L'homélie du dimanche (prochain)

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27 novembre 2010

La limaille et l’aimant

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La limaille et l’aimant


Homélie du 1° dimanche de l’Avent / Année A

Dimanche 28 Novembre 2010

Systèmes d’alarme

Voilà un évangile qui devrait faire la fortune des entreprises commercialisant des systèmes d’alarme ! Pensez donc : au lieu de veiller toute la nuit pour guetter un éventuel cambrioleur, il suffit de brancher l’alarme ! Elle veillera à votre place…

 

- S’endormir sur sa maison en croyant qu’il n’y a rien à craindre, c’est déjà risqué : le voleur peut en « percer le mur » pendant ces périodes d’inattention où on relâche sa surveillance.

- S’endormir sur son travail, en croyant qu’il assure automatiquement le salut, est tout aussi risqué. Même ceux qui partagent le même travail ne peuvent être sûrs de leur avenir : « Deux hommes seront aux champs : l’un est pris, l’autre laissé. Deux femmes seront au moulin : l’une est prise, l’autre laissée… »

- Mais s’endormir en déléguant sa responsabilité propre à d’autres, qui plus est à des systèmes mécaniques non humains, impersonnels, voilà qui expose à des pertes graves et sévères ! La crise financière a pour sa part mis en évidence le danger de ces mécanismes automatisés censés remplacer la décision humaine. Nul logiciel, même le plus performant, ne peut se substituer au discernement humain. Nulle alarme électronique ne peut se substituer à la vigilance humaine. Même les caméras de vidéosurveillance ne peuvent éliminer le besoin de garder un oeil humain sur les personnes et sur les choses. S’en remettre aveuglément à une justice automatique, à une police électronique, ou à un fonctionnement mécanique des marchés financiers, c’est finalement abdiquer de sa responsabilité unique.

« À cette époque, avant le déluge, on mangeait, on buvait, on se mariait, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche… » : saisissante description de la folie immobilière des années de 2000-08, et de la spéculation qui l’a noyée dans des outils financiers éblouissants (titrisation…), aveuglants, anesthésiants.

 

- Personne ne peut veiller à ma place.

Combien plus encore lorsqu’il s’agit d’attendre la « venue » (« l’Avent » en latin ad-ventus) du Fils de l’Homme ! « Vous ne connaissez ni le jour ni l’heure… »

Ce n’est pas notre mort individuelle à chacun de nous que Jésus évoque ici : c’est la résurrection générale, « à la fin des temps ». C’est le fameux jugement dernier peint par Bosch ou Bruegel ou Van Eyck, parce qu’il fascinait et orientait l’histoire collective des XIV° et XV° siècles. C’est la fameuse Parousie (venue du Christ au terme de l’histoire) qui revient comme un leitmotiv obsédant sur les façades de nos églises et cathédrales romanes. Car les XI° et XII° siècles eux aussi été tendus vers l’accomplissement de l’histoire, orientés et façonnés par cette attente de la plénitude pour tous et pour tous.

  La limaille et l'aimant dans Communauté spirituelle 9978923

 

L’assoupissement occidental

Force est de constater que cette attente s’est quasiment absentée de notre époque  moderne.

Qui aujourd’hui se passionne pour un au-delà de l’histoire ?

Qui attend plus qu’un bien-être pour cette vie-ci ?

Qui est prêt à tout miser sur un avenir collectif au-delà de son destin individuel ?

 

Même la mort physique individuelle ne semble guère réveiller les vieux pays d’Europe, assoupis dans leur quête de bien-être dans le travail, dans le couple, la santé, la retraite, la vie longue sans trop de problèmes…

 

Un récent sondage [1] montre que les Français souhaitent le plus possible éviter cette question de la mort.

71 % préfèrent ne pas y penser. Ils préfèrent profiter de la vie au maximum (48 %), et craignent la maladie plus que la mort (54 %). Un tiers d’entre eux pense que si on remplit bien sa vie, la mort n’est plus à craindre (30 %), c’est-à-dire que cette existence se suffit à elle-même si elle est « remplie ». Seule faille dans cet épicurisme généralisé : 90 % pensent qu’il est pire de perdre ses proches que de mourir soi-même. Si la « mort de soi » est une non-question, la « mort de toi » (l’être aimé) révèle quelque chose d’une aspiration et d’une interrogation fondamentales. Mais 39 % pensent qu’il est peu probable qu’il y ait quelque chose après la mort… 

Étrange  assoupissement occidental : la mort disparaît du champ social. On la cache, on la marginalise. On doit l’oublier très vite. S’interroger sur un au-delà devient hors champ, absurde, ou folklorique. Comment dès lors réveiller l’attente d’un accomplissement ultime, saisissant tout et tous ? Si même la mort ne peut faire sortir de la torpeur « d’avant Noé »  (« on mangeait, on buvait, on se mariait… on ne se doutait de rien »), comment dès lors allumer l’étincelle du désir eschatologique ?

