L'homélie du dimanche (prochain)

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7 décembre 2013

Crier dans le désert

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Crier dans le désert

Homélie du 2° dimanche de l’Avent / Année C
08/12/2013

 

En français, l’expression n’est guère encourageante. Celui qui crie dans le désert a la désagréable impression que personne ne l’écoute, que son cri n’est pas entendu, et donc que son action est aussi stérile que le désert auquel finalement il s’adresse. Sans aucun doute, crier dans le désert est une expression dérivée de la Bible, et notamment de la figure de Jean-Baptiste décrite dans l’évangile de ce dimanche, mais de manière si déformée qu’elle en est arrivée à signifier à peu près l’inverse. Car Jean-Baptiste certes est dans le désert, mais son cri n’est pas stérile. Au contraire : sa prédication attire. Des foules quittent les villes pour le rejoindre au désert. Toutes les classes sociales viennent se faire baptiser – plonger – dans le Jourdain. Beaucoup écoutent la voix de ce prophète original – poils de chameau et sauterelles * - et acceptent de se convertir, de croire au pardon, d’en tirer toutes les conséquences pour eux-mêmes.

« Une voix crie dans le désert ».

Dans le livre d’Isaïe, cette voix annonce le retour d’exil, et c’est donc une sacrée nouvelle terriblement efficace (Is 40,3-5). Un problème de ponctuation a transformé le texte : « une voix crie : dans le désert préparez les chemins du Seigneur » en supprimant les « : ». Et après, on a oublié la force de cette voix, fasciné par l’autre force, celle du désert semblant tout engloutir dans la solitude.

D’ailleurs en hébreu, désert se dit midebar, que l’on peut traduire : hors de la parole, dabar signifiant parole ou chose, et mi signifiant « hors de » ou « à partir de ». Le grec erêmos (qui a donné : érémitique) a exactement le même sens, rêma signifiant parole ou chose, et e signifiant « hors de » ou « à partir de ». Jean-Baptiste affronte donc le mutisme du désert en y portant une parole forte.

Par contre, le latin desertum vient du verbe « sero » = je connecte.  Le désert évoque ainsi un lieu sans connections, sans routes. Jean-Baptiste oblige les foules qui veulent le rejoindre à tracer dans le désert une route qui mène à lui.

Or le retour de Babylone à Jérusalem en 536 av. J.C. est un événement aussi important que le retour des juifs en Palestine après la deuxième guerre mondiale en 1948 ! La voix qui annonce ce genre d’événements est tout sauf stérile ou inefficace.

La voie biblique qui crie dans le désert ne parle pas à un mur **.

Elle est puissante, efficace ; elle attire à elle l’humanité en quête de rédemption.

Elle ose être différente, singulière – poils de chameau et sauterelles ! – justement pour provoquer un choc salutaire.

Elle est en retrait, au désert pour obliger chacun à se déplacer de chez soi au Jourdain.

Elle ne cherche pas à plaire, mais à provoquer un mouvement : de même que vous êtes sortis de chez vous pour venir m’entendre au désert, sortez de votre ancienne vie pour pratiquer une vie droite. Quittez vos habitudes mauvaises et noyez-les dans l’eau du Jourdain, comme l’esclavage de vos ancêtres a été noyé dans la Mer Rouge en sortant d’Égypte.

Autrement dit : dans la Bible, crier dans le désert est une mission prophétique indispensable au redressement de la vie sociale.

Les baptisés héritent de cette mission.

À eux de crier dans le désert médiatique pour appeler au respect de la vie humaine, dès sa conception, jusqu’à sa fin.

À eux de proclamer – même minoritaires – que la différence homme-femme fait partie de la dignité fondamentale de l’humanité : l’image de Dieu en nous.

À eux de prêcher à temps et à contretemps le combat pour le respect des plus petits, dans l’univers du travail notamment.

À eux de montrer publiquement la grandeur et la beauté de toute personne humaine : avec les handicapés dans l’Arche de Jean Vanier, avec les chiffonniers du Caire dans l’oeuvre de soeur Emmanuelle, avec le peuple du Quart Monde dans le mouvement ATD fondé par le père Joseph Wrézinski etc. etc.

La liste est longue de ces voix dans le désert qui finissent par toucher bien des coeurs, bien des intelligences, et provoquent des conversions, des changements de vie radicaux. Ainsi, des jeunes traders donnent quelques années de leur vie pour les plus pauvres. Des volontaires partent en Afrique ou dans nos cités pour lutter contre l’exclusion. Des grands professionnels donnent de leur temps et de leurs compétences pour imaginer d’autres entreprises, d’autres modes d’insertion, d’autres rentabilités?

 

Un exemple récent parmi 100 000 : les Semaines Sociales de France.

Crier dans le désert dans Communauté spirituelle affiche_semaine_socialeChaque année, des centaines de chrétiens se rassemblent autour d’un thème de société. Pendant trois jours, ils planchent ensemble sur les conversions à vivre et à proposer à nos contemporains dans le domaine social et économique. Cette année, c’était sur le thème du travail : « réinventer le travail ».

