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6 mars 2017

Leikh leikha : Va vers toi !

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Leikh leikha : Va vers toi !

 

Homélie du 2° Dimanche de Carême / Année A
12/03/2017

Cf. également :

Dressons trois tentes…

La vraie beauté d’un être humain

Visage exposé, à l’écart, en hauteur

Figurez-vous la figure des figures

 

Traduire, trahir

Résultat de recherche d'images pour "Traduttore, traditore"Renoncer à soi-même, obéir à Dieu, oublier son ego, penser d’abord aux autres… : nous sommes tous habités de ces représentations religieuses où il faudrait s’éloigner de soi pour aller vers Dieu, renoncer au monde pour trouver Dieu. Notre première lecture de ce dimanche semble abonder en ce sens : quitte ton pays, la maison de ton père… Mais est-ce bien cela ? Traduttore, traditore, disaient les Anciens. Traduire, c’est trahir ! Et la traduction française des bibles courantes commet ici un lourd faux sens. En hébreu, leikh leikha se traduit littéralement par : va vers toi. C’est totalement différent de : quitte ton pays ! Le grand commentateur juif médiéval de la Torah, Rachi de Troyes, n’avait pas perdu ce sens premier lorsqu’il traduit : va pour toi, pour ton bonheur. Et il ajoute :

« Pour ton bonheur et pour ton bien. C’est là-bas que je te ferai devenir une grande nation. Ici tu n’auras pas la faveur d’avoir des enfants (Roch haChana 16b).
Et de plus, je ferai connaître ta nature à travers le monde (Midrach tan‘houma Lèkh lekha 3) ».

La psychanalyste Marie Balmarie a retrouvé cette exégèse de Rachi, et elle en a bondi de joie !

« YHWH ne dit pas non plus à Abram : Viens vers moi. Ni même : Monte vers moi. […] YHWH est celui qui appelle l’homme vers l’homme : ceci m’apparaît comme un événement d’une portée incalculable pour le devenir conscient de l’humanité. Avec quelle joie n’ai-je pas lu, dans ma jeunesse, le « Deviens qui tu es » de Nietzsche. Et de quelle libération était porteuse la formule de Freud : « Où ça était, je dois advenir » (Wo es war, soll ich werden). Qui nous aurait dit que ces deux perles de la parole venaient croiser si fortement l’appel originaire d’Israël nous aurait beaucoup surpris. Ce « Va vers toi » a pu dormir durant des siècles dans cet écrit sans que la plupart d’entre nous y aient accès. […]
Par une des roueries de l’histoire, cet appel divin qui n’a pas été retenu dans sa lettre par ceux qui voulaient transmettre Dieu, a été trouvé sans le savoir par ceux qui pensaient l’homme malade à cause du religieux (Nietzsche, Freud par exemple).
Comme si le chemin était meilleur pour trouver Dieu, de chercher l’homme que de chercher Dieu lui-même, et la maladie une meilleure voie vers la vérité que la théologie [1].

Leikh leikha : Va vers toi ! dans Communauté spirituelle lekh-lekha-2-hesychia-1-e1536662199461

Va vers toi. Dieu ne demande pas à Abraham de venir vers Lui. Il ne l’invite pas à se quitter : au contraire, à se retrouver. Il ne l’appelle pas à renoncer à tout, mais à découvrir la vraie possession de soi. C’est comme s’il disait : ‘c’est en cherchant qui tu es que tu me trouveras.

Va vers toi. C’est au plus intime de toi que se cache ton identité divine, et le vrai voyage est d’entreprendre ce pèlerinage intérieur. Pour cela, oui, il te faudra quitter : quitter tes représentations paternelles (la maison de ton père), le polythéisme familial (donc tes idoles)… Si tu vas vers toi, je ferai de toi une bénédiction pour tous, car tous verront que ce chemin de soi à soi est ouvert et possible pour chacun’.

Dieu ne demande pas ici d’aller vers Lui : parce qu’il est amour, il désire que chacun trouve sa voie, son épanouissement, sa propre identité. 

Lorsque les parents sont assez désintéressés pour encourager leur enfant à se réaliser selon sa propre voie, même si ce n’est pas celle qu’ils auraient choisie pour lui, ils commencent à aimer comme Dieu aime, à devenir père et mère comme Dieu est Père et Mère.

Va vers toi est à la parole parentale indispensable pour qu’un enfant largue les amarres et ose chercher à réaliser sa vraie vocation. Celui qui entreprend ce pèlerinage intérieur vers soi va en même temps vers Dieu, qu’il le sache ou non, qu’il le veuille ou non.

Jésus en quête de lui-même

Résultat de recherche d'images pour "qui suis-je ?"Jésus unira les trois amours (de Dieu / des autres / de soi) en une seule exigence. Tout au long de ses rencontres, des conflits qui les jalonnent, il ne cessera de demander aux autres et à soi-même : qui suis-je ? Aller vers soi s’incarnera alors pour lui dans la figure du messie humilié annoncé par les Écritures. Jusqu’au bout, il se battra pour devenir ce qu’il est au plus profond de lui-même : le fils de Dieu, celui qui se reçoit entièrement de son Père, celui qui fait corps avec les exclus pour les ramener dans l’intimité trinitaire. Mieux encore qu’Abraham quittant son pays pour devenir lui-même, Jésus prendra tous les risques pour découvrir qui il est, et s’accomplir en accomplissant sa mission. C’est une question de fidélité à soi-même.

Aller vers soi est tellement fondateur que c’est comme une nouvelle naissance. D’ailleurs, Dieu change souvent le nom de celui qui accouche ainsi de lui-même. Abram deviendra Abraham, comme Saraï (‘ma princesse’) deviendra Sarah (‘princesse’, sans le possessif de son époux). Jésus changera de même le nom de Simon en Pierre, de Saül en Paul etc. Les moines et moniales continuent à changer de prénom lorsqu’ils prononcent leurs vœux, signe qu’ils se sont ainsi trouvés en l’abbaye où ils jettent l’ancre pour plonger au plus profond d’eux-mêmes. Le pape fait de même en répondant à l’appel des cardinaux etc.

