L'homélie du dimanche (prochain)

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3 mai 2026

Êtes-vous simoniaque ?

Classé sous Communauté spirituelle — lhomeliedudimanche @ 12 h 30 min

Êtes-vous simoniaque ?

 

Homélie pour le 6° Dimanche de Pâques / Année A 

10/05/26 


Cf. également :
Philippe à la mêlée, Pierre à l’ouverture
Passons aux Samaritains !
L’agilité chrétienne
Fidélité, identité, ipséité
Soyez toujours prêts à rendre compte de l’espérance qui est en vous
Se réjouir d’un départ
Le Paraclet, l’Église, Mohammed et nous

 

« Simoniaque » : ça fait peur !

L’adjectif est troublant : il nous fait naviguer entre le démoniaque et le maniaque, et bon nombre d’entre nous Êtes-vous simoniaque ? dans Communauté spirituelle Zeichnung_Simonie-kirchenlexikon-zeichnung-simonieseraient incapables d’en donner la définition. Il faut dire que la simonie ‑ d’où vient cet adjectif ‑ est beaucoup moins pratiquée qu’autrefois (du moins en Europe). Du temps où les avantages liés aux charges ecclésiastiques étaient énormes, les riches cherchaient à acheter des postes, des nominations religieuses, des titres et  privilèges canoniques pour jouir du prestige, des revenus et du pouvoir qui y étaient attachés. Le nom simonie provient de l’épisode de ce dimanche dans notre première lecture (Ac 8,5–17). Avant l’arrivée des apôtres en Samarie (le diacre Philippe en premier, puis Pierre et André), un certain Simon jouissait d’une immense popularité. Il pratiquait la magie et émerveillait la population, au point que les gens disaient de lui : « Celui-ci est la puissance de Dieu, celle qu’on appelle la Grande » (Ac 8:10). Comme quoi le peuple confond souvent magie et religion… Simon occupait une place de leader spirituel « autoproclamé » grâce à ses pouvoirs occultes.


Lors de la venue de l’évangéliste Philippe, il voit des miracles qui surpassent ses propres tours (guérisons, expulsions de démons). Le texte précise que Simon crut lui aussi et fut baptisé. Il devint alors un disciple de Philippe, restant « attaché à lui », fasciné par les signes qu’il voyait. C’est ici que Simon entre dans l’histoire de façon plus sombre. Lorsque les apôtres Pierre et Jean arrivent pour imposer les mains aux nouveaux convertis afin qu’ils reçoivent le Saint-Esprit, Simon est impressionné par ce transfert de puissance (et le chant en langues – glossolalie – qui l’accompagne). Il offre de l’argent aux apôtres pour acquérir ce pouvoir. La réponse de Pierre  est foudroyante : 
« Que ton argent périsse avec toi, puisque tu as cru que le don de Dieu s’acquérait à prix d’argent ! » (Ac 8:20).

C’est de cet épisode qu’est né le terme « simonie », qui désigne le péché consistant à acheter ou vendre des biens spirituels, des sacrements ou des fonctions ecclésiastiques, comme ce Simon.


Au-delà des sombres histoires de népotisme, de trafic d’argent sale et de corruption pour obtenir des postes (toujours d’actualité hélas dans nombre de pays du globe…), la dénonciation de la simonie nous intéresse aujourd’hui encore, pour au moins deux raisons :

- trop de baptisés confondent foi et magie

- la tentation de croire que tout s’achète fait des ravages.

Explorons ces deux pistes.

