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8 mai 2010

La gestion des conflits

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La gestion des conflits

 

Homélie du 6° Dimanche de Pâques / année C

09/05/2010

 

On ne s’attend pas à trouver dans la Bible un séminaire de formation professionnelle sur la gestion des conflits en entreprise !

Et pourtant…

 

Rien que dans le livre des Actes des Apôtres, lecture essentielle de ce temps pascal, il y a de multiples situations de désaccords graves, de conflits explicitement mentionnés. Rappelons-en quelques-unes :

 

- Ananie et Saphire, couple de chrétiens, ne veulent pas tout donner à Pierre du prix de vente de leurs propriétés. Ce mensonge va leur valoir la « mort » symbolique à l’Église (on suppose qu’ils ont été excommuniés hors de la communauté, solution violente mais radicale au conflit ; cf. Ac 5,1-11).

Il est d’ailleurs remarquable que Luc n’emploie le terme Église (ekklesia) pour la première fois qu’au dénouement de ce conflit (5,11), pas avant. Comme si l’Église n’était vraiment l’Église qu’après un conflit traversé…

 

- Les « récriminations » des Grecs contre les Hébreux ont failli mal tourner (Ac 6). Le problème était grave : oubli des pauvres (les veuves grecques), risque de perdre du dynamisme missionnaire (« délaisser la parole de Dieu pour le service des tables ») », division ethnique de la communauté (grecs vs hébreux). L’invention des Sept (les futurs diacres) naîtra de la résolution de ce conflit (comme quoi la gestion des conflits peut devenir très féconde !).

 

- Le conflit entre Paul et Barnabé lui aussi a failli dégénérer en bagarre aux poings ! (Ac 15,36-40).

Leur désaccord s’aggrava tellement que la seule solution à cette incompatibilité d’humeur fut d’accepter de se séparer : chacun alla de son côté, en souhaitant bonne route à l’autre, mais sans pouvoir le garder comme collaborateur proche.

Bon nombre de conflits en entreprise doivent se résoudre à cette issue… La gestion des conflits dans Communauté spirituelle apotres

 

- Et il y a Ac 15,1-35, notre deuxième lecture de ce 6° dimanche de Pâques, passage célèbre souvent appelé « le concile de Jérusalem ».

Là encore, le conflit est sérieux : faut-il oui ou non imposer la circoncision juive aux  non-juifs qui veulent devenir chrétiens ? Faut-il leur imposer le respect de la Torah, de la loi juive si contraignante dans la vie quotidienne ?

 

La gestion de ce conflit dans les Actes des Apôtres (qu’on devrait appeler les Actes de l’Esprit, surtout dans ce passage) est exemplaire. Encore aujourd’hui, ce chapitre 15 peut inspirer une « méthode » évangélique pour traverser les inévitables conflits rencontrés dans une communauté (et une entreprise n’est-elle pas une communauté humaine ?).

 

 

 

1. D’abord mettre des mots sur le problème, verbaliser le désaccord.

Plutôt que des murmures dans le dos des personnes concernées, mieux vaut parler.

Paul et Barnabé ne veulent pas nier le conflit. Ils ne font pas l’autruche. Ils n’espèrent pas que « ça va s’arranger » tout seul avec le temps, sans rien faire. Ils ne minimisent pas non plus les désaccords (des « discussions assez graves » les opposent aux partisans de la circoncision). Ils n’usent pas d’arguments lénifiants : « il faut supporter cela avec patience », ou faussement religieux : « priez et ça ira mieux ».

Non : ils font face, ils discutent, ils mettent des mots sur les enjeux, ils ne se taisent pas.

 

2. Devant ce constat d’opposition grave, la communauté cherche une médiation.

« On décida qu’ils monteraient à Jérusalem trouver les apôtres et les anciens à propos de ce différend ».

Ne pas rester dans un face-à-face avec l’adversaire dans un conflit est une précaution de sagesse…

C’est l’Église d’Antioche qui organise (et paye) cette démarche de médiation.

C’est l’Église de Jérusalem qui les accueille.

La résolution du conflit est donc ici vraiment vécue et pensée comme une démarche ecclésiale, pas individuelle.

 

3. Pour résoudre le conflit, on fait intervenir trois niveaux d’autorité, et le recours aux Écritures.

 

Les trois niveaux d’autorité

La discussion devient vive à Jérusalem (15,7), où les opposants à Paul et Barnabé ont eux aussi droit à la parole.

 

* L’autorité personnelle

Alors Pierre intervient et fait une déclaration solennelle (15,7-11).

C’est le niveau personnel d’une autorité qui s’engage en disant « je ».

Pierre s’appuie sur son expérience du baptême du centurion païen Corneille, où l’Esprit Saint n’avait rien exigé de plus que la foi pour le baptiser.

 

* autorité collégiale

Puis Paul et Barnabé, à leur tour, racontent.

