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4 juillet 2014

C’est dans la fournaise qu’on voit l’humble

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

C’est dans la fournaise qu’on voit l’humble

Homélie du XIV° dimanche / Année A
06/07/2014

Le mendiant de Tauler

C'est dans la fournaise qu'on voit l'humble dans Communauté spirituelle mendianIl y avait un célèbre théologien qui demandait à Dieu depuis huit ans, par des prières continuelles, qu’il lui montrât un homme capable de lui enseigner la voie de la vérité. Un jour que ce désir était plus vif en lui que de coutume, il entendit une voix du ciel qui lui dit : « Sors, et va à la porte de l’église, tu y trouveras l’homme que tu cherches. » Étant sorti, il rencontra un mendiant dont les pieds étaient tout salis par la boue, et dont les habits ne valaient pas trois oboles. Il le salua en ces termes :

 - Bonjour, mon ami.
 - Le mendiant : Je ne me souviens pas d’avoir eu un seul jour mauvais dans ma vie.
 - Le docteur : Que Dieu te donne la prospérité.
 - Le mendiant : Je ne sais ce que c’est que l’adversité.
 - Le docteur : Eh bien ! que Dieu te rende heureux.
 - Le mendiant : Je n’ai jamais été malheureux.
- Le docteur : Eh bien ! que Dieu te sauve : parle plus clairement, je ne comprends pas ce que tu dis.
- Le mendiant : Volontiers.
Vous m’avez souhaité le bonjour, et je vous ai répondu que je n’en ai jamais eu de mauvais. En effet, quand j’ai faim, je loue Dieu ; si j’ai froid, s’il fait de la grêle, de la neige ou de la pluie ; que l’air soit pur ou troublé, je loue Dieu ; si je suis malheureux ou méprisé, je le loue également, et c’est pour cela que n’ai jamais vu de mauvais jours.

Vous m’avez souhaité la prospérité, et je vous ai répondu que je n’avais jamais connu l’adversité ; car je sais vivre avec Dieu, et je suis certain que tout ce qu’il fait ne peut être que très bon. Aussi tout ce qui m’est arrivé d’agréable ou de contraire, de doux ou d’amer, je l’ai reçu de lui comme étant très bon pour moi. Je n’ai donc jamais été dans l’adversité.

Vous m’avez souhaité le bonheur, et je vous ai répondu que je n’avais jamais été malheureux ; car j’ai résolu de ne m’attacher qu’à la volonté divine, de sorte que je veux tout ce que Dieu veut.

- Le docteur : Mais que dirais-tu si Dieu voulait te précipiter en enfer ?
- Le mendiant : Me précipiter en enfer ? S’il le faisait, je l’embrasserais de mes deux bras. Avec le bras de l’humilité j’embrasserais son humanité sacrée, et sa divinité avec le bras de la charité, et je le forcerais à descendre avec moi en enfer. Or l’enfer avec lui me serait plus agréable que le ciel sans lui.

Le docteur comprit par là que la résignation, jointe à une humilité profonde, est la voie la plus courte pour aller à Dieu.

Jean Tauler (1300-1361)

Consentir au réel

Selon Tauler, la véritable humilité est donc de consentir au réel. Non pas sous la forme une quelconque résignation (mektoub !), ni d’une soumission fataliste à la soi-disant volonté de Dieu. Mais bien plutôt sous la forme d’une joyeuse acceptation de l’évènement = ce qui vient d’ailleurs, ce qui advient. Notre mendiant imite saint Paul, qui sait être à l’aise aussi bien dans l’indigence que dans l’abondance.

Au lieu de se plaindre de ce qui est, il accueille la tonalité du jour comme ce qui va lui permettre d’être lui-même. Cette humilité colle au réel, comme les pieds du paysan collent à l’humus (=> humilité), au terreau de son champ.

 

humus-550 fournaise dans Communauté spirituelle

Est humble selon Tauler celui qui ne vit pas ailleurs que dans sa propre existence, et qui accueille ce qui est (la maladie ou la santé, l’argent ou la pauvreté), dans une égalité intérieure qui lui permet d’en tirer profit.

La sagesse des psaumes le sait depuis longtemps : « je ne poursuis ni grand dessein ni merveilles qui me dépasse. Non mais je tiens mon âme égale silencieuse au fond de moi, comme un petit enfant tout contre sa mère ».

 

Cela ressemble à la sainte indifférence ignatienne :

« L’homme est créé pour louer, respecter et servir Dieu notre Seigneur et par là sauver son âme, et les autres choses sur la face de la terre sont créées pour l’homme, et pour l’aider dans la poursuite de la fin pour laquelle il est créé.

D’où il suit que l’homme doit user de ces choses dans la mesure où elles l’aident pour sa fin et qu’il doit s’en dégager dans la mesure où elles sont, pour lui, un obstacle à cette fin

Pour cela il est nécessaire de nous rendre indifférents à toutes les choses créées, en tout ce qui est laissé à la liberté de notre libre-arbitre et qui ne lui est pas défendu ;

de telle manière que nous ne voulions pas, pour notre part, davantage la santé que la maladie, la richesse que la pauvreté, l’honneur que le déshonneur, une vie longue qu’une vie courte et ainsi de suite pour tout le reste, mais que nous désirions et choisissions uniquement ce qui nous conduit davantage à la fin pour laquelle nous sommes créés. »

Principe et Fondement, Ignace de Loyola, 1491-1156

 

Cela ressemble encore à la sagesse de Salomon : « je ne cherche pas tant la richesse ou la santé ou la réussite ou la victoire, mais la sagesse qui vient de toi », dit en  substance Salomon dans sa prière (cf. 1R 8, 5-15).

Consentir au réel, accueillir ce qui vient, savourer ce que chaque moment possède en lui-même, libre de toute comparaison, envie ou jalousie : l’humilité est un chemin de sagesse pour jouir de ce qui est, simplement.

 

Moïse, le plus humble

Après Jésus, la Bible nous dit que l’homme le plus humble que la terre ait porté est Moïse (Nb 12,3). Pourquoi ? Justement parce qu’il a su consentir au réel et ainsi le transformer.

d01 humilitéIl a commencé par se révolter de sa propre initiative devant l’esclavage de ses frères hébreux. Cela l’a conduit au meurtre, et à une fuite stérile. Puis il a accepté que Dieu lui-même vienne le chercher au buisson ardent, à sa manière. Et lui n’aurait pas agi ainsi ; lui n’aurait pas fait errer son peuple 40 ans au désert. Mais parce qu’il était humble, Moïse se laissait faire par un plus grand que lui. Il avait une conscience aiguë de qui il était vraiment, c’est pourquoi il ne revendiquait pas d’être un autre.

Un exemple frappant de l’humilité de Moïse est son réalisme face à son handicap. Il est bègue, et ne pas savoir parler en public est un sacré handicap pour un leader politique ! Le film « Le discours d’un roi » montre à quel point le roi d’Angleterre George VI a dû travailler cette faiblesse pour remplir son rôle. Eh bien : Moïse sait qu’il a ce handicap, et il a l’humilité de le reconnaître devant Dieu et devant les autres. Du coup, il demande à Dieu un porte-parole, une voix à ses côtés capable de nourrir le peuple, ce qu’il ne peut pas faire. Ce sera Aaron, fidèle compagnon d’exode, qui par sa seule présence rappellera à Moïse qu’il n’est pas tout-puissant, qu’il a besoin de l’autre (cf. Ex 4, 10-17).

 

 

C’est dans la fournaise qu’on voit l’humble

Quand Jésus déclare qu’il est humble de coeur, nul doute qu’il épouse ce consentement au réel, cet acquiescement au désir de son Père qu’il déchiffre à travers les événements de sa vie. Le sommet de cette humilité est peut-être l’agonie de Gethsémani : la croix se profile, et Jésus ne le voulait pas ainsi. Il se bat contre le désir d’indépendance qui fait partie de la nature humaine, et il sort épuisé de ce combat : « non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ». L’humble est celui qui, à l’image du Christ, finit par compter sur Dieu avant soi-même, surtout dans l’épreuve où la tentation de ne compter que sur soi est terrible.

3HebreuxF kénoseL’expression humble de coeur n’est employée qu’une seule fois dans le Nouveau Testament, ici en Mt 11, 25-30, et une seule fois également dans l’Ancien Testament, en Dn 3,87. Il s’agit de l’épisode célèbre de trois enfants dans la fournaise. En pleine persécution, Ananias, Azarias et Misaël préfèrent être jetés dans le feu plutôt que de renier leur foi.

Et voilà qu’au milieu de la fournaise, le roi persécuteur Darius voit ces trois enfants avec un homme qui mystérieusement va et vient librement dans cet enfer.