Plus de 180 ateliers réalisés en partenariat avec 52 mouvements ont été animés du 22 au 24 novembre 2013, à Lyon-Villeurbanne, Paris et Strasbourg (cf. http://www.ssf-fr.org/ssf ).

Peu relayées par les médias, les Semaines Sociales de France sont pourtant une voix qui crie dans le désert, et dont la portée se mesure année après année aux initiatives originales qui fleurissent dans le monde de la finance, de l’industrie, des services. Cette poignée de croyants peut suffire à transformer bien des entreprises. Ce petit groupe ignoré des médias porte en germe une puissance de renouveau qui étonnera le monde.

 

Le message de Jean-Baptiste au désert est fort : n’ayez pas peur vous aussi de crier alors qu’au début personne ne semble vous entendre. Ne vous découragez pas d’être ignorés des grands de ce monde, des modes médiatiques et du bling-bling des people. Tenez bon en proclamant vos convictions : elles attireront ceux que la Parole de Dieu pourra bouleverser à travers vous. Ne regardez pas le vide apparent du désert qui vous entoure, mais la source d’eau vive dans laquelle plonger avec les compagnons de route qui vous sont donnés.

Jean-Baptiste – on le sait – paiera de sa vie sa liberté de parole. Il osera reprocher haut et fort à Hérode d’avoir épousé la femme de son frère, Hérodiade. Salomé (fille de Hérodiade) se vengera en le faisant décapiter. Mais on ne fait pas taire la voix de la vérité en éliminant ses porte-parole. La force de la voix au désert est telle qu’elle démasque l’hypocrisie des puissants, qu’elle renverse les tyrans de leur trône, qu’elle redonne aux humbles le courage de ne pas se laisser dominer.

Chaque baptisé reçoit cette mission prophétique avec l’onction d’huile.

Qu’en faisons-nous ?

Quelle est notre voix, et dans quel désert est-elle appelée à retentir ?

Croyons en la puissance de cette voix, et la parole qu’elle porte pourra à travers nous convertir des foules entières à vivre une vie plus droite. Dans nos familles, nos entreprises, le quartier, des foules attendent qu’on les appelle au désert pour noyer leurs esclavages.

Ne nous dérobons pas à cette vocation prophétique, qui passe par le courage d’être différents, minoritaires, afin d’ouvrir à tous le chemin du salut.

 

 ________________________

* Les poils de chameau symbolisent la solidarité de Jean-Baptiste avec les nations païennes impures, et le salut qui leur est offert. Car le chameau est un animal impur pour les juifs. Et les sauterelles renvoient sans doute aux plaies d’Égypte : un avertissement pour souligner l’urgence de la conversion avant qu’il ne soit trop tard.

** La langue familière dit aussi : pisser dans un violon !

1ère lecture : Le Messie, roi de paix (Is 11, 1-10)

Lecture du livre d’Isaïe

Parole du Seigneur Dieu :
Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines.
Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur,
qui lui inspirera la crainte du Seigneur. Il ne jugera pas d’après les apparences, il ne tranchera pas d’après ce qu’il entend dire.
Il jugera les petits avec justice, il tranchera avec droiture en faveur des pauvres du pays. Comme un bâton, sa parole frappera le pays, le souffle de ses lèvres fera mourir le méchant.
Justice est la ceinture de ses hanches ; fidélité, le baudrier de ses reins.

Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira.
La vache et l’ourse auront même pâturage, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le b?uf, mangera du fourrage.
Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra, sur le trou de la vipère l’enfant étendra la main.
Il ne se fera plus rien de mauvais ni de corrompusur ma montagne sainte ; car la connaissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer.

Ce jour-là, la racine de Jessé, père de David, sera dressée comme un étendard pour les peuples, les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure.

Psaume : Ps 71, 1-2, 7-8, 12-13, 17

R/ Voici venir un jour sans fin de justice et de paix.

Dieu, donne au roi tes pouvoirs,
à ce fils de roi ta justice.
Qu’il gouverne ton peuple avec justice,
qu’il fasse droit aux malheureux !

En ces jours-là, fleurira la justice, 
grande paix jusqu’à la fin des lunes ! 
Qu’il domine de la mer à la mer, 
et du Fleuve jusqu’au bout de la terre !

Il délivrera le pauvre qui appelle 
et le malheureux sans recours. 
Il aura souci du faible et du pauvre, 
du pauvre dont il sauve la vie.

Que son nom dure toujours ; 
sous le soleil, que subsiste son nom ! 
En lui, que soient bénies toutes les familles de la terre ; 
que tous les pays le disent bienheureux !

2ème lecture : L’espérance offerte par l’Écriture s’étend à toutes les nations (Rm 15, 4-9)
Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères, tout ce que les livres saints ont dit avant nous est écrit pour nous instruire, afin que nous possédions l’espérance grâce à la persévérance et au courage que donne l’Écriture. Que le Dieu de la persévérance et du courage vous donne d’être d’accord entre vous selon l’esprit du Christ Jésus. Ainsi, d’un même coeur, d’une même voix, vous rendrez gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ.
Accueillez-vous donc les uns les autres comme le Christ vous a accueillis pour la gloire de Dieu, vous qui étiez païens. Si le Christ s’est fait le serviteur des Juifs, c’est en raison de la fidélité de Dieu, pour garantir les promesses faites à nos pères ; mais, je vous le déclare, c’est en raison de la miséricorde de Dieu que les nations païennes peuvent lui rendre gloire ; comme le dit l’Écriture : Je te louerai parmi les nations, je chanterai ton nom.

