L'homélie du dimanche (prochain)

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27 mars 2010

Il a été compté avec les pécheurs

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Il a été compté avec les pécheurs

 

Homélie du Dimanche des Rameaux / Année C

28/03/10

 

« Il a été compté avec les pécheurs » (Is 53,12).

 

Cette citation du prophète Isaïe est sans doute la clé, propre à Luc, qui lui permet de déchiffrer l’énigme de la passion de Jésus que nous lisons en ce dimanche des Rameaux.

Luc est en effet le seul évangéliste à aller chercher dans les « chants du Serviteur souffrant » d’Isaïe l’explication du déchaînement du mal contre Jésus, et son apparente faiblesse tout au long de son procès et de sa passion.

 

« Il a été compté avec les pécheurs ».

De Etty Hillesum à Nelson Mandela, du capitaine Dreyfus aux erreurs judiciaires d’aujourd’hui, ils sont nombreux ceux qui peuvent se reconnaître dans cette expérience douloureuse : être injustement rangé au rang des criminels.

Mais, en plus, dans cette passion singulière, c’est Dieu lui-même qui est compté avec les pécheurs ! Le Dieu trois fois saint est plongé dans l’abîme de la dérision, de l’insulte, du mépris, et on veut faire croire à Jésus qu’il est un blasphémateur, qu’il est loin de Dieu, lui l’Intime !

 

L’extrême souffrance de l’accusé Jésus n’est alors pas d’abord la douleur physique des épines ou des clous. C’est l’affreuse immersion dans « l’océan pestilentiel du péché », selon l’expression des mystiques. Il fait corps avec les pécheurs, avec les rejetés, les réprouvés, les exclus de la société, les sans-Dieu, les contre-Dieu…

 

- Contemplez son angoisse au Mont des Oliviers : ce n’est pas la douleur physique qui le fait suer du sang ; c’est l’opprobre de la croix (cf. He 13,13) qui approche, symbole de la malédiction (« maudit soit qui pend au gibet de la croix », dit le Deutéronome 21,23 // Ga 3,13) et de l’éloignement absolu.

- Ressentez sa tristesse, lorsqu’il découvre que les amis et les gestes d’amitié deviennent des armes utilisées contre lui :« Judas, c’est par un baiser que tu livres le fils de l’homme ? » « Pierre, tu vas me renier trois fois ».

- Partagez son indignation lorsqu’on le traite comme un moins que rien : « suis-je donc un bandit pour que vous soyez venus m’arrêter avec des épées et des bâtons ? »

 

- Plongez dans son désarroi lorsqu’on l’insulte : « fais le prophète ! » ; lorsqu’on l’accuse de blasphème (lui, le fils de Dieu !), lorsque Hérode le traite avec mépris et se moque de lui.


- Laissez résonner cet immense silence qui étonne ses accusateurs : Jésus se tait devant le tribunal, comme il s’était tu devant les accusateurs de la femme adultère…

- Mesurez son sentiment d’abandon, et peut-être de honte, lorsque la foule de son peuple lui préfère le meurtrier Barabbas, et crie sa haine : « crucifie-le ! ».

 

- Même l’un des malfaiteurs le traite comme un inférieur : suspendu à la croix, Jésus se fait injurier par l’un de ses compagnons d’infortune…

 

« Il a été compté avec les pécheurs ».

Lui qui était Dieu, il s’est abaissé jusque là (cf. 1° lecture : Philippiens 2,6-11), jusqu’à cette descente aux enfers où on le range avec les blasphémateurs, les sans-Dieu, les criminels à éliminer…

 

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Pourquoi a-t-il bu cette coupe jusqu’à la lie ?

Pourquoi a-t-il accompli cette prophétie d’Isaïe : être assimilé aux derniers des pécheurs?

·     Pour que nul ne désespère.

·     Pour que nul enfer ne soit scellé à jamais.

·     Pour que ceux dont la dignité est bafouée soient sûrs qu’en Dieu elle est pleinement reconnue.

·     Pour que les exclus, les rejetés des hommes découvrent en Jésus leur frère, qui les  réintroduit dans la famille de Dieu.

·     Pour que ceux dont on se moque, qu’on insulte, qu’on maltraite, qu’on exclut de la compagnie des hommes entendent cette parole incroyable : « aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis ».

 

Que la passion du Christ vienne soutenir toutes nos passions humaines…

 

 


1ère lecture : Le Serviteur de Dieu accepte ses souffrances (Is 50, 4-7)

Dieu mon Seigneur m’a donné le langage d’un homme qui se laisse instruire, pour que je sache à mon tour réconforter celui qui n’en peut plus. La Parole me réveille chaque matin, chaque matin elle me réveille pour que j’écoute comme celui qui se laisse instruire.
Le Seigneur Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé.
J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas protégé mon visage des outrages et des crachats.
Le Seigneur Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages,c’est pourquoi j’ai rendu mon visage dur comme pierre :je sais que je ne serai pas confondu.
Parole du Serviteur de Dieu : Le Seigneur Dieu m »a ouvert l »oreille et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé.

 

Psaume : Ps 21, 8-9, 17-18a, 19-20, 22c-24a

R/ Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?

Tous ceux qui me voient me bafouent, ils ricanent et hochent la tête :
« Il comptait sur le Seigneur : qu’il le délivre ! Qu’il le sauve, puisqu’il est son ami ! »
C’est toi qui m’as tiré du ventre de ma mère, qui m’a mis en sûreté entre ses bras.
A toi je fus confié dès ma naissance ; dès le ventre de ma mère, tu es mon Dieu.
Ne sois pas loin : l’angoisse est proche, je n’ai personne pour m’aider.
Des fauves nombreux me cernent, des taureaux de Basan m’encerclent.
Des lions qui déchirent et rugissent ouvrent leur gueule contre moi.
Je suis comme l’eau qui se répand, tous mes membres se disloquent. Mon coeur est comme la cire, il fond au milieu de mes entrailles.
Ma vigueur a séché comme l’argile, ma langue colle à mon palais.

