L'homélie du dimanche (prochain)

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31 octobre 2013

Tous un : la Toussaint, le cimetière, et l’Église…

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Tous un : la Toussaint, le cimetière, et l’Église…

Homélie pour la fête de Toussaint
01/11/2013

 

« Je crois à la communion des saints ».

Depuis la mort de mon père, cette phrase du Credo m’est devenue  extraordinairement concrète…


- Si je vais sur sa tombe, cela m’aide à penser à lui, cela me rapproche un peu ; je vois son nom sur la plaque de granit, je sais que ses restes sont là, mais ce n’est déjà plus lui ; et ce n’est pas encore être en communion.

Tous un : la Toussaint, le cimetière, et l'Église... dans Communauté spirituelle tombes_restaurees_1


- Si j’accroche sa photo, son portrait au milieu des étagères, je pense souvent à lui en passant devant, mais ce n’est pas encore être en communion.


- Si je ferme les yeux pour retrouver son air bonhomme et son sourire, çà se rapproche mais ce n’est encore que la trace qu’il a laissée dont il a marqué ma vie.
Ce n’est pas encore lui vivant.


- J’ai cherché où il pouvait me donner rendez-vous : des lettres, la mer, le bateau? jusqu’à ce qu’une évidence m’aveugle :


Puisqu’il est dans le Christ, sur le chemin de la rencontre éblouissante avec le Christ qu’on appelle Purgatoire, le plus sûr moyen d’être en communion avec lui est encore d’être en communion avec le Christ.

Dans l’hostie au creux de la main, le lien d’amour d’un père à son fils reprend, solide, en passant par le Christ.

Dieu a toujours été le plus court chemin d’un homme à un autre, mieux que la ligne droite.

À travers la mort, la relation avec nos défunts découle de notre communion au Christ.

- Et si la communion des saints que nous fêtons à la Toussaint était aussi simple que cela ?

Comme autrefois il suffisait de passer par le standard ou l’opératrice pour avoir l’international, il suffit de passer par le Christ pour être relié à ceux qui sont sur l’autre rive. Pas besoin de soi-disant médiums ou voyants qui inquiètent les vivants en leur faisant croire qu’ils sont en communication avec les morts ! Il est bien plus sûr de passer par le Christ, vrai homme et vrai Dieu, pour baisser le pont-levis entre eux et nous.

 

La communion des saints, nous l’expérimentons déjà partiellement ici-bas, lorsque de vrais liens de prière, d’affection, de solidarité nous font vibrer à l’unisson. Alors imaginez ce qu’est cette communion en Dieu même ! Imaginez la force qu’a réellement cette chaîne d’amour qui nous relie à tous ceux qui partagent la sainteté même de Dieu !

 

- Nous ne prions pas seulement pour obtenir des choses : retrouver des objets perdus avec St Antoine de Padoue, plaider pour des causes désespérées avec Ste Rita etc… Nous prions les saints pour nous-mêmes devenir saints, par la grâce de Dieu.

 

- Nous invoquons les saints, non pour nous protéger du malheur, mais pour nous exposer avec eux au bonheur des 8 Béatitudes de l’évangile de cette fête de Toussaint.

 

- Nous portons les prénoms des saints non comme une amulette, mais comme une marque de famille ; car ils sont de notre famille, ils nous redisent que la sainteté n’est pas au-dessus de nos forces ; comme mon grand-père qui était musicien me redit que l’amour de la musique fait partie de notre culture familiale.

 

- Nous égrenons les prénoms des saints comme les grains d’un chapelet litanique, car cette prière qui court d’un grain de sainteté à un autre nous relie solidement à Celui qui en est la source : le Dieu trois fois Saint.

 

Vous le voyez à chaque ordination : lorsque le futur diacre ou prêtre ou évêque est couché par terre, sur le tapis dans le choeur de la cathédrale, l’Église chante la litanie de tous les saints comme s’ils venaient eux-mêmes le chercher et l’entraîner avec eux dans la course de l’Évangile.  C’est sans doute un des moments les plus émouvants d’une ordination que cette litanie de tous les saints chantée sur l’ordinand prostré à terre, abandonné à Dieu, porté par ces compagnons invisibles de tous les siècles et de tous les horizons.

 

90-_ordination2juin2013 Toussaint dans Communauté spirituelle

 

D’une certaine manière, cette communion de Toussaint illustre parfaitement ce qu’est l’Église, notre Église. 25 ans après le Concile Vatican II (en 1985) les évêques réunis à Rome en Synode relisaient dans Vatican II son apport principal, essentiel :

« L’ecclésiologie de communion est l’idée centrale et fondamentale des documents du Concile. (…)
Au lendemain du Concile, Paul VI s’adressait aux fidèles en ces termes: ?L’Église est une communion. Que signifie ici ce mot communion ? Je vous renvoie au passage du catéchisme qui parle de la communion des Saints. Église veut dire communion des Saints. Et communion des Saints signifie une double participation vitale: l’incorporation des chrétiens à la vie du Christ, et la circulation de la même charité dans toute la communauté des fidèles, en ce monde et en l’autre. Union au Christ et dans le Christ; et union entre les chrétiens dans l’Église’ (08/06/1966). »
Christifideles laïci ; Jean Paul II, 1988

Nous étions partis de la quête d’un fils cherchant le fil d’Ariane qui l’unirait à son père au-delà de la mort. Nous arrivons à la plus belle définition de l’Église qui soit, celle de Vatican II : l’Église est le sacrement de la communion trinitaire.

