L'homélie du dimanche (prochain)

17 mars 2012

L’identité narrative : relire son histoire

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L’identité narrative : relire son histoire

 

Homélie du 4° Dimanche de Carême  18/03/2012

 

Le second Livre des Chroniques entendu ce dimanche est comme un flash-back. L’auteur balaie des décennies récentes de l’histoire deL'identité narrative : relire son histoire dans Communauté spirituelle nabuchodonozor_execution_fils_sedecias son peuple. Il met un peu d’ordre et de cohérence dans le foutoir apparent des événements chaotiques que le peuple d’Israël s’est pris de plein fouet sans rien comprendre au début : la dérive des élites de Jérusalem, le sac de la ville et du temple par Nabuchodonosor, le roi Sédécias déporté en exil - les yeux crevés comme pour souligner son aveuglement antérieur - avec les survivants de ce massacre, l’esclavage pendant 70 ans, le retour improbable grâce à Cyrus, étrange roi-messie perse…

Pour se rendre compte de l’ampleur de ce travail de relecture, imaginez des juifs d’aujourd’hui tenter de recoller les morceaux du puzzle du siècle écoulé : la diaspora en Europe, la Shoah sous Hitler, 6 millions de déportés et un massacre inégalé, le retour en Israël improbable après la fin du cauchemar, et maintenant à nouveau la guerre permanente avec les voisins arabes…

 

Si l’histoire collective vous semble trop vaste à embrasser dans ce travail de relecture, faites défiler votre propre histoire devant vos yeux : vos tournants professionnels, vos réussites et vos échecs, les périodes où vous n’avez pas compris ce qui vous arrivait et que vous pouvez maintenant déchiffrer en expliquant pourquoi, pour quoi c’est arrivé.

 

Relire son histoire, c’est capital pour continuer à exister comme peuple, pour ressaisir son identité personnelle.

Le Livre des Chroniques fait cet exercice des années après, comme toujours : ce n’est pas sur le moment qu’on y voit clair. Il faut du recul, de la distance, de la réflexion et du discernement.

C’est d’abord Sédécias, le roi juif, qui apparaît comme la cause de ce malheur, et non le peuple lui-même. Sédécias avec les élites religieuses qui l’entouraient. Il sacrifiait à d’autres dieux que YHWH. Il se moquait des prophètes que Dieu envoyait « sans se lasser ». L’échec des prophètes vient de là ; la ruine de Jérusalem et la déportation également. C’est donc de la faute des chefs du peuple si l’esclavage a de nouveau humilié Israël. Et c’est par la grâce de YHWH si le roi perse Cyrus lui a miraculeusement permis de rentrer chez lui après cet exil. Telle est la relecture du Livre des Chroniques, où l’auteur essaie de trouver une cohérence dans l’enchaînement des événements qui se sont succédés dans un désordre apparent.

 

Paul se livre à un exercice semblable de relecture de son histoire personnelle dans la lettre aux Éphésiens (et dans bien d’autres lettres). Il sait bien qu’il était un persécuteur. Il ne mérite en rien ce qui lui est arrivé sur le chemin de Damas. « Cela ne vient pas de vos actes, il n’y a pas à en tirer orgueil » : il peut inviter les Éphésiens à croire en cette gratuité du choix de Dieu, parce qu’il peut lui-même raconter comment cela s’est passé dans son histoire. Par trois fois dans le livre des Actes des Apôtres (Ac 9;22;26), Paul raconte cette rencontre éblouissante qui a marqué sa vie, et dont il nous livre trois versions successives, non identiques.

 

Jésus lui-même, en reprenant le symbole du serpent d’airain élevé sur le bois dans le désert, semble bien interpréter sa propre histoire à la lumière de ce qui est arrivé autrefois. Parce qu’il connaît les écritures ?par le c?ur’, il va y puiser cette référence au serpent de bronze élevé par Moïse pour mettre du sens et de la cohérence dans l’immense chaos apparent de l’infamie de la croix qui approche.

 

Relire son histoire est un enjeu collectif et personnel.

Cela demande de pouvoir raconter, et de pouvoir interpréter.

 

Raconter

C’est ce que Paul Ricoeur appelle l’identité narrative, qu’on peut résumer autour de la proposition suivante : « Je deviens moi-même en me racontant ».

