L'homélie du dimanche (prochain)

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19 décembre 2009

« Tu as de la visite »

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 02 min

« Tu as de la visite »

Homélie pour le 4° Dimanche de l’Avent / Année C / 20/12/09

 

On raconte qu’un jour, saint Benoît, perdu dans sa solitude d’ermite, reçut la visite d’un prêtre, sans savoir que c’était le jour de Pâques. Le prêtre qui était venu le visiter dit : «  Lève-toi et prenons de la nourriture car c’est Pâques aujourd’hui  ». À quoi l’homme de Dieu répondit :  » Je sais que c’est Pâques, puisque tu es venu me voir « . En effet, demeurant loin des hommes, il ignorait qu’en ce jour, c’était la solennité de Pâques !

 

«  C’est Pâques, puisque tu es venu me visiter  ».

Telle est la puissance de la visite fraternelle : une force de résurrection, pour susciter en chacun la louange et le partage.


Telle est la puissance de la visite de Marie à Élisabeth : susciter l’émerveillement, laisser la vie intérieure être la plus forte, s’ouvrir mutuellement à des futurs inouïs…

Pour une femme enceinte comme Marie, dans un pays chaud comme Israël, ce voyage de Nazareth à Aïn Karim, de la plaine à la montagne, ce voyage n’est pas un petit déplacement !


Visite
  : laissons résonner en nous ce mot qui nous réunit en ce quatrième Dimanche de l’Avent. La visite de Marie à Elisabeth est devenue si célèbre et si unique que la langue française l’a appelée Visitation, mot spécialement forgé pour cela ! Telle est la puissance des visites que nous nous rendons les uns aux autres : nous relever, encourager la vie en l’autre, reprendre confiance en l’avenir? 

 

Visite en français, cela vient de visitare : aller voir.

Il y a donc un mouvement : « aller », et une contemplation : « voir ».

Visiter quelqu’un, c’est donc se déplacer, physiquement, mais aussi mentalement.

C’est quitter son univers pour entrer dans celui de l’autre.

Dieu n’a-t-il pas le premier opéré ce déplacement pour nous ? En Jésus il a quitté sa divinité pour aller nous visiter, de la montagne à la plaine, et jusqu’au fond des enfers. La visite de Marie à sa cousine fait écho à la visite du Verbe de Dieu en elle. Accueillir Dieu qui nous visite nous met en route pour aller à notre tour visiter notre famille.

La visitation est un pèlerinage fraternel, en réponse au pèlerinage divin de Dieu en nous?

 

Mais il faut pour cela accepter de quitter son univers ! Lorsqu’on visite quelqu’un, on est accueilli dans une autre maison, où l’on n’est pas chez nous. Or chez l’autre, beaucoup de choses peuvent être différentes. Et c’est là où intervient le 2ème terme de la visite : voir.

En entrant dans la maison d’un autre, notre oeil est tout de suite attiré par tous ces détails qui révèlent la personnalité de notre hôte. « Tiens il a décoré de telle manière ». « Tiens sa bibliothèque est intéressante, ou sa collection de disques, ou de DVD… » « Tiens ses meubles doivent venir de sa famille, etc. ».

Entre Marie et Elisabeth, l’oeil n’est pas attiré par la décoration extérieure, mais par la joie intérieure de l’autre.

L’enfant qui tressaille d’allégresse au plus intime de chacune de ces 2 mamans improbables les oriente vers une contemplation émerveillée de l’action de l’Esprit Saint en l’autre.

Voilà donc le but de toute visite spirituelle : contempler le travail de l’Esprit chez celui ou celle qui m’accueille ; laisser la louange me venir aux lèvres pour célébrer le bonheur de l’autre.

La visitation de Marie à Elisabeth n’a pas pour but de vérifier où elle en est, ni même de l’aider. Non, c’est une visite pour la louange, pour voir l’action de Dieu en sa cousine et réciproquement, et s’en réjouir ensemble.

