L'homélie du dimanche (prochain)

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24 mars 2012

Qui veut voir un grain de blé ?

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Qui veut voir un grain de blé ?

 

Homélie du 5° Dimanche de Carême  25/03/2012

 

« Nous voulons voir Jésus »

Au commencement, il y a le désir…

Désir d’une rencontre vraie : « nous voulons voir Jésus ». Désir de la rencontre de l’autre, car entre les Grecs et les Juifs de l’époque, la différence doit être aussi radicale qu’entre Juifs et Palestiniens aujourd’hui… La vie chrétienne est placée sous le signe du désir  de l’autre, et plus précisément de la croissance  dans le désir de l’autre, croissance à laquelle Jésus nous appelle tout au long de notre existence.

 

Heureuses différences (même si elles sont de fait difficiles à assumer) qui sont le carburant de nos rencontres : « je veux voir l’autre … »

Dans la foi chrétienne, nous croyons que le visage de l’autre, lorsqu’il est désiré pour lui-même et non pas dans nos projections imaginaires, ce visage devient sacrement de la rencontre de Dieu. « Il est possible, à partir de l’autre relativement autre que nous voyons, de pressentir l’Autre absolument autre que nous ne voyons pas et appelons Dieu » [1]. Voilà pourquoi la recherche du visage de l’autre renvoie à Dieu lui-même.

 

Au IVème siècle, un évêque (Grégoire de Nysse) parlait déjà de cet infini du désir qui interdit de figer la course vers l’être aimé:

« Au fur et à mesure que quelqu’un progresse vers ce qui surgit toujours en avant de lui, son désir augmente lui aussi. Ainsi, à cause de la transcendance des biens qu’il découvre toujours à mesure qu’il progresse, il lui semble toujours n’être qu’au début de l’ascension. C’est pourquoi la Parole répète: ?Lève-toi’ à celui qui est déjà levé, et: ?Viens’ à celui qui est déjà venu. A celui qui se lève vraiment, il faudra toujours se lever. Celui qui court vers le Seigneur n’épuisera jamais le large espace pour sa course.

Ainsi celui qui monte ne s’arrête jamais, allant de commencements en commencements, par des commencements qui n’auront jamais de fin ».

« Car c’est là proprement voir Dieu que de n’être jamais rassasié de le désirer » [2]

 

« Nous voulons voir Jésus » est la vérité de nos propres recherches amicales : « je veux découvrir qui tu es ».

 

L’écho ecclésial

Qui veut voir un grain de blé ? dans Communauté spirituelle ricochetsEnsuite, il y a le jeu de l’écho, qui amplifie et répercute ce désir de l’autre. Les Grecs le disent à Philippe, qui le dit à André, et tous les deux le transmettent à Jésus. Mais c’est déjà l’Église qui apparaît là! L’Église, comme un réseau de liens fraternels, pour que la démarche de ceux qui cherchent aboutisse. Une sorte de Facebook à la puissance 10, et mieux encore, car ce sont ici des visages et pas seulement des écrans … L’Église est ce lieu où nous pouvons dire le manque qui nous habite, la soif qui nous tient, l’envie de vivre que nous creusons en la partageant avec des frères. L’Église est cette eau tendue qui soutient nos rebonds successifs dans la recherche de l’autre, jusqu’à faire ricocher jusqu’au nuages ce galet nommé désir…

Par la vie paroissiale ou par les pèlerinages, par des équipes de partage ou par la formation spirituelle et théologique, nous pouvons expérimenter la force de ce soutien fraternel. Continuons à tisser ces liens ecclésiaux : ils nous aideront à rester vigilants et confiants.

 

Du grenier à l’épi

L’Évangile nous dit ensuite que la rencontre entre les Grecs et Jésus a lieu pendant la  fête, c’est-à-dire la grande, l’unique fête de la Pâque.

Et là, l’histoire du grain de blé que nous propose Jésus est très parlante. Devenir chrétien, c’est suivre le chemin de ce grain de blé jeté en terre. C’est consentir à se laisser aimer pour ne plus vivre centré sur soi. C’est accepter de se laisser faire, comme le grain de blé, pour pouvoir porter du fruit. La mort et la Résurrection sont au coeur de tout amour, qui est pascal, comme elle est au coeur de l’amour du Christ, que nous allons célébrer dans l’eucharistie. En buvant ensemble à la même coupe, nous exprimons la dimension pascale de la vie chrétienne : aimer, c’est verser son sang, c’est livrer sa vie.