La définition technique de l’identité narrative a été donnée par Paul Ricoeur dans son ouvrage ?Temps et récit’  (1985) :

13731-gf herméneutique dans Communauté spirituelle« Sans le secours de la narration, le problème de l’identité personnelle est en effet voué à une antinomie sans solution : ou bien l’on pose un sujet identique à lui-même dans la diversité de ses états, ou bien l’on tient, à la suite de Hume et de Nietzsche, que ce sujet identique n’est qu’une illusion substantialiste [?] Le dilemme disparaît si, à l’identité comprise au sens d’un même (idem), on substitue l’identité comprise au sens d’un soi-même (ipse) ; la différence entre idem et ipse n’est autre que la différence entre une identité substantielle ou formelle et l’identité narrative. [?] À la différence de l’identité abstraite du Même, l’identité narrative, constitutive de l’ipséité, peut inclure le changement, la mutabilité, dans la cohésion d’une vie. Le sujet apparaît alors constitué à la fois comme lecteur et comme scripteur de sa propre vie selon le v?u de Proust. Comme l’analyse littéraire de l’autobiographie le vérifie, l’histoire d’une vie ne cesse d’être refigurée par toutes les histoires véridiques ou fictives qu’un sujet se raconte sur lui-même. Cette refiguration fait de la vie elle-même un tissu d’histoires racontées. [?] L’identité narrative n’est pas une identité stable et sans faille ; de même qu’il est possible de composer plusieurs intrigues au sujet des mêmes incidents [?] de même il est toujours possible de tramer sur sa propre vie des intrigues différentes, voire opposées. [?] En ce sens, l’identité narrative ne cesse de se faire et de se défaire. »

« L’identité narrative, constitutive de l’ipséité, peut inclure le changement, la mutabilité, dans la cohésion d’une vie. Le sujet apparaît alors constitué à la fois comme lecteur et scripteur de sa propre vie ».

 

Chacun devient lui-même lorsqu’il peut trouver les mots pour ?narrer’, pour raconter ce qui lui est arrivé. Par écrit ou par oral, quelquefois de manière artistique (tant de peintures, d’oeuvres musicales ou littéraires sont autobiographiques). À l’image de l’apôtre Paul qui raconte trois fois le tournant de son existence, chacun de nous peut et doit sans cesse raconter le fil rouge de la trajectoire de sa vie.

Un peuple ignore son identité tant qu’un griot, un historien, un poète ou un savant ne la lui livre à travers une saga, une épopée, un mythe fondateur…

Dans les retraites spirituelles, relire son histoire passe par raconter à un accompagnateur, à Dieu et à soi-même, les événements où la question du sens et de la cohérence d’une vie se présente.

 

Interpréter

Raconter ne suffit pas. Il faut encore découvrir à travers ce récit où et comment Dieu 9.+Chagall+Crucifixion identitéagit dans tout ce fatras. Qu’est-ce que cela signifie ? Où tout cela conduit-il ?

 

C’est ce qu’on appelle l’herméneutique :

l’interprétation des événements pour leur donner du sens, une direction, une signification.

 

L’évangile de ce dimanche nous redit (avec tant d’autres) que Jésus faisait sans cesse référence aux Écritures pour interpréter les chocs successifs qui vont le conduire au supplice des esclaves.

 

C’est une clé très sûre pour nous également : en scrutant les deux Testaments, nous aurons en main le trousseau de clés à qui aucune des serrures de l’histoire ne résiste.

 

 

  

Relire son histoire, l’interpréter à la lumière de la Bible : où en sommes-nous de cet exercice spirituel ?

 

 

 

1ère lecture : Châtiment et pardon : l’exil et le retour (2Ch 36, 14-16.19-23)

Lecture du second livre des Chroniques

Sous le règne de Sédécias, tous les chefs des prêtres et le peuple multipliaient les infidélités, en imitant toutes les pratiques sacrilèges des nations païennes, et ils profanaient le temple de Jérusalem consacré par le Seigneur.
Le Dieu de leurs pères, sans attendre et sans se lasser, leur envoyait des messagers, car il avait pitié de sa Demeure et de son peuple.
Mais eux tournaient en dérision les envoyés de Dieu, méprisaient ses paroles, et se moquaient de ses prophètes ; finalement, il n’y eut plus de remède à la colère grandissante du Seigneur contre son peuple.
Les Babyloniens brûlèrent le temple de Dieu, abattirent les murailles de Jérusalem, incendièrent et détruisirent ses palais, avec tous leurs objets précieux.
Nabucodonosor déporta à Babylone ceux qui avaient échappé au massacre ; ils devinrent les esclaves du roi et de ses fils jusqu’au temps de la domination des Perses.
Ainsi s’accomplit la parole du Seigneur proclamée par Jérémie : La terre sera dévastée et elle se reposera durant soixante-dix ans, jusqu’à ce qu’elle ait compensé par ce repos tous les sabbats profanés.

Or, la première année de Cyrus, roi de Perse, pour que soit accomplie la parole proclamée par Jérémie, le Seigneur inspira Cyrus, roi de Perse. Et celui-ci fit publier dans tout son royaume ? et même consigner par écrit ? :
« Ainsi parle Cyrus, roi de Perse : Le Seigneur, le Dieu du ciel, m’a donné tous les royaumes de la terre ; et il m’a chargé de lui bâtir un temple à Jérusalem, en Judée. Tous ceux d’entre vous qui font partie de son peuple, que le Seigneur leur Dieu soit avec eux, et qu’ils montent à Jérusalem ! »

 

Psaume : Ps 136, 1-2, 3, 4-5, 6

R/ Jérusalem, au profond de mon c?ur, Jérusalem, au plus haut de ma joie !