 

Fêter la Visitation nous appelle donc à réhabiliter dans notre Église le ministère de la visite, dans cet esprit-là. Autrefois, quand le curé n’avait qu’un village de 800 âmes à desservir, c’était lui qui assurait tout seul ce ministère de la visite. Maintenant, on redécouvre que tout baptisé, à la suite de Marie, est appelé à visiter ses frères. Dans l’histoire, cela a donné lieu à l’ordre des visitandines, au 17ème siècle, qui visitaient les pauvres et les malades. Aujourd’hui ce serait plutôt le Service Évangélique des Malades, les Conférences St Vincent de Paul… Mais nous pratiquons aussi la visite fraternelle lorsqu’une équipe liturgique se réunit chez l’un ou chez l’autre, autour d’un bon dessert ! Ou lorsque nous allons visiter les familles en deuil pour les obsèques. Ou plus fréquemment encore lorsque nous avons la simplicité de frapper à la porte de quelqu’un gratuitement, juste pour avoir des nouvelles, un sourire, un bonjour, et quelque fois du coup une longue discussion sur des questions importantes.

 

The VisitationEn allemand, visite se traduit par Besuch, qui à la même racine que le verbe « chercher » : « suchen ». C’est donc que visiter quelqu’un, c’est chercher en lui ! Chercher comme Marie les traces de l’action de l’Esprit en lui. Être à l’affût des signes de sa « grossesse spirituelle », comme on scrute une échographie pour y chercher les signes du bébé à naître.

Visiter implique d’aller à la recherche de ce que l’autre porte en lui-même de divin.

 

Réhabilitons donc ce beau ministère de la visite entre nous !

Visitons-nous, déplaçons-nous, pour chercher et voir comment Dieu agit en chacun ; et nous pourrons alors ensemble – Marie d’ici et Elisabeth d’ailleurs – nous réjouir des naissances imprévues que l’Esprit ne cesse de susciter au milieu de nous…

 

Que Marie nous apprenne ce beau ministère de la visite, de la « visitation ».

 

 

1ère lecture : Le Messie viendra de Bethléem (Mi 5, 1-4)

Lecture du livre de Michée

Parole du Seigneur : Toi, Bethléem Ephrata,le plus petit des clans de Juda, c’est de toi que je ferai sortir celui qui doit gouverner Israël.

Ses origines remontent aux temps anciens, à l’aube des siècles.
Après un temps de délaissement, viendra un jour où enfantera celle qui doit enfanter, et ceux de ses frères qui resteront rejoindront les enfants d’Israël. Il se dressera et il sera leur berger par la puissance du Seigneur, par la majesté du nom de son Dieu. Ils vivront en sécurité, car désormaissa puissance s’étendra jusqu’aux extrémités de la terre, et lui-même, il sera la paix !

 

Psaume : Ps 79, 2.3bc, 15-16a, 18-19

R/ Dieu, fais-nous revenir ; que ton visage s’éclaire, et nous serons sauvés !

Berger d’Israël, écoute,
toi qui conduis ton troupeau, resplendis !
Réveille ta vaillance
et viens nous sauver.

Dieu de l’univers, reviens !
Deu haut des cieux, regarde et vois :
visite cette vigne, protège-la,
celle qu’a plantée ta main puissante.

Que ta main soutienne ton protégé,
le fils de l’homme qui te doit sa force.
Jamais plus nous n’irons loin de toi :
fais-nous vivre et invoquer ton nom !

2ème lecture : « Je suis venu pour faire ta volonté » (He 10, 5-10)

Lecture de la lettre aux Hébreux

Frères,
en entrant dans le monde, le Christ dit, d’après le Psaume : Tu n’as pas voulu de sacrifices ni d’offrandes, mais tu m’as fait un corps.
Tu n’as pas accepté les holocaustes ni les expiations pour le péché ;
alors, je t’ai dit : Me voici, mon Dieu, je suis venu pour faire ta volonté,c ar c’est bien de moi que parle l’Écriture.
Le Christ commence donc par dire : Tu n’as pas voulu ni accepté les sacrifices et les offrandes, les holocaustes et les expiations pour le péché que la Loi prescrit d’offrir.
Puis il déclare : Me voici, je suis venu pour faire ta volonté. Ainsi, il supprime l’ancien culte pour établir le nouveau.
Et c’est par cette volonté de Dieu que nous sommes sanctifiés, grâce à l’offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes.