Et Jacques lui aussi prendra la parole, pour une autre argumentation, à partir de l’Écriture (un passage du livre d’Amos 9,11 en grec).

Avec la présence de ces apôtres, et les anciens qui participent à la décision (15,22), c’est le niveau collégial de l’autorité qui est ici mis en oeuvre.

Jamais un avis seul : une autorité personnelle cherchera toujours à s’appuyer sur un discernement collégial pour dénouer la crise.

 

* autorité communautaire

Le troisième niveau d’autorité nécessaire est explicitement mentionné en 15,22 : « d’accord avec toute l’Église », et dans la lettre exposant le dénouement du conflit : « les apôtres, les anciens et les frères » (15,23), et encore plus dans la fameuse expression : « l’Esprit saint et nous-mêmes avons décidé que », le « nous » incluant toute l’Église. C’est la dimension communautaire de la réflexion nécessaire pour dénouer une crise.

 

Les Écritures

Jacques va puiser dans le prophète Amos l’argument qui va ouvrir le c?ur des juifs à l’accueil des nations païennes.

C’est une manière de revenir au projet fondateur, aux valeurs essentielles qui unissent la communauté humaine concernée par le conflit.

 

Trouver une solution à un conflit demande donc de faire jouer ces trois niveaux de l’autorité : personnel / collégial / communautaire, en les ancrant dans la référence aux valeurs fondamentales que vit la communauté, exprimée ici par les Écritures.

 

4. La recherche d’un compromis

La solution qui permet de traverser le conflit est rarement une victoire des uns contre les autres, ce qui serait une pure domination. Il y a toujours dans l’accord, surtout quand il est « inspiré », la prise en compte de la part de vérité que détiennent les minoritaires, ou ceux qui paraissent avoir tort. Ici, c’est le respect des juifs devenus chrétiens qui est intégré à la décision finale (15,28-30) : ne pas choquer ces chrétiens d’origine juive en mangeant des viandes idolâtres ou non-casher, et autres prescriptions qui leur permettent de sortir du conflit la tête haute.

Ne pas humilier l’adversaire, trouver une solution gagnant-gagnant, intégrer la part de vérité de l’autre : ce sont des conditions essentielles d’une bonne résolution des conflits.

 

5. La communication de la décision

Résoudre un conflit ne suffit pas, encore faut-il le faire savoir ! Ce sera le rôle des « médiateurs du retour », Judas et Silas, envoyé par l’Église de Jérusalem pour accompagner et expliquer la décision de sortie de crise.

C’est capital de prendre ce temps de la communication après le conflit.

 

6. L’invitation à reprendre ensemble un projet commun enthousiasmant

Judas et Silas s’y emploient à Antioche (Ac 15,30-33).

Le conflit n’est vraiment terminé que lorsqu’il débouche sur la reprise de l’aventure commune (ou sur la « séparation fraternelle », comme Paul et Barnabé plus loin).

 

Reprenez ces différents éléments de la gestion des conflits qu’opère notre « concile de Jérusalem ».

Essayez de les transposer aux inévitables conflits que vous vivez dans le monde du travail, en entreprise.

Vous verrez : l’Écriture est souvent un meilleur coach que bien des coaches sur le marché…

 

 

 

Lecture du Livre des Actes des Apôtres : Le « concile de Jérusalem »

01 Certaines gens venus de Judée voulaient endoctriner les frères de l’Église d’Antioche en leur disant : « Si vous ne recevez pas la circoncision selon la loi de Moïse, vous ne pouvez pas être sauvés. »

02 Cela provoqua un conflit et des discussions assez graves entre ces gens-là et Paul et Barnabé. Alors on décida que Paul et Barnabé, avec quelques autres frères, monteraient à Jérusalem auprès des Apôtres et des Anciens pour discuter de cette question.

03 L’Église d’Antioche pourvut à leur voyage. Ils traversèrent la Phénicie et la Samarie en racontant la conversion des païens, ce qui remplissait de joie tous les frères.

04 A leur arrivée à Jérusalem, ils furent accueillis par l’Église, les Apôtres et les Anciens, et ils rapportèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux.

05 On vit alors intervenir certains membres du parti des pharisiens qui étaient devenus croyants. Ils disaient : « Il faut obliger ces gens à recevoir la circoncision, et à observer la loi de Moïse. »

06 Les Apôtres et les Anciens se réunirent pour examiner cette affaire.

07 Comme cela provoquait des discussions assez graves, Pierre se leva et leur dit : « Frères, vous savez bien comment Dieu a manifesté son choix parmi vous dès les premiers temps : c’est par moi que les païens ont entendu la parole de l’Évangile et sont venus à la foi.

08 Dieu, qui connaît le coeur des hommes, leur a rendu témoignage en leur donnant l’Esprit Saint tout comme à nous ;

09 sans faire aucune distinction entre eux et nous, il a purifié leurs coeurs par la foi.