Au bord des fleuves de Babylone
nous étions assis et nous pleurions,
nous souvenant de Sion ;
aux saules des alentours
nous avions pendu nos harpes.

C’est là que nos vainqueurs
   nous demandèrent des chansons, 
et nos bourreaux, des airs joyeux : 
« Chantez-nous, disaient-ils,
quelque chant de Sion. » 

Comment chanterions-nous
   un chant du Seigneur 
sur une terre étrangère ? 
Si je t’oublie, Jérusalem,
que ma main droite m’oublie ! 

Je veux que ma langue
   s’attache à mon palais 
si je perds ton souvenir, 
si je n’élève Jérusalem,
au sommet de ma joie.

 

2ème lecture : Par grâce, Dieu nous fait revivre (Ep 2, 4-10)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens

Frères, Dieu est riche en miséricorde ; à cause du grand amour dont il nous a aimés,
nous qui étions des morts par suite de nos fautes, il nous a fait revivre avec le Christ : c’est bien par grâce que vous êtes sauvés.
Avec lui, il nous a ressuscités ; avec lui, il nous a fait régner aux cieux, dans le Christ Jésus. Par sa bonté pour nous dans le Christ Jésus, il voulait montrer, au long des âges futurs, la richesse infinie de sa grâce.
C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, à cause de votre foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu.
Cela ne vient pas de vos actes, il n’y a pas à en tirer orgueil. C’est Dieu qui nous a faits, il nous a créés en Jésus Christ, pour que nos actes soient vraiment bons, conformes à la voie que Dieu a tracée pour nous et que nous devons suivre.

 

Evangile : Dieu a envoyé son Fils pour sauver le monde (Jn 3, 14-21)

Acclamation : Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus. Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique. Tout homme qui croit en lui possède la vie éternelle. Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus. (Jn 3, 16)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle.
Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle.
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne veut pas croire est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
Et le Jugement, le voici : quand la lumière est venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs ?uvres étaient mauvaises.
En effet, tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses ?uvres ne lui soient reprochées ; mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses ?uvres soient reconnues comme des ?uvres de Dieu.
Patrick Braud

  

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10 mars 2012

Une Loi, deux tables, 10 paroles

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Une Loi, deux tables, 10 paroles

 

Homélie du 3° Dimanche de Carême  11/03/2012

 

Une Loi, deux tables, 10 paroles dans Communauté spirituelle tables-lois-synagogue-tournelles

Tout le monde connaît les 10 commandements. Le peuple juif préfère les appeler les 10 paroles, justement parce que la première de ces paroles n’est pas un comman

dement, mais un acte de mémoire : « Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ait fait sortir du pays d’Égypte… ». La tradition juive a classé ces 10 paroles en deux groupes de 5 : les fameuses deux tables de la Loi. On peut ainsi les mettre en parallèle de manière à visualiser les liens qui existent entre les cinq premières paroles qui concernent essentiellement Dieu (sauf la parole sur l’honneur dû aux parents, mais elle fait justement la jonction entre le Dieu Père et les parents humains) et les cinq dernières paroles qui concernent les relations entre les hommes.

  

Dans chaque synagogue (juive) ou temple (protestant), les deux tables de la Loi sont ainsi représentées (vitrail, sculpture, inscription…).

 

Chaque parole sur Dieu éclaire la parole correspondante sur l’homme et réciproquement.

Essayons de parcourir ces liens.

 

1. Je suis le Seigneur ton Dieu,
qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte

6. Tu ne tueras pas

2. Tu n’auras pas d’autre Dieu que moi

7. Tu ne commettras pas d’adultère

3. Tu n’invoqueras pas le nom du Seigneur ton Dieu pour le mal

8. Tu ne voleras pas.

4. Tu feras du shabbat un mémorial

9. Tu ne feras pas de faux témoignage

5. Honore ton père et ta mère

10. Tu ne convoiteras pas

 

 

 

 

 

 

 

1 & 6

Mémoire de l’Exode á Interdit du meurtre

Oublier l’Égypte, c’est s’exposer au meurtre.

Si Israël ne fait pas mémoire de l’Exode, il finira par maltraiter ses immigrés, ses étrangers. Indirectement également, si j’oublie combien Dieu m’a libéré, je le ferai payer  cher aux autres.

La perte de mémoire de notre histoire avec Dieu conduit à la violence entre les hommes.

 

2 & 7

Idolâtrie á Adultère

L’idolâtrie est un véritable adultère. Idolâtrie de l’argent, du pouvoir, du savoir? : toutes les formes d’adoration où le culte du vrai Dieu est oublié.