 

Evangile : La Visitation (Lc 1, 39-45)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l’Esprit Saint,
et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
Car, lorsque j’ai entendu tes paroles de salutation, l’enfant a tressailli d’allégresse au-dedans de moi.
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
Patrick BRAUD

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28 novembre 2009

Le syndrome du hamster

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Le syndrome du hamster


Homélie du 1° dimanche de l’Avent

Dimanche 29 Novembre 2009 / Année C

Un avertissement solennel

« Restez éveillés et priez en tout temps » nous avertit Jésus dans cet évangile de début d’année liturgique.

C’est donc que le risque est grand de nous endormir? Dans la vie trépidante  actuelle, ce risque se conjugue plutôt en termes d’horizontalisme. Notre vie risque de tourner en rond si nous ne laissons pas suffisamment de place à la transcendance, et la prière est justement chargée de maintenir cette dimension  « verticale » dans nos existences.

« Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre c?ur ne s’alourdisse dans la débauche, l’ivrognerie et les soucis de la vie » : ce n’est sans doute pas ce qui vous guette, mais les soucis ordinaires de la vie sont du même ordre. Absorbés par le boulot, les problèmes quotidiens, nous avons du mal à « lever la tête », et à ne pas perdre de vue l’horizon de la promesse qui donne sens à toutes nos activités, utiles par ailleurs.

 

Le hamster qui pédale sur place

Le syndrome du hamster dans Communauté spirituelle hamster-dans-une-roue-thumb3314299Vous avez sûrement déjà vu un hamster dans sa cage circulaire : il court, il pédale, il s’agite, et s’étourdit dans le tourbillon de sa cage, mais en réalité fait du sur place. C’est l’illusion d’être libre, alors qu’on ne fait que bouger dans une cage, dorée ou non. C’est l’illusion d’une vie active, alors qu’elle ne décolle pas d’une excitation stérile.


Bon nombre de gens mènent une vie de hamster, jusqu’à ce que l’existence leur fournisse un de ces chocs qui réveilleraient même un animal en cage. Ce choc peut s’appeler éblouissement intérieur, deuil, lecture biblique, amour intense? Il arrive aussi que vers le milieu de la vie, le hamster lève les yeux vers au-delà de la cage, et devine un autre univers, une autre liberté : c’est alors que surviennent des ruptures brutales qui étonnent son entourage.

Mais la plupart des gens continuent obstinément de faire tourner les barreaux, trouvant dans la vitesse assez d’ivresse pour ne pas réveiller leur conscience.

La vitesse peut ressembler au rythme d’un métier auquel tout sacrifier, à une certaine façon de consommer, de se distraire ou de survivre qui évite soigneusement les questions essentielles.

L’ivresse peut tenir à la satisfaction légitime d’être reconnu dans telle ou telle activité, voire de se sentir indispensable.

Le résultat est que les hamsters vivent vieux, mais vivent peu?


Nous souffrons du syndrome du hamster lorsque nous nous laissons enfermer dans le court terme : les rythmes professionnels n’invitent que trop rarement à « lever la tête » et à imaginer ce que deviendra l’entreprise dans les 10 ou 20 ans à venir. Bien souvent hélas, raisonner à trois mois est déjà un exploit? Or la vision commune d’un horizon à long terme est essentielle à équipe de collaborateurs. Pour pouvoir se projeter, pour mobiliser son énergie, une équipe a besoin d’une telle vision qui dépasse la seule gestion des impératifs immédiats.

 

Nous souffrons du syndrome du hamster lorsque nous nous laissons enfermer dans l’urgence : urgences familiales (les enfants à aller chercher, les courses à faire, l’autorité à rétablir?), urgences professionnelles (des « trous à boucher », des rapports à préparer pour le lendemain, des réunions qui s’enchaînent sans les préparer vraiment?). Même l’Église n’échappe pas à cette pression : vite, préparer telle liturgie qui arrive ; vite, trouver un remplaçant pour un prêtre malade ou absent ; vite, décider qui va faire quoi dans l’organisation d’un événement qui approche etc?