10 Alors, pourquoi mettez-vous Dieu à l’épreuve en plaçant sur les épaules des disciples un joug que nos pères et nous-mêmes n’avons pas été capables de porter ?

11 Oui, c’est par la grâce du Seigneur Jésus, nous le croyons, que nous avons été sauvés, de la même manière qu’eux. »

12 Toute l’assemblée garda le silence, puis on écouta Barnabé et Paul rapporter tous les signes et les prodiges que Dieu avait accomplis par eux chez les païens.

13 Quand ils eurent terminé, Jacques prit la parole : « Frères, écoutez-moi.

14 Simon-Pierre vous a rapporté comment, dès le début, Dieu a voulu prendre chez les nations païennes un peuple qui serait marqué de son nom.

15 C’est ce que confirment les paroles des prophètes, puisqu’il est écrit :

16 Après cela, je reviendrai pour reconstruire la demeure de David,qui s’est écroulée ;je reconstruirai ce qui était en ruines,je le relèverai ;

17 alors, le reste des hommes cherchera le Seigneur,ainsi que les nations païennes sur lesquelles mon nom a été prononcé. Voilà ce que dit le Seigneur. Il réalise ainsi ses projets,

18 qui sont connus depuis toujours.

19 Je suis donc d’avis de ne pas surcharger ceux des païens qui se convertissent à Dieu,

20 mais de leur écrire qu’ils doivent s’abstenir des souillures de l’idolâtrie, des unions illégitimes, de la viande non saignée et du sang.

21 En effet, depuis les temps les plus anciens Moïse a, dans chaque ville, des gens qui proclament sa Loi, puisqu’on en fait la lecture chaque sabbat dans les synagogues. »

22 Alors les Apôtres et les Anciens décidèrent avec toute l’Église de choisir parmi eux des hommes qu’ils enverraient à Antioche avec Paul et Barnabé. C’étaient des hommes qui avaient de l’autorité parmi les frères : Jude (appelé aussi Barsabbas) et Silas.

23 Voici la lettre qu’ils leur confièrent : « Les Apôtres et les Anciens saluent fraternellement les païens convertis, leurs frères, qui résident à Antioche, en Syrie et en Cilicie.

24 Nous avons appris que quelques-uns des nôtres, sans aucun mandat de notre part, sont allés tenir des propos qui ont jeté chez vous le trouble et le désarroi.

25 Nous avons décidé à l’unanimité de choisir des hommes que nous enverrions chez vous, avec nos frères bien-aimés Barnabé et Paul

26 qui ont consacré leur vie à la cause de notre Seigneur Jésus Christ.

27 Nous vous envoyons donc Jude et Silas, qui vous confirmeront de vive voix ce qui suit :

28 L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas faire peser sur vous d’autres obligations que celles-ci, qui s’imposent :

29 vous abstenir de manger des aliments offerts aux idoles, du sang, ou de la viande non saignée, et vous abstenir des unions illégitimes. En évitant tout cela, vous agirez bien. Courage ! »

30 Alors on invita les messagers à se mettre en route, et ils se rendirent à Antioche. Ayant réuni l’assemblée des fidèles, ils communiquèrent la lettre.

31 À sa lecture, tous se réjouirent de l’encouragement qu’elle apportait.

32 Jude et Silas, qui étaient aussi prophètes, parlèrent longuement aux frères pour les réconforter et les affermir ;

33 après quelque temps, les frères les laissèrent repartir vers ceux qui les avaient envoyés et leur souhaitèrent la paix.

35 Paul et Barnabé, eux, séjournaient à Antioche : ils enseignaient et, avec beaucoup d’autres, ils annonçaient la Bonne Nouvelle de la parole du Seigneur. Patrick BR

Patrick BRAUD

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1 mai 2010

Comme des manchots ?

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Comme des manchots ?

 

La ville, figure de l’espérance chrétienne

 

Homélie du 5° Dimanche de Pâques / année C

02/05/2010

 

Comme des manchots ? dans Communauté spirituelle Manchots_tortueEn plein hiver, lorsqu’il fait -40°, les manchots empereurs de la Terre Adélie ont trouvé la parade. S’ils vont chacun de leur côté, ils meurent de froid sous le blizzard. Alors ils se regroupent, en formant la figure optimum pour diminuer le contact avec le froid extérieur : le cercle. En se serrant ainsi les uns contre les autres, ils arrivent à faire monter la température au centre jusqu’à +30° à l’intérieur de ce grand cercle ! Ceux qui sont exposés à la périphérie ont froid ; alors régulièrement ceux du centre prennent leur relève, pour que tous survivent…

 

Pour les humains, l’équivalent du cercle des manchots empereurs pourrait bien être la ville, figure optimum de la chaleur humaine.

Isolés dans une nature hostile, les premiers hommes avaient du mal à survivre, dans des grottes ou sur la savane. Et puis apparurent les villes. Et avec les villes : l’échange, le commerce, l’artisanat, la richesse… Pour le meilleur et pour le pire, les villes ont propulsé l’humanité à des sommets de civilisation. À tel point que deux tiers de notre humanité bientôt vivront dans des villes. Gigantesques, démesurés, bouillonnantes de tout le paradoxe humain, nos villes disent qui nous sommes.

