L'homelie du dimanche

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13 mars 2010

Ressusciter, respirer, se nourrir…

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Ressusciter, respirer, se nourrir…

ou

le lien entre Pâques et l’eucharistie

 

Homélie du 4° dimanche de carême / Année C

14/03/10

 

Nous sommes en plein carême. Nous accompagnons les catéchumènes, ces adultes qui se préparent – que nous préparons – au baptême pour la nuit de Pâques. L’événement du baptême est si fort qu’il en vient parfois à occulter les deux autres aspects de ce qui se passe dans la nuit de Pâques pour eux : la confirmation, et la première communion au corps du Christ (dans l’ordre).

 

Or ce lien entre les trois sacrements est capital. Le rituel de l’initiation chrétienne des adultes l’affirme avec force : « Par les sacrements de l’initiation chrétienne, les hommes, délivrés de la puissance des ténèbres, morts avec le Christ, ensevelis avec lui et ressuscités avec lui, reçoivent l’Esprit d’adoption des fils et célèbrent avec tout le peuple de Dieu le mémorial de la mort et de la résurrection du Seigneur » (n° 1).

« Les sacrements du baptême, de la confirmation et de l’eucharistie constituent la dernière étape de l’initiation chrétienne.  Recevant le pardon de leurs péchés, les catéchumènes sont incorporés au peuple de Dieu, adoptés comme fils de Dieu, introduits par l’Esprit Saint dans le temps de l’accomplissement des promesses, et ils goûtent déjà au festin du Royaume de Dieu par le sacrifice et le repas eucharistiques » (n° 202).

 

Ressusciter, respirer, se nourrir... dans Communauté spirituelle rdv_pessah_matzah_275Notre première lecture est facilement réinterprétable dans ce sens : « les fils d’Israël célébrèrent la Pâque. Le lendemain de la Pâque, ils mangèrent le produit de cette terre : des pains sans levain et des épis grillés ». (Jo 5,10-12)

 

Célébrer la Pâque conduit logiquement à se nourrir d’autre chose que de la manne.

De même, être baptisé amène à chercher d’autres nourritures qu’avant le baptême, et le « pain sans levain » de l’eucharistie est la nourriture de celui qui est entré au-delà du Jourdain dans la terre de sa liberté.

Traverser le Jourdain, comme traverser la mer Rouge, c’est symboliquement traverser la mort, mourir à ses anciens esclavages.

Comme dans la parabole dite « du fils prodigue » d’aujourd’hui : le fils cadet traverse la famine, la misère, la honte d’être moins qu’un porc, et revient vers son père… pour manger ! (« Moi ici je meurs de faim » Lc 15,17)

Et d’ailleurs, aussitôt son fils retrouvé, le père célèbre la Pâque de son fils? en faisant un festin ! (« mangeons et festoyons, car mon fils était mort et il est revenu à la vie » v. 24)

 

Jésus fait lui aussi ce lien entre la résurrection et la nouvelle nourriture : il ordonne de donner à manger à la jeune fille de 12 ans qu’il vient de réveiller (Lc 8,55) ; il va manger avec les pécheurs (Lc 5,30) ; il n’est pas comme la manne incapable de conjurer la mort, mais comme le pain de vie : « celui qui en mangera ne mourra pas » (Jn 6,50).

 

Le lien entre Pâques et l’eucharistie est donc fortement préfiguré dans toute la Bible, et il rejaillit sur l’unité entre les trois sacrements de l’initiation chrétienne.

- À quoi servirait de renaître si on ne nourrissait pas de cette vie nouvelle ? Ce serait de l’anorexie spirituelle ! Et pourtant, ce lien sans doute a été affaibli dans nos consciences, au point que beaucoup se disent catholiques sans  jamais nourrir cette identité catholique (et cette anorexie peut nous guetter tous, même temporairement…).

