Le pape et l’IA : tirer du neuf de l’ancien
Le pape et l’IA : tirer du neuf de l’ancien
Homélie pour le 17° Dimanche du Temps ordinaire / Année A
26/07/26
Cf. également :
Le trésor et le marchand
Tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu
Tirer de son trésor du neuf et de l’ancien
Quelle sera votre perle fine ?
Acquis d’initié
Donne-moi la sagesse, assise près de toi
La brebis et la drachme
1. Le trésor de la doctrine sociale de l’Église ; l’ancien et le nouveau
« Tout scribe devenu disciple du royaume des Cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien » (Mt 13,52).
On perçoit tout de suite la portée de ce discernement plein de sagesse prôné par l’Évangile de ce dimanche (Mt 13, 44-52) : éviter le traditionalisme qui refuse la nouveauté de l’Esprit ; éviter la révolution qui prétend faire table rase du passé.
« Tirer du neuf de l’ancien », aux premiers siècles du christianisme, c’est relire le premier Testament à la lumière de la Nouvelle Alliance ; c’est vivre l’esprit de la Loi juive sans être esclave de ses commandements contingents ; c’est accueillir l’Esprit de Pentecôte qui parle toutes les langues et y reconnaître l’accomplissement des prophéties anciennes ; c’est baptiser les incirconcis et supprimer les interdits alimentaires etc.
Les premiers chrétiens savaient bien que pour lancer une flèche très loin vers l’avant (l’avenir), il faut tirer la corde très loin vers l’arrière (la mémoire).
Au XXI° siècle, tirer du neuf de l’ancien c’est scruter la culture numérique qui se développe et s’étend à toutes les activités humaines : l’intelligence artificielle (IA), les data centers, les réseaux sociaux, l’hyper-connexion etc. Le pape Léon XIV s’est livré à cet exercice de discernement en publiant le 15 mai 1026 son encyclique Magnifica Humanitas (MH).
Il devait pour cela suivre le principe de continuité de notre évangile (Mt 13,52), mais également un autre principe – en tension avec le premier – formulé en Lc 5,38 : « à vin nouveau, outres neuves »
Entre continuité et rupture, comment naviguer ? En fait, la continuité s’applique au trésor de la foi, tandis que les ruptures inévitables concernent les structures, les contenants de la foi (les outres). C’est le vieux débat entre fidélité et identité : pour demeurer fidèle à soi-même (ipséité), il faut quelquefois changer les vieilles outres… Vatican II l’a fait à merveille pour la vie ecclésiale, en s’appuyant sur le renouveau des études patristiques du début du siècle, ce qui lui a permis de revenir à la tradition la plus ancienne.
Léon XIV montre que la doctrine sociale de l’Église ne cesse d’opérer ce double mouvement de fidélité/nouveauté, depuis l’encyclique Rerum novarum de Léon XII (1891) sur la révolution industrielle. Voyons comment.
2. Le discernement de Léon XIV
– le trésor de la doctrine sociale de l’Église
Tel « le scribe devenu disciple », Léon XIV rassemble d’abord les trésors de la Tradition sur les questions sociales et anthropologiques.
Il choisit de publier son texte pour le 135° anniversaire de Rerum novarum. Le message est clair : la Doctrine sociale de l’Église n’est pas un « ensemble statique de concepts » (les vieilles outres) mais un « corpus vivant de vérités » (le trésor). Face à l’IA, le pape puise dans ce trésor les principes immuables de la dignité humaine, de la valeur intrinsèque du travail et de la justice sociale pour juger les res novae (les réalités nouvelles) de notre siècle.
Les deux premiers chapitres (55 pages sur 134) sont entièrement consacrés au rappel des acquis de la doctrine sociale de l’Église, tant au niveau des principes et critères de discernement ecclésial qu’au niveau des épisodes historiques qui ont marqué les choses nouvelles apparues au XIX° siècle (industrialisation, misère ouvrière, socialisme, libéralisme). Les principes de la doctrine sociale de l’Église constituent une boussole pour s’orienter aujourd’hui encore : dignité humaine inconditionnelle, bien commun, destination universelle des biens, propriété privée, subsidiarité, option préférentielle pour les pauvres, écologie intégrale etc. De ce trésor ancien, le pape essaie de tirer le neuf qui permettra d’accompagner les bouleversements du numérique et notamment de l’IA.
On peut repérer quatre apports essentiels.
– La relation humaine est plus vitale que l’échange numérique.