Tu me mènes à la poussière de la mort. +
Oui, des chiens me cernent, une bande de vauriens m’entoure. Ils me percent les mains et les pieds ;
je peux compter tous mes os. Ces gens me voient, ils me regardent. +
Ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mon vêtement.
Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin : ô ma force, viens vite à mon aide !
Préserve ma vie de l’épée, arrache-moi aux griffes du chien ;
sauve-moi de la gueule du lion et de la corne des buffles. Tu m’as répondu ! +
Et je proclame ton nom devant mes frères, je te loue en pleine assemblée.
Vous qui le craignez, louez le Seigneur, + glorifiez-le, vous tous, descendants de Jacob, vous tous, redoutez-le, descendants d’Israël.
Car il n’a pas rejeté, il n’a pas réprouvé le malheureux dans sa misère ; il ne s’est pas voilé la face devant lui, mais il entend sa plainte.
Tu seras ma louange dans la grande assemblée ; devant ceux qui te craignent, je tiendrai mes promesses.
Les pauvres mangeront : ils seront rassasiés ; ils loueront le Seigneur, ceux qui le cherchent : « A vous, toujours, la vie et la joie ! »
La terre entière se souviendra et reviendra vers le Seigneur, chaque famille de nations se prosternera devant lui :
« Oui, au Seigneur la royauté, le pouvoir sur les nations ! »
Tous ceux qui festoyaient s’inclinent ; promis à la mort, ils plient en sa présence.
Et moi, je vis pour lui : ma descendance le servira ; on annoncera le Seigneur aux générations à venir.
On proclamera sa justice au peuple qui va naître : Voilà son oeuvre !

 

2ème lecture : Abaissement et glorification de Jésus (Ph 2, 6-11)

Lui qui était dans la condition de Dieu,il n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu ; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur.

Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement,
il s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir,et à mourir sur une croix.
C’est pourquoi Dieu l’a élevé au-dessus de tout ; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms,
afin qu’au Nom de Jésus, aux cieux, sur terre et dans l’abîme, tout être vivant tombe à genoux,
et que toute langue proclame : « Jésus Christ est le Seigneur »,pour la gloire de Dieu le Père.
Le Christ Jésus, lui qui était dans la condition de Dieu, n »a pas jugé bon de revendiquer son droit d »être traité à l »égal de Dieu ;

 

Evangile : La Passion (Lc 22, 14-71; 23, 1-16.18-56)

