigne de son père malgré l’affolement ambiant. Elle ne fait qu’un avec son père alors qu’autour d’elle les autres se soumettent aux multiples réflexes que la peur leur suggère instinctivement.

La paix donnée par le Christ de Pâques ne nous dispense pas des incendies : elle nous donne de les habiter sans être consumés, à l’image du buisson ardent. La paix pascale découle de l’unité avec Dieu qui est lui-même unité d’amour trinitaire.

Celui qui s’appuie ainsi sur son centre de gravité spirituelle – la présence de Dieu en lui – ne tombera pas. Ni les succès ni les épreuves ne pourront le détourner de sa vocation ultime : ne faire qu’un avec Dieu en lui, avec lui en Dieu.

La petite fille qui ne s’est pas affolée est demeuré irénique au milieu des flammes.
Nombre de chrétiens ont fait l’expérience de cette paix profonde qui les maintient attachés à l’unique essentiel quoi qu’il arrive. La gloire venant des hommes ne les a pas grisés. L’humiliation venue également des hommes ne les a pas brisés. Parce qu’ils demeurent en paix, ils affrontent l’adversité sans se décourager, ils accueillent la réussite sans se glorifier. Ils tiennent leur âme « égale et silencieuse, comme un petit enfant tout contre sa mère » (Ps 130,2).

François d’Assise et la paix du cœur

Sagesse d'un pauvreUn exemple historique de cette paix paradoxale nous est fourni par la vie de François d’Assise. Son ordre connaissait un certain succès numérique, mais les nouveaux responsables – qui l’avaient évincé, car les fondateurs sont parfois gênants – semblaient renier un à un les principes de pauvreté évangélique et de fraternité universelle qui étaient à l’origine de l’aventure de François. Il en est profondément inquiet (in-quies = pas en repos, pas en paix) et bouleversé. Le franciscain Éloi Leclerc évoque ainsi le combat intérieur qui lui permet de retrouver la paix malgré l’incertitude qui semble compromettre son œuvre :

« Je pense qu’il est difficile d’accepter la réalité. Et, à vrai dire, aucun homme ne l’accepte vraiment totalement. Nous voulons toujours ajouter une coudée à notre taille, d’une manière ou d’une autre. Tel est le but de la plupart de nos actions. Même lorsque nous pensons travailler pour le Royaume de Dieu, c’est encore cela que nous recherchons bien souvent. Jusqu’au jour où, nous heurtant à l’échec, à un échec profond, il ne nous reste que cette seule réalité démesurée : Dieu est. Nous découvrons alors qu’il n’y a de tout-puissant que lui, et qu’il est le seul saint et le seul bon. L’homme qui accepte cette réalité et qui s’en réjouit à fond a trouvé sa paix. Dieu est, et c’est assez. Quoiqu’il arrive, il y a Dieu, la splendeur de Dieu. Il suffit que Dieu soit Dieu. » [1]

Les vies de saint François d'AssiseThomas de Celano, le biographe de François d’Assise, décrit cette paix profonde qui découle de l’union avec le Christ quoiqu’il arrive. En ce passage célèbre édit de la joie parfaite, il recueille l’explication que François a livrée de la joie « sans cesse » :

« Quand nous arriverons à Sainte-Marie-des-Anges, ainsi trempés par la pluie et glacés par le froid, souillés de boue et tourmentés par la faim, et que nous frapperons à la porte du couvent, et que le portier viendra en colère et dira : « Qui êtes-vous ? » et que nous lui répondrons : « Nous sommes deux de vos frères », et qu’il dira : « Vous ne dites pas vrai, vous êtes même deux ribauds qui allez trompant le monde et volant les aumônes des pauvres; allez-vous en » ; et quand il ne nous ouvrira pas et qu’il nous fera rester dehors dans la neige et la pluie, avec le froid et la faim, jusqu’à la nuit, alors si nous supportons avec patience, sans trouble et sans murmurer contre lui, tant d’injures et tant de cruauté et tant de rebuffades, et si nous pensons avec humilité et charité que ce portier nous connaît véritablement, et que Dieu le fait parler contre nous, ô frère Léon, écris que là est la joie parfaite.

