L'homélie du dimanche (prochain)

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20 avril 2013

L’agneau mystique de Van Eyck

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

L’agneau mystique de Van Eyck

Homélie du 4° Dimanche de Pâques / Année C
21/04/2103

La vision de Jean dans l’Apocalypse (Ap 7) a inspiré de nombreuses oeuvres d’art, dont la plus célèbre est le triptyque des frères Van Eyck : l’Agneau mystique (1432). Exposé sous très haute protection (car victime de 13 vols en quelques six siècles !), ces trois volets repliables constituent l’un des sommets de la peinture occidentale. Ce retable marque le passage du Moyen Âge iconographique à la Renaissance naturaliste, tout en élaborant une synthèse théologique extraordinairement puissante.

 

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On y voit bien la foule dont parle l’Apocalypse, et l’Agneau qui trône sur l’autel.
On y reconnaît les vainqueurs de « la grande épreuve », palmes à la main, en vêtements blancs.
« Celui qui siège sur le trône » est bien représenté, établissant un axe trinitaire structurant l’ensemble :

- le Père est assis sur le trône en haut (même si certaines interprétations y voient le Fils, notamment à cause du manteau rouge sang) ;
- le Fils est désigné sous l’aspect de l’Agneau mystique sur l’autel ;
- l’Esprit Saint, sous la forme d’une colombe, irradie tous les personnages de ses rayons dorés éblouissants.

La cathédrale saint Bavon de Gand (en Belgique) est ainsi devenu l’écrin de ce joyau de la foi chrétienne.
Détaillons-en quelques éléments théologiquement remarquables.

Le point focal vers lequel tous les regards convergents est bien sûr le Christ, l’Agneau mystique. Il est vainqueur de la mort, mais reste offert sur l’autel, et continue de verser son sang dans un calice représentant celui de l’eucharistie. Ce calice possède une base octogonale, comme est octogonale la fontaine de vie qui irrigue le paysage de son eau vive, juste en dessous, symbole des sacrements qui irriguent l’Église.

Octogonale : 8 est le chiffre de la Résurrection (le Christ est ressuscité un dimanche, c’est-à-dire le huitième jour de la semaine juive) : c’est donc que la vie éternelle, plus forte que de la mort, est offerte à tous dans l’eucharistie et les autres sacrements de l’Église.

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Autour de l’Agneau mystique, 12 anges sont en adoration.

Quatre de ces anges tiennent en main les instruments de la Passion (la colonne où le Christ a été fouetté, le fouet, l’éponge et le vinaigre, la croix, qui pourrait bien être un tau à la manière franciscaine, la lance qui a percé le coeur). La Passion du Christ est donc pour le salut de tous les peuples (quatre est le chiffre de l’universel : les quatre points cardinaux, les quatre vents etc.). Et l’Église est l’Israël de Dieu (les 12 tribus) rassemblé devant le Christ.

Deux autres anges font voler les encensoirs dans les airs, marquant ainsi le côté permanent du service d’adoration « jour et nuit » comme le décrit l’Apocalypse.

Mais plus de Temple sur le retable : c’est la nature elle-même qui est devenue le monde nouveau, où Dieu est « tout en tous ». « Dans la cité, je n’ai pas vu de temple, car son Temple, c’est le Seigneur, le Dieu tout-puissant, et l’Agneau. » (Ap 21,22)
Plus de soleil ni de lune non plus, car l’Apocalypse là encore précise que le Christ lui-même est le flambeau qui éclaire tout.

Vers l’autel central marche quatre groupes de personnages, en croix de saint André, s’approchant symétriquement de l’Agneau mystique.

En haut à gauche, des hommes d’Église, martyrs, tenant en main des rameaux.

En haut à droite, les femmes, vierges, martyres et princesses, palmes à la main, constituent elles aussi un cortège d’entrée triomphale dans la Jérusalem céleste (Ap 7,10).

En bas à gauche, les prophètes de l’Ancien Testament, leur livre prophétique à la main, sont eux aussi associés à cette victoire sur la mort. Signe qu’au XV° siècle, les chrétiens n’avaient pas perdu de vue ce que Paul écrivait en Rm 9-11 : « Dieu n’a pas rejeté le peuple que d’avance il a discerné » (Rm 11,2).