Le christianisme est la religion de l’incarnation. Or l’IA n’a pas de corps, pas de finitude, pas d’expérience de la souffrance ni de la mort. Le trésor chrétien rappelle que le salut passe par la chair (le don de soi, la présence physique, les sacrements). Une machine peut générer une prière fluide, mais elle n’a pas d’âme (anima) ; elle ne prie pas, elle calcule.
« Lorsque l’efficacité devient la mesure de la valeur, l’être humain est tenté de se considérer comme un projet à optimiser plutôt que comme une créature appelée à la relation et à la communion » (MH 112).
– L’événement humanise, l’algorithme enferme
Le numérique cherche à tout optimiser, à prédire nos comportements et à éliminer le hasard (l’économie de l’attention). Or, la Bible est l’histoire de l’imprévu de Dieu, de la brisure, du pardon et de la conversion radicale (l’événement non programmable). Le discernement consiste à préserver des espaces d’inattendu, de silence et de gratuité.
– La vulnérabilité est le lieu de grâce
Le transhumanisme (en s’appuyant sur l’IA) voudrait éliminer la finitude et la fragilité humaine. Il vise une forme de perfection technique et d’efficacité absolue. Le trésor spirituel nous enseigne à l’inverse que c’est dans notre faiblesse, nos failles et notre pauvreté que se déploie la grâce divine (« Ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse », 2Co 12,9).
« Tout ce qui apparaît comme une “limite” – incapacité, maladie, vieillesse, souffrance, vulnérabilité – tend à être perçu avant tout comme un défaut à corriger, plutôt qu’un espace où l’humain mûrit et s’ouvre à la relation. Or, nous devons nous rappeler que l’humain ne s’épanouit pas malgré la limite, mais souvent à travers la limite. Une vision de la réalité à la lumière de la foi aide à reconnaître ce que nous appelons la “contingence” des choses de ce monde. Si, d’une part, il est de notre devoir d’essayer d’éliminer la souffrance qui marque la vie humaine, d’autre part, il est sage de reconnaître notre finitude constitutive, sachant que « l’expérience religieuse, et en particulier la foi chrétienne, proposent d’habiter, sans simplifications, cette ambivalence entre la grandeur et la limite de l’humain, en la lisant à la lumière de la relation originelle et fondatrice avec Dieu » (MH 118).
La véritable réalisation de la personne ne passe pas par l’effacement de ses fragilités par la technique, mais par l’accueil de la grâce et d’un humanisme chrétien. Les machines, aussi performantes soient-elles, ne pourront jamais remplacer la splendeur de la nature humaine.
– Jérusalem au lieu de Babel
L’encyclique est structurée autour d’une tension biblique majeure qui fait écho au discernement du maître de maison : le choix entre construire Babel ou rebâtir Jérusalem.
Babel représente la tentation de la puissance technologique déconnectée, centralisée, opaque, et dominée par quelques monopoles technologiques (le « neuf » purement technique et orgueilleux).
Jérusalem représente la communauté à taille humaine, où la technologie est mise au service du bien commun, de l’éducation et de la justice (le « neuf » évangélique, enraciné).
Dans la Jérusalem reconstruite avec tous, les monopoles du savoir ou de l’argent n’ont pas leur place ! Quelques acteurs privés, à la fortune colossale, décident et produisent sans souci du bien commun : Elon Musk, Bill Gates, Jeff Bezos, Sam Altman, Jensen Huang etc. s’autoproclament prophètes d’une humanité nouvelle, mais sont surtout préoccupés de leur puissance dominatrice et rentable. Le document souligne l’importance d’une gouvernance éthique de l’IA basée sur la responsabilité et la transparence (notamment via le contrôle indépendant des algorithmes et un accès équitable aux données) afin d’éviter que ce pouvoir unilatéral et opaque ne détruise le bien commun.
3. Les limites de l’encyclique
– technophobe ?
En même temps que les nécessaires alertes sur les dérives et dangers de l’IA, on aurait attendu un peu plus d’enthousiasme sur les possibilités que le génie humain va nous offrir à travers les progrès de l’IA : diagnostic médical, soins personnalisés, interventions chirurgicales ultra précises, nouvelles molécules, prévention et détection des pannes mécaniques ou industrielles, modèles prévisionnels performants, automatisation de tâches humaines pénibles et ingrates, effacement des barrières linguistiques, assistant personnel disponible H24 etc.

En opposant de manière très frontale la « splendeur de la nature humaine » aux récits transhumanistes et posthumanistes (ch. 3), le document tend à diaboliser les courants qui cherchent à fusionner l’homme et la machine. Certains critiques soulignent que cette approche peut témoigner d’un biais anthropocentrique rigide. En insistant lourdement sur la « sacralité de la fragilité humaine », le texte prend le risque de rejeter en bloc des innovations biomédicales ou technologiques qui, en essayant d’augmenter l’humain, visent à soulager de réelles souffrances.