Et voilà que la puissance de la louange de ces trois enfants plongés dans l’épreuve va les libérer de la mort et convertir le tyran, impressionné par leur résilience en quelque sorte.

Le cantique des trois enfants (Dn 3) que nous chantons chaque dimanche matin à l’Office des laudes proclame la fécondité de cette humilité : compter sur Dieu, et non sur ses propres forces, surtout au coeur de la fournaise. « Et vous les humbles de coeur, bénissez le Seigneur ! »

41xIDdc7upL leaderVoilà sans doute pourquoi Jésus emploie cette expression unique (c’est un hapax = usage unique, disent les spécialistes) de l’Ancien Testament : humble de coeur. Jésus s’identifie à Ananias, Azarias et Misaël pour déchiffrer la fournaise de la Passion qui approche. Au plus fort de l’épreuve, la tentation serait de se replier sur soi : « il en a sauvé d’autres, qu’il se sauve lui-même ! » raillent les cyniques par trois fois au pied de la croix, comme en écho aux trois tentations au désert.

Parce qu’il est humble, Jésus refuse d’être indépendant.

Parce qu’il est humble de coeur, il accepte de plonger dans l’horreur du procès et de la croix, en comptant sur son Père.

 

Plus humble de coeur encore qu’Ananias, Azarias et Misaël, Jésus ne verra pas d’homme libre habiter sa fournaise. Il s’exposera pourtant à l’horrible sentiment de solitude qui va déchirer son coeur : « mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Il ne comprend pas pourquoi Dieu le conduit ici et de cette manière, mais ils crie vers lui, jusqu’à l’extrême, son désir d’être fils, de se recevoir de lui quoi qu’il arrive.

 

De même que l’expression pauvre en esprit évite de réduire la pauvreté à son aspect matériel, humble de coeur permet de dessiner une humilité plus profonde que la seule perception commune. C’est bien au livre de Daniel que Jésus pense lorsqu’il parle de lui comme humble de coeur. C’est ce qui va lui permettre d’être broyé mais pas anéanti par la croix.

 

Dieu élève les humbles

Car la promesse faite aux humbles est bien celle que chante Marie dans son Magnificat : « il élève les humbles ! »

En cela, Marie est la fille des psaumes qui ne cessent de cantiller ce salut jour et nuit offert à ceux qui comptent sur Dieu plus que sur eux-mêmes (Ps 10,17 ; 18,28 ; 29,23 ; 37,11 ; 69,33 ; 76,10 ; 138,6 ; 147,6 ; 149,4).

Elle est également la fille des prophètes qui annonçaient que cette résilience des pauvres, des petits, serait plus efficace que la domination des orgueilleux (Job 34,28 ; Judith 9,11 ; 16,11 ; 2Samuel 22,28 Esther 1,10 1Macchabées 14,14 Sophonie 3,12…).

Alors, quel chemin avons-nous à parcourir pour devenir davantage un humble de coeur, uni au Christ ?

Relisez les différentes fournaises qui ont jalonné votre histoire : comment les avez-vous traversées ? Vous ont-elles appris à compter sur un autre que vous-même ? À consentir au réel ? À devenir plus interdépendant (et non indépendant) ?

Relisez l’histoire du mendiant de Tauler : pouvez-vous dire vous aussi que vous voulez tout ce que Dieu veut ?

 

 1ère lecture : Le Messie qui vient est un roi humble (Za 9, 9-10)

Lecture du livre de Zacharie

Exulte de toutes tes forces, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! Voici ton roi qui vient vers toi : il est juste et victorieux, humble et monté sur un âne, un âne tout jeune.

Ce roi fera disparaître d’Éphraïm les chars de guerre, et de Jérusalem les chevaux de combat ; il brisera l’arc de guerre, et il proclamera la paix aux nations. Sa domination s’étendra d’une mer à l’autre, et de l’Euphrate à l’autre bout du pays.

 

Psaume : Ps 144, 1-2, 8-9, 10-11, 13cd-14

R/ Béni sois-tu à jamais, Seigneur, Dieu de l’univers !

Je t’exalterai, mon Dieu, mon Roi ;
je bénirai ton nom toujours et à jamais !
Chaque jour je te bénirai,
je louerai ton nom toujours et à jamais.

Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d’amour,
la bonté du Seigneur est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses oeuvres.

Que tes ?uvres, Seigneur, te rendent grâce
et que tes fidèles te bénissent !
Ils diront la gloire de ton règne,
ils parleront de tes exploits.

Le Seigneur est vrai en tout ce qu’il dit,
fidèle en tout ce qu’il fait.
Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent,
il redresse tous les accablés.

 

2ème lecture : L’Esprit du Christ est en nous, et il nous ressuscitera (Rm 8, 9.11-13)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères,
vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair, mais sous l’emprise de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas.
Mais si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.
Ainsi donc, frères, nous avons une dette, mais ce n’est pas envers la chair : nous n’avons pas à vivre sous l’emprise de la chair.
Car si vous vivez sous l’emprise de la chair, vous devez mourir ; mais si, par l’Esprit, vous tuez les désordres de l’homme pécheur, vous vivrez.

Evangile : « Je suis doux et humble de c?ur » (Mt 11, 25-30)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Tu es béni, Dieu notre Père, Seigneur de l’univers, toi qui révèles aux petits les mystères du Royaume !Alléluia. (cf. Mt 11, 25)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.
Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bonté.
Tout m’a été confié par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.

Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos.
Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de c?ur, et vous trouverez le repos.
Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »
Patrick BRAUD

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11 avril 2014

Les multiples interprétations symboliques du dimanche des rameaux

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Les multiples interprétations symboliques du dimanche des rameaux

Homélie du Dimanche des Rameaux
13/04/2014

Dans bien des régions de France, ce dimanche des rameaux est le plus fréquenté de toute l’année, davantage que Pâques, davantage encore que Noël. À tel point qu’on est obligé de rajouter des offices, et de laisser à la porte des églises ouvertes ensuite des brassées de buis béni pour les retardataires, les timides, ou les oublieux qui veulent quand même renouveler leur rameaux secs et jaunis accroché à leurs crucifix.

 

1. Un signe sensible

Les multiples interprétations symboliques du dimanche des rameaux dans Communauté spirituelle rameauxC’est là tout particulièrement le génie du catholicisme : savoir parler à tous dans un langage simple, accessible, charnel. Et quoi de plus concret que le langage des signes sensibles, comme un rameau béni rapporté à la maison ? Point n’est besoin d’être docteur en théologie, ni même grand pratiquant, pour saisir d’instinct ce que cette branche d’arbuste signifie. Pas même besoin de mots : la tradition orale a suffisamment imprégné pendant des siècles cet objet et les gestes qui l’accompagnent pour que l’enfant, le SDF ou la vieille femme qui viendraient le ramasser furtivement – comme à la dérobée - après la messe sachent qu’il y a là une question de vie et de mort.

 

Pas de catholicisme sans des gestes et des objets aussi populaires que les rameaux, aussi simples que ces feuilles de buis béni, aussi accessible que ces branches coupées pour que la vie ne le soit pas.

 

2. Une espérance invincible

Que fait-on de ces rameaux en effet ? On les glisse entre les bras du crucifix sur la croix familiale, on les coince entre le crucifix et le mur pour qu’ils dépassent fièrement en hauteur, on s’arrange pour que leur vert absolu tranche sur le gris ou l’or de la croix si triste…

À lui seul, un rameau béni témoigne que l’arbre de la croix portera du fruit, quoi qu’il arrive.

À lui seul, un bout de branchages de buis proclame la résurrection promise à chacun.

À elle seule, une palme fièrement dressée au-dessus de la tête du crucifié annonce à la fois la consolation, la transfiguration, l’oasis à travers la mort.

D’ailleurs, quand l’un des nôtres nous a quitté, naviguant on ne sait comment vers une autre rive on ne sait où, il est de coutume d’aller décrocher ce rameau ramené comme un butin du dimanche avant Pâques. On dispose une table en face du corps du défunt, avec une soucoupe d’eau et le rameau à côté. Les visiteurs qui viennent se recueillir devant l’enveloppe charnelle peuvent alors la bénir avec cet humble feuillage. En traçant cet itinéraire cruciforme perlé de gouttes d’eau sur le corps, ils rendent hommage à ce que le défunt a été pour eux, ils rappellent à Dieu – sans le savoir – sa promesse de ne pas laisser ses amis aussi éloignés de lui que la mort peut le faire.

Il n’est donc une nulle épreuve que l’espérance pascale ne puisse illuminer : les rameaux témoignent de cette espérance invincible, avec simplicité.

 

3. Entre vert et sec : le rappel à l’éphémère

Pourtant ces rameaux se flétrissent. Du vert resplendissant de la semaine sainte, il passe en quelques mois au jaune sec et cassant des feuilles abandonnées.