Quand l’heure fut venue, Jésus se mit à table, et les Apôtres avec lui.
Il leur dit : « J’ai ardemment désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir !
Car je vous le déclare : jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle soit pleinement réalisée dans le royaume de Dieu. »
Il prit alors une coupe, il rendit grâce et dit : « Prenez, partagez entre vous.
Car je vous le déclare : jamais plus désormais je ne boirai du fruit de la vigne jusqu’à ce que vienne le règne de Dieu. »
Puis il prit du pain ; après avoir rendu grâce, il le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi. »
Et pour la coupe, il fit de même à la fin du repas, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang répandu pour vous.
Cependant la main de celui qui me livre est là, à côté de moi sur la table.
En effet, le Fils de l’homme s’en va selon ce qui a été fixé. Mais malheureux l’homme qui le livre ! »
Les Apôtres commencèrent à se demander les uns aux autres lequel d’entre eux allait faire cela.
Ils en arrivèrent à se quereller : lequel d’entre eux, à leur avis, était le plus grand ?
Mais il leur dit : « Les rois des nations païennes leur commandent en maîtres, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler bienfaiteurs.
Pour vous, rien de tel ! Au contraire, le plus grand d’entre vous doit prendre la place du plus jeune, et celui qui commande, la place de celui qui sert.
Quel est en effet le plus grand : celui qui est à table, ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Eh bien moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert.
Vous, vous avez tenu bon avec moi dans mes épreuves.
Et moi, je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi.
Ainsi vous mangerez et boirez à ma table dans mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël.
Simon, Simon, Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le froment.
Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne sombre pas. Toi donc, quand tu sera revenu, affermis tes frères. »
Pierre lui dit : « Seigneur, avec toi, je suis prêt à aller en prison et à la mort. »
Jésus reprit : « Je te le déclare, Pierre : le coq ne chantera pas aujourd’hui avant que, par trois fois, tu aies affirmé que tu ne me connais pas. »
Puis il leur dit : « Quand je vous ai envoyés sans argent, ni sac, ni sandales, avez-vous manqué de quelque chose ? »
Ils lui répondirent : « Mais non. » Jésus leur dit : « Eh bien maintenant, celui qui a de l’argent, qu’il en prenne, de même celui qui a un sac ; et celui qui n’a pas d’épée, qu’il vende son manteau pour en acheter une.
Car, je vous le déclare : il faut que s’accomplisse en moi ce texte de l’Écriture : Il a été compté avec les pécheurs. De fait, ce qui me concerne va se réaliser. »
Ils lui dirent : « Seigneur, voici deux épées. » Il leur répondit : « Cela suffit. »
Jésus sortit pour se rendre, comme d’habitude, au mont des Oliviers, et ses disciples le suivirent.
Arrivé là, il leur dit : « Priez, pour ne pas entrer en tentation. »
Puis il s’écarta à la distance d’un jet de pierre environ. Se mettant à genoux, il priait :
« Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne. »
Alors, du ciel, lui apparut un ange qui le réconfortait.
Dans l’angoisse, Jésus priait avec plus d’insistance ; et sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient jusqu’à terre.
Après cette prière, Jésus se leva et rejoignit ses disciples qu’il trouva endormis à force de tristesse.
Il leur dit : « Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous et priez, pour ne pas entrer en tentation. »
Il parlait encore quand parut une foule de gens. Le nommé Judas, l’un des Douze, marchait à leur tête. Il s’approcha de Jésus pour l’embrasser.
Jésus lui dit : « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ? »
Voyant ce qui allait se passer, ceux qui entouraient Jésus lui dirent : « Seigneur, faut-il frapper avec l’épée ? »
L’un d’eux frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l’oreille droite.
Jésus répondit : « Laissez donc faire ! » Et, touchant l’oreille de l’homme, il le guérit.
Jésus dit alors à ceux qui étaient venus l’arrêter, chefs des prêtres, officiers de la garde du Temple et anciens : « Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus avec des épées et des bâtons ?
Chaque jour, j’étais avec vous dans le Temple, et vous ne m’avez pas arrêté. Mais c’est maintenant votre heure, c’est la domination des ténèbres. »
Ils se saisirent de Jésus pour l’emmener et ils le firent entrer dans la maison du grand prêtre. Pierre suivait de loin.
Ils avaient allumé un feu au milieu de la cour et ils s’étaient tous assis là. Pierre était parmi eux.
Une servante le vit assis près du feu ; elle le dévisagea et dit : « Celui-là aussi était avec lui. »
Mais il nia : « Femme, je ne le connais pas. »
Peu après, un autre dit en le voyant : « Toi aussi, tu en fais partie. » Pierre répondit : « Non, je n’en suis pas. »
Environ une heure plus tard, un autre insistait : « C’est sûr : celui-là était avec lui, et d’ailleurs il est Galiléen. »
Pierre répondit : « Je ne vois pas ce que tu veux dire. » Et à l’instant même, comme il parlait encore, un coq chanta.
Le Seigneur, se retournant, posa son regard sur Pierre ; et Pierre se rappela la parole que le Seigneur lui avait dite : « Avant que le coq chante aujourd’hui, tu m’auras renié trois fois. »
Il sortit et pleura amèrement.
Les hommes qui gardaient Jésus se moquaient de lui et le maltraitaient.
Ils lui avaient voilé le visage, et ils l’interrogeaient : « Fais le prophète ! Qui est-ce qui t’a frappé ? »
Et ils lançaient contre lui beaucoup d’autres insultes.
Lorsqu’il fit jour, les anciens du peuple, chefs des prêtres et scribes, se réunirent, et ils l’emmenèrent devant leur grand conseil.
Ils lui dirent : « Si tu es le Messie, dis-le nous. » Il leur répondit : « Si je vous le dis, vous ne me croirez pas ;
et si j’interroge, vous ne répondrez pas.
Mais désormais le Fils de l’homme sera assis à la droite du Dieu Puissant. »
Tous lui dirent alors : « Tu es donc le Fils de Dieu ? » Il leur répondit : « C’est vous qui dites que je le suis. »
Ils dirent alors : « Pourquoi nous faut-il encore un témoignage ? Nous-mêmes nous l’avons entendu de sa bouche. »
Quand l »heure du repas pascal fut venue, Jésus se mit à tables, et les Apôtres avec lui.
Ils se levèrent tous ensemble et l’emmenèrent chez Pilate.
Ils se mirent alors à l’accuser : « Nous avons trouvé cet homme en train de semer le désordre dans notre nation : il empêche de payer l’impôt à l’empereur, et se dit le Roi Messie. »
Pilate l’interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus répondit : « C’est toi qui le dis. »
Pilate s’adressa aux chefs des prêtres et à la foule : « Je ne trouve chez cet homme aucun motif de condamnation. »
Mais ils insistaient : « Il soulève le peuple en enseignant dans tout le pays des Juifs, à partir de la Galilée jusqu’ici. »
A ces mots, Pilate demanda si l’homme était Galiléen.
Apprenant qu’il relevait de l’autorité d’Hérode, il le renvoya à ce dernier, qui se trouvait lui aussi à Jérusalem en ces jours-là.
A la vue de Jésus, Hérode éprouva une grande joie : depuis longtemps il désirait le voir à cause de ce qu’il entendait dire de lui, et il espérait lui voir faire un miracle.
Il lui posa beaucoup de questions, mais Jésus ne lui répondit rien.
Les chefs des prêtres et les scribes étaient là, et l’accusaient avec violence.
Hérode, ainsi que ses gardes, le traita avec mépris et se moqua de lui : il le revêtit d’un manteau de couleur éclatante et le renvoya à Pilate.
Ce jour-là, Hérode et Pilate devinrent des amis, alors qu’auparavant ils étaient ennemis.
Alors Pilate convoqua les chefs des prêtres, les dirigeants et le peuple.
Il leur dit : « Vous m’avez amené cet homme en l’accusant de mettre le désordre dans le peuple. Or, j’ai moi-même instruit l’affaire devant vous, et, parmi les faits dont vous l’accusez, je n’ai trouvé chez cet homme aucun motif de condamnation.
D’ailleurs, Hérode non plus, puisqu’il nous l’a renvoyé. En somme, cet homme n’a rien fait qui mérite la mort.
Je vais donc le faire châtier et le relâcher. »
Les chefs des prêtres et les scribes emmenèrent Jésus chez Pilate.
Ils se mirent à crier tous ensemble : « Mort à cet homme ! Relâche-nous Barabbas. »
Ce dernier avait été emprisonné pour un meurtre et pour une émeute survenue dans la ville.
Pilate, dans son désir de relâcher Jésus, leur adressa de nouveau la parole.
Mais ils criaient : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! »
Pour la troisième fois, il leur dit : « Quel mal a donc fait cet homme ? Je n’ai trouvé en lui aucun motif de condamnation à mort. Je vais donc le faire châtier, puis le relâcher. »
Mais eux insistaient à grands cris, réclamant qu’il soit crucifié ; et leurs cris s’amplifiaient.
Alors Pilate décida de satisfaire leur demande.
Il relâcha le prisonnier condamné pour émeute et pour meurtre, celui qu’ils réclamaient, et il livra Jésus à leur bon plaisir.
Pendant qu’ils l’emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix pour qu’il la porte derrière Jésus.
Le peuple, en grande foule, le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Jésus.
Il se retourna et leur dit : « Femmes de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants !
Voici venir des jours où l’on dira : ‘Heureuses les femmes stériles, celles qui n’ont pas enfanté, celles qui n’ont pas allaité !’
Alors on dira aux montagnes : ‘Tombez sur nous’, et aux collines : ‘Cachez-nous’.
Car si l’on traite ainsi l’arbre vert, que deviendra l’arbre sec ? »
On emmenait encore avec Jésus deux autres, des malfaiteurs, pour les exécuter.
Lorsqu’on fut arrivé au lieu dit : Le Crâne, ou Calvaire, on mit Jésus en croix, avec les deux malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche.
Jésus disait : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. » Ils partagèrent ses vêtements et les tirèrent au sort.
Le peuple restait là à regarder. Les chefs ricanaient en disant : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! »
Les soldats aussi se moquaient de lui. S’approchant pour lui donner de la boisson vinaigrée,
ils lui disaient : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! »
Une inscription était placée au-dessus de sa tête : « Celui-ci est le roi des Juifs. »
L’un des malfaiteurs suspendus à la croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même, et nous avec ! »
Mais l’autre lui fit de vifs reproches : « Tu n’as donc aucune crainte de Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi !
Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. »
Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne. »
Jésus lui répondit : « Amen, je te le déclare : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »
Il était déjà presque midi ; l’obscurité se fit dans tout le pays jusqu’à trois heures, car le soleil s’était caché.
Le rideau du Temple se déchira par le milieu.
Alors, Jésus poussa un grand cri : « Père, entre tes mains je remets mon esprit. » Et après avoir dit cela, il expira.
A la vue de ce qui s’était passé, le centurion rendait gloire à Dieu : « Sûrement, cet homme, c’était un juste. »
Et tous les gens qui s’étaient rassemblés pour ce spectacle, voyant ce qui était arrivé, s’en retournaient en se frappant la poitrine.
Tous ses amis se tenaient à distance, ainsi que les femmes qui le suivaient depuis la Galilée, et qui regardaient.
Alors arriva un membre du conseil, nommé Joseph ; c’était un homme bon et juste.
Il n’avait donné son accord ni à leur délibération, ni à leurs actes. Il était d’Arimathie, ville de Judée, et il attendait le royaume de Dieu.
Il alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus.
Puis il le descendit de la croix, l’enveloppa dans un linceul et le mit dans un sépulcre taillé dans le roc, où personne encore n’avait été déposé.
C’était le vendredi, et déjà brillaient les lumières du sabbat.
Les femmes qui accompagnaient Jésus depuis la Galilée suivirent Joseph. Elles regardèrent le tombeau pour voir comment le corps avait été placé.
Puis elles s’en retournèrent et préparèrent aromates et parfums. Et, durant le sabbat, elles observèrent le repos prescrit.
Patrick BRAUD

