L'homélie du dimanche (prochain)

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12 mars 2011

Nous ne sommes pas une religion du livre, mais du Verbe

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Nous ne sommes pas une religion du livre, mais du Verbe

 

Homélie pour le 1° dimanche de Carême / Année A

Dimanche 13 Mars 2011

 

Comment résister sans l’appuyer sur l’Écriture ?

- Dans le récit des tentations au désert, le démon utilise l’identité de Jésus pour le pousser paradoxalement à se renier lui-même. « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains ».

Si Jésus fait cela, il se nourrit lui-même ; il cesserait alors de recevoir sa nourriture de son Père. Il renierait son identité de Fils au moment même où il l’affirmerait de cette manière ! C’est pourquoi Jésus, dont la nourriture est de faire la volonté de son Père, répond en citant l’Écriture.  « Il est écrit : Ce n’est pas seulement de pain que l’homme doit vivre?».

 

- Voyant que l’Écriture nourrit et imprègne tout l’être de Jésus, le diable va alors essayer d’utiliser cette Écriture pour le faire tomber, littéralement : « jette-toi en bas, car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges? »

Jésus répond avec une autre phrase de l’Écriture, qui lui permet de ne pas interpréter au pied de la lettre le passage cité par le tentateur : « il est encore écrit: tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu. »

Jésus met ainsi en oeuvre un principe d’interprétation (une herméneutique) qui nous vient des juifs et que nous conservons précieusement :

« interpréter le texte en tenant compte de l’unité de l’ensemble de l’Écri­ture »

 (Benoît XVI, Verbum Domini, 30/09/2010, n° 34).

 

Le démon est très fondamentaliste dans son rapport à l’Écriture : il isole un passage de son contexte, il le lit au premier degré et en fait un absolu.

Benoît XVI dénonce avec force cette instrumentalisation de l’écrit (en citant un texte remarquable de la Commission Biblique pontificale pour l’interprétation de la Bible) :

Nous ne sommes pas une religion du livre, mais du Verbe dans Communauté spirituelle 9782204094979_1« le « littéralisme » mis en avant par la lecture fondamentaliste représente en réalité une trahison aussi bien du sens littéral que du sens spirituel, ouvrant la voie à des ins­trumentalisations de diverses natures, répandant par exemple des interprétations anti-ecclésiales des Écritures elles-mêmes. L’aspect probléma­tique de la « lecture fondamentaliste est que, en refusant de tenir compte du caractère historique de la Révélation biblique, on se rend incapable d’accepter pleinement la vérité de l’Incarnation elle-même. Le fondamentalisme fuit l’étroite re­lation du divin et de l’humain dans les rapports avec Dieu (?) Pour cette raison, il tend à traiter le texte biblique comme s’il avait été dicté mot à mot par l’Esprit et n’arrive pas à reconnaître que la Parole de Dieu a été formulée dans un langage et une phraséologie conditionnés par telle ou telle époque » » (n° 44).

 

- Dans la 3° tentation, le démon parle de pouvoir et de gloire, même s’ils ont pour prix la soumission au mal.

Jésus lui réplique par le cinglant : « Vade retro Satanas ! », en s’appuyant à nouveau sur l’Écriture : « car il est écrit : c’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras…».

 

Une christologie de la Parole

Trois fois, c’est en allant puiser dans l’Écriture que Jésus se révèle vraiment Fils de Dieu.

Le tentateur, lui, n’arrive pas à faire son chemin de l’écrit à la Parole. Il utilise le livre pour étouffer la Parole de Dieu.

Jésus est le Verbe de Dieu qui fait vivre ce qui est écrit pour rester libre.

Il est la Parole qui surgit du livre.

Il est la Parole qui constitue le livre.

« Jésus-Christ, né de la Vierge Marie, est réellement le Verbe de Dieu qui s’est fait consubstantiel à nous. Par conséquent, l’expression « Parole de Dieu » in­dique ici la Personne de Jésus-Christ, le Fils éter­nel du Père, fait homme. » (n° 7)

 

En christianisme, ce n’est donc pas le livre qui est Parole, c’est Jésus lui-même.

C’est ce que Benoît XVI appelle une « christologie de la Parole ».

« En contemplant cette « Christologie de la Parole », la tradition patristique médiévale a utilisé une expression suggestive : le Verbe s’est abrégé. Dans leur traduction grecque de l’Ancien Testa­ment, les Pères de l’Église ont trouvé une parole du prophète Isaïe – que saint Paul cite aussi – pour montrer que les voies nouvelles de Dieu étaient déjà annoncées dans l’Ancien Testament. On pouvait y lire : Dieu a rendu brève sa Parole, il l’a abrégée » (Is 10, 23 ; Rm 9, 28). Le Fils, lui-même, est la Parole de Dieu, il est le « Logos : la Parole éter­nelle s’est faite petite ? si petite qu’elle peut entrer dans une mangeoire. Elle s’est faite enfant, afin que la Parole devienne pour nous saisissable ». À présent, la Parole n’est pas seulement audible, elle ne possède pas seulement une voix, maintenant la Parole a un visage, qu’en conséquence nous pou­vons voir : Jésus de Nazareth. »

 

Nous ne sommes pas une religion du Livre

La parole de Dieu, c’est quelqu’un ; un vivant : le Ressuscité, Jésus de Nazareth, un instant abaissé au rang des criminels, élevé pour toujours dans la gloire de Dieu.

Nous ne sommes pas une religion du Livre comme le Coran l’écrit à tort.

« Dans l’Église, nous vénérons beaucoup les Saintes Écritures, bien que la foi chrétienne ne soit pas une « religion du Livre » : le Christianisme est la religion de la Parole de Dieu, non d’une parole écrite et muette, mais du Verbe incarné et vivant. » (n° 7)

 

La symphonie de la Parole unique

LaSymphonieDeLaParole Carême dans Communauté spirituelleBenoît XVI suit les Pères du synode en développant à partir du Christ, parole vivante, toutes les harmoniques de cette unique parole qui résonne autour de nous.