Ainsi nos espoirs humains touchent vite leurs limites.

Ainsi nos projets se dessèchent tôt ou tard.

Ainsi nos réalisations les plus belles deviennent rabougries et prêtes à tomber en poussière avec les années, à l’échelle du temps de l’univers…

Ce n’est que sagesse d’enlever alors ces tiges desséchées de nos crucifix pour aller les brûler en début de carême. On dit que les cendres du premier mercredi de carême sont faites avec celle des rameaux brûlés, réduits en poudre, et étalés sur le front des fidèles pour leur rappeler que tout passe…

Nous sommes dans des réalités avant-dernières : rien ici-bas ne peut être absolutisé au point de ne pas devoir vieillir et tomber en poussière. Ce n’est que dans la réalité dernière – celle du monde à venir après la mort – que les rameaux ne jauniront pas. D’ici là, le nécessaire renouvellement annuel de nos rameaux nous oblige à ne pas croire éternel nos espoirs ou nos réussites.

Entre arbre vert et arbre sec, ces branches qui ne durent qu’une année accrochées à nos murs nous ramènent à l’éphémère humain, nous convertissent à l’éternité seulement divine.

 

4. La fête des tentes ou la vraie présence de Dieu

Le pasteur de l’Église réformée de Versailles rappelait ainsi en 2004 le lien ente les rameaux et la fête des tentes :

« David ordonna autrefois que sa propre mule serve de monture à son fils Salomon et qu’on le fasse descendre à Guihôn pour qu’il y reçoive l’onction d’huile le consacrant ainsi roi d’Israël.

Ainsi, cette entrée de Jésus à Jérusalem, juché sur un ânon, ne rappelle pas seulement la prophétie messianique de Zacharie, mais aussi l’intronisation du roi Salomon.

« Mais Salomon allait à Guihôn », me direz-vous, « pas à Jérusalem ! ».

« Justement ! », vous répondrais-je, « on a là une coïncidence extraordinaire ! ».

Guihôn (qui veut dire ?la jaillissante? en hébreu) était une des deux sources qui alimentaient la ville de Jérusalem. Elle se situait à l’extérieur de la ville, ce qui n’était pas pratique, et parfois même dangereux, pour les habitants de Jérusalem. Après divers aménagements, c’est finalement le roi Ezéchias qui, dans les années 700 av. JC, fit creuser un canal souterrain reliant Guihôn à un bassin situé à l’intérieur des remparts : la fameuse piscine de Siloé. À l’époque de Jésus, pendant la fête des Tentes, la plus grande et la plus sainte des fêtes juives (du moins jusqu’à la destruction du temple de Jérusa­lem en l’an 70), les prêtres allaient tous les jours puiser de l’eau à cette piscine de Siloé, et ils l’emportaient en procession jusqu’au Temple pour nettoyer l’autel des holocaustes, où l’on faisait de nom­breux sacrifices pendant les sept jours que durait cette fête. Cette procession se faisait sous les cris de la foule brandissant des palmes et des rameaux de verdure. Nous y voilà !

Cette proces­sion de l’eau purificatrice, fournie par la source de Guihôn, ressemble étrangement à cette procession qui accompagne Jésus à l’entrée de Jérusalem, où il va purifier la maison de son Père en chassant les marchands du Temple. Par ailleurs, nous avons entendu tout à l’heure un extrait du psaume 118, celui qui était vraisemblablement chanté (ou plutôt « psalmodié ») pendant ces processions de la fête des Tentes, rameaux en main. Et vous y avez reconnu le « Béni soit celui qui vient, au nom du Seigneur ! » (Hosanna !) que crie la foule en accueillant Jésus (peut-être y avez-vous relevé également l’histoire de la pierre angulaire, que Jé­sus citera quelques versets plus loin).

Mais ce n’est pas tout : il y a une autre coïncidence. Vous savez sans doute que c’est Salomon (on y revient) qui fit construire le premier temple de Jérusalem. Et bien c’est justement au cours de cette ?fête des Tentes? que Salomon l’inaugura, en faisant entrer dans le temple, toujours en procession, la fameuse ?arche de l’alliance?, celle que le peuple hébreu avait transportée dans le désert, et qui contenait les fameuses ?tables de la Loi? qui scellaient l’alliance entre Dieu et son peuple. D’ailleurs, la fête des Tentes est en rapport direct avec l’Exode. En hébreu, on l’appelle la fête des Soukkôth. La souk­kah (soukkôth au pluriel) n’est pas exactement une « tente » mais plutôt une cabane ou une hutte faite de branchages. Cette fête évoque les 40 ans d’errance dans le désert du Sinaï, où les Hébreux n’avaient que des tentes ou des huttes pour se protéger du soleil. En mémoire de ce temps héroïque, les juifs vont vivre pendant une semaine dans des soukkôth qu’ils auront construit eux-mêmes aux alentours de Jérusalem. Aujourd’hui encore, cette fête symbolise le ?renouvellement de l’alliance?.


Bref, résumons ce que nous avons découvert :

- Jésus est monté sur un ânon, comme le roi Salomon lors de son intro­ni­­sation.

- Son accueil par la foule branchages à la main ressemble fort aux cérémonies de la fête des Ten­tes, considérée comme la fête du ?renouvellement? de l’alliance. Et Jésus y joue le rôle de la source ?royale? de Guihôn, qui est menée en procession jusqu’au temple pour la purification.

- C’est justement dans ce contexte de la fête des Tentes que Salomon inaugura le premier Temple de Jérusalem. »

http://erys.pagesperso-orange.fr/PREDICATION%20DU%204%20AVRIL%202004.html

Les rameaux annoncent donc la nouvelle tente que Dieu va établir : non pas une hutte de branchages faite de main d’homme, pas même un nouveau Temple de pierres à Jérusalem, mais le corps même de Jésus transfiguré à travers la mort.

Brandir nos palmes en chantant Hosanna !, c’est donc reconnaître en Christ la vraie source de vie et de purification. C’est saluer en lui le Temple vivant de la présence de Dieu. C’est désirer que nos propres corps en communiant à lui dans l’eucharistie deviennent en lui des temples vivants de cette présence pour nos frères.

 

5. Un signe de fécondité

Seneve Carême dans Communauté spirituelleLes autres usages bibliques du mot branches (kladous, en grec) utilisé ici pour désigner les rameaux nous mettent sur la voie de la fécondité.

Car ce mot branches est également utilisé par les évangélistes pour désigner le grand arbre et ses branchages finalement sortis de la minuscule graine de sénevé :

Et il disait: « Comment allons-nous comparer le Royaume de Dieu ? Ou par quelle parabole allons-nous le figurer? C’est comme un grain de sénevé qui, lorsqu’on le sème sur la terre, est la plus petite de toutes les graines qui sont sur la terre; mais une fois semé, il monte et devient la plus grande de toutes les plantes potagères, et il pousse de grandes branches, au point que les oiseaux du ciel peuvent s’abriter sous son ombre. » (Mc 4,32 ; Mt 13,13 ; Lc 13,19).

Cette disproportion entre la petite cause et les grands effets s’applique à la Passion du Christ : une injustice ordinaire (hélas !), invisible dans l’histoire de l’époque, se déroulant dans une obscure contrée toute petite, se révélera finalement le salut de toute l’humanité. Cet effet papillon de la foi se réfugie dans nos rameaux, va se cacher dans la petitesse de la branche coupée, pour resurgir à Pâques en toute majesté.

Rien ne sera perdu de nos amours les plus vrais : leur fécondité abritera même les oiseaux du ciel !

 

6. L’olivier greffé

Les seuls autres usages du mot branches de notre évangile des rameaux se retrouvent chez Paul. Et précisément 6 usages dans le chapitre 11 de la lettre aux Romains. Il s’agit du passage consacré au mystère d’Israël, toujours vivant au milieu de nous. Paul le compare à l’olivier racine, sur lequel a été greffé l’olivier sauvage des païens :

« Mais si quelques-unes des branches ont été coupées tandis que toi, sauvageon d’olivier tu as été greffé parmi elles pour bénéficier avec elles de la sève de l’olivier, ne va pas te glorifier aux dépens des branches. » (Rm 11,17-18)

Nous sommes ces païens qui, grâce à Jésus de Nazareth, ont été incorporés à l’Israël de Dieu. Cette greffe réussie, où l’Église vient accomplir la synagogue sans l’abolir, nous oblige à ne jamais oublier nos racines juives.

Brandir un rameau en chantant Hosanna ! nous enracine dans la tradition juive qui a élevé Jésus à l’âge adulte, qui lui a donné son identité, sa profondeur, et l’a ensuite offert à toutes les nations.