 

C’est donc que cette belle fête de Toussaint, pleine d’espérance, est indispensable à la vie de l’Église comme à celle de nos familles.

 

Nous sommes faits pour la communion, la communion de tous les saints en Dieu.

 

Saints et saintes de Dieu,

dont la vie et la mort ont crié Jésus-Christ sur les routes du monde,

Saints et saintes de Dieu, priez pour nous,

afin que nos liens ici-bas se laissent transformer à l’image des liens d’amour qui vous unissent en Dieu Trinité.

 

 

 

 

1ère lecture : La foule immense des rachetés (Jn 7, 2-4.9-17)

Lecture de l’Apocalypse de saint Jean

Moi, Jean, j’ai vu un ange qui montait du côté où le soleil se lève, avec le sceau qui imprime la marque du Dieu vivant ; d’une voix forte, il cria aux quatre anges qui avaient reçu le pouvoir de dévaster la terre et la mer : « Ne dévastez pas la terre, ni la mer, ni les arbres, avant que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu. » Et j’entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau : ils étaient cent quarante-quatre mille, de toutes les tribus des fils d’Israël. 

Après cela, j’ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, races, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main. Et ils proclamaient d’une voix forte : « Le salut est donné par notre Dieu, lui qui siège sur le Trône, et par l’Agneau ! » Tous les anges qui se tenaient en cercle autour du Trône, autour des Anciens et des quatre Vivants, se prosternèrent devant le Trône, la face contre terre, pour adorer Dieu.

Et ils disaient : « Amen ! Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! »

L’un des Anciens prit alors la parole et me dit : « Tous ces gens vêtus de blanc, qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? »

Je lui répondis : « C’est toi qui le sais, mon seigneur. » Il reprit : « Ils viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés dans le sang de l’Agneau ! » 

Psaume : 23, 1-2, 3-4ab, 5-6

R/ Voici le peuple immense de ceux qui t’ont cherché.

Au Seigneur, le monde et sa richesse, 
la terre et tous ses habitants ! 
C’est lui qui l’a fondée sur les mers 
et la garde inébranlable sur les flots. 

Qui peut gravir la montagne du Seigneur 
et se tenir dans le lieu saint ? 
L’homme au c?ur pur, aux mains innocentes, 
qui ne livre pas son âme aux idoles. 

Il obtient, du Seigneur, la bénédiction, 
et de Dieu son Sauveur, la justice.
Voici le peuple de ceux qui le cherchent ! 
Voici Jacob qui recherche ta face !

2ème lecture : Nous sommes enfants de Dieu et nous lui serons semblables (1 Jn 3, 1-3)

Lecture de la première lettre de saint Jean

Mes bien-aimés, voyez comme il est grand, l’amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu ? et nous le sommes. Voilà pourquoi le monde ne peut pas nous connaître : puisqu’il n’a pas découvert Dieu.

Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est. Et tout homme qui fonde sur lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur.

Evangile : Les Béatitudes (Mt 5, 1-12a)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Venez au Seigneur, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau : il vous donnera le repos. Alléluia. (cf. Mt 11, 28)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Quand Jésus vit la foule qui le suivait, il gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent. Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait :

« Heureux les pauvres de coeur :
   le Royaume des cieux est à eux !

Heureux les doux : 
   ils obtiendront la terre promise !

Heureux ceux qui pleurent :
   ils seront consolés !

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice :
   ils seront rassasiés !

Heureux les miséricordieux :
   ils obtiendront miséricorde !

Heureux les c?urs purs :
   ils verront Dieu !

Heureux les artisans de paix :
   ils seront appelés fils de Dieu !

Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice :
   le Royaume des cieux est à eux !

Heureux serez-vous si l’on vous insulte, 
   si l’on vous persécute 
   et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.

Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ! »
Patrick Braud

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19 octobre 2013

Ne baissez pas les bras !

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Ne baissez pas les bras !

Homélie du 29ème Dimanche du temps ordinaire / Année C
Dimanche 20 Octobre 2013

« Ne baissez pas les bras ! »

L’histoire de Moïse qui se tient les mains levées pour soutenir le long combat de Josué contre l’ennemi est célèbre. Peut-être est-ce de là que vient l’expression : « Ne baissez pas les bras ! ». Car si Moïse laissait retomber ses bras, l’ennemi était le plus fort ; sinon, Israël devenait le plus fort.