 

Pourtant, que de résistances mettons-nous avant d’accepter de lâcher-prise ainsi sur notre propre vie! Eh oui!, le petit grain de blé était plus tranquille a

Fiches_9122011_1120_448 blé dans Communauté spirituelle

vant, ?en père peinard’ dans son grenier, en tas avec les autres [3]. Un certain bonheur, qui était le nôtre, avant de nous laisser déranger par le Christ. Et pourtant, il nous manquait quelque chose, ou plutôt quelqu’un, et ce petit bonheur nous semblait trop petit, un peu étroit…

Un jour, on charge ce tas de grains de blé sur une charrette et on le sort dans la campagne. C’est le début de l’ouverture à l’autre, avec un petit côté excitant pas désagréable…: çà se passe bien, il y a plein de gens nouveaux à découvrir, tout en gardant sa liberté.

Puis on verse les grains sur la terre fraîchement labourée: petit frisson d’un contact plus personnel, d’une proximité avec un corps étranger à la fois inquiétant et attirant.

 

Puis on enfonce le grain de blé tombé en terre. Et là, le grain de blé se demande s’il n’a pas fait une grosse bêtise en se laissant conduire jusque là. Il ne voit plus rien, il n’entend plus rien, l’humidité le transperce jusqu’au dedans de lui-même… Le grain de blé qui, par la mort inévitable, est en train d’être transformé, de devenir ce qu’il doit être, c’est-à-dire un bel épi, regrette le grenier où en effet il était très heureux, mais heureux d’un petit bonheur humain. Sa tentation est alors de faire machine arrière, de céder à la panique, de refuser de se laisser faire. C’est dommage, car c’est précisément là que Dieu agit: le Dieu qui le transforme, pour le faire passer de l’état de grain à l’état d’épi, ce qui n’est possible que par une mort à soi-même et une nouvelle naissance. Dieu veut notre croissance, et il n’y a pas de croissance sans transformation.

Bien sûr, sur ce chemin de croissance, il faut savoir quitter. Au début, les pertes sont visibles et conséquentes: son indépendance, ses habitudes, quelque fois sa région, ses amis, sa famille… Avec le temps, elles deviennent plus subtiles, plus difficiles: quitter ses certitudes toutes faites, son égoïsme, sa nostalgie… Le Christ lui-même a dû se battre intérieurement pour ne pas abandonner ce chemin. « Bien qu’il soit le Fils, il a pourtant appris l’obéissance par les souffrances de sa Passion » ; il a supplié Dieu «  avec un grand cri et dans les larmes »  (He 5,7-9), car il n’imaginait que « faire la volonté » de son père irait jusqu’à un tel abandon, jusqu’à une telle déréliction. Il en est « bouleversé » (Jn 12,30) au plus profond de lui-même. Dans l’évangile de Jean, c’est ce passage qui tient lieu d’agonie à Gethsémani, ce qui en dit long sur le déchirement au plus intime qui fait hésiter Jésus.

Et en même temps, suivant cette voie pascale, il nous sera donné mystérieusement de faire l’expérience de la joie et de la fécondité de cette Pâque permanente : notre travail, nos engagements, nos familles nous rendront féconds, avec la même efficacité que l’épi par rapport au grain de blé: 100, 1000 pour 1 ! Un tel rendement mérite bien un investissement massif et sans réserve…

 

Vous voyez que l’histoire de ce grain de blé n’est pas seulement celle du Christ dans sa Pâque : c’est la nôtre, à tout âge, dès lors que exprimons le désir de « voir Jésus ».

Que l’Esprit du Christ nous inspire une confiance à toute épreuve, pour traverser sans découragement les étapes jusqu’à Pâques, du grenier à l’épi?

 

 


 

 

[1].  VARILLON F.,  L’humilité de Dieu,  Le Centurion, Paris, 1974, p. 39.

[2]. Homélies sur le Cantique des Cantiques.

[3]. Cf. VARILLON F.,  Joie de croire, joie de vivre,  Le Centurion, Paris, 1981, p. 38s.

  

  

 

1ère lecture : La nouvelle Alliance (Jr 31, 31-34)

Lecture du livre de Jérémie

Voici venir des jours, déclare le Seigneur, où je conclurai avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda une Alliance nouvelle.
Ce ne sera pas comme l’Alliance que j’ai conclue avec leurs pères, le jour où je les ai pris par la main pour les faire sortir d’Égypte : mon Alliance, c’est eux qui l’ont rompue, alors que moi, j’avais des droits sur eux.