Evangile : Jean Baptiste annonce que le Messie vient juger le monde (Mt 3, 1-12)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez la route : tout homme verra le salut de Dieu. Alléluia. (cf. Lc 3, 4.6)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée :
« Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche. » Jean est celui que désignait la parole transmise par le prophète Isaïe : À travers le désert, une voix crie : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route.
Jean portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.

Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain venaient à lui,
et ils se faisaient baptiser par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés. 
Voyant des pharisiens et des sadducéens venir en grand nombre à ce baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? Produisez donc un fruit qui exprime votre conversion, et n’allez pas dire en vous-mêmes : ‘Nous avons Abraham pour père’ ; car, je vous le dis : avec les pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham. Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu.
Moi, je vous baptise dans l’eau, pour vous amener à la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu ; il tient la pelle à vanner dans sa main, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier. Quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s’éteint pas. »
Patrick Braud

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16 novembre 2013

« Même pas peur »…

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

« Même pas peur »…

Homélie du 33° Dimanche / Année C
Dimanche 17 Novembre 2013
Journée nationale du Secours Catholique

  

La peur de la fin du monde est comme une constante de l’histoire de l’humanité.

À croire que cette peur est utile à certains qui l’exploitent.

Du temps de Jésus, la peur de la fin du monde, c’était la peur de l’anéantissement d’Israël par les Romains, la peur de la destruction du temple de Jérusalem évoquée par Jésus, ou l’arrivée triomphale du Messie Juif. Mais ce n’était jamais que la fin d’un monde (et non la fin du monde).

Plus près de nous, les deux dernières guerres mondiales ont ravivé cette peur.

Puis il y a eu la guerre froide et la peur de l’auto-destruction nucléaire.

Le marxisme chantait d’ailleurs à l’époque l’écroulement inéluctable de l’économie de marché, et manipulait cette peur pour hâter la venue d’une société nouvelle d’après le cataclysme.

Certains courants écologiques ont pris le relais, prophétisant la fin de la planète…

Ou certains courants politiques ont utilisé la peur du 11 septembre comme la menace de la fin de notre monde.

 « Même pas peur »... dans Communauté spirituelle 561186-meme-pas-peur-du-haka

Vous voyez, chaque période crée sa peur, comme un miroir. 

Or, Jésus refuse de se laisser entraîner dans cette excitation apocalyptique.

Il nous avertit : « Quand vous entendrez parler de ces catastrophes, ne vous effrayez pas. Ce ne sera pas tout de suite la fin ».

Ne vous laissez donc pas prendre à la fascination des grandes catastrophes.

Ne vous laissez pas entraîner par ce pessimisme ambiant qui laisse la peur dominer sur la raison.

Ne soyez pas effrayés par ceux qui vous annoncent la fin du monde, ou même la fin d’un monde.

D’ailleurs, pour nous chrétiens, la fin du monde a déjà eu lieu !

Aussi étonnant que cela puisse paraître, dans l’évangile, la fin du monde est déjà arrivée, le Règne de Dieu est déjà au milieu de nous !

Ce n’est pas au terme de l’histoire que sera révélée la vérité de l’homme, c’est au milieu de l’histoire que cela a été accompli, dans la Passion-Résurrection du Christ.

Voilà pourquoi nous sommes libres de ne pas courir après les dernières peurs à la mode.

Quand le Christ prononce : « Tout est accompli » sur la croix, c’est réellement la fin, la plénitude, le terme qui est déjà à l’oeuvre, présent dans nos vies.

Regardez les façade de nos cathédrales romanes : le Christ dans la mandorle de gloire attire à lui tous les hommes, toute l’histoire, tout l’univers.

C’est le Christ de l’Ascension qui a déjà tout accompli lorsqu’il est élevé auprès du Père.

C’est en même temps le Christ de la fin des temps qui reviendra manifester la vérité du monde.

Mais depuis l’Ascension, notre monde a déjà basculé en Christ du côté de la Résurrection, de la divinisation de l’homme.

 

Quelles sont les conséquences pratiques de cette conception chrétienne de la fin du monde au milieu de l’histoire ?

- D’abord ne plus avoir peur.

Les prophètes de malheur ne pourront jamais nous détourner de ce qui est pleinement accompli en Christ.

- Ensuite, nous sommes libres :

* Libres de témoigner de cet avenir déjà présent, jusque dans la persécution s’il le faut.

* Libres de ne pas être fascinés par les chiffres, par le quantitatif, car si le Royaume est déjà là sous forme de graine, cela suffit pour tout transformer.

* Libres de combattre tout catastrophisme, toute « terreur sacrée » où l’on voudrait nous embrigader dans des pensées inhumaines, comme le marxisme autrefois, sous prétexte de fin du monde. 