 

Le « va vers toi » des amoureux

zoomL’expression leikh leikha en hébreu est unique dans toute la Bible. Pourtant, il y a deux autres passages, et ceux-là seulement, qui sont très proches. Ils sont, dans le Cantique des cantiques, constitutifs de l’appel du bien-aimé à sa bien-aimée. À tel point que Chouraqui n’hésite pas à traduire :

Il répond, mon amant, et me dit : Lève-toi vers toi-mêmema compagne, ma belle, et va vers toi-même !
Oui, voici, l’hiver est passé,la pluie a cessé, elle s’en est allée.
Les bourgeons se voient sur terre,le temps du rossignol est arrivé,la voix de la tourterelle s’entend sur notre terre.
Le figuier embaume ses sycones,les vignes en pousse donnent leur parfum.
Lève-toi vers toi-même, ma compagne, ma belle, et va vers toi-même ! (Ct 2, 10-13)

À l’image de Dieu appelant à Abraham à aller vers lui-même, l’amant invite celle qu’il aime à se lever (c’est le verbe de la résurrection) pour aller vers elle-même. Et ce faisant, il lui promet sans aucun doute d’être à ses côtés tout au long de ce pèlerinage intérieur, pour l’accompagner dans sa quête si personnelle.

« Deviens qui tu es… » Celui qui profère une telle parole devant autrui sans lui promettre en même temps d’être là, d’être présent à ce que l’autre deviendra, qu’a-t-il vraiment accompli pour l’homme ? Autant dire au mendiant « Sois heureux » en passant son chemin. (Marie Balamry, ibid)

 Le véritable amour n’est pas de posséder l’autre, mais de lui donner envie de se lever et de devenir soi. Lacan ne dira pas autre chose : désirer l’autre ne suffit pas, l’amour consiste à désirer le désir de l’autre.

Va vers toi : l’appel amoureux n’est pas possessif ; il libère en l’autre l’énergie et l’envie d’être pleinement lui-même. Il l’accompagne humblement, pour être à ses côtés le fervent supporter, le puissant sponsor au service du rendez-vous de l’être aimé avec lui-même…

Va vers toi : on devine ce que cet appel peut changer dans le style de management en entreprise, dans le coaching sportif, musical, dans l’éducation, dans l’enseignement… Puissions-nous comme Abraham nous mettre en route vers nous-mêmes, et transmettre cet appel à d’autres !


[1] . In L’Univers de la Bible, Ed. Lidis, vol. 6, p. 31 ss.

  

 

PREMIÈRE LECTURE
Vocation d’Abraham, père du peuple de Dieu (Gn 12, 1-4a)
Lecture du livre de la Genèse

En ces jours-là, le Seigneur dit à Abram : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, et va vers le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation, je te bénirai, je rendrai grand ton nom, et tu deviendras une bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront ; celui qui te maudira, je le réprouverai. En toi seront bénies toutes les familles de la terre. »  Abram s’en alla, comme le Seigneur le lui avait dit, et Loth s’en alla avec lui.

PSAUME
(Ps 32 (33), 4-5, 18-19, 20.22)
R/ Que ton amour, Seigneur, soit sur nous, comme notre espoir est en toi ! (Ps 32, 22)

Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ;
il est fidèle en tout ce qu’il fait.
Il aime le bon droit et la justice ;
la terre est remplie de son amour.

Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
pour les délivrer de la mort,
les garder en vie aux jours de famine.

Nous attendons notre vie du Seigneur :
il est pour nous un appui, un bouclier.
Que ton amour, Seigneur, soit sur nous
comme notre espoir est en toi !

DEUXIÈME LECTURE
Dieu nous appelle et nous éclaire (2 Tm 1, 8b-10)
Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre à Timothée

Fils bien-aimé, avec la force de Dieu, prends ta part des souffrances liées à l’annonce de l’Évangile. Car Dieu nous a sauvés, il nous a appelés à une vocation sainte, non pas à cause de nos propres actes, mais à cause de son projet à lui et de sa grâce. Cette grâce nous avait été donnée dans le Christ Jésus avant tous les siècles, et maintenant elle est devenue visible, car notre Sauveur, le Christ Jésus, s’est manifesté : il a détruit la mort, et il a fait resplendir la vie et l’immortalité par l’annonce de l’Évangile.

ÉVANGILE
« Son visage devint brillant comme le soleil » (Mt 17, 1-9)
Gloire au Christ, Parole éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur.
De la nuée lumineuse, la voix du Père a retenti : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ! »
Gloire au Christ, Parole éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur. (cf. Mt 17, 5)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

 En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui. Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte. Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte ! » Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul. En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts.
Patrick BRAUD

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18 mai 2016

L’Esprit, vérité graduelle

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L’Esprit, vérité graduelle

 

Homélie pour la fête de la Trinité / Année C
22/05/2016

Cf. également :

Trinité : Distinguer pour mieux unir

Trinité : ne faire qu’un à plusieurs

Les bonheurs de Sophie

Trinité : au commencement est la relation

La Trinité en actes : le geste de paix

La Trinité et nous

Pensez-vous être parvenu à la plénitude de votre vie de couple ?
Êtes-vous à 100 % cohérent avec vos principes de vie ?
Avez-vous atteint le sommet de votre vie professionnelle, si bien qu’il n’y ait plus rien à découvrir ?

Le départ du Ressuscité et l’envoi concomitant de l’Esprit répondent à ce constat inévitable : nous sommes toujours en chemin, jamais arrivés au terme. « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. » (Jn 16, 12-13)

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C’est donc qu’il y a des choses que nous n’avons pas la force de porter aujourd’hui, mais peut-être demain, avec la force de l’Esprit. C’est donc que nous habitons une région de la vérité, mais pas la vérité tout entière. Il nous faut accepter d’être conduits – pas d’y aller par nous-mêmes – par l’Esprit vers la vérité tout entière.

Qui serait alors si fanatique qu’il prétendait détenir seul la vérité, et toute la vérité ?

Qui serait assez fou pour ne pas reconnaître le chemin qu’il a encore à parcourir, guidé par l’Esprit, pour aller vers une plénitude de vérité que seule la mort nous donnera de rencontrer en personne ?

Dans la foulée de Pentecôte, le Christ avertit ses disciples qu’ils sont en chemin, qu’ils ne doivent jamais se croire arrivés au but. Ce chemin n’est ni l’erreur ni la vérité absolue, ni les ténèbres ni la pure clarté, mais cet entre-deux où le discernement spirituel tâche de reconnaître les formes de l’éternité dans les événements de nos vies. Entre chiens et loups, nous avançons, événement après événement, en déchiffrant une part de vérité, en restant aveugles sur bien d’autres…

Afficher l'image d'origineC’est ce que la théologie morale appelle la loi de gradualité : la vérité révélée en Jésus Christ ne se communique pas en une seule fois, ni totalement. Nous allons certes vers la vérité, mais graduellement, marche après marche, avec des progrès parfois spectaculaires et des régressions qui peuvent l’être tout autant.

