L'homélie du dimanche (prochain)

  • Accueil
  • > Recherche : évangile dimanche prochain

10 juillet 2010

Réintroduisons le long-terme dans nos critères de choix

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Réintroduisons le long-terme dans nos critères de choix

 

Homélie du 15° Dimanche du temps ordinaire / Année C

11/07/2010.

 

« Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? »

 

Drôle de question ! Qui paraît un peu décalée dans notre société.

En effet, la préoccupation sociale qui mobilise en France, c’est bien davantage la vie après le travail que la vie après la mort…

On défile pour garantir nos retraites.

On réfléchit pour les réformer.

Et on a raison.

On se pose la question :  

« que devons-nous faire pour avoir une bonne retraite ? », mais pas : « que devons-nous faire pour avoir la vie éternelle ?… »

 

Ce rétrécissement apparent de l’horizon est assez inquiétant.

Quoi : l’éternité n’intéressait plus personne ? La vie sur terre serait suffisante pour combler toutes nos aspirations ?

« C’est déjà si difficile d’arriver à bien vivre maintenant, dans quelques années, alors ne nous parlez pas du long terme, et encore moins du très long terme qu’est l’au-delà… »

Il y aurait alors comme une absorption de l’espérance chrétienne dans la seule préoccupation de l’aujourd’hui.

Avec le risque de transformer la foi en thérapie immédiate, l’espérance en promesse de bien-être, la charité en consolation sociale (le fameux « care » venu des USA).

 

Benoît XVI a bien vu ce danger d’immanentisme, c’est-à-dire de réduction de l’espérance chrétienne au seul horizon terrestre :

« Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? ». Cette question du jeune homme de l’Évangile semble éloignée des préoccupations de nombreux jeunes d’aujourd’hui, car, comme l’observait mon prédécesseur, « ne sommes-nous pas la génération pour laquelle le monde et le progrès temporel occupent totalement l’horizon de l’existence ? » (Lettre aux jeunes, n° 5). Pourtant, la question sur la « vie éternelle » affleure à des moments particulièrement douloureux de l’existence, quand nous subissons la perte d’un proche ou lorsque nous faisons l’expérience de l’échec.

Mais qu’est-ce que la « vie éternelle » à laquelle se réfère le jeune homme riche ? Jésus nous l’illustre quand, s’adressant à ses disciples, il affirme : « Je vous verrai de nouveau et votre c?ur sera dans la joie, et votre joie, nul ne vous l’enlèvera » (Jn 16, 22). Ces paroles indiquent une exaltante proposition de bonheur sans fin, la joie d’être comblés de l’amour divin pour toujours.

S’interroger sur l’avenir définitif qui attend chacun de nous donne un sens plénier à l’existence, car cela oriente le projet de vie vers des horizons ni limités ni passagers, mais immenses et profonds. Ces horizons nous portent à aimer le monde, tant aimé de Dieu, à nous consacrer à son développement, toujours avec la liberté et la joie qui naissent de la foi et de l’espérance. Ce sont des horizons qui aident à ne pas absolutiser les réalités terrestres, en sentant que Dieu nous prépare une perspective plus grande, et à répéter avec saint Augustin : « Désirons ensemble la patrie céleste, soupirons vers la patrie céleste, sentons-nous pèlerins ici-bas » (Commentaire de l’Évangile de saint Jean, Homélie 35, 9). Le regard fixé vers la vie éternelle, le bienheureux Pier Giorgio Frassati, mort en 1925 à l’âge de 24 ans, disait : « Je veux vivre et non pas vivoter ! » et, sur la photo d’une escalade, envoyée à un ami, il écrivait : « Vers le haut », faisant allusion à la perfection chrétienne, mais aussi à la vie éternelle.

Chers jeunes, je vous exhorte à ne pas oublier cette perspective dans votre projet de vie : nous sommes appelés à l’éternité. Dieu nous a créés pour demeurer avec lui, pour toujours. Elle vous aidera à donner un sens plénier à vos choix et à apporter de la qualité à votre existence.