Et si nous persistons à frapper, et qu’il sorte en colère, et qu’il nous chasse comme des vauriens importuns, avec force vilenies et soufflets en disant : « Allez-vous-en d’ici misérables petits voleurs, allez à l’hôpital, car ici vous ne mangerez ni ne logerez », si nous supportons tout cela avec patience, avec allégresse, dans un bon esprit de charité, ô frère Léon, écris que là est la joie parfaite.

Et si nous, contraints pourtant par la faim, et par le froid, et par la nuit, nous frappons encore et appelons et le supplions pour l’amour de Dieu, avec de grands gémissements, de nous ouvrir et de nous faire cependant entrer, et qu’il dise, plus irrité encore : « ceux-ci sont des vauriens importuns, et je vais les payer comme ils le méritent », et s’il sort avec un bâton noueux, et qu’il nous saisisse par le capuchon, et nous jette par terre, et nous roule dans la neige, et nous frappe de tous les nœuds de ce bâton, si tout cela nous le supportons patiemment et avec allégresse, en pensant aux souffrances du Christ béni, que nous devons supporter pour son amour, ô frère Léon, écris qu’en cela est la joie parfaite.

Ne faire qu’un intérieurement avec le Christ de la Passion ou de la Résurrection permet de demeurer en paix, quoi qu’il arrive.

Une paix courageuse qui affronte l’adversaire.
Une paix  libre qui libère des idoles après lesquelles tout le monde se rue.
Une paix protectrice qui ôte aux persécutions leur pouvoir de division.

Il n’y a pas que les épreuves qui peuvent entamer cette paix. Car le divertissement (au sens pascalien du terme, c’est-à-dire ce qui ne détourne de notre but essentiel) ou la gloire apparente fissurent notre unité intérieure en nous faisant croire à notre indépendance absolue, voire à notre toute-puissance quasi divine. Rares sont les grandes figures humaines qui ont su ne pas céder à la démesure et à l’orgueil.

D’ailleurs, le contraire de la paix pascale pourrait bien être la division intérieure. Le mot diable (diabolos en grec) ne vient-il pas du mot diviser, éparpiller, rompre (dia-balein = jeter en dispersant) l’unité d’un être ?

Au matin de Pâques, le Christ partage sa victoire sur le diable en donnant la paix à ses amis. « Paix à vous » résonne comme une déclaration d’unité indestructible, communion d’amour avec Dieu plus forte que les épreuves où les tentations de vaine agitation.

Comme en écho à François d’Assise, Thérèse d’Avila – infatigable réformatrice de l’ordre du Carmel – a fait l’expérience au milieu de ses tribulations de la paix reçue du Christ. Puissions-nous en ce temps de Pâques nous enraciner solidement dans cette unité intérieure découlant de la communion avec Dieu :

 » Que rien ne te trouble, ô mon âme,
  Que rien ne t’épouvante,
  Tout passe,
  Dieu ne change pas.
  La patience triomphe de tout.
  Celui qui possède Dieu,
  Ne manque de rien.
  Dieu seul suffit. »

________________________________

[1] . Eloi LECLERC, Sagesse d’un pauvre, Desclée De Brouwer, 2007, p. 135.

 

Lectures de la messe

1ère lecture : La communauté fraternelle des premiers chrétiens (Ac 2, 42-47)

Lecture du livre des Apôtres

Dans les premiers jours de l »Église, les frères étaient fidèles à écouter l’enseignement des Apôtres et à vivre en communion fraternelle, à rompre le pain et à participer aux prières. La crainte de Dieu était dans tous les cœurs ; beaucoup de prodiges et de signes s’accomplissaient par les Apôtres.
Tous ceux qui étaient devenus croyants vivaient ensemble, et ils mettaient tout en commun ; ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, pour en partager le prix entre tous selon les besoins de chacun.
Chaque jour, d’un seul cœur, ils allaient fidèlement au Temple, ils rompaient le pain dans leurs maisons, ils prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité. Ils louaient Dieu et trouvaient un bon accueil auprès de tout le peuple. Tous les jours, le Seigneur faisait entrer dans la communauté ceux qui étaient appelés au salut.