Tromper Dieu avec des idoles ou tromper son conjoint, ses amis : ces infidélités se nourrissent l’une l’autre.

 

3 8

Instrumentalisation de Dieu á Vol

Utiliser le nom de Dieu pour le mal est un vol, et même la source de tout vol. L’homme qui dérobe à Dieu sa vérité hésitera pas à dérober à son prochain ce qu’il appartient.

 

4 & 9

Shabbat á Témoignage

Ne pas célébrer le shabbat est un faux témoignage porté à la face du monde. Si Israël ne célèbre plus le septième jour, il n’est plus le témoin du Dieu unique devant les nations.

 

5 & 10

Honneur des parents á Convoitise

Ne pas honorer ses parents engendre la convoitise. En effet, dès lors qu’on n’est plus dans l’héritage (accepter de recevoir ce qui est donné des parents, le meilleur comme le pire) on se met en situation d’appropriation (désirer prendre le bien d’autrui).

 

Parcourir également ces liens en sens inverse donne à penser :

 

6 1

Interdit du meurtre á Mémoire de l’Exode

Commettre un meurtre, c’est nier l’Exode. Car le véritable esclavage est bien celui qui refuse à l’autre le droit d’être lui-même.

 

7 & 2

Adultère á Idolâtrie

Commettre un adultère, c’est en fait considérer le plaisir ou l’épanouissement individuel comme beaucoup plus important que l’alliance. L’idolâtrie puise sa source ici : préférer un petit dieu à son image, à la taille de son envie, plutôt que l’alliance avec sa traversée du désert et ses moments arides.

 

8 3

Vol á Instrumentalisation de Dieu

Le lien est plus subtil : entre le vol et l’usage du nom de Dieu pour le mal, il y a pourtant cette habitude qui s’installe de justifier ses appétits par les meilleures raisons du monde. On voit des puissants légitimer leur fortune par l’ordre ou la justice.

On entend des fanatiques voler des vies au nom de Dieu.

On constate que les inégalités s’accumulent au nom de soi-disant ?lois d’airain’ incontestables, quasi divines.

La liste est longue où l’on utilise la sacralisation pour en fait voler l’autre.

 

9 & 4

Témoignage á Shabbat

Témoigner contre son prochain à tort, c’est profaner le shabbat, car la création ne peut se reposer tant que les mensonges destructeurs d’autrui compromettent la fraternité entre tous (parents, fils, filles, serviteurs, bêtes).

 

10 & 5

Convoitise á Honneur des parents

Convoiter le bien d’autrui finit toujours par engendrer le mépris de ses propres parents. On envie leur réussite, on ne voit plus en eux des racines mais des fruits à prendre. On en vient tel le fils prodigue à lorgner sur l’héritage.

 

Finalement, la disposition des 10 Paroles en 2 tables nous oblige à lier sans cesse notre comportement envers Dieu et nos relations aux autres, et réciproquement.

C’est peut-être cette réciproque qui échappe le plus à nos cultures occidentales modernes. Nos sociétés sécularisées européennes veulent bien que la religion aide à avoir une éthique altruiste et généreuse. Mais elles admettent difficilement que les défauts dans les relations sociales s’enracinent pour une bonne part dans des ruptures d’Alliance avec Dieu?

 

C’est aux croyants, et surtout aux monothéistes qui ont ces 10 Paroles en commun, de démontrer que Dieu et l’homme sont inséparables.

 

Chacun de nous peut cette semaine choisir un ligne parmi les 5 du tableau ci-dessus (1=6 / 2=7 / 3=8 / 4=9 / 5=10) et méditer sur les liens réciproques qui unissent les 2 paroles choisies?

 

1ère lecture : Dieu donne sa loi par Moïse (brève : 20,1-3.7-8.12-17) (Ex 20, 1-17)

Lecture du livre de l’Exode

Sur le Sinaï, Dieu prononça toutes les paroles que voici :
« Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage.
Tu n’auras pas d’autres dieux que moi.
Tu ne feras aucune idole, aucune image de ce qui est là-haut dans les cieux, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux par-dessous la terre.
Tu ne te prosterneras pas devant ces images, pour leur rendre un culte. Car moi, le Seigneur ton Dieu, je suis un Dieu jaloux : chez ceux qui me haïssent, je punis la faute des pères sur les fils, jusqu’à la troisième et la quatrième génération ;
mais ceux qui m’aiment et observent mes commandements, je leur garde ma fidélité jusqu’à la millième génération.
Tu n’invoqueras pas le nom du Seigneur ton Dieu pour le mal, car le Seigneur ne laissera pas impuni celui qui invoque son nom pour le mal.
Tu feras du sabbat un mémorial, un jour sacré.
Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage ;
mais le septième jour est le jour du repos, sabbat en l’honneur du Seigneur ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l’immigré qui réside dans ta ville.
Car en six jours le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent, mais il s’est reposé le septième jour. C’est pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat et l’a consacré.
Honore ton père et ta mère, afin d’avoir longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu.
Tu ne commettras pas de meurtre.
Tu ne commettras pas d’adultère.
Tu ne commettras pas de vol.
Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain.
Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son boeuf, ni son âne : rien de ce qui lui appartient. »

 

 

Psaume : Ps 18, 8, 9, 10, 11

R/ Dieu ! Tu as les paroles de vie éternelle

La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples. 