Message pour les JMJ 2010

 

Aurons-nous le courage de nous interroger sur notre avenir définitif en Dieu même ?

« Que dois-je faire pour obtenir la vie éternelle ? »

Il nous faut donc réintroduire ce très long-terme dans nos critères de choix et d’action.

 

C’est déjà très difficile, et à contre-courant, de réintroduire le long-terme dans les choix d’une famille, d’une entreprise ou d’une nation (voire de l’humanité, cf. écologie). Pourtant, cela sera salutaire. Le rétrécissement de l’horizon humain au seul court terme est irrationnel, et devient insupportable… à long terme !

Paradoxalement, le désintérêt pour le long terme finit toujours par appauvrir le présent.

Combien d’entreprises n’ont pas de vision au-delà de 6 mois !?  Combien de jeunes cherchant un emploi s’entendent dire: « on ne sait pas si on sera encore là l’an prochain; alors de là à embaucher !… »

On oublie qu’en cherchant « le royaume de Dieu et sa justice », tout le reste est donné, « par dessus le marché ».

 

Il y eut des époques où la vie éternelle était la clé de voûte pour penser l’organisation sociale, économique, familiale.

- Rappelez-vous l’invention des cimetières dans la ville, et non plus hors la ville comme l’exigeait  la loi romaine dans les premiers siècles : la mort devenait familière, et orientait toute l’activité humaine.

- Regardez ce qu’a produit le culte des martyrs (pour qui la vie éternelle était plus importante que la survie présente), dans le sens de l’offrande de soi pour toujours.

- Mesurez à nouveau la fécondité et l’essor des monastères : tournés vers la vie éternelle, ils relativisaient l’ordre établi, défrichant les terres, assainissant les marais, instruisant les populations, publiant des livres, humanisant les moeurs environnantes?

- Plus près de chez nous, relisez les écrits des dissidents du communisme au XXe siècle : la source de leur courage était dans leur quête de la vie éternelle, qui les amenaient à résister  sans peur.

 

Si le souci de la vie éternelle venait à s’éteindre dans notre culture, ce formidable rétrécissement provoquerait des violences et des irrationalités inhumaines. Sans compter les sectes et autres folles pensées qui proliféreraient sur cet oubli et sur l’exploitation de cette aspiration toujours présente au coeur de l’homme.

 

« Que dois-je faire pour obtenir la vie éternelle ? »

La question est double en fait. Il y a celle du choix de vie : « que dois-je faire ? » Et la question de l’orientation de ce projet de vie : « pour obtenir la vie éternelle ».

 

Poser la question de l’orientation ultime est un énorme service que nous pouvons rendre à la société et aux gens autour de nous. Non pas pour les détourner du présent. Mais pour ordonner l’aujourd’hui à un horizon immensément plus grand.

« La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu… »

 

Puissions-nous orienter notre intelligence, notre énergie, notre argent même, vers la quête ultime à laquelle toutes les autres quêtes peuvent contribuer et s’ordonner.

Réintroduisons le long-terme dans nos critères de choix.

1ère lecture : La loi de Dieu dans le coeur de l’homme (Dt 30, 10-14)

Moïse disait au peuple d »Israël : « Écoute la voix du Seigneur ton Dieu, en observant ses ordres et ses commandements inscrits dans ce livre de la Loi ; reviens au Seigneur ton Dieu de tout ton c?ur et de toute ton âme.
Car cette loi que je te prescris aujourd’hui n’est pas au-dessus de tes forces ni hors de ton atteinte.
Elle n’est pas dans les cieux, pour que tu dises : « Qui montera aux cieux nous la chercher et nous la faire entendre, afin que nous la mettions en pratique ? »
Elle n’est pas au-delà des mers, pour que tu dises : « Qui se rendra au-delà des mers nous la chercher et nous la faire entendre, afin que nous la mettions en pratique ? »
Elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton coeur afin que tu la mettes en pratique. »

 

Psaume : Ps 18, 8, 9, 10, 11

R/ Ta parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance !

La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples. 

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le coeur ; 
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard. 