Psaume : Ps 117, 1.4, 13-14, 19.21, 22-23, 24-25

R/ Éternel est son amour !

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
Qu’ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur :
Éternel est son amour !

On m’a poussé, bousculé pour m’abattre ; 
mais le Seigneur m’a défendu. 
Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ; 
il est pour moi le salut. 

Ouvrez-moi les portes de justice : 
j’entrerai, je rendrai grâce au Seigneur. 
Je te rends grâce car tu m’as exaucé : 
tu es pour moi le salut. 

La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs 
est devenue la pierre d’angle : 
c’est là l’œuvre du Seigneur, 
la merveille devant nos yeux. 

Voici le jour que fit le Seigneur, 
qu’il soit pour nous jour de fête et de joie ! 
Donne, Seigneur, donne le salut ! 
Donne, Seigneur, donne la victoire !

2ème lecture : L’espérance des baptisés (1P 1, 3-9)

Lecture de la première lettre de saint Pierre Apôtre

Béni soit Dieu, le Père de Jésus Christ notre Seigneur : dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître grâce à la résurrection de Jésus Christ pour une vivante espérance, pour l’héritage qui ne connaîtra ni destruction, ni souillure, ni vieillissement. Cet héritage vous est réservé dans les cieux, à vous que la puissance de Dieu garde par la foi, en vue du salut qui est prêt à se manifester à la fin des temps.
Vous en tressaillez de joie, même s’il faut que vous soyez attristés, pour un peu de temps encore, par toutes sortes d’épreuves ; elles vérifieront la qualité de votre foi qui est bien plus précieuse que l’or (cet or voué pourtant à disparaître, qu’on vérifie par le feu). Tout cela doit donner à Dieu louange, gloire et honneur quand se révélera Jésus Christ, lui que vous aimez sans l’avoir vu, en qui vous croyez sans le voir encore ; et vous tressaillez d’une joie inexprimable qui vous transfigure, car vous allez obtenir votre salut qui est l’aboutissement de votre foi.

Evangile : Apparition du Christ huit jours après Pâques (Jn 20, 19-31)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Thomas a vu le Seigneur : il a cru. Heureux celui qui croit sans avoir vu ! Alléluia. (cf. Jn 20, 29)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

C’était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »

Or, l’un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau) n’était pas avec eux quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »

Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »
Thomas lui dit alors : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas mis par écrit dans ce livre.
Mais ceux-là y ont été mis afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et afin que, par votre foi, vous ayez la vie en son nom.
Patrick BRAUD

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2 octobre 2017

Jésus face à la violence mimétique

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Jésus face à la violence mimétique


Homélie du 27° Dimanche ordinaire / Année A
08/10/2017

Cf. également :

Les sans-dents, pierre angulaire

Vendange, vent d’anges

Que veut dire être émondé ?

La pierre angulaire : bâtir avec les exclus, les rebuts de la société


Quand Jésus invente la parabole des vignerons homicides (Mt 21, 33-43), il est lucide sur ce qui l’attend. Il pressent qu’un ouragan de violence (pire qu’Irma aux Antilles !) va le dévaster. Il a réfléchi des heures durant aux différentes manières de l’affronter. Il a prié des nuits entières pour recevoir de son Père la vraie manière d’être fidèle à travers ce déchaînement d’injustice et de violence qui tentera de le briser.

Du coup, c’est notre propre rapport à la violence qu’il interroge aujourd’hui avec cette parabole. Comment réagissons-nous face à l’agressivité de nos proches ? Qu’engendrent en nous les violences (physiques, verbales, morales, symboliques…) que nous subissons de la part des autres ? Cela nous nous arrive-t-il d’être nous-mêmes de l’autre côté, du côté des auteurs de violence et d’exclusion ?