Mais voici quelle sera l’Alliance que je conclurai avec la maison d’Israël quand ces jours-là seront passés, déclare le Seigneur. Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ; je l’inscrirai dans leur c?ur. Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple.
Ils n’auront plus besoin d’instruire chacun son compagnon, ni chacun son frère en disant : « Apprends à connaître le Seigneur ! » Car tous me connaîtront, des plus petits jusqu’aux plus grands, déclare le Seigneur. Je pardonnerai leurs fautes, je ne me rappellerai plus leurs péchés.

 

Psaume : Ps 50, 3-4, 12-13, 14-15

R/ Donne-nous, Seigneur, un c?ur nouveau !

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Crée en moi un c?ur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends-moi la joie d’être sauvé ;
que l’esprit généreux me soutienne.
Aux pécheurs, j’enseignerai tes chemins ;
vers toi, reviendront les égarés.

2ème lecture : La soumission du Christ, cause du salut éternel (He 5, 7-9)

 Lecture de la lettre aux Hébreux

Le Christ, pendant les jours de sa vie mortelle, a présenté, avec un grand cri et dans les larmes, sa prière et sa supplication à Dieu qui pouvait le sauver de la mort ; et, parce qu’il s’est soumis en tout, il a été exaucé.
Bien qu’il soit le Fils, il a pourtant appris l’obéissance par les souffrances de sa Passion ; et, ainsi conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel.

 

Evangile : Jésus voit arriver son heure (Jn 12, 20-33)

Acclamation : Gloire à toi, Seigneur, gloire à toi. Fils de l’homme, élevé sur la croix, par toi tous les hommes reçoivent la vie. Gloire à toi, Seigneur, gloire à toi. (cf. Jn 3,14-15)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Parmi les Grecs qui étaient montés à Jérusalem pour adorer Dieu durant la Pâque,
quelques-uns abordèrent Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée. Ils lui firent cette demande : « Nous voudrions voir Jésus. »
Philippe va le dire à André ; et tous deux vont le dire à Jésus.
Alors Jésus leur déclare : « L’heure est venue pour le Fils de l’homme d’être glorifié.
Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit.
Celui qui aime sa vie la perd ; celui qui s’en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle.
Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera.

Maintenant je suis bouleversé. Que puis-je dire ? Dirai-je : Père, délivre-moi de cette heure ? ? Mais non ! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci !
Père, glorifie ton nom ! »
Alors, du ciel vint une voix qui disait : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. »
En l’entendant, la foule qui se tenait là disait que c’était un coup de tonnerre ; d’autres disaient : « C’est un ange qui lui a parlé. »
Mais Jésus leur répondit : « Ce n’est pas pour moi que cette voix s’est fait entendre, c’est pour vous.
Voici maintenant que ce monde est jugé ; voici maintenant que le prince de ce monde va être jeté dehors ; et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. »
Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir.

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11 juin 2011

La paix soit avec vous

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Homélie du Dimanche de Pentecôte

 

« La paix soit avec vous »

Cette salutation du Ressuscité revient trois fois dans l’Évangile de Jean, et précisément dans ce chapitre 20. Luc le mentionne lui aussi dans le contexte de la résurrection, une seule fois (Lc 24,36).

Ce sont les seuls usages de cette expression dans le Nouveau Testament. Et le premier Testament ne l’emploie qu’une fois : dans la bouche de Raphaël, l’envoyé de Dieu à Tobie (Tb 12,17). C’est donc une expression assez rare, liée à la personne du Ressuscité et à l’envoi de l’Esprit Saint.

 

« La paix soit avec vous »

C’est encore ainsi qu’aujourd’hui un évêque (et lui seul) peut ouvrir une célébration eucharistique en saluant l’assemblée après le signe de croix initial. C’est donc que le ministère épiscopal doit nous rappeler le lien entre la résurrection et la paix.

 

« La paix soit avec vous »

Aujourd’hui comme hier, accueillir le Ressuscité c’est entrer dans la paix.

Alors que la peur nous inquiète, ceux que Dieu envoie sur notre route nous redisent comme Raphaël : « n’ayez pas peur ; la paix soit avec vous » (Tb 12,17).

Cherchez bien : il y a sûrement dans votre vie des envoyés (des « anges » !) qui vous ont aidé à trouver la paix, à la recevoir, à la reconnaître, à y entrer… Faites mémoire de ceux et celles par qui la paix est venue, qui vous l’a annoncée, offerte (quelquefois sans s’en rendre compte eux-mêmes). Dans des moments de trouble, ils ont su trouver les mots, les gestes, vous inspirer la confiance malgré tout, l’espérance contre toute espérance.