La meilleure définition de cette loi de gradualité a été formulée par Jean-Paul II, à propos des époux dans le mariage, mais cela vaut pour tout parcours humain :
[…] Il faut une conversion continuelle, permanente, qui, tout en exigeant de se détacher intérieurement de tout mal et d’adhérer au bien dans sa plénitude, se traduit concrètement en une démarche conduisant toujours plus loin. Ainsi se développe un processus dynamique qui va peu à peu de l’avant grâce à l’intégration progressive des dons de Dieu et des exigences de son amour définitif et absolu dans toute la vie personnelle et sociale de l’homme. C’est pourquoi un cheminement pédagogique de croissance est nécessaire pour que les fidèles, les familles et les peuples, et même la civilisation, à partir de ce qu’ils ont déjà reçu du mystère du Christ, soient patiemment conduits plus loin, jusqu’à une conscience plus riche et à une intégration plus pleine de ce mystère dans leur vie.
Familiaris Consortio n° 9, Jean-Paul II, 1981

Autrement dit, on ne peut pas tout demander tout de suite à ceux qui viennent de se marier. Il leur faudra beaucoup de joies et de peines partagées, beaucoup d’essais et d’erreurs pour grandir ensemble vers la vérité de leur amour. Même après 50 ou 70 ans de vie commune, ils n’auront jamais fini d’explorer la grandeur, la profondeur de leur relation, jusqu’à ce que la mort les sépare, et même après !

Le Pape François reprenait ce concept pour demander à l’Église d’accompagner avec patience et délicatesse les jeunes couples qui commencent souvent par cohabiter (en Occident), sans renoncer pour autant à leur proposer l’intégralité de l’idéal évangélique :

Dans ce sens, saint Jean-Paul II proposait ce qu’on appelle la ‘‘loi de gradualité’’, conscient que l’être humain « connaît, aime et accomplit le bien moral en suivant les étapes d’une croissance ». Ce n’est pas une ‘‘gradualité de la loi’’, mais une gradualité dans l’accomplissement prudent des actes libres de la part de sujets qui ne sont dans des conditions ni de comprendre, ni de valoriser ni d’observer pleinement les exigences objectives de la loi. En effet, la loi est aussi un don de Dieu qui indique le chemin, un don pour tous sans exception qu’on peut vivre par la force de la grâce, même si chaque être humain « va peu à peu de l’avant grâce à l’intégration progressive des dons de Dieu et des exigences de son amour définitif et absolu dans toute la vie personnelle et sociale de l’homme ».
Amoris Laetitia n° 295, 2016

Ce cheminement pédagogique de croissance ne vaut pas que pour le mariage. Le Directoire Général pour la Catéchèse prend bien soin d’évoquer la pédagogie des étapes qui doit animer la proposition de la foi :

88. La foi, animée par la grâce de Dieu et alimentée par l’action de l’Église, connaît un processus de maturation. La catéchèse, au service de cette croissance, est une activité graduelle. Une catéchèse opportune se fait par degrés. […]
89. Ces étapes, pleines de la sagesse de la grande tradition catéchuménale, inspirent la gradualité de la catéchèse. […]
Celle-ci, comme accompagnement du processus de conversion, est essentiellement graduelle; et, étant au service de celui qui a décidé de suivre Jésus-Christ, elle est éminemment christocentrique.

Afficher l'image d'origineD’ailleurs, le catéchuménat des adultes est lui-même structuré autour de cette pédagogie de la progressivité :

287 Cette gradualité se perçoit aussi dans les noms que l’Église utilise pour désigner ceux qui suivent les diverses étapes du catéchuménat baptismal : « sympathisant », pour celui qui a un penchant pour la foi même s’il ne croit pas pleinement; « catéchumène » pour celui qui est fermement décidé à suivre Jésus; « élu », ou « concourant » pour celui qui est appelé à recevoir le baptême; « néophyte », pour celui qui vient de naître à la lumière grâce au baptême; « fidèle chrétien », pour celui qui atteint la maturité de la foi et qui est membre actif de la communauté chrétienne.
Directoire Général pour la Catéchèse / JP II / 15 Août 1997

« On ne naît pas chrétien, on le devient » : à cette maxime si juste de Tertullien, on pourrait rajouter qu’on le devient sans cesse, rencontre après rencontre, de sécheresse en illumination, de période de foi tranquille aux remises en question orageuses…

Comment dès lors désespérer d’un conjoint, d’un enfant, d’un collègue, sous prétexte qu’il ne serait pas encore arrivé assez haut selon votre attente ?

Comment désespérer de soi-même, puisque je suis également sur ce chemin, guidé par l’Esprit – à travers heurts, bonheurs et malheurs – vers la vérité tout entière ?

Les intransigeants sont ceux qui se croient déjà arrivés, ceux qui croient posséder la vérité. Les religieux extrémistes, quel que soit leur bannière, commettre un réel péché contre l’Esprit ! Ils figent ce qui est vivant, ils objectivent ce qui est de l’ordre de la relation, ils imposent aux autres leur part de vérité sans se laisser conduire plus avant eux-mêmes.

Pour nous conduire vers la vérité, l’Esprit du Christ fait feu de tout bois. Tantôt patiemment, imperceptiblement, comme à feu doux. Tantôt avec violence, renversant Paul sur la route de Damas ou faisant pleurer Claudel écoutant le Magnificat derrière les piliers de Notre-Dame de Paris…

Le plus difficile pour nous est de nous laisser conduire. Pierre on a fait l’expérience, lui qui croyait être l’apôtre de Jérusalem, mais qui a planté l’Eglise de Rome en mourant dans le cirque Romain du Vatican. « Quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller » (Jn 21,18).

Se laisser conduire vers la vérité tout entière est donc un cheminement graduel, une ascension col après col, une croisière port après port.

La gradualité nourrit notre humilité, car qui peut se dire déjà arrivé ?

La gradualité ravive en même temps notre désir, car il y a toujours à découvrir.