- Et réciproquement, quel sens cela aurait-il de venir communier sans enraciner cette démarche dans la Pâque du Christ ? Que voudrait dire « prendre l’hostie » si c’est seulement pour faire comme tout le monde (ou presque !), sans d’abord passer par la mort et la résurrection, c’est-à-dire sans vivre d’abord ce chemin de conversion ou nous mourons à nos esclavages pour renaître à notre vraie liberté, intérieure et extérieure ?

 

Josué fait traverser le fleuve, le peuple célèbre la Pâque, puis se nourrit du pain de la Terre promise.

Aujourd’hui, nous menons le combat spirituel du Carême, demain nous célébrerons la Pâque avec les catéchumènes en les baptisant, et avec eux nous nourrirons cette vie nouvelle grâce au pain de la Parole et de l’eucharistie.

 

C’est l’Esprit qui guide son peuple à travers toutes ces étapes.

C’est l’Esprit du sacrement de confirmation qui suscite la faim de liberté et le désir d’une autre nourriture.

C’est l’Esprit qui nous rend fermes (nous « con-firme ») dans cet état de ressuscités en nous faisant prendre une autre alimentation, bien plus « bio », « durable », « équitable » et « éthiquable » que l’ancienne !

 

Les catéchumènes baptisés, confirmés et eucharistiés lors de la nuit de Pâques nous conduirons ainsi à redécouvrir l’unité et la cohérence de l’initiation chrétienne.

Oui il y a un lien entre Pâques et l’eucharistie, et ce lien c’est l’Esprit « vivifiant » (cf. le Credo).

Oui il y a un lien entre notre baptême, notre confirmation, et notre participation au repas eucharistique.

Oui il y a un lien entre se réveiller d’entre les morts, se laisser conduire par l’Esprit, et se nourrir et du pain eucharistique.

Oui : ressusciter, respirer et se nourrir vont bien ensemble, au point que cesser l’un c’est mettre en péril les deux autres.

 

Et vous, sur lequel de ces trois verbes devez-vous mettre l’accent pour terminer ce Carême en beauté ?

 

1ère lecture : L’arrivée en Terre Promise et la célébration de la Pâque (Jos 5, 10-12)

Lecture du livre de Josué

Après le passage du Jourdain, les fils d’Israël campèrent à Guilgal et célébrèrent la Pâque le quatorzième jour du mois, vers le soir, dans la plaine de Jéricho.
Le lendemain de la Pâque, ils mangèrent les produits de cette terre : des pains sans levain et des épis grillés.
A partir de ce jour, la manne cessa de tomber, puisqu’ils mangeaient les produits de la terre. Il n’y avait plus de manne pour les fils d’Israël, qui mangèrent cette année-là ce qu’ils récoltèrent sur la terre de Canaan.

 

Psaume : Ps 33, 2-3, 4-5, 6-7

R/ Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur

 

Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m’entendent et soient en fête !

Magnifiez avec moi le Seigneur,
exaltons tous ensemble son nom.
Je cherche le Seigneur, il me répond :
de toutes mes frayeurs, il me délivre.

Qui regarde vers lui resplendira,
sans ombre ni trouble au visage.
Un pauvre crie ; le Seigneur entend :
il le sauve de toutes ses angoisses.

 

2ème lecture : Réconciliés avec Dieu par le Christ (2Co 5, 17-21)

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, si quelqu’un est en Jésus Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né.
Tout cela vient de Dieu : il nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a donné pour ministère de travailler à cette réconciliation.
Car c’est bien Dieu qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui ; il effaçait pour tous les hommes le compte de leurs péchés, et il mettait dans notre bouche la parole de la réconciliation.
Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu.
Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché des hommes, afin que, grâce à lui, nous soyons identifiés à la justice de Dieu.
Frères, si quelqu »un est en Jésus Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s »en est allé, un monde nouveau est déjà né
Frères, nous sommes les ambassadeurs du Christ, et par nous c »est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu.