 

Dans l’Évangile, cette paix survient alors que les portes du lieu où se trouvent les disciples sont fermées à clé.

Peur et fermeture vont ensemble, paix et ouverture également.
Déverrouiller, sortir vers les autres, leur parler : ce sera toute l’aventure de la Pentecôte juste après. La Pentecôte est le fruit de la paix…

 

Une déclaration de paix

D’habitude, c’est la guerre qu’on déclare. Pour la paix, les hommes font des traités, des négociations, des compromis. Dieu, lui, la déclare. Unilatéralement, gratuitement, inconditionnellement. Ce qui pourrait s’apparenter à de la faiblesse chez les hommes en conflit permanent apparaît ici comme la puissance du Ressuscité. Il dit la paix et il la fait en même temps.

Être témoin du Ressuscité, c’est alors recevoir de lui cette force extraordinaire de savoir déclarer la paix sans conditions.

À ceux qui ont douté, qui l’ont trahi, se sont enfuis, le Christ déclare la paix. Comment pourrions-nous refuser d’en faire autant ? Pas de manière volontariste, pour être à la hauteur. Non : en accueillant la paix en nous, en la laissant nous traverser pour aller toucher ceux qui en ont besoin autour de nous.

La paix soit avec vous dans Communauté spirituelle 

Cette paix intérieure ne se confond pas avec l’absence de conflit. Les apôtres en feront l’expérience : persécution, prison, martyre, rien ne les empêchera de souhaiter la paix à ceux qui leur sont proches comme à ceux qui leur font du mal.

Des martyrs de Lyon au IIIe siècle à ceux de l’Ouganda en juin 1886, les récits abondent où la paix de ceux qui risquent leur vie panique leurs bourreaux. « On dirait qu’ils vont à la noce » s’étonnaient les témoins du bûcher des martyrs de l’Ouganda, en les voyant prier le Notre Père au milieu des flammes.

Nous n’en sommes pas là chez nous, heureusement. Mais les combats de chacun pour sa famille, son travail, ses engagements sont de vraies tensions où plus que jamais la paix promise peut faire son chemin.

 

La paix soit avec vous : elle peut venir alors que des combats sont à mener en entreprise, en politique, dans les débats publics sur le respect de la vie et des plus faibles.

 

Frère Roger (de Taizé) l’écrivait de Russie en 1989 : « dans la paix du coeur se dissipe les inquiétudes sur toi-même, et tu vas jusqu’à découvrir à quel point tu te réalises dans une vie donnée »…

 

 

1ère lecture : La venue de l’Esprit Saint sur les disciples (Ac 2, 1-11)

Quand arriva la Pentecôte (le cinquantième jour après Pâques), ils se trouvaient réunis tous ensemble.
Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie.
Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d’eux.
Alors ils furent tous remplis de l’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit.

Or, il y avait, séjournant à Jérusalem, des Juifs fervents, issus de toutes les nations qui sont sous le ciel.
Lorsque les gens entendirent le bruit, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient dans la stupéfaction parce que chacun d’eux les entendait parler sa propre langue.
Déconcertés, émerveillés, ils disaient :
« Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous des Galiléens ?
Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ?
Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, des bords de la mer Noire, de la province d’Asie, de la Phrygie, de la Pamphylie, de l’Égypte et de la Libye proche de Cyrène, Romains résidant ici, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu. »

 

Psaume : Ps 103, 1ab.24ac, 29bc-30, 31.34

R/ O Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre !

Bénis le Seigneur, ô mon âme ;
Seigneur mon Dieu, tu es si grand !
Quelle profusion dans tes ?uvres, Seigneur !
La terre s’emplit de tes biens.

Tu reprends leur souffle, il expirent
et retournent à leur poussière.
Tu envoies ton souffle : ils sont créés ;
tu renouvelles la face de la terre.

Gloire au Seigneur à tout jamais !
Que Dieu se réjouisse en ses ?uvres !
Que mon poème lui soit agréable ;
moi, je me réjouis dans le Seigneur.

 

2ème lecture : L’Esprit du Christ fait l’unité de l’Église dans la diversité (1Co 12, 3b-7.12-13)

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères,
sans le Saint-Esprit, personne n’est capable de dire : « Jésus est le Seigneur. »
Les dons de la grâce sont variés, mais c’est toujours le même Esprit.
Les fonctions dans l’Église sont variées, mais c’est toujours le même Seigneur.
Les activités sont variées, mais c’est toujours le même Dieu qui agit en tous.
Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous.