* Libres enfin de travailler – comme les martyrs des 1er siècles alors que l’empire romain s’écroulait – à l’émergence d’un monde nouveau que Dieu façonne sans cesse.

Ne nous résignons pas à la résignation ambiante.

Nous avons oublié l’eschatologie (c’est-à-dire l’espérance en l’accomplissement final) et sa réalité profonde : l’Éternel est présent dans le temps et les signes du Royaume de Dieu sont semés dans la lourde pâte de notre monde. À nous de discerner cette pédagogie divine à base de confiance.

Demandez aux 65 000 bénévoles du Secours catholique s’ils se résignent ! Demandez aux 1000 salariés du Secours s’ils s’affolent ! La pauvreté augmente en France, c’est vrai. Mais en cette journée Nationale du Secours Catholique, nous ne cédons pas au catastrophisme.

Partout, notre don agit. Le Secours catholique est un service de l’Église de France pour faire rayonner la charité, pour que partout votre don agisse, par la prière, le don matériel, le soutien scolaire, en créant des groupes de parole, des lieux de fraternité, en interpellant la société au sujet des plus faibles. Le rapport annuel du Secours Catholique sur la pauvreté en France insistait notamment sur la détresse grandissante de ce que l’on appelle pudiquement : ‘les familles monoparentales’, c’est-à-dire les femme seules avec enfants. Mais ce n’est pas nous faire peur que le Secours nous informe, c’est pour agir !…

Si on vous parle de catastrophes et de fin du monde, ne vous effrayez donc pas, nous redit Jésus aujourd’hui. « N’y allez pas ! N’y courez pas ! » (Lc 17,23).

Gardez en vous cette distance intérieure, cette « réserve eschatologique » (Jean-Baptiste Metz) qui vient de votre appartenance à l’autre monde, celui que le Christ a déjà inauguré par sa Résurrection et son Ascension au plus haut.

Ne vous laissez pas égarer par les dernières peurs à la mode…

 

 

1ère lecture : De l’esclavage du péché au service de Dieu (Rm 6, 12-18)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères, il ne faut pas que le péché règne dans votre corps mortel et vous fasse obéir à ses désirs. Ne mettez pas les membres de votre corps au service du péché pour mener le combat du mal : mettez-vous au contraire au service de Dieu comme des vivants revenus de la mort, et offrez à Dieu vos membres pour le combat de sa justice. Car le péché n’aura plus sur vous aucun pouvoir : en effet, vous n’êtes plus sujets de la Loi, vous êtes sujets de la grâce de Dieu.
Alors ? Puisque nous ne sommes pas sujets de la Loi, mais de la grâce, allons-nous recommencer à pécher ? Absolument pas. Vous le savez bien : en vous mettant au service de quelqu’un pour lui obéir comme esclaves, vous voilà esclaves de celui à qui vous obéissez : soit du péché, qui est un chemin de mort ; soit de l’obéissance à Dieu, qui est un chemin de justice. Mais rendons grâce à Dieu : vous qui étiez esclaves du péché, vous avez maintenant obéi de tout votre c?ur à l’enseignement de base auquel Dieu vous a soumis. Vous avez été libérés du péché, vous êtes devenus les esclaves de la justice.

Psaume : 123, 2-3, 4-5, 7
R/ Notre secours est dans le nom du Seigneur.

Sans le Seigneur qui était pour nous
quand des hommes nous assaillirent,
alors ils nous avalaient tout vivants,
dans le feu de leur colère.

Alors le flot passait sur nous, 
   le torrent nous submergeait ; 
alors nous étions submergés 
   par les flots en furie.

Comme un oiseau, nous avons échappé 
   au filet du chasseur ; 
le filet s’est rompu : 
   nous avons échappé.

Evangile : Attendre le retour du Seigneur : parabole de l’intendant fidèle (Lc 12, 39-48)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Heureux celui qui veille dans la prière : il sera jugé digne de paraître debout devant le Fils de l’homme. Alléluia.(cf. Lc 21, 36)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Jésus disait à ses disciples : « Vous le savez bien : si le maître de maison connaissait l’heure où le voleur doit venir, il ne laisserait pas percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »
Pierre dit alors : « Seigneur, cette parabole s’adresse-t-elle à nous, ou à tout le monde ? »
Le Seigneur répond : « Quel est donc l’intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de ses domestiques pour leur donner, en temps voulu, leur part de blé ?
Heureux serviteur, que son maître, en arrivant, trouvera à son travail. Vraiment, je vous le déclare : il lui confiera la charge de tous ses biens.
Mais si le même serviteur se dit : ‘Mon maître tarde à venir’, et s’il se met à frapper serviteurs et servantes, à manger, à boire et à s’enivrer, son maître viendra le jour où il ne l’attend pas et à l’heure qu’il n’a pas prévue ; il se séparera de lui et le mettra parmi les infidèles.
Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’a pourtant rien préparé, ni accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups.
Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, n’en recevra qu’un petit nombre. À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. »
Patrick Braud

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2 novembre 2013

Zachée-culbuto

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Zachée-culbuto

Homélie du 31° dimanche du temps ordinaire / Année C
03/11/2013

 

Descend vite au fond de toi…

Vous rappelez-vous de ce jouet  de l’enfance qu’est le culbuto ?