 

Evangile : Parabole du père et de ses deux fils (Lc 15, 1-3.11-32)

Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
Jésus disait cette parabole : « Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père : ‘Père, donne-moi la part d’héritage qui me revient.’ Et le père fit le partage de ses biens.
Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre.
Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère.
Il alla s’embaucher chez un homme du pays qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.
Alors il réfléchit : ‘Tant d’ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !
Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi.
Je ne mérite plus d’être appelé ton fils. Prends-moi comme l’un de tes ouvriers.’
Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit : ‘Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils…’
Mais le père dit à ses domestiques : ‘Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds.
Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons.
Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.’ Et ils commencèrent la fête.
Le fils aîné était aux champs. A son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses.
Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait.
Celui-ci répondit : ‘C’est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a vu revenir son fils en bonne santé.’
Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait.
Mais il répliqua : ‘Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras !’
Le père répondit : ‘Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »

Patrick BRAUD 

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13 février 2010

Aux arbres, citoyens !

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Aux arbres, citoyens !


Homélie du
  4° Dimanche du temps ordinaire / Année C
31/01/10

 

Avez-vous été voir le film est « Invictus » de Clint Eastwood ?

Il raconte la réconciliation que Nelson Mandela a voulu mettre en oeuvre – notamment grâce au rugby ! – après l’apartheid en Afrique du Sud.

Pourtant, Mandela a pourri 27 ans (de 1962 à 1990) dans une prison du régime de l’apartheid ! L’un de ses gardes du corps dans le film s’étonne : « où va-t-il chercher la force de pardonner à ceux qui l’ont maintenu 27 ans en prison ? »

Où ? Dans sa foi chrétienne ! Nelson Mandela est cet arbre qui a traversé non pas une mais 27 années de sécheresse, apparemment perdu pour le monde entier. Son feuillage est resté vert et – grâce au rugby dans le film ! – il porte un fruit de réconciliation entre noirs et blancs.

 

L’homme et l’arbre se ressemblent.

À tel point que dans la Bible, l’arbre est devenu une métaphore du juste, comme dans notre première lecture et le dans le psaume.

Quels traits communs entre les deux ?

L’homme, comme l’arbre, est une ligne verticale tendue entre ciel et terre.

Tous deux sont solidement enracinés dans le sol – ne dit-on pas que sans racines l’homme est perdu ? – et en même temps leurs têtes veulent toucher les nuages.

Le tronc humain, les branches de sa généalogie, les fruits qu’il produit, jusqu’à l’écorce dont il s’entoure… : l’être humain a appris les mots de l’arbre pour se décrire lui-même…

 

« Tel l’arbre, l’homme prospère.

Tel un homme, l’arbre est coupé. 

Et j’ignore où j’ai été et où j’irai -

Tel un arbre des champs.

Quand un homme est-il comme un arbre des champs ? 

Tel l’arbre, il s’étire vers le ciel.

Comme l’homme, il brûle dans le feu.

Tel un arbre il a soif d’eau.

Tel l’homme, l’arbre a toujours soif. »
(Nathan Zach, poète israélien contemporain)

 

 

« La Tora compare les hommes aux arbres car, comme les humains, les arbres ont le pouvoir de grandir. Et comme les humains ont des enfants, les arbres donnent des fruits. Et quand un humain  souffre,  des cris de douleur sont entendus à travers le monde, donc quand un arbre est abattu, ses cris sont entendus dans le monde entier », écrivait un rabbin du 16° siècle.

 

Alors la Bible (qui emploie ce mot 180 fois environ) va pousser plus loin cette comparaison : « Béni soit l’homme qui met sa confiance dans le Seigneur, dont le Seigneur est l’espoir. Il sera comme un arbre planté au bord des eaux, qui étend ses racines vers le courant : il ne craint pas la chaleur quand elle vient, et son feuillage reste vert ; il ne redoute pas une année de sécheresse, car elle ne l’empêche pas de porter du fruit. » (Jr 17,6-8)

 

Le critère essentiel qui distingue le juste (l’arbre) du « mondain » (le buisson) est de savoir traverser la chaleur, et même une année de sécheresse, sans arrêter de porter du fruit ni d’avoir un feuillage vert.