Le Concile Vatican II le redira dans la déclaration Nostra Aetate :

« les Juifs restent encore, à cause de leurs pères, très chers à Dieu, dont les dons et l’appel sont sans repentance. Avec les prophètes et le même apôtre, l’Église attend le jour, connu de Dieu seul, où tous les peuples invoqueront le Seigneur d’une seule voix et « le serviront sous un même joug » ». (NA n°4)

Avant que les pogroms et autres persécutions éclatent contre les juifs en Europe, les frères Van Eyck proclamaient de manière éclatante que juifs et chrétiens sont associés à part égale à la Jérusalem céleste.

Plus encore, derrière les prophètes juifs, on reconnaît à leur faciès des sages et philosophes païens venus de tous les continents, (et parmi eux sans doute Virgile, vêtu de blanc, une couronne tressée à la main). C’est donc que le salut est offert largement à tous les hommes de sagesse qui ont cherché la vérité dans leur culture, et pas seulement aux fils d’Abraham. Belle affirmation de l’universalité du salut, hors des frontières visibles de l’Église !

En bas à droite, reconnaissables à leurs habits liturgiques, viennent les prêtres, diacres (Etienne y porte les pierres de sa lapidation), évêques, papes et autres membres de l’Église, derrière les 12 apôtres représentés pauvrement habillés de leur robe de bure. À égalité avec Israël et les païens, l’Église est conviée à se désaltérer à la fontaine de vie, au calice de l’eucharistie.

Dans le paysage en arrière-plan, on reconnaît mille et un détails réalistes de l’époque des frères Van Eyck (Hubert et Jan) : les clochers, les villes, les plantes, les passants sur le chemin, les forêts renvoient au monde connu des Gantois, ainsi qu’à l’immensité du monde à découvrir (cf. les espèces végétales non européennes).

Le retable replié fait apparaître le « Oui » de Marie à l’Annonciation : l’écart  extrême entre l’acceptation d’une jeune femme de la Palestine occupée par les Romains et l’ouverture de la source de vie à toutes les nations qu’elle permet ainsi !

Cette magnifique méditation sur l’Apocalypse attire des centaines de milliers de touristes à Gand chaque année. Le reste de la ville mérite d’ailleurs largement le détour.

Que l’Agneau mystique nous fasse également faire ce détour par l’Apocalypse, pour nous dévoiler (c’est le sens du mot Apocalypse) le sens ultime de notre marche à travers « la grande épreuve »

 

 

1ère lecture : L’Évangile annoncé aux païens (Ac 13, 14.43-52)
Lecture du livre des Actes des Apôtres

Paul et Barnabé étaient arrivés à Antioche de Pisidie. Le Jour du sabbat, ils entrèrent à la synagoque. Quand l’assemblée se sépara, beaucoup de Juifs et de convertis au judaïsme les suivirent. Paul et Barnabé, parlant avec eux, les encourageaient à rester fidèles à la grâce de Dieu. Le sabbat suivant, presque toute la ville se rassembla pour entendre la parole du Seigneur. Quand les Juifs virent tant de monde, ils furent remplis de fureur ; ils repoussaient les affirmations de Paul avec des injures. Paul et Barnabé leur déclarèrent avec assurance : « C’est à vous d’abord qu’il fallait adresser la parole de Dieu. Puisque vous la rejetez et que vous-mêmes ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien ! nous nous tournons vers les païens. C’est le commandement que le Seigneur nous a donné : J’ai fait de toi la lumière des nations pour que, grâce à toi, le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. En entendant cela, les païens étaient dans la joie et rendaient gloire à la parole du Seigneur ; tous ceux que Dieu avait préparés pour la vie éternelle devinrent croyants. Ainsi la parole du Seigneur se répandait dans toute la région. Mais les Juifs entraînèrent les dames influentes converties au judaïsme, ainsi que les notables de la ville ; ils provoquèrent des poursuites contre Paul et Barnabé, et les expulsèrent de leur territoire. Ceux-ci secouèrent contre eux la poussière de leurs pieds et se rendirent à Iconium, tandis que les disciples étaient pleins de joie dans l’Esprit Saint.

Psaume : Ps 99, 1-2, 3, 5
R/ Tu nous guideras aux sentiers de vie, tu nous ouvriras ta maison, Seigneur.