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20 mars 2010

À partir de la fin !

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

À partir de la fin !

  • Avez-vous remarqué dans quel ordre Paul parle de la passion de la résurrection ? Pas selon l’ordre normal, mais à partir de la fin : « il s’agit de connaître le Christ, d’éprouver la puissance de sa résurrection et de communier aux souffrances de sa passion ». Autrement dit : c’est seulement la puissance de sa résurrection qui nous donne de traverser nos passions actuelles.

C’est la fin qui éclaire le présent, et non l’inverse !

À partir de la fin ! dans Communauté spirituelle the_flagellation_of_christ C’est en partant de ce qui doit arriver : la résurrection, que nous pouvons déchiffrer le présent. C’est en étant « lancé vers l’avant », « en courant vers le but », que le passé et le présent trouvent leur signification.

  • Cette inversion volontaire de Paul entre passion et résurrection rejoint le thème de l’avenir absolu offert par Dieu dans les autres lectures : « ne vous souvenez plus d’autrefois, ne songez plus au passé. Voici que je fais un monde nouveau » (Isaïe 43).

Et Jésus refusera d’enfermer la femme adultère dans son passé au nom de cet avenir absolu : « je ne te condamne pas : va » (Jn 8).

Dans l’Apocalypse, le ressuscité assumera pleinement en sa personne ce primat de l’avenir qui transforme le présent : « voici que je fais toutes choses nouvelles ». (Apocalypse)

 

C’est donc que nous sommes invités à regarder les êtres et les choses qui nous entourent « à partir de la fin », et non en fonction de leur passé, quel qu’il soit (glorieux ou sombre).

 

Ainsi Jésus regarde cette femme telle qu’elle est, ou plutôt telle qu’elle sera en Dieu : libre et pardonnée. Du coup, même son adultère passé ne peut abîmer sa vocation divine : ce qu’elle est appelée à devenir est plus fort que ce que la vie a fait d’elle jusqu’à présent…

  • C’est parce qu’il les regarde « à partir de la fin », à partir de leur transformation en Dieu à travers la résurrection, que Jésus peut poser sur les pécheurs un regard différent, un regard étonnant qui relève et change tout.

C’est parce qu’il anticipe ce que la puissance de la résurrection peut opérer en chacun que le regard du Christ n’enferme jamais, mais révèle un avenir ouvert, un avenir absolu qui déjà transforme le présent.

Alors Lévy le douanier collaborateur, Zachée le fonctionnaire malhonnête, Marie de Magdala esclave de ses démons, ou même Simon Pierre le lâche, chacun entendra une parole libératrice qui lui vient de devant, du but « auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus » .

 

« Le connaître, lui le Christ, avec la puissance de sa résurrection, et communier aux souffrances de sa passion… » : c’est comme un scaphandre dont il faut s’entourer lorsque l’on plonge en eau profonde. S’il n’y a pas cette armure, cette protection, comment résister aux grandes pressions et à l’asphyxie des profondeurs ?

 

  • Nous voici donc appelé à regarder cette semaine nos proches en famille, nos collaborateurs au travail, nos rencontres habituelles « à partir de la fin ». Même les choses matérielles, replacées ainsi en perspective, en acquièrent une saveur et une texture nouvelle : relativisées, elles deviennent signes du monde nouveau qui est en train de germer…

 

Oubliant le passé, libérés des jugements du présent, replaçons chaque visage en perspective par rapport à son but ultime : partager la résurrection du Christ.

 

Essayez !

Vous ferez alors l’expérience de vous taire souvent, à l’image du Christ silencieux lorsque les accusateurs veulent enfermer cette femme dans son passé.

 

Vous ferez encore l’expérience d’une infinie douceur, celle de Jésus ouvrant délicatement à l’accusée un avenir inouï : « femme, où sont-ils donc, ceux qui t’avait jugé et condamné ? »

 

Vous ferez enfin l’expérience d’une vibrante course, à l’image de Paul : « oubliant ce qui est en arrière, lancé vers l’avant, je cours vers le but pour remporter le prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus ».

 

Oui : cette semaine, regardez les êtres et les choses qui vous environnent « à partir de la fin »?

 

1ère lecture : Promesse du nouvel exode (Is 43, 16-21)

Ainsi parle le Seigneur,lui qui fit une route à travers la mer,un sentier au milieu des eaux puissantes,
lui qui mit en campagne des chars et des chevaux,des troupes et de puissants guerriers ;et les voilà couchés pour ne plus se relever,ils se sont éteints,ils se sont consumés comme une mèche.Le Seigneur dit :
Ne vous souvenez plus d’autrefois,ne songez plus au passé.
Voici que je fais un monde nouveau :il germe déjà, ne le voyez-vous pas ?Oui, je vais faire passer une route dans le désert,des fleuves dans les lieux arides.
Les bêtes sauvages me rendront gloire- les chacals et les autruches -parce que j’aurai fait couler de l’eau dans le désert,des fleuves dans les lieux arides,pour désaltérer le peuple, mon élu.
Ce peuple que j’ai formé pour moiredira ma louange.