Zachée-culbuto dans Communauté spirituelle dynamogne_-_mr_culbuto_-_copyright_henry_krul_10

Vous avez beau chercher à le faire tomber, il revient imperturbablement à sa position debout. Toutes les perturbations extérieures ne le détournent pas de sa stabilité, car il a son centre au plus bas de lui-même.

« Zachée, descend vite : aujourd’hui, il faut que j’aille demeurer chez toi. »

Et si Dieu était en bas, au fond de nous-mêmes, au lieu de l’imaginer tout en-haut seulement ?

La conversion de Zachée – et la nôtre – serait alors de revenir à notre propre centre de gravité spirituelle, qui est la demeure du Christ en nous.

Quand les enfants ferment les yeux au caté pour éprouver dans le silence la présence de Dieu, ils sentent d’instinct que le retour à Dieu coïncide avec le retour à soi-même.

Zachée nous dit la réciproque : descendre au plus profond de soi, c’est trouver Dieu. Il croyait devoir s’élever pour enter en contact avec Jésus. Il lui faudra descendre en lui-même pour le trouver.

La vie intérieure, c’est d’abord l’attention à soi.

St Augustin parlait de la pesanteur de l’amour, qui nous amène à descendre au plus profond de nous-même.

Quand la Bible parle de la gloire de Dieu, elle emploie le mot hébreu kabôd qui désigne justement la pesanteur, la masse, la gravité. Comme si rendre gloire à Dieu, c’était se laisser tomber entre ses bras, en nous laissant attirer par son poids d’amour.
Tomber au fond de soi, c’est tomber dans les bras de Dieu.

« Zachée, descend vite ! »


À la manière d’un caillou qui revient à son lieu propre, par la pesanteur, quand rien ne l’empêche de tomber.

À la manière d’un fleuve qui revient dans son lit après une inondation.
À la manière du culbuto qui fascine les tout-petits : au milieu de l’agitation de nos vies, revenir à son centre intérieur, se laisser stabiliser par son propre poids, en bas.
« Qui s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé » nous avertissait Jésus dimanche dernier avec le pharisien et le publicain.

Mais qu’est-ce donc que descendre ? descendre de son figuier ? de son sycomore ? descendre au fond de soi ?

 

Ne pas être étranger à soi-même

mourir-%C3%A0-soi-m%C3%AAme11 arbre dans Communauté spirituelleUn homme me confiait un jour : « J’ai la quarantaine. Jusqu’ici, j’ai vécu sans me poser de questions. J’ai foncé : pour créer ma boîte, pour bâtir mon couple et ma famille. J’étais dans l’action. Maintenant, cela ne me suffit plus. J’ai besoin de dire  » je « . J’ai envie d’explorer des désirs en moi que je passais sous silence sans le savoir, faute de temps pour explorer mon identité. J’en arrive même à remettre mon couple en question. Mais je ne peux plus vivre à la surface de moi-même. »

Les témoignages abondent dans ce sens : quel dommage de se contenter de relations superficielles, alors que la profondeur d’un vrai dialogue est bouleversante ! C’est comme si on soignait un mourant en ne lui parlant que de la pluie et du beau temps…

« Zachée, descend vite » : ne te contente pas du journal télévisé et du journal local ; va puiser en toi une intensité de vivre. Tu verras, je t’attends là, en bas du culbuto. Si tu descends en toi, j’irai chez toi faire ma demeure.


Il s’agit de ne pas être étranger à soi-même.

Prenez l’exemple de la violence : violence sociale, politique, professionnelle, familiale…

Certains fuient la violence comme la peste et évitent les conflits.
D’autres répondent à l’agressivité par l’agressivité, et sont surpris d’éprouver la violence en eux.

Pour tous l’enjeu est de vivre la violence de manière évangélique : non pas superficiellement, en agissant sans réfléchir (que ce soit dans un sens ou dans un autre), mais en descendant en son fond le plus intime : que faire de cette violence ? Comment ne pas se laisser manipuler par son passé ? Comment la convertir en violence à la manière du Christ ? Celui qui descend au fond de sa violence pour laisser Dieu la transformer, celui-là engendre Dieu en lui : au sens le plus fort, le Fils de Dieu naît en lui, il engendre le Verbe, il devient la Mère de Dieu !
De même celui ou celle qui descend au fond de son angoisse, de son émerveillement, de son amour ou de sa solitude?

 

Une vie bouleversée

Etty Hillesum, jeune juive dans le ghetto d’Amsterdam, et bientôt déportée volontaire dans le camp de Westerbok, témoigne dans son journal de cette descente « au fond » de l’âme, qui produit une sérénité incroyable, même au milieu de l’horreur.