 

1. Passer de la magie à la foi

On appelait Simon « le magicien » en lui prêtant des pouvoirs extraordinaires. Des textes apocryphes prétendent 050865_af foi dans Communauté spirituellemême qu’il pouvait voler dans les airs ! Et que Pierre l’aurait fait tomber à terre en plein vol devant la foule grâce sa prière ! La magie repose sur une vision pré-scientifique du monde, où les forces invisibles auraient le pouvoir de provoquer des événements heureux ou malheureux : des ‘sorts’, des ‘retours d’affection’, des maladies ou guérisons etc. Son efficacité tient largement à l’effet placebo (wishful thinking) : j’ai vu en Afrique noire des gens tomber malades parce qu’un sorcier les avait soi-disant envoûtés. Vérification faite, le poison ou l’autosuggestion étaient toujours à l’origine des phénomènes soi-disant magiques. J’ai retrouvé cette mentalité pré-scientifique chez bon nombre d’immigrés en France : féticheurs, marabouts et autres voyants pullulent dans nos banlieues. Qui n’a pas retrouvé un jour un carré de papier bourré de fautes d’orthographe coincé sous son essuie-glace ? : « Grand marabout venu d’Afrique », « Succès et prévisions garanties ». « Retour d’affection immédiat ». « Envoûtement sur photo »…

 

Le danger est double ; se faire escroquer (ou pire) par les charlatans, et symétriquement faire fonctionner la foi comme une magie.

Or la foi n’est pas magique, et la magie n’est pas la foi. 

N’en déplaise au Vaudou, à la Santeria  et autres ésotérisme mâtinés d’éléments empruntés au christianisme (invocations, rites, prières, vêtements, médailles etc.), les pratiques magiques s’opposent directement à la foi biblique et à la Raison (au sens des Lumières).

 

250px-Lassa_witch_doctors magieLa Bible ne cesse de condamner la magie. Ici avec Pierre contre Simon. Un peu plus loin avec Paul contre le mage Elymas également appelé BarJésus (Ac 13,6–12). À Éphèse, la défaite de la magie devant l’Évangile est publique : « Bon nombre de ceux qui avaient pratiqué les sciences occultes rassemblaient leurs livres et les brûlaient devant tout le monde ; on en évalua le prix : cela faisait cinquante mille pièces d’argent » (Ac 19,19). Et Paul inclut la sorcellerie dans la liste des actions qui empêchent d’entrer dans le royaume de Dieu (Ga 5,19–21).

Déjà, l’Ancien Testament était catégorique : « Pas de présage en Jacob, pas de divination en Israël ! » (Nombre 23,23)

Le prophète Isaïe est très clair : « On vous dira peut-être : “Consultez les devins et les nécromanciens, qui chuchotent et marmonnent ! Un peuple ne doit-il pas consulter ses dieux au sujet des vivants, et consulter aussi ses morts ?” Non ! Revenez à l’enseignement et au témoignage. Malheur à qui ne s’en tient pas à cette parole : on ne pourra en conjurer la malédiction » (Is 8,19–20).

 

Ne croyez pas que ces superstitions pré-scientifiques n’existent qu’ailleurs ! Les voyants, sorciers et autres jeteurs de sort ou envoûteurs pullulent et prospèrent sur la naïveté de leurs clients ! Le pape François n’hésitait pas à sermonner la foule de la place Saint-Pierre le 4 décembre 2019 : « Combien d’entre vous vont se faire tirer les cartes ? Combien d’entre vous vont se faire lire l’avenir dans les mains ? Ces choses que vous faites pour connaître l’avenir, pour devenir d’autres choses ou pour changer certaines situations dans votre vie, ne sont pas chrétiennes. La grâce du Christ apporte tout. Priez ! » Ce jour-là, le pape a rappelé aux fidèles que saint Paul avait déjà mis en garde les chrétiens contre les cultes païens et superstitieux. « Si vous choisissez le Christ, vous ne pouvez pas avoir recours au magicien », a insisté le pape.

 

Pourquoi magie et foi sont-elles incompatibles ?

- La magie est une tentative de coercition : le magicien utilise des formules, des rituels ou des objets pour forcer de soi-disant puissances spirituelles (souvent perçues comme neutres ou démoniaques) à obéir à sa volonté. Le magicien est le maître du processus.