Faudra-t-il un événement de l’ordre du déluge auquel seul le vigilant Noé a pu échapper ?

Faudra-t-il un cambriolage, personnel ou collectif, sous une forme ou sous une autre, pour ouvrir les yeux sur la vanité de nos murs censés nous protéger de tout ?

 

Une limaille sous influence

Prenez un tas de limaille de fer.

Si vous l’empilez en une masse brute, laissé à lui-même, il restera informe, sans autre but que lui-même. Si vous placez au-dessus de lui, à l’extérieur, un puissant aimant, vous verrez se dessiner des lignes de force ; vous verrez la limaille s’organiser, s’orienter, se dresser, s’élancer, répondre à l’appel d’attraction que cet aimant, même invisible, exerce sur chaque brin de fer…

La venue du Christ à la fin des temps est cet Aimant, qui attire en aimant et aime en attirant.

« Élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes » (Jn 12,32) …

Cette venue organise et ordonne secrètement l’histoire vers son achèvement. À condition que la limaille ne perde pas sa capacité magnétique, elle pourra se laisser orienter vers Celui qui aimante ainsi notre aventure, jusqu’à sa venue.

 

Allez donc contempler à nouveau les tableaux de Bosch, Bruegel ou Van Eyck.

Allez déchiffrer à nouveau les parousies sculptées sur les tympans de nos cathédrales !

 

  Triomphenb aimant dans Communauté spirituelle

Retrouvez la source de notre espérance : notre histoire, individuelle et collective, n’a pas sa fin en elle-même, mais dans un Autre, qui vient vers nous au long des siècles…

 


[1]. cf. Philosophie Magazine n° 44, Novembre 2010.

 

 

1ère lecture : Rassemblement des peuples et paix pour toujours (Is 2, 1-5)

Lecture du livre d’Isaïe

Le prophète Isaïe a reçu cette révélation au sujet de Juda et de Jérusalem :
Il arrivera dans l’avenir que la montagne du temple du Seigneursera placée à la tête des montagnes et dominera les collines. Toutes les nations afflueront vers elle,
des peuples nombreux se mettront en marche, et ils diront : « Venez, montons à la montagne du Seigneur, au temple du Dieu de Jacob. Il nous enseignera ses chemins et nous suivrons ses sentiers. Car c’est de Sion que vient la Loi, de Jérusalem la parole du Seigneur. »
Il sera le juge des nations,l ‘arbitre de la multitude des peuples. De leurs épées ils forgeront des socs de charrue, et de leurs lances, des faucilles. On ne lèvera plus l’épée nation contre nation, on ne s’entraînera plus pour la guerre.
Venez, famille de Jacob, marchons à la lumière du Seigneur.

 

Psaume : Ps 121, 1-2, 3-4ab, 4cd-5, 6-7, 8-9

R/ Allons dans la joie à la rencontre du Seigneur

Quelle joie quand on m’a dit :
« Nous irons à la maison du Seigneur ! » 
Maintenant notre marche prend fin
devant tes portes, Jérusalem ! 

Jérusalem, te voici dans tes murs :
ville où tout ensemble ne fait qu’un! 
C’est là que montent les tribus,
les tribus du Seigneur.

C’est là qu’Israël doit rendre grâce
au nom du Seigneur. 
C’est là le siège du droit, 
le siège de la maison de David. 

Appelez le bonheur sur Jérusalem :
« Paix à ceux qui t’aiment ! 
Que la paix règne dans tes murs,
le bonheur dans tes palais ! » 

À cause de mes frères et de mes proches,
je dirai : « Paix sur toi ! » 
À cause de la maison du Seigneur notre Dieu,
je désire ton bien.

 

2ème lecture : « Le jour est tout proche » (Rm 13, 11-14a)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frère, vous le savez : c’est le moment, l’heure est venue de sortir de votre sommeil. Car le salut est plus près de nous maintenant qu’à l’époque où nous sommes devenus croyants.
La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les activités des ténèbres, revêtons-nous pour le combat de la lumière.
Conduisons-nous honnêtement, comme on le fait en plein jour, sans ripailles ni beuveries, sans orgies ni débauches, sans dispute ni jalousie,
mais revêtez le Seigneur Jésus Christ.

