L'homélie du dimanche (prochain)

  • Accueil
  • > Recherche : nuit noel homelie

23 décembre 2011

Le potlatch de Noël

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Le potlatch de Noël

 

Homélie du 5° Dimanche de l’Avent

 

Mon collègue mérite-t-il un cadeau ?

Dans un service de cols blancs, un mail circule au bureau à l’approche de Noël. « Venez Le potlatch de Noël dans Communauté spirituellefêter ça autour d’une auberge espagnole : chacun apporte pour le repas de quoi partager avec tous ». Jusque-là, tous sont d’accord. « Prévoyez un cadeau (valeur maximale 10?) que vous offrirez à un collègue dont nous vous enverrons le nom dans un prochain mail ». Et là bizarrement, levée de boucliers : comment ? ! On nous impose d’offrir des cadeaux ? Et en plus à un collègue inconnu ? Pourquoi mettre de l’argent dans ce geste artificiel et hypocrite ?

Un vaste débat s’ensuit à la cantine de midi sur le sens des cadeaux que l’on s’échange en cette période de Noël.

 

Le retour de l’éternel présent

Au-delà de la réaction épidermique de ceux qui contestent ce cadeau imposé comme de ceux qui sollicitent un peu de générosité festive au boulot, la question du sens des cadeaux de Noël reste incontournable. S’agit-il d’un consumérisme écoeurant qui verse dans une course matérielle pour s’acheter l’affection des autres ? S’agit-il d’une sacralisation de l’échange qui témoigne d’un reste d’humanité au milieu de relations calculées et froides ?

Faut-il jouer le blasé, le désintéressé pour couvrir en fait sa lassitude devant un rituel obligé si répétitif ? Ou faut-il transformer cette occasion en joie de donner et de recevoir pour se dire qu’en fin de compte on s’aime bien sûr, on s’ai cadeau dans Communauté spirituelleme quand même, on s’aime vraiment ?

 

Peut-on faire l’économie du don ?

- Le potlatch

Les anthropologues ont montré tout l’intérêt de ces échanges de cadeaux. Ainsi Marcel Mauss analyse dans son célèbre « Essai sur le don » l’intérêt pour des tribus de pratiquer ce système où il faut donner / recevoir/ rendre. C’est ce qu’il appelle un « fait social total », c’est-à-dire une pratique qui constitue et institue une communauté en tant que telle. Les liens (échange de femmes, de commerce, d’objets) se tissent grâce à cet échange généralisé (le « potlatch ») que l’économie moderne étendra à toutes les productions devenues marchandes.

 

- Le père Noël supplicié

D’autres anthropologues verront dans le Père Noël et ses avatars les résurgences de grands mythes païens fédérateurs d’identité commune. Ainsi Claude Lévi-Strauss qui analyse un curieux fait divers impensable aujourd’hui. En 1951, le clergé dijonnais avait brûlé en place publique un mannequin à l’effigie du Père Noël pour dénoncer sans doute une concurrence déloyale avec la crèche… Lévi-Strauss relève le paradoxe suivant :

« Le Père Noël, symbole de l’irréligion, quel paradoxe ! Car, dans cette affaire, tout se passe comme si c’était l’Église qui adoptait un esprit critique avide de franchise et de vérité, tandis que les rationalistes se font les gardiens de la superstition. Cette apparente inversion des rôles suffit à suggérer que cette naïve affaire recouvre des réalités plus profondes. Nous sommes en présence d’une manifestation symptomatique d’une très rapide évolution des m?urs et des croyances, d’abord en France, mais sans doute aussi ailleurs. Ce n’est pas tous les jours que l’ethnologue trouve ainsi l’occasion d’observer, dans sa propre société, la croissance subite d’un rite, et même d’un culte ; d’en rechercher les causes et d’en étudier l’impact sur les autres formes de la vie religieuse ; enfin d’essayer de comprendre à quelles transformations d’ensemble, à la fois mentales et sociales, se rattachent des manifestations visibles sur lesquelles l’Église ? forte d’une expérience traditionnelle en ces matières ? ne s’est pas trompée, au moins dans la mesure où elle se bornait à leur attribuer une valeur significative. » (Revue : Les Temps Modernes, Mars 1952, « Le Père Noël supplicié », pp. 13-14)

Il analyse alors la résurgence de ce mythe du Père Noël avec ses cadeaux comme la résurgence des rituels initiatiques pour se concilier la faveur des morts, représentés par les enfants qui prennent leur place :