« On a parlé avec justesse d’une symphonie de la Parole, d’une Parole unique qui s’exprime de diffé­rentes manières : « comme un chant à plusieurs voix » » (n° 7).

 

La polyphonie à travers laquelle Dieu nous parle est largement plus grande que les cinq livres bibliques (pourtant essentiels !).

- Dieu nous parle à travers le livre de la nature (liber naturae), à travers l’émerveillement de l’homme devant le réel, le vivant, les lois de l’univers, sa majesté… La dimension cosmique de la Parole de Dieu reprend aujourd’hui toute sa place, grâce à une conscience écologique renouvelée, grâce également au progrès de l’astrophysique, de la compréhension de l’infiniment grand et de l’infiniment petit.

« La création elle-même, le liber naturae, fait aussi essentiellement partie de cette symphonie à plusieurs voix dans laquelle le Verbe unique s’exprime » (n° 7).

- Dieu nous parle par la voix les prophètes, ceux d’hier comme ceux d’aujourd’hui.

- Dieu nous parle à travers la voix des apôtres, tradition vivante.

- Dieu nous parle à travers la proclamation des Écritures en Église.

 

On pourrait prolonger cette liste :

- Dieu nous parle à travers l’art qui célèbre la beauté et la profondeur du monde,

- Dieu nous parle à travers à travers les sciences qui explorent la complexité de l’univers, les techniques qui continuent l’oeuvre créatrice, l’économie qui peut rapprocher les hommes par le travail et la création de richesses etc. etc.

- On peut aller jusqu’à entendre l’unique Parole de Dieu nous atteindre à travers chaque être humain. « Toute créature est parole de Dieu puisqu’elle proclame Dieu » (n° 8). D’ailleurs, le mot personne (en grec : pro-sopon, en latin : per-sona) désigne le masque à travers lequel la voix de l’acteur de théâtre atteint le public. Une personne humaine est donc au service de la proclamation d’une parole qui la traverse pour nous émouvoir…

 

À nous de savoir lire et écouter

Quelle est donc notre conception de la Parole de Dieu ?

Comment écoutons-nous cette Parole dans l’Écriture (loin de toute ignorance, de tout fondamentalisme…) ?

Comment l’écoutons-nous dans la nature, les événements, les progrès humains, et finalement à travers chaque personne rencontrée ?

 

Nous ne pouvons résister aux trois tentations de Mt 4 qu’en écoutant l’unique Parole vivante de Dieu, qui s’adresse à nous à travers ses multiples diffractions.

À nous de régler nos sonotones !

 

 

 

 

1ère lecture : La création de l’homme. Le péché (Gn 2, 7-9; 3, 1-7a)

 

Lecture du livre de la Genèse

Au temps où le Seigneur Dieu fit le ciel et la terre, il modela l’homme avec la poussière tirée du sol ; il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant.
Le Seigneur Dieu planta un jardin en Éden, à l’orient, et y plaça l’homme qu’il avait modelé.
Le Seigneur Dieu fit pousser du sol toute sorte d’arbres à l’aspect attirant et aux fruits savoureux ; il y avait aussi l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

Or, le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que le Seigneur Dieu avait faits. Il dit à la femme : « Alors, Dieu vous a dit : « Vous ne mangerez le fruit d »aucun arbre du jardin »»
La femme répondit au serpent : « Nous mangeons les fruits des arbres du jardin. Mais, pour celui qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : ‘Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez.’ »
Le serpent dit à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas !
Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. »
La femme s’aperçut que le fruit de l’arbre devait être savoureux, qu’il avait un aspect agréable et qu’il était désirable, puisqu’il donnait l’intelligence. Elle prit de ce fruit, et en mangea. Elle en donna aussi à son mari, et il en mangea.
Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils connurent qu’ils étaient nus.

 

Psaume : Ps 50, 3-4, 5-6ab, 12-13, 14.17

 

R/ Pitié, Seigneur, car nous avons péché.

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Oui, je connais mon péché,
ma faute est toujours devant moi. 
Contre toi, et toi seul, j’ai péché,
ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait. 

Crée en moi un coeur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. 
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint. 

Rends-moi la joie d’être sauvé ;
que l’esprit généreux me soutienne.
Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche annoncera ta louange.

 

2ème lecture : Là où le péché s’était multiplié, la grâce a surabondé (brève : 5, 12.17-19) (Rm 5, 12-19)

 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères,
par un seul homme, Adam, le péché est entré dans le monde, et par le péché est venue la mort ; et ainsi, la mort est passée en tous les hommes, du fait que tous ont péché.
Avant la loi de Moïse, le péché était déjà dans le monde. Certes, on dit que le péché ne peut être sanctionné quand il n’y a pas de loi ; mais pourtant, depuis Adam jusqu’à Moïse, la mort a régné, même sur ceux qui n’avaient pas péché par désobéissance à la manière d’Adam. Or, Adam préfigurait celui qui devait venir.
Mais le don gratuit de Dieu et la faute n’ont pas la même mesure. En effet, si la mort a frappé la multitude des hommes par la faute d’un seul, combien plus la grâce de Dieu a-t-elle comblé la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ.
Le don de Dieu et les conséquences du péché d’un seul n’ont pas la même mesure non plus : d’une part, en effet, pour la faute d’un seul, le jugement a conduit à la condamnation ; d’autre part, pour une multitude de fautes, le don gratuit de Dieu conduit à la justification.
En effet, si, à cause d’un seul homme, par la faute d’un seul homme, la mort a régné, combien plus, à cause de Jésus Christ et de lui seul, régneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent en plénitude le don de la grâce qui les rend justes.
Bref, de même que la faute commise par un seul a conduit tous les hommes à la condamnation, de même l’accomplissement de la justice par un seul a conduit tous les hommes à la justification qui donne la vie.
En effet, de même que tous sont devenus pécheurs parce qu’un seul homme a désobéi, de même tous deviendront justes parce qu’un seul homme a obéi.