Ne baissez pas les bras ! dans Communauté spirituelle moses-holding-up-his-arms-during-the-battle 

« Ne baissez pas les bras ! »

L’expression peut également venir de la boxe. Si un boxeur baisse sa garde en abaissant ses mains, il va vite se retrouver KO. Le fait de baisser les bras pour un boxeur est un geste d’abandon dans un combat. Par extension, « baisser les bras » en est venu à signifier que l’on abandonne un projet ou une action par manque de courage, de force ou de volonté.

Comment Moïse est-il parvenu à ne pas baisser les bras là où tant d’autres avaient capitulé ? Regardons bien le texte et transposons-le à aujourd’hui.

1)  D’abord, Moïse a su déléguer et garder une certaine distance.

Il appelle Josué, l’envoie à la bataille pendant que lui va regarder les choses de haut depuis le sommet de la colline.

Vous aussi, si vous voulez tenir bon dans les combats qui sont les vôtres, apprenez à déléguer, à ne pas vous noyer dans l’action, à garder une certaine distance intérieure, à voir les choses « d’en haut ».

 

2) Ensuite, Moïse ne monte pas seul sur la colline. Il emmène Aaron et Hour.

Croire qu’on pourra s’en sortir tout seul est l’une des grandes tentations. Le piège, c’est de ne vouloir personne à ses côtés dans les combats de nos vies.

Tentation du repli sur soi, de l’autosuffisance, du mutisme?

Moïse sait qu’il aura besoin d’être aidé, et il l’accepte humblement. (Car Moïse est le plus humble des hommes que la terre ait portés?).

Vous aussi, acceptez d’être accompagné, aidé, sinon votre solitude se changera en lassitude.

 

3) Continuons le texte :

Quand ses mains deviennent trop lourdes pour rester levées, Moïse s’assoit sur une pierre. Il ne tient plus debout tout seul, il prend appui sur un autre que lui-même. Il se repose sur Dieu, son « rocher », comme disent les Psaumes.

Ce serait une illusion très prétentieuse que de vouloir se passer de Dieu pour aller jusqu’au bout de nos projets.

S’asseoir, être assis en Dieu, est paradoxalement la 1ère attitude pour mener la bataille.

 

4) Après s’être assis, Moïse accepte que d’autres lui tiennent les mains levéesAaron et Hour lui soutiennent la main gauche et la main droite vers le ciel.

Impossible là encore de tenir bon sans accepter d’être porté, supporté, élevé par nos compagnons d’armes. Tantôt ce sont des amis, tantôt un père spirituel, une équipe de réflexion et de partage, un groupe de prière?

Si vous voulez ne pas baisser les bras, entourez-vous de compagnons qui soient de vrais soutiens et acceptez leur aide, humblement.

 

5) « Ainsi les mains de Moïse demeurèrent levées jusqu’au coucher du soleil ».

La dernière attitude de Moïse dans le récit biblique, c’est de persévérer, jusqu’au bout du jour, de durer sans se lasser. Cette persévérance dans la prière (que reprend Jésus dans l’évangile d’aujourd’hui) est une condition sine qua non de notre fidélité. Il y a des bons et des mauvais jours, il y a des réussites et des échecs, il y a des doutes et des grands élans : l’important, pour ne pas baisser les bras, est de persévérer jusqu’à la fin.

Dans le monde économique ou politique, on est quelquefois prisonnier de la dictature du court terme, du très court terme : qui raisonne au-delà de 6 mois en entreprise ? La culture de l’efficacité rapide peut obscurcir l’horizon d’une action durable.

Dans la foi chrétienne, nous préférons le présent au court-terme.

Sans renier l’efficacité, nous lui préférons la fécondité qui demande du temps, qui demande de passer par la mort et la résurrection du grain de blé.

Le long-terme s’appelle plutôt pour nous : avenir, espérance ; et « l’espérance ne déçoit pas » (Rm 8).

perseverance courage dans Communauté spirituelle

Voilà donc quelques points de repère pour, à la suite de Moïse, ne pas baisser les bras :

- savoir déléguer et garder une certaine distance

- accepter d’être accompagné (et bien choisir ces compagnons !)

- s’asseoir, s’appuyer sur Dieu

- accepter d’être porté

- durer, persévérer jusqu’au bout.

 

Un poème anonyme traduit à sa manière cette espérance en la fécondité de cette attitude spirituelle. Je vous le livre :

Ne baissez pas les bras

1. Quand parfois rien ne veut s’arranger
Quand la route pénible continue de monter
Quand les fonds sont en baisse, les dettes amoncelées
Quand vous voulez sourire et que vous soupirez
Quand tout vous presse et que vous êtes surmené
Faites une pause, mais ne baissez pas les bras.

2. La vie est surprenante avec ses volte-face
Chacun de nous un jour a pu le constater.
Maints échecs en succès ont été transformés.
Celui qui est en tête est parfois dépassé.
Ne baissez pas les bras bien que l’allure soit lente
Un petit vent nouveau peut vous faire triompher.