Leur architecture, leur géographie, leurs monuments, leur art de vivre, leurs relations économique et culturelle aux autres : impossible d’apprécier le génie d’un peuple et la grandeur de son histoire sans déchiffrer ses villes, et le lien communautaire qu’elles incarnent.

 

La Bible l’a bien compris. Elle qui part d’un jardin : l’Eden (le fameux « jardin jadis perdu » comme on le chantait autrefois), pour aller vers une ville : la « Jérusalem nouvelle ».

La deuxième lecture d’aujourd’hui nous montre ainsi l’avenir de l’humanité, non pas sous les traits d’un jardin ou d’une nature sauvage, mais dans la figure d’une ville !

Une ville, c’est-à-dire : la nature humanisée, le lien social personnifié (cette Jérusalem est « comme la fiancée parée pour son époux »), l’échange généralisé.

 

Aucune nostalgie dans la foi chrétienne ! La foi chrétienne conteste radicalement le « mythe de l’éternel retour » (Mircea Eliade) qui caractérise les constructions religieuses humaines. Notre espérance n’est pas de retourner à un « âge d’or » naturel, qui n’a jamais existé. Il est de recevoir de Dieu la grâce d’habiter une « ville nouvelle », où Dieu demeure avec les hommes justement parce que cette ville traduira en organisation monumentale et sociale la vraie « nature » de l’homme : être lié, être relié aux autres et à Dieu, comme les manchots empereurs liés en cercle contre le blizzard glacial…

Au-delà du petit avertissement en forme de clin d’oeil à ceux qui seraient tentés par une écologie nostalgique pré- humaine, la vision « apocalyptique » de la Jérusalem nouvelle est une espérance extraordinaire !

 

Pourtant la ville dans la Bible n’a pas toujours bonne presse.

- On se souvient de Caïn, auteur du premier homicide, qui a bâti la première ville. Mais c’était pour lutter contre l’errance, en accord avec la protection promise par Dieu. Et il a appelé cette ville du nom de son fils : Hénok, comme pour conjurer le meurtre du frère…

babel Apocalypse dans Communauté spirituelle- Puis il y a eu Babel, et la tentation de la pensée unique, de la langue unique, de l’évacuation de la différence, de l’altérité. La tour inachevée de Babel reste le symbole suppliant nos villes d’accepter le brassage, la diversité, la pluralité des langues et des cultures.

D’autres villes résonnent encore comme des menaces dans la Bible :

Ur en Chaldée, symbole de l’idolâtrie qu’Abraham doit quitter.

Sodome et Gomorrhe, rappels de la violence urbaine liée au déni de la différence.

Babylone « la grande », lieu de l’exil et de la déportation qu’imposent les plus fort aux plus faibles : la ville comme lieu de la domination. Heureusement, il sortira de Babylone un roi, Cirrus, pour permettre au peuple de revenir à Jérusalem.

Jéricho, dont les murailles semblent empêcher l’entrée en Terre promise. Ah !,  ces murailles que nous érigeons autour de nos villes pour les isoler du passage et de l’échange avec l’étranger !

Ninive, ville païenne qui « fait ce qui est mal », mais capable de se convertir à l’appel du prophète Jonas (comment désespérer de nos cités avant de les parcourir comme Jonas pour leur annoncer le pardon ?).

- Et regardez le livre des Actes des Apôtres que nous lisons pendant ces 50 jours après Pâques : l’évangélisation y est essentiellement urbaine, pas rurale. Joppé, Antioche, Iconium, Lystre, Derbé, Philippes, Thessalonique… : la liste est longue des villes où l’annonce de la résurrection de Jésus a retenti pour faire naître des Églises, désignées justement par le nom de leur ville (cf. les 7 lettres aux 7 Églises dans l’Apocalypse).

- Et puis il y a Jérusalem.

La Jérusalem historique, cité du roi David, épouse de Yahvé, tantôt triomphante, tantôt asservie.

La Jérusalem qui lapide les prophètes et crucifie Jésus hors de la ville, capable de tant d’infidélité qu’elle en fera pleurer Jésus.

La Jérusalem où le peuple ne fait qu’un, « où tout fait corps », joyau de l’unité promise ; à tel point que le Dieu Un habite au milieu de cette ville lorsqu’elle est unie, en son Temple.

 

La Jérusalem nouvelle de l’Apocalypse de saint Jean récapitule cette histoire urbaine, que la Bible épelle sans s’en cacher la violence ni l’inhumanité. Elle conjugue de fortes murailles, donc des repères et des différenciations structurantes, avec 12 portes ouvertes à tous les peuples de la terre accueillis dans l’Église.

Le rassemblement, l’interdépendance, la complexité du lien social vécu en ville sont donc des figures de la communion à venir.