« Avec beaucoup de profondeur, Salomon Reinach a écrit que la grande différence entre religions antiques et religions modernes tient à ce que « les païens priaient les morts, tandis que les chrétiens prient pour les morts ». Sans doute y a-t-il loin de la prière aux morts à cette prière toute mêlée de conjurations, que chaque année et de plus en plus, nous adressons aux petits-enfants ? incarnation traditionnelle des morts ? pour qu’ils consentent, en croyant au Père Noël, à nous aider à croire en la vie. Nous avons pourtant débrouillé les fils qui témoignent de la continuité entre ces deux expressions d’une identique réalité. Mais l’Église n’a certainement pas tort quand elle dénonce, dans la croyance au Père Noël, le bastion le plus solide, et l’un des foyers les plus actifs du paganisme chez l’homme moderne. Reste à savoir si l’homme moderne ne peut pas défendre lui aussi ses droits d’être païen.(?) Grâce à l’autodafé de Dijon, voici donc le héros reconstitué avec tous ses caractères, et ce n’est pas le moindre paradoxe de cette singulière affaire qu’en voulant mettre fin au Père Noël, les ecclésiastiques dijonnais n’aient fait que restaurer dans sa plénitude, après une éclipse de quelques millénaires, une figure rituelle dont ils se sont ainsi chargés, sous prétexte de la détruire, de prouver eux-mêmes la pérennité. » (ibid., pp. 49-51)

 

- Le cadeau et la dette

Les psychologues rappelleront que les cadeaux permettent de gérer la dette symbolique qui circule entre les générations. Bien des parents offrent des jouets trop chers et trop luxueux, comme pour se faire pardonner leurs absences et leurs manques. Et à l’inverse, sans cadeaux, la reconnaissance finit par ne plus jouer en famille : on ne reconnaît plus celui dont on ne reçoit plus rien.

Le cadeau est donc un moyen de réparer un lien social qui se dégrade.

 

- Le cadeau gaspillage ?

L’intrigue des cadeaux de Noël hante également les économistes. Parmi eux, Joël Waldfogel, professeur à Yale, s’applique à démontrer en quoi cette déferlante de cadeaux représente un gigantesque gâchis économique. Comme les cadeaux offerts ne correspondent jamais complètement à l’attente de l’autre, ils coûtent plus cher en fait que ce que nous aurions acheté nous-mêmes (d’où la montée en puissance des chèques cadeaux comme à la FNAC par exemple). Waldfogel va même jusqu’à chiffrer à 12 milliards de dollars cette perte en 2007 aux États-Unis !

L’explosion des sites Internet où chacun peut revendre d’occasion le cadeau mal choisi par un tiers démontre que gaspillage et Noël vont souvent ensemble.

 

- Le cadeau-roman

Le monde des romanciers comme Charles Dickens a magnifié le Noël familial avec son réveillon : son « Cantique de Noël » en 1843 va consacrer la figure du Noël rassemblant tous les membres de la famille autour de la table dans la nuit froide.

 

Le cadeau évangélique

Mais l’évangile lui, que dit-il de cette irrésistible manie de se faire des cadeaux ?

Il ne semble pas la mépriser le moins du monde. Les trois mages chargés d’or, d’encens et de myrrhe redisent à leur manière qu’on devient sage en acceptant de reconnaître un plus petit que soi comme digne des plus grands cadeaux de la terre. Ils n’attendent rien en échange. Ils repartiront appauvris et heureux.

Car le premier cadeau de Noël c’est bien évidemment Jésus lui-même. Dans l’étable de Bethléem, alors qu’on n’a pas fait à Marie enceinte arrivée à son terme le cadeau d’une place à l’auberge, Dieu se donne, sans restriction, personnellement et entièrement. Jésus aurait pu s’appeler Dieu-donné ! En recevant le prénom de Ieshoua (« Dieu sauve ») il nous annonce un salut-cadeau. En incarnant l’Emmanuel, « Dieu avec nous », il nous promet une présence-cadeau sans les jetons qui vont avec.

 

Alors, allons-nous faire des cadeaux à Noël ?

Sans aucun doute, et de toutes sortes. Le présent d’une visite, d’un déplacement, un lien à renouveler. Le plaisir d’un bon moment partagé à table sans arrière-pensée, le bonheur d’une trêve où l’on affirme que ce qui sépare est moins fort que ce qui unit.

Pour les chrétiens, le charme de Noël et des cadeaux de Noël sera exponentielle : le don de Dieu, c’est Dieu lui-même ; et ce cadeau-là précède toutes nos réponses en échange. Ce cadeau-là se déballe sans cesse et on n’a jamais fini d’explorer la largesse d’un tel donateur. Ce cadeau-là « emballe » sans cesse le désir de celui qui le reçoit.

 

Apprenons donc à échanger des cadeaux dans l’esprit de Bethléem.

Ni pression obligée et insupportable, ni dédouanement facile et hypocrite, le paquet déposé dans l’assiette du réveillon ou devant la crèche nous humanise, nous relie les uns aux autres et avec Dieu.

Sans démesure ni pingrerie, fêtons Noël avec ses gestes enrubannés qui renvoient au véritable et premier cadeau de la crèche.

Et que cette veillée d’échange inspire un « potlatch spirituel » tout au long de l’année !