 

Évangile : Les tentations de Jésus au désert (Mt 4, 1-11)

 

Acclamation : Ta parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance. L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole venant de la bouche de Dieu. Ta parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Jésus, après son baptême, fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le démon.
Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim.
Le tentateur s’approcha et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. »
Mais Jésus répondit : « Il est écrit : Ce n’est pas seulement de pain que l’homme doit vivre, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »

Alors le démon l’emmène à la ville sainte, à Jérusalem, le place au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. »
Jésus lui déclara : « Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »

Le démon l’emmène encore sur une très haute montagne et lui fait voir tous les royaumes du monde avec leur gloire.
Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si tu te prosternes pour m’adorer. »
Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! car il est écrit : C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, et c’est lui seul que tu adoreras. »

Alors le démon le quitte. Voici que des anges s’approchèrent de lui, et ils le servaient.
Patrick BRAUD

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8 mars 2011

Mercredi des Cendres : 4 raisons de jeûner

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Mercredi des Cendres : 4 raisons de jeûner

 

Homélie pour le Mercredi des Cendres / Année A

Mercredi 09 Mars 2011

 

Pourquoi l’Église nous demande-t-elle de jeûner vraiment pendant ce Carême ? Dans quel esprit ? Bien sûr, il y a l’exemple du Christ lui-même qui a jeûné 40 jours au désert. Dans l’Évangile d’aujourd’hui, il nous recommande bien de jeûner, certes sans se donner en spectacle, mais de jeûner en vérité, simplement.

Avec le moine bénédictin Anselm Grün [1], évoquons au moins 4 raisons de jeûner.

1. Un remède pour le corps et l’esprit

·       Il y a un lien réel entre le corps et l’esprit. Quand le corps s’épaissit trop, l’esprit devient épais lui aussi. Trop de nourriture diminue la vigilance spirituelle de l’homme ; la santé physique et spirituelle constitue une unité. Or le jeûne corporel opère une élimination des substances toxiques. Le corps est désintoxiqué, et cela peut l’aider à être libéré de beaucoup de maladies. Par ce nettoyage de printemps, le jeûne a un effet régénérateur sur l’ensemble des cellules du corps. C’est pourquoi beaucoup de sagesses médicales anciennes recommandent de jeûner pour guérir.

 

·       Le remède pour le corps est en même temps un remède pour l’esprit. Car nous n’avons pas seulement un corps : nous sommes notre corps, qui interagit sur notre santé spirituelle, qui parle pour nous, nous met en relation? En refusant de se laisser toujours gaver de nourriture, le jeûne nous empresse de satisfaire notre désir ailleurs, auprès des êtres humains ou des beautés de ce monde. Il nous garde de toute précipitation à couvrir nos blessures, à les remplir de compensations. Jeûner oblige à chercher la vraie relation à l’autre.

 

·       Vis-à-vis de Dieu, le jeûne nous fait sentir physiquement que Dieu est autre, qu’il n’est pas à consommer. Je ne peux mettre la main sur lui comme sur un aliment. Nous sommes en route vers Dieu, et Dieu seul peut aiguiser notre faim vers une humanité plus profonde.  « L’homme ne vit pas seulement de pain,  mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » : comment me le rappeler si l’abondance de pain me masque les autres faims qui sont en moi ?

 

2. Une lutte contre les tentations

·       Un moine écrivait : « Quand un roi vient prendre une ville ennemie, il s’empare d’abord de l’eau dont il coupe l’adduction, et une fois qu’elle est affamée, elle se soumet. Il en va ainsi des désirs de la chair. Quand un moine part en campagne en jeûnant et en se mettant à la diète, les ennemis sont désarmés contre son âme ».

Voilà la seule guerre qui soit sainte : la guerre contre les mauvaises habitudes, les lâchetés, les négligences, les manques d’amour qui se sont installés dans ma vie. Et qui se manifestent dans les tentations de tous ordres.

Qui peut dire qu’il n’est jamais tenté ? Tenté de dire du mal, d’être infidèle, de frauder au passage, de se replier sur soi, de tout abandonner ? Chacun peut avec courage faire sa propre liste en identifiant les tentations qui l’assaillent. Le Christ lui-même n’a pas refusé d’être tenté au désert. Jeûne et désert vont de pair.

Jeûner est un combat, pour lutter contre les inévitables tentations de la vie, et nous aider à rechoisir le Christ, rechoisir d’avoir faim et soif de lui plus que des choses.

 

 

3. Une démarche de prière

·       Le jeûne intensifie la prière. Dans l’expérience de faiblesse corporelle qu’est la faim, il nous fait sentir avec tout notre être que nous ne pouvons nous appuyer sur nos seules forces : le jeûne nous invite à nous tourner vers Dieu, à compter sur lui d’abord.

St Bernard disait : « Le jeûne encourage l’oraison et la rend ardente. L’oraison obtient la force de jeûner, et le jeûne confère la grâce de prier. Le jeûne renforce l’oraison, l’oraison renforce le jeûne et la présence au Seigneur ». 

La nourriture assouvit et assoupit. La petite sieste après le repas de midi fait des ravages en entreprise? c’est l’indice que trop de nourriture endort et empêche de rester vigilant. Le jeûne nous rend vigilant et disponible au spirituel, plus perméable à l’Esprit de Dieu.  On prie mal avec le ventre plein, car l’oraison prend alors l’aspect d’autosuffisance. Les moines le savent, et se lèvent dans le jeûne de la nuit pour veiller en présence de Dieu ? Jeûner et attendre la venue de Dieu vont ensemble.

 

Gandhi disait du jeûne qu’il produit en nous « la prise de conscience de ce que nous ne pouvons nous approcher de Dieu avec arrogance, mais seulement avec l’humble douceur du faible qui se livre ».

A l’inverse,  Kierkegaard  caricaturait l’attitude des repus de la vie : « l’amour de Dieu des petits bourgeois intervient quand leur vie végétative est en pleine action, quand leurs mains se joignent confortablement sur leur estomac et que, la tête appuyée contre le dossier d’un fauteuil moelleux ils lèvent au plafond un regard ivre de sommeil »? Est-ce encore aimer Dieu que de vouloir toujours être gavé ?