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le c?ur ; 
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard. 

La crainte qu’il inspire est pure,
elle est là pour toujours ; 
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables : 

plus désirables que l’or,
qu’une masse d’or fin, 
plus savoureuses que le miel
qui coule des rayons.
Patrick BRAUD

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3 mars 2012

Visage exposé, à l’écart, en hauteur

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Visage exposé, à l’écart, en hauteur

 

Homélie du 2° Dimanche de Carême
04/03/2012

Un visage, des visages

C’est le titre d’une exposition très originale à Roubaix. Dans un bâtiment de briques de 1902 où l’on conditionnait autrefois la laine et la soie qui faisaient la fortune du Nord (d’où son nom : « la Condition Publique »), l’allée centrale découverte et les entrepôts sont reconvertis en itinéraire initiatique. Une première composition met en valeur neuf visages de la zone urbaine sensible (ZUS) du Pile, le quartier environnant. D’anciens tissus nordistes du musée de la Piscine (à Roubaix toujours) leur servent de fond d’écran, jusqu’à s’imprimer en transparence sur leur peau. Ils s’animent à tour de rôle ou ensemble pour chanter dans toutes les langues.

 

Il y a Maria la portugaise généreuse qui chante Piaf, Zena le rappeur à capuche trop timide pour chanter mais qui dévoile finalement sa face, Alice l’enfant de 13 ans déjà trop grosse qui rit de bonheur en fredonnant son idole, Willia l’africaine plus noire encore que ses piercings… Il se dégage de cette exposition une possibilité de transfiguration du visage par la voix : par le chant, les cultures transforment les yeux, font surgir d’autres sourires, d’autres plissements de front, d’autres mouvements de lèvres. Ce multiculturalisme est ici heureux, dans la précarité même de cette ZUS au passé cossu.

Un peu plus loin, une deuxième exposition est beaucoup plus sombre. Regards coulés sous la capuche, mines renfrognées et sourires soudains, portraits en solitude ou groupes d’amis bras dessus, bras dessous, l’installation égrène en un noir et blanc dur ou sépia 300 portraits co-construits de jeunes gens qui vivent dans la brique du Nord, dans le béton d’Évry ou les cités de Mantes-la-Jolie. Des centaines de regards en noir et blanc apparaissent aléatoirement sur des écrans de toutes tailles, au milieu d’un tic-tac inquiétant. Des visages sur écrans géants reproduisent le stéréotype du jeune de banlieue : un garçon, noir ou arabe, survêtement ou casquette de rigueur, les yeux durs et agressifs, toujours en noir et blanc. C’est à peine si l’angoisse s’allège lorsque enfin ce cliché se déride et rit un bref instant à pleines dents, pour montrer que les stéréotypes ne sont que des clichés, des chiqués… Mais le sentiment de malaise persiste dans la semi obscurité où les noms des 1200 ZUS de France succèdent sur les écrans à des centaines de visages durs et froids.

 

 

À l’écart, en hauteur

Où donc se reproduit aujourd’hui la Transfiguration qui éclaboussait Pierre, Jacques et Jean d’une beauté indicible ?

La première exposition de la Condition Publique la mettait en scène dans les portraits d’une ZUS, lorsque le chant les sublimait. La deuxième exposition pariait sur le rire pour révéler le dessous d’une casquette pourtant terriblement marquée par la malchance d’être née là et ainsi.

 

Notre évangile semble avoir choisi une autre voie : « à l’écart, sur une haute montagne ».

À l’écart : comme si notre vraie beauté demandait de créer de la distance pour se manifester.

Sur une haute montagne : comme si la seule proximité du Visage exposé, à l'écart, en hauteur dans Communauté spirituelleDieu très haut pouvait révéler la vraie splendeur d’un être, jusqu’à changer profondément sa présence au monde. Le visage transfiguré est le signe et la trace d’une nouvelle manière d’être en relation ; les habits resplendissants de blancheur symbolisent notre humanité ‘habillée’ pour cette rencontre ultime avec Dieu.

 

Voilà peut-être deux indices à retenir :

 

- accepter d’être emmené, seul, à l’écart de la surface de nos présences habituelles ;

- gravir une haute montagne, qui peut être celle de la conscience à soi et à Dieu, ou celle du plongeon dans l’action pour laquelle on est fait.