3. Le but est bien souvent à portée de la main
De l’homme fatigué, affaibli, chancelant.
Il arrive au vainqueur parfois de renoncer
Alors que la victoire est au bout du chemin.
C’est après qu’il comprend, mais hélas trop tard,
Combien il était près de la couronne d’or.

4. Le succès, c’est l’échec qui change soudain de cap
Et contourne très loin les nuages du doute
Et nul ne peut dire si le but se rapproche.
Il peut être tout près alors qu’il semble loin.
Plongez dans la bagarre lorsque vous êtes en tête
Et lorsque tout va mal, ne baissez pas les bras,
Ne baissez pas les bras.

 

1ère lecture : La prière persévérante de Moïse obtient la victoire (Ex 17, 8-13)

Lecture du livre de l’Exode

Le peuple d’Israël marchait à travers le désert.
Les Amalécites survinrent et attaquèrent Israël à Rephidim. Moïse dit alors à Josué : « Choisis des hommes, et va combattre les Amalécites. Moi, demain, je me tiendrai sur le sommet de la colline, le bâton de Dieu à la main. »
Josué fit ce que Moïse avait dit : il livra bataille aux Amalécites. Moïse, Aaron et Hour étaient montés au sommet de la colline. Quand Moïse tenait la main levée, Israël était le plus fort. Quand il la laissait retomber, Amalec était le plus fort. Mais les mains de Moïse s’alourdissaient ; on prit une pierre, on la plaça derrière lui, et il s’assit dessus. Aaron et Hour lui soutenaient les mains, l’un d’un côté, l’autre de l’autre. Ainsi les mains de Moïse demeurèrent levées jusqu’au coucher du soleil. Et Josué triompha des Amalécites au tranchant de l’épée.

Psaume : Ps 120, 1-2, 3-4, 5-6, 7-8

R/ Notre secours, c’est Dieu, le Maître du monde !

Je lève les yeux vers les montagnes :
d’où le secours me viendra-t-il ?
Le secours me viendra du Seigneur 
qui a fait le ciel et la terre.

Qu’il empêche ton pied de glisser, 
qu’il ne dorme pas, ton gardien. 
Non, il ne dort pas, ne sommeille pas, 
le gardien d’Israël. 

Le Seigneur, ton gardien, le Seigneur, ton ombrage, 
se tient près de toi. 
Le soleil, pendant le jour, ne pourra te frapper, 
ni la lune, durant la nuit. 

Le Seigneur te gardera de tout mal, 
il gardera ta vie. 
Le Seigneur te gardera, au départ et au retour, 
maintenant, à jamais.

2ème lecture : Méditer l’Écriture pour proclamer la Parole(2Tm 3, 14-17; 4, 1-2)

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre à Timothée

Fils bien-aimé, 
tu dois en rester à ce qu’on t’a enseigné : tu l’as reconnu comme vrai, sachant bien quels sont les maîtres qui te l’ont enseigné. Depuis ton plus jeune âge, tu connais les textes sacrés : ils ont le pouvoir de te communiquer la sagesse, celle qui conduit au salut par la foi que nous avons en Jésus Christ. Tous les textes de l’Écriture sont inspirés par Dieu ; celle-ci est utile pour enseigner, dénoncer le mal, redresser, éduquer dans la justice ; grâce à elle, l’homme de Dieu sera bien armé, il sera pourvu de tout ce qu’il faut pour faire un bon travail.

Devant Dieu, et devant le Christ Jésus qui doit juger les vivants et les morts, je te le demande solennellement, au nom de sa manifestation et de son Règne : proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, mais avec une grande patience et avec le souci d’instruire.

Evangile : Parabole de la veuve qui demandait justice (Lc 18, 1-8)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Le Seigneur est juste en toutes ses voies, il est proche de ceux qui l’invoquent, il écoute leur cri : il les sauve. Alléluia. (Ps 144, 17-19)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Jésus dit une parabole pour montrer à ses disciples qu’il faut toujours prier sans se décourager :
« Il y avait dans une ville un juge qui ne respectait pas Dieu et se moquait des hommes.
Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : ‘Rends-moi justice contre mon adversaire.’ Longtemps il refusa ; puis il se dit : ‘Je ne respecte pas Dieu, et je me moque des hommes, mais cette femme commence à m’ennuyer : je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse me casser la tête.’ »
Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge sans justice ! Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Est-ce qu’il les fait attendre ? Je vous le déclare : sans tarder, il leur fera justice. Mais le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? »
Patrick Braud

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5 octobre 2013

L’ « effet papillon » de la foi

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

L’ « effet papillon » de la foi

Homélie du 27 dimanche du temps ordinaire / Année C
06/10/2013

L' « effet papillon » de la foi dans Communauté spirituelleVous souvenez-vous de ce spot publicitaire ? On y voyait un énorme tas d’oranges dans un supermarché ; un gamin s’approche, curieux. Il tourne autour, prend une orange au bas de la pyramide, et aussitôt tout s’écroule ! noyant le gamin et les caddies autour sous des tonnes d’oranges.