 

Les différentes formes du don, à la lumière de la sociologie de Marcel Mauss :

Mauss-don

 

 

 

Messe de la nuit de la Nativité

1ère lecture : Le prince de la paix (Is 9, 1-6)

Lecture du livre d’Isaïe

Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi. Tu as prodigué l’allégresse, tu as fait grandir la joie : ils se réjouissent devant toi comme on se réjouit en faisant la moisson, comme on exulte en partageant les dépouilles des vaincus. Car le joug qui pesait sur eux, le bâton qui meurtrissait leurs épaules, le fouet du chef de corvée, tu les as brisés comme au jour de la victoire sur Madiane. Toutes les chaussures des soldats qui piétinaient bruyamment le sol, tous leurs manteaux couverts de sang, les voilà brûlés : le feu les a dévorés.
Oui ! un enfant nous est né, un fils nous a été donné ; l’insigne du pouvoir est sur son épaule ; on proclame son nom : « Merveilleux-Conseiller, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ». Ainsi le pouvoir s’étendra, la paix sera sans fin pour David et pour son royaume. Il sera solidement établi sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours. Voilà ce que fait l’amour invincible du Seigneur de l’univers.

 

Psaume : 95, 1-2a, 2b-3, 11-12a, 12b-13a.c

R/ Aujourd’hui, un Sauveur nous est né : c’est le Christ, le Seigneur.

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
chantez au Seigneur, terre entière,
chantez au Seigneur et bénissez son nom !

De jour en jour, proclamez son salut,
racontez à tous les peuples sa gloire,
à toutes les nations ses merveilles !

Joie au ciel ! Exulte la terre !
Les masses de la mer mugissent,
la campagne tout entière est en fête.

Les arbres des forêts dansent de joie
devant la face du Seigneur, car il vient,
pour gouverner le monde avec justice.

 

2ème lecture : La grâce de Dieu s’est manifesté (Tt 2, 11-14)

Lecture de la lettre de saint Paul à Tite

La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. C’est elle qui nous apprend à rejeter le péché et les passions d’ici-bas, pour vivre dans le monde présent en hommes raisonnable, justes et religieux, et pour attendre le bonheur que nous espérons avoir quand se manifestera la gloire de Jésus Christ, notre grand Dieu et notre Sauveur. Car il s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien.

 

Evangile : Naissance de Jésus (Lc 2, 1-14)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Je vous annonce une grande joie. Aujourd’hui nous est né un Sauveur : c’est le Messie, le Seigneur ! Alléluia. (cf. Lc 2, 10-11)

 

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre ? ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. ? Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d’origine.
Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée, pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem, car il était de la maison et de la descendance de David. Il venait se faire inscrire avec Marie, son épouse, qui était enceinte.
Or, pendant qu’ils étaient là, arrivèrent les jours où elle devait enfanter. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans les environs se trouvaient des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L’ange du Seigneur s’approcha, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte, mais l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. »
Patrick Braud 

Mots-clés : , , , , , ,

23 décembre 2010

La bienveillance de Noël

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

La bienveillance de Noël

 

Homélie de la nuit de Noël / Année A

Vendredi 24 Décembre 2010

 

Une joie tournée vers le présent

La joie de cette nuit de la Nativité n’est pas une nostalgie de l’enfance, des paquets-cadeaux sous le sapin et des chants traditionnels dans l’église trop petite…

C’est une joie résolument tournée vers le présent. C’est une joie qui regarde le bien grandir au milieu des hommes. C’est une bienveillance humaine qui répond à la bienveillance divine, en se fondant sur elle. Puisque Dieu voit en l’homme assez de bien potentiel pour se faire l’un d’entre nous, comment ne pas en retour développer nous aussi ce regard de  bienveillance sur ceux qui nous entourent, sur notre planète, sur toute forme de vie témoignant de sa source ?

 

Voir le bien

- Isaïe nous invitait à tourner nos yeux vers la lumière qui se lève plutôt que vers les ténèbres qui durent encore : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ».

- Le psaume 95 chantait un chant nouveau pour s’émerveiller de la beauté du salut et de la création, provenant tous les deux de la sollicitude d’un Dieu qui veut la réussite de ses enfants. « Chantez au Seigneur un chant nouveau, chantez au Seigneur, terre entière ». Même « les arbres des forêts dansent de joie devant la face du Seigneur, car il vient » !

- Paul, lui, fixait son regard intérieur sur la manifestation de la grâce de Dieu plus que sur les dégâts provoqués par les « passions d’ici-bas ».

- Et notre évangile de Noël montre la bienveillance de Dieu se manifester d’abord auprès des mal-aimés de l’époque : les bergers, ces nomades à la culture si différente… Dieu voit en eux la capacité de s’émerveiller et d’annoncer : les bergers adoreront l’enfant de l’étable, ils proclameront à tous cette merveille. Du coup, la bienveillance de Dieu s’étendra à l’univers entier : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ».

 

·       Qu’est-ce que la bienveillance, sinon – comme le mot l’indique – la capacité de voir le bien en l’autre, pour en susciter la croissance, l’encourager, le soutenir… ?

À Noël, Dieu se révèle bienveillant.

En ce bébé fragile, il fait le pari de la croissance en chacun de nous ce qui est le meilleur, même si c’est fragile. Il voit ce qui peut naître en nous, et détourne son regard de ce qui nous fait mourir. Il fait le pari du lumineux en nous, et se détourne du « côté obscur » de chacun. Il n’excuse pas le mal présent au coeur de tout homme, mais il lui enlève son pouvoir de destruction en préférant consacrer toute son énergie à la naissance du bien, mélangé au reste.