Jésus face à la violence mimétique dans Communauté spirituelle Rene_girardPour répondre à ces questions, la parabole trace un chemin de dévoilement du mécanisme de la violence. René Girard, célèbre anthropologue français (1923-2015), a longuement étudié comment les textes bibliques dévoilent les ressorts du conflit humain et le désarment radicalement par un renversement de la logique du bouc émissaire.

Essayons de résumer sa thèse : l’origine de la violence pour René Girard n’est pas dans la recherche de l’argent, d’un territoire ni même de la gloire ou de l’amour. C’est le désir mimétique qui en est la source. Le mimétisme est la capacité humaine (et animale pour une part), dès la naissance, de regarder ses semblables pour les imiter. Par l’imitation, le petit d’homme apprend à marcher, à parler, à travailler etc. Mais en imitant, l’être humain se compare. Il se met à désirer être ce que l’autre est, et pour cela il désire avoir ce que l’autre a. Ainsi Caïn jalouse Abel : il voudrait que son sacrifice à lui aussi soit agréé par Dieu, sinon il n’est pas comme son frère pense-t-il. Le premier meurtre de l’histoire a bien sa source dans le désir de Caïn d’être comme Abel : puisqu’il ne peut pas lui ressembler (mimétisme), il le détruira, détruisant ainsi la possibilité de se comparer. Dans notre parabole, les vignerons jalousent le fils : en le voyant arriver, ils veulent être comme lui. Voyant que c’est impossible, ils choisissent de l’éliminer, croyant que son héritage leur reviendra et fera d’eux des fils en fin de compte.

Le désir mimétique est ainsi à la racine de bien des convoitises et des violences. Nous voulons une voiture, une maison, des loisirs comparables à ceux de nos voisins et de nos proches, sinon nous aurons honte ceux ou nous nous sentirons à part. Ainsi se constituent les ghettos urbains et se regroupent les riches dans les beaux quartiers. Ainsi des responsables en entreprise courent après des voitures de fonction, des bus et des bureaux panoramiques en hauteur, les privilèges et les signes de pouvoir qui les rendent semblables aux grands patrons au-dessus d’eux. Lorsque cette convoitise se généralise au sein d’un groupe, elle engendre de telle tension qu’il faut une crise, une catharsis (purge) pour évacuer à un moment toute cette rancœur accumulée. Soit c’est alors la guerre de tous contre tous (Hobbes), soit avec intelligence le groupe reporte symboliquement la faute de ces tensions sur un bouc émissaire (selon le rite juif décrit en Lv 16). On le charge de tous les péchés du monde (c’est-à-dire des nôtres !), et on l’expulse hors du groupe en le laissant errer dans le désert (« voué à Azazel »). Cette logique de victimisation expiatoire permet au groupe de transférer la violence mimétique qui le ronge sur un tiers, comme un paratonnerre, et de réinitialiser ainsi un autre cycle de relations sociales pacifiées. Mais cela ne dure qu’un temps. La tension mimétique montera à nouveau inexorablement, si bien qu’il faudra à nouveau d’autres victimes symboliques pour apaiser la communauté.

Le mécanisme sacrificiel 

Comment Jésus réagit qu’il fasse à ce déferlement de violence injuste ?

D’abord il refuse de plaider coupable. Il n’accepte pas d’endosser la responsabilité des péchés de ceux qui l’accusent. Il ne travestit pas l’innocent en criminel. Il ne charge pas le bouc émissaire de tous les péchés du monde. Il dénonce la perversité de l’accusation qui veut lui imputer la responsabilité de ce qui ronge ses accusateurs (blasphème, crime contre César, sédition, révolution…). Le fils de la parabole des vignerons homicides n’a rien fait de mal. Son seul mal aux yeux des vignerons est d’être le fils. Et ils grincent des dents en le voyant, car il n’est pas comme eux, et eux ne sont pas comme lui. Alors ils s’en débarrassent. Leur désir d’être fils les aveugle au point de vouloir conquérir ce privilège à tout prix, plutôt que de le recevoir gratuitement. C’était déjà le drame de la convoitise d’Adam et Ève devant le fruit défendu : être comme des dieux est un désir (mimétique) si puissant qu’ils ont préféré essayer le devenir par eux-mêmes plutôt que de le recevoir de leur Créateur.