41-no-m60cL._ culbuto« La semaine prochaine, il est probable que tous les juifs hollandais subiront l’examen médical.
De minute en minute, de plus en plus de souhaits, de désirs, de liens affectifs se détachent de moi ; je suis prête à tout accepter, tout lieu de la terre où il plaira à Dieu de m’envoyer, prête aussi à témoigner à travers toutes les situations et jusqu’à la mort, de la beauté et du sens de cette vie: si elle est devenue ce qu’elle est, ce n’est pas le fait de Dieu mais, le nôtre. Nous avons reçu en partage toutes les possibilités d’épanouissement, mais n’avons pas encore appris à exploiter ces possibilités. On dirait qu’à chaque instant des fardeaux de plus en plus nombreux tombent de mes épaules, que toutes les frontières séparant aujourd’hui hommes et peuples s’effacent devant moi, on dirait parfois que la vie m’est devenue transparente, et le coeur humain aussi; je vois, je vois et je comprends sans cesse plus de choses, je sens une paix intérieure grandissante et j’ai une confiance en Dieu dont l’approfondissement rapide, au début, m’effrayait presque, mais qui fait de plus en plus partie de moi même.


‘Hineinhorchen’ : ‘écouter au-dedans‘ ; je voudrais disposer d’un verbe bien hollandais pour dire la même chose. De fait, ma vie n’est qu’une perpétuelle écoute ‘au dedans’ de moi même, des autres, de Dieu. Et quand je dis que j’écoute ‘au-dedans‘, en réalité c’est plutôt Dieu en moi qui est à l’écoute.
Ce qu’il y a de plus essentiel et de plus profond en moi écoute l’essence et la profondeur de l’autre : (en moi) Dieu écoute Dieu. » *

Si vous faites ainsi passer votre centre de gravité « en-bas », comme le culbuto, alors rien ne pourra vous troubler, comme le culbuto qui revient à son centre après les oscillations extérieures. Cela demande de ne pas s’attacher à ses oeuvres, de rester libre pour Dieu et pour soi-même. Mais cette plongée intérieure est un voyage en Dieu. Comme le Christ est en bas de l’arbre de Zachée, c’est dans le fond de l’âme que Dieu réside, nous enseigne, nous attend et nous unit à lui.

« On s’engouffre dans cet abîme.
Et dans cet abîme est l’habitation propre de Dieu [...].
Dieu ne quitte jamais ce fond. Il n’y a là ni passé ni futur.
Rien ne peut combler ce fond. Rien de créé ne peut le sonder »
(Tauler XIV°)


« Zachée, descend vite »
.
Quitte ce qui en toi n’est que superficiel et léger.
Explore tes désirs les plus profonds.
Prends le temps du silence, de l’adoration, de la méditation et tu découvriras Dieu attablé dans le fond de ton âme mieux que Jésus attablé dans la demeure de Zachée.
« Zachée, descend vite ».
Qui que tu sois, descends vite au plus profond de toi : « aujourd’hui, il faut que j’aille demeurer chez toi »
.

 

_____________________________________________

* Etty Hillesum, Une vie bouleversée, Journal (1941-1943).

 


 

1ère lecture : Dieu aime toutes ses créatures (Sg 11, 23-26; 12, 1-2)

Lecture du livre de la Sagesse

Seigneur, tu as pitié de tous les hommes, parce que tu peux tout. Tu fermes les yeux sur leurs péchés, pour qu’ils se convertissent.
Tu aimes en effet tout ce qui existe, tu n’as de répulsion envers aucune de tes ?uvres, car tu n’aurais pas créé un être en ayant de la haine envers lui.
Et comment aurait-il subsisté, si tu ne l’avais pas voulu ? Comment aurait-il conservé l’existence, si tu ne l’y avais pas appelé ?
Mais tu épargnes tous les êtres, parce qu’ils sont à toi, Maître qui aimes la vie, toi dont le souffle impérissable anime tous les êtres.

Ceux qui tombent, tu les reprends peu à peu, tu les avertis, tu leur rappelles en quoi ils pèchent, pour qu’ils se détournent du mal, et qu’ils puissent croire en toi, Seigneur.

Psaume : Ps 144, 1-2, 8-9, 10-11, 13cd-14

R/ La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant !

Je t’exalterai, mon Dieu, mon Roi, 
je bénirai ton nom toujours et à jamais !
Chaque jour je te bénirai, 
je louerai ton nom toujours et à jamais.

Le Seigneur est tendresse et pitié, 
lent à la colère et plein d’amour ; 
la bonté du Seigneur est pour tous, 
sa tendresse, pour toutes ses ?uvres. 

Que tes oeuvres, Seigneur, te rendent grâce 
et que tes fidèles te bénissent ! 
Ils diront la gloire de ton règne, 
ils parleront de tes exploits. 

Le Seigneur est vrai en tout ce qu’il dit, 
fidèle en tout ce qu’il fait. 
Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent, 
il redresse tous les accablés.

2ème lecture : Préparer dans la paix la venue du Seigneur(2Th 1, 11-12; 2, 1-2)

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens

Frères, nous prions continuellement pour vous, afin que notre Dieu vous trouve dignes de l’appel qu’il vous a adressé ; par sa puissance, qu’il vous donne d’accomplir tout le bien que vous désirez, et qu’il rende active votre foi. Ainsi, notre Seigneur Jésus aura sa gloire en vous, et vous en lui ; voilà ce que nous réserve la grâce de notre Dieu et du Seigneur Jésus Christ.
Frères, nous voulons vous demander une chose, au sujet de la venue de notre Seigneur Jésus Christ et de notre rassemblement auprès de lui : si l’on nous attribue une révélation, une parole ou une lettre prétendant que le jour du Seigneur est arrivé, n’allez pas aussitôt perdre la tête, ne vous laissez pas effrayer.