Que ce soit au premier emploi ou au départ en retraite, la vie professionnelle est également placée sous le signe de cette loi de la gradualité. Sans être une trajectoire linéaire, tout parcours professionnel peut devenir un « cheminement pédagogique de croissance », pour en découvrir toujours davantage sur l’être humain, sur la grandeur et la misère du travail humain, sur l’intelligence qui produit, la solidarité qui unit, l’amour d’un métier, la compétence dans un domaine puis un autre…

À y réfléchir, il n’y a pas un aspect de notre existence qui serait hors gradualité ! Même la politique, avec ses renouvellements réguliers des formes de gouvernement et de participation des peuples, est sur le chemin d’une vérité plus grande que nos seules formes démocratiques occidentales.

Découvrir la puissance de transformation qui réside dans le principe de gradualité nous invite à ne jamais absolutiser ce que nous avons seulement commencé à découvrir de la vérité d’un être, d’un métier, d’une entreprise, d’une société.

Car en christianisme, la vérité n’est pas un système de pensée, mais une personne.

La foi chrétienne n’est pas une doctrine, mais une relation de communion avec Jésus le Christ.

Ce n’est pas un ensemble de choses à croire ou à faire, mais un compagnonnage avec Celui qui est déjà sur l’autre rive, guidés par son Esprit qui devient peu à peu notre souffle, notre respiration.

Il y a bien des révélations que nous n’avons pas la force de porter aujourd’hui. Comme le plongeur remontant à la surface, il nous faut des paliers de décompression, et bien des étapes avant d’émerger enfin totalement hors de l’océan.

Afficher l'image d'origineSoyons donc humbles et patients, avec les autres et avec nous-mêmes, car le chemin n’est pas fini. Et l’Esprit de réserve bien des surprises !

Prions l’Esprit du Christ de nous guider pas à pas « vers la vérité tout entière »

 

 

1ère lecture : La Sagesse a été conçue avant l’apparition de la terre (Pr 8, 22-31)
Lecture du livre des Proverbes

Écoutez ce que déclare la Sagesse de Dieu : « Le Seigneur m’a faite pour lui, principe de son action, première de ses œuvres, depuis toujours. Avant les siècles j’ai été formée, dès le commencement, avant l’apparition de la terre. Quand les abîmes n’existaient pas encore, je fus enfantée, quand n’étaient pas les sources jaillissantes. Avant que les montagnes ne soient fixées, avant les collines, je fus enfantée, avant que le Seigneur n’ait fait la terre et l’espace, les éléments primitifs du monde. Quand il établissait les cieux, j’étais là, quand il traçait l’horizon à la surface de l’abîme, qu’il amassait les nuages dans les hauteurs et maîtrisait les sources de l’abîme, quand il imposait à la mer ses limites, si bien que les eaux ne peuvent enfreindre son ordre, quand il établissait les fondements de la terre. Et moi, je grandissais à ses côtés.
Je faisais ses délices jour après jour, jouant devant lui à tout moment, jouant dans l’univers, sur sa terre, et trouvant mes délices avec les fils des hommes. »

Psaume : Ps 8, 4-5, 6-7, 8-9

R/ Ô Seigneur, notre Dieu, qu’il est grand, ton nom, par toute la terre ! (Ps 8, 2)

À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts,
la lune et les étoiles que tu fixas,
qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui,
le fils d’un homme, que tu en prennes souci ?

Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu,
le couronnant de gloire et d’honneur ;
tu l’établis sur les œuvres de tes mains,
tu mets toute chose à ses pieds.

Les troupeaux de bœufs et de brebis,
et même les bêtes sauvages,
les oiseaux du ciel et les poissons de la mer,
tout ce qui va son chemin dans les eaux.

2ème lecture : Vers Dieu par le Christ dans l’amour répandu par l’Esprit (Rm 5, 1-5)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères, nous qui sommes devenus justes par la foi, nous voici en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, lui qui nous a donné, par la foi, l’accès à cette grâce dans laquelle nous sommes établis ; et nous mettons notre fierté dans l’espérance d’avoir part à la gloire de Dieu. Bien plus, nous mettons notre fierté dans la détresse elle-même, puisque la détresse, nous le savons, produit la persévérance ; la persévérance produit la vertu éprouvée ; la vertu éprouvée produit l’espérance ; et l’espérance ne déçoit pas, puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné.

Evangile : « Tout ce que possède le Père est à moi ; l’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître » (Jn 16, 12-15)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. 
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit : au Dieu qui est, qui était et qui vient !
Alléluia. (Ap 1, 8)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »
Patrick BRAUD

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16 septembre 2015

La jalousie entre nature et culture

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La jalousie entre nature et culture

 

Homélie du 25° dimanche du temps ordinaire/année B
20/09/2015

 

Cf. également : « J’ai renoncé au comparatif »

Jesus as a servant leader

 

 

Des neurones miroirs à la violence mimétique

Le point commun entre les lectures de ce dimanche est la jalousie.

- Jalousie de « ceux qui méditent le mal » contre le juste qui « se dit fils de Dieu » (Sg 2,12–14). Il La jalousie entre nature et culture dans Communauté spirituelle jalousie-300x221revendique sa proximité avec Dieu, sa fidélité, sa douceur : détruisons-le pour montrer que cela n’est qu’illusion ; condamnons-le à une mort infâme puisque – dit-il – quelqu’un interviendra pour lui.

- Le psaume 53 se plaint : « des étrangers se sont levés contre moi… ». La jalousie des nations païennes envers Israël est à la racine de l’antisémitisme depuis des siècles.


- Jalousie et rivalité sont à l’origine des guerres, des conflits de toutes sortes, de la famille à l’entreprise, constate l’apôtre Jacques (Jc 3,16-4,3).« Vous êtes jaloux et vous n’arrivez pas à vos fins, alors vous entrez en conflit, vous faites c’est la guerre ».


- « Qui est le plus grand ? » C’est bien cette question dont les Douze débattent qui attire les foudres de Jésus. La jalousie pousse à rechercher sa gloire personnelle ; seul le service des autres permet de conjurer cette tendance destructrice. « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »

La jalousie est l’une des racines majeures de la violence entre les hommes. La Bible la dénonce et la démasque, depuis Caïn ne supportant pas qu’Abel son frère puisse être aimé apparemment plus que lui, jusqu’au Dragon de l’Apocalypse voulant éliminer son rival né de la femme, en passant par les frères de Joseph jaloux de son statut de fils bien-aimé de Jacob, promis à de hautes responsabilités annoncées en rêve…

5197006 Athénagoras dans Communauté spirituelle

C’est donc un constat anthropologique qui parcourt toute la Bible : l’homme est naturellement envieux. Il a une tendance innée à jalouser autrui. Ce n’est pas tant ce que possède l’autre qui le fascine, mais bien le fait que l’autre puisse avoir ou être plus que lui. Le sacrifice d’Abel, la tunique colorée de Joseph ne sont que les symboles d’une envie d’être comme l’autre, source de la violence du premier homicide ou de la trahison fraternelle.