 

Evangile : « Vous ne connaissez pas le jour où votre Seigneur viendra » (Mt 24, 37-44)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « L’avènement du Fils de l’homme ressemblera à ce qui s’est passé à l’époque de Noé.
A cette époque, avant le déluge, on mangeait, on buvait, on se mariait, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche.
Les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’au déluge qui les a tous engloutis : tel sera aussi l’avènement du Fils de l’homme.
Deux hommes seront aux champs : l’un est pris, l’autre laissé.
Deux femmes seront au moulin : l’une est prise, l’autre laissée.
Veillez donc, car vous ne connaissez pas le jour où votre Seigneur viendra.
Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »
Patrick Braud 

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8 mai 2010

La gestion des conflits

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La gestion des conflits

 

Homélie du 6° Dimanche de Pâques / année C

09/05/2010

 

On ne s’attend pas à trouver dans la Bible un séminaire de formation professionnelle sur la gestion des conflits en entreprise !

Et pourtant…

 

Rien que dans le livre des Actes des Apôtres, lecture essentielle de ce temps pascal, il y a de multiples situations de désaccords graves, de conflits explicitement mentionnés. Rappelons-en quelques-unes :

 

- Ananie et Saphire, couple de chrétiens, ne veulent pas tout donner à Pierre du prix de vente de leurs propriétés. Ce mensonge va leur valoir la « mort » symbolique à l’Église (on suppose qu’ils ont été excommuniés hors de la communauté, solution violente mais radicale au conflit ; cf. Ac 5,1-11).

Il est d’ailleurs remarquable que Luc n’emploie le terme Église (ekklesia) pour la première fois qu’au dénouement de ce conflit (5,11), pas avant. Comme si l’Église n’était vraiment l’Église qu’après un conflit traversé…

 

- Les « récriminations » des Grecs contre les Hébreux ont failli mal tourner (Ac 6). Le problème était grave : oubli des pauvres (les veuves grecques), risque de perdre du dynamisme missionnaire (« délaisser la parole de Dieu pour le service des tables ») », division ethnique de la communauté (grecs vs hébreux). L’invention des Sept (les futurs diacres) naîtra de la résolution de ce conflit (comme quoi la gestion des conflits peut devenir très féconde !).

 

- Le conflit entre Paul et Barnabé lui aussi a failli dégénérer en bagarre aux poings ! (Ac 15,36-40).

Leur désaccord s’aggrava tellement que la seule solution à cette incompatibilité d’humeur fut d’accepter de se séparer : chacun alla de son côté, en souhaitant bonne route à l’autre, mais sans pouvoir le garder comme collaborateur proche.

Bon nombre de conflits en entreprise doivent se résoudre à cette issue… La gestion des conflits dans Communauté spirituelle apotres

 

- Et il y a Ac 15,1-35, notre deuxième lecture de ce 6° dimanche de Pâques, passage célèbre souvent appelé « le concile de Jérusalem ».

Là encore, le conflit est sérieux : faut-il oui ou non imposer la circoncision juive aux  non-juifs qui veulent devenir chrétiens ? Faut-il leur imposer le respect de la Torah, de la loi juive si contraignante dans la vie quotidienne ?

 

La gestion de ce conflit dans les Actes des Apôtres (qu’on devrait appeler les Actes de l’Esprit, surtout dans ce passage) est exemplaire. Encore aujourd’hui, ce chapitre 15 peut inspirer une « méthode » évangélique pour traverser les inévitables conflits rencontrés dans une communauté (et une entreprise n’est-elle pas une communauté humaine ?).

 

 

 

1. D’abord mettre des mots sur le problème, verbaliser le désaccord.

Plutôt que des murmures dans le dos des personnes concernées, mieux vaut parler.

Paul et Barnabé ne veulent pas nier le conflit. Ils ne font pas l’autruche. Ils n’espèrent pas que « ça va s’arranger » tout seul avec le temps, sans rien faire. Ils ne minimisent pas non plus les désaccords (des « discussions assez graves » les opposent aux partisans de la circoncision). Ils n’usent pas d’arguments lénifiants : « il faut supporter cela avec patience », ou faussement religieux : « priez et ça ira mieux ».

Non : ils font face, ils discutent, ils mettent des mots sur les enjeux, ils ne se taisent pas.