Prenons une comparaison : notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ.
Tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés dans l’unique Esprit pour former un seul corps. Tous nous avons été désaltérés par l’unique Esprit.

sequence : 

Viens, Esprit-Saint, en nos c?urs,
et envoie du haut du ciel
un rayon de ta lumière.

Viens en nous, père des pauvres.
Viens, dispensateur des dons.
Viens, lumière en nos c?urs.

Consolateur souverain,
hôte très doux de nos âmes,
adoucissante fraîcheur.

Dans le labeur, le repos ;
dans la fièvre, la fraîcheur ;
dans les pleurs, le réconfort.

O lumière bienheureuse,
viens remplir jusqu’à l’intime
le c?ur de tous tes fidèles.

Sans ta puissance divine,
il n’est rien en aucun homme,
rien qui ne soit perverti.

Lave ce qui est souillé,
baigne ce qui est aride,
guéris ce qui est blessé.

Assouplis ce qui est raide,
réchauffe ce qui est froid,
rends droit ce qui est faussé.

A tous ceux qui ont la foi
et qui en toi se confient,
donne tes sept dons sacrés.

Donne mérite et vertu
donne le salut final
donne la joie éternelle

Evangile : Jésus ressuscité donne l’Esprit Saint à ses Apôtres(Jn 20, 19-23)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Viens, Esprit Saint ! Pénètre le c?ur de tes fidèles ! Qu’ils soient brûlés au feu de ton amour ! Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

C’était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint.
Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus.
 Patrick Braud

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4 juin 2011

Le dialogue intérieur

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Le dialogue intérieur

 

Homélie du 7° Dimanche de Pâques    05/06/11

 

·      La force de cet homme, c’est qu’il semble habité par une relation d’échange continu avec un autre qui l’aime. Le courage de cet homme, qui va plonger dans sa Passion, il le puise dans un dialogue intérieur, qui visiblement le soutient et lui donne la force d’avancer.

 

Dans l’Évangile de Jean, c’est encore plus flagrant que dans les trois autres : Jésus n’est lui-même qu’en étant tendu vers un Autre que lui-même, avec qui il est profondément uni. D’où ces longs passages où Jésus parle à son Père. Il « lève les yeux » vers lui et lui dit en confiance sa joie, son désir, son attente.

Supprimez ce dialogue intérieur et Jésus s’effondre, incapable de rien faire par lui-même.

Il est celui qui incarne au plus haut point une relation vivante où l’autre fait tellement partie de soi qu’on se surprend à lui parler même en marchant, en travaillant, en se rasant le matin…

 

Ici, c’est à un moment particulièrement angoissant que ce dialogue se fait intense : Jésus serait qu’il va « passer » de ce monde à son Père (Jn 17). Il parle longuement à celui qui est la source et le terme de sa trajectoire humaine. Il s’appuie sur ce dialogue intérieur pour confier ceux qu’il aime, pour ne pas perdre courage, pour aller jusqu’au bout : « je viens vers toi » (Jn 17,11).

 

·      D »ailleurs, que faisons-nous à l’eucharistie, pendant ce long moment solennel où les prêtres semblent absorbés par la prière eucharistique ? Avez-vous déjà réalisé qu’en fait, c’est à un long dialogue de Jésus avec son Père dans lequel nous sommes ainsi introduits ? La prière eucharistique s’adresse au Père, à travers ce que le Fils a fait ou fait pour nous.

Le lien d’unité qu’est l’Esprit Saint, lien vivant unissant les deux, nous unit alors au Christ pour entrer à travers lui dans l’intimité de ce dialogue trinitaire.

 

L’eucharistie est une initiation au dialogue intérieur…

 

Le Christ nous associe à la conversation qu’il entretient avec son Père. D’où cet « admirable commerce » eucharistique, où l’échange amical et aimant divinise ceux qui s’y laissent introduire.

 

·      Où en sommes-nous de notre « dialogue intérieur » ?

Acceptons-nous de laisser le silence, la solitude nous décoller de notre immédiat pour nous  situer en face d’un autre ? Si nous sommes toujours le nez dans le guidon, rivés à nos objectifs à court terme, envahis par les bruits du monde, nous risquons d’étouffer cette capacité de trouver en nous un partenaire « plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes ».