Deux trouvailles récentes viennent à l’appui de cette thèse biblique sur l’origine de la violence (et donc sur les moyens pour la conjurer) : les neurones miroirs, la violence mimétique.

 

Les neurones miroirs

On croyait que l’empathie et l’imitation étaient des caractéristiques humaines. Pas si sûr…

cortexLes  neurones  miroirs  sont  des  neurones  qui  s’activent,  non  seulement lorsqu’un individu exécute lui-même une action, mais aussi lorsqu’il regarde un congénère  exécuter  la  même  action.  On  peut  dire  en  quelque  sorte  que  les neurones dans le cerveau de celui/celle qui observe imitent les neurones de la personne observée; de là le qualitatif ‘miroir’ (mirror neurons). C’est  un  groupe  de  neurologues  italiens,  sous  la  direction  de  Giacomo Rizzolati (1996), qui a fait cette découverte sur des macaques. Les chercheurs ont  remarqué  -  par  hasard  -  que  des  neurones  (dans  la  zone  F5  du  cortex prémoteur, cf. schéma)  qui  étaient  activés  quand  un  singe  effectuait  un  mouvement  avec but précis (par exemple: saisir un objet) étaient aussi activés quand le même singe  observait  simplement  ce  mouvement  chez  un  autre  singe  ou  chez  le chercheur, qui donnait l’exemple. Il  existe  donc  dans  le  cerveau  des  primates  un  lien direct  entre  action  et observation.  Cette  découverte  s’est  faite  d’abord  chez  des  singes,  mais l’existence et  l’importance des neurones  miroirs  pour  les  humains  a  été confirmée.  Dans  une  recherche  toute  récente  supervisée par  Hugo  Théoret (Université  de  Montréal),  Shirley  Fecteau  a  montré  que  le  mécanisme  des neurones miroirs est actif dans le cerveau immature des petits enfants et que les réseaux de neurones miroirs continuent de se développer dans les stades ultérieurs de l’enfance. Il faut ajouter ici que les savants s’accordent pour dire que  ces  réseaux  sont  non  seulement  plus  développés  chez  les  adultes (comparé  aux  enfants),  mais  qu’ils  sont  considérablement  plus  évolués  chez les hommes en général comparé aux autres primates. [1]

Les conséquences de cette découverte sont encore largement inexplorées. L’imitation relève donc de la nature plus que de la culture. Les grands singes ont cette capacité innée de copier en regardant. L’émotion empathique de celui qui se met à la place de l’autre viendrait en ligne directe de ces fameux neurones miroirs et non d’une éducation symbolique s’arrachant aux données neuronales. Faire comme l’autre, ressentir ce qu’il ressent relève d’un donné biologique qui conduit à l’imitation, mais aussi à l’empathie, et à l’envers de l’empathie : la jalousie.

Le chimpanzé Nim, arraché à sa mère chimpanzé à la naissance est confiée à une femme pour être élevé comme un humain, en 1973. De nouveau enlevé à cette mère adoptive, il passe entre les mains de plusieurs "professeurs" : il utilise le langage des signes. Pourtant il finit tristement sa vie en captivité et dans un centre d'expérimentations médicales. (Herbert Terrace)

Le constat anthropologie de la Bible s’enracine donc dans notre système neuronal lui-même : oui il est dans la nature humaine de se comparer, de copier l’autre, de l’imiter, de l’envier et donc de désirer ce que lui a et que je n’ai pas. Cette observation lucide de la jalousie consubstantielle à l’humain en quelque sorte n’a rien de désespérant pour les auteurs bibliques. Elle indique seulement le chemin d’un combat intérieur : sache que tu es taraudé par la mimésis, l’envie de copier l’autre. Cela peut engendrer en toi empathie ou jalousie : à toi de choisir laquelle va guider ton regard sur l’autre.


Si tu es Caïn ou frère de Joseph, tu laisseras ta jalousie te submerger jusqu’à éliminer celui que tu considéreras comme un rival. Si tu es Abel ou Joseph, tu verras déferler sur toi la violence de ceux qui te jalousent. Si tu es Moïse, Marie, ou Jésus de Nazareth, tu découvriras que l’humilité, la louange ou le service sont les meilleurs antidotes au poison de la jalousie.

Les neurones miroirs sont la trace de notre finitude et de notre ambivalence fondamentale. La même information véhiculée par ces synapses peut dégénérer en rivalité meurtrière où en empathie bienfaisante, en imitation source d’apprentissage ou en fureur destructrice du rival supposé.

 

La violence mimétique

les_sciences_cognitives_confirment_la_dimension_mimetique_du_desir GirardOn rejoint alors la thèse chère à l’anthropologue René Girard : la violence entre les humains a sa source dans la mimésis, le désir inné de copier et d’être comme l’autre (« vous serez comme des dieux » disait déjà le serpent de la Genèse…).

Il y a un triangle du désir. Le sujet ne désire pas de manière autonome, il ne va pas en ligne droite à l’objet de son désir car entre lui et l’objet, il y a autrui ; de telle sorte que ce qu’il désire c’est ce que désire l’autre. Le désir est mimétique. Il est l’imitation du désir de l’autre.
Les objets susceptibles d’être désirés ‘ensemble’ sont de deux sortes. Il y a d’abord ceux qui se laissent partager. Imiter le désir qu’inspirent ces objets suscite de la sympathie entre ceux qui partagent le même désir. Il y a aussi les objets qui ne se laissent pas partager, objets auxquels on est trop attaché pour les abandonner à un imitateur (carrière, amour…). La convergence de deux désirs sur un objet non partageable fait que le modèle et son imitateur ne peuvent plus partager le même désir sans devenir l’un pour l’autre un obstacle dont l’interférence, loin de mettre fin à l’imitation, la redouble et la rend réciproque. C’est ce que Girard appelle la rivalité mimétique, étrange processus de ‘feedback positif’ qui sécrète en grandes quantités la jalousie, l’envie et la haine.