Cette bienveillance de Dieu à notre égard est le fondement de notre propre bienveillance à l’égard des autres, à l’égard du monde.

Celui qui contemple le bien à l’oeuvre sera transformé en ce qu’il contemple. Celui qui se laisse fasciner par le mal sera envahi par lui.

 

De l’idole à l’icône

·       Les psaumes décrivent de manière réaliste comment la fascination pour les idoles La bienveillance de Noël dans Communauté spirituelle 41M40EZED4L._SL500_AA300_transforme les adorateurs en ce qu’ils contemplent : une statue inanimée.

  Leurs idoles sont de l’argent et de l’or,

  Elles sont l’ouvrage de la main des hommes.

  Elles ont une bouche et ne parlent point,

  Elles ont des yeux et ne voient point,

  Elles ont des oreilles et n’entendent point,

  Elles ont un nez et ne sentent point,

  Elles ont des mains et ne touchent point,

  Des pieds et ne marchent point,

  Elles ne produisent aucun son dans leur gosier.

  Ils leur ressemblent, ceux qui les fabriquent,

  Tous ceux qui se confient en elles. »

  Ps 115, 4-8

 

·       Souvenez-vous de la femme de Lot : quand elle se retourna vers Sodome qu’elle vient de quitter, elle est transformée en statue de sel (Gn 19,26). Comme si regarder à nouveau le mal derrière soi nous pétrifiait, nous empêchait d’avancer, en nous transformant en statue de sel, à l’image de la ville malveillante : stérile et morte. L’idole pétrifie celui qui la contemple. L’icône ouvre le regard à l’invisible.

 

·       « La lampe du corps, c’est ton oeil » (Lc 11,34). On sait mieux encore aujourd’hui, avec les sciences humaines, que ce qui rentre par notre oeil façonne également notre coeur. Si  tu contemples le mal, il prolifèrera. Si tu veux voir d’abord le bien, il fleurira, en toi et autour de toi.

 

·       La mal-veillance de prendre tant de formes : du goût pour les faits divers jusqu’au cynisme devant les dysfonctionnements de ce monde, en passant par la critique malsaine et les paroles négatives… Voir le mal nous transforme en ce que nous contemplons.

La bienveillance, elle, fait le pari de la croissance de l’autre. Elle espère en sa capacité à progresser. Elle fait confiance à ses talents, petits et faibles maintenant, mais potentiellement si féconds.

 

Le quotidien ?La Croix’ s’exerce à ce regard de bienveillance : pendant 4 semaines, il publie un reportage consistant sur « ce qui va bien en France », justement pour combattre cette sinistrose des mauvaises nouvelles dont les médias sont si gourmands.

 

CHATBO11-1024x347 bienveillance dans Communauté spirituelle

 

L’enfant de la crèche nous habitue à ce regard de bienveillance.

- En lui, en ce bébé, Dieu épouse notre rythme humain de croissance personnelle : lent, graduel, patient…

- Pour attirer vers lui, Dieu ne regarde pas les bergers avec les yeux de la société environnante : il les enveloppe de sa bienveillance.

- Grâce à lui, les regards des bergers nous apprennent la bienveillance sur ce qui naît.

- À cause de lui, les anges invitent tout l’univers à ce même regard de bienveillance envers Dieu et envers les hommes : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ».

 

·       Alors, en cette nuit de Noël, revenons à la source de toute bienveillance.

Ne sortons pas de cette eucharistie sans désirer, avec persévérance et obstination, poser  sur nos proches, nos voisins, nos collègues… un réel regard bienveillant.

Dans les semaines qui viennent, posons-nous la question : que puis-je voir de bien en l’autre ? Comment m’exercer à cette bien-veillance ?

 

Messe de la Nuit 


1ère lecture : Le prince de la paix (Is 9, 1-6)

Lecture du livre d’Isaïe

Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi.
Tu as prodigué l’allégresse, tu as fait grandir la joie : ils se réjouissent devant toi comme on se réjouit en faisant la moisson, comme on exulte en partageant les dépouilles des vaincus.
Car le joug qui pesait sur eux, le bâton qui meurtrissait leurs épaules, le fouet du chef de corvée, tu les as brisés comme au jour de la victoire sur Madiane.
Toutes les chaussures des soldats qui piétinaient bruyamment le sol, tous leurs manteaux couverts de sang, les voilà brûlés : le feu les a dévorés.
Oui ! un enfant nous est né, un fils nous a été donné ; l’insigne du pouvoir est sur son épaule ; on proclame son nom : « Merveilleux-Conseiller, Dieu-Fort,Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ».
Ainsi le pouvoir s’étendra, la paix sera sans fin pour David et pour son royaume. Il sera solidement établi sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours. Voilà ce que fait l’amour invincible du Seigneur de l’univers.

 

Psaume : Ps 95, 1-2a, 2b-3, 11-12a, 12b-13ac

 

R/ Aujourd’hui, un Sauveur nous est né :
c’est le Christ, le Seigneur.

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
chantez au Seigneur, terre entière,
chantez au Seigneur et bénissez son nom !

De jour en jour, proclamez son salut,
racontez à tous les peuples sa gloire,
à toutes les nations ses merveilles !