 

 

4. Une voie d’illumination

·       La Didachè invitait les chrétiens des premiers siècles à jeûner pour leurs persécuteurs.

« Il y a deux voies, l’une de la vie, l’autre de la mort ; mais la différence est grande entre ces deux voies.

Or la voie de la vie est la suivante : «  D’abord, tu aimeras Dieu qui t’a fait ; en second lieu, ton prochain comme toi-même (Mt. 22, 37-39 ; cf. Dt. 6, 5), et tout ce que tu ne voudrais pas qu’il t’advienne, toi non plus, ne le fais pas à autrui  » (cf. Mt. 7, 12 ; Tb. 4, 15).
La doctrine exprimée par ces mots est la suivante : «  Bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour vos ennemis et
jeûnez «  pour ceux qui vous persécutent ; car si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on ? Même les païens n’en font-ils pas autant ? Mais vous, aimez ceux qui vous haïssent  », et vous n’aurez pas d’ennemi (cf. Mt. 5, 44-47 ; Lc 6, 27s, 32).

C’est dire que, dans le jeûne et la prière, les persécuteurs apparaissent autrement : enfants  de Dieu, pour qui le Christ est mort, et pas seulement bourreaux.

 

·       Jeûner ouvre les yeux sur une autre manière de voir les êtres et les choses.

L’estomac toujours plein est dans l’impossibilité de voir les choses secrètes ; le jeûne familiarise avec Dieu, avec les manières de Dieu, Lui qui n’a pas besoin de nourriture, comme nous plus tard au-delà de la mort.

Le jeûne aiguise les sens, il augmente le goût de Dieu, il nous conduit à l’espérance du royaume de Dieu en nous, il nous fait participer dès ici-bas à la vie nouvelle de la résurrection qui n’est plus sous le mode de la consommation mais de la communion.

 

·       Un remède pour le corps et l’esprit, une lutte contre les tentations, une démarche de prière, une voie d’illumination : le Carême est d’abord un jeûne réel, un jeûne du corps et de l’esprit. En écoutant mieux notre corps, il nous aide à mieux  écouter Dieu lui-même : nous confessons avec notre corps que nous le désirons plus que tout, que sans lui nous sommes vides, que nous dépendons de sa grâce, que nous vivons de son amour, et que notre vraie faim ne peut s’apaiser par des aliments terrestres?

 

« Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube. Mon âme a soif de toi ; après toi languit ma chair, terre aride, altérée, sans eau? » (Ps 62,2). 

Que le jeûne de ce Carême nous rende plus ouvert à nous-mêmes, à Dieu, et nous aurons alors plus d’amour pour notre prochain.


[1]Le jeûne. Prier avec le corps et l’esprit, Ed. Médiaspaul, 1997.


1ère lecture : Appel à la pénitence (Jl 2, 12-18)

Lecture du livre Joël

Parole du Seigneur :« Revenez à moi de tout votre coeur, dans le jeûne, les larmes et le deuil !»
Déchirez vos coeurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment.
Qui sait ? Il pourrait revenir, il pourrait renoncer au châtiment, et vous combler de ses bienfaits :ainsi vous pourrez offrir un sacrifice au Seigneur votre Dieu.
Sonnez de la trompette dans Jérusalem : prescrivez un jeûne sacré, annoncez une solennité, réunissez le peuple, tenez une assemblée sainte, rassemblez les anciens, réunissez petits enfants et nourrissons ! Que le jeune époux sorte de sa maison, que la jeune mariée quitte sa chambre !
Entre le portail et l’autel, les prêtres, ministres du Seigneur, iront pleurer et diront :« Pitié, Seigneur, pour ton peuple, n’expose pas ceux qui t’appartiennentà l’insulte et aux moqueries des païens ! Faudra-t-il qu’on dise :’Où donc est leur Dieu ?’ »
Et le Seigneur s’est ému en faveur de son pays, il a eu pitié de son peuple.

Psaume : Ps 50, 3-4, 5-6ab, 12-13, 14.17

R/ Pitié, Seigneur, car nous avons péché.

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Oui, je connais mon péché,
ma faute est toujours devant moi.
Contre toi, et toi seul, j’ai péché,
ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.

Crée en moi un coeur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. 
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint. 

Rends-moi la joie d’être sauvé ;
que l’esprit généreux me soutienne.
Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche annoncera ta louange.

2ème lecture : Laissez-vous réconcilier avec Dieu (2Co 5, 20-21; 6, 1-2) 

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères,
nous sommes les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu.
Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché des hommes, afin que, grâce à lui, nous soyons identifiés à la justice de Dieu.
Et puisque nous travaillons avec lui, nous vous invitons encore à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de Dieu.
Car il dit dans l’Écriture : Au moment favorable je t’ai exaucé, au jour du salut je suis venu à ton secours. Or, c’est maintenant le moment favorable, c’est maintenant le jour du salut.

 

Evangile : L’aumône, la prière et le jeûne comme Dieu les aime (Mt 6,1-6.16-18)

 

Acclamation : Ta Parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance. « Convertissez-vous, dit le Seigneur, car le Royaume des cieux est proche. » Ta Parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait :
« Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d’agir devant les hommes pour vous faire remarquer. Autrement, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.
Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner de la trompette devant toi, comme ceux qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que donne ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.

Et quand vous priez, ne soyez pas comme ceux qui se donnent en spectacle : quand ils font leurs prières, ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et les carrefours pour bien se montrer aux hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.

Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme ceux qui se donnent en spectacle : ils se composent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ;
ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.
Patrick BRAUD

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13 mars 2010

Ressusciter, respirer, se nourrir…

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Ressusciter, respirer, se nourrir…

ou

le lien entre Pâques et l’eucharistie

 

Homélie du 4° dimanche de carême / Année C

14/03/10

 

Nous sommes en plein carême. Nous accompagnons les catéchumènes, ces adultes qui se préparent – que nous préparons – au baptême pour la nuit de Pâques. L’événement du baptême est si fort qu’il en vient parfois à occulter les deux autres aspects de ce qui se passe dans la nuit de Pâques pour eux : la confirmation, et la première communion au corps du Christ (dans l’ordre).