 

Psaume : Ps 125, 1-2ab, 2cd-3, 4-5, 6

R/ Le Seigneur a fait merveille : nous voici dans la joie

Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion,
nous étions comme en rêve!
Alors notre bouche était pleine de rires,
nous poussions des cris de joie;

Alors on disait parmi les nations :
« Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur!»
Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous
nous étions en grande fête!

Ramène, Seigneur, nos captifs,
comme les torrents au désert.
Qui sème dans les larmes
moissonne dans la joie :

Il s’en va, il s’en va en pleurant,
il jette la semence;
il s’en vient, il s’en vient dans la joie,
il rapporte les gerbes.

 

2ème lecture : Renoncer à tout pour être avec le Christ (Ph 3, 8-14)

Frères, tous les avantages que j »avais autrefois, je les considère maintenant comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur. À cause de lui, j »ai tout perdu ; je considère tout comme des balayures, en vue d »un seul avantage, le Christ, en qui Dieu me reconnaîtra comme juste. Cette justice ne vient pas de moi-même – c’est-à-dire de mon obéissance à la loi de Moïse – mais de la foi au Christ : c’est la justice qui vient de Dieu et qui est fondée sur la foi.
Il s’agit de connaître le Christ, d’éprouver la puissance de sa résurrection et de communier aux souffrances de sa passion, en reproduisant en moi sa mort,
dans l’espoir de parvenir, moi aussi, à ressusciter d’entre les morts.
Certes, je ne suis pas encore arrivé, je ne suis pas encore au bout, mais je poursuis ma course pour saisir tout cela, comme j’ai moi-même été saisi par le Christ Jésus.
Frères, je ne pense pas l’avoir déjà saisi. Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant,
je cours vers le but pour remporter le prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus.

 

Evangile : Jésus et la femme adultère : « Va, et ne pèche plus » (Jn 8, 1-11)

Jésus s’était rendu au mont des Oliviers ; de bon matin, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner.
Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en train de commettre l’adultère. Ils la font avancer,
et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été prise en flagrant délit d’adultère.
Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, qu’en dis-tu ? »
Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il traçait des traits sur le sol.
Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter la pierre. »
Et il se baissa de nouveau pour tracer des traits sur le sol.
Quant à eux, sur cette réponse, ils s’en allaient l’un après l’autre, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme en face de lui.
Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-il donc ? Alors, personne ne t’a condamnée ? »
Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus.»
Patrick BRAUD 

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27 février 2010

L’alliance entre les morceaux

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

L’ALLIANCE ENTRE LES MORCEAUX

 

Homélie du 2° Dimanche de Carême / Année C

28/02/10

 

Curieux texte que notre première lecture !

Texte si mystérieux qu’il a donné lieu à une multitude de commentaires, tant juifs que chrétiens.

Je vous propose d’en parcourir quelques interprétations, en essayant de les actualiser, et ? pourquoi pas ? – en faisant le lien avec notre évangile de la Transfiguration.

 

1. Une alliance exigeante où Dieu s’engage tout entier

Ce rite étrange où les partenaires d’une alliance passent au milieu de morceaux d’animaux découpés semble très ancien.

Les deux partenaires passaient entre les carcasses pour garantir qu’ils observeraient les clauses du traité d’alliance, sinon il leur arriverait la même chose qu’aux animaux découpés ! La vie des animaux sacrifiés était la garantie de la vie qui s’engageait dans le pacte.

Ce qui est étonnant ici, c’est que Dieu accepte de se soumettre à ce rite, fait pour conjurer la fidélité des humains, alors que Dieu ? lui – est fidèle et n’est pas concerné par cette garantie ! Pour assurer à Abraham qu’il ira jusqu’au bout de sa promesse d’une descendance alliée à lui, quoiqu’il arrive, Dieu accepte de passer entre les morceaux (sous la forme du feu). C’est comme s’il disait à Abraham qu’il s’engage sur sa vie, lui l’Immortel !

 

D’où une première piste de méditation : lorsque Dieu s’engage, il le fait « à la vie à la mort ». Cet engagement de Dieu culmine en Jésus-Christ transfiguré : il va signer l’Alliance de son sang.

 

2. L’annonce des exils et de la délivrance

L'alliance entre les morceaux dans Communauté spirituelle UJUj1253683La promesse de Dieu de s’allier à la descendance d’Abraham s’accompagne d’une mauvaise nouvelle (si difficile à entendre que la liturgie catholique l’a enlevée de la première lecture, hélas !) : « et sache que ta descendance séjournera dans une terre étrangère, où elle sera asservie et opprimée » (Genèse 15,13).

D’où « l’angoisse, sombre et intense, qui tomba » sur Abraham à cette annonce.

Et les animaux pourraient symboliser les exils successifs du peuple juif dans l’histoire.

De l’esclavage en Égypte à la catastrophe de la Shoah, l’alliance entre Dieu et les juifs est mise à rude épreuve, et semble bien souvent contredite, voire anéantie. Mais pourtant Dieu reste fidèle (cf. 1.), et à travers chaque exode, chaque exil, il forme son peuple à attendre de lui la délivrance absolue, celle qu’apportera le Messie.

Lorsque Abraham écarte les rapaces qui descendaient sur les morceaux, c’est comme s’il protégeait le peuple en l’obligeant à attendre jusqu’au soir le passage de Dieu au milieu des morceaux d’animaux. Le texte dit même qu’il agite des « foulards » pour écarter les rapaces ; or le mot foulards (soudarim en hébreu) vient du mot seder , qui signifie l’ordre rituel à respecter (lors d’une fête par exemple) : il faut donc respecter le temps de Dieu qui n’est pas le temps des hommes…

 

D’où une deuxième piste de méditation : Dieu restera fidèle à son alliance, quelque soit les exils et les épreuves qui marqueront notre histoire, personnelle et collective?

Compter sur Dieu permet ainsi de traverser et de transformer les exodes, les exils, et même la Shoah en attente active de sa délivrance qui ne peut venir que de lui.

La transfiguration du Christ est ainsi la promesse de fidélité divine qui lui est donnée pour traverser sa passion qui approche.

 

3. L’alliance est la raison ultime de la création

wXRp1896993 Abraham dans Communauté spirituelleÀ ce moment, une « torpeur mystérieuse » s’empare d’Abraham… On ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec la première « torpeur mystérieuse », celle d’Adam, premier être humain, de qui va sortir une relation d’alliance entre Isch et Ischa, entre le masculin et le féminin (Gn 2,21). L’alliance entre Dieu et Abraham est de la même essence que l’alliance entre l’homme et la femme.