Joie au ciel ! Exulte la terre !
Les masses de la mer mugissent,
la campagne tout entière est en fête.

Les arbres des forêts dansent de joie
devant la face du Seigneur, car il vient,
pour gouverner le monde avec justice.

2ème lecture : La grâce de Dieu s’est manifestée (Tt 2, 11-14)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre à Tite

La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes.
C’est elle qui nous apprend à rejeter le péché et les passions d’ici-bas, pour vivre dans le monde présent en hommes raisonnable, justes et religieux,
et pour attendre le bonheur que nous espérons avoir quand se manifestera la gloire de Jésus Christ, notre grand Dieu et notre Sauveur.
Car il s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien.

 

Evangile : Naissance de Jésus (Lc 2, 1-14)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Je vous annonce une grande joie. Aujourd’hui nous est né un Sauveur : c’est le Messie, le Seigneur !Alléluia. (cf. Lc 2, 10-11)
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre ? ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. ?
Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d’origine.
Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée, pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem, car il était de la maison et de la descendance de David.
Il venait se faire inscrire avec Marie, son épouse, qui était enceinte.
Or, pendant qu’ils étaient là, arrivèrent les jours où elle devait enfanter.
Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans les environs se trouvaient des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.
L’ange du Seigneur s’approcha, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte,
mais l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple :
Aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur.
Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. »
 

Patrick Braud 

Mots-clés : , , , , ,

9 janvier 2010

Lot de consolation

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Lot de consolation

Homélie de la fête du Baptême du Christ / Année C
10/01/10

 

L’expression est un peu condescendante : on donne un lot de consolation au perdant  d’un jeu télévisé pour qu’il ne reparte pas les mains vides. Avec un peu de pitié et d’ironie mélangées, on le renvoie en lui disant : « Merci d’avoir joué, mais vous êtes le perdant. Au revoir… »

Rien de tel dans la double adresse qui marque la déclaration de Dieu en faveur de son peuple : « consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu ». À cause de cette ouverture remplie d’affection et de tendresse, les chapitres 40 à 55 du livre d’Isaïe (le « deutéro-Isaïe ») ont reçu le nom de : « livre de la consolation d’Israël ».

Certes, à ce moment où Isaïe parle, Israël est un perdant, un « looser » sur l’échiquier international. Il est en exil, ses deux premiers temples ont été détruits. Il pleure le long des rives du fleuve de Babylone en se souvenant de la splendeur passée…

 

Mais Dieu lui-même sera sa consolation : un sacré lot !

Le perdant bénéficiera de la puissance du Dieu qui vient (Is 40,10) pour le consoler, c’est-à-dire pour être son appui, son soutien.

En architecture, la console est une pièce saillante, en forme de S le plus souvent, qui sert à soutenir une corniche, un balcon. Dans la Bible, Dieu console en étant pour son peuple celui qui le soutient, en l’empêchant de basculer dans le vide.

Par extension, le mot console en est venu à désigner l’interface entre des musiciens et leur système d’enregistrement (console de mixage).

nullPar extension encore les consoles de jeu désignent aujourd’hui ces merveilleuses manettes entre le joueur et son écran qui lui permette sans le savoir d’être « consolé » de l’ennui ou de la solitude… Dieu assume en Jésus tous les sens de ce mot « console », jusqu’à la Wii, la PlayStation, la Nintendo ou la XBox?

 

La répétition accentue encore le côté solennel de cet engagement de Dieu en faveur des perdants de l’histoire : « consolez, consolez ».

Pourquoi le dire deux fois ? Pour insister ? Pour dramatiser ?

nullLes rabbins y voient plutôt l’allusion aux deux temples qui ont été détruits à Jérusalem (en 586 et 70 avant Jésus-Christ). La consolation est double, car le troisième temple que Dieu va édifier récapitulera les qualités du premier temple – il contenait l’arche d’alliance – et du deuxième temple – qui étaient le plus grand parmi les hommes -. Le premier temple était plus vertical, transcendant ; le deuxième temple plus horizontal plus humain. Le troisième temple espéré par les juifs sera éternel ; il mariera le vertical et horizontal, le transcendant et l’humain. Pour les chrétiens, ce troisième temple est déjà accompli dans le corps de Jésus ressuscité.

En consolant des deux premières catastrophes nationales (il faudrait y rajouter la Shoah aujourd’hui…), Dieu ne fait pas que sécher les larmes de son peuple : il lui ouvre un avenir infini, en venant lui-même avec puissance pour le sauver.

« Consolez, consolez mon peuple » : cette double consolation annonce donc la délivrance en plénitude. La répétition évoque un accroissement, une multiplication sans proportion d’avec le passé.

 

On voit alors le rapport entre la double consolation d’Isaïe et le baptême de Jésus dans le Nouveau Testament. La liturgie fait ce rapprochement dans les lectures de cette fête du baptême du Christ, sans doute à cause de la citation d’Isaïe par Luc (3,4-6). Et elle a raison ! Du coup, ce rapprochement joue aussi sur le lien entre baptême et consolation : la plongée de Jésus dans le Jourdain de notre humanité est bien l’accomplissement de la prophétie d’Isaïe.