Cueillir des branches d’olivier pour le dimanche des rameaux a ainsi tout son sens : nous sommes cet olivier sauvage greffé sur le bois de la croix, pour devenir avec le Christ un seul peuple, une seule famille de Dieu par tout l’univers.

Pas besoin de savoir tout cela pour fêter le dimanche des rameaux de tout son coeur ! Il suffit de chanter à tue-tête (même en chantant faux), d’agiter ses branchages, et de les rapporter précieusement à la maison pour en décorer nos crucifix.

 

 

      Evangile : (Mt 21, 1-11)

Acclamation : Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Quelques jours avant la fête de la Pâque, Jésus et ses disciples, approchant de Jérusalem, arrivèrent à Bethphagé, sur les pentes du mont des Oliviers. Alors Jésus envoya deux disciples : « Allez au village qui est en face de vous ; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée et son petit avec elle. Détachez-les et amenez-les moi. Et si l’on vous dit quelque chose, vous répondrez : ‘Le Seigneur en a besoin, mais il les renverra aussitôt.’ »
Cela s’est passé pour accomplir la parole transmise par le prophète : Dites à la fille de Sion : Voici ton roi qui vient vers toi, humble, monté sur une ânesse et un petit âne, le petit d’une bête de somme. Les disciples partirent et firent ce que Jésus leur avait ordonné. Ils amenèrent l’ânesse et son petit, disposèrent sur eux leurs manteaux, et Jésus s’assit dessus. Dans la foule, la plupart étendirent leurs manteaux sur le chemin ; d’autres coupaient des branches aux arbres et en jonchaient la route. Les foules qui marchaient devant Jésus et celles qui suivaient criaient : « Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! » Comme Jésus entrait à Jérusalem, l’agitation gagna toute la ville ; on se demandait : « Qui est cet homme ? » Et les foules répondaient : « C’est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée. »

Messe de la Passion
1ère lecture : Le Serviteur de Dieu accepte ses souffrances (Is 50, 4-7)

Lecture du livre d’Isaïe

Dieu mon Seigneur m’a donné le langage d’un homme qui se laisse instruire, pour que je sache à mon tour réconforter celui qui n’en peut plus. La Parole me réveille chaque matin, chaque matin elle me réveille pour que j’écoute comme celui qui se laisse instruire.
Le Seigneur Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé.
J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas protégé mon visage des outrages et des crachats.
Le Seigneur Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu mon visage dur comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu.

Psaume : Ps 21, 8-9, 17-18a, 19-20, 22c-24a

R/ Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?

Tous ceux qui me voient me bafouent,
ils ricanent et hochent la tête :
« Il comptait sur le Seigneur : qu’il le délivre !
Qu’il le sauve, puisqu’il est son ami ! »

Oui, des chiens me cernent,
une bande de vauriens m’entoure.
Ils me percent les mains et les pieds ;
je peux compter tous mes os.

Ils partagent entre eux mes habits
et tirent au sort mon vêtement.
Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin :
ô ma force, viens vite à mon aide !

Mais tu m’as répondu !
Et je proclame ton nom devant mes frères,
je te loue en pleine assemblée.
Vous qui le craignez, louez le Seigneur.

2ème lecture : Abaissement et glorification de Jésus (Ph 2, 6-11)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens

Le Christ Jésus, lui qui était dans la condition de Dieu, il n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu ; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix.
C’est pourquoi Dieu l’a élevé au-dessus de tout ; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms, afin qu’au Nom de Jésus, aux cieux, sur terre et dans l’abîme, tout être vivant tombe à genoux, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est le Seigneur », pour la gloire de Dieu le Père.

Evangile : La Passion (brève : 27, 11-54) (Mt 26, 14-75; 27, 1-66)

Acclamation :

Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus.
Pour nous, le Christ s’est fait obéissant, jusqu’à la mort, et la mort sur une croix.
Voilà pourquoi Dieu l’a élevé souverainement et lui a donné le Nom qui est au-dessus de tout nom.
Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus.

La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Matthieu

L’un des Douze, nommé Judas Iscariote, alla trouver les chefs des prêtres
et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui proposèrent trente pièces d’argent.
Dès lors, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.

Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples vinrent dire à Jésus : « Où veux-tu que nous fassions les préparatifs de ton repas pascal ? »
Il leur dit : « Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : ‘Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.’»
Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.

Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze.
Pendant le repas, il leur déclara : « Amen, je vous le dis : l’un de vous va me livrer. »
Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, l’un après l’autre : « Serait-ce moi, Seigneur ? »
Il leur répondit : « Celui qui vient de se servir en même temps que moi, celui-là va me livrer. Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux l’homme par qui le Fils de l’homme est livré ! Il vaudrait mieux que cet homme-là ne soit pas né ! »
Judas, celui qui le livrait, prit la parole : « Rabbi, serait-ce moi ? » Jésus lui répond : « C’est toi qui l’as dit ! »

Pendant le repas, Jésus prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit et le donna à ses disciples, en disant : « Prenez, mangez : ceci est mon corps. »
Puis, prenant une coupe et rendant grâce, il la leur donna, en disant :
« Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, répandu pour la multitude en rémission des péchés. Je vous le dis : désormais je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu’au jour où je boirai un vin nouveau avec vous dans le royaume de mon Père. »

Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.
Alors Jésus leur dit : « Cette nuit, je serai pour vous tous une occasion de chute ; car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées. Mais après que je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée. »
Pierre lui dit : « Si tous viennent à tomber à cause de toi, moi, je ne tomberai jamais. »
Jésus reprit : « Amen, je te le dis : cette nuit même, avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois. »
Pierre lui dit : « Même si je dois mourir avec toi, je ne te renierai pas. » Et tous les disciples en dirent autant.

Alors Jésus parvient avec eux à un domaine appelé Gethsémani et leur dit : « Restez ici, pendant que je m’en vais là-bas pour prier. »
Il emmena Pierre, ainsi que Jacques et Jean, les deux fils de Zébédée, et il commença à ressentir tristesse et angoisse.
Il leur dit alors : « Mon âme est triste à en mourir. Demeurez ici et veillez avec moi. »
Il s’écarta un peu et tomba la face contre terre, en faisant cette prière : « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux. »
Puis il revient vers ses disciples et les trouve endormis ; il dit à Pierre : « Ainsi, vous n’avez pas eu la force de veiller une heure avec moi ? Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est ardent, mais la chair est faible. »
Il retourna prier une deuxième fois : « Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! »
Revenu près des disciples, il les trouva endormis, car leurs yeux étaient lourds de sommeil.
Il les laissa et retourna prier pour la troisième fois, répétant les mêmes paroles.
Alors il revient vers les disciples et leur dit : « Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer ! La voici toute proche, l’heure où le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs ! Levez-vous ! Allons ! Le voici tout proche, celui qui me livre. »

Jésus parlait encore, lorsque Judas, l’un des Douze, arriva, avec une grande foule armée d’épées et de bâtons, envoyée par les chefs des prêtres et les anciens du peuple.
Le traître leur avait donné un signe : « Celui que j’embrasserai, c’est lui : arrêtez-le. »
Aussitôt, s’approchant de Jésus, il lui dit : « Salut, Rabbi ! », et il l’embrassa.
Jésus lui dit : « Mon ami, fais ta besogne. » Alors ils s’avancèrent, mirent la main sur Jésus et l’arrêtèrent.
Un de ceux qui étaient avec Jésus, portant la main à son épée, la tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l’oreille.
Jésus lui dit : « Rentre ton épée, car tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée. Crois-tu que je ne puisse pas faire appel à mon Père, qui mettrait aussitôt à ma disposition plus de douze légions d’anges ? Mais alors, comment s’accompliraient les Écritures ? D’après elles, c’est ainsi que tout doit se passer. »
À ce moment-là, Jésus dit aux foules : « Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus m’arrêter avec des épées et des bâtons ? Chaque jour, j’étais assis dans le Temple où j’enseignais, et vous ne m’avez pas arrêté. Mais tout cela est arrivé pour que s’accomplissent les écrits des prophètes. » Alors les disciples l’abandonnèrent tous et s’enfuirent.