0a mimésis

Seul le Christ a défait radicalement cette violence en acceptant de la subir sans exercer de violence en retour mais en dévoilant et dénonçant son caractère injuste. Parce qu’il ne fait qu’un avec son Dieu, Jésus n’a pas besoin de posséder ce que l’autre possède, d’envier  ce que l’autre est, de se comparer ni d’imiter. Il est libre : libre de se réjouir de l’autre sans jalousie, de compatir à sa détresse pour la soulager sans l’instrumentaliser, de valoriser la foi, la beauté, la droiture… des hommes et des femmes rencontrés sur sa route, gratuitement, sans envie ni rivalité.

 

En lui nous participons à cette libération de la violence mimétique qui est l’enjeu fondamental de la vie spirituelle.

Le patriarche Athénagoras en témoignait de façon très profonde :

« Je n’ai plus peur de rien. J’ai renoncé au comparatif. La guerre la plus dure, c’est la guerre contre soi-même. Il faut arriver à se désarmer. J’ai mené cette guerre pendant des années, elle a été terrible. Mais je suis désarmé. Je n’ai plus peur de rien, car l’amour chasse la peur. Je suis désarmé de la volonté d’avoir raison, de me justifier en disqualifiant les autres. Je ne suis plus sur mes gardes, jalousement crispé sur mes richesses. 

J’accueille et je partage. Je ne tiens pas particulièrement à mes idées, à mes projets. Si l’on m’en présente de meilleurs, ou plutôt non, pas meilleurs mais bons, j’accepte sans regret. J’ai renoncé au comparatif. Ce qui est bon, vrai, réel, est toujours pour moi le meilleur. C’est pourquoi je n’ai plus peur. Quand on n’a plus rien, on n’a plus peur.

Si l’on se désarme, si l’on se dépossède, si l’on s’ouvre au Dieu-Homme qui fait toutes choses nouvelles, alors, Lui, efface le mauvais passé et nous rend un temps neuf où tout est possible. »

 

Résumons-nous : notre nature humaine (les neurones miroirs) comme notre histoire collective (la violence mimétique) nous mettent devant une énergie qui fait partie de notre identité la plus humaine : l’imitation. Cette mimésis dégage une telle puissance qu’elle peut conduire à la destruction de l’autre (la jalousie) ou à son imitation, à l’empathie devant devenant source de fraternité.


Laissons l’Esprit du Christ nous libérer de cette jalousie pour nous ouvrir la l’imitation véritable, l’imitation de Dieu lui-même.

Celui qui ne jalouse plus est libre : pour la louange, la compassion, l’accompagnement, sans autre arrière-pensée que de servir la croissance de l’autre.

Renoncer au comparatif nous rend libres d’aimer comme Dieu, sans jalousie aucune.

 

 


1ère lecture : « Condamnons-le à une mort infâme » (Sg 2, 12.17-20)

Lecture du livre de la Sagesse

Ceux qui méditent le mal se disent en eux-mêmes : « Attirons le juste dans un piège, car il nous contrarie, il s’oppose à nos entreprises, il nous reproche de désobéir à la loi de Dieu, et nous accuse d’infidélités à notre éducation. Voyons si ses paroles sont vraies, regardons comment il en sortira. Si le juste est fils de Dieu, Dieu l’assistera, et l’arrachera aux mains de ses adversaires. Soumettons-le à des outrages et à des tourments ; nous saurons ce que vaut sa douceur, nous éprouverons sa patience. Condamnons-le à une mort infâme, puisque, dit-il, quelqu’un interviendra pour lui. »

Psaume : Ps 53 (54), 3-4, 5, 6.8

R/ Le Seigneur est mon appui entre tous.  (Ps 53, 6b)

Par ton nom, Dieu, sauve-moi,
par ta puissance rends-moi justice ;
Dieu, entends ma prière,
écoute les paroles de ma bouche.

Des étrangers se sont levés contre moi,
des puissants cherchent ma perte :
ils n’ont pas souci de Dieu.

Mais voici que Dieu vient à mon aide,
le Seigneur est mon appui entre tous.
De grand cœur, je t’offrirai le sacrifice,
je rendrai grâce à ton nom, car il est bon !

2ème lecture : « C’est dans la paix qu’est semée la justice, qui donne son fruit aux artisans de paix » (Jc 3, 16 – 4, 3)

Lecture de la lettre de saint Jacques

Bien-aimés, la jalousie et les rivalités mènent au désordre et à toutes sortes d’actions malfaisantes. Au contraire, la sagesse qui vient d’en haut est d’abord pure, puis pacifique, bienveillante, conciliante, pleine de miséricorde et féconde en bons fruits, sans parti pris, sans hypocrisie. C’est dans la paix qu’est semée la justice, qui donne son fruit aux artisans de la paix. D’où viennent les guerres, d’où viennent les conflits entre vous ? N’est-ce pas justement de tous ces désirs qui mènent leur combat en vous-mêmes ? Vous êtes pleins de convoitises et vous n’obtenez rien, alors vous tuez ; vous êtes jaloux et vous n’arrivez pas à vos fins, alors vous entrez en conflit et vous faites la guerre. Vous n’obtenez rien parce que vous ne demandez pas ; vous demandez, mais vous ne recevez rien ; en effet, vos demandes sont mauvaises, puisque c’est pour tout dépenser en plaisirs.

Evangile : « Le Fils de l’homme est livré…Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le serviteur de tous » (Mc 9, 30-37)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. 
Par l’annonce de l’Évangile, Dieu nous appelle à partager la gloire de notre Seigneur Jésus Christ.
Alléluia. (cf. 2 Th 2, 14)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là, Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu’on le sache, car il enseignait ses disciples en leur disant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. » Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger. Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Ils se taisaient, car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit : « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. »
Patrick BRAUD

 

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9 septembre 2015

Prendre sa croix

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Prendre sa croix

Homélie du 24° dimanche du temps ordinaire / Année B
13/09/2015

Cf. également :

Croire ou agir ? La foi ou les oeuvres ?

De l’art du renoncement

C’est l’outrage et non pas la douleur

Prendre sa croix chaque jour

  

Prendre sa croix

C’est sans doute une expression centrale du christianisme : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (Mc 8,34).