En Jésus le fils bien-aimé du Père, la consolation nous est offerte, à l’infini.

Consolation de la tristesse devant nos péchés, comme le peuple venu vers Jean-Baptiste en signe de repentir.

Consolation de nos déceptions les plus amères, comme en témoigne la mention de Luc : « le peuple était en attente ».

Double consolation en fait, comme annoncé par Isaïe : dans le baptême, ce qui avait été détruit dans nos vies sera reconstruit, par Dieu lui-même ; ce qui nous avait éloigné de nous-mêmes sera vaincu par Dieu qui nous offre de devenir ses proches, ses fils et ses filles, par Jésus le Christ : « tu es mon enfant bien-aimé… »

Ce ministère de la consolation est si important que Saint-Paul en sera le thème majeur de sa deuxième lettre aux Corinthiens :

2 Co  1,4-7 : « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toute notre tribulation, afin que, par la consolation que nous-mêmes recevons de Dieu, nous puissions consoler les autres en quelque tribulation que ce soit.  De même en effet que les souffrances du Christ abondent pour nous, ainsi, par le Christ, abonde aussi notre consolation.  Sommes-nous dans la tribulation? C’est pour votre consolation et salut. Sommes-nous consolés? C’est pour votre consolation, qui vous donne de supporter avec constance les mêmes souffrances que nous endurons, nous aussi. Et notre espoir à votre égard est ferme: nous savons que, partageant nos souffrances, vous partagerez aussi notre consolation. »


Alors, comment allons-nous entendre en ce dimanche le double appel d’Isaïe : « consolez, consolez mon peuple » ?

Quelle visite, quel coup de fil, quel geste, quelle parole, quelle marque d’attention allons-nous avoir pour consoler quelqu’un qui autour de nous est « en attente » ?

 

Lot de consolation dans Communauté spirituelle consolation

Continuer à fêter Noël, n’est-ce pas aller consoler quelqu’un qui attend votre visite ? Ou bien accepter vous-mêmes d’être consolé par un autre, si vous êtes dans une période de détresse ou de désolation ?

 

Le baptême est vraiment un lot de consolation pas comme les autres : laissons-nous consoler par Dieu lui-même qui vient redire à chacun : « tu es mon enfant bien-aimé »...

 

1ère lecture : « Consolez, consolez mon peuple » (Is 40, 1-11)

Lecture du livre d’Isaïe

Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu.

Parlez au coeur de Jérusalem et proclamez que son service est accompli, que son crime est pardonné, et qu’elle a reçu de la main du Seigneur double punition pour toutes ses fautes.

Une voix proclame : « Préparez à travers le désert le chemin du Seigneur. Tracez dans les terres arides une route aplanie pour notre Dieu.

Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées, les passages tortueux deviendront droits, et les escarpements seront changés en plaine.

Alors la gloire du Seigneur se révélera et tous en même temps verront que la bouche du Seigneur a parlé. »

Une voix dit : « Proclame ! » et je dis : « Que dois-je proclamer ?- Toute créature est comme l’herbe, toute sa grâce est comme la fleur des champs : l’herbe se dessèche et la fleur se fane quand passe le souffle du Seigneur. En effet, le peuple est comme l’herbe.

L’herbe se dessèche et la fleur se fane, mais la parole de notre Dieu demeure pour toujours. »

Monte sur une haute montagne, toi qui portes la bonne nouvelle à Sion. Élève la voix avec force, toi qui portes la bonne nouvelle à Jérusalem. Élève la voix, ne crains pas. Dis aux villes de Juda : « Voici votre Dieu. »

Voici le Seigneur Dieu : il vient avec puissance et son bras est victorieux. Le fruit de sa victoire l’accompagne et ses trophées le précèdent.

Comme un berger, il conduit son troupeau : son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son coeur, et il prend soin des brebis qui allaitent leurs petits.


Psaume 103

R/ L’eau et l’Esprit te rendent témoignage, Seigneur de gloire.

Bénis le Seigneur, ô mon âme ; Seigneur mon Dieu, tu es si grand ! Revêtu de magnificence,

tu as pour manteau la lumière ! Comme une tenture, tu déploies les cieux,

tu élèves dans leurs eaux tes demeures ; des nuées, tu te fais un char, tu t’avances sur les ailes du vent ;

tu prends les vents pour messagers, pour serviteurs, les flammes des éclairs.

Tu as donné son assise à la terre : qu’elle reste inébranlable au cours des temps.

Tu l’as vêtue de l’abîme des mers : les eaux couvraient même les montagnes ;

à ta menace, elles prennent la fuite, effrayées par le tonnerre de ta voix.

Elles passent les montagnes, se ruent dans les vallées vers le lieu que tu leur as préparé.

Tu leur imposes la limite à ne pas franchir : qu’elles ne reviennent jamais couvrir la terre.

Dans les ravins tu fais jaillir des sources et l’eau chemine au creux des montagnes ;

elle abreuve les bêtes des champs : l’âne sauvage y calme sa soif ;

les oiseaux séjournent près d’elle : dans le feuillage on entend leurs cris.