 

2. Devant ce constat d’opposition grave, la communauté cherche une médiation.

« On décida qu’ils monteraient à Jérusalem trouver les apôtres et les anciens à propos de ce différend ».

Ne pas rester dans un face-à-face avec l’adversaire dans un conflit est une précaution de sagesse…

C’est l’Église d’Antioche qui organise (et paye) cette démarche de médiation.

C’est l’Église de Jérusalem qui les accueille.

La résolution du conflit est donc ici vraiment vécue et pensée comme une démarche ecclésiale, pas individuelle.

 

3. Pour résoudre le conflit, on fait intervenir trois niveaux d’autorité, et le recours aux Écritures.

 

Les trois niveaux d’autorité

La discussion devient vive à Jérusalem (15,7), où les opposants à Paul et Barnabé ont eux aussi droit à la parole.

 

* L’autorité personnelle

Alors Pierre intervient et fait une déclaration solennelle (15,7-11).

C’est le niveau personnel d’une autorité qui s’engage en disant « je ».

Pierre s’appuie sur son expérience du baptême du centurion païen Corneille, où l’Esprit Saint n’avait rien exigé de plus que la foi pour le baptiser.

 

* autorité collégiale

Puis Paul et Barnabé, à leur tour, racontent.

Et Jacques lui aussi prendra la parole, pour une autre argumentation, à partir de l’Écriture (un passage du livre d’Amos 9,11 en grec).

Avec la présence de ces apôtres, et les anciens qui participent à la décision (15,22), c’est le niveau collégial de l’autorité qui est ici mis en oeuvre.

Jamais un avis seul : une autorité personnelle cherchera toujours à s’appuyer sur un discernement collégial pour dénouer la crise.

 

* autorité communautaire

Le troisième niveau d’autorité nécessaire est explicitement mentionné en 15,22 : « d’accord avec toute l’Église », et dans la lettre exposant le dénouement du conflit : « les apôtres, les anciens et les frères » (15,23), et encore plus dans la fameuse expression : « l’Esprit saint et nous-mêmes avons décidé que », le « nous » incluant toute l’Église. C’est la dimension communautaire de la réflexion nécessaire pour dénouer une crise.

 

Les Écritures

Jacques va puiser dans le prophète Amos l’argument qui va ouvrir le c?ur des juifs à l’accueil des nations païennes.

C’est une manière de revenir au projet fondateur, aux valeurs essentielles qui unissent la communauté humaine concernée par le conflit.

 

Trouver une solution à un conflit demande donc de faire jouer ces trois niveaux de l’autorité : personnel / collégial / communautaire, en les ancrant dans la référence aux valeurs fondamentales que vit la communauté, exprimée ici par les Écritures.

 

4. La recherche d’un compromis

La solution qui permet de traverser le conflit est rarement une victoire des uns contre les autres, ce qui serait une pure domination. Il y a toujours dans l’accord, surtout quand il est « inspiré », la prise en compte de la part de vérité que détiennent les minoritaires, ou ceux qui paraissent avoir tort. Ici, c’est le respect des juifs devenus chrétiens qui est intégré à la décision finale (15,28-30) : ne pas choquer ces chrétiens d’origine juive en mangeant des viandes idolâtres ou non-casher, et autres prescriptions qui leur permettent de sortir du conflit la tête haute.

Ne pas humilier l’adversaire, trouver une solution gagnant-gagnant, intégrer la part de vérité de l’autre : ce sont des conditions essentielles d’une bonne résolution des conflits.

 

5. La communication de la décision

Résoudre un conflit ne suffit pas, encore faut-il le faire savoir ! Ce sera le rôle des « médiateurs du retour », Judas et Silas, envoyé par l’Église de Jérusalem pour accompagner et expliquer la décision de sortie de crise.

C’est capital de prendre ce temps de la communication après le conflit.

 

6. L’invitation à reprendre ensemble un projet commun enthousiasmant

Judas et Silas s’y emploient à Antioche (Ac 15,30-33).

Le conflit n’est vraiment terminé que lorsqu’il débouche sur la reprise de l’aventure commune (ou sur la « séparation fraternelle », comme Paul et Barnabé plus loin).

 

Reprenez ces différents éléments de la gestion des conflits qu’opère notre « concile de Jérusalem ».

Essayez de les transposer aux inévitables conflits que vous vivez dans le monde du travail, en entreprise.