 

Une année de sécheresse, ça peut arriver à tout le monde, à n’importe quel âge de la vie ! Après un coup dur économique, familial, de santé… L’année de sécheresse peut être également une période de sécheresse spirituelle, affective, professionnelle, où apparemment rien ne se passe.

Qu’est-ce qui permet de tenir dans ces fournaises-là ?

L’arbre de Jérémie ou du psaume 1 nous le dit : il faut étendre ses racines dans le courant d’eau fraîche qui coule là, tout près, un peu plus bas, pour un aller chercher hors de soi les sources qui vont compenser ce que la pluie ne veut plus donner.

S’appuyer sur Dieu d’abord, plus solide que tous les humains ; aller boire à sa parole, s’enraciner dans son amour ; ne pas compter que sur soi ou sur l’aide des autres « mortels » comme dit Jérémie, mais compter sur Dieu d’abord. Loin des calculs, des magouilles, des réseaux d’influence, des appuis humains trop humains?

 

L’homme et l’arbre se ressemblent tant que le peuple juif en a fait une fête : Tou Bichvat, « le nouvel an des arbres ». À l’occasion de Tou Bichvat, on se réunit en famille et le repas est essentiellement  composé de fruits : les 7 fruits d’Israël tels l’olive, la datte, le raisin, la figue, la grenade, etc? chaque consommation étant précédée de la bénédiction qui convient. C’est que le symbolisme de l’arbre est lié à la fécondité que la terre et chaque vie humaine doivent porter. On boit également 3 coupes de vin, fruit de la vigne.

 


C’est que le peuple juif lui aussi est tout entier comme un arbre : il est attaché à sa terre au point de dépérir hors d’elle ; appelé à porter du fruit pour le monde entier, obligé de s’enraciner en Dieu plus que dans les calculs politiques, planté au milieu du sable sans être du sable?

Israël vénère l’arbre comme sa propre image. Il en a planté de plus de 200 millions depuis 1948… ! Et au mémorial de Yad Vashem à Jérusalem, on plante un arbre pour chaque « juste parmi les nations » qui est reconnu  comme ayant sauvé des juifs pendant la Shoah.

« J’aime les arbres. J’aime leur patience, leur stabilité, leurs inlassables stratégies de survie, leur manière de s’enfouir pour résister à la durée, au froid, aux intempéries. J’aime les peuplements forestiers dans la complexité de leurs luttes et de leurs collaborations. L’arbre est un témoin fantastique de la vie. Alors que l’animal a choisi la mobilité, ce qui l’a forcé à développer des membres et une organisation cérébrale fort complexe, le végétal a opté pour la fixité, pour l’enracinement, pour l’ancrage. Et c’est à partir de ce point fixe que l’arbre poursuit son inlassable labeur. Il s’enfonce au ventre de la terre, il s’élance en haut. Il relie le ciel et la terre. Il étend ses bras pour la danse et le chant, donnant refuge et abri. Il jette sa semence à profusion, au printemps ou à l’automne, sous forme de mousse, de semences, de graines, de fruits, de glands. De proche en loin, la semence émigre, cherchant le milieu propice pour recommencer l’aventure.

S?urs et frères humains, ayez donc la patience des arbres. Et comme eux, aux soirs d’été, chantez dans le vent l’hymne d’action de grâces de toutes les créatures. Et de grâce, avant qu’il ne soit trop tard, levez-vous pour obtenir une gestion plus raisonnable de la forêt. » (André Beauchamp, théologien et environnementaliste canadien)

 

De l’arbre de vie de la Genèse à l’arbre de vie au milieu de la ville de l’Apocalypse, en passant par l’arbre de la Croix, les hommes devraient davantage aimer et soigner les arbres, pour s’en inspirer, pour leur ressembler.