Or nous savons bien que les décisions prises dans l’urgence ne sont pas toujours les meilleures, loin de là. Nous savons bien que le court terme est desséchant à la longue : avoir toujours « le nez dans le guidon » fait s’éloigner de l’essentiel, et appauvrit les relations de travail, de collaboration, de famille?

 

Le poulain du Mont Saint Michel, ou l’anti-hamster

Si vous allez un jour visiter le Mont Saint Michel, regardez attentivement le système qu’on inventé les moines de jadis pour hisser leurs provisions en haut du Mont. Voilà de quoi inverser la tendance « hamstérienne » !

 

En effet, lorsque les moines étaient sur le Mont, ils n’avaient pas de digue au début pour le relier à la terre. Et pas de moteur ni d’ascenseur pour monter les provisions et les matériaux de construction.

  

Alors ils avaient réinventé la cage des hamsters, mais en transformant son fonctionnement : une grande cage en bois de 5 ou 6 m de diamètre était reliée par un câble à un traîneau qui courait à la verticale des remparts (le « poulain »).

 

En « pédalant » dans cette cage, les moines pouvaient ainsi remonter des charges énormes qu’ils n’auraient pas pu hisser autrement. Comme quoi il suffit d’un peu d’imagination pour transformer une galère en ?uvre utile?


Bref, si le sentiment de vanité vous envahit, si vous avez l’impression que votre liberté n’est que surveillée, si tout ce à quoi vous trouviez du plaisir auparavant vous laisse un arrière-goût d’animal en cage, c’est que vous êtes victime du syndrome du hamster. Réagissez d’urgence : quittez la cage, ou transformez-la en « poulain », comme les moines du Mont Saint Michel !

 

1ère lecture : Annonce de la venue du Messie (Jr 33, 14-16)

 

Lecture du livre de Jérémie

Parole du Seigneur : Voici venir des jours où j’accomplirai la promesse de bonheur que j’ai adressée à la maison d’Israël et à la maison de Juda :
En ces jours-là, en ce temps-là,je ferai naître chez David un Germe de justice,et il exercera dans le pays le droit et la justice.
En ces jours-là, Juda sera délivré,Jérusalem habitera en sécurité,et voici le nom qu’on lui donnera :« Le-Seigneur-est-notre-justice ».

 

Psaume : Ps 24, 4-5ab, 8-9, 10.14

 

R/ Vers toi, Seigneur, j’élève mon âme, vers toi, mon Dieu

Seigneur, enseigne-moi tes voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve. 

Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles,
il enseigne aux humbles son chemin.

Les voies du Seigneur sont amour et vérité
pour qui veille à son alliance et à ses lois.
Le secret du Seigneur est pour ceux qui le craignent ;
à ceux-là, il fait connaître son alliance.

2ème lecture : Comment se préparer pour le jour du Seigneur(1Th 3, 12 — 4, 2)

 

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens

Frères, que le Seigneur vous donne, entre vous et à l’égard de tous les hommes, un amour de plus en plus intense et débordant, comme celui que nous avons pour vous.
Et qu’ainsi il vous établisse fermement dans une sainteté sans reproche devant Dieu notre Père, pour le jour où notre Seigneur Jésus viendra avec tous les saints.
Pour le reste, vous avez appris de nous comment il faut vous conduire pour plaire à Dieu ; et c’est ainsi que vous vous conduisez déjà. Faites donc de nouveaux progrès, nous vous en prions, frères, nous vous le demandons dans le Seigneur Jésus.
D’ailleurs, vous savez bien quelles instructions nous vous avons données de la part du Seigneur Jésus.

 

Evangile : L’attente de la venue du Fils de l’homme (Lc 21, 25-28.34-36)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées par le fracas de la mer et de la tempête. Les hommes mourront de peur dans la crainte des malheurs arrivant sur le monde, car les puissances des cieux seront ébranlées.
Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans la nuée, avec grande puissance et grande gloire.
Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche.
Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre coeur ne s’alourdisse dans la débauche, l’ivrognerie et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste.
Comme un filet, il s’abattra sur tous les hommes de la terre.
Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous serez jugés dignes d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de paraître debout devant le Fils de l’homme. »
Patrick Braud    

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