Acclamez le Seigneur, terre entière,
servez le Seigneur dans l’allégresse,
venez à lui avec des chants de joie ! 

Reconnaissez que le Seigneur est Dieu : 
il nous a faits, et nous sommes à lui, 
nous, son peuple, son troupeau. 

Oui, le Seigneur est bon, 
éternel est son amour, 
sa fidélité demeure d’âge en âge.

2ème lecture : La joie éternelle des rachetés (Ap 7, 9.14b-17)
Lecture de l’Apocalypse de saint Jean
Moi, Jean, j’ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, races, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main. L’un des Anciens me dit :« Ils viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés dans le sang de l’Agneau. C’est pourquoi ils se tiennent devant le trône de Dieu, et le servent jour et nuit dans son temple. Celui qui siège sur le Trône habitera parmi eux. Ils n’auront plus faim, ils n’auront plus soif,la brûlure du soleil ne les accablera plus, puisque l’Agneau qui se tient au milieu du Trône sera leur pasteur pour les conduire vers les eaux de la source de vie. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux. »

Evangile : Le Bon Pasteur donne la Vie à ses brebis (Jn 10, 27-30)
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Jésus, le bon Pasteur, connaît ses brebis et ses brebis le connaissent : pour elles il a donné sa vie. Alléluia. (cf. Jn 10, 14-15)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jésus avait dit aux Juifs : « Je suis le Bon Pasteur (le vrai berger). » Il leur dit encore : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, personne ne les arrachera de ma main.
Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut rien arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. » 
Patrick BRAUD

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16 mars 2013

L’adultère, la Loi et nous

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

L’adultère, la Loi et nous

Homélie du 5ème Dimanche de Carême / Année C
Dimanche 17 Mars 2007

« Jésus s’était baissé, et du doigt, il traçait des traits sur le sol » (Jn 8,6)

L'adultère, la Loi et nous dans Communauté spirituelle 35681285jesus-pardonne-la-femme-adultere-jpgJ’ai toujours été intrigué par cette attitude de Jésus devant les accusateurs de la femme adultère : pourquoi diable s’amuser à dessiner sur le sable alors que la vie d’une femme est en jeu ?

En fait, le texte grec dit : « du doigt, Jésus écrivait sur la terre ».
Or cette expression : « écrire du doigt » ne se retrouve que 3 fois dans toute la Bible.


1) En Ex 31,18, où l’on précise que les 2 tables de pierre de la Loi de Moïse étaient 
écrites « du doigt de Dieu ». Donc, devant la femme adultère et grâce à elle, Jésus écrit du doigt une Loi nouvelle, à la manière de Dieu lui-même au Sinaï. Et il l’écrit sur la terre de nos existences, et non plus sur la pierre d’un règlement extérieur.


2) Ensuite en
Dt 9,10, où Moïse lui-même raconte : « Yahvé m’avait donné les deux tables de pierre écrites du doigt de Dieu, selon les paroles qu’il vous avait dites du milieu du feu, sur la montagne, au jour de l’Assemblée ».

Jésus, lui, ne parle plus du milieu du feu, mais dans le silence qu’il oppose aux accusateurs de cette femme.
Il ne parle plus sur la montagne, en haut. Au contraire, il se baisse, et ce détail est mentionné 2 fois dans le texte.

Il se baisse, il s’abaisse dira St Paul, pour faire corps avec cette femme afin de la libérer des conséquences de son péché : « Jésus, de condition divine, ne retient pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est abaissé, il s’est anéanti… » (Ph 2,6-11)
Sur la montagne fumante, le Dieu trois fois Saint aidait Israël à ne pas confondre le bien et le mal, comme un Père.

En se baissant par 2 fois vers le sol, Jésus ne renie rien de la Loi ni de la grandeur de Dieu, mais il va chercher cette femme au plus bas, là où elle est tombée – et elle est tombée bien bas avec son adultère -, pour lui sauver la vie, comme un frère.