 

Or ce lien entre les trois sacrements est capital. Le rituel de l’initiation chrétienne des adultes l’affirme avec force : « Par les sacrements de l’initiation chrétienne, les hommes, délivrés de la puissance des ténèbres, morts avec le Christ, ensevelis avec lui et ressuscités avec lui, reçoivent l’Esprit d’adoption des fils et célèbrent avec tout le peuple de Dieu le mémorial de la mort et de la résurrection du Seigneur » (n° 1).

« Les sacrements du baptême, de la confirmation et de l’eucharistie constituent la dernière étape de l’initiation chrétienne.  Recevant le pardon de leurs péchés, les catéchumènes sont incorporés au peuple de Dieu, adoptés comme fils de Dieu, introduits par l’Esprit Saint dans le temps de l’accomplissement des promesses, et ils goûtent déjà au festin du Royaume de Dieu par le sacrifice et le repas eucharistiques » (n° 202).

 

Ressusciter, respirer, se nourrir... dans Communauté spirituelle rdv_pessah_matzah_275Notre première lecture est facilement réinterprétable dans ce sens : « les fils d’Israël célébrèrent la Pâque. Le lendemain de la Pâque, ils mangèrent le produit de cette terre : des pains sans levain et des épis grillés ». (Jo 5,10-12)

 

Célébrer la Pâque conduit logiquement à se nourrir d’autre chose que de la manne.

De même, être baptisé amène à chercher d’autres nourritures qu’avant le baptême, et le « pain sans levain » de l’eucharistie est la nourriture de celui qui est entré au-delà du Jourdain dans la terre de sa liberté.

Traverser le Jourdain, comme traverser la mer Rouge, c’est symboliquement traverser la mort, mourir à ses anciens esclavages.

Comme dans la parabole dite « du fils prodigue » d’aujourd’hui : le fils cadet traverse la famine, la misère, la honte d’être moins qu’un porc, et revient vers son père… pour manger ! (« Moi ici je meurs de faim » Lc 15,17)

Et d’ailleurs, aussitôt son fils retrouvé, le père célèbre la Pâque de son fils? en faisant un festin ! (« mangeons et festoyons, car mon fils était mort et il est revenu à la vie » v. 24)

 

Jésus fait lui aussi ce lien entre la résurrection et la nouvelle nourriture : il ordonne de donner à manger à la jeune fille de 12 ans qu’il vient de réveiller (Lc 8,55) ; il va manger avec les pécheurs (Lc 5,30) ; il n’est pas comme la manne incapable de conjurer la mort, mais comme le pain de vie : « celui qui en mangera ne mourra pas » (Jn 6,50).

 

Le lien entre Pâques et l’eucharistie est donc fortement préfiguré dans toute la Bible, et il rejaillit sur l’unité entre les trois sacrements de l’initiation chrétienne.

- À quoi servirait de renaître si on ne nourrissait pas de cette vie nouvelle ? Ce serait de l’anorexie spirituelle ! Et pourtant, ce lien sans doute a été affaibli dans nos consciences, au point que beaucoup se disent catholiques sans  jamais nourrir cette identité catholique (et cette anorexie peut nous guetter tous, même temporairement…).

- Et réciproquement, quel sens cela aurait-il de venir communier sans enraciner cette démarche dans la Pâque du Christ ? Que voudrait dire « prendre l’hostie » si c’est seulement pour faire comme tout le monde (ou presque !), sans d’abord passer par la mort et la résurrection, c’est-à-dire sans vivre d’abord ce chemin de conversion ou nous mourons à nos esclavages pour renaître à notre vraie liberté, intérieure et extérieure ?

 

Josué fait traverser le fleuve, le peuple célèbre la Pâque, puis se nourrit du pain de la Terre promise.

Aujourd’hui, nous menons le combat spirituel du Carême, demain nous célébrerons la Pâque avec les catéchumènes en les baptisant, et avec eux nous nourrirons cette vie nouvelle grâce au pain de la Parole et de l’eucharistie.

 

C’est l’Esprit qui guide son peuple à travers toutes ces étapes.

C’est l’Esprit du sacrement de confirmation qui suscite la faim de liberté et le désir d’une autre nourriture.

C’est l’Esprit qui nous rend fermes (nous « con-firme ») dans cet état de ressuscités en nous faisant prendre une autre alimentation, bien plus « bio », « durable », « équitable » et « éthiquable » que l’ancienne !

 

Les catéchumènes baptisés, confirmés et eucharistiés lors de la nuit de Pâques nous conduirons ainsi à redécouvrir l’unité et la cohérence de l’initiation chrétienne.

Oui il y a un lien entre Pâques et l’eucharistie, et ce lien c’est l’Esprit « vivifiant » (cf. le Credo).

Oui il y a un lien entre notre baptême, notre confirmation, et notre participation au repas eucharistique.

Oui il y a un lien entre se réveiller d’entre les morts, se laisser conduire par l’Esprit, et se nourrir et du pain eucharistique.

Oui : ressusciter, respirer et se nourrir vont bien ensemble, au point que cesser l’un c’est mettre en péril les deux autres.

 

Et vous, sur lequel de ces trois verbes devez-vous mettre l’accent pour terminer ce Carême en beauté ?

 

1ère lecture : L’arrivée en Terre Promise et la célébration de la Pâque (Jos 5, 10-12)

Lecture du livre de Josué

Après le passage du Jourdain, les fils d’Israël campèrent à Guilgal et célébrèrent la Pâque le quatorzième jour du mois, vers le soir, dans la plaine de Jéricho.
Le lendemain de la Pâque, ils mangèrent les produits de cette terre : des pains sans levain et des épis grillés.
A partir de ce jour, la manne cessa de tomber, puisqu’ils mangeaient les produits de la terre. Il n’y avait plus de manne pour les fils d’Israël, qui mangèrent cette année-là ce qu’ils récoltèrent sur la terre de Canaan.

 

Psaume : Ps 33, 2-3, 4-5, 6-7

R/ Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur

 

Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m’entendent et soient en fête !