Alors, même une année de sécheresse ne leur fera pas peur : « jamais son feuillage ne meurt » (Ps 1,3)

 

 

1ère lecture : Comme un arbre planté au bord des eaux  (Jr 17, 5-8)

Lecture du livre de Jérémie

Parole du Seigneur : Maudit soit l’homme qui met sa confiance dans un mortel,
qui s’appuie sur un être de chair, tandis que son coeur se détourne du Seigneur.
Il sera comme un buisson sur une terre désolée, il ne verra pas venir le bonheur.
Il aura pour demeure les lieux arides du désert, une terre salée et inhabitable.

Béni soit l’homme qui met sa confiance dans le Seigneur,
dont le Seigneur est l’espoir.
Il sera comme un arbre planté au bord des eaux, qui étend ses racines vers le courant :
il ne craint pas la chaleur quand elle vient, et son feuillage reste vert ;
il ne redoute pas une année de sécheresse, car elle ne l’empêche pas de porter du fruit.

 

Psaume : Ps 1, 1-6

R/ En Dieu, notre espérance,
en Dieu, notre joie !

Heureux est l’homme qui n’entre pas au conseil des méchants,
qui ne suit pas le chemin des pécheurs,
mais se plaît dans la loi du Seigneur
et murmure sa loi jour et nuit !

Il est comme un arbre planté près d’un ruisseau,
qui donne du fruit en son temps,
et jamais son feuillage ne meurt ;
tout ce qu’il entreprend réussira.

Tel n’est pas le sort des méchants.
Mais ils sont comme la paille balayée par le vent :
Le Seigneur connaît le chemin des justes,
mais le chemin des méchants se perdra.

 

2ème lecture : Résurrection des morts et résurrection du Christ (1Co 15, 12.16-20)

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, nous proclamons que le Christ est ressuscité d’entre les morts ; alors, comment certains d’entre vous peuvent-ils affirmer qu’il n’y a pas de résurrection des morts ? Si les morts ne ressuscitent pas, le Christ non plus n’est pas ressuscité.
Et si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi ne mène à rien, vous n’êtes pas libérés de vos péchés ;
et puis, ceux qui sont morts dans le Christ sont perdus.
Si nous avons mis notre espoir dans le Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes.
Mais non ! le Christ est ressuscité d’entre les morts, pour être parmi les morts le premier ressuscité.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 6, 17.20-26)

Jésus descendit de la montagne avec les douze Apôtres et s’arrêta dans la plaine. Il y avait là un grand nombre de ses disciples, et une foule de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon.
Regardant alors ses disciples, Jésus dit :
« Heureux, vous les pauvres : le royaume de Dieu est à vous !
Heureux, vous qui avez faim maintenant : vous serez rassasiés ! Heureux, vous qui pleurez maintenant : vous rirez !
Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous repoussent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l’homme.
Ce jour-là, soyez heureux et sautez de joie, car votre récompense est grande dans le ciel : c’est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes.

Mais malheureux, vous les riches : vous avez votre consolation !

Malheureux, vous qui êtes repus maintenant : vous aurez faim ! Malheureux, vous qui riez maintenant : vous serez dans le deuil et vous pleurerez !
Malheureux êtes-vous quand tous les hommes disent du bien de vous : c’est ainsi que leurs pères traitaient les faux prophètes. »
Patrick BRAUD

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19 décembre 2009

« Tu as de la visite »

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 02 min

« Tu as de la visite »

Homélie pour le 4° Dimanche de l’Avent / Année C / 20/12/09

 

On raconte qu’un jour, saint Benoît, perdu dans sa solitude d’ermite, reçut la visite d’un prêtre, sans savoir que c’était le jour de Pâques. Le prêtre qui était venu le visiter dit : «  Lève-toi et prenons de la nourriture car c’est Pâques aujourd’hui  ». À quoi l’homme de Dieu répondit :  » Je sais que c’est Pâques, puisque tu es venu me voir « . En effet, demeurant loin des hommes, il ignorait qu’en ce jour, c’était la solennité de Pâques !