Comme quoi une petite cause peut produire de grands effets !

Écoutez encore cette autre parabole des temps modernes, qu’on appelle « l’effet papillon » : les mathématiciens ont démontré que les équations régissant les prévisions météorologiques sont si subtiles et si sensibles que la moindre perturbation peut complètement inverser la météo ! Par exemple, un papillon qui bat des ailes sur la côte Est des États-Unis peut engendrer, de proche en proche, un cyclone en Californie sur la côte ouest ! Un petit rien de battement d’ailes de papillon, et tout peut changer?

Vous voyez pourquoi ces deux images rejoignent notre Évangile : le tas d’oranges et l’effet papillon. C’est parce que la parabole de Jésus s’appuie sur cette même sagesse, en la transposant dans l’ordre de la foi : une petite foi de rien du tout peut provoquer de grandes choses. « Si vous aviez la foi gros comme une graine de moutarde, vous diriez à cet arbre : ?déracine-toi’ et il irait se planter dans la mer », c’est à dire que le mal retournerait au mal, et n’obstruerait plus votre chemin.

Les physiciens grecs clamaient avec enthousiasme : ‘donnez-moi un levier, et je soulève le monde’. Jésus dit avec plus de gravité encore : ‘donnez-moi un tout petit peu de foi, et je déracinerai le mal qui bloque votre progression’.

 effet+papillon dans Communauté spirituelle

Il a raison bien sûr : la foi est ce levier qui permet de déraciner de nos vies les obstacles qui nous semblent si lourds et si insurmontables. Chacun peut évoquer les attitudes, les habitudes qui ont fait souche dans son existence. Cela va de la cigarette au conflit familial, en passant par la sécheresse du coeur ou du corps. On s’habitue, et avec les années on se dit : ‘je ne peux plus changer maintenant’. Alors le mal prend racine, il creuse son emprise dans des comportements répétitifs ; il se fige dans des pensées ou des actes stériles.

Pourtant, il suffit d’un peu de confiance pour que ce qu’on croyait inchangeable change vraiment. Je me souviens, entre mille exemples, d’une femme qui était devenue alcoolique, et qui désespérait d’elle-même : ‘jamais je n’arriverai à arrêter’. Pourtant il a suffi d’une confession un Vendredi Saint – que nous n’oublierons ni elle ni moi – pour que sa dépendance vis-à-vis de l’alcool vole en éclats, comme un tas d’oranges qui s’écroule ! Certes, il a fallu du temps et des soins après, mais en un clin d’oeil, l’espace d’un battement d’ailes, sa confiance dans le pardon de Dieu l’avait guérie complètement, et avait traité le mal ‘à la racine’.

lesemeurwebLa parole de Jésus sur la puissance d’un petit rien de foi vaut pour nous, et pour tous ceux que nous rencontrons. Avouons-le, on est souvent tenté de désespérer de tel ou tel : ‘il est insupportable ! il ne changera jamais ! il est mal parti dans la vie avec tout ce qu’il se trimballe comme handicaps affectifs et sociaux !’ À tel point qu’on murmure, après une réunion ou une entrevue orageuse d’où on sort exténué : ‘je ne sais plus par quel bout le prendre ; si on pouvait lui dire d’arrêter, çà m’arrangerait bien?’ Et c’est vrai que le mal prend très vitre racine : la violence verbale ou même physique ; l’absence de repères pour la vie ensemble ; sans compter les blessures profondes que les adultes leur infligent par leurs séparations, leurs conflits, leurs absences? Pourtant, si nous croyons qu’il y a dans l’Église une puissance de guérison, nous verrons des personnes dont la foi soulève les montagnes et déracine les difficultés les plus grandes.

Je me souviens d’un petit bonhomme lors d’une messe en famille : on avait invité les enfants à rejoindre leurs parents pour prier le Notre Père en se donnant la main ; il est venu vers moi en disant : ?mes parents ne sont pas là, et puis mon papa ce n’est pas mon vrai papa. Est-ce que je peux rester près de toi ?’ Après la prière, au moment du geste de paix, il me glisse à l’oreille : ‘c’est pas grave, même si mon deuxième papa il ne m’aime pas, Dieu, lui, il m’aimera toujours’.

L’image du père est si brouillée pour beaucoup d’enfants et de jeunes aujourd’hui qu’on pourrait se dire : leur situation familiale est un arbre tellement enraciné que jamais la révélation d’un Dieu-Père ne pourra les toucher. Mais il suffit d’un petit bonhomme qui fait confiance pour que vous aussi vous vous remettiez à faire confiance dans la puissance de la foi? Heureux sommes-nous lorsque nous nous laissons ainsi évangéliser  par la foi des autres : même toute petite, elle fait de grandes choses?

La jeune fille de Lourdes qui a entendu des paroles étranges venues d’une dame très belle était bien isolée, bien fragile, seule devant les institutions à convaincre. Aujourd’hui, des centaines de milliers de pèlerins viennent chaque année reprendre espoir et guérir, physiquement et moralement, à Lourdes.