Ceux qui avaient arrêté Jésus l’amenèrent devant Caïphe, le grand prêtre, chez qui s’étaient réunis les scribes et les anciens.
Quant à Pierre, il le suivait de loin, jusqu’au palais du grand prêtre ; il entra dans la cour et s’assit avec les serviteurs pour voir comment cela finirait.
Les chefs des prêtres et tout le grand conseil cherchaient un faux témoignage contre Jésus pour le faire condamner à mort.
Ils n’en trouvèrent pas ; pourtant beaucoup de faux témoins s’étaient présentés. Finalement il s’en présenta deux, qui déclarèrent : « Cet homme a dit : ‘Je peux détruire le Temple de Dieu et, en trois jours, le rebâtir.’ »
Alors le grand prêtre se leva et lui dit : « Tu ne réponds rien à tous ces témoignages portés contre toi ? »
Mais Jésus gardait le silence. Le grand prêtre lui dit : « Je t’adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Messie, le Fils de Dieu. »
Jésus lui répond : « C’est toi qui l’as dit ; mais en tout cas, je vous le déclare : désormais vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel. »
Alors le grand prêtre déchira ses vêtements, en disant : « Il a blasphémé ! Pourquoi nous faut-il encore des témoins ? Vous venez d’entendre le blasphème ! Quel est votre avis ? » Ils répondirent : « Il mérite la mort. »
Alors ils lui crachèrent au visage et le rouèrent de coups ; d’autres le giflèrent en disant : « Fais-nous le prophète, Messie ! qui est-ce qui t’a frappé ? »
Quant à Pierre, il était assis dehors dans la cour. Une servante s’approcha de lui : « Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen ! »
Mais il nia devant tout le monde : « Je ne sais pas ce que tu veux dire. »
Comme il se retirait vers le portail, une autre le vit et dit aux gens qui étaient là : « Celui-ci était avec Jésus de Nazareth. »
De nouveau, Pierre le nia : « Je jure que je ne connais pas cet homme. »
Peu après, ceux qui se tenaient là s’approchèrent de Pierre : « Sûrement, toi aussi, tu fais partie de ces gens-là ; d’ailleurs ton accent te trahit. »
Alors, il se mit à protester violemment et à jurer : « Je ne connais pas cet homme. » Aussitôt un coq chanta.
Et Pierre se rappela ce que Jésus lui avait dit : « Avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois. » Il sortit et pleura amèrement.

Le matin venu, tous les chefs des prêtres et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus pour le faire condamner à mort.
Après l’avoir ligoté, ils l’emmenèrent pour le livrer à Pilate, le gouverneur.
Alors Judas, le traître, fut pris de remords en le voyant condamné ; il rapporta les trente pièces d’argent aux chefs des prêtres et aux anciens.
Il leur dit : « J’ai péché en livrant à la mort un innocent. » Ils répliquèrent : « Qu’est-ce que cela nous fait ? Cela te regarde ! »
Jetant alors les pièces d’argent dans le Temple, il se retira et alla se pendre.
Les chefs des prêtres ramassèrent l’argent et se dirent : « Il n’est pas permis de le verser dans le trésor, puisque c’est le prix du sang. »
Après avoir tenu conseil, ils achetèrent avec cette somme le Champ-du-Potier pour y enterrer les étrangers.
Voilà pourquoi ce champ a été appelé jusqu’à ce jour le Champ-du-Sang.
Alors s’est accomplie la parole transmise par le prophète Jérémie : Ils prirent les trente pièces d’argent, le prix de celui qui fut mis à prix par les enfants d’Israël, et ils les donnèrent pour le champ du potier, comme le Seigneur me l’avait ordonné.

On fit comparaître Jésus devant Pilate, le gouverneur, qui l’interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus déclara : « C’est toi qui le dis. »
Mais, tandis que les chefs des prêtres et les anciens l’accusaient, il ne répondit rien.
Alors Pilate lui dit : « Tu n’entends pas tous les témoignages portés contre toi ? »
Mais Jésus ne lui répondit plus un mot, si bien que le gouverneur était très étonné.
Or, à chaque fête, celui-ci avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que la foule demandait.
Il y avait alors un prisonnier bien connu, nommé Barabbas.
La foule s’étant donc rassemblée, Pilate leur dit : « Qui voulez-vous que je vous relâche : Barabbas ? ou Jésus qu’on appelle le Messie ? »
Il savait en effet que c’était par jalousie qu’on l’avait livré.
Tandis qu’il siégeait au tribunal, sa femme lui fit dire : « Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste, car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. »
Les chefs des prêtres et les anciens poussèrent les foules à réclamer Barabbas et à faire périr Jésus.
Le gouverneur reprit : « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? » Ils répondirent : « Barabbas ! »
Il reprit : « Que ferai-je donc de Jésus, celui qu’on appelle le Messie ? » Ils répondirent tous : « Qu’on le crucifie ! »
Il poursuivit : « Quel mal a-t-il donc fait ? » Ils criaient encore plus fort : « Qu’on le crucifie ! »
Pilate vit que ses efforts ne servaient à rien, sinon à augmenter le désordre ; alors il prit de l’eau et se lava les mains devant la foule, en disant : « Je ne suis pas responsable du sang de cet homme : cela vous regarde ! »
Tout le peuple répondit : « Son sang, qu’il soit sur nous et sur nos enfants ! »
Il leur relâcha donc Barabbas ; quant à Jésus, il le fit flageller, et le leur livra pour qu’il soit crucifié.
Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans le prétoire et rassemblèrent autour de lui toute la garde.
Ils lui enlevèrent ses vêtements et le couvrirent d’un manteau rouge.
Puis, avec des épines, ils tressèrent une couronne, et la posèrent sur sa tête ; ils lui mirent un roseau dans la main droite et, pour se moquer de lui, ils s’agenouillaient en lui disant : « Salut, roi des Juifs ! »
Et, crachant sur lui, ils prirent le roseau, et ils le frappaient à la tête.
Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui enlevèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l’emmenèrent pour le crucifier.

En sortant, ils trouvèrent un nommé Simon, originaire de Cyrène, et ils le réquisitionnèrent pour porter la croix.
Arrivés à l’endroit appelé Golgotha, c’est-à-dire : Lieu-du-Crâne, ou Calvaire, ils donnèrent à boire à Jésus du vin mêlé de fiel ; il en goûta, mais ne voulut pas boire.
Après l’avoir crucifié, ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort ; et ils restaient là, assis, à le garder.
Au-dessus de sa tête on inscrivit le motif de sa condamnation : « Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. »
En même temps, on crucifie avec lui deux bandits, l’un à droite et l’autre à gauche.
Les passants l’injuriaient en hochant la tête :
« Toi qui détruis le Temple et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même, si tu es Fils de Dieu, et descends de la croix ! »
De même, les chefs des prêtres se moquaient de lui avec les scribes et les anciens, en disant :
« Il en a sauvé d’autres, et il ne peut pas se sauver lui-même ! C’est le roi d’Israël : qu’il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui !
Il a mis sa confiance en Dieu ; que Dieu le délivre maintenant s’il l’aime ! Car il a dit : ‘Je suis Fils de Dieu.’ »
Les bandits crucifiés avec lui l’insultaient de la même manière.

À partir de midi, l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à trois heures.
Vers trois heures, Jésus cria d’une voix forte : « Éli, Éli, lama sabactani ? », ce qui veut dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
Quelques-uns de ceux qui étaient là disaient en l’entendant : « Le voilà qui appelle le prophète Élie ! »
Aussitôt l’un d’eux courut prendre une éponge qu’il trempa dans une boisson vinaigrée ; il la mit au bout d’un roseau, et il lui donnait à boire.
Les autres dirent : « Attends ! nous verrons bien si Élie va venir le sauver. »
Mais Jésus, poussant de nouveau un grand cri, rendit l’esprit.
Et voici que le rideau du Temple se déchira en deux, du haut en bas ; la terre trembla et les rochers se fendirent.
Les tombeaux s’ouvrirent ; les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent, et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la ville sainte, et se montrèrent à un grand nombre de gens.
À la vue du tremblement de terre et de tous ces événements, le centurion et ceux qui, avec lui, gardaient Jésus, furent saisis d’une grande crainte et dirent : « Vraiment, celui-ci était le Fils de Dieu ! »

Il y avait là plusieurs femmes qui regardaient à distance : elles avaient suivi Jésus depuis la Galilée pour le servir.
Parmi elles se trouvaient Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée.

Le soir venu, arriva un homme riche, originaire d’Arimathie, qui s’appelait Joseph, et qui était devenu lui aussi disciple de Jésus.
Il alla trouver Pilate pour demander le corps de Jésus. Alors Pilate ordonna de le lui remettre.
Prenant le corps, Joseph l’enveloppa dans un linceul neuf,
et le déposa dans le tombeau qu’il venait de se faire tailler dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l’entrée du tombeau et s’en alla.
Cependant Marie Madeleine et l’autre Marie étaient là, assises en face du tombeau.