La foi des apôtres en Samarie est une supplication ou une délégation. Le miracle est un don gratuit de Dieu. L’apôtre n’est qu’un canal (un instrument) ; il ne possède pas le pouvoir, il le reçoit de l’Esprit Saint.

- La finalité de la magie est la gloire personnelle du magicien ; celle de la foi est la gloire de Dieu. Le texte souligne cette différence flagrante dans l’objectif recherché : le texte dit que Simon le magicien « se donnait pour un personnage important » (Ac 8,9). Son but était d’étonner les foules pour asseoir son influence et, comme le montre sa proposition d’achat, de rentabiliser son « art ».

Le but de Philippe et les Apôtres est d’annoncer la « Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu ». Le miracle sert à authentifier le message et non à glorifier le messager. D’ailleurs, Pierre refuse catégoriquement l’argent, montrant que le don de Dieu est incompatible avec le profit personnel.

- Le mode opératoire de la magie est le secret, l’ésotérisme ; celui de la foi est la transparence.

Les sorciers cherchent à impressionner en multipliant les formules magiques, les gestes étranges, les produits mystérieux à ingérer ou enduire etc. Les apôtres font comme Jésus des gestes simples et compréhensibles de tous, sans esbroufe ni logorrhée inutiles.

 

Pourquoi Simon a-t-il fait cette erreur de jugement ?

Simon le magicienSimon a vu l’imposition des mains de Pierre et Jean comme une « technique supérieure ». Dans son esprit de magicien, il a pensé : « Ils ont un secret plus puissant que le mien, je dois l’acheter pour rester le meilleur. » Il n’a pas compris que le Saint-Esprit n’est pas une énergie que l’on manipule, mais une Personne avec laquelle on entre en relation.

C’est cette confusion entre le « faire » (la technique) et l’ »être » (la relation avec Dieu) qui constitue le cœur de son erreur.

 

La magie veut manipuler de soi-disant forces invisibles pour les soumettre à un intérêt individuel. Elles manipulent également le client afin qu’il adhère de toutes ses forces aux rituels, aux imprécations, aux théories occultes, leur abandonnant ainsi le contrôle sur sa vie, et leur accordant un pouvoir qu’elles n’ont pas autrement (les Anglais parlent de self-fulfilling prophecy = théorie auto-réalisatrice : le seul fait d’y croire leur confère un pouvoir qu’elles n’ont pas autrement).

 

Le pire est que la magie peut s’infiltrer dans les démarches apparemment les plus religieuses. Combien de fois prions-nous pour obtenir ce que nous voulons, plus que pour recevoir ce que Dieu veut nous donner ? Combien de fois recourons-nous à des processions, des médailles, des rites étranges pour éloigner la peste, faire tomber la pluie, guérir d’un cancer, réussir un examen, réussir en  affaires, réussir en amour ?

Tout cela est magie, et folie.

 

En Afrique, les « Business Churches » évangéliques et les féticheurs empoisonnent et dénaturent l’annonce de l’Évangile. Certains « prophètes » ou « apôtres » autoproclamés utilisent des techniques de mise en scène spectaculaires. Ils vendent des « objets de point de contact » (huile d’onction, eau bénite, mouchoirs miracles) à des prix élevés. Le miracle est présenté comme une transaction : « Donne à Dieu (à l’Église) pour qu’il te donne le succès, la guérison ». On est ici dans la simonie pure. À l’inverse, la figure de Philippe se retrouve dans les Églises (historiques ou de réveil) qui privilégient le développement communautaire, les dispensaires et les écoles, où le spirituel ne sert pas à exploiter la misère, mais à restaurer la dignité humaine sans contrepartie financière.