Prenez Rocamadour : l’ermite qui a y vécu vers le 8° siècle a eu une vie solitaire et apparemment stérile. Un homme seul pour prier Dieu au coeur des falaises désolées, c’est dérisoire ! Mais des siècles après, ce sont des milliers de pèlerins qui viennent sur ces rochers.

La parabole de Jésus parle de chacune de nos vies. Que d’obstacles ne rencontrons-nous pas, surtout dans la période de mutation actuelle ! Et s’il suffisait d’un peu de confiance pour que même les pires obstacles rencontrés aillent eux aussi se déraciner et se planter dans la mer ? La difficulté peut devenir source de progrès : la souche plantée au milieu de la route est un appel à un sursaut dans la foi, avec courage et imagination.

Si cela nous faisait peur, il suffirait de nous tourner vers Marie : la première en chemin, elle nous ouvre le pèlerinage de la foi.

Si la faiblesse de nos moyens humains nous inquiète, contemplons Marie à l’Annonciation : il a suffi d’un petit oui pour que le grand arbre de l’éloignement entre Dieu et l’homme soit déraciné : et le Verbe s’est fait chair…

Si la difficulté de croire nous angoisse, contemplons Marie au pied de le Croix : dans la ‘nuit de la foi’, elle continue à faire confiance, même au milieu des larmes.

Bienheureuse celle qui a cru qu’un petit oui pourrait déraciner le mal !

Bienheureux serons-nous si chacun croit à l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur : « si vous aviez la foi gros comme une graine de moutarde… »

 

Nous sommes maintenant invités, après la profession de foi baptismale, à apporter ce petit rien du tout qu’est une hostie, quelques grammes de pain non levé. En donnant cette hostie, si petite, puissions-nous nous offrir nous-mêmes, et notre désir de grandir dans la foi.

 

 

1ère lecture : « Le juste vivra par sa fidélité » (Ha 1, 2-3; 2, 2-4)

Lecture du livre d’Habacuc

« Combien de temps, Seigneur, vais-je t’appeler au secours, et tu n’entends pas, crier contre la violence, et tu ne délivres pas ! Pourquoi m’obliges-tu à voir l’abomination et restes-tu à regarder notre misère ? Devant moi, pillage et violence ; dispute et discorde se déchaînent. Je guetterai ce que dira le Seigneur. » Alors le Seigneur me répondit : « Tu vas mettre par écrit la vision, bien clairement sur des tablettes, pour qu’on puisse la lire couramment. Cette vision se réalisera, mais seulement au temps fixé ; elle tend vers son accomplissement, elle ne décevra pas. Si elle paraît tarder, attends-la : elle viendra certainement, à son heure. Celui qui est insolent n’a pas l’âme droite, mais le juste vivra par sa fidélité. »

Psaume : Ps 94, 1-2, 6-7ab, 7d-8a.9

R/ Aujourd’hui, ne fermons pas notre c?ur, mais écoutons la voix du Seigneur !

Venez, crions de joie pour le Seigneur,
acclamons notre Rocher, notre salut !
Allons jusqu’à lui en rendant grâce,
par nos hymnes de fête acclamons-le !

Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous, 
adorons le Seigneur qui nous a faits. 
Oui, il est notre Dieu ; 
nous sommes le peuple qu’il conduit. 

Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ? 
« Ne fermez pas votre c?ur comme au désert, 
où vos pères m’ont tenté et provoqué, 
et pourtant ils avaient vu mon exploit. »

2ème lecture : Le chef de communauté doit rester fidèle dans le service de l’Évangile (2Tm 1, 6-8.13-14)

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre à Timothée

Fils bien-aimé,
je te rappelle que tu dois réveiller en toi le don de Dieu que tu as reçu quand je t’ai imposé les mains.
Car ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de raison.
N’aie pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur, et n’aie pas honte de moi, qui suis en prison à cause de lui ; mais, avec la force de Dieu, prends ta part de souffrance pour l’annonce de l’Évangile.
Règle ta doctrine sur l’enseignement solide que tu as reçu de moi, dans la foi et dans l’amour que nous avons en Jésus Christ.
Tu es le dépositaire de l’Évangile ; garde-le dans toute sa pureté, grâce à l’Esprit Saint qui habite en nous.