rené girard

Jésus dit courageusement la vérité et dévoile ainsi le mensonge de sa violence mimétique : non, le fils tué et jeté hors de la vigne n’est pas coupable. Non les boucs émissaires de nos sociétés actuelles ne sont pas responsables de la violence dont on les accable. Appeler mal le mal, et innocenter les victimes expiatoires demeure toujours un grave devoir, un devoir impérieux pour tout lecteur des deux Testaments.

Transposez au domaine de l’entreprise par exemple. Vouloir servir l’intérêt commun demande de renoncer au comparatif, de quitter les métaphores guerrières, de dénoncer les violences entre rivaux, de dévoiler l’hypocrisie des promotions ou augmentations fondées sur la course au N+1. Les ambitieux s’appuient sur la dévalorisation des concurrents pour réussir. L’humble a renoncé au comparatif. Il a éteint en lui le feu de ce désir mimétique destructeur, et laisse plutôt brûler le feu de sa passion pour le contenu de son travail, sa relation aux collègues/clients, son plaisir d’être lui-même, simplement.

jean marc reiser

Jésus, le fils, pressent donc qu’il va y laisser sa peau s’il va au-devant des vignerons, c’est-à-dire les chefs du peuple et les anciens qui ont le pouvoir en Israël. Pourtant il y va. Bien plus : il accepte par avance d’être blessé, tué, exclu, sans riposter à la violence par une autre violence. Il le pourrait pourtant. C’est d’ailleurs ce qu’ont choisi le Coran et l’islam à travers les victoires militaires comme signe de leur authenticité originelle. Or le serviteur souffrant d’Isaïe ou le fils tué et jeté du Nouveau Testament choisissent quant à eux de subir la violence sans l’infliger en retour. Ils font confiance dans l’amour du Père qui les soutient à travers l’épreuve et leur promet une résurrection désarmante.

D’où la deuxième question qui nous est posée, après celle sur la dénonciation des logiques victimaires : sommes-nous prêts comme le Christ, avec lui et en lui, à assumer les conséquences de la dénonciation des mécanismes de violence ? Acceptons-nous de nous exposer ainsi à perdre nos biens (matériels, symboliques, affectifs) sans pour autant répliquer à la violence par la violence ?

« Humilié, il n’ouvre pas la bouche » : le Christ va incarner à l’extrême cette attitude du serviteur souffrant d’Isaïe. Parce que vaincre par l’épée serait une victoire illusoire, reproduisant à l’infini le cercle infernal de la violence. Jésus avertit Pierre : « celui qui vit par l’épée périra par l’épée ». Mais jusqu’où sommes-nous prêts à en payer le prix ? Si nous nous engageons à dévoiler les causes de la violence autour de nous en voulant sauvegarder notre tranquillité et nos biens, nous serons obligés de renoncer en cours de route. Le chemin de la non-violence est si exigeant qu’il paraît surhumain. Et il l’est d’une certaine manière : c’est en communiant au Christ, c’est par lui avec lui et en lui que nous trouvons la force de dévoiler le mal, d’innocenter l’innocent, de nous laisser dépouiller s’il le faut pour désarmer la violence.

Jésus l’a vécu jusqu’à accepter l’infamie de la croix. À sa suite, des martyrs (témoins) comme François d’Assise, Martin Luther King, Gandhi, Mandela, Lech Walesa et tant d’autres ont accepté la pauvreté, la prison, la calomnie, la mort même plutôt que de répliquer à la force par la force.

 

Chacun de nous est confronté à la violence mimétique. Elle fait des ravages en famille (regardez comment se passent maints héritages !), en entreprise, entre groupes sociaux, entre pays (la Corée du Nord ne veut-elle pas avoir la bombe atomique comme les autres grands de l’ONU ?).