Prendre sa croix dans Communauté spirituelle Lapinbleu206C-Mc8_34-copie-1Malheureusement, des siècles de dolorisme ont obscurci l’interprétation de cette invitation du Christ à devenir son disciple. Dans le langage courant, prendre sa croix est devenu synonyme de résignation, d’acceptation du malheur innocent, voire de glorification de l’épreuve injuste qui soi-disant nous ferait ressembler au Christ. Quand on dit : chacun sa croix, c’est pour consoler quelqu’un en lui montrant que les autres aussi sont accablés par l’adversité. Dans cette ligne, la croix suprême pour des parents par exemple, c’est l’handicap ou la mort prématurée de leur enfant ; pour un salarié, ce sera un collègue ou un chef supportable ; pour un adulte, la croix prendra la figure d’un défaut récurrent inamissible (addiction, trait de caractère, disgrâce physique…) etc.

On n’en est même venu à glorifier ces épreuves imposées par le hasard, la méchanceté ou la nature en y voyant un peu trop vite la volonté de Dieu, qui nous unirait ainsi la Croix du Christ en nous faisant souffrir injustement

L’Évangile d’aujourd’hui s’inscrit en faux contre ces interprétations aux relents malsains.
La croix n’est pas d’abord la douleur mais la solidarité avec les exclus.
La croix n’est pas une théorie sur le malheur innocent, mais le signe de la dépossession de soi.

Regardez Pierre : il veut passer devant Jésus, c’est-à-dire décider par lui-même comment le royaume de Dieu va arriver. Au lieu de se laisser conduire, il veut être maître de sa réussite. Au lieu de lâcher prise sur ses objectifs et ses combats, il veut les imposer à Jésus :« qu’à Dieu ne plaise, cela ne t’arrivera pas », récrimine-t-il contre Jésus annonçant sa Passion. Le fameuxVade retro Satanas est très clair : tu es un obstacle Pierre à la réalisation de l’amour divin si tu veux passer devant et tout décider à ta manière.
Passer derrière le Christ veut dire : arrête d’imaginer le succès à la manière des hommes, accepte que Dieu te conduise vers lui par des chemins que tu n’imagines même pas.

pda coran dans Communauté spirituellePrendre sa croix, c’est donc renoncer à sa volonté propre, au sens où je déciderais de tout, et accepter de me laisser guider. Jésus sera encore plus explicite lorsqu’il précisera sa mission à Pierre : « quand tu étais jeune, tu mettais toi-même ta ceinture, et tu allais où tu voulais ; quand tu auras vieilli, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudrais pas. Il signifiait, en parlant  ainsi, le genre de mort par lequel Pierre devait glorifier Dieu. Ayant dit cela, il lui dit: « Suis-moi. » » (Jn 21,18-19)

Prendre sa croix pour Pierre l’amènera à Rome, lui qui était au départ en charge de Jérusalem, et sa mort sur la croix dans le cirque romain du Vatican sera l’aboutissement d’une vie finalement donnée aux païens où il ne se possédait plus lui-même.
Pour Paul également,
prendre sa croix n’est pas souffrir ou se résigner, mais laisser le Christ guider ses pas, uni à lui : « Je suis crucifié avec le Christ. Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi »  (Ga 2, 19-20).

 

Ne plus se posséder soi-même : cet idéal spirituel peut sembler étrange à une époque qui vante l’individualisme et l’auto-réalisation de soi. Dépendre des autres passe pour un signe de faiblesse. Ne pas décider de sa vie passe pour un signe d’impuissance. Paradoxalement, en même temps, la mondialisation de l’économie nous rend de plus en plus interdépendants, et les sciences humaines nous ramènent sans cesse à notre histoire personnelle qui nous façonne, à notre lien avec l’univers qui fait de nous la résultante de tant d’autres liens.

Nul n’est une île… mais on voudrait nous faire croire que la grandeur est de s’assumer tout seul, ou que la sagesse est d’être maître de soi.

Prendre sa croix à la suite du Christ résonne d’abord comme un immense lâcher-prise : vivre est d’abord un passif, même si cette passivité devient extraordinairement active par la suite.

Je suis désiré avant de désirer.

Je suis parlé avant de parler.

Je suis aimé avant de pouvoir aimer.

Redécouvrir ce passif structurant ma liberté et mon action est l’essence de la croix chrétienne.

 

Recevoir de se recevoir

Accepter de recevoir, c’est déjà beaucoup. Mais la croissance humaine de Jésus nous entraîne encore plus loin. Il ne reçoit pas seulement la vie. Il se reçoit lui-même, sans cesse. Jésus n’a jamais voulu se suffire à lui-même ; il ne croit pas à la sacro-sainte indépendance d’aujourd’hui, qui tourne si vite à l’individualisme ou à la solitude. Lui sait que pour devenir un homme, une femme, il faut accepter de se recevoir des autres, de ceux que l’on rencontre, qui nous façonnent, qui nous blessent, qui nous font grandir en humanité. Lui sait que recevoir de Dieu son identité la plus intime n’est pas humiliant, bien au contraire : il a l’humilité de recevoir de Dieu sa vocation, sa mission, son existence, le but de sa vie, sa raison de vivre la plus vraie (cf. Jn 4,34 ; 14,10 ; 16,32 …). Il demande à ses disciples qui il est, non pas pour leur faire passer un examen, mais pour l’aider lui-même à recevoir son identité et sa mission de ses amis (Mc 8, 27-35).

C’est pour cela qu’il ose appeler Dieu « Abba » = Père, papa ! C’est pour cela que par analogie nous l’appelons « Fils de Dieu » parce qu’il se reçoit continuellement d’un Autre que lui-même, et qu’il puise sa joie à devenir lui-même en se recevant d’un Autre qui l’aime. Tout le contraire du repli sur soi ! Tout le contraire de l’in-dépendance où je voudrais ne rien devoir à personne. L’enfant de la crèche – tout comme le crucifié abandonné – sait qu’il y a des liens d’amour sans lesquels nous ne pourrions pas devenir ce que nous sommes.

La communion d’amour trinitaire à laquelle nous sommes tous appelés n’est-elle pas le dynamisme le plus intime à la vie de Dieu : se recevoir ?

Et si l’appel à la vie divine passait par l’appel à se recevoir, ce que la Croix du Christ incarne au plus haut point ?