Les-tables-de-la-Loi-03 dans Communauté spirituelle


3) Le 3ème emploi de l’expression « écrire du doigt de Dieu » est en Dn 5,5 :
pendant le festin du roi perse Balthasar, fils de Nabuchodonosor qui avait pillé Jérusalem et déporté les Juifs à Babylone ? déjà ! ? « soudain apparurent des doigts de main humaine qui se mirent à écrire sur le plâtre du mur du palais royal ». Le prophète Daniel traduira cette écriture mystérieuse comme une condamnation du roi à cause de son arrogance et de la profanation du Temple de Jérusalem.
Devant la femme adultère et grâce à elle, Jésus n’écrit plus de son doigt la condamnation d’un roi, mais le salut d’une femme infidèle !

Et on sait qu’Israël est bien souvent cette femme, aimée de Dieu, mais qui le trompe avec des idoles et des dieux étrangers.

Voilà donc la nouvelle Loi que Jésus écrit du doigt sur la terre, notre terre : dénoncer le mal comme la Loi de Moïse (« ne pèche plus ») tout en offrant une renaissance possible (« Je ne te condamne pas ; va… »). Faire corps avec cette femme (Jésus se baisse, dans le silence, vers le sol) sans excuser ni cautionner son péché.
Ne pas utiliser la Loi pour exorciser ses angoisses en trouvant une victime, à l’image des scribes et des pharisiens exorcisant leur peur de l’adultère en faisant de cette femme un bouc émissaire.

Mais aller jusqu’au bout de la Loi en reconnaissant qu’elle vaut également pour moi et pas seulement pour les autres : « que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. »

D’ailleurs, Jésus connaît mieux la Loi juive qu’eux : « Quiconque regarde une femme pour la désirer a déjà, dans son coeur, commis l’adultère » (Mt 5, 28 ; cf. Talmud Lévitique Rabba 23, 12).

Qui d’entre nous peut se dire pur de tout adultère ?

S’il faut appliquer la Loi à cette femme, il faut d’abord se l’appliquer à soi-même?
De plus, la même Loi juive prescrivait la mort, non seulement pour la femme, mais aussi pour l’homme ! (Lv 20, 10 ; Dt 22, 22-44 ; Ez 16, 36-40). Car il paraît qu’il faut bien être deux pour commettre un adultère…

Où est donc l’amant que la Loi demanderait d’amener avec sa maîtresse devant Jésus ? Pourquoi n’appliquer que la moitié de la Loi quand on veut paraître soucieux de l’intégralité de la Loi ?

C’est le problème des intégristes : ils n’appliquent qu’un peu de Loi, mais pas toute la Loi ; et surtout ils veulent la faire peser sur les autres sans se l’appliquer à eux-mêmes?

Jésus nous libère de cet intégrisme-là de la Loi *.

Ce qu’il écrit sur le sol, c’est l’accomplissement de la Loi : sauver le pécheur et non le détruire, tout en nommant clairement son péché, ce que les pharisiens et les scribes refusaient de faire pour eux-mêmes.


On comprend alors que ce jour-là,
devant la femme adultère et grâce à elle, il ne s’est pas fait que des amis : cette Loi nouvelle, accomplissement de l’ancienne, va le mener à la Croix. Là, sur le bois du Vendredi Saint, c’est lui qui sera accusé, c’est lui qu’on va détruire au Nom de la Loi, sans que personne prenne sa défense.
« Jésus s’était baissé, et du doigt, il traçait des traits sur le sol » : le dernier trait qu’il tracera sur notre terre, c’est le signe de la Croix.


Puissions-nous convertir notre rapport à la Loi pour ne pas l’appliquer qu’aux autres, pour ne pas l’instrumentaliser, pour aller jusqu’à son accomplissement à la manière du Christ :

 « Je ne te condamne pas ; va et ne pèche plus ».

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« Contrairement à Jésus qui, selon Jean, refuse de lapider la femme adultère, Mahomet ne craint pas la lapidation (ce qui pose un problème actuellement à l’Islam).  En dehors des spécialistes, peu de gens savent qu’il existe dans la tradition musulmane un épisode qui ressemble de très près à l’épisode johannique de la femme adultère. Il est rapporté dans de nombreuses versions différentes des hadith.  Globalement, la narration se présente ainsi :