Prosperity Gospel
Aux États-Unis, l’Évangile de la Prospérité (Prosperity Gospel) lie la foi au succès matériel et à la psychologie positive. Cette forme de simonie s’incarne dans les télévangélistes qui prêchent que foi comme une formule magique pour devenir riche. La « Seed Faith » (la semence de foi) consiste à envoyer de l’argent au prédicateur pour « débloquer » la bénédiction divine.  Ou encore chez Trump qui se présente comme le Messie envoyé par Dieu pour sauver l’Amérique ! Ici, Dieu est traité comme une machine distributrice que l’on manipule par ses dons, que l’on instrumentalise pour sa propre gloire.


En Europe, le contexte est plus sécularisé, mais la soif de « pouvoir spirituel » prend de nouvelles formes. On retrouve la simonie dans le succès des « coachs spirituels », des gourous du bien-être, des managements cherchant à capter l’enthousiasme des salariés. On y vend des méthodes pour « manifester » sa réalité, utiliser la « loi de l’attraction » ou manipuler des « énergies » pour obtenir ce que l’on veut (santé, amour, argent). C’est la magie de Simon réinterprétée : l’homme reste le maître qui utilise des forces « spirituelles » pour son propre bénéfice.


Dans les trois cas (Afrique, USA, Europe), la tentation de Simon est toujours d’instrumentaliser la foi en un outil de manipulation où l’ego reste au centre, tandis que la voie de Philippe exige un déplacement de soi pour laisser la place à l’Autre.

 

2. Passer du marchand au gratuit

Simon croit que l’argent va lui permettre d’acquérir un pouvoir plus grand grâce à la supposée technique magique des apôtres.

L’erreur de Simon est tragique parce qu’elle est subtile. Il ne veut pas faire le mal. Il veut « acheter le don de Dieu ». Dans son esprit de magicien, tout a un prix, tout est une technique que l’on acquiert pour augmenter son propre prestige. Simon regarde l’Esprit Saint comme une ressource supplémentaire à ajouter à son catalogue de pouvoirs.

fc6f03_ca754a4aeb214ab1aaba4e4ef4302141~mv2 SimonC’est là que naît la simonie. La simonie, ce n’est pas seulement le commerce des choses saintes ; c’est la prétention de croire que l’on peut marchander avec l’Invisible, que l’on peut mettre la main sur la Grâce par notre argent, nos mérites ou nos efforts.

Aujourd’hui, Simon ne porte plus forcément un manteau de magicien. Il porte parfois le costume du manager, du coach de vie, ou même le nôtre, lorsque nous prions Dieu comme on remplit un contrat d’assurance.

 

La réponse de l’apôtre Pierre est d’une violence salutaire : « Que ton argent périsse avec toi ! » Pourquoi une telle dureté ? Parce que Pierre sait que si la Grâce devient une marchandise, l’homme devient un objet.

Si l’Esprit Saint s’achète, alors seuls les riches ont accès à Dieu. Si le salut se mérite par la performance, alors les fragiles, les épuisés, les « burn-outés » de la vie sont exclus du Royaume. En refusant l’argent de Simon, Pierre défend la gratuité absolue de l’Amour de Dieu.

Le miracle de Philippe en Samarie, ce n’est pas de la magie, c’est de la libération. La magie de Simon enferme les gens dans l’étonnement sur sa personne ; le miracle de Philippe ouvre les gens à la joie dans l’étonnement devant l’amour de Dieu.

 

Comment guérir du « Simon » qui sommeille en nous ?

Le remède tient en un mot : la Gratuité. Dieu ne se manipule pas. Il se reçoit. La vie chrétienne n’est pas une accumulation de « points de fidélité » pour obtenir le Paradis. C’est l’histoire d’un Dieu qui s’est donné gratuitement sur une Croix, sans que nous ayons rien à payer, ni rien à prouver.