Cette réticence envers le nouveau des sciences ne date pas d’hier chez les princes de l’Église ! Il suffit d’évoquer pêle-mêle l’interdiction de la dissection humaine (1299) suite aux premières expérimentations en ce sens ; la condamnation du prêt à intérêt au Moyen Âge ; l’Index et la censure (1559) suite à l’invention de l’imprimerie par Gutenberg ; la condamnation des thèses de Copernic et le procès de Galilée (1633) ; le refus de la théorie de l’évolution de Darwin (1859) ; la crise moderniste et le Syllabus (1804) dénonçant « les erreurs modernes : liberté religieuse, progrès technique, libéralisme, laïcité ; la réticence à adopter l’anesthésie (accouchement sans douleur) ; le refus de la contraception moderne (1968), de la PMA (1987) etc. La liste est longue !
Sans être des technophiles béats ou naïfs, les catholiques attendent d’être encouragés tout au long de leur investissement (professionnel, financier, personnel) dans le numérique, afin d’y faire fructifier les talents que notre « magnifique humanité » est capable de faire surgir de ces 0 et de ces 1.
Augmenter l’humain : pourquoi pas ? S’il s’agit de moins souffrir, de vivre mieux et plus longtemps, pourquoi ne pas augmenter nos capacités visuelles, cognitives, kinesthésiques, mémorielles etc. ? De la prothèse de hanche à la greffe de cœur, du smartphone à la puce implantée, pourquoi avoir peur de l’évolution homme–machine ? Oui, il faut la réguler, l’empêcher de devenir folle, la « désarmer » - selon le mot du pape – lorsqu’elle s’égare. Mais Jésus nous demande de laisser pousser ensemble le bon grain et ivraie, et de ne pas enfouir nos talents sous la terre…
- réaliste et applicable ?
Le texte dénonce à juste titre le pouvoir unilatéral, opaque et transnational des multinationales privées qui contrôlent les infrastructures et la puissance de calcul. Cependant, l’appel du Pape à la « transparence » et à une « gouvernance éthique » globale souffre d’un manque d’outils contraignants. Face à des dynamiques de marché hyper-concurrentielles et aux intérêts géopolitiques des superpuissances, les recommandations de l’Église risquent d’être perçues comme de belles déclarations d’intention (un idéal moral) déconnectées des réalités du capitalisme de surveillance.
- « désarmer » l’IA : comment ?
Dans le chapitre 5, Léon XIV utilise l’expression forte de « désarmer l’intelligence artificielle » pour contrer la culture du pouvoir et la délégation des décisions létales (armes autonomes).
« Désarmer l’IA, c’est la soustraire à la logique de la compétition armée qui n’est plus aujourd’hui seulement militaire, mais aussi économique et cognitive. C’est la course à l’algorithme le plus performant et à la banque de données la plus vaste dans le but de consolider un avantage géopolitique ou commercial sur tous les autres. Désarmer, c’est rompre cette équivalence entre la puissance technique et le droit de gouverner. Désarmer ne signifie pas renoncer à la technologie, mais l’empêcher de dominer l’humain. Cela signifie la soustraire aux monopoles, la rendre discutable, contestable, et donc habitable, en la restituant à la pluralité des cultures humaines et des formes de vie » (MH 110).
Si cette position est moralement prophétique, elle est jugée utopique par les experts en géostratégie. Dans un contexte de tensions internationales exacerbées et de course aux armements technologiques, demander unilatéralement le désarmement algorithmique sans cadre juridique international préexistant et vérifiable paraît déphasé par rapport aux impératifs de sécurité des États. L’IA, née de la recherche pour le militaire, a toujours besoin des énormes capitaux des armées pour progresser…
- vérité et éducation
Le document attribue à l’école et aux universités une responsabilité immense : bâtir une « écologie de la communication » pour immuniser les esprits contre la désinformation et la manipulation des algorithmes. Cette posture peut sembler réductionniste : elle surévalue le pouvoir de l’éducation traditionnelle face à des architectures cognitives numériques conçues précisément pour captiver l’attention et contourner la rationalité humaine. De plus, définir la vérité principalement à travers le prisme de la foi et du bien commun évite de trancher les débats techniques complexes sur la modération des contenus et la liberté d’expression en ligne.