Quand la journée des préparatifs de la fête fut achevée, les chefs des prêtres et les pharisiens s’assemblèrent chez Pilate, en disant : « Seigneur, nous nous sommes rappelé que cet imposteur a dit, de son vivant : ‘Trois jours après, je ressusciterai.’
Donne donc l’ordre que le tombeau soit étroitement surveillé jusqu’au troisième jour, de peur que ses disciples ne viennent voler le corps et ne disent au peuple : ‘Il est ressuscité d’entre les morts.’ Cette dernière imposture serait pire que la première. »
Pilate leur déclara : « Je vous donne une garde ; allez, organisez la surveillance comme vous l’entendez. »
Ils partirent donc et assurèrent la surveillance du tombeau en mettant les scellés sur la pierre et en y plaçant la garde.
Patrick BRAUD 

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28 décembre 2013

La vieillesse est un naufrage ? Honore la !

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

La vieillesse est un naufrage ? Honore la !

Homélie pour la fête de la Sainte famille Année A
29/12/13

Un EHPAD : cinq lettres garantissant un certain confort pour les personnes âgées dépendantes accueillies dans cet établissement médicalisé.

Pourtant, dès l’entrée, un saisissement submerge le visiteur. Une batterie de regards vides alignés dans leurs fauteuils roulants, autour d’une cheminée sans feu ; un silence étrange vu la vingtaine de vieilles dames rassemblées là, et qui devraient papoter à plaisir. Est-ce encore vivre que de laisser le temps s’écouler ainsi, sans autre objectif que d’atteindre le prochain repas, sans autre parole que celles qui sont enfouies, incohérentes, dans les mémoires embrouillées ?

Vous cherchez le visage de la personne que vous êtes venu visiter. Elle a l’air toute surprise alors que vous lui avez rappelé 20 fois auparavant. Au moins est-elle heureuse de cette soudaine déchirure dans la longue solitude journalière répétitive. Mais la conversation devient très vite épuisante. Quand il n’y a plus de traces du passé, quand on est incapable de se projeter plus loin que le prochain repas, il ne reste plus que le présent à explorer. Les oiseaux dans les arbres, la pluie qui va revenir, et cette légère douceur de l’air qui pourrait bien nous permettre d’aller faire une balade dehors, ce que beaucoup de pensionnaires enfermés attendent avec impatience…

Le pire, c’est quand avec la déchirure de l’âge ressortent tous les défauts les plus graves jusque-là jugulés par l’éducation et le savoir-vivre. Rivalité, jalousie, agressivité, méchanceté les unes envers les autres… : les maisons de retraite fourmillent de ce venin d’inhumanité où l’incontinence touche également les attitudes mauvaises auparavant habilement contenues.

Et le pire du pire, c’est le troisième étage, l’étage des « cinglés », dont l’appellation polie de personnes désorientées ou le nom scientifique d’Alzheimer masque mal leur totale dépersonnalisation. Hébétés, à moitié déshabillés, ils errent dans les couloirs ou se terrent dans leur chambre, en donnant du Madame aux Messieurs, en ne reconnaissant plus personne, en n’ayant plus conscience du jour, de l’année, de leur dignité ni de leur identité.

Ressortir indemne de ces visites est impossible.

Le grand âge c’est donc cela aussi ! Pas seulement le beau vieillard adulé qu’était Nelson Mandela, ni les seniors en pleine forme de nos publicités pour happy-boomers. Mais une déchéance du corps, de l’esprit, du souffle. « La vieillesse est un naufrage » osait dire le général De Gaulle en regardant Pétain. Il visait l’errance morale du vieux maréchal. Mais le naufrage s’attaque aujourd’hui à toutes les capacités : physiques, intellectuelles, spirituelles. Nous vivons maintenant si vieux que statistiquement il y a de grandes chances que nos 10 dernières années, autour des 80-90 ans, se transforment en longue dérive dégradante.

L’avertissement de Ben Sirac le Sage (1° lecture) résonne avec d’autant plus de violence dans ce contexte. « Soutiens ton père dans sa vieillesse. Même si son esprit l’abandonne, sois indulgent, ne le méprise pas, toi qui es en pleine force » (Si 3,2-14).

En cette fête de la Sainte Famille, voilà un devoir familial dur à entendre. Car c’est épuisant que d’accompagner ainsi des vieillards dans leur démence sénile. C’est en outre devenu si cher que bientôt notre société ne pourra plus payer pour des conditions d’accueil et de soins dignes. Allez faire un tour dans les longs séjours de nos hôpitaux, de nos hospices publics, et vous découvrirez des mouroirs qui n’ont rien à envier à ceux de Calcutta.

Pourtant, le sage nous avertit : « ne méprise pas tes vieux parents lorsque l’esprit les abandonne », sinon pourrais-tu toi-même espérer de la miséricorde pour toutes tes déchéances actuelles ou à venir ?

C’est l’ancien commandement : « honore ton père et ta mère » que la sagesse invite à revisiter. Que veut dire : honorer ses vieux parents lorsque apparemment ils sont réduits à une survie plus ou moins animale ?

Redoutable question, qui va peser sur le débat à l’Assemblée Nationale pour les lois dites ?de fin de vie’ : euthanasie active ou passive, suicide assisté, surcoût insupportable pour les déficits publics etc.

L’impératif catégorique demeure pour autant : « honore ton père et ta mère ».

Peut-être Jésus l’a-t-il vécu dans son enfance, confronté au grand âge, puis à la mort de son père adoptif ? Car Joseph, selon quelques traditions orales, aurait été beaucoup plus âgé que Marie, et serait mort au moment où Jésus émerge à la vie publique. Mais on ne sait rien ou presque de l’attitude de Jésus vis-à-vis des personnes âgées de son époque. Tout simplement parce que dans ce temps-là on ne vivait pas vieux !

C’est réellement une question moderne engendrée par l’allongement spectaculaire de l’espérance de vie, et de la santé qui y conduit. Difficile donc de trouver dans la Bible comment faire pour accompagner nos seniors ++ jusqu’au bout.

À nous d’inventer les chemins de respect et d’affection pour entourer nos aînés.

Ce n’est plus en prenant chez soi ses parents ou beaux-parents, comme on faisait autrefois à la ferme. Car nos appartements, nos rythmes de vie ne sont plus compatibles avec cela. Et cette cohabitation de générations engendrait bien des rancoeurs, frustrations et dominations dont nous ne voulons plus.

Alors, que faire pour ceux dont la force et l’esprit les abandonnent ?

La vieillesse est un naufrage ? Honore la ! dans Communauté spirituelle axe1Francoise- Une première réponse se trouve du côté de la recherche scientifique.

Combattre la douleur et le handicap liés à l’âge, entretenir la motricité et l’indépendance, vaincre Alzheimer (peut-être grâce aux cellules souches) etc…. Investissons massivement dans cette recherche, de qui dépendent nos conditions de vieillesse future.

- Une deuxième réponse se trouve du côté de l’innovation sociale. On peut imaginer des lieux de vie différent, des prises en charge à domicile alternatives, des associations mieux impliquées, des croisements intergénérationnels avec des écoles, des artistes etc. La lutte contre la solitude des personnes âgées est notamment un champ où les chrétiens ont un vrai savoir-faire (Petites Soeurs des Pauvres, conférences Saint-Vincent de Paul, service évangélique des malades etc…).

- Une troisième réponse sera proprement spirituelle. Un sursaut de la conscience collective pour ne pas se voiler la face devant cette question de plus en plus lourde, pour aller affirmer a priori la valeur et la dignité de toute personne humaine, justement – et plus encore – lorsqu’elle n’a plus  apparence humaine à cause du grand âge.

Le Christ a fait l’expérience de devenir un rebut de l’humanité, humilié, méprisé, regardé « comme un ver » et non comme un être humain. C’était pour que les défigurés de nos sociétés trouvent en lui un compagnon de route qui rappelle à tous la vraie beauté humaine que même la démence sénile et la déchéance des années ne peuvent extirper de l’existence de chacun.

En fêtant la Sainte Famille, réfléchissons aux engagements personnels et collectifs à prendre pour que nos aînés ne soient pas déshonorés par la perte de leurs facultés.

« Même si son esprit l’abandonne, ne méprise pas ton père ou ta mère ».

1ère lecture : Les vertus familiales (Si 3, 2-6.12-14)

Lecture du livre de Ben Sirac le Sage

Le Seigneur glorifie le père dans ses enfants, il renforce l’autorité de la mère sur ses fils.
Celui qui honore son père obtient le pardon de ses fautes,
celui qui glorifie sa mère est comme celui qui amasse un trésor.
Celui qui honore son père aura de la joie dans ses enfants, au jour de sa prière il sera exaucé.
Celui qui glorifie son père verra de longs jours, celui qui obéit au Seigneur donne du réconfort à sa mère.
Mon fils, soutiens ton père dans sa vieillesse, ne le chagrine pas pendant sa vie.
Même si son esprit l’abandonne, sois indulgent, ne le méprise pas, toi qui es en pleine force.
Car ta miséricorde envers ton père ne sera pas oubliée, et elle relèvera ta maison si elle est ruinée par le péché.