 

Évidemment, des circonstances dramatiques obligent parfois à cette plongée en soi : une chimiothérapie longue avec tant de passages à vide, un divorce qui n’en finit pas, une période de chômage désespérante… D’ailleurs dans ces situations le dialogue intérieur prend plutôt la forme d’une révolte, d’une colère, d’une accusation devant tant d’injustice et d’insignifiance, ou d’un silence résigné… Mais le simple fait de dire tout cela à quelqu’un, au lieu de le garder pour soi, est salutaire.

 

En ce sens, prier peut être ne rien dire, mais le dire à quelqu’un.

 

Se tenir devant l’autre intérieur, que ce soit pour l’accuser, se réjouir, le bénir ou rester muet en face de lui, c’est déjà un dialogue intérieur qui ouvrira bien des portes.

 

Jésus est habitué à cette échange de souffle entre lui et son Père : que ce soit devant le tombeau de Lazare pour le remercier à l’avance, à Gethsémani pour transpirer son angoisse, ou ici en Jn 17 pour confier ceux qu’il aime au moment de partir.

Ce dialogue intérieur est comme une basse continue qui constitue l’identité la plus vraie de cet homme étonnant. À tel point qu’en l’appelant Christ, ses amis reconnaissent en lui l’image du Père, le partenaire privilégié d’une relation de dialogue unique, grâce à l’Esprit qui les unit.

 

Dans l’eucharistie, Jésus nous fait entrer dans ce dialogue continu qui l’alimente.

 

Dans le Notre Père, il nous tourne avec lui et en lui vers la source ultime. Jésus ne conduit pas à lui-même : il oriente vers l’Autre avec lequel il ne fait qu’un.

 

·      Voilà donc l’enjeu du dialogue intérieur : nous maintenir perpétuellement en état d’accueillir ce que Dieu nous donne ; exprimer le désir qui nous anime.

 

C’est peut-être cela la prière perpétuelle à laquelle aspirait Paul, les ermites du désert et les Pères de l’Église : tout faire sans interrompre jamais notre dialogue intérieur.

Faire 300 km en voiture, se laver les dents le matin, saluer le voisin, goûter une musique qui convient à notre âme, savourer un beau paysage, déguster un bon vin, un moment d’amitié? [1] : soignons notre dialogue intérieur !

 


[1]Les bénédictions juives expriment très bien ce désir de parler à Dieu en toutes circonstances : bénir Dieu à l’occasion d’un repas, d’un voyage, d’une visite, et même des toilettes (oui, il existe une bénédiction juive pour ce moment-là aussi, car rien de ce qui est créé ne peut être exclu du dialogue intérieur !).

1ère lecture : Les disciples réunis dans la prière après l’Ascension (Ac 1, 12-14)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Les Apôtres, après avoir vu Jésus s’en aller vers le ciel, retournèrent du mont des Oliviers à Jérusalem, qui n’est pas loin. (La distance ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat.)
Arrivés dans la ville, ils montèrent à l’étage de la maison ; c’est là qu’ils se tenaient tous : Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, arthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques.
D’un seul coeur, ils participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes dont Marie, mère de Jésus, et avec ses frères.

Psaume : Ps 26, 1, 4abcd, 7-8

R/ Oui, nous verrons la bonté de Dieu sur la terre des vivants

Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ? 

J’ai demandé une chose au Seigneur, 
la seule que je cherche : 
habiter la maison du Seigneur 
tous les jours de ma vie.

Écoute, Seigneur, je t’appelle ! 
Pitié ! Réponds-moi ! 
Mon coeur m’a redit ta parole : 
« Cherchez ma face. »

2ème lecture : Bienheureux les persécutés pour le Christ (1P 4, 13-16)

Lecture de la première lettre de saint Pierre Apôtre

Mes bien-aimés, puisque vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin d’être dans la joie et l’allégresse quand sa gloire se révélera.
Si l’on vous insulte à cause du nom du Christ, heureux êtes-vous, puisque l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous.
Si l’on fait souffrir l’un de vous, que ce ne soit pas comme meurtrier, voleur, malfaiteur, ou comme dénonciateur.
Mais si c’est comme chrétien, qu’il n’ait pas de honte, et qu’il rende gloire à Dieu à cause de ce nom de chrétien.

 

Evangile : La grande prière de Jésus : « Père, glorifie ton Fils » (Jn 17, 1-11a)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Le Seigneur ne vous laisse pas orphelins : il reviendra vers vous, alors votre c?ur connaîtra la joie.Alléluia. (cf. Jn 14, 18; 16, 22)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il leva les yeux au ciel et pria ainsi : « Père, l »heure est venue. Glorifie ton Fils, afin que le Fils te glorifie.
Ainsi, comme tu lui as donné autorité sur tout être vivant, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés.
Or, la vie éternelle, c’est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus Christ.

Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’oeuvre que tu m’avais confiée.
Toi, Père, glorifie-moi maintenant auprès de toi : donne-moi la gloire que j’avais auprès de toi avant le commencement du monde.
J’ai fait connaître ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé fidèlement ta parole.
Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi,
car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis venu d’auprès de toi, et ils ont cru que c’était toi qui m’avais envoyé. 

Je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés : ils sont à toi, et tout ce qui est à moi est à toi, comme tout ce qui est à toi est à moi, et je trouve ma gloire en eux.
Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. »

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28 mai 2011

Soyez toujours prêts à rendre compte de l’espérance qui est en vous

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Soyez toujours prêts à rendre compte de l’espérance qui est en vous

 

Homélie du 6° dimanche de Pâques  29/05/11

 

« Soyez toujours prêts à rendre compte de l’espérance qui est en vous » (1P 3,16).

·      Les trois lectures de ce dimanche insistent sur l’importance de ce témoignage dont Soyez toujours prêts à rendre compte de l'espérance qui est en vous dans Communauté spirituelle croix-camargue-gdeparle Pierre. Jésus promet que « l’Esprit de vérité » assurera lui-même la défense de ses disciples. Philippe, « l’un des sept » (l’un des diacres), proclame le Christ en Samarie. Et  Pierre appelle à «s’expliquer devant tous », « avec douceur et respect».

 

Rendre compte de l’espérance qui est en nous : voilà un beau programme pour ce temps pascal !

Quelle espérance ? Celle de Pâques bien sûr : en Christ, la mort est déjà vaincue, la mort ne peut avoir le dernier mot si nous faisons confiance en la puissance de la résurrection du Christ.

 

·      Rendre compte de cette espérance, cela veut dire quoi dans notre société actuelle ? Sûrement pas chercher à convaincre à tout prix, ni chercher à séduire, ou à utiliser l’argent, l’éducation, la position sociale pour contraindre l’autre.

 

Rendre compte, c'est faire un compte-rendu de la façon dont cette espérance pascale transforme nos vies. C’est donc pouvoir raconter ce qui nous est arrivé à chacun et collectivement pour que nous fassions confiance à cette incroyable annonce !

 

Rendre compte, c’est encore rendre des comptes sur la gestion de cette formidable espérance dont nous sommes dépositaires.

Que faisons-nous de la joie pascale ? Comment laissons-nous la victoire du Ressuscité  transformer nos relations personnelles et communautaires ?

Rendre compte de l’espérance qui est en nous, c'est accepter de répondre à qui posera des questions et cherchera à se renseigner au sujet de ce Jésus de Nazareth.

 

Cela peut arriver au travail. On pense aux drames qui suscitent tant de questions sur la valeur de la vie humaine, ou son insignifiance.

 dans Communauté spirituelleC’est peut-être une discussion sur l’actualité, sur un événement professionnel, sur une recherche personnelle partagée au détour d’un café ou d’un trajet pour l’entreprise… L’occasion peut venir à travers la haie du voisin et la conversation avec lui sur le temps qu’il fait, l’évolution du monde…

On peut nous demander ce témoignage à l’occasion de la béatification de Jean-Paul II, de l’arrestation de DSK ou des grèves pour la revalorisation des bas salaires etc?

Il y a tant de moments propices, sans s’imposer le moins du monde, où nous sommes au contraire invités à nous « expliquer », « avec douceur et respect », sur ce qui nous anime profondément.

 

·      D’ailleurs, c’est un vrai service que nous rendent sans le savoir ceux qui nous convoquent ainsi au témoignage. Car l'espérance grandit lorsqu’elle annoncée. Augustin écrivait à propos de la parole symbolisée par la multiplication des pains : « dum dividetur, augetur ». « Lorsqu'elle est partagée, elle augmente. » À l’image des flammes des cierges de la veillée pascale illuminant progressivement toute l’église obscure à mesure que les fidèles se la communiquent, l’espérance grandit lorsque nous la proposons à d'autres. Car il faut trouver les mots pour la dire. Cela nous oblige à revenir notre propre histoire, à accepter le regard critique des autres sur ce que nous avons cru y discerner, à fonder plus solidement notre expérience.

Espérer pour annoncer, annoncer pour espérer.

De la même manière que le chant magnifie la joie et lui donne des ailes, rendre compte élargit l’espérance et l'enracine.