 

Mieux encore : c’est pour cette alliance que le monde a été créé !

Prenez en effet le mot hébreu que nous avons traduit par « genèse », « commencement ».

bereschit alliance

C’est le premier mot de la Bible : Bereshit. Eh bien, les cabalistes ont depuis longtemps repéré que, si vous coupez le mot hébreu Bereshit en trois morceaux égaux (Ber ? esh ? it), le début et la fin forment le mot Berit = l’alliance, et au centre il vous reste le mot Esh = le feu en hébreu ! Ainsi, lorsque le feu passe au milieu de l’alliance, la genèse du monde s’accomplit. La création a pour but cette alliance, qui est présente dès l’origine du monde dans la pensée même de Dieu !

 

On peut relire l’Évangile de la Transfiguration comme l’accomplissement de cette alliance. Pierre et ses compagnons sont accablés de sommeil, comme Adam et comme Abraham. Jésus est lui-même d’une blancheur éclatante, comme une nuée lumineuse. Il passe entre Moïse et Élie d’un côté, et Pierre ses compagnons de l’autre : c’est une nouvelle « alliance entre les morceaux » qui va conduire Israël et l’Église jusqu’à leur délivrance totale, la délivrance pascale.

 

4. Couper une alliance

En hébreu, on ne dit pas « conclure » une alliance, mais « couper » une alliance (Bereshit, B.R.H = trancher, couper, faire un choix).

C’est parce que l’alliance suppose deux partenaires distincts : tant qu’un morceau d’Adam ne lui a pas été enlevé, il ne peut pas vivre d’alliance. Abraham coupe les carcasses d’animaux pour symboliser cette radicale différence entre Dieu et l’homme, les deux partenaires de l’alliance.

D’ailleurs, l’autre rite qui va marquer l’alliance entre Dieu et son peuple est lui aussi un rite de coupure, de séparation : c’est la circoncision (circoncision = Brit mila, les mêmes lettres que Bérit / alliance, c’est le même mot!). Ce rite symbolise la différence fondamentale entre l’homme et la femme (on coupe le prépuce, partie formellement féminine du sexe masculin, pour bien distinguer masculin et féminin) pour renvoyer à la différence fondamentale entre Dieu et l’homme, dont le respect permet de vivre une relation d’alliance entre les deux.

Pas d’alliance sans acceptation de la différence !

Pas de relation d’alliance sans acceptation d’une certaine perte, d’une coupure, d’une séparation (ce que les juifs vont expérimenter dans la douleur à travers leurs exils successifs).

Les animaux coupés en deux pourraient en ce sens représenter les sacrifices nécessaires à l’alliance, sacrifices d’animaux lors du temple de Jérusalem, sacrifices spirituels ensuite…

 

Impossible de tout dire !

 

Que cette alliance entre les morceaux nous aide à revisiter cette semaine les alliances qui sont – ou qui devraient être- les nôtres : sont-elles à l’image de cette Alliance fondatrice ?


1ère lecture : L’Alliance entre les morceaux (Gn 15, 5-12.17-18a)

 

Lecture du livre de la Genèse

Le Seigneur parlait à Abraham dans une visiosn. Puis il le fit sortir et lui dit : « Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux… » Et il déclara : « Vois quelle descendance tu auras ! »
Abram eut foi dans le Seigneur et le Seigneur estima qu’il était juste.
Puis il dit : « Je suis le Seigneur, qui t’ai fait sortir d’Our en Chaldée pour te mettre en possession de ce pays. »
Abram répondit : « Seigneur mon Dieu, comment vais-je savoir que j’en ai la possession ? »
Le Seigneur lui dit : « Prends-moi une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune colombe. »
Abram prit tous ces animaux, les partagea en deux, et plaça chaque moitié en face de l’autre ; mais il ne partagea pas les oiseaux.
Comme les rapaces descendaient sur les morceaux, Abram les écarta.
Au coucher du soleil, un sommeil mystérieux s’empara d’Abram, une sombre et profonde frayeur le saisit.
Le Seigneur parlait à Abraham dans une vision. Puis il le fit sortir et lui dit : « Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux… » Et il déclara : « Vois quelle descendance tu auras ! »
Après le coucher du soleil, il y eut des ténèbres épaisses. Alors un brasier fumant et une torche enflammée passèrent entre les quartiers d’animaux.
Ce jour-là, le Seigneur conclut une Alliance avec Abram en ces termes :« A ta descendance je donne le pays que voici. »


Ecoutez le commentaire d’Emeric Deutsch ici:
http://www.akadem.org/sommaire/series/module_2796.php

 

Psaume : Ps 26, 1, 7-8, 9abcd, 13-14

R/ Le Seigneur est ma lumière et mon salut

Le Seigneur est ma lumière et mon salut,
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie,
devant qui tremblerais-je ?

Écoute, Seigneur, je t’appelle !
Pitié ! Réponds-moi !
Mon coeur m’a redit ta parole :
« Cherchez ma face. »

C’est ta face, Seigneur, que je cherche :
ne me cache pas ta face.
N’écarte pas ton serviteur avec colère,
tu restes mon secours.

J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur
sur la terre des vivants.
« Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ;
espère le Seigneur. »

 

2ème lecture : Le Christ nous transfigurera (brève : 3, 20 – 4, 1) (Ph 3, 17-21; 4, 1)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens

Frères, prenez-moi tous pour modèle, et regardez bien ceux qui vivent selon l’exemple que nous vous donnons.
Car je vous l’ai souvent dit, et maintenant je le redis en pleurant : beaucoup de gens vivent en ennemis de la croix du Christ.
Ils vont tous à leur perte. Leur dieu, c’est leur ventre, et ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte ; ils ne tendent que vers les choses de la terre.
Mais nous, nous sommes citoyens des cieux ; c’est à ce titre que nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus Christ,
lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux, avec la puissance qui le rend capable aussi de tout dominer.