 

Comment désespérer alors de nos villes modernes ?

Elles peuvent, elles doivent devenir des anticipations de cette Jérusalem céleste.

 

L’Exposition Universelle 2010, la plus grande de tous les temps, débute en Chine à Shangaï ce 1° Mai; elle a pour thème: « Meilleure ville, meilleure vie ». Tout un programme… dont l’enjeu nous touche au coeur de notre foi !

 paris%20vu%20du%20ciel Babel 

Que chacun de nous s’interroge sur la façon dont il vit sa ville, les villes.

Comment avancer vers ce que saint Jean nous dit de la Jérusalem nouvelle ?

Quel est mon investissement pour transformer ma ville – c’est-à-dire mon quartier, les associations autour de moi, l’activité économique, culturelle… – en un lieu de communion ?

Quel rôle pourrions-nous jouer ensemble, comme les manchots empereurs formant le cercle, pour faire de nos villes une source de chaleur humaine et divine ?

 

2° Lecture: Ap 21, 1-5a
La ville nouvelle
Moi, Jean, j’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et il n’y avait plus de mer. Et j’ai vu descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la cité sainte, la Jérusalem nouvelle, toute prête, comme une fiancée parée pour son époux.
Et j’ai entendu la voix puissante qui venait du Trône divin ; elle disait : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes ; il demeurera avec eux, et ils seront son peuple, Dieu lui-même sera avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort n’existera plus ; et il n’y aura plus de pleurs, de cris, ni de tristesse ; car la première création aura disparu. »
Alors celui qui siégeait sur le Trône déclara : « Voici que je fais toutes choses nouvelles. »
Patrick BRAUD
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24 avril 2010

« Passons aux barbares »…

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

« Passons aux barbares »…

 

Homélie du 4° Dimanche de Pâques / année C

25/04/2010

 

« Nous nous tournons vers les païens ».

Ce tournant historique, Paul et Barnabé l’ont pris à Antioche. Pressés par l’hostilité – et même les poursuites – d’un certain nombre de juifs « furieux » de leur succès, ils vont emmener les autres à se tourner vers les « païens » de l’époque, c’est-à-dire ceux que justement les croyants convaincus considéraient comme des idolâtres, des gens impurs.

 

Comme quoi les difficultés rencontrées dans la mission peuvent devenir une source d’élargissement de celle-ci !

La persécution d’Étienne avait déjà engendré une « heureuse » dispersion des disciples hors de Jérusalem.

Puis la manière dont Pierre et ses compagnons ont enduré les persécutions impressionneront leurs adversaires et en convertiront beaucoup.

De même pour les innombrables martyrs qui donneront leur vie avec tant d’amour et de paix – même pour ceux qui les livraient au tribunal et aux lions – que les foules des arènes en seront bouleversées…

 

« Nous nous tournons vers les païens ».

Ce virage est toujours à renégocier.

Cette docilité à l’Esprit Saint qui mène les apôtres dans d’autres cultures est toujours à réactualiser.

 

·      Le passage à la philosophie.

On se souvient du « passage de la philosophie » qu’ont représenté les conciles oecuméniques des premiers siècles. Adopter le langage grec de « nature » et de « substance » pour évoquer l’humanité et la divinité de Jésus (1) : c’est assurément un audacieux tournant !

 

·      La chute de l’empire romain.

On se souvient encore de Saint Augustin : le bruit des armées barbares à la porte de Rome effrayait les chrétiens, qui croyaient que tout était perdu. Augustin les invite courageusement à accepter la fin d’un monde – l’empire romain – et à évangéliser le Nouveau Monde barbare venu d’ailleurs.

 

·      La révolution industrielle.

On se souvient plus près de nous de la célèbre formule d’Ozanam : « passons aux barbares ! »

La révolution industrielle avait engendré des misères effroyables. La Révolution de 1848 éclate avec son cortège de malheurs de toutes sortes. Il faut mettre en oeuvre, et de toute urgence, la charité chrétienne.

Ozanam s’écrie: « Passons aux Barbares et suivons Pie IX. » Ce cri ne fut pas compris et Ozanam dut « Passons aux barbares »... dans Communauté spirituelle 9782204080613s’expliquer: « Aller au peuple c’est à l’exemple de Pie IX, s’occuper de ce peuple qui a trop de besoins et pas assez de droits, qui réclame une plus grande part raisonnable dans les affaires publiques, des garanties pour son travail, des assurances contre sa misère… qui, sans doute, suit de mauvais chefs, mais faute de trouver ailleurs de bons… »

« Passer au peuple, ce n’est pas faire le jeu des Mazzini, des Ochsenhein et des Henri Heine, mais passer au service des masses en y comprenant celles des campagnes aussi bien que des villes. Voilà comment, passer au peuple, c’est passer aux Barbares, mais pour les arracher à la barbarie, faire d’eux des citoyens en en faisant des chrétiens, les faire monter dans la vérité et dans la moralité, pour les rendre ainsi dignes et capables de la liberté des enfants de Dieu. »

Homme ouvert, il ne veut pas que la religion se cantonne dans une minorité bourgeoise, ni dans un parti, elle doit aller aux masses, aux pauvres que le Christ a déclarés bienheureux.