Car paradoxalement, prendre de la hauteur et plonger au plus profond ne sont pas contradictoires pour Jésus. En effet : « celui-ci est mon fils bien-aimé. Écoutez-le » est la phrase de la Transfiguration comme celle du baptême dans le Jourdain. Les deux mouvements se rejoignent : faire corps avec les pécheurs et faire resplendir la vraie beauté de l’homme sont un même mouvement, et font système.

 

La ZUS actuelle de Roubaix et sa richesse passée ne sont peut-être pas si éloignées l’un de l’autre. La magnificence des laines et des soies de tous les pays entreposées dans la Condition Publique annonçait le melting-pot des visages de cette banlieue, qui doit en retour se souvenir de sa fortune passée pour ne pas désespérer de sa noirceur apparente.  

 

En d’autres termes, plus personnels : la nécessité de prendre de la hauteur et de la distance par rapport aux soucis qui nous submergent est essentielle à la manifestation de la beauté du visage de chacun. Contrairement au discours qui voudrait situer dans ?le quotidien de tous les jours’ la vérité humaine, c’est ici dans les moments de rupture, d’altérité, de différence radicale que survient la transfiguration du parcours ordinaire.

 

S’il n’y a pas ces ruptures (retraites spirituelles, extases de tous ordres, éblouissements artistiques, expériences limite…), la plaine uniformise tout. Il vaut mieux les bas-fonds du Jourdain (le baptême du Christ) ou les essoufflements du Thabor (la Transfiguration) que la tiède complaisance avec des plaines trop répétitives…

 

 

Puissions-nous découvrir ce que signifie pour chacun : « être emmené à l’écart, sur une haute montagne ».

Alors peut-être surviendra cet éblouissement qui ne cesse de marquer le regard et le visage des amis du Christ.

 

 

 

 

1ère lecture : Dieu met Abraham à l’épreuve, et lui renouvelle ses promesses (Gn 22, 1-2.9a.10-13.15-18)

Lecture du livre de la Genèse

Dieu mit Abraham à l’épreuve. Il lui dit : « Abraham ! » Celui-ci répondit : « Me voici ! »
Dieu dit : « Prends ton fils, ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah, et là tu l’offriras en sacrifice sur la montagne que je t’indiquerai. »

Quand ils furent arrivés à l’endroit que Dieu lui avait indiqué, Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils.
Mais l’ange du Seigneur l’appela du haut du ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! »
L’ange lui dit : « Ne porte pas la main sur l’enfant ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m’as pas refusé ton fils, ton fils unique. »
Abraham leva les yeux et vit un bélier, qui s’était pris les cornes dans un buisson. Il alla prendre le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils.
Du ciel l’ange du Seigneur appela une seconde fois Abraham :
« Je le jure par moi-même, déclare le Seigneur : parce que tu as fait cela, parce que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton fils unique, je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, et ta descendance tiendra les places fortes de ses ennemis.
Puisque tu m’as obéi, toutes les nations de la terre s’adresseront l’une à l’autre la bénédiction par le nom de ta descendance. »

 

Psaume : Ps 115, 10.15, 16ac-17, 18-19

R/ Je marcherai en présence du Seigneur sur la terre des vivants

Je crois, et je parlerai,
moi qui ai beaucoup souffert.
Il en coûte au Seigneur
de voir mourir les siens !

Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur, 
moi, dont tu brisas les chaînes ?
Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce,
j’invoquerai le nom du Seigneur.

Je tiendrai mes promesses au Seigneur,
oui, devant tout son peuple, 
à l’entrée de la maison du Seigneur,
au milieu de Jérusalem !

 

2ème lecture : Le sacrifice du Fils (Rm 8, 31-34)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères, si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?
Il n’a pas refusé son propre Fils, il l’a livré pour nous tous : comment pourrait-il avec lui ne pas nous donner tout ?
Qui accusera ceux que Dieu a choisis ? puisque c’est Dieu qui justifie.
Qui pourra condamner ? puisque Jésus Christ est mort ; plus encore : il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous.

 

Evangile : La Transfiguration (Mc 9, 2-10)

Acclamation : Gloire au Christ, Parole éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur. Du sein de la nuée resplendissante, la voix du Père à retenti : « Voici mon Fils, mon bien-aimé, écoutez-le ! » Gloire au Christ, Parole éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur. (cf. Mt 17, 5)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux.
Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille.
Élie leur apparut avec Moïse, et ils s’entretenaient avec Jésus.
Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est heureux que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. »
De fait, il ne savait que dire, tant était grande leur frayeur.
Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le. »
Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.