Vous verrez : l’Écriture est souvent un meilleur coach que bien des coaches sur le marché…

 

 

 

Lecture du Livre des Actes des Apôtres : Le « concile de Jérusalem »

01 Certaines gens venus de Judée voulaient endoctriner les frères de l’Église d’Antioche en leur disant : « Si vous ne recevez pas la circoncision selon la loi de Moïse, vous ne pouvez pas être sauvés. »

02 Cela provoqua un conflit et des discussions assez graves entre ces gens-là et Paul et Barnabé. Alors on décida que Paul et Barnabé, avec quelques autres frères, monteraient à Jérusalem auprès des Apôtres et des Anciens pour discuter de cette question.

03 L’Église d’Antioche pourvut à leur voyage. Ils traversèrent la Phénicie et la Samarie en racontant la conversion des païens, ce qui remplissait de joie tous les frères.

04 A leur arrivée à Jérusalem, ils furent accueillis par l’Église, les Apôtres et les Anciens, et ils rapportèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux.

05 On vit alors intervenir certains membres du parti des pharisiens qui étaient devenus croyants. Ils disaient : « Il faut obliger ces gens à recevoir la circoncision, et à observer la loi de Moïse. »

06 Les Apôtres et les Anciens se réunirent pour examiner cette affaire.

07 Comme cela provoquait des discussions assez graves, Pierre se leva et leur dit : « Frères, vous savez bien comment Dieu a manifesté son choix parmi vous dès les premiers temps : c’est par moi que les païens ont entendu la parole de l’Évangile et sont venus à la foi.

08 Dieu, qui connaît le coeur des hommes, leur a rendu témoignage en leur donnant l’Esprit Saint tout comme à nous ;

09 sans faire aucune distinction entre eux et nous, il a purifié leurs coeurs par la foi.

10 Alors, pourquoi mettez-vous Dieu à l’épreuve en plaçant sur les épaules des disciples un joug que nos pères et nous-mêmes n’avons pas été capables de porter ?

11 Oui, c’est par la grâce du Seigneur Jésus, nous le croyons, que nous avons été sauvés, de la même manière qu’eux. »

12 Toute l’assemblée garda le silence, puis on écouta Barnabé et Paul rapporter tous les signes et les prodiges que Dieu avait accomplis par eux chez les païens.

13 Quand ils eurent terminé, Jacques prit la parole : « Frères, écoutez-moi.

14 Simon-Pierre vous a rapporté comment, dès le début, Dieu a voulu prendre chez les nations païennes un peuple qui serait marqué de son nom.

15 C’est ce que confirment les paroles des prophètes, puisqu’il est écrit :

16 Après cela, je reviendrai pour reconstruire la demeure de David,qui s’est écroulée ;je reconstruirai ce qui était en ruines,je le relèverai ;

17 alors, le reste des hommes cherchera le Seigneur,ainsi que les nations païennes sur lesquelles mon nom a été prononcé. Voilà ce que dit le Seigneur. Il réalise ainsi ses projets,

18 qui sont connus depuis toujours.

19 Je suis donc d’avis de ne pas surcharger ceux des païens qui se convertissent à Dieu,

20 mais de leur écrire qu’ils doivent s’abstenir des souillures de l’idolâtrie, des unions illégitimes, de la viande non saignée et du sang.

21 En effet, depuis les temps les plus anciens Moïse a, dans chaque ville, des gens qui proclament sa Loi, puisqu’on en fait la lecture chaque sabbat dans les synagogues. »

22 Alors les Apôtres et les Anciens décidèrent avec toute l’Église de choisir parmi eux des hommes qu’ils enverraient à Antioche avec Paul et Barnabé. C’étaient des hommes qui avaient de l’autorité parmi les frères : Jude (appelé aussi Barsabbas) et Silas.

23 Voici la lettre qu’ils leur confièrent : « Les Apôtres et les Anciens saluent fraternellement les païens convertis, leurs frères, qui résident à Antioche, en Syrie et en Cilicie.

24 Nous avons appris que quelques-uns des nôtres, sans aucun mandat de notre part, sont allés tenir des propos qui ont jeté chez vous le trouble et le désarroi.

25 Nous avons décidé à l’unanimité de choisir des hommes que nous enverrions chez vous, avec nos frères bien-aimés Barnabé et Paul

26 qui ont consacré leur vie à la cause de notre Seigneur Jésus Christ.

27 Nous vous envoyons donc Jude et Silas, qui vous confirmeront de vive voix ce qui suit :

28 L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas faire peser sur vous d’autres obligations que celles-ci, qui s’imposent :

29 vous abstenir de manger des aliments offerts aux idoles, du sang, ou de la viande non saignée, et vous abstenir des unions illégitimes. En évitant tout cela, vous agirez bien. Courage ! »

30 Alors on invita les messagers à se mettre en route, et ils se rendirent à Antioche. Ayant réuni l’assemblée des fidèles, ils communiquèrent la lettre.