 

Le déni de la croix dans le Coran


On sait que pour Mohamed, la mort de Jésus – prophète d’Allah, et le plus saint de tous - sur la croix est inconcevable. Aussi Mohamed change-t-il le récit de la Passion du Christ pour un happy end – l’ascension au ciel – qui ne passe pas par la case honteuse de la crucifixion :

Coran 4, 157-158 : et à cause leur parole:  » Nous avons vraiment tué le Christ, Jésus, fils de Marie, le Messager d’Allah  » .. Or, ils ne l’ont ni tué ni crucifié ; mais ce n’était qu’un faux semblant ! Et ceux qui ont discuté sur son sujet sont vraiment dans l’incertitude: ils n’en ont aucune connaissance certaine, ils ne font que suivre des conjectures et ils ne l’ont certainement pas tué. Mais Allah l’a élevé vers Lui. Et Allah est Puissant et Sage.

À la lumière de ce que nous avons dit plus haut, c’est somme toute logique. Parce que Dieu est communion d’amour trinitaire, les chrétiens découvrent en Jésus celui dont l’identité profonde est de faire la volonté du Père, qui est d’aller chercher et sauver ceux qui étaient perdus, dans la force de l’Esprit qui ressuscite les morts. Sans cette dynamique trinitaire, se laisser conduire par un autre redevient incompréhensible. Si Jésus ne fait pas un avec son Père, renoncer à soi, prendre sa Croix n’a aucun sens. Mohamed ressemble à Pierre traité par le Christ traité par le Christ de Satan lorsqu’il s’insurge contre la croix de Jésus. Il n’admet pas que le salut puisse venir de cette impuissance. Alors le Coran invente un prophète à sa manière, échappant à la mort infamante de la Croix, réussissant à la manière des hommes par une victoire éclatante, sans ce supplice déshonorant réservé aux esclaves et aux sans-Dieu. La croix fait d’ailleurs partie des châtiments infligés par les musulmans eux-mêmes aux mécréants :

Coran 5,33 :  La récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l’ignominie ici-bas ; et dans l’au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment.

On comprend mieux pourquoi un Messie crucifié est inacceptable pour l’islam.

 

Comment renoncer à soi-même et se laisser conduire ?

Prendre sa croix est décidément au cœur de l’identité chrétienne. Non comme une résignation ni une glorification malsaine du malheur, mais comme le désir le plus fort de se laisser aimer jusqu’à se laisser conduire là où nous n’aurions pas pensé aller, par amour pour les exclus de notre temps.

Porter sa croix ne se réfère pas en premier lieu aux épreuves que nous appelons des croix, mais à un abandon de sa vie journellement répété  – à la mort à soi-même qui doit marquer le chrétien. Même si cela me dépasse, et nous dépasse, ce ne sont pas les situations les plus douloureuses qui sont pour l’être humain les plus difficiles à vivre. Le plus difficile pour vous et pour moi, est de décider chaque jour et même à chaque minute, de lâcher le gouvernail de notre vie et de le donner et de le redonner sans cesse à Jésus, le Christ qui habite en nous, pour qu’il nous conduise. Souffrir, même et surtout si c’est injuste, est un grand défi, mais accepter de ne plus être maîtres chez nous, en est un plus grand encore.

 

Comment renoncer à soi-même et se laisser conduire ?

En écoutant ce qui est dit à travers les événements, les rencontres, les lectures etc. qui jalonnent notre route.

En contemplant en soi et autour de soi les signes qui nous indiquent des directions à prendre, insoupçonnés.

En étant attentif à ce qui nous dé-route, ce qui nous surprend et nous emmène ailleurs.

En discernant à travers le bruit et la fureur de l’ordinaire ce léger bruissement, ce fin murmure ou l’Esprit de Dieu nous parle, où son souffle gonfle nos voiles vers des rivages inconnus…

 

 

 

1ère lecture : « J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient » (Is 50, 5-9a)
Lecture du livre du prophète Isaïe

Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats. Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu. Il est proche, Celui qui me justifie. Quelqu’un veut-il plaider contre moi ? Comparaissons ensemble ! Quelqu’un veut-il m’attaquer en justice ? Qu’il s’avance vers moi ! Voilà le Seigneur mon Dieu, il prend ma défense ; qui donc me condamnera ?

Psaume : Ps 114 (116 A), 1-2, 3-4, 5-6, 8-9

R/ Je marcherai en présence du Seigneur
sur la terre des vivants.
ou : Alléluia ! (Ps 114, 9)

J’aime le Seigneur :
il entend le cri de ma prière ;
il incline vers moi son oreille :
toute ma vie, je l’invoquerai.

J’étais pris dans les filets de la mort,
retenu dans les liens de l’abîme,
j’éprouvais la tristesse et l’angoisse ;
j’ai invoqué le nom du Seigneur :
« Seigneur, je t’en prie, délivre-moi ! »

Le Seigneur est justice et pitié,
notre Dieu est tendresse.
Le Seigneur défend les petits :
j’étais faible, il m’a sauvé.

Il a sauvé mon âme de la mort,
gardé mes yeux des larmes
et mes pieds du faux pas.
Je marcherai en présence du Seigneur
sur la terre des vivants.

2ème lecture : « La foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte » (Jc 2, 14-18)
Lecture de la lettre de saint Jacques

Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? Sa foi peut-elle le sauver ? Supposons qu’un frère ou une sœur n’ait pas de quoi s’habiller, ni de quoi manger tous les jours ; si l’un de vous leur dit : « Allez en paix ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim ! » sans leur donner le nécessaire pour vivre, à quoi cela sert-il ? Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte. En revanche, on va dire : « Toi, tu as la foi ; moi, j’ai les œuvres. Montre-moi donc ta foi sans les œuvres ; moi, c’est par mes œuvres que je te montrerai la foi. »

Evangile : « Passe derrière moi… » (Mc 8, 27-35)

Acclamation : Alléluia. Alléluia. 
Que la croix du Seigneur soit ma seule fierté !
Par elle, le monde est crucifié pour moi, et moi pour le monde.
Alléluia. (Ga 6, 14)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là, Jésus s’en alla, ainsi que ses disciples, vers les villages situés aux environs de Césarée-de-Philippe. Chemin faisant, il interrogeait ses disciples : « Au dire des gens, qui suis-je ? » Ils lui répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des prophètes. » Et lui les interrogeait : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre, prenant la parole, lui dit : « Tu es le Christ. » Alors, il leur défendit vivement de parler de lui à personne. Il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite. Jésus disait cette parole ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches. Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera. »
Patrick BRAUD

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