 

À la fin du texte, Simon le magicien a peur. Il prend conscience de l’énormité de son erreur (prendre la foi de la magie et vouloir acheter la grâce). Il tremble devant les conséquences : « Que ton argent périsse avec toi ! » Il supplie les apôtres d’intercéder pour lui. Le récit lui laisse donc une porte de sortie : se convertir, renoncer à la magie et au marchandage avec Dieu. Bonne nouvelle pour nous également, qui ne sommes pas à l’abri de ces pratiques typiquement païennes…

 

L’Esprit Saint n’est pas une énergie que l’on capte pour augmenter notre puissance ; c’est un vent qui nous pousse là où nous ne voulions pas aller, pour servir ceux que nous n’avions pas vus.

Aujourd’hui, refusons de mettre un prix sur ce qui est sacré. Refusons de transformer nos vies en outils de performance. Demandons la grâce de redevenir des enfants qui reçoivent tout, les mains nues, du Père qui donne sans compter.

Parce que le plus beau miracle, ce n’est pas de voler dans les airs ou d’étonner les foules ; le plus beau miracle, c’est d’aimer quelqu’un gratuitement, simplement parce qu’il existe.

 

Prière pour passer de la magie à la foi

 

Seigneur Jésus, 

Toi qui as chassé les marchands du Temple et qui as rendu aux pauvres la joie de la gratuité, 

Je me tiens devant Toi avec le désir sincère de simplifier mon cœur.

 

Donne-moi de renoncer aujourd’hui à l’esprit de Simon le Magicien,

De renoncer à vouloir acheter Ta bienveillance par mes efforts, mes mérites ou mes calculs. 

De renonce à croire que ma valeur dépend de mon éclat, de mes succès ou de l’admiration des foules. 

Pardonne-moi d’avoir parfois traité Ta grâce comme une marchandise et Ta puissance comme un outil pour ma propre gloire.

 

Délivre-moi de la tentation de la magie. 

briser-les-chaines simonieDélivre-moi de ce besoin de tout contrôler, de tout prévoir et de manipuler les événements. 

Brise en moi ces « formules magiques » que j’utilise dans ma prière pour essayer de fléchir Ta volonté à la mienne. 

Guéris mon désir de puissance qui se cache derrière mes soifs de perfection et mes refus de la fragilité.

 

Seigneur, fais-moi passer de la magie à la Foi. 

La magie veut posséder, la Foi accepte de recevoir. 

La magie veut forcer Ta main, la Foi s’abandonne entre Tes mains. 

La magie cherche le spectaculaire, la Foi s’émerveille du quotidien.

 

Donne-moi un cœur de pauvre, comme celui de Philippe. 

Apprends-moi la joie du service qui ne demande rien en retour. 

Accorde-moi d’exercer mes responsabilités et mon travail non comme un maître qui domine, mais comme un intendant qui rend grâce. 

Que mon seul « profit » soit de T’aimer et que ma seule « richesse » soit Ta présence.

 

Esprit Saint, souffle sur mes mains fermées pour qu’elles s’ouvrent. 

Fais de moi un témoin de Ta gratuité dans un monde qui veut tout vendre. 

Que je ne cherche plus à « étonner », mais simplement à aimer.

Amen.

 

 

LECTURES DE LA MESSE


PREMIÈRE LECTURE

« Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent l’Esprit Saint » (Ac 8, 5-8.14-17)