- le travail humain
Le chapitre 4 réaffirme la primauté absolue du travail humain sur l’automatisation, en liant directement le travail à la
dignité et à la survie des familles. Les critiques d’orientation progressiste ou technologique reprochent souvent à cette doctrine sociale son conservatisme économique. Plutôt que de penser l’après-travail ou des modèles alternatifs (comme le revenu universel de base, ou la multiplication des robots pour les tâches serviles), l’encyclique s’accroche au modèle traditionnel du salariat, ce qui peut freiner une réflexion plus audacieuse sur la redistribution des richesses produites par les machines.
En somme, si le texte brille par sa hauteur morale et sa défense intransigeante de l’humain, on lui reproche essentiellement son idéalisme et une certaine impuissance politique face à la vitesse et à la brutalité de la transition numérique.
Reprenons pour nous-même la voie du discernement suivie par Léon XIV : que voudrait dire pour moi : « tirer du neuf de l’ancien » ? demeurer fidèle en acceptant de changer ? actualiser le trésor de la Tradition chrétienne en acceptant les outres neuves du vin nouveau de l’Évangile ?
LECTURES DE LA MESSE
PREMIÈRE LECTURE
« Tu m’as demandé le discernement » (1 R 3, 5.7-12)
Lecture du premier livre des Rois
En ces jours-là, à Gabaon, pendant la nuit, le Seigneur apparut en songe à Salomon. Dieu lui dit : « Demande ce que je dois te donner. » Salomon répondit : « Ainsi donc, Seigneur mon Dieu, c’est toi qui m’as fait roi, moi, ton serviteur, à la place de David, mon père ; or, je suis un tout jeune homme, ne sachant comment se comporter, et me voilà au milieu du peuple que tu as élu ; c’est un peuple nombreux, si nombreux qu’on ne peut ni l’évaluer ni le compter. Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu’il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et le mal ; sans cela, comment gouverner ton peuple, qui est si important ? »
Cette demande de Salomon plut au Seigneur, qui lui dit : « Puisque c’est cela que tu as demandé, et non pas de longs jours, ni la richesse, ni la mort de tes ennemis, mais puisque tu as demandé le discernement, l’art d’être attentif et de gouverner, je fais ce que tu as demandé : je te donne un cœur intelligent et sage, tel que personne n’en a eu avant toi et que personne n’en aura après toi. »
PSAUME
(Ps 118 (119), 57.72, 76-77, 127-128, 129-130)
R/ De quel amour j’aime ta loi, Seigneur ! (Ps 118, 97a)
Mon partage, Seigneur, je l’ai dit,
c’est d’observer tes paroles.
Mon bonheur, c’est la loi de ta bouche,
plus qu’un monceau d’or ou d’argent.
Que j’aie pour consolation ton amour
selon tes promesses à ton serviteur !
Que vienne à moi ta tendresse, et je vivrai :
ta loi fait mon plaisir.
Aussi j’aime tes volontés,
plus que l’or le plus précieux.
Je me règle sur chacun de tes préceptes,
je hais tout chemin de mensonge.
Quelle merveille, tes exigences,
aussi mon âme les garde !
Déchiffrer ta parole illumine
et les simples comprennent.
DEUXIÈME LECTURE
« Il nous a destinés d’avance à être configurés à l’image de son Fils » (Rm 8, 28-30)
Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains
Frères, nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu’ils sont appelés selon le dessein de son amour. Ceux que, d’avance, il connaissait, il les a aussi destinés d’avance à être configurés à l’image de son Fils, pour que ce Fils soit le premier-né d’une multitude de frères. Ceux qu’il avait destinés d’avance, il les a aussi appelés ; ceux qu’il a appelés, il en a fait des justes ; et ceux qu’il a rendus justes, il leur a donné sa gloire.
ÉVANGILE
« Il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ » (Mt 13, 44-52)
Alléluia. Alléluia. Tu es béni, Père, Seigneur du ciel et de la terre, tu as révélé aux tout-petits les mystères du Royaume ! Alléluia. (cf. Mt 11, 25)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là, Jésus disait à la foule ces paraboles : « Le royaume des Cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ; l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ.
Ou encore : Le royaume des Cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines. Ayant trouvé une perle de grande valeur, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète la perle.
Le royaume des Cieux est encore comparable à un filet que l’on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons. Quand il est plein, on le tire sur le rivage, on s’assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien. Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes et les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »
« Avez-vous compris tout cela ? » Ils lui répondent : « Oui ». Jésus ajouta : « C’est pourquoi tout scribe devenu disciple du royaume des Cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. »
Patrick BRAUD