« Passons aux Barbares ! »

Cet accent prophétique sera peu écouté.  Mais Ozanam demeure un des pionniers du catholicisme social qui sera confirmé par « Rerum novarum » en 1891. Béatifié lors des JMJ de Paris en 1997, il laisse un témoignage de la vitalité du catholicisme social lorsqu’il se passionne pour les cultures de son temps.

 

·      Et aujourd’hui ?

Maintenant encore, vers quels « païens » devons-nous nous tourner pour rester fidèles à Paul et Barnabé ? Vers quelle culture « barbare » nous tourner pour l’illuminer de l’Évangile, tout en récoltant ce que l’Esprit y a déjà semé ?

 

- On pourrait penser à la culture scientifique et technique, dont l’Église a eu si peur aux siècles précédents (alors qu’elle avait enfantée !).

 

- Ou encore à la culture économique, où la « barbarie » peut toujours faire des merveilles et des dégâts immenses, selon l’orientation donnée à la création de richesses…

 

- Ou encore à la culture médiatique, si loin apparemment des valeurs évangéliques ; et pourtant les formidables moyens de liaison et de communication entre les hommes représentent une chance historique pour y annoncer un évangile de communion, de relation…

 

« Je parie sur l’avenir du christianisme précisément parce que, en tant qu’historien, j’ai constaté qu’au cours des siècles, et malgré des pesanteurs, il avait manifesté un extraordinaire dynamisme et de très remarquables possibilités d’évolution. Il est parvenu à s’intégrer dans la civilisation gréco-romaine avant de « passer aux Barbares » (pour reprendre la formule d’Ozanam). Cette « conversion » aux Barbares a été extrêmement enrichissante, puisqu’elle a permis la création d’une civilisation chrétienne. Je reste persuadé que le rôle du christianisme a été majeur dans trois domaines, qui sont, il est vrai, objets de discussion : la naissance de la science ; l’épanouissement des droits de l’homme ; l’amélioration du statut de la femme. Le christianisme a su être porteur de culture et s’adapter. Rien n’indique qu’il soit arrivé à la fin de son parcours et qu’il ait achevé ses adaptations aux périodes successives et à la diversité des civilisations. Je parie sur cette capacité d’adaptation, et c’est la raison pour laquelle je ne désespère pas de son avenir. »
(Jean Delumeau ; cf. http://www.cairn.info/article_p.php?ID_ARTICLE=ETU_005_0689)

 

Passons donc aux barbares !

- Collectivement : en discernant dans les cultures environnantes les « pierres d’attente » de l’Évangile, les « semences du Verbe » comme disaient les Pères de l’Église pour désigner les aspirations barbares toutes proches de l’Évangile.

- Personnellement : en étant attentif à ce que des non-chrétiens manifestent autour de moi comme attentes profondes, comme sagesse remarquable, comme capacité d’accueil du message évangélique.

 

« Pour la gloire de Dieu et le salut du monde », répétons-nous à chaque eucharistie en écho aux apôtres à Antioche : « pour que le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre ».

Que l’Esprit du Ressuscité nous entraîne à nous tourner vers les païens d’aujourd’hui !

« Passons aux barbares »…

 

 

1. Une seule personne divine assumant les deux natures, divine et humaine : c’est ce qu’on appelle « l’union hypostatique » dans le vocabulaire philosophique des conciles, s’inspirant des Grecs.

 

1ère lecture : L’Évangile annoncé aux païens (Ac 13, 14.43-52)

 

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Paul et Barnabé étaient arrivés à Antioche de Pisidie. Le Jour du sabbat, ils entrèrent à la synagoque. 
Quand l’assemblée se sépara, beaucoup de Juifs et de convertis au judaïsme les suivirent. Paul et Barnabé, parlant avec eux, les encourageaient à rester fidèles à la grâce de Dieu.
Le sabbat suivant, presque toute la ville se rassembla pour entendre la parole du Seigneur.
Quand les Juifs virent tant de monde, ils furent remplis de fureur ; ils repoussaient les affirmations de Paul avec des injures.
Paul et Barnabé leur déclarèrent avec assurance : « C’est à vous d’abord qu’il fallait adresser la parole de Dieu. Puisque vous la rejetez et que vous-mêmes ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien ! nous nous tournons vers les païens.
C’est le commandement que le Seigneur nous a donné :J’ai fait de toi la lumière des nations pour que, grâce à toi,le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre.
En entendant cela, les païens étaient dans la joie et rendaient gloire à la parole du Seigneur ; tous ceux que Dieu avait préparés pour la vie éternelle devinrent croyants.
Ainsi la parole du Seigneur se répandait dans toute la région.
Mais les Juifs entraînèrent les dames influentes converties au judaïsme, ainsi que les notables de la ville ; ils provoquèrent des poursuites contre Paul et Barnabé, et les expulsèrent de leur territoire.
Ceux-ci secouèrent contre eux la poussière de leurs pieds et se rendirent à Iconium,
tandis que les disciples étaient pleins de joie dans l’Esprit Saint.
Patrick BRAUD