Magnifiez avec moi le Seigneur,
exaltons tous ensemble son nom.
Je cherche le Seigneur, il me répond :
de toutes mes frayeurs, il me délivre.

Qui regarde vers lui resplendira,
sans ombre ni trouble au visage.
Un pauvre crie ; le Seigneur entend :
il le sauve de toutes ses angoisses.

 

2ème lecture : Réconciliés avec Dieu par le Christ (2Co 5, 17-21)

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, si quelqu’un est en Jésus Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né.
Tout cela vient de Dieu : il nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a donné pour ministère de travailler à cette réconciliation.
Car c’est bien Dieu qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui ; il effaçait pour tous les hommes le compte de leurs péchés, et il mettait dans notre bouche la parole de la réconciliation.
Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu.
Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché des hommes, afin que, grâce à lui, nous soyons identifiés à la justice de Dieu.
Frères, si quelqu »un est en Jésus Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s »en est allé, un monde nouveau est déjà né
Frères, nous sommes les ambassadeurs du Christ, et par nous c »est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu.

 

Evangile : Parabole du père et de ses deux fils (Lc 15, 1-3.11-32)

Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
Jésus disait cette parabole : « Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père : ‘Père, donne-moi la part d’héritage qui me revient.’ Et le père fit le partage de ses biens.
Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre.
Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère.
Il alla s’embaucher chez un homme du pays qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.
Alors il réfléchit : ‘Tant d’ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !
Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi.
Je ne mérite plus d’être appelé ton fils. Prends-moi comme l’un de tes ouvriers.’
Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit : ‘Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils…’
Mais le père dit à ses domestiques : ‘Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds.
Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons.
Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.’ Et ils commencèrent la fête.
Le fils aîné était aux champs. A son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses.
Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait.
Celui-ci répondit : ‘C’est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a vu revenir son fils en bonne santé.’
Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait.
Mais il répliqua : ‘Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras !’
Le père répondit : ‘Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »

Patrick BRAUD 

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6 mars 2010

Les résistances de Moïse… et les nôtres

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Les résistances de Moïse… et les nôtres

 

Homélie du troisième dimanche de carême / Année C

07/03/2010

 

Ce célébrissime épisode du buisson ardent contient une multitude de pistes : le symbole du buisson ; la révélation de la transcendance ; le tétragramme (Y. H. W. H.) ; le « détour » de Moïse pour voir ; le lien entre la vision de Moïse, celle de Dieu (« j’ai vu ») et la libération de l’esclavage etc…

 

Je vous propose encore un autre fil d’Ariane à suivre tout au long de ce récit : les refus que Moïse oppose à Dieu, ou plutôt ses résistances à se laisser envoyer vers ses frères et vers Pharaon.

  

Quand on regarde l’ensemble du texte (Exode 3,1-22), on peut compter le nombre de fois où Moïse résiste, se regimbe, et négocie avec Dieu : 5 fois.

Cinq est le chiffre symbolique de la loi (la loi = Tora compte cinq livres : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome : c’est le « Pentateuque » = les cinq livres).

Cette même loi que Moïse donnera plus tard au peuple, pour l’instant il y résiste de toutes ses forces.

Voyons comment.

 

Première résistance

« Qui suis-je pour aller vers Pharaon et faire sortir d’Égypte les fils d’Israël ? » (3,11)

En positif, c’est le signe d’une grande humilité, car « Moïse était l’homme le plus humble que la terre ait porté » (Nb 12,3).

Mais derrière cette humilité peut se cacher une forme de refus de faire confiance à Dieu alors que lui nous  fait confiance ! « Qui suis-je pour que tu m’envoies ? » peut signifier très vite : « tu es fou d’avoir pensé à moi ; tu as du te tromper ; prends conscience de ton erreur sur moi et laisse-moi tranquille »…

Cette résistance à l’appel de Dieu est bien la nôtre : sous prétexte d’avoir conscience de notre indignité, nous nous défilons, nous disons : « ce n’est pas pour moi ; c’est pour ceux qui sont mieux que moi »… Et on ne fait pas confiance au choix de Dieu lorsqu’il nous appelle, par une médiation ou par une autre (de l’humble buisson à l’appel en fin de messe… !)

 

Deuxième résistance

« S’ils me disent : quel est le nom du Dieu qui t’envoie, que leur dirai-je ? » (3,13) ».

La tactique de Moïse pour échapper à sa mission varie. « Je ne sais même pas qui tu es. J’aurais l’air malin de venir en ton nom alors que je ne connais pas ton Nom ! ».


De bonne grâce, Dieu reconnaît que l’argument est valable, et du coup il se dévoile : « Je suis Y. H. W. H. ». Ces quatre lettres imprononçables ont fait couler beaucoup d’encre, mais ce qui nous intéresse ici est la pédagogie que Dieu suggére à Moïse pour vaincre sa résistance : « tu diras aux fils d’Israël : « Je Suis » (Y. H.) m’a envoyé vers vous ». Il suggére à Moïse de tronquer son Nom devant le peuple, pour ne pas l’effrayer avec le futur qui l’attend (W. H. = « qui je serai » = l’Exode, les exils ultérieurs etc…).

 

Dans notre combat avec Dieu où nous négocions terme à terme les conditions de notre mission, nous avons le droit de lui opposer des arguments recevables, à condition de nous laisser guider et enseigner  par sa pédagogie en réponse à nos objections.

 

Troisième résistance

« Ils ne me croiront pas » (4,1).

On perçoit le doute et la lassitude de Moïse par avance : ce peuple a la nuque raide, ils vont me renvoyer sans m’écouter.

C’est la tentation défaitiste, du genre : « c’est fichu d’avance, pas la peine d’essayer ».

Tentation qui guette bon nombre de nos communautés chrétiennes : « faut pas rêver, ça marchera pas ».

Les résistances de Moïse... et les nôtres dans Communauté spirituelle image020Résistance à l’appel de Dieu qui nous traverse tous : « annoncer Dieu aujourd’hui, c’est trop difficile ; personne ne m’écoutera. Je cours à l’échec ».