La crainte qu’il inspire est pure,
elle est là pour toujours ; 
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables : 

plus désirables que l’or,
qu’une masse d’or fin, 
plus savoureuses que le miel
qui coule des rayons.

2ème lecture : Primauté du Christ dans la création et dans l’Église (Col 1, 15-20)

Le Christ est l’image du Dieu invisible, le premier-né par rapport à toute créature,
car c’est en lui que tout a été créé dans les cieux et sur la terre, les êtres visibles et les puissances invisibles :tout est créé par lui et pour lui.
Il est avant tous les êtres, et tout subsiste en lui.
Il est aussi la tête du corps, c’est-à-dire de l’Église. Il est le commencement, le premier-né d’entre les morts, puisqu’il devait avoir en tout la primauté.
Car Dieu a voulu que dans le Christ toute chose ait son accomplissement total.
Il a voulu tout réconcilier par lui et pour lui,sur la terre et dans les cieux,en faisant la paix par le sang de sa croix.

Evangile : La loi d’amour : le bon Samaritain (Lc 10, 25-37)

Pour mettre Jésus à l’épreuve, un docteur de la Loi lui posa cette question : « Maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? »
Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Que lis-tu ? »
L’autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. »
Jésus lui dit : « Tu as bien répondu. Fais ainsi et tu auras la vie. »
Mais lui, voulant montrer qu’il était un homme juste, dit à Jésus : « Et qui donc est mon prochain ? »
Jésus reprit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l’avoir dépouillé, roué de coups, s’en allèrent en le laissant à moitié mort.
Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l’autre côté.
De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l’autre côté.
Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de pitié.
Il s’approcha, pansa ses plaies en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.
Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, et les donna à l’aubergiste, en lui disant : ‘Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.’
Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme qui était tombé entre les mains des bandits ? »
Le docteur de la Loi répond : « Celui qui a fait preuve de bonté envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi fais de même. »
Patrick Braud

Mots-clés : , , ,

26 juin 2010

Du feu de Dieu !

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 0 h 01 min

Du feu de Dieu !

 

Homélie du 13° Dimanche du temps ordinaire / Année C

27/06/2010


« Ça marche du feu de Dieu ! »…

Qui n’a pas entendu ou utilisé cette expression enthousiaste qui salue le succès de l’action entreprise ?

Il vient de la Bible, ce « feu de Dieu » si prometteur. Mais l’évangile d’aujourd’hui semble prendre ses distances avec une démonstration de force de cette nature.

« – Seigneur, veux-tu que nous ordonnions que le feu tombe du ciel pour les détruire ?

- Mais Jésus se retourna et les interpella vivement. »

Pourquoi Jésus réagit-il ainsi, au lieu justement de montrer sa puissance, et de confondre radicalement ses adversaires ?

 

Reprenons l’histoire de cette expression : « le feu de Dieu », dans la Bible.

 

Du feu de Dieu ! dans Communauté spirituelle ch4ao9l4* Quand il tombe du ciel, le feu fait immanquablement penser à la foudre. Ce phénomène naturel a si fortement impressionné les civilisations traditionnelles qu’elles voyaient dans la foudre l’intervention de Dieu sur terre, avec terreur et tremblement.

Comme toute manifestation du sacré, cette théophanie est ambivalente, et peut signifier soit l’agrément par Dieu d’une demande de l’homme, soit au contraire la punition divine qui s’exerce en direct contre l’homme.

 

* Le premier sens, positif, du « feu de Dieu » se retrouve par exemple avec David. Il vient de recenser son peuple, et Dieu lui reproche ce péché d’orgueil (compter sur ses propres forces plus que compter sur Dieu seul). Dieu veut frapper le peuple de la peste en punition de cet orgueil. Mais David intercède, et pour cela construit un autel en offrant à Yahvé des holocaustes très chers pour lui demander d’épargner son peuple. « Alors Yahvé fit tomber le feu du ciel sur les holocaustes des sacrifices de David » (1Ch 21, 26). Et à partir de là, Dieu renonce à son châtiment.