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17 avril 2010

Les 7 mercenaires

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Les 7 mercenaires

 

Homélie du 3° Dimanche de Pâques / année C

18/04/2010

 

Ils ne sont plus que 7 : Simon-Pierre, Thomas, Nathanaël, les deux fils de Zébédée, et deux autres disciples.

7 sur les 12 qui constituaient le groupe des proches, des intimes.

Et ces 7 là sont retournés à leur métier ordinaire : « je m’en vais à la pêche », dit Simon-Pierre.

On sent pointer la lassitude, le côté désabusé au lendemain d’une grande aventure qui s’est mal terminée. D’autant que cette pêche nocturne est stérile : la fatigue de travailler pour rien s’ajoute à la désillusion d’avoir suivi Jésus pour rien…

 

Les 7 mercenaires dans Communauté spirituelle 3700259801287Connaissez-vous le film « les sept mercenaires » ? C’est un best-seller du western américain, lui-même repris du best-seller japonais : « les sept samouraïs ». On y voit 7 hommes de main, yakuzas ou pistoleros, se laisser embaucher par des villageois ignares en matière de combat pour les défendre, moyennant un salaire peu reluisant où ils ont mis toutes leurs économies. Au fil de la résistance qu’ils organisent, ces mercenaires se transforment en défenseurs des plus faibles. Ces yakuzas vont mettre leur honneur à combattre la violence injuste plus qu’à toucher leur prime ou à faire briller leur réputation. Plus encore, ils accepteront de mourir pour défendre ces paysans abrutis. Plus encore, ils feront de ces villageois une armée digne de ce nom, fiers de se battre pour leur liberté.

 

Le parcours de nos sept disciples a peut-être des consonances avec celui de ces sept mercenaires.

- Simon Pierre avait revendiqué sa prime : « nous avons tout quitté pour toi. Quelle sera notre récompense ? » (Mt 19,27)

- Thomas avait eu des accents de desperado prêt au pire : « Allons, nous aussi, pour mourir avec lui ! » (Jn 11, 16) Il était complètement perdu devant l’itinéraire de Jésus : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment saurions-nous le chemin? » (Jn 14,5)

- Les fils de Zébédée avaient rêvé de gloire politique et médiatique : « Accorde-nous, lui dirent-ils, de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire » (Mc 10, 37). Ils aspiraient à une domination écrasante de leurs adversaires : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? » (Lc 9,54)

- Nathanaël était fasciné par la capacité divinatoire de Jésus : « d’où me connais-tu ? » (Jn 1, 48)

- Les 7 avaient suivi Jésus pour du pain et des miracles plus que pour partager sa Passion…

 

Et puis, au fil du parcours avec cet homme déroutant, ils se sont laissés littéralement dé-router, emmener là où ils n’avaient pas prévu d’aller.

- De la recherche de gloire, ils en viendront à être « tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus » (Ac 5,41).

- De la course à la première place, ils passeront au rôle de témoin d’un Autre : « quant à nous, nous sommes les témoins de tout cela, avec l’Esprit Saint ». (Ac 5,39)

- De l’amour de la réussite à la manière humaine, ils passeront à l’amour du Christ en personne : « oui Seigneur, je t’aime » (Jn 21,15). 

 

La clé de cette transformation est livrée par le Ressuscité lui-même : « quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller » (Jn 21,18).

C’est le chemin que Jésus a suivi en premier : ne pas s’appartenir ; se laisser conduire, par amour, là où on n’avait pas prévu ni calculé d’aller ; laisser l’Esprit du Christ nous « ceinturer » et nous emmener ailleurs…

 

Cette transformation pascale, de mercenaire à disciple, peut devenir la nôtre.

Cette métamorphose, de samouraï à sauveur, est le sens de la fête de Pâques que nous déployons pendant ces 50 jours de fête jusqu’à Pentecôte.

 

Faites jouer ce passage dans votre vie professionnelle :

- Quand et avec qui êtes-vous  plutôt « mercenaire » dans votre attitude professionnelle ?

- Vous est-il arrivé d’aller au-delà, et de vous mettre réellement au service d’un client, d’un collaborateur ?

- Vous est-il arrivé de vous laisser entraîner – de manière heureuse ! – dans d’autres parcours professionnels, dans d’autres objectifs ou initiatives que vous n’aviez pas prévues ?

- Comment accepter de ne pas tout maîtriser dans ce contexte professionnel, et en même temps de se laisser conduire dans des relations de travail autres, vers un travail lui-même profondément renouvelé ?