 

«  C’est Pâques, puisque tu es venu me visiter  ».

Telle est la puissance de la visite fraternelle : une force de résurrection, pour susciter en chacun la louange et le partage.


Telle est la puissance de la visite de Marie à Élisabeth : susciter l’émerveillement, laisser la vie intérieure être la plus forte, s’ouvrir mutuellement à des futurs inouïs…

Pour une femme enceinte comme Marie, dans un pays chaud comme Israël, ce voyage de Nazareth à Aïn Karim, de la plaine à la montagne, ce voyage n’est pas un petit déplacement !


Visite
  : laissons résonner en nous ce mot qui nous réunit en ce quatrième Dimanche de l’Avent. La visite de Marie à Elisabeth est devenue si célèbre et si unique que la langue française l’a appelée Visitation, mot spécialement forgé pour cela ! Telle est la puissance des visites que nous nous rendons les uns aux autres : nous relever, encourager la vie en l’autre, reprendre confiance en l’avenir? 

 

Visite en français, cela vient de visitare : aller voir.

Il y a donc un mouvement : « aller », et une contemplation : « voir ».

Visiter quelqu’un, c’est donc se déplacer, physiquement, mais aussi mentalement.

C’est quitter son univers pour entrer dans celui de l’autre.

Dieu n’a-t-il pas le premier opéré ce déplacement pour nous ? En Jésus il a quitté sa divinité pour aller nous visiter, de la montagne à la plaine, et jusqu’au fond des enfers. La visite de Marie à sa cousine fait écho à la visite du Verbe de Dieu en elle. Accueillir Dieu qui nous visite nous met en route pour aller à notre tour visiter notre famille.

La visitation est un pèlerinage fraternel, en réponse au pèlerinage divin de Dieu en nous?

 

Mais il faut pour cela accepter de quitter son univers ! Lorsqu’on visite quelqu’un, on est accueilli dans une autre maison, où l’on n’est pas chez nous. Or chez l’autre, beaucoup de choses peuvent être différentes. Et c’est là où intervient le 2ème terme de la visite : voir.

En entrant dans la maison d’un autre, notre oeil est tout de suite attiré par tous ces détails qui révèlent la personnalité de notre hôte. « Tiens il a décoré de telle manière ». « Tiens sa bibliothèque est intéressante, ou sa collection de disques, ou de DVD… » « Tiens ses meubles doivent venir de sa famille, etc. ».

Entre Marie et Elisabeth, l’oeil n’est pas attiré par la décoration extérieure, mais par la joie intérieure de l’autre.

L’enfant qui tressaille d’allégresse au plus intime de chacune de ces 2 mamans improbables les oriente vers une contemplation émerveillée de l’action de l’Esprit Saint en l’autre.

Voilà donc le but de toute visite spirituelle : contempler le travail de l’Esprit chez celui ou celle qui m’accueille ; laisser la louange me venir aux lèvres pour célébrer le bonheur de l’autre.

La visitation de Marie à Elisabeth n’a pas pour but de vérifier où elle en est, ni même de l’aider. Non, c’est une visite pour la louange, pour voir l’action de Dieu en sa cousine et réciproquement, et s’en réjouir ensemble.

 

Fêter la Visitation nous appelle donc à réhabiliter dans notre Église le ministère de la visite, dans cet esprit-là. Autrefois, quand le curé n’avait qu’un village de 800 âmes à desservir, c’était lui qui assurait tout seul ce ministère de la visite. Maintenant, on redécouvre que tout baptisé, à la suite de Marie, est appelé à visiter ses frères. Dans l’histoire, cela a donné lieu à l’ordre des visitandines, au 17ème siècle, qui visitaient les pauvres et les malades. Aujourd’hui ce serait plutôt le Service Évangélique des Malades, les Conférences St Vincent de Paul… Mais nous pratiquons aussi la visite fraternelle lorsqu’une équipe liturgique se réunit chez l’un ou chez l’autre, autour d’un bon dessert ! Ou lorsque nous allons visiter les familles en deuil pour les obsèques. Ou plus fréquemment encore lorsque nous avons la simplicité de frapper à la porte de quelqu’un gratuitement, juste pour avoir des nouvelles, un sourire, un bonjour, et quelque fois du coup une longue discussion sur des questions importantes.