Le « feu de Dieu »  est ici le signe de la miséricorde divine qui, à la prière humaine, accepte de détourner sa colère.

 

L’épisode se reproduit avec Salomon, pour que Dieu accepte d’habiter le Temple de Jérusalem. Après la consécration du Temple, Salomon prie, et le feu tombe du ciel pour agréer son offrande et faire du Temple un lieu de prière pour toutes les nations (2Ch 7,1).

Ces deux épisodes sont rappelés en 2Ma 2,10.

 

Le feu de Dieu qui tombe du ciel peut donc marquer l’agrément positif d’un Dieu qui accepte l’offrande humaine et s’engage à nouveau en alliance avec lui. L’expression en français vient sans doute de là.

* Le deuxième usage du « feu de Dieu » est nettement plus négatif, et plus courant dans la Bible. C’est le signe de la colère et de la punition divine.

C’est à cela que pense Luc dans notre évangile ; et encore plus loin, en 17,29, lorsqu’il rappelle que « Dieu fit pleuvoir du ciel du feu et du soufre sur Sodome », et qu’il en sera de même au jour du fils de l’Homme.

 

Le pauvre Job subit cette épreuve : « le feu de Dieu est tombé du ciel ; il a brûlé tes brebis et tes bergers » (Job 1,16). Le feu du ciel est ici synonyme du malheur innocent et injuste. C’est précisément parce qu’il est profondément injuste que Jésus condamne cet usage de la force divine, et oblige ses disciples rester non-violents.

Afficher l'image d'origine 

Le prophète Élie a lui aussi utilisé cette arme redoutable : pour battre les prophètes de Baal au mont Carmel dans leur concours d’holocaustes qui devaient s’enflammer (1R 18,38), pour faire dévorer ses ennemis qui consultaient d’autres dieux (2R 1,10 ; cf. Si 48,3).

Redoutable instrumentalisation de la puissance divine !

Élie apprendra à ses dépens, grâce à l’humble veuve de Sarepta, que forcer la main de Dieu pour une démonstration de violence ne convient pas du tout au Dieu d’Israël?

 

Jésus dénonce avec force le coup de force.

Jésus refuse vivement cette instrumentalisation de la puissance. Il sait qu’elle peut être malsaine, à l’image de la Bête de l’Apocalypse (la fameuse, dont le chiffre est 666), qui accomplit le prodige de faire descendre le feu du ciel sur la terre pour amener les hommes à l’adorer (Ap 13,13). L’instrumentalisation de cette violence se retournera contre le violent : l’immense armée de Satan sera dévorée par le feu descendu du ciel (Ap 20,9)

 

* On le voit : la tentation est grande, la tentation est constante d’utiliser le feu du ciel pour éliminer ceux qui ne pensent pas comme nous.

Du Hezbollah au Mossad, des fanatiques religieux à la nomenklatura stalinienne, des djihadistes à la Corée du Nord, beaucoup voudraient forcer le feu du ciel à tomber sur leurs ennemis pour les détruire.

 

Plus proche de nous, chacun n’est-il pas tenté d’utiliser la violence pour montrer qu’il a raison ? d’utiliser la prière pour servir ses intérêts, contre les gêneurs ? d’instrumentaliser Dieu pour le forcer à prendre parti dans nos querelles ? de se servir de sa puissance au lieu de servir sa volonté ?

 

En interpellant vivement Jacques et Jean qui réclament « le feu de Dieu » sur leurs ennemis, Jésus conteste radicalement cette instrumentalisation du Nom de Dieu hélas si courante aujourd’hui. Il les initie en même temps à l’amour des ennemis, clé de voûte du christianisme, qui est à rebours de cette volonté de puissance sur l’autre.

 

N’utilisez pas votre foi pour vous imposer avec violence !

Renoncez à instrumentaliser Dieu dans vos conflits politiques, économiques, familiaux, professionnels… Laissez Dieu être Dieu !

Renoncez à la violence pour convaincre.

Prenez plutôt avec courage votre chemin vers votre Jérusalem.