Lecture du livre des Actes des Apôtres
En ces jours-là, Philippe, l’un des Sept, arriva dans une ville de Samarie, et là il proclamait le Christ. Les foules, d’un même cœur, s’attachaient à ce que disait Philippe, car elles entendaient parler des signes qu’il accomplissait, ou même les voyaient. Beaucoup de possédés étaient délivrés des esprits impurs, qui sortaient en poussant de grands cris. Beaucoup de paralysés et de boiteux furent guéris. Et il y eut dans cette ville une grande joie.
Les Apôtres, restés à Jérusalem, apprirent que la Samarie avait accueilli la parole de Dieu. Alors ils y envoyèrent Pierre et Jean. À leur arrivée, ceux-ci prièrent pour ces Samaritains afin qu’ils reçoivent l’Esprit Saint ; en effet, l’Esprit n’était encore descendu sur aucun d’entre eux : ils étaient seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus. Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent l’Esprit Saint. « C’est ainsi que Philippe, l’un des Sept, arriva dans une ville de Samarie, et là il proclamait le Christ. Les foules, d’un même cœur, s’attachaient à ce que disait Philippe, car elles entendaient parler des signes qu’il accomplissait, ou même les voyaient. Beaucoup de possédés étaient délivrés des esprits impurs, qui sortaient en poussant de grands cris. Beaucoup de paralysés et de boiteux furent guéris. Et il y eut dans cette ville une grande joie. Or il y avait déjà dans la ville un homme du nom de Simon ; il pratiquait la magie et frappait de stupéfaction la population de Samarie, prétendant être un grand personnage. Et tous, du plus petit jusqu’au plus grand, s’attachaient à lui en disant : ‘Cet homme est la Puissance de Dieu, celle qu’on appelle la Grande.’ Ils s’attachaient à lui du fait que depuis un certain temps il les stupéfiait par ses pratiques magiques. Mais quand ils crurent Philippe qui annonçait la Bonne Nouvelle concernant le règne de Dieu et le nom de Jésus Christ, hommes et femmes se firent baptiser. Simon lui-même devint croyant et, après avoir reçu le baptême, il ne quittait plus Philippe ; voyant les signes et les actes de grande puissance qui se produisaient, il était stupéfait. Les Apôtres, restés à Jérusalem, apprirent que la Samarie avait accueilli la parole de Dieu. Alors ils y envoyèrent Pierre et Jean. À leur arrivée, ceux-ci prièrent pour ces Samaritains afin qu’ils reçoivent l’Esprit Saint ; en effet, l’Esprit n’était encore descendu sur aucun d’entre eux : ils étaient seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus. Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent l’Esprit Saint. » (Ac 8,5-17)


PSAUME

(Ps 65 (66), 1-3a, 4-5, 6-7a, 16.20)
R/ Terre entière, acclame Dieu, chante le Seigneur ! ou : Alléluia ! (Ps 65, 1)


Acclamez Dieu, toute la terre ;
fêtez la gloire de son nom,
glorifiez-le en célébrant sa louange.

Dites à Dieu : « Que tes actions sont redoutables ! »

« Toute la terre se prosterne devant toi,
elle chante pour toi, elle chante pour ton nom. »

Venez et voyez les hauts faits de Dieu,
ses exploits redoutables pour les fils des hommes.

Il changea la mer en terre ferme :
ils passèrent le fleuve à pied sec.
De là, cette joie qu’il nous donne.

Il règne à jamais par sa puissance.

Venez, écoutez, vous tous qui craignez Dieu :
je vous dirai ce qu’il a fait pour mon âme ;
Béni soit Dieu qui n’a pas écarté ma prière,
ni détourné de moi son amour !

DEUXIÈME LECTURE
« Dans sa chair, il a été mis à mort ; dans l’esprit, il a reçu la vie » (1 P 3, 15-18)


Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre
Bien-aimés, honorez dans vos cœurs la sainteté du Seigneur, le Christ. Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect. Ayez une conscience droite, afin que vos adversaires soient pris de honte sur le point même où ils disent du mal de vous pour la bonne conduite que vous avez dans le Christ. Car mieux vaudrait souffrir en faisant le bien, si c’était la volonté de Dieu, plutôt qu’en faisant le mal. Car le Christ, lui aussi, a souffert pour les péchés, une seule fois, lui, le juste, pour les injustes, afin de vous introduire devant Dieu ; il a été mis à mort dans la chair ; mais vivifié dans l’Esprit.

ÉVANGILE
« Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur » (Jn 14, 15-21)
Alléluia. Alléluia. Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, dit le Seigneur ; mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui. Alléluia (Jn 14, 23)


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous. Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »
Patrick BRAUD

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