 

Evangile : La Transfiguration (Lc 9, 28-36)

 

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc

Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il alla sur la montagne pour prier. Pendant qu’il priait, son visage apparut tout autre, ses vêtements devinrent d’une blancheur éclatante.
Et deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie,
apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait se réaliser à Jérusalem.
Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, se réveillant, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés.
Ces derniers s’en allaient, quand Pierre dit à Jésus : « Maître, il est heureux que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il ne savait pas ce qu’il disait.
Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent.
Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi, écoutez-le. »
Quand la voix eut retenti, on ne vit plus que Jésus seul.Les disciples gardèrent le silence et, de ce qu’ils avaient vu, ils ne dirent rien à personne à ce moment-là.
Patrick BRAUD 

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23 janvier 2010

L’événement sera notre maître intérieur

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

« L’événement sera notre maître intérieur »

 

Homélie du  3° Dimanche du temps ordinaire / Année C

24/01/10

 L'événement sera notre maître intérieur dans Communauté spirituelle 9782130521068

« L’événement sera notre maître intérieur »*


Cette phrase d’Emmanuel Mounier, philosophe et artisan du personnalisme communautaire, est devenue célèbre parce qu’elle cristallise une ligne spirituelle très pertinente pour l’homme d’action.

C’est l’événement qui appelle, et d’une certaine façon qui fait la personne humaine. C’est en répondant aux imprévus de la vie, à ce qui arrive d’ailleurs, que peu à peu je me constitue comme personne engagée dans l’histoire.

Cette philosophie de l’événement – qui appelle un engagement – est cohérente avec notre évangile d’aujourd’hui. Plus encore, elle est cohérente avec la rédaction même des quatre évangiles que nous décrit saint Luc au début du sien.


 
DE JÉSUS À THÉOPHILE : LE QUADRIPTYQUE

Relisez sa déclaration inaugurale (Lc 1,1), plus importante qu’il n’y paraît.

On y distingue quatre moments successifs, de Jésus à Théophile, qui forment le quadriptyque suivant :

 

 

Quadriptyque

 

C’est donc que les événements autour de la personne de Jésus ont suivi ce cheminement de pensée, de parole, d’écriture, avant de pouvoir émouvoir le lecteur en bout de chaîne.

 

On le voit facilement : il n’y a pas d’événements bruts ou « objectifs ».

Il y a d’abord ce qui vient d’ailleurs : le mot événement (« ex-venire » en latin = venir d’ailleurs) suggère d’ailleurs une certaine transcendance, une altérité radicale, imprévue, imprévisible, non maîtrisable.

Il y a ensuite des témoins, et il en faut plusieurs parce qu’un seul ne peut tout dire, et parce que l’événement échappe toujours à ses interprétations ultérieures.

Ces témoins ruminent ce qui s’est passé (à l’image de Marie, « qui conservait toutes ces choses en son coeur »), et à partir de cette méditation inspirée « composent un récit ».

Ce récit circule par oral dans les communautés chrétiennes, et ces communautés en retour modifient, peaufinent, affinent le récit.

Vient alors à un rédacteur (ici Luc) qui, lui aussi « inspiré » par une force d’écriture et de discernement, va mettre des mots et risquer un texte sur l’événement.

La chaîne interprétative de l’événement ne s’arrête pas là : car le lecteur (ici Théophile) a lui aussi le pouvoir de faire vivre le texte reçu, pour qu’il devienne à nouveau une parole vivante pour lui et la communauté (c’est le rôle de l’homélie par exemple !).

 

Mine de rien, avec cette petite synthèse de la méthode de rédaction de son évangile, Luc nous dit des  choses essentielles : le texte répond à des événements, l’interprétation (l’herméneutique) de ce qui s’y est arrivé étant le moteur pour témoigner de qui est Jésus de Nazareth et pour s’engager à sa suite.

 

Quand on regarde de près cette phrase inaugurale de Luc, on ne peut plus lire un texte d’évangile naïvement, comme si c’était un reportage en direct sur les paroles et gestes de Jésus (et même des reportages télévisés aujourd’hui auraient des visions très différentes les uns des autres !)

Mais surtout Luc nous rappelle qu’à la base de tout, il y a des événements, incontournables, inépuisables, irréversibles.

Ce n’est qu’à l’écoute des événements de notre histoire que nous deviendrons nous-mêmes.

 

À L’ÉCOUTE DES ÉVÉNEMENTS

 

Il y a de l’inattendu et des surprises dans l’histoire biblique.
Telle bataille tourne au désastre ou au contraire au triomphe.
Quand le peuple se détourne de Dieu, le surgissement d’un prophète peut changer la pratique collective, mais peut également se heurter à la dureté de coeur du peuple.
Cyrus Même en Exil où apparemment tout est perdu, il suffit d’un roi nouveau pour que tout redevienne possible: donner à Cyrus le titre de Messie (Is 45,1) est cette reconnaissance de l’action divine à travers l’événement inattendu de son décret de retour en Israël.

Bataille, prophète, nouveau roi perse…: les textes bibliques scrutent les bifurcations de l’histoire pour y discerner l’inattendu de Dieu.

Le discernement historique est alors une école d’interprétation, où les événements en tant qu’énigmes, surgissements de non-maîtrisable et créations de possibles imprévus, sont nos maîtres, selon la formule d’Emmanuel Mounier: « l’événement sera notre maître intérieur ».

 

Jésus-Christ est en personne l’événement par excellence, l’action par laquelle Dieu met fin à l’ancien monde. Il ne l’est pas en tant que fait établi du passé. Il l’est en tant qu’événement présent, en tant qu’il s’adresse à chacun ici et maintenant dans la lecture ou la prédication. À la lecture ou l’audition de l’évangile, Dieu entre en relation avec l’homme, l’éternel pénètre dans le temporel, le transcendant se manifeste au sein de l’immanent. C’est l’instant présent de cette rencontre qui change tout et fait tout basculer. Dans l’accueil de la Parole du Christ se joue maintenant l’événement du salut.
« Cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. »

 

Finalement qu’est-ce qu’un événement ?
 

Cone temporel


C’est ce qui introduit une brisure de symétrie fondamentale entre passé et futur : une modification dont on repère après coup l’importance (ou au contraire l’insignifiance) en ce qu’elle aura provoqué ou permis une évolution vers un état ultérieur qui n’était pas strictement prédictible auparavant (de façon nécessaire et univoque).

De tels événements n’ont lieu qu’une fois, et cessent d’exister une fois réalisés, au sens où ils ne réapparaîtront jamais identiques à eux-mêmes. En ce sens, ils sont irréversibles, contrairement à beaucoup d’autres choses que nous faisons et répétons.

Notre vie est remplie de tels événements, qui se présentent à nous, venus d’ailleurs, comme des bifurcations possibles.

 

L'événement sera notre maître intérieurCe peut être une crise financière, un divorce aussi bien qu’une naissance, une rencontre fortuite comme une jambe cassée?