« Des juifs vinrent demander le jugement du Prophète sur un homme et une femme juifs qui avaient commis l’adultère. Le Messager d’Allah leur dit : « Que trouvez-vous dans la Tora au sujet de  l’adultère? » Ils répondirent : « Nous les dénonçons et nous les fouettons. » Mais Abd’Allah Ben Salam  dit : « Vous mentez, c’est plutôt la lapidation ». Ils apportèrent alors la Thora et l’exposèrent puis l’un d’entre eux montra du doigt le verset sur la lapidation. Ils dirent ensuite  : « Il dit la vérité, ô Muhammad ! C’est la lapidation ». Le Messager d’Allah  ordonna alors de lapider l’homme et la femme.  Abd’Allah a dit : « J’ai vu l’homme se rapprocher de la femme voulant la protéger contre les pierres.«  »

Cf. http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&pg=209 pour les interprétations de ce hadith.

 

1ère lecture : Promesse du nouvel exode (Is 43, 16-21)

Lecture du livre d’Isaïe

Ainsi parle le Seigneur, lui qui fit une route à travers la mer, un sentier au milieu des eaux puissantes, lui qui mit en campagne des chars et des chevaux, des troupes et de puissants guerriers ; et les voilà couchés pour ne plus se relever, ils se sont éteints, ils se sont consumés comme une mèche.
Le Seigneur dit : Ne vous souvenez plus d’autrefois, ne songez plus au passé. Voici que je fais un monde nouveau : il germe déjà, ne le voyez-vous pas ? Oui, je vais faire passer une route dans le désert, des fleuves dans les lieux arides. Les bêtes sauvages me rendront gloire ? les chacals et les autruches ? parce que j’aurai fait couler de l’eau dans le désert, des fleuves dans les lieux arides, pour désaltérer le peuple, mon élu.
Ce peuple que j’ai formé pour moi redira ma louange.

Psaume : Ps 125, 1-2ab, 2cd-3, 4-5, 6

R/ Le Seigneur a fait merveille : nous voici dans la joie.

Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion,
nous étions comme en rêve !
Alors notre bouche était pleine de rires,
nous poussions des cris de joie.

Alors on disait parmi les nations :
« Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! »
Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous
nous étions en grande fête !

Ramène, Seigneur, nos captifs,
comme les torrents au désert.
Qui sème dans les larmes
moissonne dans la joie.

Il s’en va, il s’en va en pleurant,
il jette la semence ;
il s’en vient, il s’en vient dans la joie,
il rapporte les gerbes.

2ème lecture : Renoncer à tout pour être avec le Christ (Ph 3, 8-14)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens

Frères, tous les avantages que j’avais autrefois, je les considère maintenant comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur. À cause de lui, j’ai tout perdu ; je considère tout comme des balayures, en vue d’un seul avantage, le Christ, en qui Dieu me reconnaîtra comme juste. Cette justice ne vient pas de moi-même ? c’est-à-dire de mon obéissance à la loi de Moïse ? mais de la foi au Christ : c’est la justice qui vient de Dieu et qui est fondée sur la foi.
Il s’agit de connaître le Christ, d’éprouver la puissance de sa résurrection et de communier aux souffrances de sa passion, en reproduisant en moi sa mort, dans l’espoir de parvenir, moi aussi, à ressusciter d’entre les morts.
Certes, je ne suis pas encore arrivé, je ne suis pas encore au bout, mais je poursuis ma course pour saisir tout cela, comme j’ai moi-même été saisi par le Christ Jésus.
Frères, je ne pense pas l’avoir déjà saisi. Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but pour remporter le prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus.

Evangile : Jésus et la femme adultère : « Va, et ne pèche plus » (Jn 8, 1-11)

Acclamation : Gloire à toi, Seigneur. Gloire à toi. Auprès du Seigneur est la grâce, près de lui, la pleine délivrance. Gloire à toi, Seigneur. Gloire à toi. (Ps 129, 7)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jésus s’était rendu au mont des Oliviers ; de bon matin, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner.
Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en train de commettre l’adultère. Ils la font avancer, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été prise en flagrant délit d’adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, qu’en dis-tu ? »
Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il traçait des traits sur le sol.
Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter la pierre. »
Et il se baissa de nouveau pour tracer des traits sur le sol.
Quant à eux, sur cette réponse, ils s’en allaient l’un après l’autre, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme en face de lui.
Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-il donc ? Alors, personne ne t’a condamnée ? »

Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »
Patrick Braud

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