 

Inévitablement, cette « explication » suscitera moquerie, dérision, voire rejet et exclusion. Mais elle touchera également le coeur de ceux qui attendent quelque chose, une piste, une ouverture pour ne pas en rester à une existence superficielle et vide.

Voilà pourquoi le maître de l’espérance est l'Esprit Saint en personne. Il nous donne le courage de nous risquer en vérité dans ce témoignage. Il nous souffle des mots qui nous étonnent nous-mêmes pour toucher nos interlocuteurs. Il assure notre défense lorsque nous sommes attaqués sur notre espérance, en nous inspirant les arguments, les attitudes, les gestes et les explications auxquelles nous n’aurions jamais pensé tout seul.

 

·      « Soyez toujours prêts à rendre compte de l’espérance qui est en vous ».

En descendant du métro, en prenant le café avec un collègue, en faisant vos courses, dans la salle d’attente d’un médecin ou le salon de coiffure, vous pouvez à tout moment être inopinément convoqués à témoigner : « et vous, qu’en pensez-vous ? »

Recueillons dans le silence et la solitude les mots et gestes que l’Esprit de vérité déposera en nos c?urs, pour nous expliquer « avec douceur et respect » sur l'espérance qui est en nous.

 

 

 

 

1ère lecture : Évangélisation de la Samarie (Ac 8, 5-8.14-17)

 

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Philippe, l’un des Sept, arriva dans une ville de Samarie, et là il proclamait le Christ.
Les foules, d’un seul coeur, s’attachaient à ce que disait Philippe, car tous entendaient parler des signes qu’il accomplissait, ou même ils les voyaient.
Beaucoup de possédés étaient délivrés des esprits mauvais, qui les quittaient en poussant de grands cris. Beaucoup de paralysés et d’infirmes furent guéris.
Et il y eut dans cette ville une grande joie.

Les Apôtres, restés à Jérusalem, apprirent que la Samarie avait accueilli la parole de Dieu. Alors ils leur envoyèrent Pierre et Jean.
A leur arrivée, ceux-ci prièrent pour les Samaritains afin qu’ils reçoivent le Saint-Esprit ; en effet, l’Esprit n’était encore venu sur aucun d’entre eux : ils étaient seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus.
Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils recevaient le Saint-Esprit.

 

Psaume : Ps 65, 1-3a, 4-5, 6-7a, 16.20

 

R/ Terre entière, acclame Dieu, chante le Seigneur !

Acclamez Dieu, toute la terre ;
fêtez la gloire de son nom,
glorifiez-le en célébrant sa louange.
Dites à Dieu : « Que tes actions sont redoutables ! »

Toute la terre se prosterne devant toi,
elle chante pour toi, elle chante pour ton nom.
Venez et voyez les hauts faits de Dieu,
ses exploits redoutables pour les fils des hommes. 

Il changea la mer en terre ferme :
ils passèrent le fleuve à pied sec.
De là, cette joie qu’il nous donne. 
Il règne à jamais par sa puissance.

Venez, écoutez, vous tous qui craignez Dieu :
je vous dirai ce qu’il a fait pour mon âme.
Béni soit Dieu qui n’a pas écarté ma prière,
ni détourné de moi son amour !

 

2ème lecture : Soyez les témoins de notre espérance au milieu des hommes (1P 3, 15-18)

 

Lecture de la première lettre de saint Pierre Apôtre

Frère,
c’est le Seigneur, le Christ, que vous devez reconnaître dans vos coeurs comme le seul saint. Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect.
Ayez une conscience droite, pour faire honte à vos adversaires au moment même où ils calomnient la vie droite que vous menez dans le Christ.
Car il vaudrait mieux souffrir pour avoir fait le bien, si c’était la volonté de Dieu, plutôt que pour avoir fait le mal.
C’est ainsi que le Christ est mort pour les péchés, une fois pour toutes ; lui, le juste, il est mort pour les coupables afin de vous introduire devant Dieu. Dans sa chair, il a été mis à mort ; dans l’esprit, il a été rendu à la vie.

 

Evangile : « Je ne vous laisserai pas orphelins » (Jn 14, 15-21)

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Dans l’Esprit Saint, rendez témoignage que Jésus est le Fils de Dieu, car l’Esprit est vérité. Alléluia. (cf. 1 Jn 5, 6)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

A l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous resterez fidèles à mes commandements.
Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : c’est l’Esprit de vérité. Le monde est incapable de le recevoir, parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure auprès de vous, et qu’il est en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous.
D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous.
Celui qui a reçu mes commandements et y reste fidèle, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »
Patrick Braud 

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