Suite à une jambe cassée qui lui donne le temps de lire, Ignace de Loyola devient le fondateur des jésuites au lieu d’un noble chevalier.

Suite à un éblouissement sur le chemin de Damas, Saul deviendra Paul au lieu du persécuteur.

Suite à une rencontre avec deux personnes handicapées mentales en hôpital psychiatrique, Jean Vanier est embarqué dans l’aventure de l’Arche au lieu de couler une paisible retraite d’officier de marine?

 

À nous de déchiffrer « ce qui nous arrive », heureux ou douloureux, comme autant d’événements, c’est-à-dire d’appels à nous engager avec le Christ pour devenir nous-mêmes, et écrire notre propre histoire à la manière de Luc.

 

« L’événement sera notre maître intérieur » : que Luc nous serve de grand frère pour – nous aussi –  donner un sens aux événements qui nous tombent dessus, et pour nous engager dans les bifurcations qu’ils dessinent…

 

* Lettre d’Emmanuel Mounier en septembre 1949 à Jean-Marie Domenach (directeur de la revue Esprit)
 

1ère lecture : Le peuple de Dieu redécouvre la Parole (Ne 8, 1-4a.5-6.8-10)

Lecture du livre de Néhémie

Quand arriva la fête du septième mois, tout le peuple se rassembla comme un seul homme sur la place située devant la Porte des eaux. On demanda au scribe Esdras d’apporter le livre de la loi de Moïse, que le Seigneur avait donnée à Israël.
Alors le prêtre Esdras apporta la Loi en présence de l’assemblée, composée des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre. C’était le premier jour du septième mois.
Esdras, tourné vers la place de la Porte des eaux, fit la lecture dans le livre, depuis le lever du jour jusqu’à midi, en présence des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre : tout le peuple écoutait la lecture de la Loi.
Le scribe Esdras se tenait sur une tribune de bois, construite tout exprès.
Esdras ouvrit le livre ; tout le peuple le voyait, car il dominait l’assemblée. Quand il ouvrit le livre, tout le monde se mit debout.
Alors Esdras bénit le Seigneur, le Dieu très grand, et tout le peuple, levant les mains, répondit : « Amen ! Amen ! » Puis ils s’inclinèrent et se prosternèrent devant le Seigneur, le visage contre terre.
Esdras lisait un passage dans le livre de la loi de Dieu, puis les lévites traduisaient, donnaient le sens, et l’on pouvait comprendre.
Néhémie le gouverneur, Esdras qui était prêtre et scribe, et les lévites qui donnaient les explications, dirent à tout le peuple : « Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu ! Ne prenez pas le deuil, ne pleurez pas ! » Car ils pleuraient tous en entendant les paroles de la Loi.
Esdras leur dit encore : « Allez, mangez des viandes savoureuses, buvez des boissons aromatisées, et envoyez une part à celui qui n’a rien de prêt. Car ce jour est consacré à notre Dieu ! Ne vous affligez pas : la joie du Seigneur est votre rempart ! »

Psaume : Ps 18, 8, 9, 10, 15
R/ La joie du Seigneur est notre rempart

La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le coeur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

La crainte qu’il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables.

Accueille les paroles de ma bouche,
le murmure de mon coeur ;
qu’ils parviennent devant toi,
Seigneur, mon rocher, mon défenseur !

2ème lecture : Diversité des membres dans l’unité du corps du Christ (1Co 12, 12-30)

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre au Corinthiens

Frères,
Prenons une comparaison : notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ.
Tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés dans l’unique Esprit pour former un seul corps. Tous nous avons été désaltérés par l’unique Esprit.
Le corps humain se compose de plusieurs membres, et non pas d’un seul.
[ Le pied aura beau dire : « Je ne suis pas la main, donc je ne fais pas partie du corps », il fait toujours partie du corps.
L’oreille aura beau dire : « Je ne suis pas l’oeil, donc je ne fais pas partie du corps », elle fait toujours partie du corps.
Si, dans le corps, il n’y avait que les yeux, comment pourrait-on entendre ? S’il n’y avait que les oreilles, comment pourrait-on sentir les odeurs ?
Mais, dans le corps, Dieu a disposé les différents membres comme il l’a voulu.
S’il n’y en avait qu’un seul, comment cela ferait-il un corps ?
Il y a donc à la fois plusieurs membres, et un seul corps.
L’oeil ne peut pas dire à la main : « Je n’ai pas besoin de toi » ; la tête ne peut pas dire aux pieds : « Je n’ai pas besoin de vous ».
Bien plus, les parties du corps qui paraissent les plus délicates sont indispensables.
Et celles qui passent pour moins respectables, c’est elles que nous traitons avec plus de respect ; celles qui sont moins décentes, nous les traitons plus décemment ;
pour celles qui sont décentes, ce n’est pas nécessaire. Dieu a organisé le corps de telle façon qu’on porte plus de respect à ce qui en est le plus dépourvu :
il a voulu qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les différents membres aient tous le souci les uns des autres.
Si un membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie. ]
Or, vous êtes le corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes les membres de ce corps.
[ Parmi ceux que Dieu a placés ainsi dans l’Église, il y a premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement ceux qui sont chargés d’enseigner, puis ceux qui font des miracles, ceux qui ont le don de guérir, ceux qui ont la charge d’assister leurs frères ou de les guider, ceux qui disent des paroles mystérieuses.
Tout le monde évidemment n’est pas apôtre, tout le monde n’est pas prophète, ni chargé d’enseigner ; tout le monde n’a pas à faire des miracles,
à guérir, à dire des paroles mystérieuses, ou à les interpréter. ]

Evangile : Prologue de Saint Luc – « Aujourd’hui, s’accomplit la Parole »
(Lc 1, 1-4; 4, 14-21)

Commencement de l’Evangile de Jésus Christ selon saint Luc

Plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous,
tels que nous les ont transmis ceux qui, dès le début, furent les témoins oculaires et sont devenus les serviteurs de la Parole.
C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après m’être informé soigneusement de tout depuis les origines, d’en écrire pour toi, cher Théophile, un exposé suivi,
afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as reçus.

Lorsque Jésus, avec la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région.

Il enseignait dans les synagogues des Juifs, et tout le monde faisait son éloge.
Il vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l’habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture.
On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :
L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération,
annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.
Alors il se mit à leur dire : « Cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. »
Patrick BRAUD
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