Evangile : Zachée : descends vite ! (Lc 19, 1-10)

Acclamation : Alléluia. Alléluia.
Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique. Tout homme qui croit en lui possède la vie éternelle. Alléluia. (Jn 3, 16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Jésus traversait la ville de Jéricho.
Or, il y avait un homme du nom de Zachée ; il était le chef des collecteurs d’impôts, et c’était quelqu’un de riche. Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il n’y arrivait pas à cause de la foule, car il était de petite taille. Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui devait passer par là.
Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et l’interpella : « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. »
Vite, il descendit, et reçut Jésus avec joie.
Voyant cela, tous récriminaient : « Il est allé loger chez un pécheur. »
Mais Zachée, s’avançant, dit au Seigneur : « Voilà, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus. »
Alors Jésus dit à son sujet : « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham. En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »
Patrick Braud

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31 octobre 2013

Tous un : la Toussaint, le cimetière, et l’Église…

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Tous un : la Toussaint, le cimetière, et l’Église…

Homélie pour la fête de Toussaint
01/11/2013

 

« Je crois à la communion des saints ».

Depuis la mort de mon père, cette phrase du Credo m’est devenue  extraordinairement concrète…


- Si je vais sur sa tombe, cela m’aide à penser à lui, cela me rapproche un peu ; je vois son nom sur la plaque de granit, je sais que ses restes sont là, mais ce n’est déjà plus lui ; et ce n’est pas encore être en communion.

Tous un : la Toussaint, le cimetière, et l'Église... dans Communauté spirituelle tombes_restaurees_1


- Si j’accroche sa photo, son portrait au milieu des étagères, je pense souvent à lui en passant devant, mais ce n’est pas encore être en communion.


- Si je ferme les yeux pour retrouver son air bonhomme et son sourire, çà se rapproche mais ce n’est encore que la trace qu’il a laissée dont il a marqué ma vie.
Ce n’est pas encore lui vivant.


- J’ai cherché où il pouvait me donner rendez-vous : des lettres, la mer, le bateau? jusqu’à ce qu’une évidence m’aveugle :


Puisqu’il est dans le Christ, sur le chemin de la rencontre éblouissante avec le Christ qu’on appelle Purgatoire, le plus sûr moyen d’être en communion avec lui est encore d’être en communion avec le Christ.

Dans l’hostie au creux de la main, le lien d’amour d’un père à son fils reprend, solide, en passant par le Christ.

Dieu a toujours été le plus court chemin d’un homme à un autre, mieux que la ligne droite.

À travers la mort, la relation avec nos défunts découle de notre communion au Christ.

- Et si la communion des saints que nous fêtons à la Toussaint était aussi simple que cela ?

Comme autrefois il suffisait de passer par le standard ou l’opératrice pour avoir l’international, il suffit de passer par le Christ pour être relié à ceux qui sont sur l’autre rive. Pas besoin de soi-disant médiums ou voyants qui inquiètent les vivants en leur faisant croire qu’ils sont en communication avec les morts ! Il est bien plus sûr de passer par le Christ, vrai homme et vrai Dieu, pour baisser le pont-levis entre eux et nous.

 

La communion des saints, nous l’expérimentons déjà partiellement ici-bas, lorsque de vrais liens de prière, d’affection, de solidarité nous font vibrer à l’unisson. Alors imaginez ce qu’est cette communion en Dieu même ! Imaginez la force qu’a réellement cette chaîne d’amour qui nous relie à tous ceux qui partagent la sainteté même de Dieu !

 

- Nous ne prions pas seulement pour obtenir des choses : retrouver des objets perdus avec St Antoine de Padoue, plaider pour des causes désespérées avec Ste Rita etc… Nous prions les saints pour nous-mêmes devenir saints, par la grâce de Dieu.

 

- Nous invoquons les saints, non pour nous protéger du malheur, mais pour nous exposer avec eux au bonheur des 8 Béatitudes de l’évangile de cette fête de Toussaint.

 

- Nous portons les prénoms des saints non comme une amulette, mais comme une marque de famille ; car ils sont de notre famille, ils nous redisent que la sainteté n’est pas au-dessus de nos forces ; comme mon grand-père qui était musicien me redit que l’amour de la musique fait partie de notre culture familiale.

 

- Nous égrenons les prénoms des saints comme les grains d’un chapelet litanique, car cette prière qui court d’un grain de sainteté à un autre nous relie solidement à Celui qui en est la source : le Dieu trois fois Saint.

 

Vous le voyez à chaque ordination : lorsque le futur diacre ou prêtre ou évêque est couché par terre, sur le tapis dans le choeur de la cathédrale, l’Église chante la litanie de tous les saints comme s’ils venaient eux-mêmes le chercher et l’entraîner avec eux dans la course de l’Évangile.  C’est sans doute un des moments les plus émouvants d’une ordination que cette litanie de tous les saints chantée sur l’ordinand prostré à terre, abandonné à Dieu, porté par ces compagnons invisibles de tous les siècles et de tous les horizons.