De tes demeures tu abreuves les montagnes, et la terre se rassasie du fruit de tes oeuvres ;

tu fais pousser les prairies pour les troupeaux, et les champs pour l’homme qui travaille. De la terre il tire son pain : le vin qui réjouit le coeur de l’homme, l’huile qui adoucit son visage, et le pain qui fortifie le coeur de l’homme.

Les arbres du Seigneur se rassasient, les cèdres qu’il a plantés au Liban ;

c’est là que vient nicher le passereau, et la cigogne a sa maison dans les cyprès ;

aux chamois, les hautes montagnes, aux marmottes, l’abri des rochers.

Tu fis la lune qui marque les temps et le soleil qui connaît l’heure de son coucher.

Tu fais descendre les ténèbres, la nuit vient : les animaux dans la forêt s’éveillent ;

le lionceau rugit vers sa proie, il réclame à Dieu sa nourriture.

Quand paraît le soleil, ils se retirent : chacun gagne son repaire.

L’homme sort pour son ouvrage, pour son travail, jusqu’au soir.

Quelle profusion dans tes oeuvres, Seigneur ! + Tout cela, ta sagesse l’a fait ; * la terre s’emplit de tes biens.

Voici l’immensité de la mer, son grouillement innombrable d’animaux grands et petits,

ses bateaux qui voyagent, et Léviathan que tu fis pour qu’il serve à tes jeux.

Tous, ils comptent sur toi pour recevoir leur nourriture au temps voulu.

Tu donnes : eux, ils ramassent ; tu ouvres la main : ils sont comblés.

Tu caches ton visage : ils s’épouvantent ; tu reprends leur souffle, ils expirent et retournent à leur poussière.

Tu envoies ton souffle : ils sont créés ; tu renouvelles la face de la terre.

2ème lecture : Le bain du baptême (Ti 2,11-14; 3,4-7)

Lecture de la lettre de saint Paul à Tite  

La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes.

C’est elle qui nous apprend à rejeter le péché et les passions d’ici-bas, pour vivre dans le monde présent en hommes raisonnable, justes et religieux, et pour attendre le bonheur que nous espérons avoir quand se manifestera la gloire de Jésus Christ, notre grand Dieu et notre Sauveur.

Car il s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien.

Dieu, notre Sauveur, a manifesté sa bonté et sa tendresse pour les hommes, il nous a sauvés. Il l’a fait dans sa miséricorde, et non pas à cause d’actes méritoires que nous aurions accomplis par nous-mêmes. Par le bain du baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit Saint.

Cet Esprit, Dieu l’a répandu sur nous avec abondance, par Jésus Christ notre Sauveur ; ainsi, par sa grâce, nous sommes devenus des justes, et nous possédons dans l’espérance l’héritage de la vie éternelle.

Dieu, notre Sauveur, a manifesté sa bonté et sa tendresse pour les hommes, il nous a sauvés. Il l’a fait dans sa miséricorde, et non pas à cause d’actes méritoires que nous aurions accomplis par nous-mêmes. Par le bain du baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit Saint.

Cet Esprit, Dieu l’a répandu sur nous avec abondance, par Jésus Christ notre Sauveur ; ainsi, par sa grâce, nous sommes devenus des justes, et nous possédons dans l’espérance l’héritage de la vie éternelle.

Evangile : Le baptême de Jésus (Lc 3, 15-22)

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc

Or, le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Messie.

Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu.

Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s’éteint pas. »

Par ces exhortations et bien d’autres encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.

Hérode, prince de Galilée, avait reçu des reproches de Jean au sujet d’Hérodiade, la femme de son frère, et au sujet de tout ce que lui, Hérode, avait fait de mal.

A tout le reste il ajouta encore ceci : il fit enfermer Jean Baptiste en prison.

Comme tout le peuple se faisait baptiser et que Jésus priait, après avoir été baptisé lui aussi, alors le ciel s’ouvrit.

L’Esprit Saint descendit sur Jésus, sous une apparence corporelle, comme une colombe. Du ciel une voix se fit entendre : « C’est toi mon Fils : moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. »
Patrick BRAUD

Mots-clés : , , ,

23 décembre 2009

Noël : « On vous écrira… »

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 9 h 11 min

Noël : « On vous écrira… »

 

Homélie de la nuit de Noël / Année C

24/12/2009

 

« Il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. »

 

Cette phrase de notre évangile de Noël est toujours d’une terrible actualité.

Quand Dieu vient nous visiter, il fait la cruelle expérience d’être « de trop », d’être celui pour qui il n’y a rien, aucune place de libre. « On vous écrira… »

null

Quand Dieu vient nous visiter, il commence par une mangeoire dans une étable, l’équivalent d’une tente rouge le long du canal saint Martin. Dieu SDF !

Exclu de la salle commune dès sa naissance, Jésus pourra ensuite tout au long de sa vie accueillir les exclus de la société de son époque : lépreux, prostituées, collaborateurs même… Comme quoi Dieu fait feu de tout bois pour nous aimer : même notre rejet devient pour lui tendresse envers les rejetés ; même notre exclusion devient en lui une fraternité avec les exclus ; même nos refus deviennent en Dieu la porte ouverte au refusés de nos sociétés : les bergers le soir de Noël, les isolés ou ceux qui ne trouvent pas de place dans notre société aujourd’hui.