N’ayez pas d’autres rêves de puissance que d’être sans pierre où reposer la tête, libres de toute obligation sociale – même de deuil -, sans regarder en arrière…

 

 

 

 

1ère lecture : Élisée abandonne tout pour suivre Élie (1R 19, 16b.19-21)

 

Lecture du premier livre des Rois

Le Seigneur avait dit au prophète Élie : « Tu consacreras Élisée, fils de Shafate, comme profète pour te succéder. »
Élie s’en alla. Il trouva Élisée, fils de Shafate, en train de labourer. Il avait à labourer douze arpents, et il en était au douzième. Élie passa près de lui et jeta vers lui son manteau.
Alors Élisée quitta ses boeufs, courut derrière Élie, et lui dit : « Laisse-moi embrasser mon père et ma mère, puis je te suivrai. » Élie répondit : «Va-t’en, retourne là-bas ! Je n’ai rien fait. »
Alors Élisée s’en retourna ; mais il prit la paire de boeufs pour les immoler, les fit cuire avec le bois de l’attelage, et les donna à manger aux gens. Puis il se leva, partit à la suite d’Élie et se mit à son service.

 

Psaume : Ps 15, 1.2a.5, 7-8, 9-10, 2b-11

 

R/ Dieu, mon bonheur et ma joie !

Garde-moi, mon Dieu : j’ai fait  de toi mon refuge.
J’ai dit au Seigneur : « Tu es mon Dieu !
Seigneur, mon partage et ma coupe :
de toi dépend mon sort. »

Je bénis le Seigneur qui me conseille :
même la nuit mon c?ur m’avertit.
Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ;
il est à ma droite : je suis inébranlable.

Mon c?ur exulte, mon âme est en fête,
ma chair elle-même repose en confiance :
tu ne peux m’abandonner à la mort
ni laisser ton ami voir la corruption.

Je n’ai pas d’autre bonheur que toi.
Tu m’apprends le chemin de la vie :
devant ta face, débordement de joie !
À ta droite, éternité de délices !

 

2ème lecture : L’Esprit s’oppose à la chair et nous rend libres (Ga 5, 1.13-18)

 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Galates

Frères,
si le Christ nous a libérés,
c’est pour que nous soyons vraiment libres. Alors tenez bon, et ne reprenez pas les chaînes de votre ancien esclavage.
Vous avez été appelés à la liberté. Mais que cette liberté ne soit pas un prétexte pour satisfaire votre égoïsme ; au contraire, mettez-vous, par amour, au service les uns des autres.
Car toute la Loi atteint sa perfection dans un seul commandement, et le voici :Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde : vous allez vous détruire les uns les autres.
Je vous le dis : vivez sous la conduite de l’Esprit de Dieu ; alors vous n’obéirez pas aux tendances égoïstes de la chair.
Car les tendances de la chair s’opposent à l’esprit, et les tendances de l’esprit s’opposent à la chair. En effet, il y a là un affrontement qui vous empêche de faire ce que vous voudriez.
Mais en vous laissant conduire par l’Esprit, vous n’êtes plus sujets de la Loi.

 

Evangile : Suivre Jésus sans condition sur la route de la Croix (Lc 9, 51-62)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Comme le temps approchait où Jésus allait être enlevé de ce monde, il prit avec courage la route de Jérusalem.
Il envoya des messagers devant lui ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue.
Mais on refusa de le recevoir, parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem.
Devant ce refus, les disciples Jacques et Jean intervinrent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions que le feu tombe du ciel pour les détruire ? »
Mais Jésus se retourna et les interpella vivement.
Et ils partirent pour un autre village.
En cours de route, un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras. »
Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. »
Il dit à un autre : « Suis-moi. » L’homme répondit : « Permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. »
Mais Jésus répliqua : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, va annoncer le règne de Dieu. »
Un autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais laisse-moi d’abord faire mes adieux aux gens de ma maison. »
Jésus lui répondit : « Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas fait pour le royaume de Dieu. » 

Patrick Braud

Mots-clés : , , ,
1...2425262728