 

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D’une certaine manière, cette communion de Toussaint illustre parfaitement ce qu’est l’Église, notre Église. 25 ans après le Concile Vatican II (en 1985) les évêques réunis à Rome en Synode relisaient dans Vatican II son apport principal, essentiel :

« L’ecclésiologie de communion est l’idée centrale et fondamentale des documents du Concile. (…)
Au lendemain du Concile, Paul VI s’adressait aux fidèles en ces termes: ?L’Église est une communion. Que signifie ici ce mot communion ? Je vous renvoie au passage du catéchisme qui parle de la communion des Saints. Église veut dire communion des Saints. Et communion des Saints signifie une double participation vitale: l’incorporation des chrétiens à la vie du Christ, et la circulation de la même charité dans toute la communauté des fidèles, en ce monde et en l’autre. Union au Christ et dans le Christ; et union entre les chrétiens dans l’Église’ (08/06/1966). »
Christifideles laïci ; Jean Paul II, 1988

Nous étions partis de la quête d’un fils cherchant le fil d’Ariane qui l’unirait à son père au-delà de la mort. Nous arrivons à la plus belle définition de l’Église qui soit, celle de Vatican II : l’Église est le sacrement de la communion trinitaire.

 

C’est donc que cette belle fête de Toussaint, pleine d’espérance, est indispensable à la vie de l’Église comme à celle de nos familles.

 

Nous sommes faits pour la communion, la communion de tous les saints en Dieu.

 

Saints et saintes de Dieu,

dont la vie et la mort ont crié Jésus-Christ sur les routes du monde,

Saints et saintes de Dieu, priez pour nous,

afin que nos liens ici-bas se laissent transformer à l’image des liens d’amour qui vous unissent en Dieu Trinité.

 

 

 

 

1ère lecture : La foule immense des rachetés (Jn 7, 2-4.9-17)

Lecture de l’Apocalypse de saint Jean

Moi, Jean, j’ai vu un ange qui montait du côté où le soleil se lève, avec le sceau qui imprime la marque du Dieu vivant ; d’une voix forte, il cria aux quatre anges qui avaient reçu le pouvoir de dévaster la terre et la mer : « Ne dévastez pas la terre, ni la mer, ni les arbres, avant que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu. » Et j’entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau : ils étaient cent quarante-quatre mille, de toutes les tribus des fils d’Israël. 

Après cela, j’ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, races, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main. Et ils proclamaient d’une voix forte : « Le salut est donné par notre Dieu, lui qui siège sur le Trône, et par l’Agneau ! » Tous les anges qui se tenaient en cercle autour du Trône, autour des Anciens et des quatre Vivants, se prosternèrent devant le Trône, la face contre terre, pour adorer Dieu.

Et ils disaient : « Amen ! Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! »

L’un des Anciens prit alors la parole et me dit : « Tous ces gens vêtus de blanc, qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? »

Je lui répondis : « C’est toi qui le sais, mon seigneur. » Il reprit : « Ils viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés dans le sang de l’Agneau ! » 

Psaume : 23, 1-2, 3-4ab, 5-6

R/ Voici le peuple immense de ceux qui t’ont cherché.

Au Seigneur, le monde et sa richesse, 
la terre et tous ses habitants ! 
C’est lui qui l’a fondée sur les mers 
et la garde inébranlable sur les flots. 

Qui peut gravir la montagne du Seigneur 
et se tenir dans le lieu saint ? 
L’homme au c?ur pur, aux mains innocentes, 
qui ne livre pas son âme aux idoles. 

Il obtient, du Seigneur, la bénédiction, 
et de Dieu son Sauveur, la justice.
Voici le peuple de ceux qui le cherchent ! 
Voici Jacob qui recherche ta face !

2ème lecture : Nous sommes enfants de Dieu et nous lui serons semblables (1 Jn 3, 1-3)

Lecture de la première lettre de saint Jean

Mes bien-aimés, voyez comme il est grand, l’amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu ? et nous le sommes. Voilà pourquoi le monde ne peut pas nous connaître : puisqu’il n’a pas découvert Dieu.

Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est. Et tout homme qui fonde sur lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur.

Evangile : Les Béatitudes (Mt 5, 1-12a)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Venez au Seigneur, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau : il vous donnera le repos. Alléluia. (cf. Mt 11, 28)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Quand Jésus vit la foule qui le suivait, il gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent. Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait :

« Heureux les pauvres de coeur :
   le Royaume des cieux est à eux !

Heureux les doux : 
   ils obtiendront la terre promise !

Heureux ceux qui pleurent :
   ils seront consolés !

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice :
   ils seront rassasiés !

Heureux les miséricordieux :
   ils obtiendront miséricorde !

Heureux les c?urs purs :
   ils verront Dieu !

Heureux les artisans de paix :
   ils seront appelés fils de Dieu !

Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice :
   le Royaume des cieux est à eux !

Heureux serez-vous si l’on vous insulte, 
   si l’on vous persécute 
   et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.

Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ! »
Patrick Braud

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