Psaume : Ps 127, 1-2, 3, 4.5bc

R/ Heureux les habitants de ta maison, Seigneur !

Heureux qui craint le Seigneur 
et marche selon ses voies !
Tu te nourriras du travail de tes mains : 
Heureux es-tu ! À toi, le bonheur !

Ta femme sera dans ta maison 
comme une vigne généreuse, 
et tes fils, autour de la table, 
comme des plants d’olivier. 

Voilà comment sera béni 
l’homme qui craint le Seigneur. 
Tu verras le bonheur de Jérusalem 
tous les jours de ta vie.

2ème lecture : Vivre ensemble dans le Christ (Col 3, 12-21)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens

Frère,
puisque vous avez été choisis par Dieu, que vous êtes ses fidèles et ses bien-aimés, revêtez votre c?ur de tendresse et de bonté, d’humilité, de douceur, de patience.
Supportez-vous mutuellement, et pardonnez si vous avez des reproches à vous faire. Agissez comme le Seigneur : il vous a pardonné, faites de même.
Par-dessus tout cela, qu’il y ait l’amour : c’est lui qui fait l’unité dans la perfection.
Et que, dans vos coeurs, règne la paix du Christ à laquelle vous avez été appelés pour former en lui un seul corps. 

Vivez dans l’action de grâce.
Que la parole du Christ habite en vous dans toute sa richesse ; instruisez-vous et reprenez-vous les uns les autres avec une vraie sagesse ; par des psaumes, des hymnes et de libres louanges, chantez à Dieu, dans vos c?urs, votre reconnaissance.
Et tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus Christ, en offrant par lui votre action de grâce à Dieu le Père. 
Vous les femmes, soyez soumises à votre mari ; dans le Seigneur, c’est ce qui convient.
Et vous les hommes, aimez votre femme, ne soyez pas désagréables avec elle.
Vous les enfants, en toutes choses écoutez vos parents ; dans le Seigneur, c’est cela qui est beau.
Et vous les parents, n’exaspérez pas vos enfants ; vous risqueriez de les décourager.

Evangile : La Sainte Famille en Égypte et à Nazareth (Mt 2, 13-15.19-23)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Vraiment, tu es un Dieu caché, Dieu parmi les hommes, Jésus Sauveur ! Alléluia. (cf. Is 45, 15)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Après le départ des mages, l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. »
Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte,
où il resta jusqu’à la mort d’Hérode. Ainsi s’accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète : D’Égypte, j’ai appelé mon fils.

Après la mort d’Hérode, l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et reviens au pays d’Israël, car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant. »

Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère, et rentra au pays d’Israël.

Mais, apprenant qu’Arkélaüs régnait sur la Judée à la place de son père Hérode, il eut peur de s’y rendre. Averti en songe, il se retira dans la région de Galilée et vint habiter dans une ville appelée Nazareth.
Ainsi s’accomplit ce que le Seigneur avait dit par les prophètes : Il sera appelé Nazaréen.
Patrick Braud

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14 août 2013

L’Assomption de Marie, étoile de la mer

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

L’Assomption de Marie, étoile de la mer

Homélie pour la fête de l’Assomption / Année C
15 Août 2013

L'Assomption de Marie, étoile de la mer dans Communauté spirituelle voilier

 

« Le vent se lève. Hâte-toi. La voile bat au long du mât. L’honneur est dans les toiles ; et l’impatience sur les eaux comme fièvre du sang. La brise mène au bleu du large ses couleuvres d’eau verte. Et le pilote lit sa route entre les grandes taches de nuit mauve, couleur de cerne et d’ecchymose. » 1

Fermez les yeux…

Vous naviguez de nuit, à la fraîche.

Vous avez hissé la voile aussitôt sortis du port de la Trinité sur Mer, et vous voilà à chercher l’accès vers Belle-Île à travers le passage du Béniguet. Le vent est établi : 3 à 4 Beaufort, de quoi entendre le chuintement régulier de l’étrave dans la vague, belle et franche respiration du bateau taillant sa route vers Houat et Hoedic. La nuit, le plancton phosphorescent donne à l’océan un air illuminé où toutes les rencontres deviennent possibles. Bien sûr vous avez le compas à l’oeil, l’enchaînement des bouées est bien visible sur la table à cartes ; et le GPS – espion fidèle – surveille votre route.

Imaginez un moment que tous ces repères n’existent plus, que l’électronique tombe en panne, qu’il n’y ait plus de bouées, plus de cartes marines, plus de satellites : comment ne pas aller se fracasser sur la multitude de cailloux et de rochers qui parsèment ces étroits passages entre les îles bretonnes ?

Vous retrouvez alors les vieux réflexes des navigateurs d’antan : lever les yeux, regarder le ciel étoilé, repérer les astres remarquables, calculer son cap d’après les alignements, ressortir l’antique sextant qui autrefois guidait les navigateurs au-delà de leurs mondes connus…

En ce 15 août, Marie est « montée » au ciel, telle une étoile non pas filante mais au contraire stable et rassurante. Le peuple chrétien la chante depuis des siècles sous le titre d’étoile de la mer.

ave-maris-stella Assomption dans Communauté spirituelleAve, maris stella,

Dei mater alma,

Atque semper virgo,

Felix caeli porta.

Sumens illud « Ave »

Gabrielis ore,

Funda nos in pace,

Mutans Evae nomen.

 

Solve vincla reis,

Profer lumen caecis,

Malanostra pelle,

Bona concta posce.

Monstra te esse matrem,

Sumat per te preces

Qui pronobli natus

Tulit esse tuus

 

Virgo singularis,

Inter mones mitis,

Nos culpis solutos

Mites fac et castos.

Vitam praesta puram,

Iter para tutum,

Ut videntes Jesu

Semper collaetémur

 

Sit laus Deo Patri,

Summo Christus decus,

Spirituti Sancto

Tribus, honor unus.

Amen

Traduction

Salut, étoile de la mer,

Sainte Mère de Dieu

Et vierge à jamais consacrée,

Bienheureuse porte du ciel.

 

Recevant cet Ave

Par la bouche de Gabriel

Fixe-nous dans la paix,

Retournement du nom d’Eva (Ève).

 

Des pécheurs brise les liens

Aux aveugles accorde la lumière,

Délivre-nous de nos misères,

Obtiens pour nous les vrais biens !

 

Montre toujours que tu es Mère,

Qu’il reçoive de toi nos prières

Celui qui est né pour nous,

En acceptant d’être ton fils.

 

O Vierge sans pareille

Vierge douce entre toutes,

Obtiens le pardon de nos fautes

Rends nos c?urs humbles et purs.

 

Rends sainte notre vie

Rends sûre notre route,

Afin que, contemplant Jésus,

Nous partagions sans fin ta joie.

 

Louange à Dieu le Père,

Gloire au Christ souverain

Ainsi qu’au Saint-Esprit ;

Aux Trois un seul honneur sans fin.

Ave Maris Stella est un vieil hymne toujours chanté à l’office, saluant la Vierge sous les traits d’un astre de nuit guidant les marins au milieu des dangers de l’océan. Le texte de l’hymne joue avec les mots. Ave est l’inverse de Eva : le salut (ave) signifie que la nouvelle Ève, accomplissant en sens inverse le chemin de la création déchue, réalise la vocation ultime de l’humanité : partager l’intimité de Dieu. L’assonance Maris / Maria suggère la même immensité en Marie quand l’océan.

Patrick Braud 

« De millénaires ouverte, la Mer totale m’environne.
L’abîme infâme m’est délice, et l’immersion, divine.
Et l’étoile apatride chemine dans les hauteurs du Siècle vert.
Et ma prérogative sur les mers est de rêver pour vous ce rêve du réel…
Ils m’ont appelé l’Obscur et j’habitais l’éclat.

(…)

Étroits sont les vaisseaux, étroite notre couche. Et par toi, coeur aimant, toute l’étroitesse d’aimer, et par toi, coeur inquiet, tout l’au-delà d’aimer. Entends siffler plus haut que mer la horde d’ailes migratrices. Et toi force nouvelle, passion plus haute que d’aimer, quelle autre mer nous ouvres-tu où les vaisseaux n’ont point d’usage ? (Ainsi j’ai vu un jour, entre les îles, l’ardente migration d’abeilles, et qui croisait la route du navire, attacher un instant à la haute mature l’essaim farouche d’une âme très nombreuse, en quête de son lieu…)

(?)