31 À sa lecture, tous se réjouirent de l’encouragement qu’elle apportait.

32 Jude et Silas, qui étaient aussi prophètes, parlèrent longuement aux frères pour les réconforter et les affermir ;

33 après quelque temps, les frères les laissèrent repartir vers ceux qui les avaient envoyés et leur souhaitèrent la paix.

35 Paul et Barnabé, eux, séjournaient à Antioche : ils enseignaient et, avec beaucoup d’autres, ils annonçaient la Bonne Nouvelle de la parole du Seigneur. Patrick BR

Patrick BRAUD

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23 janvier 2010

L’événement sera notre maître intérieur

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« L’événement sera notre maître intérieur »

 

Homélie du  3° Dimanche du temps ordinaire / Année C

24/01/10

 L'événement sera notre maître intérieur dans Communauté spirituelle 9782130521068

« L’événement sera notre maître intérieur »*


Cette phrase d’Emmanuel Mounier, philosophe et artisan du personnalisme communautaire, est devenue célèbre parce qu’elle cristallise une ligne spirituelle très pertinente pour l’homme d’action.

C’est l’événement qui appelle, et d’une certaine façon qui fait la personne humaine. C’est en répondant aux imprévus de la vie, à ce qui arrive d’ailleurs, que peu à peu je me constitue comme personne engagée dans l’histoire.

Cette philosophie de l’événement – qui appelle un engagement – est cohérente avec notre évangile d’aujourd’hui. Plus encore, elle est cohérente avec la rédaction même des quatre évangiles que nous décrit saint Luc au début du sien.


 
DE JÉSUS À THÉOPHILE : LE QUADRIPTYQUE

Relisez sa déclaration inaugurale (Lc 1,1), plus importante qu’il n’y paraît.

On y distingue quatre moments successifs, de Jésus à Théophile, qui forment le quadriptyque suivant :

 

 

Quadriptyque

 

C’est donc que les événements autour de la personne de Jésus ont suivi ce cheminement de pensée, de parole, d’écriture, avant de pouvoir émouvoir le lecteur en bout de chaîne.

 

On le voit facilement : il n’y a pas d’événements bruts ou « objectifs ».

Il y a d’abord ce qui vient d’ailleurs : le mot événement (« ex-venire » en latin = venir d’ailleurs) suggère d’ailleurs une certaine transcendance, une altérité radicale, imprévue, imprévisible, non maîtrisable.

Il y a ensuite des témoins, et il en faut plusieurs parce qu’un seul ne peut tout dire, et parce que l’événement échappe toujours à ses interprétations ultérieures.

Ces témoins ruminent ce qui s’est passé (à l’image de Marie, « qui conservait toutes ces choses en son coeur »), et à partir de cette méditation inspirée « composent un récit ».

Ce récit circule par oral dans les communautés chrétiennes, et ces communautés en retour modifient, peaufinent, affinent le récit.

Vient alors à un rédacteur (ici Luc) qui, lui aussi « inspiré » par une force d’écriture et de discernement, va mettre des mots et risquer un texte sur l’événement.

La chaîne interprétative de l’événement ne s’arrête pas là : car le lecteur (ici Théophile) a lui aussi le pouvoir de faire vivre le texte reçu, pour qu’il devienne à nouveau une parole vivante pour lui et la communauté (c’est le rôle de l’homélie par exemple !).

 

Mine de rien, avec cette petite synthèse de la méthode de rédaction de son évangile, Luc nous dit des  choses essentielles : le texte répond à des événements, l’interprétation (l’herméneutique) de ce qui s’y est arrivé étant le moteur pour témoigner de qui est Jésus de Nazareth et pour s’engager à sa suite.

 

Quand on regarde de près cette phrase inaugurale de Luc, on ne peut plus lire un texte d’évangile naïvement, comme si c’était un reportage en direct sur les paroles et gestes de Jésus (et même des reportages télévisés aujourd’hui auraient des visions très différentes les uns des autres !)

Mais surtout Luc nous rappelle qu’à la base de tout, il y a des événements, incontournables, inépuisables, irréversibles.

Ce n’est qu’à l’écoute des événements de notre histoire que nous deviendrons nous-mêmes.