Evangile : La puissance de la foi ? L’humilité dans le service(Lc 17, 5-10)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Dieu nous a fait renaître d’une semence impérisable : sa parole vivante qui demeure pour toujours.Alléluia. (cf. 1 P 1, 23)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! »
Le Seigneur répondit : « La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : ‘Déracine-toi et va te planter dans la mer’, et il vous obéirait.
Lequel d’entre vous, quand son serviteur vient de labourer ou de garder les bêtes, lui dira à son retour des champs : ‘Viens vite à table’ ?
Ne lui dira-t-il pas plutôt : ‘Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et que je boive. Ensuite tu pourras manger et boire à ton tour.’ Sera-t-il reconnaissant envers ce serviteur d’avoir exécuté ses ordres ?
De même vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : ‘Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n’avons fait que notre devoir.’ »
Patrick Braud

22 juin 2013

Le consentement de soi à soi

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Le consentement de soi à soi

 

Homélie du 12° Dimanche du temps ordinaire / Année C
21/06/2013

 

Je me souviens d’une rencontre il y a quelques années en lien avec l’évangile d’aujourd’hui. J’avais conduit ma voiture au garage pour faire faire la vidange. Un peu pressé comme souvent, je me trouvais bloqué par une voiture à l’entrée de l’atelier du garage. Je descends, mais une femme sort de cette petite Austin Metro devant moi et je sens son regard qui parcourt rapidement le revers de ma veste : habitué à ce regard, je sais que la croix épinglée là vient de produire quelque chose en cette femme.

Avant même que j’ai eu le temps d’ouvrir la bouche, elle a commencé à m’expliquer qu’elle était en pleine procédure de divorce, une de ces séparations violentes, où chacun dispute à l’autre, facture à l’appui, le téléviseur, la voiture, les meubles, l’appartement? quand ce ne sont pas les enfants. On en parle ensemble. À un moment, elle s’arrête : son regard se pose à nouveau sur la petite croix au revers de ma veste : « Je vous dis tout cela parce que pour moi, le Christ, c’est quelqu’un, malgré tout ce qu’on peut penser de moi ». Je ne l’ai jamais revu après.

         J’étais venu au garage 5 mn pour une vidange, j’y suis resté ¾ d’heure à cause d’une croix et de la question qu’elle a fait jaillir au c?ur de cette femme : « Et toi, qui dis-tu que je suis ? Pour toi, qui suis-je ? ».

 

         Alors j’ai redécouvert qu’on ne peut pas répondre à cette question que le Christ Le consentement de soi à soi dans Communauté spirituelle declarintpose à chacun de nous dans l’évangile d’aujourd’hui sans se dévoiler soi-même. Une réponse théorique, même théologique, une réponse apprise par c?ur ne suffit pas : le Christ demande une réponse personnelle, qui jaillisse du plus profond de notre histoire avec nos mots à nous.

Un peu comme pour des fiancés à qui l’Église demande d’écrire des déclarations d’intention – des déclarations d’amour ! – avant leur mariage. On leur donne bien le langage commun qui parle de liberté, de fidélité, d’indissolubilité et d’ouverture à la vie, mais presque toujours ils le retraduisent avec leurs mots à eux, leurs rencontres, leur histoire, si bien qu’aucune déclaration d’intention n’est semblable à une autre alors qu’elles disent toutes une même visée profonde.

 

C’est toute la différence entre le langage et la parole.

Nous avons appris le langage de la confession de foi : ?Je crois en Dieu le Père Tout Puissant’. Nous apprenons le langage de la prière. Mais ce langage est au service d’une prise de parole personnelle : « Oui Seigneur, je crois en Toi. Tu es celui qui a bouleversé ma vie lors de tel évènement, telle rencontre précise, à travers tel texte ou tel visage. Et depuis tu m’accompagnes comme un chant intérieur de joie et de confiance »?

 

« Qui dis-tu que je suis ? » « Pour vous, qui suis-je ? ».

Avec cette question, Jésus nous invite à passer du langage à la parole.

pour-vous-qui-suis-je consentement dans Communauté spirituellePersonne ne peut répondre à ma place et c’est avec ma vie, mon existence, que je réponds. Quand Jean-Paul II était venu à Lyon, c’était une des phrases qui avait beaucoup marqué les jeunes avec qui j’étais : « Quand j’étais adolescent, disait-il avec son accent de l’Est où roulaient les r, j’ai du moi aussi passer d’une foi héritée à une foi personnelle, d’une foi reçue à une foi où je pouvais dire ?Je crois’ ».

Sans doute, ce mouvement n’est jamais fini car on n’a jamais fini de devenir soi-même, et je ne peux pas répondre à la question que le Christ me pose sans révéler qui je suis. Un peu comme la femme qui devant la croix commence par raconter sa vie pour pouvoir répondre à la question qu’elle lui posait. Il n’y a pas de foi par procuration. Si le langage de foi de l’Église ne vient pas nourrir ma parole personnelle, c’est un alphabet qu’on donne à un autiste ou le message d’un répondeur téléphonique qui se déroule en mon absence?

 

         Pascal avait une formule de génie pour exprimer ce caractère personnel unique et irremplaçable de la réponse de foi :

« C’est le consentement de vous à vous-même, et la voix constante de votre raison,
et non des autres, qui doit vous faire croire ».