En descendant de la montagne, Jésus leur défendit de raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts.
Et ils restèrent fermement attachés à cette consigne, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d’entre les morts ». 
Patrick Braud

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18 février 2012

Une Église de brancardiers, qui accepte de se faire remonter les bretelles

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Une Église de brancardiers,
qui accepte de se faire remonter les bretelles

 

Homélie du 7° Dimanche ordinaire  / Année B

19/02/2012

 

D’étranges bretelles

Allez à Lourdes entre Mai et Septembre. Non seulement vous y verrez les foules de personnes malades et handicapées, mais vous remarquerez également, mélangées aux bonnets et aux blouses des infirmières, d’étranges bretelles portées par les hospitaliers (les membres de l’hospitalité Notre-Dame de Lourdes, ou les hospitalités diocésaines, associations loi 1901 qui pilotent les pèlerinages diocésains).

Bretelles de cordes pour les membres titulaires, bretelles rouges pour les stagiaires et débutants, bretelles de cuir pour les responsables des services généraux : ces étranges ficelles pendant inutilement des épaules des hospitaliers sont la trace d’une pratique des débuts.

 Lorsqu’il n’y avait pas de ?tringlots ? pour déplacer facilement les personnes grabataires, on les portait à force d’hommes. En allongeant le malade sur un brancard, les brancardiers enfilaient les quatre poignées du brancard dans ces bretelles de cordes, suffisamment résistantes pour porter ainsi sans trop d’efforts à quatre un malade pendant les longues heures des processions et autres célébrations.

Exactement comme dans l’évangile de ce dimanche. Il a fallu quatre porteurs pour que cet homme handicapé – qui n’avait rien demandé en apparence – puisse être mis en présence de Jésus. Quitte à défaire la terrasse du toit de la maison pour le faire descendre directement au milieu de la scène !

 

La bande des 4, c’est l’Église !

Ces quatre porteurs anonymes ont très vite été interprétés comme une des figures de l’Église.

Parce qu’ils portent un frère malade, ils rappellent à l’Église sa vocation d’intercession, d’accompagnement personnalisé, d’action concrète pour soulager la souffrance.

Parce qu’ils sont quatre, le chiffre de l’universel dans la Bible (cf. les quatre points cardinaux, les quatre vents, les quatre coins de la terre dans la représentation de l’époque etc.), ces brancardiers de Capharnaüm rappellent à l’Église que tous les peuples en elle sont invités à s’entraider, à coopérer, pour relever tout homme blessé, quelle que soit son ethnie, sa culture et même sa foi (on ne sait rien de la foi de ce paralytique dans l’évangile, rappelons-le).

 

Voilà donc l’Église en marche : faire coopérer tous les peuples pour présenter au Christ l’humanité paralysée par les blocages modernes, tant personnels que collectifs.

Voilà le vrai culte dont parle Jésus, qui déborde largement les sacrifices et autres obligations rituelles :« c’est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices » (Mt 9,13 ; 12,7).

 

Nos bretelles actuelles

Mais quelles sont les bretelles d’aujourd’hui ? Quelle médiation, quelle intercession, quel accompagnement devraient être au coeur de la vie de nos communautés ecclésiales en ce début de millénaire ?

 

- Les bretelles de la prière d’intercession

C’est évident, mais encore faut-il le redire avec force : la première intercession pour nos frères blessés, c’est la prière. Persévérante, altruiste, tenace voire têtue : la prière de l’Église porte au Christ les aspirations des hommes et des femmes de ce temps, avec confiance.

C’est tout le sens de la prière universelle lors de la messe dominicale.

C’est la mission des prêtres, diacres, religieux et religieuses à travers l’office des heures, c’est-à-dire le bréviaire, où les intentions du monde sont portées devant Dieu avec les mots des psaumes.

C’est la mission irremplaçable de nos vigiles spirituelles que sont les communautés contemplatives de moines et de moniales, intercédant sans se lasser, jour et nuit.

 

- Les bretelles de l’action d’urgence

Depuis le début du christianisme, visiter les malades, soigner, éduquer, promouvoir font partie du coeur de l’annonce de l’Évangile. On ne peut annoncer le Christ vivant sans se retrousser les manches pour qu’il continue à relever l’humanité paralysée, à travers toutes les oeuvres de l’Église notamment. Les Pères Blancs en Afrique installaient invariablement et en même temps une église, des salles de catéchèse, une PMI, une école, un dispensaire…

 

- Les bretelles du savoir

Au-delà de l’urgence, porter l’humanité immobile demande à l’Église une curiosité et une recherche permanente d’un savoir plus humain. Percer les mystères de la nature, découvrir les grandes lois de l’univers, allier « science et conscience » : les pionniers scientifiques étaient la plupart du temps des croyants qui entendaient servir leur foi en apportant au monde les lumières de la raison.