 

À L’ÉCOUTE DES ÉVÉNEMENTS

 

Il y a de l’inattendu et des surprises dans l’histoire biblique.
Telle bataille tourne au désastre ou au contraire au triomphe.
Quand le peuple se détourne de Dieu, le surgissement d’un prophète peut changer la pratique collective, mais peut également se heurter à la dureté de coeur du peuple.
Cyrus Même en Exil où apparemment tout est perdu, il suffit d’un roi nouveau pour que tout redevienne possible: donner à Cyrus le titre de Messie (Is 45,1) est cette reconnaissance de l’action divine à travers l’événement inattendu de son décret de retour en Israël.

Bataille, prophète, nouveau roi perse…: les textes bibliques scrutent les bifurcations de l’histoire pour y discerner l’inattendu de Dieu.

Le discernement historique est alors une école d’interprétation, où les événements en tant qu’énigmes, surgissements de non-maîtrisable et créations de possibles imprévus, sont nos maîtres, selon la formule d’Emmanuel Mounier: « l’événement sera notre maître intérieur ».

 

Jésus-Christ est en personne l’événement par excellence, l’action par laquelle Dieu met fin à l’ancien monde. Il ne l’est pas en tant que fait établi du passé. Il l’est en tant qu’événement présent, en tant qu’il s’adresse à chacun ici et maintenant dans la lecture ou la prédication. À la lecture ou l’audition de l’évangile, Dieu entre en relation avec l’homme, l’éternel pénètre dans le temporel, le transcendant se manifeste au sein de l’immanent. C’est l’instant présent de cette rencontre qui change tout et fait tout basculer. Dans l’accueil de la Parole du Christ se joue maintenant l’événement du salut.
« Cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. »

 

Finalement qu’est-ce qu’un événement ?
 

Cone temporel


C’est ce qui introduit une brisure de symétrie fondamentale entre passé et futur : une modification dont on repère après coup l’importance (ou au contraire l’insignifiance) en ce qu’elle aura provoqué ou permis une évolution vers un état ultérieur qui n’était pas strictement prédictible auparavant (de façon nécessaire et univoque).

De tels événements n’ont lieu qu’une fois, et cessent d’exister une fois réalisés, au sens où ils ne réapparaîtront jamais identiques à eux-mêmes. En ce sens, ils sont irréversibles, contrairement à beaucoup d’autres choses que nous faisons et répétons.

Notre vie est remplie de tels événements, qui se présentent à nous, venus d’ailleurs, comme des bifurcations possibles.

 

L'événement sera notre maître intérieurCe peut être une crise financière, un divorce aussi bien qu’une naissance, une rencontre fortuite comme une jambe cassée?

Suite à une jambe cassée qui lui donne le temps de lire, Ignace de Loyola devient le fondateur des jésuites au lieu d’un noble chevalier.

Suite à un éblouissement sur le chemin de Damas, Saul deviendra Paul au lieu du persécuteur.

Suite à une rencontre avec deux personnes handicapées mentales en hôpital psychiatrique, Jean Vanier est embarqué dans l’aventure de l’Arche au lieu de couler une paisible retraite d’officier de marine?

 

À nous de déchiffrer « ce qui nous arrive », heureux ou douloureux, comme autant d’événements, c’est-à-dire d’appels à nous engager avec le Christ pour devenir nous-mêmes, et écrire notre propre histoire à la manière de Luc.

 

« L’événement sera notre maître intérieur » : que Luc nous serve de grand frère pour – nous aussi –  donner un sens aux événements qui nous tombent dessus, et pour nous engager dans les bifurcations qu’ils dessinent…

 

* Lettre d’Emmanuel Mounier en septembre 1949 à Jean-Marie Domenach (directeur de la revue Esprit)
 

1ère lecture : Le peuple de Dieu redécouvre la Parole (Ne 8, 1-4a.5-6.8-10)