 

Soyez attentifs à ce que l’Esprit manifeste de puissance de transformation dans votre vie professionnelle, et vous serez étonnés de ce que vous allez découvrir ; et vous serez conduits à travailler autrement. Et cela peut vous emmener très loin…

 

 

 

Cette puissance de transformation pascale joue également pour nos autres domaines de vie bien sûr ! (famille, amis, loisirs, engagements divers…)

Il s’agit d’entendre, en actes, ce que provoque l’appel du Christ dans nos vies : « suis-moi ».

1ère lecture : Les Apôtres persécutés à Jérusalem (Ac 5, 27b-32.40b-41)

Les Apôtres comparaissaient devant le grand conseil ; le grand prêtre les interrogea :
« Nous vous avions formellement interdit d’enseigner le nom de cet homme-là, et voilà que vous remplissez Jérusalem de votre enseignement. Voulez-vous donc faire retomber sur nous le sang de cet homme ? »
Pierre, avec les Apôtres, répondit alors : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes.
Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous aviez exécuté en le pendant au bois du supplice.
C’est lui que Dieu, par sa puissance, a élevé en faisant de lui le Chef, le Sauveur, pour apporter à Israël la conversion et le pardon des péchés.
Quant à nous, nous sommes les témoins de tout cela, avec l’Esprit Saint, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. »
Les Apôtres comparaissaient devant le grand conseil ; le grand prêtre les interrogea :
On interdit alors aux Apôtres, après les avoir fouettés, de parler au nom de Jésus, puis on les relâcha.
Mais eux, en sortant du grand conseil, repartaient tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus.
On interdit alors aux Apôtres, après les avoir fouettés, de parler au nom de Jésus, puis on les relâcha. Mais eux, en sortant du grand conseil, repartaient tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus.

 

Psaume : Ps 29, 3-4, 5-6ab, 6cd.12, 13

R/ Je t’exalte, Seigneur, toi qui me relèves

Quand j’ai crié vers toi, Seigneur,
mon Dieu, tu m’as guéri ;
Seigneur, tu m’as fait remonter de l’abîme
et revivre quand je descendais à la fosse.

Fêtez le Seigneur, vous, ses fidèles,
rendez grâce en rappelant son nom très saint.
Sa colère ne dure qu’un instant,
sa bonté toute la vie.

Avec le soir viennent les larmes,
mais au matin, les cris de joie !
Tu as changé mon deuil en une danse,
mes habits funèbres en parure de joie !

Que mon coeur ne se taise pas,
qu’il soit en fête pour toi ;
eet que sans fin, Seigneur, mon Dieu,
je te rende grâce !

 

2ème lecture : Gloire à l’Agneau immolé ! (Ap 5, 11-14)

Moi, Jean, dans ma vision, j’ai entendu la voix d’une multitude d’anges qui entouraient le Trône, les Vivants et les Anciens :i ls étaient des millions, des centaines de millions.
Ils criaient à pleine voix : « Lui, l’Agneau immolé, il est digne de recevoir puissance et richesse, sagesse et force, honneur, gloire et bénédiction. »
Et j’entendis l’acclamation de toutes les créatures au ciel, sur terre, sous terre et sur mer ; tous les êtres qui s’y trouvent proclamaient :« A celui qui siège sur le Trône, et à l’Agneau,bénédiction, honneur, gloire et dominationpour les siècles des siècles. »
Et les quatre Vivants disaient : « Amen ! » et les Anciens se prosternèrent pour adorer.

 

Evangile : Apparition au bord du lac : la pèche miraculeuse (Jn 21, 1-19)

Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord du lac de Tibériade, et voici comment.
Il y avait là Simon-Pierre, avec Thomas (dont le nom signifie : Jumeau), Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres disciples.
Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, ils passèrent la nuit sans rien prendre.
Au lever du jour, Jésus était là, sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui.
Jésus les appelle : « Les enfants, auriez-vous un peu de poisson ? » Ils lui répondent : « Non. »
Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le ramener, tellement il y avait de poisson.
Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre l’entendit déclarer que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau.
Les autres disciples arrivent en barque, tirant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres.
En débarquant sur le rivage, ils voient un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain.
Jésus leur dit : « Apportez donc de ce poisson que vous venez de prendre. »
Simon-Pierre monta dans la barque et amena jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré.
Jésus dit alors : « Venez déjeuner. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur.
Jésus s’approche, prend le pain et le leur donne, ainsi que le poisson.
C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.
Quand ils eurent déjeuné, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur, je t’aime, tu le sais. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. »
Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur, je t’aime, tu le sais. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. »
Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, est-ce que tu m’aimes ? » Pierre fut peiné parce que, pour la troisième fois, il lui demandait : « Est-ce que tu m’aimes ? » et il répondit : « Seigneur, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis.
Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. »
Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Puis il lui dit encore : « Suis-moi. »
Patrick BRAUD

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