Eh bien Dieu se fâche tout rouge devant ce doute défaitiste de Moïse : il lui montre sa puissance avec le signe du bâton-serpent (4,4) et le frappe un instant de la lettre (4,6) comme il frappera de la lèpre pendant sept jours sa soeur Myriam lorsqu’elle osera critiquer Moïse (Nb 12,10) par jalousie.

 

 

 

Quatrième résistance

« Je suis pas doué pour la parole ». (4,10)

Moïse ne s’avoue pas vaincu. Il enchaîne avec une autre objection : il n’a aucun talent oratoire, comment pourrait-il convaincre ce peuple ? Certains commentaires suggèrent qu’il pourrait être bègue, d’autres qu’il  ne peut que baragouiner l’hébreu avec un fort accent égyptien car il connaît mal sa langue maternelle etc…

Quoi qu’il en soit, Moïse croit que c’est à lui d’avoir du talent. Alors que Dieu lui répond : « je serai sur tes lèvres ; je te soufflerai ce que tu as à dire. Aie confiance en moi au lieu de trembler en ne comptant que sur toi !

C’est à cette même résistance que Jésus s’adressera lorsqu’il invitera ses disciples à avoir confiance dans l’inspiration que l’Esprit leur donnera : « Mettez-vous donc bien dans l’esprit que vous n’avez pas à préparer d’avance votre défense: car moi je vous donnerai un langage et une sagesse, à quoi nul de vos adversaires ne pourra résister ni contredire. » (Lc  21,14-15)

 

Cinquième résistance (et même refus catégorique)

« Envoie-le dire par qui tu voudras ! » (4,13)

Mo%C3%AFse buisson dans Communauté spirituelle« N’importe qui, mais pas moi ! Je ne veux pas ».

Là, il n’y a même plus d’arguments, seulement le refus obstiné de Moïse à se laisser envoyer.

Là encore, la colère de Dieu lui revient comme un boomerang en plein visage : « j’en ai assez de ton marchandage et de tes refus. Je t’offre une dernière concession : ton frère Aaron parlera pour toi. Alors maintenant, arrête de faire l’enfant capricieux : prends ton bâton-signe, ton frère-parole, crois que je suis  dans ton coeur et sur tes lèvres, et arrête de te plaindre et de gémir : va, je t’envoie ! Cette fois-ci c’est un ordre. »

« Et Moïse s’en alla » (4,18) vers l’Égypte, vers ses frères…

 


Que chacun s’examine.

Le carême est la période du combat spirituel. Dans les cinq résistances que Moïse oppose à Dieu, quelle est la nôtre actuellement ? Quel est notre refus de nous laisser envoyer ? Vers quel Pharaon ? Vers quel  peuple en esclavage ? Comment laisser la pédagogie de Dieu vaincre nos refus et nos résistances à son appel ?…

 

 

1ère lecture : Le buisson ardent (Ex 3, 1-8a.10.13-15)

Lecture du livre de l’Exode (Exode  3,1 -4,18)

  Moïse faisait paître le petit bétail de Jéthro, son beau-père, prêtre de Madiân; il l’emmena par-delà le désert et parvint à la montagne de Dieu, l’Horeb.  L’Ange de Yahvé lui apparut, dans une flamme de feu, du milieu d’un buisson. Moïse regarda: le buisson était embrasé mais le buisson ne se consumait pas.  Moïse dit: « Je vais faire un détour pour voir cet étrange spectacle, et pourquoi le buisson ne se consume pas. »  Yahvé vit qu’il faisait un détour pour voir, et Dieu l’appela du milieu du buisson. « Moïse, Moïse », dit-il, et il répondit: « Me voici. »  Il dit: « N’approche pas d’ici, retire tes sandales de tes pieds car le lieu où tu te tiens est une terre sainte. »  Et il dit: « Je suis le Dieu de tes pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. » Alors Moïse se voila la face, car il craignait de fixer son regard sur Dieu.

  Yahvé dit: « J’ai vu, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Egypte. J’ai entendu son cri devant ses oppresseurs; oui, je connais ses angoisses.  Je suis descendu pour le délivrer de la main des Egyptiens et le faire monter de cette terre vers une terre plantureuse et vaste, vers une terre qui ruisselle de lait et de miel, vers la demeure des Cananéens, des Hittites, des Amorites, des Perizzites, des Hivvites, et des Jébuséens.  Maintenant, le cri des Israélites est venu jusqu’à moi, et j’ai vu l’oppression que font peser sur eux les Egyptiens.  Maintenant va, je t’envoie auprès de Pharaon, fais sortir d’Egypte mon peuple, les Israélites. »