Lecture du livre de Néhémie

Quand arriva la fête du septième mois, tout le peuple se rassembla comme un seul homme sur la place située devant la Porte des eaux. On demanda au scribe Esdras d’apporter le livre de la loi de Moïse, que le Seigneur avait donnée à Israël.
Alors le prêtre Esdras apporta la Loi en présence de l’assemblée, composée des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre. C’était le premier jour du septième mois.
Esdras, tourné vers la place de la Porte des eaux, fit la lecture dans le livre, depuis le lever du jour jusqu’à midi, en présence des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre : tout le peuple écoutait la lecture de la Loi.
Le scribe Esdras se tenait sur une tribune de bois, construite tout exprès.
Esdras ouvrit le livre ; tout le peuple le voyait, car il dominait l’assemblée. Quand il ouvrit le livre, tout le monde se mit debout.
Alors Esdras bénit le Seigneur, le Dieu très grand, et tout le peuple, levant les mains, répondit : « Amen ! Amen ! » Puis ils s’inclinèrent et se prosternèrent devant le Seigneur, le visage contre terre.
Esdras lisait un passage dans le livre de la loi de Dieu, puis les lévites traduisaient, donnaient le sens, et l’on pouvait comprendre.
Néhémie le gouverneur, Esdras qui était prêtre et scribe, et les lévites qui donnaient les explications, dirent à tout le peuple : « Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu ! Ne prenez pas le deuil, ne pleurez pas ! » Car ils pleuraient tous en entendant les paroles de la Loi.
Esdras leur dit encore : « Allez, mangez des viandes savoureuses, buvez des boissons aromatisées, et envoyez une part à celui qui n’a rien de prêt. Car ce jour est consacré à notre Dieu ! Ne vous affligez pas : la joie du Seigneur est votre rempart ! »

Psaume : Ps 18, 8, 9, 10, 15
R/ La joie du Seigneur est notre rempart

La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le coeur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

La crainte qu’il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables.

Accueille les paroles de ma bouche,
le murmure de mon coeur ;
qu’ils parviennent devant toi,
Seigneur, mon rocher, mon défenseur !

2ème lecture : Diversité des membres dans l’unité du corps du Christ (1Co 12, 12-30)

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre au Corinthiens

Frères,
Prenons une comparaison : notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ.
Tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés dans l’unique Esprit pour former un seul corps. Tous nous avons été désaltérés par l’unique Esprit.
Le corps humain se compose de plusieurs membres, et non pas d’un seul.
[ Le pied aura beau dire : « Je ne suis pas la main, donc je ne fais pas partie du corps », il fait toujours partie du corps.
L’oreille aura beau dire : « Je ne suis pas l’oeil, donc je ne fais pas partie du corps », elle fait toujours partie du corps.
Si, dans le corps, il n’y avait que les yeux, comment pourrait-on entendre ? S’il n’y avait que les oreilles, comment pourrait-on sentir les odeurs ?
Mais, dans le corps, Dieu a disposé les différents membres comme il l’a voulu.
S’il n’y en avait qu’un seul, comment cela ferait-il un corps ?
Il y a donc à la fois plusieurs membres, et un seul corps.
L’oeil ne peut pas dire à la main : « Je n’ai pas besoin de toi » ; la tête ne peut pas dire aux pieds : « Je n’ai pas besoin de vous ».
Bien plus, les parties du corps qui paraissent les plus délicates sont indispensables.
Et celles qui passent pour moins respectables, c’est elles que nous traitons avec plus de respect ; celles qui sont moins décentes, nous les traitons plus décemment ;
pour celles qui sont décentes, ce n’est pas nécessaire. Dieu a organisé le corps de telle façon qu’on porte plus de respect à ce qui en est le plus dépourvu :
il a voulu qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les différents membres aient tous le souci les uns des autres.
Si un membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie. ]
Or, vous êtes le corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes les membres de ce corps.
[ Parmi ceux que Dieu a placés ainsi dans l’Église, il y a premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement ceux qui sont chargés d’enseigner, puis ceux qui font des miracles, ceux qui ont le don de guérir, ceux qui ont la charge d’assister leurs frères ou de les guider, ceux qui disent des paroles mystérieuses.
Tout le monde évidemment n’est pas apôtre, tout le monde n’est pas prophète, ni chargé d’enseigner ; tout le monde n’a pas à faire des miracles,
à guérir, à dire des paroles mystérieuses, ou à les interpréter. ]

Evangile : Prologue de Saint Luc – « Aujourd’hui, s’accomplit la Parole »
(Lc 1, 1-4; 4, 14-21)

Commencement de l’Evangile de Jésus Christ selon saint Luc

Plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous,
tels que nous les ont transmis ceux qui, dès le début, furent les témoins oculaires et sont devenus les serviteurs de la Parole.
C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après m’être informé soigneusement de tout depuis les origines, d’en écrire pour toi, cher Théophile, un exposé suivi,
afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as reçus.

Lorsque Jésus, avec la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région.

Il enseignait dans les synagogues des Juifs, et tout le monde faisait son éloge.
Il vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l’habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture.
On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :
L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération,
annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.
Alors il se mit à leur dire : « Cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. »
Patrick BRAUD
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