 

Saint Jean en fera le constat désolé dans le prologue de son Évangile : « il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu ».

Voilà donc l’enjeu de cette nuit de Noël :

- accueillir l’enfant dont personne ne veut, et ainsi devenir nous-mêmes enfants de Dieu.

 -faire de la place à d’autres dans la salle commune, c’est-à-dire dans nos entreprises, nos associations, nos familles mêmes, et ainsi trouver notre propre place dans le coeur de Dieu.

- remuer ciel et terre pour qu’une famille ne soit plus obligée de dormir dans des conditions indignes, et ainsi entrer dans la famille de Dieu…

 

« Il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune ».

Notre évangile de Noël est finalement très politique : il nous parle de vie commune, de recherche d’un logement, de nomades à l’écart du village, de recensement orgueilleux par un pouvoir en fait fragile…

Le christianisme n’est décidément pas une affaire privée !

La joie de Noël est dès l’origine destinée à se manifester sur la place publique :

- grâce à l’enfant de la crèche, ceux qui ne savent plus où crécher reprennent espoir ;

- à cause du bébé sur la paille, ceux qui sont bien au chaud vont se laisser attendrir et laisser une place à ceux qui en cherchent.

- devant Marie, jeune accouchée anonyme mise à l’écart, comment ne pas s’engager pour toutes ces femmes qui aujourd’hui encore donnent naissance et élèvent leurs enfants avec toutes les peines du monde, dans la précarité ?

 

L’immense espérance de Noël, l’espérance politique de cette fête de la Nativité, c’est que « la pierre rejetée par les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle », selon la parole du psaume.

Oui : il est possible de bâtir la vie commune avec et à partir des exclus.

Oui : tout homme rejeté par les siens peut trouver en Jésus un frère, sans haine ni vengeance.

Oui : l’exclusion n’est pas une fatalité; que ce soit celle du chômage ou de la séparation familiale, en Jésus, Dieu vient endosser nos ruptures, nos rejets, nos refus, pour qu’ils n’aient pas le dernier mot.

Ce soir notre réconciliation nous est offerte : « paix sur la terre aux hommes qu’il aime ».

 

Fêtons Noël en promettant de nous battre pour qu’il y ait désormais de la place pour un enfant et sa famille dans la salle commune…

 

 

1ère lecture : Le prince de la paix (Is 9, 1-6)

Lecture du livre d’Isaïe

Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi.
Tu as prodigué l’allégresse, tu as fait grandir la joie : ils se réjouissent devant toi comme on se réjouit en faisant la moisson, comme on exulte en partageant les dépouilles des vaincus.
Car le joug qui pesait sur eux, le bâton qui meurtrissait leurs épaules, le fouet du chef de corvée, tu les as brisés comme au jour de la victoire sur Madiane.
Toutes les chaussures des soldats qui piétinaient bruyamment le sol, tous leurs manteaux couverts de sang, les voilà brûlés : le feu les a dévorés.
Oui ! un enfant nous est né, un fils nous a été donné ; l’insigne du pouvoir est sur son épaule ; on proclame son nom : « Merveilleux-Conseiller, Dieu-Fort,Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ».
Ainsi le pouvoir s’étendra, la paix sera sans fin pour David et pour son royaume. Il sera solidement établi sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours. Voilà ce que fait l’amour invincible du Seigneur de l’univers.

 

Psaume : 95, 1-2a, 2b-3, 11-12a, 12b-13a.c

R/ Aujourd’hui, un Sauveur nous est né :
c’est le Christ, le Seigneur.

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
chantez au Seigneur, terre entière,
chantez au Seigneur et bénissez son nom !

De jour en jour, proclamez son salut,
racontez à tous les peuples sa gloire,
à toutes les nations ses merveilles !

Joie au ciel ! Exulte la terre !
Les masses de la mer mugissent,
la campagne tout entière est en fête.

Les arbres des forêts dansent de joie
devant la face du Seigneur, car il vient,
pour gouverner le monde avec justice.

 

2ème lecture : La grâce de Dieu s’est manifestée (Tt 2, 11-14)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre à Tite

La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes.
C’est elle qui nous apprend à rejeter le péché et les passions d’ici-bas, pour vivre dans le monde présent en hommes raisonnable, justes et religieux,
et pour attendre le bonheur que nous espérons avoir quand se manifestera la gloire de Jésus Christ, notre grand Dieu et notre Sauveur.
Car il s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien


Evangile : Naissance de Jésus (Lc 2, 1-14)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre ? ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. ?
Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d’origine.
Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée, pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem, car il était de la maison et de la descendance de David.
Il venait se faire inscrire avec Marie, son épouse, qui était enceinte.
Or, pendant qu’ils étaient là, arrivèrent les jours où elle devait enfanter.
Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans les environs se trouvaient des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.
L’ange du Seigneur s’approcha, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte,
mais l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple :
Aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur.
Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. »

 

Patrick BRAUD
Mots-clés : , , , ,
1...45678