  Moïse dit à Dieu: « Qui suis-je pour aller trouver Pharaon et faire sortir d’Egypte les Israélites? »  Dieu dit: « Je serai avec toi, et voici le signe qui te montrera que c’est moi qui t’ai envoyé. Quand tu feras sortir le peuple d’Egypte, vous servirez Dieu sur cette montagne. »  Moïse dit à Dieu: « Voici, je vais trouver les Israélites et je leur dis: Le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous. Mais s’ils me disent: Quel est son nom?, que leur dirai-je? »  Dieu dit à Moïse: « Je suis celui qui est. » Et il dit: « Voici ce que tu diras aux Israélites: Je suis m’a envoyé vers vous. »  Dieu dit encore à Moïse: « Tu parleras ainsi aux Israélites: Yahvé, le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob m’a envoyé vers vous. C’est mon nom pour toujours, c’est ainsi que l’on m’invoquera de génération en génération.  « Va, réunis les anciens d’Israël et dis-leur: Yahvé, le Dieu de vos pères, m’est apparu –  le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob –  et il m’a dit: Je vous ai visités et j’ai vu ce qu’on vous fait en Egypte,  alors j’ai dit: Je vous ferai monter de l’affliction d’Egypte vers la terre des Cananéens, des Hittites, des Amorites, des Perizzites, des Hivvites et des Jébuséens, vers une terre qui ruisselle de lait et de miel.  Ils écouteront ta voix et vous irez, toi et les anciens d’Israël, trouver le roi d’Egypte et vous lui direz: Yahvé, le Dieu des Hébreux, est venu à notre rencontre. Toi, permets-nous d’aller à trois jours de marche dans le désert pour sacrifier à Yahvé notre Dieu.  Je sais bien que le roi d’Egypte ne vous laissera aller que s’il y est contraint par une main forte.  Aussi j’étendrai la main et je frapperai l’Egypte par les merveilles de toute sorte que j’accomplirai au milieu d’elle; après quoi, il vous laissera partir.  « Je ferai gagner à ce peuple la faveur des Egyptiens, et quand vous partirez, vous ne partirez pas les mains vides.  La femme demandera à sa voisine et à celle qui séjourne dans sa maison des objets d’argent, des objets d’or et des vêtements. Vous les ferez porter à vos fils et à vos filles et vous en dépouillerez les Egyptiens. »  Moïse reprit la parole et dit: « Et s’ils ne me croient pas et n’écoutent pas ma voix, mais me disent: Yahvé ne t’est pas apparu? »  Yahvé lui dit: « Qu’as-tu en main? –  Un bâton, dit-il. –  Jette-le à terre », lui dit Yahvé. Moïse le jeta à terre, le bâton se changea en serpent et Moïse fuit devant lui.  Yahvé dit à Moïse: « Avance la main et prends-le par la queue. » Il avança la main, le prit, et dans sa main il redevint un bâton.  « Afin qu’ils croient que Yahvé t’est apparu, le Dieu de leurs pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. »  Yahvé lui dit encore: « Mets ta main dans ton sein. » Il mit la main dans son sein, puis la retira, et voici que sa main était lépreuse, blanche comme neige.  Yahvé lui dit: « Remets ta main dans ton sein. » Il remit la main dans son sein et la retira de son sein, et voici qu’elle était redevenue comme le reste de son corps.  « Ainsi, s’ils ne te croient pas et ne sont pas convaincus par le premier signe, ils croiront à cause du second signe.  Et s’ils ne croient pas, même avec ces deux signes, et qu’ils n’écoutent pas ta voix, tu prendras de l’eau du Fleuve et tu la répandras par terre, et l’eau que tu auras puisée au Fleuve se changera en sang sur la terre sèche. »  Moïse dit à Yahvé: « Excuse-moi, mon Seigneur, je ne suis pas doué pour la parole, ni d’hier ni d’avant-hier, ni même depuis que tu adresses la parole à ton serviteur, car ma bouche et ma langue sont pesantes. »  Yahvé lui dit: « Qui a doté l’homme d’une bouche? Qui rend muet ou sourd, clairvoyant ou aveugle? N’est-ce pas moi, Yahvé?  Va maintenant, je serai avec ta bouche et je t’indiquerai ce que tu devras dire. »  Moïse dit encore: « Excuse-moi, mon Seigneur, envoie, je t’en prie, qui tu voudras. »  La colère de Yahvé s’enflamma contre Moïse et il dit: « N’y a-t-il pas Aaron, ton frère, le lévite? Je sais qu’il parle bien, lui; le voici qui vient à ta rencontre et à ta vue il se réjouira en son coeur.  Tu lui parleras et tu mettras les paroles dans sa bouche. Moi, je serai avec ta bouche et avec sa bouche, et je vous indiquerai ce que vous devrez faire.  C’est lui qui parlera pour toi au peuple; il te tiendra lieu de bouche et tu seras pour lui un dieu.  Quant à ce bâton, prends-le dans ta main, c’est par lui que tu accompliras les signes. »  Moïse s’en alla?

 

Psaume : Ps 102, 1-2, 3-4, 6-7, 8.11

R/ Le Seigneur est tendresse et pitié

Bénis le Seigneur, ô mon âme,
bénis son nom très saint, tout mon être !
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
n’oublie aucun de ses bienfaits !

Car il pardonne toutes tes offenses
et te guérit de toute maladie ;
il réclame ta vie à la tombe
et te couronne d’amour et de tendresse.

Le Seigneur fait oeuvre de justice,
il défend le droit des opprimés.
Il révèle ses desseins à Moïse,
aux enfants d’Israël ses hauts faits.

Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d’amour ;
Comme le ciel domine la terre,
fort est son amour pour qui le craint.

 

2ème lecture : Les leçons de l’exode : appel à la conversion (1Co 10, 1-6.10-12)

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères, je ne voudrais pas vous laisser ignorer ce qui s’est passé lors de la sortie d’Égypte. Nos ancêtres ont tous été sous la protection de la colonne de nuée, et tous ils ont passé la mer Rouge.
Tous, ils ont été pour ainsi dire baptisés en Moïse, dans la nuée et dans la mer ;
tous, ils ont mangé la même nourriture, qui était spirituelle ;
tous, ils ont bu à la même source, qui était spirituelle ; car ils buvaient à un rocher qui les accompagnait, et ce rocher, c’était déjà le Christ.
Cependant, la plupart n’ont fait que déplaire à Dieu, et ils sont tombés au désert.
Ces événements étaient destinés à nous servir d’exemple, pour nous empêcher de désirer le mal comme l’ont fait nos pères.
Cessez de récriminer contre Dieu comme l’ont fait certains d’entre eux : ils ont été exterminés.
Leur histoire devait servir d’exemple, et l’Écriture l’a racontée pour nous avertir, nous qui voyons arriver la fin des temps.
Ainsi donc, celui qui se croit solide, qu’il fasse attention à ne pas tomber.

 

Evangile : Sans cesse, Dieu nous invite à nous convertir (Lc 13, 1-9)

Un jour, des gens vinrent rapporter à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer pendant qu’ils offraient un sacrifice.
Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ?
Eh bien non, je vous le dis ; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux.
Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ?
Eh bien non, je vous le dis ; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière. »
Jésus leur disait encore cette parabole : « Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas.
Il dit alors à son vigneron : ‘Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. A quoi bon le laisser épuiser le sol ?’
Mais le vigneron lui répondit : ‘Seigneur, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier.
Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.’ »
Patrick BRAUD

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