 

- Les bretelles du pardon

« Dieu seul peut pardonner » : la foule n’a pas tort de s’étonner du pardon accordé par l’homme-Jésus au paralysé. De même qu’en Jésus sont unies notre humanité et la divinité, de même dans l’Église sont unies l’intercession et le pardon. De la part de Dieu, unie au Christ, l’Église ne cesse d’être un catalyseur de pardon. Du moins c’est son rôle, et cela est d’autant plus grave quand elle s’en éloigne.

Les commissions de réconciliation nationale qui lui sont confiées en Afrique ou ailleurs après des guerres civiles sont la traduction politique de cette mission capitale.

 

L’intercession, l’action, le savoir, le pardon : voilà au moins quatre bretelles que chaque Église devrait accepter de se faire remonter ! Et il y en a sûrement d’autres.

 

Il suffit pour ce dimanche de visualiser les bretelles des brancardiers de Lourdes, au service fraternel des malades.

Que ce soit dans votre profession, votre famille ou votre quartier, accepterez-vous de vous faire remonter les bretelles pour ceux qui attendent d’être portés ?

 

 

1ère lecture : Dieu pardonne les péchés d’Israël (Is 43, 18-19.21-22.24c-25)

Lecture du livre d’Isaïe

Parole du Seigneur :
Ne vous souvenez plus d’autrefois, ne songez plus au passé.
Voici que je fais un monde nouveau : il germe déjà, ne le voyez-vous pas ? Oui, je vais faire passer une route dans le désert, des fleuves dans les lieux arides.
Ce peuple que j’ai formé pour moire dira ma louange.
Toi, Jacob, tu ne m’avais pas appelé, tu ne t’étais pas fatigué pour moi, Israël !
Par tes péchés tu m’as traité comme un esclave, par tes fautes tu m’as fatigué.
Mais moi, oui, moi, je pardonne tes révoltes, à cause de moi-même, et je ne veux plus me souvenir de tes péchés.

 

Psaume : Ps 40, 2-3a.4a, 5-6, 11a.12a.13

R/ Guéris mon âme, Seigneur, car j’ai péché contre toi

Heureux qui pense au pauvre et au faible : 
le Seigneur le sauve au jour du malheur !
Il le protège et le garde en vie,
 
Il le soutient sur son lit de souffrance.

J’avais dit : « Pitié pour moi, Seigneur, 
guéris-moi, car j’ai péché contre toi ! »
Mes ennemis me condamnent déjà :
 
« Quand sera-t-il mort ? son nom, effacé ? »

Mais toi, Seigneur, prends pitié de moi,
et je saurai que tu m’aimes.
Dans mon innocence tu m’as soutenu
et rétabli pour toujours devant ta face.

 

2ème lecture : Le « oui » du Christ commande notre loyauté (2Co 1, 18-22)

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères,
j’en prends à témoin le Dieu fidèle : le langage que nous vous parlons n’est pas à la fois « oui » et « non ».
Le Fils de Dieu, le Christ Jésus, que nous avons annoncé parmi vous, Silvain, Timothée et moi, n’a pas été à la fois « oui » et « non » ; il n’a jamais été que « oui ».
Et toutes les promesses de Dieu ont trouvé leur « oui » dans sa personne. Aussi est-ce par le Christ que nous disons « amen », notre « oui », pour la gloire de Dieu.
Celui qui nous rend solides pour le Christ dans nos relations avec vous, celui qui nous a consacrés, c’est Dieu ; il a mis sa marque sur nous, et il nous a fait une première avance sur ses dons : l’Esprit qui habite nos c?urs.

 

Evangile : Guérison d’un paralysé, signe du pardon des péchés(Mc 2, 1-12)

Acclamation :

Alléluia. Alléluia. Le Seigneur a envoyé Jésus, son Serviteur, porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres.Alléluia.

(cf. Lc 4,18ab)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Jésus était de retour à Capharnaüm, et la nouvelle se répandit qu’il était à la maison.
Tant de monde s’y rassembla qu’il n’y avait plus de place, même devant la porte. Il leur annonçait la Parole.
Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé, porté par quatre hommes.
Comme ils ne peuvent l’approcher à cause de la foule, ils découvrent le toit au-dessus de lui, font une ouverture, et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé.
Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés. »
Or, il y avait dans l’assistance quelques scribes qui raisonnaient en eux-mêmes :
« Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? »
Saisissant aussitôt dans son esprit les raisonnements qu’ils faisaient, Jésus leur dit : « Pourquoi tenir de tels raisonnements ?
Qu’est-ce qui est le plus facile ? de dire au paralysé : ‘Tes péchés sont pardonnés’, ou bien de dire : ‘Lève-toi, prends ton brancard et marche’ ?
Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre, je te l’ordonne, dit-il au paralysé : Lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi. »
L’homme se leva, prit aussitôt son brancard, et sortit devant tout le monde. Tous étaient stupéfaits et rendaient gloire à Dieu, en disant : « Nous n’avons jamais rien vu de pareil. »

Patrick Braud

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