Ce qui veut dire que dans la foi il y a cet appel :  « Ais le courage d’être toi-même ». Au lieu de nous réfugier derrière l’opinion des autres : « il y en a qui disent ceci, d’autres disent cela »?, au lieu de nous cacher derrière un savoir objectif, « on m’a appris que? », le Christ nous appelle au beau risque de la foi : « Pour toi – pas pour les autres ! – pour toi, qui suis-je ? » Répondre à cette question fait naître en nous le courage d’être soi-même au lieu de démissionner de soi et de sa propre responsabilité. Alors, prendre sa croix chaque jour, comme dit St Luc, c’est s’accepter soi-même tel que l’on est, dans le regard du Christ. Suivre le Christ, c’est se rencontrer soi-même.

 

Les Pères de l’Église disaient : « Celui qui se voit tel qu’il est, est plus grand que celui qui 9782266122221 identitéressuscite des morts ». Porter sa croix chaque jour, c’est découvrir que le Christ m’a aimé et s’est livré pour moi : c’est de lui que me viendra le courage d’être moi-même. Les êtres les plus orgueilleux, les plus assoiffés d’amour propre sont ceux qui se sentent mal avec eux-mêmes, ceux qui se haïssent secrètement. « Il est plus facile qu’on le croit de se haïr- écrivait Bernanos dans ?le journal d’un curé de campagne’ -. La grâce est de s’oublier. Mais la grâce des grâces, si tout orgueil était mort en nous, serait de s’aimer humblement soi-même. Comme n’importe lequel des membres souffrants de Jésus Christ ».

 

Avoir le courage d’être soi pour suivre le Christ, et – en reconnaissant qui est le Christ - devenir réellement ce que nous sommes : il y a tellement de gens qui ne s’acceptent pas eux-mêmes et qui passent leur temps à se fuir !

Certains voudraient être grands alors qu’ils sont petits, ou l’inverse.

Certains refusent leur milieu social et se mettent à singer le dessus ou le dessous, comme s’il y avait un dessus et un dessous.

D’autres encore voudraient changer d’enfance et de passé.

Bref chacun risque de passer son temps et d’épuiser son énergie à rêver d’être un autre que soi-même. Or  dans la question du Christ : « Et pour toi, qui suis-je ? », toutes nos défenses, toutes nos barrières et toutes nos peurs peuvent s’évanouir dans le regard de celui qui nous révèle sans honte ni crainte à nous-même parce qu’il est l’Amour.
Le mouvement de la foi est lié au consentement de soi à soi-même.

 

         Ne croyons surtout pas que cette question n’intéresse plus nos contemporains.

 

La personne de Jésus fascine toujours, et nous devrions nous en réjouir. Car cette question qui résonne à travers le monde appelle notre témoignage : c’est en prenant le beau risque de la foi, une foi personnelle, enracinée dans notre histoire propre, que nous retrouverons le courage d’être nous-même en portant notre croix chaque jour ;

         « Et pour toi, qui suis-je ? »?

 

1ère lecture : « Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé » (Za 12, 10-12a ; 13, 1)
Lecture du livre de Zacharie

Parole du Seigneur :
En ce jour-là, je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit qui fera naître en eux bonté et supplication. Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé ; ils feront une lamentation sur lui comme sur un fils unique ; ils pleureront sur lui amèrement comme sur un premier-né. En ce jour-là, il y aura grande lamentation dans Jérusalem.
En ce jour-là, il y aura une source qui jaillira pour la maison de David et les habitants de Jérusalem : elle les lavera de leur péché et de leur souillure.

Psaume : Ps 62, 2, 3-4, 5-6, 8-9

R/ Levons les yeux vers le Seigneur : il nous sauve par sa croix.

Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube :
mon âme a soif de toi ;
après toi languit ma chair,
terre aride, altérée, sans eau. 

Je t’ai contemplé au sanctuaire, 
j’ai vu ta force et ta gloire. 
Ton amour vaut mieux que la vie : 
tu seras la louange de mes lèvres ! 

Toute ma vie je vais te bénir, 
lever les mains en invoquant ton nom. 
Comme par un festin je serai rassasié ; 
la joie sur les lèvres, je dirai ta louange. 

Oui, tu es venu à mon secours : 
je crie de joie à l’ombre de tes ailes. 
Mon âme s’attache à toi, 
ta main droite me soutient.

2ème lecture : La foi au Christ surmonte les barrières entre les hommes (Ga 3, 26-29)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Galates

Frères,
en Jésus Christ, vous êtes tous fils de Dieu par la foi.
En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ ; il n’y a plus ni juif ni païen, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus.
Et si vous appartenez au Christ, c’est vous qui êtes la descendance d’Abraham ; et l’héritage que Dieu lui a promis, c’est à vous qu’il revient.

1ère lecture : Confession de foi de Pierre et annonce de la Passion (Lc 9, 18-24)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Un jour, Jésus priait à l’écart. Comme ses disciples étaient là, il les interrogea : « Pour la foule, qui suis-je ? »
Ils répondirent : « Jean Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un prophète d’autrefois qui serait ressuscité. »
Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre prit la parole et répondit : « Le Messie de Dieu. »
Et Jésus leur défendit vivement de le révéler à personne, en expliquant : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. » 

Il leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour, et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera. »
Patrick Braud

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