 

The VisitationEn allemand, visite se traduit par Besuch, qui à la même racine que le verbe « chercher » : « suchen ». C’est donc que visiter quelqu’un, c’est chercher en lui ! Chercher comme Marie les traces de l’action de l’Esprit en lui. Être à l’affût des signes de sa « grossesse spirituelle », comme on scrute une échographie pour y chercher les signes du bébé à naître.

Visiter implique d’aller à la recherche de ce que l’autre porte en lui-même de divin.

 

Réhabilitons donc ce beau ministère de la visite entre nous !

Visitons-nous, déplaçons-nous, pour chercher et voir comment Dieu agit en chacun ; et nous pourrons alors ensemble – Marie d’ici et Elisabeth d’ailleurs – nous réjouir des naissances imprévues que l’Esprit ne cesse de susciter au milieu de nous…

 

Que Marie nous apprenne ce beau ministère de la visite, de la « visitation ».

 

 

1ère lecture : Le Messie viendra de Bethléem (Mi 5, 1-4)

Lecture du livre de Michée

Parole du Seigneur : Toi, Bethléem Ephrata,le plus petit des clans de Juda, c’est de toi que je ferai sortir celui qui doit gouverner Israël.

Ses origines remontent aux temps anciens, à l’aube des siècles.
Après un temps de délaissement, viendra un jour où enfantera celle qui doit enfanter, et ceux de ses frères qui resteront rejoindront les enfants d’Israël. Il se dressera et il sera leur berger par la puissance du Seigneur, par la majesté du nom de son Dieu. Ils vivront en sécurité, car désormaissa puissance s’étendra jusqu’aux extrémités de la terre, et lui-même, il sera la paix !

 

Psaume : Ps 79, 2.3bc, 15-16a, 18-19

R/ Dieu, fais-nous revenir ; que ton visage s’éclaire, et nous serons sauvés !

Berger d’Israël, écoute,
toi qui conduis ton troupeau, resplendis !
Réveille ta vaillance
et viens nous sauver.

Dieu de l’univers, reviens !
Deu haut des cieux, regarde et vois :
visite cette vigne, protège-la,
celle qu’a plantée ta main puissante.

Que ta main soutienne ton protégé,
le fils de l’homme qui te doit sa force.
Jamais plus nous n’irons loin de toi :
fais-nous vivre et invoquer ton nom !

2ème lecture : « Je suis venu pour faire ta volonté » (He 10, 5-10)

Lecture de la lettre aux Hébreux

Frères,
en entrant dans le monde, le Christ dit, d’après le Psaume : Tu n’as pas voulu de sacrifices ni d’offrandes, mais tu m’as fait un corps.
Tu n’as pas accepté les holocaustes ni les expiations pour le péché ;
alors, je t’ai dit : Me voici, mon Dieu, je suis venu pour faire ta volonté,c ar c’est bien de moi que parle l’Écriture.
Le Christ commence donc par dire : Tu n’as pas voulu ni accepté les sacrifices et les offrandes, les holocaustes et les expiations pour le péché que la Loi prescrit d’offrir.
Puis il déclare : Me voici, je suis venu pour faire ta volonté. Ainsi, il supprime l’ancien culte pour établir le nouveau.
Et c’est par cette volonté de Dieu que nous sommes sanctifiés, grâce à l’offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes.

 

Evangile : La Visitation (Lc 1, 39-45)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l’Esprit Saint,
et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
Car, lorsque j’ai entendu tes paroles de salutation, l’enfant a tressailli d’allégresse au-dedans de moi.
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
Patrick BRAUD

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