Une même vague par le monde, une même vague parmi nous, haussant, roulant l’hydre amoureuse de sa force… Et du talon divin, cette pulsation très forte, et qui tout gagne… Amour et mer de même lit, amour et mer au même lit… »  2

Pourquoi appeler Étoile de la mer Marie en son Assomption ?

tumblr_m3il06VWOm1r0kx5qo1_500 étoileDepuis l’Ascension du Christ, il n’est plus là physiquement devant nos yeux. Lui, la lumière des nations (Lumen Gentium, cf. Vatican II), le soleil de grâce, nous a été enlevé, et nous avançons comme à tâtons, environnés de nuit. Pourtant, cette obscurité n’est plus comme celle d’avant, puisqu’elle nous mène au soleil levant de la résurrection. Et déjà, les astres brillent au firmament de ce long convoyage vers l’aube nouvelle. La communion des saints ressemble à ces écheveaux de constellations imbriquées les unes dans les autres, de toutes tailles, scintillantes de mille manières. Parmi elles, une étoile demeure, fixe dans son alignement terre-soleil, fournissant ainsi un repère précieux pour les marins sans carte ni boussole dans leur exploration de profondeurs océanes inconnues.

Marie est pour nous ce repère accroché tout en haut de la carte pour élever le regard et projeter sur notre route une clarté indirecte, reçue du Christ, suffisamment atténuée pour ne pas être aveuglé, suffisamment brillante pour discerner les dangers de la navigation.

I-Miniature-638-sauves-dans-l-esperance-spe-salvi.net Marie« Par une hymne du VIIe-IXe siècle, donc depuis plus de mille ans, l’Église salue Marie, Mère de Dieu, comme « étoile de la mer »: Ave maris stella. La vie humaine est un chemin. Vers quelle fin ? Comment en trouvons-nous la route ? La vie est comme un voyage sur la mer de l’histoire, souvent obscur et dans l’orage, un voyage dans lequel nous scrutons les astres qui nous indiquent la route.

Les vraies étoiles de notre vie sont les personnes qui ont su vivre dans la droiture. Elles sont des lumières d’espérance.

Certes, Jésus Christ est la lumière par antonomase, le soleil qui se lève sur toutes les ténèbres de l’histoire. Mais pour arriver jusqu’à Lui nous avons besoin aussi de lumières proches – de personnes qui donnent une lumière en la tirant de sa lumière et qui offrent ainsi une orientation pour notre traversée.

Et quelle personne pourrait plus que Marie être pour nous l’étoile de l’espérance? « 

Benoît XVI, encyclique Spe Salvi, § 49

 

En ce 15 août, prions Marie, Étoile de la mer : qu’elle soit pour nous un repère plus sûr que le GPS l’est aux navigateurs…

 

Marie, étoile de la mer (St Bernard ? 1153)

L’image de l’astre

« Et le nom de la vierge était Marie » (Lc 1,27).

Disons quelque chose aussi sur ce nom, qui est interprété : « étoile » de la mer et qui convient à merveille à la mère restée vierge.

Oui, on la compare à un astre, et rien de plus juste : comme l’astre, sans être altéré, émet son rayon, ainsi, sans lésion intime, la Vierge met au monde son Fils. Le rayon n’amoindrit pas la clarté de l’astre, pas plus que le fils ne diminue l’intégrité de la vierge.

Oui, elle est cette noble étoile issue de Jacob dont les rayons illuminent l’univers entier, dont la splendeur étincelle sur la cime et pénètre jusqu’aux ombres profondes, dont la chaleur répandue sur la terre réchauffe les âmes plus que les corps, mûrit les vertus et consume les vices.

Elle est cette brillante et merveilleuse étoile qui se lève, glorieuse et nécessaire au-dessus de cet océan immense, dans la splendeur de ses mérites et de ses  exemples.

Dans la tempête, regarde l’étoile, invoque Marie !

O toi, qui que tu sois, qui dans cette marée du monde, te sens emporté à la dérive parmi orages et tempêtes, plutôt que sur la terre ferme, ne quitte pas les feux de cet astre, si tu ne veux pas sombrer dans la bourrasque.

Quand se déchaînent les rafales des tentations, quand tu vas droit sur les récifs de l’adversité, regarde l’étoile, appelle Marie !

Si  l’orgueil, l’ambition, la jalousie te roulent dans leurs vagues, regarde l’étoile, crie vers Marie !

Si la colère ou l’avarice, si les sortilèges de la chair secouent la barque de ton âme, regarde vers Marie !

Quand, tourmenté par l’énormité de tes fautes, honteux des souillures de ta conscience, terrorisé par la menace du jugement, tu te laisses happer par le gouffre de la tristesse, par l’abîme du désespoir, pense à Marie.

Dans les dangers, dans les angoisses, dans les situations critiques, pense à Marie, crie vers Marie !

Que son nom ne quitte pas tes lèvres, qu’il ne quitte pas ton c?ur, et pour obtenir la faveur de ses prières, ne cesse d’imiter sa vie.

Fais ta propre expérience de Marie !

Si tu la suis, point ne t’égares.

Si tu la pries, point ne désespère.

Si tu la gardes en pensée, point de faux pas.

Qu’elle te tienne, plus de chute.

Qu’elle te protège, plus de crainte.

Sous sa conduite, plus de fatigue.

Grâce à sa faveur, tu touches au port.

Et voilà comment ta propre expérience te montre combien se justifie la parole : Le nom de la Vierge était Marie (Lc 1, 27).

_______________________________________________________________________

1. Saint-John Perse, Amers, 1957.

2. Ibid.

Messe du jour

1ère lecture : La Femme de l’Apocalypse, image de l’Église comme Marie (Ap 11, 19a ; 12, 1-6a.10ab)

Lecture de l’Apocalypse de saint Jean

Le Temple qui est dans le ciel s’ouvrit, et l’arche de l’Alliance du Seigneur apparut dans son Temple. 

Un signe grandiose apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles.
Elle était enceinte et elle criait, torturée par les douleurs de l’enfantement.
Un autre signe apparut dans le ciel : un énorme dragon, rouge feu, avec sept têtes et dix cornes,et sur chaque tête un diadème.
Sa queue balayait le tiers des étoiles du ciel, et les précipita sur la terre. Le Dragon se tenait devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l’enfant dès sa naissance.
Or, la Femme mit au monde un fils, un enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations, les menant avec un sceptre de fer. L’enfant fut enlevé auprès de Dieu et de son Trône, et la Femme s’enfuit au désert, où Dieu lui a préparé une place. 

Alors j’entendis dans le ciel une voix puissante, qui proclamait : « Voici maintenant le salut, la puissance et la royauté de notre Dieu, et le pouvoir de son Christ ! »

Psaume : 44, 11-12a, 12b-13, 14-15a, 15b-16

R/ Heureuse es-tu, Vierge Marie, dans la gloire de ton Fils.

Écoute, ma fille, regarde et tends l’oreille ;
oublie ton peuple et la maison de ton père :
le roi sera séduit par ta beauté. 

Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant lui. 
Alors, les plus riches du peuple, 
chargés de présents, quêteront ton sourire. 

Fille de roi, elle est là, dans sa gloire, 
vêtue d’étoffes d’or ; 
on la conduit, toute parée, vers le roi. 

Des jeunes filles, ses compagnes, lui font cortège ; 
on les conduit parmi les chants de fête : 
elles entrent au palais du roi.

2ème lecture : Le Christ nous entraîne tous dans la vie éternelle ( 1 Co 15, 20-27a)

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, le Christ est ressuscité d’entre les morts, pour être parmi les morts le premier ressuscité. Car, la mort étant venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection. En effet, c’est en Adam que meurent tous les hommes ; c’est dans le Christ que tous revivront, mais chacun à son rang : en premier, le Christ ; et ensuite, ceux qui seront au Christ lorsqu’il reviendra. Alors, tout sera achevé, quand le Christ remettra son pouvoir royal à Dieu le Père, après avoir détruit toutes les puissances du mal. C’est lui en effet qui doit régner jusqu’au jour où il aura mis sous ses pieds tous ses ennemis. Et le dernier ennemi qu’il détruira, c’est la mort, car il a tout mis sous ses pieds.

Evangile : « Heureuse celle qui a cru ! » (Lc 1, 39-56)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Aujourd’hui s’est ouverte la porte du paradis : Marie est entrée dans la gloire de Dieu ; exultez dans le ciel, tous les anges ! Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l’Esprit Saint,
et s’écria d’une voix forte :
« Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
Car, lorsque j’ai entendu tes paroles de salutation, l’enfant a tressailli d’allégresse au-dedans de moi.
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
Marie dit alors :
« Mon âme exalte le Seigneur,
mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur.
Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !
Son amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de bien les affamés, renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race à jamais. »
Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.
Patrick Braud

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