Le prix à payer n’est sans doute pas la vie en ce qui nous concerne. Mais dénoncer la logique du bouc émissaire peut nous conduire à prendre des risques, à y laisser de l’argent, de la renommée, de la tranquillité…

Prions donc l’Esprit du Christ pour qu’il nous donne la force de dénoncer la violence sans violence !

 

LECTURES DE LA MESSE

PREMIÈRE LECTURE
« La vigne du Seigneur de l’univers, c’est la maison d’Israël » (Is 5, 1-7)
Lecture du livre du prophète Isaïe

 Je veux chanter pour mon ami le chant du bien-aimé à sa vigne. Mon ami avait une vigne sur un coteau fertile. Il en retourna la terre, en retira les pierres, pour y mettre un plant de qualité. Au milieu, il bâtit une tour de garde et creusa aussi un pressoir. Il en attendait de beaux raisins, mais elle en donna de mauvais. Et maintenant, habitants de Jérusalem, hommes de Juda, soyez donc juges entre moi et ma vigne ! Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n’ai fait ? J’attendais de beaux raisins, pourquoi en a-t-elle donné de mauvais ? Eh bien, je vais vous apprendre ce que je ferai de ma vigne : enlever sa clôture pour qu’elle soit dévorée par les animaux, ouvrir une brèche dans son mur pour qu’elle soit piétinée. J’en ferai une pente désolée ; elle ne sera ni taillée ni sarclée, il y poussera des épines et des ronces ; j’interdirai aux nuages d’y faire tomber la pluie. La vigne du Seigneur de l’univers, c’est la maison d’Israël. Le plant qu’il chérissait, ce sont les hommes de Juda. Il en attendait le droit, et voici le crime ; il en attendait la justice, et voici les cris.

PSAUME
(Ps 79 (80), 9-12, 13-14, 15-16a, 19-20)
R/ La vigne du Seigneur de l’univers, c’est la maison d’Israël. (cf. Is 5, 7a)

La vigne que tu as prise à l’Égypte,
tu la replantes en chassant des nations.
Elle étendait ses sarments jusqu’à la mer,
et ses rejets, jusqu’au Fleuve.

Pourquoi as-tu percé sa clôture ?
Tous les passants y grappillent en chemin ;
le sanglier des forêts la ravage
et les bêtes des champs la broutent.

Dieu de l’univers, reviens !
Du haut des cieux, regarde et vois :
visite cette vigne, protège-la,
celle qu’a plantée ta main puissante.

Jamais plus nous n’irons loin de toi :
fais-nous vivre et invoquer ton nom !
Seigneur, Dieu de l’univers, fais-nous revenir ;
que ton visage s’éclaire, et nous serons sauvés.

DEUXIÈME LECTURE
« Mettez cela en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous » (Ph 4, 6-9)
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens
Frères, ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, priez et suppliez, tout en rendant grâce, pour faire connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus. Enfin, mes frères, tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d’être aimé et honoré, tout ce qui s’appelle vertu et qui mérite des éloges, tout cela, prenez-le en compte. Ce que vous avez appris et reçu, ce que vous avez vu et entendu de moi, mettez-le en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous.

ÉVANGILE
« Il louera la vigne à d’autres vignerons » (Mt 21, 33-43)
Alléluia. Alléluia.
C’est moi qui vous ai choisis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit,
et que votre fruit demeure, dit le Seigneur.
Alléluia. (cf. Jn 15, 16)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Écoutez cette parabole : Un homme était propriétaire d’un domaine ; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage. Quand arriva le temps des fruits, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de sa vigne. Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l’un, tuèrent l’autre, lapidèrent le troisième. De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais on les traita de la même façon. Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : ‘Ils respecteront mon fils.’ Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : ‘Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !’ Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? » On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il louera la vigne à d’autres vignerons, qui lui en remettront le produit en temps voulu. » Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux ! Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits. »
Patrick BRAUD

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